Béziers : premières leçons de la marche blanche en mémoire de Mohamed Gabsi.

Le 8 avril dernier Mohamed Gabsi est mort à la suite d’un contrôle de la police municipale.

Les images filmées de cette arrestation sont insoutenables elles renvoient à celles tristement célèbres de Georges Floyd.

Plus largement à celles de dizaines d’arrestations qui se sont soldées par des décès.

Une telle issue dans une ville comme Béziers n’est malheureusement pas une surprise.

Depuis l’élection d’un maire d’extrême droite en 2014 Béziers vit au rythme des provocations idéologiques de son maire.

Ces provocations touchent tous les terrains : le local bien sûr, mais aussi le national et l’international.

Initialement ces provocations avaient pour but de renforcer une base suprémaciste blanche en vue de différentes échéances électorales.

Cet objectif à été rempli puisque la tâche brune initiale c’est étendu (législatives, départementales, régionales . . .).

Mais cet objectif flirte depuis le début avec la bavure et où le passage à l’acte.

De ce point de vue le 8 avril 2020, l’histoire a basculé.

Mohamed Gabsi à commis le crime de sortir pendant le couvre-feu décidé par le maire de Béziers.Il en est mort.

Pendant ce même couvre-feu un décompte journaliers des interpellations était tenu par la municipalité. Un véhicule sillonnait continuellement la ville en diffusant par hautparleur le message suivant.

<<Attention Covid 19, restez chez vous>>

Mohamed était schizophrène il était connu des forces de police, il avait déjà failli mourir 3 mois auparavant à la suite d’une arrestation.

Son décès pose bien sur la question d’une police municipale qui à Béziers est la garde prétorienne du maire.

Une police municipale qui interpelle et verbalise à tour de bras.

A Béziers Mohamed était triplement exposé : il était malade, il était maghrébin, il était pauvre : il en est mort.

A l’initiative de la famille et de la Cimade un comité de soutien intitulé <<Justice pour Mohamed>> s’est constitué. Il regroupe différentes associations locales et nationales.

Ce comité à organisé samedi 20 juin une marche blanche en mémoire de Mohamed autour du mot d’ordre <<Justice pour Mohamed>>. Plus d’un millier de personnes ont participés à cette marche.

La question juridique va bien sûr occuper le devant de la scène. Parallèlement le comité de soutien entend continuer à manifester sous des formes qui vont être déterminées,  afin de maintenir le nécessaire rapport de forces face à une municipalité qui ne vise qu’une chose : enterrer cette affaire. 

Robert Ménard ne s’est pas prononcé une seule fois sur le décès de Mohamed. Il n’a eu aucune parole vis-à-vis de la famille d’un de ses administrés.

Pour lui la mort de Mohamed n’existe pas.

Cette négation de la réalité est le pendant des provocations municipales.

L’illusion de pouvoir chevaucher le tigre du racisme et du suprémacisme blanc. 

 

Le comité d'Ensemble!  Béziers

 

Crédit photos : Yves Le Bris

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