Soutien au droit à décider du peuple catalan. Non à la répression.

La Guardia Civil (qui dépend du ministère des armées) est intervenue le 20 sept 2017 pour arrêter 14 représentants de la Generalitat, entrer dans les bâtiments pour prendre le matériel électoral du referendum du 1 Octobre...

De plus, une première fournée d’une trentaine de Maires, sur les 700 qui ont annoncé qu’ils organiseraient le referendum ont été trainés devant la justice...

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Manifestation à Barcelone le soir du 20 septembre 17

 

 

 Un rassemblement, le 22 septembre, était appelé par Ensemble!, le NPA et le PG. devant le consulat d'Espagne à Montpellier.

Voici le communiqué commun :

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE CATALAN

Aujourd’hui 80% des catalan-es sont pour un referendum concernant leur « droit à décider » de leur avenir. Ils ne cessent de le dire, nous l’avons vu dernièrement lors de la manifestation du 11 septembre où plus d’1M de manifestant-es se sont retrouvés dans les rues de Barcelone ou encore avec plus de 700 maires annonçant leur engagement pour le referendum du 1 octobre.
Le  gouvernement du Parti Populaire , avec le soutien de Ciudadanos et du PSOE, se refuse à écouter le peuple catalan. Le PP, toujours empreint de l’héritage franquiste, n’a fait qu’un seul choix, celui de la répression. Dans une sorte de coup d’état, les troupes de la Guardia Civil ont arrêté 14 responsables de la Generalitat, investi les bâtiments publics pour rechercher les documents permettant le vote le 1 Octobre, encerclé le siège du parti CUP. Une trentaine de Maires ont déjà été trainé devant les tribunaux.
Toute la journée d ‘hier, des manifestations ont eu lieu pour empêcher les interventions de la Guardia Civil et en solidarité avec les arrêtés. Le soir, dans tout l’état espagnol, la solidarité s’est exprimée à travers des manifestations.

Nous affirmons :
- notre solidarité avec le peuple catalan
- notre défense des droits démocratiques comme le droit à décider ou droit à l’autodétermination. Droit reconnu par les Nations Unies et appliqué il a peu en Ecosse.
- notre refus de la répression policière, militaire et judiciaire
- la libération de tous les militants arrêtés et l’arrêt des poursuites judiciaires

Nous appelons, à un premier rassemblement dans l’urgence vu la gravité de la situation le VENDREDI 22 SEPTEMBRE à 18h30 devant le Consulat d’Espagne ( rue Marceau - angle Gambetta)

 Ensemble! 34, NPA 34, PG 34...

 

Voir aussi le communiqué d'Ensemble! :

Le peuple catalan a le droit de décider le 1er octobre !

 
 
En juin 2006, la communauté de Catalogne a adopté un nouveau statut d’autonomie.

Après son adoption par les parlements catalan et espagnol (à l’issue d’une négociation avec l’état central), il a été validé par un référendum qui a recueilli 73,27 % des suffrages (bien que minoritaire en termes de participation).

Malgré cette double approbation, le Parti populaire et plusieurs communautés autonomes ont engagé un recours juridique. Après quatre années d’instruction, le Tribunal constitutionnel a rendu sa décision en estimant que le nouveau statut était non conforme à la constitution sur plusieurs points tels que les notions de nation, de justice autonome et sur la fiscalité.

La décision du Tribunal constitutionnel a entraîné une manifestation rassemblant plus d'un million de personnes le 10 juillet 2010 à Barcelone, avec comme mot d’ordre : "Som una nació. Nosaltres decidim" (Nous sommes une nation, Nous décidons) et a inauguré un cycle de mobilisations inédit en Catalogne.

Un nouveau référendum catalan est convoqué à l’initiative du gouvernement régional pour ce 1er octobre 2017. La population devra se prononcer sur la question suivante : « Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat indépendant sous la forme d’une République ? ».

Aujourd’hui 80 % des Catalan-es se disent favorables à un référendum sur le « droit à décider », les manifestations de la « Diada » du 11 septembre viennent de rassembler 1 million de personnes dans les rues de Barcelone, 700 maires sur environ 900 vont organiser le vote, malgré les poursuites engagées à leur encontre par Madrid, la volonté du peuple catalan est claire. Il veut pouvoir décider de son avenir.

Le gouvernement du Parti Populaire, soutenu par Ciudadanos et le PSOE, au lieu d’écouter un peuple et d’ouvrir des négociations toujours possibles sur un état fédéral ou confédéral ou encore tout simplement en accordant aux Catalans de nouveaux droits, a choisi comme unique politique la répression.

Ensemble ! soutient le droit à décider du peuple catalan et rappelle que le droit à l’autodétermination est un droit démocratique reconnu par les Nations Unies, un droit qui s’est exercé il y a peu en Ecosse.

Ensemble ! dénonce la répression policière, judiciaire et militaire d'un Etat espagnol monarchique et centraliste, encore marqué par l'héritage franquiste, visant à empêcher l’exercice d’un droit démocratique. Les questions politiques doivent trouver une solution politique.

Bagnolet le 20 septembre 2017.

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Un article de notre camarade d'Ensemble! 34 Francis Viguié paru dans la revue Regards : ICI

 

Catalogne Manifeste - Décider est un droit démocratique
 
 
Ce manifeste, initié par par Xosé Manuel Beiras, dirigeant historique de la gauche indépendantiste de Galice et fondateur d’Anova est maintenant publié sur le site https://manifiesto1octubre.org/ avec tous les signataires, entre autres avec la signature de soutien d’Ensemble!
 
 
 

DECIDER EST UN DROIT DEMOCRATIQUE

NOUS SOUTENONS LE REFERENDUM EN CATALOGNE

Manifeste

en vue du référendum du 1er octobre 2017, lancé par :

 

Xosé Manuel Beiras, fondateur de Anova de Galice - Manolo Rivas, écrivain et journaliste - Jordi Cuixart, président de Omnium Cultural de Catalogne  - Maddalen Iriarte Okiñena, porte-parole de EHBildu au Parlament Basque - Teresa Rodríguez, députée au Parlament d'Andalousie - Ana Pontón Mondelo, porte-parole du Bloque Nacionalista Galego (BNG) - Adolfo Araiz Flamarike, porte-parole de EHBildu au Parlament de Navarre - Jaime Pastor Verdú, professeur de Sciences Politiques à l'UNED, éditeur de la revue Viento Sur.

 
  • La situation en Catalogne nous importe, et nous concerne tous et toutes. Un référendum est annoncé en Catalogne le 1er octobre prochain, visant à exercer un droit légitime, un droit reconnu par les Nations Unies, un droit accepté pour de nombreux peuples dans le monde, mais que est pourtant refusé au peuple catalan et les peuples soumis à l'Etat espagnol.
  • Le peuple catalan a démontré - par sa tradition historique, ses mobilisations et ses revendications - qu'il est une nation et qu'il a, de ce fait, le droit de décider librement et démocratiquement de son futur et de ses relations avec les peuples qui composent aujourd'hui l'Etat espagnol.
  • L'exigence du droit de décider n'est dirigée contre personne. Elle n'est pas dirigée contre les classes travailleuses ni contre les territoires qui font partie du Royaume d'Espagne. C'est un signal démocratique du respect et de la solidarité entre les peuples. Opposer les peuples les uns contre les autres est la plus insolidaire des politiques.
  • C'est en les exerçant que l'on conquiert et l'on maintient les libertés. Le droit de grève a été conquis en faisant grève. Le suffrage universel fut une conquête démocratique qui a nécessité de nombreuses luttes et affrontements contre la légalité d'alors. Les pouvoirs actuels changent de légalité et de Constitution lorsque cela les arrange. Nous défendons le fait que le peuple catalan puisse rendre effectif son droit à l'autodétermination.
  • Nous n'avons aucun doute que cette majorité, qui veut décider, aurait préféré le faire d'une manière légale et accordée avec le gouvernement espagnol, mais ce dernier a refusé catégoriquement. Dialoguer et donner la parole aux citoyens est la meilleure façon de résoudre un problème politique.
  • Il y a dans notre pays des symptômes alarmants de dégradation des conditions démocratiques. Il y a de moins en moins de mécanismes de contrôle démocratique du pouvoir. Les élites s'enrichissent au prix de l'appauvrissement de la majorité de la population. La corruption a atteint des niveaux insupportables. On légifère en éliminant des droits, et maintenant on veut empêcher qu'un peuple puisse avoir le droit de décider de sa souveraineté.
  • Nous souhaitons l'égalité de tous les peuples et nations, et que personne ne puisse avoir des privilèges au-dessus des autres ; pour cette même raison nous défendons le droit du peuple catalan à voter dans un référendum. La solidarité et la fraternité s'obtiennent lorsqu'on se traite comme égaux, et en s'entraidant quand c'est nécessaire.  
  • Le mouvement souverainiste et indépendantiste catalan est un mouvement pacifique, démocratique et républicain ayant un vaste soutien populaire, qui est né de la société civile et qui a englobé les organisations politiques et sociales. C'est aussi un mouvement social qui demande des changements en faveur de la population la plus touchée par la crise. Pour cette raison, c'est un allié de tous les peuples d'Espagne et de ceux qui luttent pour changer les politiques du Parti Populaire (PP) et du gouvernement Rajoy.
  • Nous nous opposons, et nous nous opposerons, à tout type de répression judiciaire ou policière que le gouvernement espagnol pourrait exercer à l'encontre de ceux qui exercent leurs droits démocratiques, ainsi que contre les représentant-e-s et les institutions légitimement élu-e-s par le peuple catalan.
  • Nous tous qui signons ce manifeste, indépendamment des options politiques de chacun, nous nous sentons concernés par le droit à décider du peuple catalan, et nous encourageons à la plus grande mobilisation et participation dans le référendum, pour que soit connue et respectée la volonté majoritaire.

 (Traduit du castillan par Stefan Bekier)

Tous les signataires sont visibles sur le site du manifeste https://manifiesto1octubre.org/, dont les soutiens internationaux :

BRESIL: Comité exécutif du PSOL ; Luciana Genro - ex-députée nationale et candidate du PSOL à la présidence du pays ; Pedro Ruas, député  de l'état Rio Grande do Sul ; Roberto Robaina, Fernanda Melchiona et Alex Fraga - élus de Porto Alegre ; Eleomar Coelho - député de Rio de Janeiro ; David Miranda - élu de Rio de Janeiro. FRANCE : Avec le soutien d'Ensemble! - Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire ; EQUATEUR : Nidia Arrobo Rodas, présidente de la Fondation Pueblo Indio. VENEZUELA : Marea Socialista  ; Elizabeth Rivera - Université centrale du Vénézuéla UCV-USB ; ETATS-UNIS : Margaret Guttshall, National Workers Union / UAW ; Green Party of Michigan

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Message de la Generalitat de Catalunya aux parlementaires français - Nicolas Maury

Eva Doya Le Besnerais - Attachée aux Affaires Institutionnelles de la Generalitat de Catalogne

Face aux évènements extrêmement graves qui se sont produits ce matin, et en cours actuellement, le Président de la Catalogne Carles Puigdemont s’est exprimé il y a quelques minutes et a affirmé que, de facto, Madrid a imposé un état d'urgence en Catalogne sans respecter les procédures légales. Nous avons traduit quelques lignes de sa déclaration que nous croyons peuvent être de votre intérêt. C’est la première fois qu’une situation pareille se produit dans un Etat de l’Union Européenne.

Le Gouvernement de Catalogne a été l’objet aujourd’hui d’une agression coordonnée par les forces policières du Ministère de l’Intérieur du Gouvernement espagnol avec l’objectif d’empêcher l’ensemble des Catalans de s’exprimer en liberté et pacifiquement le premier octobre. De même veulent-ils suspendre l’activité du Gouvernement démocratiquement élu le 27 septembre 2015.

Cette agression est en dehors de toute protection juridique. Elle a été perpétrée en violation de l’Etat de Droit et de toutes les garanties constitutionnelles, et en violation de la Chartre des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne.

Ce qui ce passe en Catalogne n’arrive dans aucun État de l’Union Européenne. À tous ces démocrates qui se sentent aujourd’hui indignés, en Catalogne et ailleurs, pour les évènements des dernières heures, le Gouvernement leur confirme l’engagement et la garantie de toujours les défendre. Nous n’accepterons pas un retour au passé et nous n’accepterons pas qu’ils nous empêchent de décider sur l’avenir de liberté et démocratie.

Nous condamnons et rejetons l’attitude totalitaire et antidémocratique de l’État espagnol et d’un gouvernement qui a montré le visage intolérant qui a souvent fait partie de l’histoire de la politique espagnole.