Ménard, l’inhumanité sans frontières

Ainsi donc le premier magistrat de Béziers a décidé de tuer symboliquement la femme ; de choisir simplement la rapidité de ce meurtre

Ca l’affiche mal cette scène où, ligotée sur des rails, un être du genre féminin attend effarée sa dislocation ferroviaire inéluctable en priant sa rapidité grâce au TGV. Pour avoir peur moins longtemps, le crime étant son destin. L’homme aux manettes ? Ménard conducteur ? Sexisme à peine refoulé, odieuse scène surjouée par le caractère « réaliste » de la photographie affichée.

Le TGV réduit à un crime : il fallait oser. La revendication, aussi justifiée soit-elle, résumée au sadisme et à « l’humour noir » : quel manque de savoir lutter.

L’humanisme, c’est le respect, c’est la dignité. Sous toutes les latitudes, dans toutes les villes, dans tous les systèmes de pensée. Sinon c’est la barbarie où une femme, égale de l’homme, ça va sans dire, peut mourir non pour ses idées mais pour leur absence chez Ménard, homme de l’inhumanité sans frontière. Le monstre a choisi une nouvelle victime de sa domination : les femmes après les opposant.e.s, les musulman.e.s, les pauvres, les migrant.e.s.

L’absence de civilisation est sur les rails, dans une affiche, dans le féminicide… Elle a été retirée ? Sa trace est indélébile.

L’humanisme est dans le départ rapide de l’homme d’extrême-droite morbide, maire d’une ville meurtrie par tant de déchirures de ses valeurs, dans une région, l’Occitanie, qui en a toujours eues.

L’humanisme c’est la miraculeuse préservation de l’appel à la dignité lancé sans discontinuer par des opposant.e.s qui, au quotidien à Béziers et sous la menace et le mépris permanents de Ménard et ses affidés, témoignent qu’un autre monde est possible, sans le moisi et la suffisance des petits puissants locaux, chantres des inégalités.

Pour partir, Ménard, n’oubliez pas de prendre le chemin et le moyen les plus rapides. Pas en affiche, dans la vie réelle… 

Jean Brafman