La grande cause manque de moyens

 

Les années passent, les vœux pieux se répètent, mais les faits restent têtus : au moins cent femmes ont été tuées en France par leur partenaire ou ex depuis le début de l’année*. Il est toujours aussi urgent d’agir.

 

Injures, menaces, harcèlement, coups, agressions sexuelles, mutilations, meurtres : dans l’espace public, comme dans l’espace privé, les femmes et les filles du monde entier paient très cher l’appartenance à leur sexe. 35% de femmes ont subi au moins une fois des violences physiques ou sexuelles et 137 sont tuées chaque jour par un membre de leur famille.

 

En France, depuis le début de l’année, cent féminicides ont déjà été commis par des partenaires ou des ex* et 94 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de viol ou de tentatives de viol chaque année. Des données qui donnent le vertige. Sommes-nous condamnées à réitérer ce constat tous les ans, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles ?

 

On voit mal comment l’égalité entre les deux sexes, déclarée grande cause nationale du quinquennat par Emmanuel Macron en 2017, peut se réaliser tant que persiste un tel niveau de violences physiques, morales et sociales envers les femmes. À moins de croire, comme le président de la République y est enclin, que de simples déclarations d’intention suffisent à modifier les faits. La volonté existe-t-elle-même vraiment ? On peut en douter quand on entend la réaction du représentant de l’État, le préfet de l’Hérault Hugues Moutouh, face aux nombreux témoignages de victimes d’agression qui dénoncent la manière dont a été pris leur plainte (moqueries, culpabilisation…) au commissariat central de Montpellier : au lieu de demander une enquête, il menace d’attaquer en diffamation la militante qui a recueilli et diffusé ces paroles ! Ou quand le silence présidentiel tombe sur le viol d’une militaire au sein même de son palais…

 

Pourtant, il n’y a pas de fatalité. Les femmes ne sont pas nées pour être humiliées : les représentations doivent et peuvent changer. Des solutions existent, que les associations qui luttent contre les violences sexistes n’ont de cesse d’exiger depuis longtemps : la prise en charge adaptée et globale des victimes, l’accompagnement des auteurs de violence et la lutte contre leur récidive, la sensibilisation à la lutte contre les inégalités femmes/hommes, les stéréotypes de genre et le sexisme dès le plus jeune âge. Mais pour cela, il faut former les policiers, les magistrats, les professionnels de santé et d’éducation ; organiser les séances d’éducation à la vie affective et sexuelles dans le primaire et le secondaire (obligation légale depuis 2001 si peu appliquée dans les faits) ; financer des structures d’accueil… et cela coûte de l’argent ! Un argent qui n’a jamais été jusqu’ici investi à la hauteur de l’enjeu. Les incantations louables ne suffisent pas : maintenant, il faut agir.

 

*selon le décompte du collectif Féminicides par compagnons ou ex (FPCE) qui les recense en temps réel.

 

Marcher contre les violences

À Montpellier, plusieurs manifestations sont prévues à l’occasion de la Journée mondiale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes :

dimanche 21 novembre à partir de 14h, place de la Comédie http://www.resistons.net/node/8528

jeudi 25 novembre, 19h manifestation en non-mixité choisie au départ du Peyrou  http://www.resistons.net/node/8529