21 décembre 2020. La municipalité de Béziers a décidé d’offrir des bons d’achat aux agents municipaux et à ceux du CCAS d’un montant de 30 euros pour soutenir le commerce du centre-ville. Question : Pourquoi les commerces en dehors du centre-ville, n’ont-ils pas droit à ces bons ? En fait, il s’agit d’une subvention déguisée d’un montant total de 65000 euros pour soutenir l’association des commerçants du centre-ville (ACCVB). Une discrimination de plus envers les quartiers périphériques.

 

23 décembre. Suite à un différent familial, trois gendarmes qui portaient secours à une femme réfugiée sur le toit de sa maison ont été abattus par son mari, près du village de St Just dans le Puy de Dôme. « Dégainant » rapidement sur sa page Facebook, Robert Ménard voyait déjà la main de « ceux qui maltraitent la France ». Mais quand le procureur de la République a indiqué que c’était un mari violent, au « profil catholique très pratiquant voire extrémiste et survivaliste » et qu’il s’est suicidé après avoir incendié sa maison, Robert Ménard a rapidement effacé son post.

 

24 décembre. Dans le journal régional, on apprend que le conseil municipal a voté les subventions 2021 à des associations contre certaines contreparties. Par exemple, le club des joueuses féminines de volley-ball, les Béziers Angels, deuxième place du championnat de la Ligue A Féminine de Volley, a obtenu 368 000 euros de subvention et la Ville met à sa disposition la Halle du Four à Chaux (y compris gardiennage et l’entretien). La nouvelle convention indique que la subvention sera versée, non seulement, pour « s’engager à tout mettre en œuvre pour se maintenir dans l’élite du volley-ball féminin français » mais aussi pour « participer aux animations pilotées par la Ville ». Pour le club de foot, c’est un peu le même schéma. La ville donne 180 000 € de subvention à l’ASB foot et une mise à disposition du stade de Sauclières, avec en contrepartie non seulement de « ramener son équipe en National dans un premier temps », mais aussi « participer aux animations pilotées par la municipalité et relayer les campagnes d’information initiées ou validées par la Ville ». Avec ce genre de contrepartie, on peut imaginer par exemple, que la course de Noël « de crèche en crèche » organisée chaque hiver par la Ville pour de soutenir les SOS Maaloula (SOS Chrétiens d’Orient), pourrait obliger certaines associations sportives d’y participer, sous peine de rupture de convention en cas de manquement. D’autre part, de nouvelles subventions concernant le Rugby : 180 000 euros à l’ASBH (Association sportive Béziers-Hérault) et 200 00 euros à la SASP (société anonyme sportive professionnelle) ont été accordées lors de ce Conseil municipal alors que l’audit sur la gestion financière de l’ancienne direction, décidé cet été, n’a toujours pas été rendu public.

 

25 décembre. Sur les réseaux sociaux, les fans du maire encensent les décorations de Noël à Béziers sur les Allées Paul Riquet et dans le centre-ville. Certains sur les réseaux sociaux n’hésitent pas à dire et sans l’ombre d’un ridicule « La ville de Béziers est tellement joliment décorée qu'on a l'impression d'être sur les Champs-Élysées de Paris. ». Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce chauvinisme est largement favorisé par le service communication de la ville. En effet, trois jours plus tôt, sur Twitter, ce service demandait aux habitants de Béziers « Quelle est la différence entre le sapin de Noël de Montpellier et celui de Béziers ? ». Sauf que pour illustrer cette question, il y avait d’un côté, une jolie photo du sapin biterrois, illuminé par une nuit étoilée et de l’autre, une photo du sapin de Montpellier, de jour, sous un ciel gris, sans ses illuminations. Bref, à Béziers, le décor vaut mieux que la vérité.

 

28 décembre. Robert Ménard a reçu à la mairie 4 des 5 jeunes qui, le jour de Noël, ont sauvé la vie d'un homme qui voulait se suicider en se jetant du balcon de son appartement, dans le quartier de La Courondelle. Pourtant Zinédine, Mirsad, Rayan, Elyes et Rédouane ne se considèrent pas comme des héros. « Tout ça est naturel, ça se fait sans réfléchir ». Mais pour Robert Ménard « C’est un très beau cadeau de Noël que vous avez fait à cet homme ». Une belle photo dans le Midi Libre permet une belle récupération à peu de frais. 

 

4 janvier 2021. Après 6 ans comme commissaire central de Béziers, Benoît Desmartin prend ses nouvelles fonctions de Directeur départemental de la sécurité publique des Pyrénées Orientales et de commissaire central à Perpignan, ville dirigée par Louis Aliot du R.N. Il témoigne de façon surprenante dans le Midi Libre de son travail à Béziers « D’un point de vue managérial, il fallait aussi appréhender des collaborateurs du sud de la France avec de forts caractères. Et puis il a fallu mettre en place de nouvelles façons de travailler avec l’arrivée de Robert Ménard et une police municipale qui s’est considérablement développée. Tout cela s’est avéré passionnant »... 

 

4 janvier aussi. Après un changement de prestataire, les cantines scolaires de Béziers ne servent plus de menu de substitution pour les élèves qui ne mangent pas de porc. Ces élèves doivent maintenant choisir entre un menu végétarien et un menu « classique » (comprenant du porc). Pour Christophe Pavageau de la Fédération des parents d’élèves (FCPE 34) « Je ne vois pas pourquoi, du jour au lendemain, on fait disparaître cette possibilité qui n’avait jamais offusqué personne. C’est quelque chose de purement politique ! ». Même critique pour Meddy Nedir (SOS Racisme) « La municipalité a supprimé unilatéralement et sans aucune concertation, la possibilité pour les enfants qui ne consomment pas de la viande porcine a être systématiquement privées de repas incluant de la viande, du poisson ou des œufs ». D’ailleurs, plusieurs parents d'élèves des écoles Edouard-Herriot et Louis-Pasteur se sont mobilisés pour dénoncer cette décision sans concertation et demande au maire Robert Ménard de revenir à l'ancienne formule. Méprisant jusqu’au bout, Robert Ménard affirme que « La religion n’a rien à faire dans les assiettes des enfants ». Encore une mesure discriminatoire du maire d’extrême droite envers les familles d’enfants de confessions musulmane et juive. 

 

5 janvier. Un homme a été condamné pour avoir appelé sur les réseaux sociaux, à « cramer la mosquée » de Béziers. Cet ancien militaire de 50 ans se définit comme Patriote. Il réside à La Baule (Loire Atlantique) après avoir vécu plusieurs années à Béziers. Son message posté le lendemain de l’assassinat du professeur Samuel Paty était sans équivoque « Vous voulez lui rendre hommage ? Allez cramer la mosquée de Béziers, question de faire passer le message qu’il y en a marre ». Son avocat a expliqué que « Le contexte était très particulier. L’émotion avait envahi le pays. Lui, qui a servi sous les drapeaux plusieurs années, l’a ressentie au plus profond de lui. L’émotion laisse peu de place à la réflexion ». Avec une condamnation de 400 € d’amende et un stage de citoyenneté, l’ancien militaire s’en est bien sorti.

 

6 janvier. Coup de force très violent des partisans de Donald Trump qui après un discours enflammé de leur leader ont décidé, d’aller empêcher la validation de la victoire électorale de Joe Biden par le Congrès américain. Ils ont occupé et saccagé le Capitole (siège du Congrès rassemblant le Sénat et la Chambre des représentants) pendant plusieurs heures. Il y a eu 5 morts et le monde s’est aperçu que les extrémistes de droite américains étaient capables de tout pour refuser le résultat des urnes. Toutes les tendances les plus fascisantes de ce pays, s’étaient retrouvées devant le capitole. Une bonne partie de ces insurgés venaient de la mouvance complotiste QAnon qui pense lutter contre des « réseaux pédo-satanistes liée au Parti démocrate ». Bien entendu, il y avait aussi les suprémacistes blanc, des différents mouvements néonazis et négationnistes américains. Des anciens du Ku Klux Klan mais également les Proud Boys, un groupe violent antisémite et anti-migrants et des membres du mouvement de l’« alt-right », qui dénonce le soi-disant « génocide blanc » et d’une supposée « mainmise juive sur les médias ». Evidemment, l’extrême droite française a eu quelques difficultés à défendre ce « coup de force ». Marine Le Pen, en quête de respectabilité républicaine, s’est démarquée des supporteurs de Trump après avoir, il y a quelques semaines encore, affiché un soutien sans faille au président américain. L’euro-député Thierry Mariani a, de son côté, expliqué qu’il était sans doute abusif de décrire les émeutiers comme « des miliciens d’extrême droite suréquipés ». « Tout en désavouant cela, ai-je le droit de dire qu’ils ressemblent plus à des Américains désespérés et perdus qu’à de dangereux miliciens ? Stop à la caricature », s’est-il insurgé sur Twitter. Quant à André Bercoff, copain de Robert Ménard et une des voix de l’extrême droite sur Sud Radio, il a vu dans l’assaut du Capitole le signe d’un « Printemps américain ». L’extrême droite radicale s’est également réjouie de ce coup de force. Par exemple, l’identitaire Damien Rieu, assistant parlementaire de l’euro-député de Philippe Olivier, a ainsi salué « le dernier cri d’une Amérique populaire qui ne veut plus de triche électorale, de mépris, d’oubli, de censure des GAFA et de Fake News médias ». Quant à Jean-Yves Le Gallou, (ancien du FN) présent lors des rencontres Osez la droite de 2016 de Béziers, il a comparé le soulèvement des trumpistes aux manifestations en Allemagne contre la chute du Mur… Pour Yvan Benedetti de l’ancienne organisation néo-fasciste dissoute l’Œuvre française, « la militante trumpiste abattue hier est la première héroïne de la Révolution populaire américaine ». Du côté du maire de Béziers on se souvient du tweet de Robert Ménard en 2016 dès la victoire Donald Trump « Un jour magnifique pour les patriotes du monde entier ! » Robert Ménard était même allé fêter l’investiture du Président dans les salons de l’Hôtel Intercontinental de Paris. On se souvient également qu’il avait inviter le président américain  à venir visiter Béziers et accueilli ensuite deux « Trump people », proches du « Tea Party » (mouvement qui ne cachait pas ses sympathies pour la droite identitaire française) 

Aujourd’hui, Robert Ménard inviterait-il toujours Donald Trump à Béziers se demande le journal régional. « Oui, pour discuter. Je discute avec tout le monde ». Mais comme Marine Le Pen, lui aussi, prend ses distances « L’attitude de M. Trump aujourd’hui est irresponsable et boutefeu » mais il ajoute aussitôt « En même temps, il ne faut pas faire l’impasse sur le malheur et le sentiment d’exclusion des gens qui votent pour M. Trump. ». Et voilà, comment il espère approuver l’action des extrémistes sans le dire ouvertement. Sur son réseau Facebook, il n’est pas plus bavard mais il les excuse quand même « Il y a une Amérique qui refuse de crever. Et la farce tragique du Capitole n'est pas à la hauteur de son histoire » écrit-il. 

Et ses supporters sur le réseau social ne s’y trompent pas. Ils vont dans le même sens.

Extraits : « La farce tragique, c’est l’élection trafiquée de Biden, surtout. ». « Merci à Robert Ménard de confirmer mes analyses. Tous derrière Trump ! ». « Trump n’a pas été à la hauteur de cette population qu’il a promis de défendre. Quel dommage ! ». « On leur a volé l'élection donc leur action est légitime du moment qu'ils ne blessent personne. Ce sont eux les sauveurs de la démocratie ». « La validation de Biden commence par le meurtre d'une pro-Trump ». « Quand le pouvoir de l’argent se transforme en dictature ploutocratique alors inévitablement, cela rentre en conflit avec le pouvoir du peuple et la vraie démocratie. ». « Le pouvoir au peuple » alors que l’on parle d’un milliardaire américain ? Cela dit, certains sont beaucoup plus explicites comme ce monsieur qui publie tranquillement sur la page du maire : « Faudrait faire pareil chez nous, écrasez ce gouvernement corrompu ». 

 

7 janvier. La police municipale de Béziers est-elle encore impliquée dans une bavure ? Jean-Marc Darrigade, avocat, vient de déposer une plainte avec constitution de partie civile au tribunal judiciaire de Béziers, pour des faits pouvant être qualifiés de « violences volontaires avec arme par agent dépositaire de l’autorité publique » alors que cette affaire avait été classée sans suite. En effet, le 21 mars 2020 en plein confinement, une course-poursuite a lieu entre un jeune homme en scooter et une voiture de la police municipale. La voiture percute le scooter et le jeune homme est grièvement blessé. La conductrice du véhicule de police affirme qu’elle a seulement donné un coup de volant pour éviter le scooter, Après avoir visionné les vidéos très révélatrices, l'avocat estime qu'il s’agit plutôt d’une « technique consistant à présenter le flanc de la voiture pour provoquer la chute du motocycliste sans l’écraser. D’ailleurs, il n’y a aucun relevé, aucun métré dans cette enquête, alors que les blessures sont graves. ». Il ajoute « C’est une course poursuite qui est démesurée par rapport aux enjeux. Quel était le but du policier ? Il semble que c’est de percuter pour interpeller, et c’est aussi dangereux que disproportionné». Affaire à suivre, d’autant que le maire de Béziers vient de réaffirmer son soutien à la police municipale « Ils ont fait leur travail. Je suis à leur côté. C’est difficile le métier qu’ils font. C’est difficile d’arrêter des gens qui, de temps en temps, sont dans des états de surexcitation incroyable. » Cela dit, il n’empêche que, cela fait trois personnes en difficulté psychiques qui ont été violentées à Béziers pendant le premier couvre-feu, sans parler de la personne morte en 2016. Tout indique qu'il ne fait pas bon être en difficulté psychique sur Béziers. 

 

8 janvier. Le maire de Béziers, Robert Ménard, a été condamné en appel à 10 000 euros, pour avoir diffamé, en 2016, le président de l'agglomération Frédéric Lacas. Robert Ménard écrivait dans son journal municipal « Prix de l'eau : honte à eux. Frédéric Lacas trouve une majorité pour faire gagner la société la plus chère » accusant ainsi Frédéric Lacas d’avoir favorisé la compagnie Suez dans l’attribution de la distribution de l'eau de toute l’Agglomération. Frédéric Lacas est évidemment satisfait de ce jugement qui condamne le maire de Béziers coupable de délit de presse « Celui qui fut défenseur du journalisme est à présent coupable de diffamation, de mensonge, Cela pourrait prêter à sourire mais cette façon de communiquer outrancière, à grands coups d’éclats, de tromperies, est malheureusement une arme de manipulation qu’il utilise bien souvent. ». Robert Ménard est finalement condamné pour « diffamation publique envers un citoyen investi d’un mandat public ». Il devra verser 5000 € de dommages et intérêts et 5 000 € pour les frais de procédure. La question que tout le monde se pose maintenant : Robert Ménard va-t-il payer cette condamnation avec ses fonds propres ou avec l'argent de la Ville de Béziers ?

 

9 janvier. La Ville a exercé son droit de préemption sur l’ancien foyer des jeunes travailleurs de Montibel, propriété du diocèse, alors que le Département voulait y créer un centre pour des femmes battues. Etrangement, une cession à l’amiable a été faite à hauteur d’un million d’euros alors qu’en 2019, il semblait que pour le maire de Béziers cette somme était beaucoup trop élevée. Selon Kléber Mesquida, président socialiste du Département, « Nous voulions y accueillir des femmes victimes de violence. Le maire a eu peur qu’on y mette des mineurs non accompagnés. ». Probablement, ceci peut-il expliquer cela.

 

11 janvier. Le contrôle de la population biterroise se poursuit… Un clip vidéo a été mis en ligne sur le site de la ville afin que les propriétaires de chiens n’oublient pas de ramasser les crottes de leur animal préféré. En effet, la police municipale s’est équipée maintenant d’un dispositif de 12 haut-parleurs pour rappeler aux propriétaires leurs obligations. En cas d’infraction une patrouille municipale sera immédiatement envoyée et le propriétaire sera verbalisé d’une amende de 68 euros… On imagine le travail de surveillance de « Big Brother » que cela représente sur toute la population de Béziers.

 

13 janvier. Un rassemblement d’une soixantaine de personnes appelé par les intersyndicales (CGT, CFDT, FA-FPT pour la mairie et CGT, FA-FPT pour l’Agglo) s’est tenu devant la mairie de Béziers pour protester contre la suppression de 15 heures de congés annuels. Même s’il n’y avait pas beaucoup de monde à ce rassemblement, le mécontentement est réel depuis la mutualisation de certains services de la ville avec l’agglomération. En effet 1200 agents territoriaux ont déjà signé une pétition contre cette suppression depuis le mois de septembre (900 signatures à la mairie et plus de 300 à l’Agglo). Seule la CGT a pris la parole: «Le maire remercie les fonctionnaires de leur implication tout au long de la crise sanitaire, se vante de lutter contre la précarité et de la même main, il diminue les promotions et avancements au profit de primes toujours plus opaques. Il titularise les agents précaires sur des temps non complet et non choisis et privatise en catimini le nettoiement.» Et de poursuivre: «L’urgence pour le maire était de supprimer 24heures de congés annuels, ramenés à 15 heures, sous couvert d’une interprétation des textes.» Les organisations syndicales doivent se réunir pour définir d’autres formes d’actions.

 

16 janvier au matin. Une étoile de David a été taguée sur la porte de l'école catholique privée Saint-François-Régis à Montpellier. Pour mémoire, c’est dans cet établissement que des Juifs avaient été cachés pendant la deuxième guerre mondiale. De nombreuses personnes, dont le maire de la ville, ont condamné cet acte lâche et antisémite.

 

16 janvier. Un entraineur d’Athlétisme, aujourd’hui âgé de 36 ans, soupçonné de viols sur mineures, a été récemment, placé en détention provisoire. Il entrainait les athlètes au Béziers cheminot athlétisme Méditerranée (BCAM) avant de rejoindre les rangs de Béziers athlétisme. Contrairement aux dérives de sa police municipale, Robert Ménard n’a pas tardé à se faire entendre. Il a demandé (selon la méthode de la sanction collective) que les créneaux horaires d’entraînement du Béziers athlétisme soient retirés et que les dirigeants du BCAM se retirent du jeu car l’entraineur était licencié dans leur club au moment des faits. Il a déclaré notamment « Je ne porte aucune accusation. La présomption d’innocence est la règle absolue. Je ne juge pas, non plus. Je suis juste prudent. Et la prudence me conduit à dire qu’un certain nombre de personnes devraient se mettre en retrait, en attendant de savoir sur quoi l’enquête va déboucher ». On pourrait se demander alors pourquoi cette méfiance ne s’applique pas lorsqu’il s’agit des trois policiers municipaux mis en examen lors de l’arrestation de Mohamed Gabsi. « J’ai donc demandé au BCAM que les dirigeants qui étaient là à l’époque des faits se mettent en retrait en attendant que l’on y voit plus clair » Et d’utiliser, encore une fois, le moyen de pression « classique » sur les subventions afin de mieux contrôler les associations « Je ne voudrais pas que l’on me reproche d’avoir donné de l’argent public au club sans avoir tiré un minimum de leçons de ce qu’il s’est passé, » martèle Robert Ménard « Je pourrais effectivement remettre la subvention en question (17 000 €, en 2020). Mais je ne veux pas en arriver là, cela pénaliserait le club. Je veux juste que les dirigeants actuels fassent preuve de jugeote ». La pression sur le Béziers athlétisme est plus compliquée car ce club n’est pas subventionné par la Ville. Pour l’instant le maire peut « seulement » supprimer les créneaux horaires que le club utilise pour ses entraînements dans des stades de la ville. 

 

17 janvier. Le Journal du Dimanche révèle que plusieurs personnes dont des militaires français ont été écrouées pour trafic d'armes. Neuf ont été placées en détention provisoire et un arsenal de près de 200 armes et plusieurs tonnes de munitions ont été saisi par les policiers de la Brigade de Répression du Banditisme (BRB). Or si une partie était destinée à des trafiquants de drogue une autre était destinée à la mouvance de l’extrême droite. Des interpellations ont eu lieu au sein même du ministère de la Défense à Paris, sur la base aérienne d'Etain (Meuse) mais aussi chez un quadragénaire fiché S pour ses liens avec l'ultra droite et au domicile d'un autre sympathisant d'extrême droite (une trentaine de pistolets mitrailleurs, une cinquantaine d'armes d'épaules, autant d'armes de poing, plusieurs dizaines de grenades et quelque 500 kg de munitions). En attendant, deux anciens militaires, dont un officier supérieur retraité de fraîche date, sont mis en cause ainsi que trois sous-officiers d'active et un onzième suspect se trouvant actuellement au Mali où il participe à l'opération Barkhane… Le journal signale qu’avec la montée des mouvances survivaliste, suprémaciste et complotiste « La porosité entre groupuscules d'extrême droite et cercles militaires constitue un sujet d'inquiétude pour les services de renseignements. Ces derniers craignent particulièrement l'action d'un individu solitaire, à l'image du norvégien Anders Behring Breivik qui avait assassiné 77 personnes en 2011. Depuis 2017, cinq projets d'attaques qualifiés de terroristes, liés à l'ultradroite ont été déjoués en France. ». 

 

18 janvier. Contrairement à ce qui se passe sur Béziers, l’État a attaqué en justice, peu avant Noël, la mairie de Beaucaire (RN) dans le Gard, pour avoir installé une crèche provençale dans la mairie. Et là, le juge des référés a condamné la ville à payer 5000 euros par jour à compter de la date du référé jusqu’au démontage de la crèche.  Evidemment, Julien Sanchez, maire de Beaucaire, a annoncé saisir le Conseil d’État et attaquer parallèlement l’État pour « discrimination ». Il est temps que les principes de laïcité de notre pays, s’applique réellement à Beaucaire comme Béziers. 

 

19 janvier. Plusieurs élus de la région Occitanie dont la présidente Carole Delga ont dénoncé l’opération « anti-migrants » de Génération Identitaire entre Luchon (Hautes-Pyrénées) et l’Espagne. En effet, une trentaine des militants de ce groupe raciste se sont installés au col du Portillon dans des voitures « Défend Europe ». Certains sont même partis en randonnée en utilisant un drone pour surveiller la frontière. Les élus demandent au préfet de mettre fin à ce coup de force médiatique en réclamant des poursuites contre eux. Ils ont également demandé au ministère de l’Intérieur de dissoudre ce mouvement d’extrême-droite violent et dangereux. Faut-il rappeler qu’une initiative similaire avait eu lieu en 2018 dans les Alpes et que la cour d’appel de Grenoble a relaxé le 18 décembre dernier les trois militants condamnés en première instance. D’ailleurs, ce jour-là, le maire de Béziers avait, sur les réseaux sociaux, salué cette relaxe comme une très bonne nouvelle. 

 

19 janvier encore. Gérard Abella, maire de Boujan-sur-Libron et « allié » à Robert Ménard au sein de l’Agglo, serait de nouveau dans la tourmente. Il a été convoqué au commissariat de Béziers pour répondre d’une accusation de harcèlement par deux femmes, anciennes salariées de l’OPH Béziers Méditerranée, dont il est le président. Pour lui « C’est de la pure fiction. La première, je l’ai croisée seulement quelques semaines et la seconde est tombée malade…. Ce sont vraiment des accusations en l’air. ». Il était déjà accusé dans des affaires de prise illégale d’intérêts, de conflit d’intérêts depuis son élection au poste de maire en 2014. Une des plaintes déposées cible plus particulièrement une Société Civile Immobilière dans laquelle le maire de Boujan détient des parts. Histoire à suivre, donc.

 

23 janvier. En commission sur le projet de loi contre le “séparatisme” à l’Assemblée nationale, la députée de l’Hérault, Emmanuelle Ménard, a révélé sa vision de la France. En effet, elle a proposé de réécrire l’article premier de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État par ces mots : « L’État français, fort de son héritage chrétien, assure la liberté de culte et la liberté de conscience ». En précisant que « ce n’est pas la République, simple régime politique, qui garantit la liberté de conscience, mais bien l’État français à travers tous les régimes politiques assumés ». Pour elle, « l’Église catholique ne peut être traitée tout à fait de la même manière que d’autres cultes arrivés plus récemment ». Résultat : celle qui se vantait de travailler à l’union des droites a réussi à faire un tollé dans tous les rangs de l’Assemblée nationale, à gauche comme à droite et cela pour deux raisons. Tout d’abord, sa référence à « l’État français » était l’appellation officielle du régime du maréchal Pétain et ensuite « l’héritage chrétien de la France » est un fait historique, mais son évocation ne peut se faire dans une loi de notre République laïque.