Communiqué de presse de Ensemble !34 : Les élèves de Montpellier ne sont pas des cobayes !

Les TAPs ne sont pas une variable d'ajustement budgétaire!
Philippe Saurel, maire de Montpellier, vient d'annoncer à la presse qu'il compte expérimenter le retour à la semaine des 4 jours dans deux écoles de notre ville dont l'une serait en REP.

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  Lors de la campagne présidentielle, il avait plusieurs fois pris position contre la réforme des rythmes scolaires en général, mais assurant que rien ne serait fait avant la rentrée de septembre 2018.

Quelle est l'utilité de cette expérimentation, annoncée à 2 semaines de sortie des classes sinon d'amorcer, sans le dire franchement et sans réelle concertation avec les personnels et les parents d’élèves, le virage des 4 jours pour la rentrée de 2018 en montrant que... le coût est moindre pour la municipalité...

Les questions des rythmes de l'enfant, des rythmes scolaires sont des questions sérieuses. Cette réforme, lancée par Peillon et reprise par Hamon et Vallaud-Belkacem, a été mise en place de façon dogmatique et à marche forcée. Aucune disposition n'a été prise pour que les moyens humains et financiers soient donnés à égalité sur l'ensemble du territoire pour que cela soit bénéfique pour les enfants. Puisque ces Temps d'Activités Périscolaires (TAP) sont importants pour l'éducation des enfants, pourquoi en laisser l'initiative aux communes, dont les capacités financières sont très hétérogènes et dont les moyens sont revus drastiquement à la baisse, politique d'austérité obligé? Pourquoi n'est ce pas l’Éducation nationale elle-même qui met en place ces activités, avec des moyens matériels, avec des personnels formés, non précaires, avec un véritable statut...?

Beaucoup de choses sont à critiquer et à revoir dans la mise en place de cette réforme. Saurel, lui, ne voit dans le retour à la semaine de 4 jours que la possibilité pour la mairie de faire des économies budgétaires. Quid des enfants en difficultés qui peu ou prou ont profité des TAP pour progresser? Quid des associations et de leurs intervenants ? Cela aura forcément un impact sur les emplois des animateur.trices des associations d’éducation populaire, fortement sollicités dans la mise en place du processus, et des salarié.es des collectivités territoriales. Cette troisième modification des rythmes scolaires en quelques années n’aide pas à la nécessaire cohérence et à la lisibilité du projet éducatif de l’éducation nationale. Elle pèse sur l’organisation des écoles et impacte la vie des personnels, des élèves et de leurs familles

Pour Ensemble ! 34, cet ersatz d'expérimentation n'a pas lieu d'être. En revanche, un grand débat doit s'ouvrir dans notre commune avec l'ensemble des différents acteurs de l'école et des TAP. Des besoins doivent être définis ainsi que les moyens financiers et humains nécessaires pour les satisfaire. Les TAP ne doivent pas être une variable d'ajustement budgétaire. L'éducation n'est pas une marchandise, l'école au sens large (école, cantine, accueil, TAP) doit être publique, laïque, gratuite et obligatoire. Une véritable concertation doit s'ouvrir au plus tôt ! Cette concertation passe par l’abrogation de tous les décrets sur les rythmes scolaires et par le respect des rythmes de l’enfant et des conditions de travail des personnels.

 

Ensemble! 34