Hérault : une réunion très encourageante pour un régroupement au sein du Front de Gauche

Une réunion départementale réunissant une quarantaine de personnes s'est tenue le 9 octobre à Montpellier dans le but de d'unifier  les organisations du Front de Gauche qui partagent les mêmes objectifs (Dans le 34 : Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, FASE Alternatifs).  Des militantEs apartidaires du Front de Gauche s’associent au processus. . 

Hérault : une réunion très encourageante pour un 

régroupement au sein du Front de Gauche

Une réunion départementale réunissant une quarantaine de personnes s'est tenue le 9 octobre à Montpellier dans le but de d'unifier  les organisations du Front de Gauche qui partagent les mêmes objectifs

Etaient donc présents des militant-e-s de la Gauche Anticapitaliste, de la Gauche Unitaire, de la FASE et des militantEs apartidaires. Les Alternatifs étaient excusés.

Un échange sur la situation politique a montré les convergences d'analyse : un gouvernement qui n’a pas rompu avec la politique de la droite, un Front National à l'offensive avec une banalisation inquiténte de ses idées, et donc la nécessitée absolue de construire une alternative de gauche. Le Front de Gauche est le seul capable de l'incarner aujourd’hui. Cependant, les hésitations du PCF sur les municipales et le tête à tête PCF/PG - deux partis qui semblent plus soucieux de leur propre construction que de celle du front -  paralysent en partie le Front de Gauche. Il est donc essentiel qu'un troisième courant pèse dans le Front de gauche pour l'ancrer à la base, pour l'ouvrir aux adhésions individuelles, pour  une force active et visible sur le terrain, pour une orientation clairement écologique et sociale, de rupture avec le capitalisme...

Ce courant est en train de se construire nationalement avec une échéance importante les 23 et 24  novembre. Seront discutés et adoptés au consensus, l'orientation politique, le mode de fonctionnement et le nom de cette nouvelle organisation.  (voir textes ci-dessous).

Concernant le nom,  l'échange au cours de la réunion  a fait émerger très majoritairement au cour d’un vote indicatif : Mouvement pour une Alternative de Gauche (MAG). Suivent  : Gauche Alternative et  Mouvement Citoyen du Front de Gauche.  Les autres noms proposés ont fait peu de voix.

Un échange sur les municipales a permis de connaitre la situation dans les principales villes et villages du département, où nous souhaitons qu'un maximum de listes Front de Gauche se présentent. A noter la situation particulière  à Béziers où la ligne politique et les pratiques du PCF local ne permettent pas aujourd’hui un regroupement Front de Gauche ouvert à toutes ses composantes.

Des décisions ont été prises unanimement pour avancer localement vers ce regroupement :

- une commission va rédiger un appel  départemental public  à constituer cette nouvelle force

- 3 comités sont constitués : biterrois, grand Montpellier, centre Hérault (Comité Hauts cantons ?)

- un comité de liaison 34 se met en place ( 2 délégués par organisation, 1 représentant des non organisés, 2 délégués par comité)

 

Prochaines échéances : ( réunions ouvertes à toutes les personnes intéressées)

* Lundi 4 novembre Réunion  Grand Montpellier 20 h au 14 rue du commerce

* Samedi 16 novembre   Réunion régionale  10h au local GA de Montpellier 14 rue du commerce.

 * 23 et 24 novembre  : réunion nationale : assemblée ouvrant un processus de constitution d’un mouvement commun.

 

 Les textes en discussion dans le regroupement



Quel nom pour notre futur mouvement ?

La discussion sur le nom d’un mouvement ou d’une organisation est toujours une question qui entraîne débats et passions, car il s’agit d’un choix qui porte sur l’identité de ce que nous allons créer ensemble. Ces débats sont intéressants mais ils doivent être relativisés au regard de l’expérience : tout le monde connaît des « noms » comme UMP, SUD ou ATTAC, mais qui est vraiment capable de décrypter ces acronymes… une fois un nom inscrit dans l’espace public il s’impose et ne pose plus vraiment de problèmes !

Pour ce qui nous concerne, la proposition serait d’arriver aux assises des 23 et 24 novembre avec un nom qui fasse auparavant consensus entre nous. Une première discussion lors de la réunion nationale qui s’est réunie à Paris les 27 et 28 septembre a conclu sur la nécessité d’éviter tout ce qui abouti à lister les "attributs" qui nous paraissent importants pour la nouvelle force. Si nous commençons à lister "anticapitaliste", "écologiste", "socialiste", "féministe", etc. nous aurons inévitablement une liste à la Prévert, d’où la proposition de formules plus génériques qui pourraient faire accord. En pratique la réunion des 27 et 28 a permis de dégager 5 noms, issus des discussions dans les composantes et les collectifs locaux, qui seraient acceptables par tout le monde. Ces noms sont les suivants :

-       Gauche Alternative,

-       Gauche en Mouvement,

-       Monde Solidaire,

-       Mouvement pour une Alternative de Gauche,

-       Emancipations

La méthodologie proposée est la suivante : tous les collectifs locaux et toutes les composantes sont appelés à discuter de ces noms, éventuellement à faire d’autres propositions, et à transmettre au comité de liaison leurs choix et leurs préférences avant le 7 novembre 2013.

Les 7 et 8 novembre se tiendra une nouvelle réunion nationale qui finalisera toutes les propositions pour les assises des 23 et 24 novembre. Cette réunion enregistrera toutes les préférences exprimées par les collectifs et les composantes et proposera le nom qui recueille le plus d’avis favorable pour ratification lors des assises des 23 et 24.

Cette méthodologie a trois avantages : avoir l’avis de tous les collectifs et toutes les composantes, éviter de se déchirer lors des assises avec des propositions multiples sur lesquelles il sera extrêmement difficile de trancher et enfin de travailler entre le 8 novembre et le 23 novembre sur le graphisme et sur le site web afin que notre mouvement puisse être publiquement « lancé » dès le 24 novembre !  



Dans les luttes, dans les urnes, construire une alternative,
  Se rassembler,  Développer et affirmer le Front de Gauche.

Un an après avoir chassé Sarkozy, prenons la mesure de la situation.

La domination économique libérale et les gouvernements ont provoqué en vingt ans l’émiettement du salariat. L’absence de changement depuis un an a accru les réactions de désorientation, de désespoir. La droite réactionnaire et le Front national ont leur fonds de commerce, comme dans de nombreux pays en Europe.: il faudrait faire tourner la roue en arrière, avec des politiques de défense des vieilles « identités françaises » : la terre, la famille et les morts… Le « social » leur sert de bluff attrape-tout.

La force du mécontentement social se heurte aux discours de simple gestion de « la crise » et aux politiques soumises aux ordres du patronat et des institutions européennes. Mais les mobilisations peuvent changer le jeu politique. L’enjeu essentiel devient la construction d’une alternative rassemblant les résistances à la politique du gouvernement, des réponses immédiates, des éléments d’une alternative qui donne un horizon commun. Contre l’hégémonie que veut constituer le Front national, nous combattons pour l’égalité, les solidarités et l’émancipation, un nouveau vivre ensemble.

Nul ne peut prédire la suite. Nous pouvons contribuer à ouvrir l’avenir, en France et en Europe, avec toutes les forces du mouvement social et avec le Front de gauche.

1-    Un an après

Hollande est au pouvoir depuis plus d’un an. Son gouvernement mène une politique qui va à l’encontre des aspirations des électeurs qui ont chassé Sarkozy  et qui s'apparente largement à celle qui fut menée par Tony Blair en Grande Bretagne : libérale, sécuritaire, atlantiste.

Politique libérale sur le plan social et économique : austérité, adoption du traité budgétaire européen, déréglementation du marché du travail (ANI), multiples cadeaux au patronat, privatisations à venir… La contre-réforme des retraites est une étape de plus dans une politique qui consiste à alléger les « charges » des entreprises et à les transférer sur le plus grand nombre.

A l’exception de quelques mesures, aucun progrès social ou écologique n’aura été inscrit à l’agenda gouvernemental. Dans le domaine écologique, le poids des lobbies nucléaires et pétroliers (gaz et huiles de schistes, gaz de houille) se fait sentir au sein même du gouvernement. Deux ministres de l’environnement ont d'ailleurs été contraintes à démissionner en moins d’un an ! Le nucléaire n'est pas réellement remis en cause et le gouvernement Ayrault n’a pas encore renoncé à son projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. François Hollande appuie sa politique sur l’hypothèse du retour d’un minimum de croissance économique. Mais les contradictions de la crise économique ouverte en 2008 sont toujours à l’œuvre, et elles se combinent avec l’approfondissement de la crise écologique que les politiques de « capitalisme vert » sont impuissantes à conjurer

La crise morale ouverte par l’affaire Cahuzac n’a pas entraîné le renouveau démocratique indispensable. Bien au contraire, la politique défendue avec tonitruance par Valls marque également une très grave évolution. Elle entérine une victoire idéologique de la droite sur le terrain sécuritaire et de l’immigration, avec notamment la reprise du discours anti-rom, anti-musulman qui jusqu’ici était l’apanage de l’extrême droite et de certains sarkozystes. Les difficultés de Taubira à proposer une alternative judiciaire face aux dérives sécuritaires sont éclairantes sur la politique du gouvernement.

Contrairement aux apparences (rétablissement d’une partie des postes supprimés sous Sarkozy), l’éducation n’est pas épargnée par la politique d’austérité. Pour l’essentiel, la loi Peillon et la loi Fioraso entérinent les réformes libérales menées par les gouvernements précédents. La pseudo-réforme des rythmes scolaires ne répond pas au réel problème de la lourdeur de la journée des élèves, et la politique gouvernementale sur l’éducation aggrave les inégalités territoriales et sociales.

Seules font exception l’adoption du mariage pour tous et toutes et, en ce qui concerne les droits des femmes et des homosexuel-le-s, des déclarations d'intention ou des annonces de mesures qui risquent -austérité oblige- de ne pas voir le jour faute de moyens nécessaires à leur mise en œuvre.

La défaite de Sarkozy n’a pas signifié la défaite du sarkozysme, qui avait imprégné des pans entiers de la société, et la politique de Hollande et de son gouvernement, au-delà des déclarations d'intention, ne rompt pas avec des éléments clés de cet héritage.

La politique de François Hollande confirme également l’adaptation complète du Parti Socialiste à la logique présidentialiste de la Vème République Cette évolution est confirmée par l’activisme guerrier et atlantiste de Hollande qui se retrouve désormais le meilleur allié des USA. Cette présidence, a décidé d’engager la France militairement au Mali et en Syrie aujourd’hui. D’où, en pleine austérité, la sanctuarisation des dépenses militaires inscrites dans le livre blanc et dans le budget.

2-    Soutenir les révolutions arabes

Les processus révolutionnaire arabes constituent depuis 2011 un des  évènements internationaux  les plus décisifs marquant l’irruption des peuples sur la scène sociale et politique, pour le renversement de dictatures. Nous sommes solidaires de ces mouvements populaires pour la démocratie et les droits sociaux qui sont loin d’être terminés. Ils n’ont pas encore construit une représentation politique capable de fournir une solution à la question du pouvoir, à l’échelle de l’Etat et de l’auto-organisation sociale. La situation reste marquée par les échecs passés des révolutions nationales arabes, le retour du religieux, la faiblesse des organisations ouvrières  (sauf en Tunisie), etc. Les processus révolutionnaires sont  longs, chaotiques et déroutants. La contre-révolution marque des points par divers canaux (armées, anciens appareils d’Etat et anciens partis au pouvoir, intégrisme religieux comme moyen de discipline des peuples, interventions impérialistes, etc.).  Mais nous ne devons pas  projeter sur cette situation complexe des schémas du passé, dans des contextes historiques très différents.  Nous dénonçons  les tentatives d’incursions violentes des  Etats impérialistes, qui ont pour but de contrôler ces régions, à l’opposé des intérêts populaires et de leur indépendance.

Il y a urgence à élargir le soutien des forces de gauche et démocratiques aux processus révolutionnaires en cours en Tunisie, en Egypte, en Syrie… et d’amplifier également la solidarité avec la lutte décisive que poursuit le peuple palestinien.

En Syrie, la population s'est soulevée pour réclamer le droit aux libertés démocratiques, dans le droit fil des processus révolutionnaires du monde arabe. Elle se heurte à une répression sanguinaire. Aujourd'hui, la guerre que mène Bachar Al-Assad contre une grande partie du peuple syrien s'est soldée par plus de 100 000 morts, 2 millions de réfugiés, des massacres de civils, de femmes et d'enfants, des atrocités terribles.

Depuis 2 ans et demi, le soutien des forces de gauche et démocratique à la lutte et à la résistance du peuple syrien a fait largement défaut.

Désormais la guerre civile en Syrie et les menaces de conflits militaires multiformes au Moyen-Orient, peuvent enclencher dans la région une évolution dramatique. Le refus des interventions militaires françaises et «occidentales » est donc une question décisive. L'utilisation de gaz neurotoxiques a été une étape supplémentaire dans l'horreur qui ne peut que renforcer l'exigence de chasser du pouvoir Bachar Al-Assad, soutenu par l'Iran et la Russie. Nous sommes opposés à une intervention militaire. C'est aux Syriens eux-mêmes, en toute indépendance des puissances occidentales comme des Etats Arabes réactionnaires, qu'il revient de chasser Bachar Al-Assad du pouvoir. Affaiblir le pouvoir en place c'est, par exemple, procéder à la saisine de l'ensemble des avoirs personnels dans le monde d’Assad et des principaux responsables du régime. L'urgence est de développer un soutien accru aux forces révolutionnaires démocratiques de la résistance syrienne y compris par des livraisons d’armes, de soutenir les expériences d’auto-organisation dans certains territoires libérés et d'apporter aide et assistance aux populations déplacées et sur place pour faire face au dénuement et à la répression.

3-    Résister et construire une alternative

Nous engageons toutes nos forces dans une bataille durable contre le gouvernement et sa politique qui ne peut conduire qu’à un désastre social et politique. 

Cette action nécessite de lier ensemble une stratégie de mobilisation du mouvement social et de construction d’une alternative globale à gauche. Alternative politique de gauche et mouvement social sont en effet plus que jamais interdépendants. Ce gouvernement qui se dit de « gauche » contribue à boucher l’horizon  et démobiliser son propre camp, alors qu’il cède très facilement aux pressions des patrons ou de la finance (« pigeons », plan compétitivité). Il est cependant possible de le mettre en difficulté, comme le montrent la mobilisation de Notre Dame des Landes ou en décembre 2012 la crise de la sidérurgie (Florange), si les luttes populaires élargissent les contradictions au sein de la coalition gouvernementale ou de la majorité parlementaire, et menacent leur crédibilité.  Si nous n’y parvenons pas, c’est le FN qui s’érigera de plus en plus en recours.

Les capacités de résistance du monde du travail et de la jeunesse restent importantes. Les aspirations à une société plus juste, plus égalitaire, plus démocratique sont un moteur puissant de nombreuses résistances qui se mènent au jour le jour dans les entreprises, les quartiers, les écoles, les universités. La mobilisation de Notre-Dame des Landes en donne une illustration. Cela se voit à travers l'écho rencontré, le large rassemblement qu'elle a su construire et qu'elle fait vivre, la lutte auto organisée au quotidien avec ses relais sur l'ensemble du territoire, les débats qu'elle suscite pour une alternative au productivisme.

Nous proposons d’engager nos forces et celles du Front de gauche  dans des campagnes d’actions urgentes, et de préparer les conditions pour des mobilisations nécessitant un travail de plus long terme.  L’urgence comprend les luttes sociales et celles sur l’égalité des droits et des discriminations intolérables. 

·      Sur les urgences sociales et écologiques, le bras de fer s’engage cet automne sur :

a)    Les retraites : on connaît leur importance dans les rapports de force depuis décembre 1995. Si l'ensemble des recommandations du rapport Moreau n'ont pas été retenues, les choix faits se situent dans la poursuite des réformes antérieures, menées par Fillon, celles de 2003 et de 2010 et les cautionnent, les inscrivent dans la durée, rendant plus difficile tout retour en arrière. Pour la première fois, un gouvernement de gauche prolonge les attaques contre un acquis social porté par la gauche (retraite à 60 ans) 

Les manifestations du 10 septembre ont montré à la fois la disponibilité des équipes militantes, le rejet de la réforme par une majorité de l’opinion et de très faibles taux de grève, notamment dans la Fonction publique. Cette situation contradictoire illustre bien la nécessité de faire des retraites un enjeu de société et de choix politiques. Mais elle nous contraint aussi à nous interroger sur les rapports de force sociaux, les effets profonds du sarkozysme, l’émiettement du salariat mais aussi d’analyser précisément la force du mécontentement social. Dès lors, nul ne peut prédire la suite des événements. Pour l’heure, il nous faut engager toutes nos forces dans une bataille durable contre le gouvernement, en s’appuyant sur le cadre unitaire existant, et en tentant  d’impliquer les équipes syndicales, l’ensemble du Front de Gauche, et  le plus possible les forces critiques au sein du PS et EELV, et en opposant un autre projet à celui du gouvernement, basé sur le retour de la retraite à 60 ans et la hausse des seules cotisations patronales.

b)   Pour un budget alternatif et réforme fiscale radicale : la bataille contre l’alignement du budget 2014 sur les oukases de la Commission européenne est décisive.  Nous proposerons au Front de gauche de rechercher les moyens d’une campagne publique unitaire d’ampleur (avec l’aide des économistes)  pour un « contre-budget », pour dénoncer le coût du capital et les inégalités de revenus et de fortunes, pour construire une vraie réforme fiscale qui n’a pas eu lieu, autour d’un impôt sur le revenu réellement progressif, avec rétablissement des tranches supprimées depuis 15 ans, avec un vrai ISF, et une TVA allégée sur les produits de première nécessité, avec des créations d’emplois pour contrôler la fraude et l’évasion fiscale.

c)    Protection sociale et santé

Simultanément, nous nous opposerons à toute tentative de remplacer le financement de la sécurité sociale par l’impôt, notamment à la fiscalisation des allocations familiales annoncées en compensation des cotisations patronales de retraite. Un débat général doit avoir lieu sur le financement de la protection sociale (salaire socialisé).

Notre mouvement sera présent nationalement et localement dans les Collectifs unitaires de défense de la santé et des hôpitaux existant depuis plusieurs années.

d)   Droits des chômeurs et des précaires : la fin de l’année 2013 (novembre et décembre) sera marquée par les négociations sur une nouvelle convention Unedic, selon les dispositions prises dans la loi résultant de l’accord ANI de janvier. D’ores et déjà le patronat annonce le projet de rétablissement d’une dégressivité des allocations, en vue de compenser la légère taxation prévue des emplois précaires et refuser toute augmentation des cotisations. Aucune allocation de chômage ne devrait être inférieure au SMIC. Le soutien à la lutte des organisations de chômeurs passera notamment par le succès de la manifestation de décembre 2013, auquel le Front de gauche devra participer activement.

Pour lutter contre la précarité, en particulier celle des femmes, nous soutenons tous les combats contre la généralisation des CDD et des temps partiels imposés, ainsi que   les revendications pour une forte hausse des minima sociaux.

e)    Contre les licenciements : face aux fermetures d’entreprises, les décisions de travailleurs/euses de reprendre leurs outils de travail sous forme de coopératives doivent être particulièrement soulignées et soutenues. C’est particulièrement le cas des Fralib qui, après SeaFrance, Helio-Corbeil, Fontanille, SET et Pilpa, montrent les potentialités autogestionnaires des luttes sociales. Nous soutiendrons les Fralib en faisant connaître leur projet de maintien de la production et de relance d’une filière régionale d’arômes naturels, en relayant le mot d’ordre de boycott des produits Unilever.  

f)     Luttes écologiques : Nous participerons à toutes les luttes écologiques et pour la transition énergétique, de la bataille de l'aéroport de Notre dame des Landes et autres grands projets inutiles, au refus des gaz de schistes. Nous participerons à tous les débats pour des alternatives au productivisme dans le cadre du Front thématique du Front de gauche comme avec d'autres partenaires.

·      Pour l’égalité des droits et  contre les discriminations, agir dans l’unité:

a)    La loi sur l’égalité femmes-hommes : nous n’accepterons aucun recul sur le droit à l’avortement. Nous agirons pour son remboursement intégral. Nous participons aux luttes unitaires pour la défense des CIVG. Nous exigeons que les lois déjà votées sur l’égalité salariale soient traduites dans les faits par des mesures de sanction, qui auraient dû être actées dans les deux Conférences sociales (2012 et 2013). Nous défendons l’interdiction du temps partiel imposé, en lien avec la mise en place d’une vraie réduction du temps de travail. Nous défendons un plan d’ouvertures de crèches publiques (les besoins sont évalués à 500 000 places) et d’équipement collectifs pour la petite enfance (ce qui passe par de nouveaux moyens aux collectivités territoriales, à l’opposé des logiques austéritaires),  garantie indispensable pour consolider la volonté d’accès à l’emploi des femmes.

b)   Nous soutenons l’Appel Égalité des droits et les préparatifs de mobilisation pour l’anniversaire de la marche de 1983. Nous combattrons la logique sécuritaire et discriminatoire de Manuel Valls, notamment sur les Roms et les sans-papiers, qui rappelle trop le climat raciste engendré par le discours de Grenoble de Sarkozy (2010). Nous faisons ces propositions dans le FT immigration et dans tous les cadres unitaires,

·      Nous engageons également nos forces pour proposer d’autres campagnes d’action durables, mais nécessitant un travail préparatoire d’élaboration :

a)    Lutter contre le chômage et le droit à l’emploi par la réduction du temps de travail : Dans la situation de crise que nous connaissons, notamment en Europe, la question de l’emploi est cruciale. C’est un combat sur la durée que nous devons engager pour inverser l’ordre des choses, contrecarrer le chômage, imposer le plein emploi, partager le temps de travail. C’est là une question essentielle de l’alternative que nous portons. Malgré les incantations de Hollande, une grande partie des salariés, en particulier les plus jeunes, sont plongés dans la précarité et le sous-emploi et voient la retraite comme une perspective lointaine qui s’éloigne à chaque réforme. Le chômage de masse pèse sur les capacités de mobilisation. Nous devons agir (élaboration propre et travail dans la commission économique du Front de gauche notamment) pour remettre à l’ordre du jour politique l’aspiration à une réduction massive de la durée du travail, des 35 heures à généraliser aux 30 heures, avec créations d’emplois utiles et qualifiés, basés sur une alternative au travail sous contrainte libérale (sans flexibilité), et consolidés par la socialisation du salaire. Une nouvelle loi de RTT s’impose, en même temps qu’un Plan global de Sécurité sociale professionnelle (abolissant la loi dite de « sécurisation d’emploi »), bloquant les licenciements, garantissant le maintien des salaires et permettant la recherche d’alternatives aux suppressions d’emplois (droit de veto, économie sociale et solidaire, coopératives…) et des reconversions industrielles nécessaires en raison de l’urgence d’une transition écologique et énergétique. Le Front des luttes doit contribuer à une coordination des luttes contre les licenciements et animer à l'échelle nationale une campagne militante autour d'un projet de loi contre les licenciements. 

b)   Transition énergétique : Cette transition est pour nous un enjeu social, démocratique et écologique. La France sera le pays d’accueil de la prochaine Conférence environnementale en 2015, à la suite du nouveau rapport du GIEC, qui précise son diagnostic d’alerte mondiale sur le climat. Un nouvel échec comme à Copenhague serait catastrophique. Il nous faut donc convaincre le Front de gauche de participer très activement aux cadres de mobilisation citoyens préparatoires, nationaux et internationaux, pour  contraindre les pays, et d’abord l’Europe, à prendre les mesures de transition énergétique et de reconversion industrielle qui s’imposent.

c)    Agir contre le racisme antimusulman : il nous faudra trouver le moyen d’un débat maîtrisé pour cerner les points de divergences et d’accords (en lien avec des apports pluralistes extérieurs), en prenant du recul face à l’actualité. 

4 - Agir dans les mobilisations, faire naître l’alternative

Une dynamique d’intervention populaire massive et prolongée sera nécessaire pour rendre possible une rupture avec les politiques libérales et productivistes, contrecarrer les forces réactionnaires qui ne manqueront pas de se manifester. Une nouvelle hégémonie politique est indispensable à la révolution citoyenne et démocratique que nous visons. Cela implique la combinaison de mobilisations sociales fortes, des mouvements revendicatifs et la construction d’un rassemblement porteur d’une dynamique majoritaire, culturelle, idéologique avec les exigences féministes et anti-racistes, les idées d’égalité, de justice sociale, d’impératif écologique… Nous voulons concrétiser de nouvelles alliances entre forces politiques de gauche opposées à la politique menée par le gouvernement PS–EELV et des forces issues du mouvement social.

Malgré les difficultés des mobilisations, des forces nombreuses existent et dans les classes populaires qui aspirent à une véritable alternative, une politique de gauche qui oserait se confronter à la finance et au patronat. Ces forces cherchent à s’exprimer dans les mobilisations sociales multiples qui traversent le pays : débat nationalisation de la sidérurgie, débats licenciements, écologie, etc. Elles se retrouvent même au sein de certaines prises de position d’Europe Ecologie et de la gauche du parti Socialiste. Le Front de gauche a une responsabilité particulière : promouvoir et créer les conditions de l’émergence d’alternative politique au gouvernement Ayrault, d’une majorité et d’un gouvernement qui mènerait une politique de transformation sociale et écologique. Cette nécessité politique peut naître d’une crise sociale ou politique (à la suite de défaites électorales ou de pertes de légitimité du pouvoir). Une majorité nouvelle à gauche ne peut pas être une simple alternance d’équipe gouvernementale autour des mêmes logiques sociale-libérales. Il s’agit donc aujourd’hui de développer des initiatives rassemblant forces de gauche, syndicats, associations opposés à la politique d’austérité mise en œuvre par le gouvernement Ayrault.

Après la manifestation de Mai et les Assises de Juin, le Front de Gauche doit donc poursuivre une démarche de rassemblement et d’alternative politique à l’austérité. En l’absence d’une telle réponse, la désespérance ou la colère ouvriraient un large espace aux politiques de droite extrême ou au Front national.

Pour le Front de gauche, cela signifie de lourdes responsabilités : contribuer à ce qu'il représente une véritable alternative, ou en faire naître les conditions, est aussi un enjeu par rapport à la menace de l'extrême-droite en général et du FN en particulier. Cette menace est d'autant plus grande que la crise multiforme continue, que le désarroi grandit en particulier dans les milieux populaires et que le FN accentue ses références au refus de la mondialisation, à la république, à la laïcité et même aux droits des femmes, accentuant encore la confusion politique et idéologique comme du temps du fascisme et du nazisme. Cette progression percute l’UMP et les différentes forces de droite qui sont en pleine recomposition. D'autres courants d'extrême-droite aux marges du FN alimentent aussi cette confusion en accentuant leurs références aux identités régionales.

5 - Se regrouper dans le Front de gauche, et pour le développement de tous les combats émancipateurs

Le choix du Front de gauche comme construction d’une alternative politique et comme lieu d’initiatives est confirmé par les évolutions et les événements qui ont émaillé l’année 2012-2013 dont les deux manifestations qu'il a initiées en septembre et mai dernier. Le FdG est un acquis précieux, la condition pour que subsiste et se développe un instrument politique à la gauche du PS.

Cette polarité du Front de gauche amène beaucoup d’animateurs du mouvement social et syndical à s’y référer. Sur la base des acquis stratégiques et programmatiques du front de Gauche, son élargissement doit se poursuivre aux forces de gauche et écologistes qui pourraient le rejoindre que ce soit le NPA, LO, des secteurs du PS et d’EELV en opposition aux choix gouvernementaux, certains courants de l’écologie radicale et de l’objection de croissance, des libertaires, afin qu’ils se joignent au rassemblement en construction.

Cet acquis précieux est cependant d’une grande fragilité. Il est pour l’heure demeuré un cartel, malgré l’existence d’espaces de débats et d’initiatives (Assemblées citoyennes, Fronts thématiques…) et a montré sa difficulté à prolonger la dynamique qu’il a suscitée au moment de la présidentielle. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes étaient alors engagés, mais ont ensuite eu du mal à se retrouver dans un FdG qui trop souvent ne s’est pas ouvert pour les accueillir.

S’il constitue aujourd'hui le seul cadre politique qui permet d'engager la construction à une échelle large d'une perspective politique contre la droite et l'extrême droite, alternative au social libéralisme, il doit, pour être à la hauteur de cette tâche, se doter d'une orientation et d'une structuration qui répondent aux défis historiques et politiques de la période.

Ainsi, malgré le succès de la manifestation du 5 mai et des assises du 16 juin, un bilan sur la faiblesse de la campagne anti-austérité est nécessaire. Le travail de débat et de co-élaboration entre composantes du front de Gauche, espaces citoyens et ses élus nationaux et locaux doit être renforcé. Il doit aussi résister aux forces centrifuges qui le traversent.

Enfin, le Front de Gauche doit également prendre à bras-le-corps la réflexion, esquissée dans plusieurs ateliers des Estivales, sur le projet alternatif et la stratégie du changement de société, bien au-delà du programme électoral "L'Humain d'abord". Par ailleurs, certaines mobilisations, en particulier dans le domaine écologiste (ND des Landes, lutte pour la sortie du nucléaire ou contre les politiques extractivistes) se sont pas menées au sein du Front de Gauche mais peuvent l'être dans des cadres unitaires différenciés. Des questions politiques fortes (politique internationale par exemple) demandent une élaboration collective nouvelle.

Dès lors, notre regroupement prend tout son sens. Il ne s’agit pas seulement de faire naître une nouvelle force anticapitaliste et écologiste, mais de défendre un projet global pour le Front de gauche et pour les mobilisations sociales, écologiques et démocratiques, et de mettre en œuvre une logique de convergence et dépassement de courants politiques qui pourrait également s’effectuer à une plus large échelle. C’est bien l’enjeu des 23 et 24 novembre : une union de courants dans le Front de gauche :

- pour contribuer à ce qu’il se constitue à terme comme une nouvelle force politique de gauche porteuse d’une stratégie de transformation sociale et écologique.

- pour être partie prenante d’initiatives et d’actions unitaires auxquelles le Front de gauche ne s’associerait pas en tant que tel (par absence d’accord ou de consensus en son sein).

Le regroupement doit être porteur de propositions unitaires qu'il entend soumettre à tous les niveaux aux instances du Front de Gauche :

-       Faire du Front de gauche une force politique active, à l’échelle nationale comme à l’échelle locale, qui se donne les moyens d’intervenir au quotidien, de construire des positions communes

-       Cela suppose un renforcement et un nouvel élan donné aux différents espaces du front de Gauche, Assemblées Citoyennes, Fronts Thématiques, Conseil national (dont la composition doit être renouvelée et la fonction repensée), Coordination Nationale (qui doit se doter d’un secrétariat), ce qui suppose une augmentation du budget du Front de Gauche

-       La mise en œuvre des objectifs définis dans le texte commun sur le « Développement du Front de Gauche », notamment sur l’organisation d’initiatives nationales du Front de Gauche permettant aux différents espaces militants, aux forces membres des partis politiques comme aux citoyens qui n’en sont pas membres, de partager les expériences, de réfléchir ensemble aux perspectives communes du Front de gauche.

-       La poursuite du travail d’élaboration d’un projet d’émancipation : « Eco socialisme », « communisme de nouvelle génération », « révolution démocratique et écologiste »… quel socle et quelle visée commune pouvons-nous construire et porter ensemble pour ouvrir un autre horizon que le règne de la concurrence et du repli sur soi ?

Il entend mettre en débat dans le Front de Gauche et au-delà, dans le mouvement social et dans les luttes un ensemble de mesures d'urgence sociales, écologiques et démocratiques articulées avec un programme de transformation sociale qui fasse le pont entre les revendications immédiates et le projet de société que nous défendons : un programme de transition et d'alternative pour le 21ème siècle.

Des éléments existent dans le programme du Front de Gauche, ils émergent des mobilisations d'associations, d'organisations syndicales. Reste à les enrichir, les systématiser, les concrétiser dans une démarche de transformation sociale, écologique et politique radicale.

C'est également sur le terrain du fonctionnement et des modes de débat et d'élaboration militants que le regroupement doit être un point d'appui pour le FdG. Organiser le débat, la confrontation, de manière respectueuse et constructive, produire des propositions et initiatives, dépassant le stade du simple plus petit dénominateur commun, favoriser localement le fonctionnement d'assemblées citoyennes de type laboratoire-atelier, favoriser toutes les constructions unitaires et la coopération sur un pied d'égalité avec les organisations syndicales et du mouvement social…

Notre regroupement sera porteur d’une intervention militante dans les luttes, dans le mouvement social, dans les associations qui se battent pour l’extension des droits...

Il agira pour une alternative sociale, écologique, féministe, en rupture avec la logique capitaliste et productiviste. Il s'enrichit dès à présent des apports d'une écologie radicale, des courants altermondialistes, éco-socialistes, marxistes révolutionnaires, communistes et alter-communistes, autogestionnaires, des apports du mouvement social.

Il est un outil pour l'auto organisation et l'autogestion, l'unité populaire, l'émancipation, l’extension de la démocratie dans tous les domaines de la vie sociale.

 

 

Proposition de texte sur le fonctionnement de notre futur mouvement /

version du dimanche 8 septembre

(reprise des principes définis dans le texte commun, (partie 1 et 2), et propositions de mise en route (partie 3)

 

I)               Des principes démocratiques

 

* L’impératif démocratique doit être au cœur de notre rapprochement, comme il doit l’être de la force politique nouvelle à construire à partir de l’outil et de l’espace qu’est le Front de Gauche.

* Cet impératif démocratique c’est la volonté de contrecarrer les logiques de confiscation, de bureaucratisation et d’institutionnalisation, avec la garantie du pluralisme des débats, le refus permanent de pratiques autoritaires, manipulatrices et machistes, le refus des rapports de subordination, d’instrumentalisation vis-à-vis du mouvement syndical et social. Cela implique également une rupture avec le modèle du « parti guide » ou « d’avant-garde », ou les conceptions élitistes, et avec le modèle d’une organisation autour d’un seul courant hégémonique. Il s’agit donc vraiment de construire une organisation en commun, ce qui nécessite un effort subjectif, une volonté partagée, un saut qualitatif.

* Nous voulons un fonctionnement favorisant le débat, l’élaboration et la confiance commune, la transparence, le respect des positions des uns et des autres pour la construction de la conviction mutuelle, l’action commune de ses militant-e-s en fonction d’une orientation nationale. La recherche du consensus est conçue comme processus d'invention collective de solutions qui dépassent les oppositions ou différences initiales.

* Nous favorisons des pratiques concrètes comme le non-cumul des mandats - internes et externes - y compris dans le temps, la parité à tous les niveaux, la recherche de la diversité des origines culturelles et sociales dans toutes les instances, des méthodes d'animation et d'organisation favorisant la participation de chacune et chacun quels que soient les engagements professionnels ou familiaux, le droit des militants à l’objection individuelle ou collective.

* Dans le cadre de notre rapprochement comme pour la force politique à construire à partir de l’outil et de l’espace du Front de Gauche, il s’agit aussi d’inventer une nouvelle relation non hiérarchisée entre « parti » et « mouvement social ». Une force politique perméable aux aspirations exprimées par les mouvements sociaux, capable de nouer des échanges et des partenariats sur un pied d’égalité avec ceux-ci, une force agissant en permanence pour les alliances politiques et sociales les plus larges pour transformer la société, et présente sur tous les terrains de l’alternative.

* Nous défendons une conception des élus à l’opposé de la « professionnalisation » de la politique en favorisant le non cumul et la rotation des élus. Les élus ne sont ni dans une subordination, ni dans une autonomie totale vis-à-vis du parti. Ils sont porteurs d’un double mandat : celui des électeurs qui les ont désignés au suffrage universel, celui des composantes politiques qui l’ont désigné comme candidat. Ils sont aussi porteurs des pratiques et orientation de leur mouvement. Nous cherchons à favoriser les pratiques de travail collective qui évitent la séparation entre la vie politique au sein des institutions et ceux qui n’y sont pas impliqués. Il s’agit de favoriser au maximum la co élaboration avec la population et les échanges au sein des organisations politiques, pour permettre d’apporter els meilleurs réponses possibles, de montrer qu’il est possible de faire réaliser des avancées concrètes sur des questions particulières.

* Une fois stabilisée l’organisation commune, avec une évolution des courants d’origine et une confiance démocratique mutuelle, nous visons une organisation qui fonctionnerait selon le principe : une personne, une voix.

Dans ce cadre, seraient élues des instances représentatives des groupes locaux et régionaux et des différentes positions politiques en présence.

 

II)              Construire un courant politique commun  dans le Front de Gauche

 

Pour préciser les règles de travail collectif pour un mouvement en transition, durant sans doute tout au moins la première année, nous pourrions partir des principes suivants :

 

- Notre regroupement vise à rassembler, sans la nier artificiellement, la diversité de nos expériences pour aboutir à une organisation commune et constituer une force, qui se dotera d’un fonctionnement démocratique, où la voix de chaque individu compte et où seront recherchés les plus larges consensus, qui respectera la parité hommes/femmes, une structuration mixte avec d'une part, suivant les rythmes de développement possible, des adhésions individuelles à des collectifs locaux dotés d'une large autonomie et d'autre part, des courants et composantes organisés à l'échelle nationale

 

- La recherche du consensus ou de majorités très larges pour éviter un fonctionnement qui pourrait déposséder individus et comités au profit des courants organisés, et réciproquement éviter un fonctionnement qui pourrait faire fi de l'avis des courants toujours existants. Le consensus ne signifie pas le refus de toute procédure de vote : il peut y avoir des votes indicatifs suivis de nouvelles délibérations pour déterminer comment une décision est prise ou reportée.

- l'identification de questions politiques qui peuvent être laissées en débat ;

- l'articulation entre collectif militant démocratique et autonomie des individus et des comités;

- un respect des rythmes ou des niveaux d’engagement militants différents, où chacun-e trouve sa place, un effort constant pour l’information et la formation, de bienveillance et de transparence dans les échanges ;

- des moyens discutés pour assurer l’égalité femme-homme

-  des temps de débats sur l’orientation et les axes principaux d’intervention donnant lieu, après discussion dans les groupes locaux, à des réunions nationales pour synthétiser les échanges et définir des perspectives.

-Développer une activité publique (matériel, tracts, site internet ...). Cette activité, qui ne suppose pas la disparition de l’expression propre de chaque organisation, se déciderait au consensus avec une répartition des moyens financiers que cela suppose.

 

III)            Travailler aux fondements d’une organisation commune.

 

Les expériences concrètes en commun permettront la poursuite de ce travail de convergence, de vérification politique et d’approfondissement sur les questions d’orientation et de programme, avec plusieurs étapes durant l’année 2014, donnant lieu à des débats locaux et réunions nationales.

Les convergences sont cependant suffisantes entre nous pour que nous puissions nous doter de règles de fonctionnement pour la phase transitoire qui s’ouvrira à partir des assises des 23 et 24 novembre 2013.

 

1/ Décider d’un nom et du logo du mouvement

A discuter, avec si possible un accord consensuel avant novembre (pour avoir aussi le logo et site web).

 

2/ Agir en commun dans le Front de Gauche

Une des particularités de notre constitution en mouvement est le fait que ce mouvement est partie intégrante du Front de Gauche, un choix stratégique qui inclut la volonté de voir le Front de Gauche œuvrer à la création d’une nouvelle force politique répondant aux défis du temps. Cette caractéristique a deux conséquences :

-        Notre mouvement doit préfigurer ce qu’il recommande pour la constitution de la force politique à laquelle devrait œuvrer la totalité du Front de Gauche, dans ses relations aux citoyens et aux mouvements sociaux, son fonctionnement interne, le refus des cumuls des mandats et la démocratisation des modes de scrutins (proportionnelle), la garantie du pluralisme et le respect de la diversité des composantes, etc.

-         Notre implication dans le front de Gauche et notre volonté d’y être utile en développant les thématiques et outils qui favoriseront son enracinement et son élargissement politique et social veut dire que notre mouvement agira par le biais du Front de Gauche sur un certain nombre de terrains, (par exemple pour les élections, ou pour les campagnes politiques en direction de la société) , mais qu’en même temps il pourra  assumer des fonctions et des  interventions sur des terrains que le Front de Gauche ne prend pas en charge en tant que tel. De même, notre mouvement sera utile par la mise en place d’outils permettant d’impulser et d’alimenter des débats pour la totalité du Front de Gauche.

Mais pour commencer, à partir de notre constitution en mouvement aux assises de novembre 2013 et de l’ouverture d’une phase de transition d’une année, agir en commun à deux conséquences sur le plan pratique :

-        Nos délégations à la coordination nationale seront unifiées au plus vite après les assises, la date en sera fixée les 23 et 24 novembre,

-        C’est ensemble, au nom de notre collectif, que nous engageons les discussions avec les autres composantes du Front de Gauche pour les futures échéances d’action politique, notamment électorales.

 

3/ Mouvement, pluralisme et composantes ou sensibilités

Pour construire une organisation en commun de toutes les composantes impliquées dans le processus, il faut faire disparaitre tout esprit de concurrence et de «rapport de force».

Notre mouvement sera attirant et utile pour les militants individuels qui le rejoindront s’il réussit aussi à être une convergence et une combinaison de courants et organisations permettant l’indispensable pluralisme. Dans la phase transitoire qui s’ouvre après les assises des 23 et 24 novembre, les organisations parties prenantes du mouvement en construction poursuivront, si elles le souhaitent, leur existence propre. A terme, les courants et organisations d’origine évolueront d’eux-mêmes, dans leur fonctionnalité, certains se dissoudront, d’autres se maintiendront, de nouvelles sensibilités apparaitront selon l’expérience commune, une autre histoire s’inventera, et le commun prendra de plus en plus de place par rapport au particulier. Mais il est nécessaire, comme garantie du pluralisme des cultures et origines, et garantie contre une uniformisation ultérieure autour d’une force dominante, que le processus de convergences, pendant une période plus ou moins longue, respecte et reconnaisse l’existence de courants d’origine sans les faire disparaître, chacun conservant ses moyens d’expression qu’il possède tant qu’il le juge nécessaire, et puisse exprimer sa culture politique. C’est une richesse pour un mouvement plutôt qu’un inconvénient.  Cela doit avoir pour incidence que dans toutes les instances mises sur pieds à tous les niveaux soient représentées les composantes d’origine dans leur diversité. C’est aussi une garantie pour que notre mouvement en se constituant n’achève pas son rôle de rassemblement, laissant ouverte la participation ultérieure d’autres courants venus d’autres horizons n’ayant pas participé au processus dès le début.

 

4/ Consensus, larges majorités et débats politiques

C’est pour toutes ces raisons que nous privilégions le fonctionnement au consensus pendant la période transitoire qui s’ouvre fin 2013. Un principe qui devrait perdurer au-delà de cette période, même si nous pourrons être amené à voter sur des questions politiques où des décisions devront être prises (alliance électorales par exemple), mais nous le ferons qu’une fois le débat poussé jusqu’au bout et avec la recherche de très large majorités.

Le fonctionnement au consensus nous évitera le recours aux rapports de force dans notre mouvement, mais il a l’inconvénient de pousser à un fonctionnement aseptisé, et donc dépolitisant. Il nous faudra donc combiner fonctionnement au consensus et ouverture de débats politiques sur le fond, qui resteront ouverts sans pousser à des prises de décision mais qui permettront de développer des arguments et des logiques politiques qui sont indispensables à la vie démocratique dont notre mouvement a besoin.

 

5/ Créer des collectifs locaux, leurs rapports aux militants, au niveau national

Dans la phase transitoire qui s’ouvre les collectifs locaux se constituent au niveau qu’ils jugent pertinent dès que le nombre significatif d’adhérents est atteint et après avoir impliqué toutes les composantes présentes localement ; lors de nos prochaines assises nationales, d’ici fin 2014, un bilan sera tiré et une réflexion ouverte sur la pérennité de ce principe ou sur la mise en place d’une structure comparable sur tout le territoire (locale ou départementale).

-        Les collectifs locaux bénéficieront d’un pourcentage à déterminer des cotisations versées par les adhérents,

-        Les collectifs locaux sont responsables de la désignation de leurs instances locales et de leurs délégués au conseil national en respectant les règles du mouvement (parité hommes/femmes, pluralisme des représentations et instances, recherche du consensus).

Le mouvement que voulons construire entend être profondément démocratique, refusant tout centralisme et dirigisme dans son fonctionnement. Cela implique bien sur de donner aux collectifs locaux une large autonomie, mais la question de l’implication des militants ne doit pas être masquée par le rôle décisif donné aux collectifs locaux. Les nouvelles formes d’engagement militant passent aujourd’hui par une exigence de transparence, mais aussi par la volonté des militants de choisir leurs terrains et thématiques d’intervention ainsi que les rythmes de leur investissement.

-        Dans la phase transitoire prévue en 2014, la participation à notre mouvement peut se faire soit à travers une adhésion individuelle, qui implique le paiement d’une cotisation et entraine l’adhésion au mouvement national et au collectif local soit pour les courants et organisations et groupes qui le souhaitent à travers une participation collective,

-        Tout adhérent peut recevoir ou consulter les comptes-rendus de toutes les réunions des structures d’animation du mouvement (conseil national, équipe d’animation, structures thématiques, etc.), il peut se doter d’un outil d’expression individuel (blog) ou collectif (blog ou édition thématique), la liste des blogs et éditions sera consultable par tous sur le site web du mouvement.

 

6/ Mise en place de structures nationales

Pendant la période transitoire qui va s’ouvrir à partir des assises de novembre 2013 nous aurons un fonctionnement qui s’appuiera à la fois sur les collectifs locaux qui seront, à terme, la structure de base de notre mouvement mais aussi sur les composantes constitutives du mouvement.  Il faudra du temps pour en constituer sur tout le territoire ainsi que d’assurer l’ouverture à la participation de militants de longue date, syndicalistes, associatifs, altermondialistes, anciens militants politiques, proche du Front de Gauche mais non-membre d’une de ses composante et voulant participer à la création de notre nouveau mouvement.

Pendant la période transitoire notre mouvement se dote de deux structures nationales :

-        Un conseil national, chargé de discuter de toutes les grandes questions politiques, qui se réunira au moins trois fois en 2014 avant une prochaine initiative nationale (convention, assises) qui se tiendra à la fin de cette année ; le conseil est composé de représentants des collectifs locaux, de délégation des composantes constitutives, de militants non-membres d’une des composantes du FdG et de la coordination nationale, les représentants des collectifs locaux devant représenter au moins 50% des participants au conseil. Les représentants des collectifs locaux sont désignés par ces collectifs pour chaque réunion, ils peuvent alterner, assurant une représentation pluraliste et permettant une rotation possible ; [un collectif peut envoyer un représentant au conseil national dès qu’il a au moins 10 adhérents] [les collectifs doivent envoyer 2 représentants, un homme, une femme] [les délégations au conseil national sont formées au niveau départemental, le ou les collectifs d’un même département se réunissent pour désigner leur(s) représentant(e)(s)],

-        Une coordination nationale d’une trentaine de personnes, dont la composition nominale est présentée lors des assises et acceptée par celles-ci ; cette équipe sera composée de 4 représentants (dont au moins deux femmes) par composante politique constitutive plus une dizaine de militants non membres d’une des composante sur proposition du comité de liaison et respectant les principes de parité ; cette équipe doit être composée de militants de la région parisienne et des autres régions et elle décidera de son mode de fonctionnement ; l’équipe d’animation sera en charge de faire les propositions politiques qu’exigera la situation, de porter la parole de notre mouvement, d’éditer le matériel de communication (site, bulletins, tracts ...)  et de veiller aux questions de démocratie et d’organisation.

-        Des commissions ou groupes de travail sur des sujets divers devront être constitués sous responsabilité du conseil national ou de la coordination nationale.

 

7/ Porte-paroles

Pour les interventions à caractère général, le contenu des messages qui devront être porté sera sous la responsabilité de la coordination nationale et une liste de porte-paroles sera proposée à la première réunion du conseil national de 2014. Si la coordination nationale est en charge de porter la parole de notre mouvement, cela ne veut pas dire que tous les porte-paroles doivent en faire partie : nous privilégierons, sous le contrôle de la coordination nationale, les prises de paroles par les militants qui sont les plus investis dans les combats et thématiques sur lesquels notre mouvement pourrait avoir à prendre position.

 

 

 

8/ Finances

A terme les sources de financement de notre mouvement seront multiples (souscriptions, donations, etc.) mais surtout de trois ordres :

-        Les cotisations des membres et les souscriptions,

-        Le financement public,

-        Le reversement partiel des indemnités des élus.

Dans la période transitoire nous fonctionnerons, pour l’essentiel, grâce aux contributions des courants d’origine et aux cotisations des membres de notre mouvement. Le premier conseil national qui se réunira début 2014 décidera d’un budget pour l’année 2014 et du niveau des cotisations. Ce délai entre les assises de novembre et ce conseil national nous permettra de constituer une association de financement qui permettra aux militants de bénéficier de déductions d’impôts. Dès maintenant et jusqu’à la réunion du conseil national de début 2014, une souscription nationale sera ouverte pour assurer le lancement de notre mouvement et participer au financement des assises des 23 et 14 novembre.

 

9/ Publications

Nous décidons en novembre d’éditer un certain nombre d’outils de communication :

-   Un bulletin régulier (2 par trimestre), du type «Trait d’Union», à destination du public, sous forme électronique mais aussi imprimé et diffusé dans les lieux de débat et d’action (meetings, manifestations, débats) permettant ainsi une visibilité du mouvement. [Questions : vendu, ou donné ? Avec le même titre «Trait d’Union» bulletin du Mouvement XXX , ou avec un autre nom ?]

-   Une lettre d’information hebdomadaire d’une page diffusée auprès des cercles militants donnant les informations sur les actions en cours et dans laquelle est impliqué le mouvement ainsi, de façon moins régulière, que des textes de débats

-   Nous sortons des tracts de notre propre mouvement régulièrement sur les questions que nous choisissons. Nous poussons le Front de gauche à publier et imprimer des tracts et affiches du Front de gauche.

 

10/ Système d’information

Le système d’information de notre mouvement combinera un site web public et un système d’information informatique qui offrira de nombreuses fonctionnalités aux militants comme aux collectifs locaux. Il sera réalisé par un groupe de travail intégrant des militants des différentes composantes sous la responsabilité du comité de liaison.

Le site web sera le vecteur d’expression pour les prises de position de notre mouvement, ses propositions politique et l’animation des campagnes qu’il décidera de mener. Il sera aussi un lieu où les composantes constitutives pourront s’exprimer ainsi qu’un lieu de débats ouverts où pourront s’exprimer les adhérents de notre mouvement mais aussi tous ceux et celles qui s’intéressent aux débats de Front de Gauche et aux grandes questions auxquelles nos sociétés sont confrontées.

Derrière la façade du site web nous aurons un système d’information dans lequel chaque adhérent aura sa page personnelle sur laquelle il gérera sa cotisation au mouvement et pourra s’abonner aux listes mails qui l’intéressent, recevoir les mises à jours des blogs et éditions qu’il veut suivre et ouvrir un blog s’il le souhaite ou participer aux éditions thématiques (blogs collectifs sur autant de sujets que les adhérents voudront en ouvrir).

Des personnes non adhérentes à notre mouvement pourront s’inscrire sur le site web et ainsi recevoir des informations par mail et participer aux débats en cours, permettant ainsi à cet espace de devenir un lieu clé de la vie politique et intellectuelle du Front de Gauche et au-delà.

Les collectifs locaux disposeront avec ce site et ce système d’information d’un outil important pour l’animation de la vie des collectifs et du cercle plus large de tous ceux qui s’intéressent à notre mouvement et pourront, s’ils le décident, bénéficier d’un site web public qui leur permettra de faire connaître leurs initiatives.

L’existence de ce site web et de ce système d’information coexistera avec les outils d’informations et site web des composantes d’origine.

 

 

11/ L’international

La question des relations internationales de notre mouvement, incluant notre participation aux initiatives altermondialistes, sera discutée après les assises de novembre 2013.

Deux composantes constitutives (FASE et GU) sont membre du Parti de Gauche Européen. En ce qui concerne l’Europe, le type de relations que notre nouveau mouvement voudrait lier avec le PGE devra être discuté en priorité.

 

12/ Reste à discuter

Plusieurs questions ayant des incidences organisationnelles ne sont pas traitées ici et devront être discutée en 2014. Il s’agira des relations entre mouvements politiques et mouvements sociaux, mais aussi des relations avec les fondations, centre de réflexion et revue théoriques et enfin du système de formation dont notre mouvement aura besoin.