Montpellier : jeunes, retraité-e-s et personnels des EHPAD main dans la main contre l’austérité imposée.

Ce jeudi 15 mars 2018, nous n’étions pas moins de 3000 à défiler du Peyrou vers la préfecture sous un beau soleil complice. Sûr, le printemps sera chaud !

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Le cortège des retraité-e-s et employé-es des EHPAD avait à peine démarré depuis quelques minutes quand il fut rejoint par la manif dynamique des étudiant-e-s/lycéen-nes, sous les acclamations et les applaudissements des aîné-es ravi-es de sentir la relève, revivant pour certain-es leur mai 68, il y a 50 ans déjà…

« Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là on n’en veut pas ! » ont-ils clamé ensemble, inlassablement... Un slogan qui résume bien la colère et la révolte de ces générations réunies. 

Des sourires complices entre les 2 générations, de la bonne humeur, mais souvent aussi des visages graves. Car ne nous y trompons pas, la colère gronde et gagne du terrain.

Les étudiant-es et lycéen-nes ont bien conscience de ce qu’on leur prépare : malgré les dénégations du gouvernement, la réforme de l’accès aux études supérieures instaure bien une sélection, un barrage à  l’entrée à l’université, dès cette année 2018. Les jeunes  des quartiers populaires en seront les premières victimes. Le budget de l’enseignement supérieur stagne depuis 10 ans, le nombre de bacheliers augmente : hausse des naissances depuis l’année 2000, et du  nombre de jeunes accédant au baccalauréat. Entre 2015 et 2017, il y a eu en France 23.000 bacheliers supplémentaires, et cette année, en juin 2018, il en est prévu 40.000 en plus ! Rien n’est prévu pour les accueillir. Alors on préfère l’instauration d’une sélection, plutôt que d’investir dans l’avenir pour la jeunesse, continuer à hausser les qualifications nécessaires, et répondre à la profonde aspiration sociale à une formation citoyenne et culturelle. Cette réforme est révélatrice de l’idéologie qui sous-tend la politique de Macron, loin d’une prétendue «modernité » et d’une « pensée novatrice » : c’est un retour aux vieux rêves réactionnaires de tous ceux qui n’ont jamais admis la démocratisation de l’enseignement et l’élévation de la formation pour toutes et tous. Ils préfèrent la réussite des « premiers de cordée », des «méritants », d’une élite servie par un  enseignement élitiste et concurrentiel, avec une formation au rabais pour d’autres.     

 

50 ans après, les revoilà dans la rue ! Non, les retraité-es ne sont pas des privilégié-e-s comme Macron veut le faire croire.
C’est le prétexte choisi pour augmenter de 1,7% la CSG, ce qui équivaut à  une hausse de 25% du prélèvement. Ainsi, les retraités du baby boom jouiraient d’un  privilège au détriment des actifs : non ! Les pensions ne sont jamais versées  au détriment des actifs. C’est un salaire collectif qui est réparti. Mais, les « réformes  » négatives depuis 25 ans amputent largement les droits, comme la décote, vraie  double peine pour celles et ceux qui n’ont  pas toutes leurs annuités.  La réalité, c’est le retour des retraité-es pauvres, surtout les femmes, dont la  pension est inférieure de 40% à celle des  hommes, à cause des inégalités salariales.
Mais le pire serait à venir !  Macron veut encore « ré-for-mer » les retraites. Ainsi le montant des pensions  ne serait pas connu à l’avance. Chacun-e cumulerait des cotisations sur un compte virtuel. La pension serait calculée en fonction  de l’âge de départ (choisi !) et de l’espérance  de vie. C’est la porte ouverte aux pensions privées !     

 

Quant aux  personnels des EHPAD, ils n’en peuvent plus ! Leurs conditions de travail sont catastrophiques.  Ils ont marché ce 15 mars pour la dignité et le respect des  résidents et des personnels. Aucune politique sérieuse n’existe pour faire face au vieillissement. Le bilan est catastrophique. Dans les EHPAD privés lucratifs, les prix de journée sont prohibitifs pour les résidents et leurs familles. Cela profite aux  actionnaires. L’Allocation d’autonomie n’est pas égalitaire sur le territoire. Faute de moyens, il y a une dégradation de la qualité de l’accueil des résidents (toilettes, douches, alimentation), avec des soins à la chaîne, déshumanisés, une maltraitance à l’égard des personnes âgées, et une  souffrance professionnelle intense des personnels.  L’accueil des personnes âgées ne doit pas être un  commerce enrichissant des actionnaires.   
Nous voulons un véritable service public de la perte d’autonomie, tant à domicile qu’en établissement. Un service public hors de l’emprise privée lucrative, géré démocratiquement, avec des personnels qualifiés et correctement rémunérés. De l’argent il y en a quand on voit les profits des entreprises du Cac 40 : 94 milliards d’euros en 2017, du jamais vu !  


A Montpellier quelques personnes handicapées ont également défilé avec leurs pancartes. Elles aussi sont victimes de la politique d'austérité imposée par le gouvernement Macron. Elles aussi sont laissées pour compte et leur prise en charge est aussi déplorable que celle des personnes âgées. Elles aussi étaient là, pour revendiquer le droit au respect et à la dignité.

 

Reste maintenant à faire de la manif du 22 mars une réussite. Nous sommes dans un véritable rapport de force.

Ensemble ! propose aux forces de gauche antilibérales de se rassembler et agir. Stop Macron ! D’autres choix sont possibles. Défendons les services publics pour une société démocratique et juste. La richesse doit servir à une sécurité sociale universelle !     

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