Montpellier, réussite de la soirée-débat « appel à résistance contre Macron » de vendredi 16/06

Environ 140 personnes se sont déplacées malgré une chaleur torride et le début du week-end. La motivation pour résister et l’inquiétude palpable devant les contre-réformes qui nous attendent sont bien présentes.

Toutes les organisations signataires étaient représentées significativement. (Assemblée citoyenne 1ère et 8ème circonscription du 34, CGT Educ’ Action 34, CGT Précaires Montpellier, CNT ESS 34, Coordination des Groupes Anarchistes (CGA) 34, Ensemble!34, FI, NPA34, PCF34, PG34) et plusieurs dizaines personnes étaient venues s'informer et s'inscrire dans une démarche de résistance unitaire.

Voir ici l'article précédent

Après une introduction politique élaborée unitairement, la parole a été donnée aux collectifs en lutte, dont une militante du collectif Migrant-e-s Bienvenue 34. Voir notre article : TAM : Enfin le «tarif social» pour les migrants ? Communiqué de presse du mercredi 14 juin 2017

Richard Abauzit a ensuite décortiqué et analyser de manière claire et synthétique tous les tenants et aboutissants de la loi travail 2. Voir son introduction   ici

Un très bon débat a clôturé la soirée.

Pour la suite, voici quelques rendez-vous montpellierains qui vont rythmer la mobilisation :

-Lundi 19 juin Rassemblement et manifestation. « Le Front Social 34 appelle toutes celles et tous ceux qui sont déterminé(e)s à résister contre la régression sociale. Que vous soyez une organisation, un syndicat, un collectif, une association, un(e) militant(e)… prenez date et venez construire l’indispensable riposte à Macron, sa nouvelle loi travail, ses ordonnances, l’état d’urgence, les violences et le racisme d’état et tous les autres mesures libérales de sa politique anti-sociale. »  A 19h. Départ de la  place de la Comédie. Cette mobilisation a lieu le même jour dans plusieurs villes de France, notamment à Paris devant l'Assemblée Nationale.

-Mardi 27 juin Mobilisation intersyndicale.

-Vendredi 30 juin Résistance, le groupe unitaire contre Macron organise un évènement sur l'esplanade au centre ville. Ateliers thématiques, tables d'infos, débats, réflexion collective etc. A 18h, venez nombreuses et nombreux

Ensemble ! 34 appelle a participer en nombre à ces manifestations.

 

Voici ci-dessous le communiqué national d’Ensemble ! :

Contre la casse du Code du travail ! Nous soutenons les mobilisations des 19 et 27 juin.

La généralisation des attaques contre le droit du travail, c'est maintenant. E. Macron veut effacer des mémoires le mouvement de protestation sociale et politique de l’année 2016 et aller encore plus loin que la loi El Khomri.

Les salaires, la durée effective du travail, les conditions de travail et de licenciement, notamment, sont visés.

Son objectif : étendre encore l'inversion des normes, faire disparaître le même code du travail pour tous les salarié.e.s au profit de quelques règles par entreprise.

Les syndicats seraient réduits au rôle de négociateurs de droits éclatés.

Malgré le désaveu antérieur Il veut « plafonner », c’est-à-dire baisser, les indemnités prononcées par les Prud’hommes en cas de licenciements abusifs.

Macron veut également étendre la fusion des Institutions représentatives du personnel (IRP) pour limiter l’action syndicale et les droits des salarié-es.

C’est donc le risque d’une nouvelle régression sociale de grande ampleur redoublée qui se met « en marche » ou se prépare à « marche forcée » pendant l’été.

Dans le même temps, Macron prépare la remise en cause du droit à faire des études au lieu de créer les postes d’enseignants et de chercheurs pour accueillir les jeunes.

Nous soutiendrons toute action que les syndicats, les salarié-es, les jeunes, ainsi que des personnalités, des juristes en droit du travail, des universitaires, des associations, décideront.

Mettons en débat le code du travail que nous voulons pour protéger les salarié.e.s élaboré par des juristes, des inspecteurs du travail.

Unis, nous ferons front commun pour refuser ces méthodes, et notamment une éventuelle loi d’habilitation des ordonnances.

Emmanuel Macron a obtenu 24% des voix et il va avoir une majorité absolue à l’Assemblée : c'est un scandale anti-démocratique !

Nous n'acceptons pas que les salarié.e.s soient licencié.e.s comme chez Tati ou GM§S parce que victimes de spéculations financières au profit des actionnaires ou de l'incurie des patrons.

Nous n’acceptons pas que la moitié des salarié.e.s vivent avec moins de 1700€/mois

Nous refusons le chômage quand la semaine de 32h sans perte de salaire permettrait de le faire disparaître.

Nous refusons toute remise en cause du financement et de la solidité de la Sécurité sociale.

Nous voulons l’égalité des salaires femmes-hommes.

 

Une première déclaration signée par des personnalités, des élu-es et des responsables nationaux de diverses forces de gauche et écologistes (EELV, Ensemble, Gauche démocratique et sociale, élus hamonistes, Nouvelle Donne, NPA, PCF, PG, RS) montre une volonté d'agir :

« Nous alertons l’opinion publique.

Nous ferons campagne commune pour alerter la population sur ces projets néfastes »

 

Le 19 et le 27 juin, commençons la mobilisation contre la politique du gouvernement Macron-Philippe.

 

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Introduction à la réunion débat :


L’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République annonce des jours douloureux pour le monde du travail, pour les chômeurs, chômeuses, les précaires, pour la jeunesse, pour les sans-papiers, les migrant.es, les réfugié.es. Ne nous payons pas de mots c’est un gouvernement de droite au service du patronat que nous avons en face de nous. Oui, c’est un président qui n’a aucune légitimité au regard des votes qui se sont portés sur lui au premier tour de l’élection et qui, à la faveur d’un appel à faire barrage au FN au second tour, s’est retrouvé élu avec; notons-le, un taux d’abstention et de votes blancs, record. Oui, ce président est illégitime et les votes qui se sont portés au 2nd tour sur lui ne sont en rien une adhésion à son programme. Le taux d’abstention inédit sous la Vème république pour un 1er tour des élections législatives le confirme. Macron, c’est le produit d’une « gauche » de gouvernement qui a depuis longtemps abdiqué face au capitalisme et a mené une politique de droite. Et ne l’oublions pas, Macron est de ceux qui ont été à la manœuvre dans le gouvernement Hollande-Valls et il est notamment l’inspirateur de la loi El Khomri de casse du code du travail.

Mais il ne s’agit plus aujourd’hui de s’attarder sur le caractère illégitime de son élection, même si, par-delà son hétérogénéité, le total des votes blancs et de l’abstention a du sens politique. Pour celles et ceux qui avaient regardé d’un peu près le programme de Macron se dessinait déjà en creux un projet de société dont le maître mot est la flexibilité, l’ubérisation, le retour de la soumission totale du travailleur à son patron dans une négociation individuelle et la destruction des solidarités. 

Ne nous y trompons pas, derrière la pseudo-modernité du « jeune homme », relayée tambour battant par les médias, c’est par une vague de régressions sociales et de mesures liberticides que nous allons être submergés. Et à marche forcée, vite par les ordonnances, afin de tenter de juguler toute tentative de résistance.

Le code du travail, les salaires, l’assurance chômage, la protection sociale, l’éducation, les services publics en général, la restriction des libertés avec le renforcement de l’Etat d’urgence, les politiques migratoires, rien ne va échapper au rouleau compresseur réactionnaire et ultra libéral du pouvoir en place.

Les mesures annoncées dans ces différents domaines forment un tout : l’avènement d’une société basée sur la précarisation, l’individualisation, la concurrence et la limitation de nos libertés.

Nous prendrons juste quelques exemples, Richard reviendra sur un des points phares de la feuille de route du gouvernement, les attaques contre le code du travail et ses prolongements, que nous avons choisi de développer aujourd’hui pour informer et comprendre pour mieux construire la résistance.

Car l’attaque va se poursuivre contre « le coût du travail » avec le soutien de l’investissement privé par une baisse de l’impôt sur les sociétés, la fin du RSI et la transformation du CICE en allégement de charges pérennes.

Quant au financement de la protection sociale, notamment l’assurance chômage, le choix est assumé qu’elle soit moins financée par les cotisations sociales sur le travail et plus par l’impôt avec une hausse de la CSG payée essentiellement par les salariés.

Services publics : santé, éducation, des coupes sombres sont déjà annoncées à hauteur de 120 000 emplois…

L’attaque contre la santé va passer par une poursuite et une amplification des dispositions prises par Marisol Touraine : élargissement des Groupes Hospitaliers de Territoire, rationalisation des services, autrement dit réduction voire fermeture des services de proximité. Ou encore, permettre « une meilleure régulation des marchés » des régimes obligatoires et complémentaires…

Dans le domaine de l’Education le nouveau ministre n’est pas un inconnu, il a déjà œuvré comme recteur et comme directeur de l’ESSEC (école très sélective) notamment…au programme : autonomie des établissements, y compris pour le recrutement des personnels. Les annonces, comme celle du dédoublement pour les seuls CP et CE1 des écoles placées en Zone d’Education Prioritaire, sans moyens, risquent fort de se traduire par la suppression de postes ailleurs.

Quant au décret sur les rythmes scolaires, qui permet de déroger selon les communes au calendrier scolaire annuel, il aggravera les inégalités sur le territoire.

Sur les politiques migratoires tous les signaux vont dans le même sens, la continuité de celles menées par Hollande et Sarkozy, des politiques inhumaines car, tant que les causes des départs n’auront pas disparu, les arrivées se poursuivront. Le ministre de l’intérieur Collomb compte bien aussi appliquer le règlement Dublin III et précise que les personnes dont la demande d’asile relève d’un autre Etat membre doivent être réadmises dans cet Etat. Cette disposition prévoit la limitation de la clause de souveraineté qui permet à un Etat de traiter une demande d’asile. Les camarades du collectif Migrants Bienvenue 34 interviendront pour expliquer les conséquences de ces politiques. Mais très clairement cela signifie la poursuite des expulsions et des drames que nous connaissons.

Il y a un dernier domaine extrêmement préoccupant, celui de l’Etat d’urgence et de la restriction des libertés et notamment celle de manifester et nous voyons bien le rapport entre le renforcement de dispositions liberticides avec les thématiques évoquées précédemment: la volonté de criminaliser le mouvement social et d’empêcher toute contestation. Nous avons déjà vu ces mesures à l’œuvre durant la mobilisation contre la COP 21 ou contre les manifestations contre la loi travail avec l’utilisation des assignations à résidence. La future loi antiterroriste et de renforcement de la sécurité intérieure doit être présentée en conseil des ministres le 21 juin. Il s’agit d’inscrire dans le droit commun les dispositions de l’Etat d’urgence notamment les perquisitions administratives et les assignations à résidence et donc de marginaliser le juge judiciaire au profit du juge administratif. L’état d’exception déjà devenu permanent devient la règle. Ainsi l’administration préfectorale pourra décider sur la foi d’une simple information des services de renseignement de perquisitionner n’importe quel citoyen  sous prétexte que son comportement pourrait constituer une menace pour l’ordre et la sécurité publique sans contrôle a priori d’un juge…On pourra aussi évoquer la création de la Task force qui, sous couvert de renforcer la lutte antiterroriste, va être une arme de plus de fichage des populations et en particulier, on peut le craindre, de celles et ceux qui s’opposeront aux politiques du gouvernement.

Plus que jamais il y urgence à se mobiliser et la marche va être haute pour construire un rapport de force …Il y a là une responsabilité énorme du mouvement syndical ; nous restons sur deux défaites contre la réforme des retraites, contre la loi El Khomri. Pour autant même pendant la séquence électorale, les luttes n’ont pas été absentes car les plans de licenciements, les plans de fermetures d’entreprise n’attendent pas le calendrier électoral…Whirpool, GM&S, Tati, Commerces, sans parler des luttes contre les conditions de travail… 

Des convergences se mettent en place. Nous devons y être attentifs et être prêts à soutenir ces luttes et toutes les initiatives qui permettront de construire ce rapport de force. Nous restons disponibles aussi pour nous inscrire dans les appels des organisations syndicales à se mobiliser.

Nous souhaitons aussi être force d’initiative unitaire et montrer qu’il n’y a pas de fatalité, qu’un autre monde est possible, nous ne baissons pas les bras. Cette réunion est un premier pas dans la résistance.

D’autres rendez-vous sont à venir. Le débat de ce soir permettra aussi d’envisager la suite et nous ferons aussi des propositions.

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