Martinique : un mouvement peut en cacher un autre

Tout le monde est au rendez-vous dès le 12 septembre pour la première journée de mobilisation contre la loi travail. Les tee- shirt du mouvement de 2009 « kontwe la pwofitation » sont de sortie.

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 Les troupes enseignantes sont en nombre.

Une autre colère gronde ! Les établissements scolaires ont perdu la quasi totalité de leurs contrats aidés.

Les syndicats enseignants appellent à la grève illimitée et à manifestation dès le 13 septembre. Nombres écoles sont fermées ce jour-là et un premier grand rassemblement a lieu devant le rectorat. L'unité syndicale est totale.

L'ouragan Maria interrompt quelques jours ce mouvement. Mais tout repart le 21 septembre. Autre journée de mobilisation contre la loi travail. Mais ici, ce n'est plus de loi travail dont on parle mais des contrats aidés. Ces derniers sont supprimés dans tous les secteurs : associations, mairies et autres collectivités territoriales. Les calculs sont fait ce sont 3000 suppressions : 3000 chômeurs !

C'est bien plus que dans n'importe quel département de la Métropole. Quelle est donc cette loi travail qui s'accompagne de temps de suppressions d'emplois s'indigne le quidam ?

Le maire de Fort de France décide de fermer les écoles le 22 septembre ainsi que tous les services administratifs. La mairie de Fort de France emploie très peu de contrats aidés pourtant mais le maire sait le travail de lien social accompli sur la ville par ces contrats aidés dans les associations culturelles et sportives.

Fort de France sera rejoint par la quasi totalité des maires de l'île qui décident d'une fermeture illimitée des écoles tant que la totalité des postes ne sera pas restituée. Les manifestations sont une déferlante dans les rues de Fort de France. Tous les citoyens martiniquais sont derrière le mouvement. Les magasins tirent leurs rideaux au moment du passage des cortèges.

Des négociations commencent avec la préfecture et aboutissent le 26 septembre par un protocole d'accord entre toutes rétablissant le même nombre de contrats aidés qu'en 2016 .

Cela peut paraître dérisoire et en même peu glorieux que l'on en soit réduit à se battre pour maintenir des contrats aidés. Mais sur une île, ce ne sont pas des anonymes, ce sont des frères, des sœurs, des enfants, des voisins qui sont mis à la porte sans préavis ni autre perspective. C'est la question toute entière du chômage qui est posée et l'avenir de l'île. Et c'est surtout , je crois cet abandon répété de l'Outre-Mer et de l'égalité sur le territoire qui est de nouveau reposé.

D’une correspondante Ensemble! à la Martinique

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