Retrouvez ci-dessous la contribution d'Ensemble ! 34 déposée dans le cadre de la consultation publique.

Pour rappel, l'intervention de Delphine Petit, co-porte-parole d'Ensemble ! 34, concernant le LIEN : http://www.resistons.net/node/8554


Ensemble 34 est une organisation politique qui défend une alternative de gauche, écologique et solidaire. Le projet du LIEN concentre des enjeux essentiels sur le plan écologique, d’où notre participation à cette consultation

Sur la forme, quelques remarques :

  • Il est étrange d’être consultés sur l’avis de la MRAE à l’étude d’impact du Département et la réponse du Département à cet avis sans avoir le document source, puisque l’étude d’impact incriminée ne figure pas dans les documents fournis pour la consultation.

  • Il est d’autant plus étrange d’avoir à se prononcer alors même que les bulldozers et les tirs de mines sont déjà en action, comme si l’issue de cette consultation et l’avis final du Conseil d’Etat n’avaient aucune importance. Une drôle de conception de la démocratie !

Sur le fond :

A quoi sert une autorité environnementale publique indépendante comme la MRAE? Elle sert à garantir que les décisions publiques qui sont prises le sont dans l’intérêt public, qu’elles respectent les lois et les normes en vigueur, qu’elles répondent bien aux besoins des populations et aux enjeux de l’heure et qu’elles sont dégagées des pressions politique et économiques locales.

De ce point de vue, la MRAE a fait un travail remarquable d’évaluation de l’étude d’impact fournie par le Département, et elle pose les bonnes questions, qui se résument ainsi : En quoi le projet du LIEN, décidé dans les années 1980 est-il toujours utile ? En quoi répond-il aux problèmes de circulation au Nord de Montpellier ? En quoi est-il cohérent avec les enjeux environnementaux actuels : réduction du trafic automobile, lutte contre la pollution, protection de la biodiversité, maîtrise de l’urbanisation ?

Elle pointe tous les manques, les insuffisances, les « trous » de ce projet qui, loin d’être la simple « desserte locale » promue par le Département est en réalité une liaison inter-autoroutière qui va aggraver tous les problèmes cités plus haut. Les réponses du Département sont indigentes, et il s’accroche à l’avis de la DREAL de 2014 (4 pages concluant à la conformité du projet avec les règles), sans se rendre compte qu’entre-temps, le monde avait changé, et les normes aussi, notamment en ce qui concerne la qualité de l’air ! L’urgence climatique est devenue plus aigüe dans les consciences, et chaque projet doit être examiné à cette aune-là, ainsi qu’à son intérêt de justice sociale.

Quelques exemples de cette indigence :

- L’argument avancé par le Département sur les raisons de construction du LIEN est principalement qu’il s’agit d’une desserte locale, pour désengorger le nord de Montpellier. Lorsque la MRAE lui oppose le trafic induit, qui risque d’augmenter le trafic routier, il botte en touche, alors que cette notion du trafic induit est largement documentée par les géographes et urbanistes du monde entier. Mais le Département n’a visiblement eu vent d’aucun travaux de géographes, puisque, aux questions de la MRAE sur la possibilité d’un ouvrage de « transit inter-autoroutes », il répond que ce n’est pas le cas et que même si ça l’était, il ne voit pas le problème ! Une desserte locale et une liaison inter-autoroutes auraient donc le même impact de pollution, d’augmentation du trafic voitures et de poids- lourds... Ce n’est pas sérieux. D’ailleurs, dans sa réponse sur la comptabilité (« oubliée » dans l’étude d’impact) du trafic de camions, le Département ne prend pas en compte cet aspect, ni d’ailleurs l’extension de la carrière Lafarge, ni les ZAC qui vont fleurir autour du LIEN.

- la MRAE pointe les risques d’urbanisation mal maîtrisée. En effet, on sait que les routes attirent les ZAC et les lotissements pavillonnaires. Là encore, la réponse du Département est à limite de la malhonnêteté, en se défaussant sur les communes, ou en prenant l’exemple des tronçons déjà réalisés, alors qu’on sait que les ZAC sont en attente de la finalisation du LIEN (cf documents du SCOT et de la Métropole, sur l’extension de la ZAC du Mijoulan (22 ha) ou de Bel-Air (50ha). L’artificialisation de 80 hectares de terres naturelles et agricoles soulevée par la MRAE n’obtient aucune réponse.

On voit là un Département arc-bouté sur son vieux projet du « tout voiture », avec une poursuite du modèle d’étalement urbain et de métropole tentaculaire qui tourne le dos aux besoins des populations, aux besoins de terres agricoles pour nous nourrir, et dont on sait aujourd’hui qu’il est mortifère, injuste socialement et désastreux sur le plan écologique.