Ce jeudi 29 janvier, devant le siège de la métropole de Montpellier, des associations environnementales, sociales et solidaires en lutte, ont émis des contre-vœux, en opposition à l’étalage d’autosatisfaction des vœux officiels du département de l’Hérault et de la métropole de Montpellier qui se gargarisent de transition verte, ville « apaisée », amélioration du cadre de vie etc....

 

présentation cadre général

 

Anna, de SOS Oulala, a présenté  le cadre général : « Derrière l’« attractivité » tant vantée, derrière les labels auto-attribués, se cache une ville qui bétonne les derniers espaces naturels et agricoles. Une ville qui exclut, méprise, violente celles et ceux qui n’ont pas les bons papiers, les bons revenus, la bonne « culture ». Une ville qui lisse et uniformise ses quartiers centraux et se désinvestit des autres, où elles relèguent celles et ceux qui ne sont pas dans la bonne norme. Une ville qui marchandise tout ce qui peut l’être.

 

En somme, une ville qui ne se transforme pas dans l’intérêt de celles et ceux qui l’habitent pour de vrai, mais qui se construit une image de marque pour exister dans une compétition des villes qui comptent, remplie de gens qui comptent, qu’il faudrait attirer à tout prix. Une compétition qui n’est pas la nôtre.  Nous, habitant-es, méritons une métropole qui s’adapte à nos besoins spécifiques, qui nous ressemble ; et non une ville qui nous met au pas ou nous exclut. (...).

 

Nous sommes convaincus qu’au-delà des différences de thèmes, nos combats relèvent d’une même logique : ne plus subir un modèle qui nous méprise, mais être les acteurs et actrices de comment on vit ici. C’est pourquoi ce samedi, ensemble, nous revendiquerons nos contre-vœux, pour une autre ville. »

 

 

Elle a ensuite présenté, pour SOS Oulala, son contre-vœu: l’abandon du LIEN, ce projet de périphérique au Nord de  Montpellier, pour que les territoires ruraux ne deviennent pas les banlieues-dortoir de la métropole, la relocalisation des activités dans ces territoires (et pas sous forme de ZAC), l’arrêt de la vague de béton.

 

STOP LIEN

 

 

Pour ANV, Alternatiba et Greenpeace, le contre-vœu concerne l’aéroport de Montpellier. 80% de la population mondiale n’a jamais pris l’avion, et au-delà des décisions individuelles, il faut des engagements des élus et de l’Etat contre les vols climaticides : renoncer à l’extension de l’aéroport de Montpellier et supprimer la navette Montpellier/Paris, 3h20 de trajet en train.

 

AEROPORT

 

 

L’AESAE est une association de solidarité directe et d’entraide. Elle a dénoncé les violences d’un système qui précarise toujours plus les gens. Elle a émis quatre vœux : accès à des logements dignes pour tous et arrêt de la gentrification des quartiers, régularisation des sans-papiers, que la ville devienne un territoire de lien et que les pouvoirs publics portent des actions pour que plus personne n’y connaisse la faim.

 

LOGEMENT

 

Elle a appelé à une grève et un rassemblement Place de la Comédie le 1er février (11h -15h) pour soutenir les acteurs du Social, Sanitaire et Médico-Social

 

 

Extinction-Rebellion a émis le vœu de débarrasser la ville de ses panneaux publicitaires qui, outre qu’ils sont polluants, véhiculent des images qui disent aux gens qu’ils ne sont pas conformes à la norme.

 

STOP PUB

 

 

CAASOS, le collectif des acteurs en lutte du travail social, a dénoncé le ras-le-bol face au manque de moyens, aux expulsions des bidonvilles dont la plupart des personnes n’ont pas été relogées. Il a demandé la création 1000 places d’hébergement digne et adapté et la concertation des pouvoirs publics avec les acteurs sociaux.

 

CAASCOS

 

 

Au nom de Saint-Jean Environnement, le collectif Ceinture verte de Montpellier, et Mosson Coulée verte, le dernier intervenant a annoncé qu’un recours allait bientôt être déposé contre le COM, le projet démesuré de Contournement ouest de Montpellier, qui va transformer, à certains endroits, une simple route en 2 X 5 voies

 

 

Le collectif Danger loi de sécurité globale avait fabriqué des pancartes mais n’a pas pris la parole.

 

LOI SECURITE GLOBALE

 

 

Ensemble! 34 s’associe à ces contre-vœux, et soutient les revendications portées par ces différents collectifs en lutte, dans lesquels, pour certains, ses militant.e.s sont investi.e.s.

 

La ville que nous voulons, c’est celle qui permet de :

 

  • - protéger et permettre à chacun d’avoir accès à un logement digne et à la sécurité alimentaire,

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  • - rompre avec la métropolisation qui polarise et exclut, et avec le modèle d’extension urbaine basé sur le zonage, le lotissement pavillonnaire et l’automobile pour tout faire,

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  • - préserver les terres agricoles et stopper la bétonisation

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  • - promouvoir l’émancipation individuelle et collective,

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  • - et enfin, redonner du sens au mot « habiter » en développant l’implication citoyenne, notamment des plus pauvres, et la reprise en mains de leur espace de vie par les habitant-es. Car rien ne peut se faire sans une véritable démocratie dans les décisions.

 

Delphine PETIT