Nicollin, laisse béton !

 

Un projet innovant ?


Monsieur Laurent Nicollin, président du MHSC présente aujourd'hui comme "inédit" un projet de stade accompagné de commerces, d'un musée, d'une clinique, de restaurants... Avec cette prétention à la nouveauté, l’héritier ne craint pas le ridicule:  son projet, c’est Strasbourg dans les années 1990, c’est Lyon dans les années 2000, les deux imitant Manchester.
Mais la situation est plus grave. Le stade ne doit pas être l’arbre qui cache la foret : ce qui se joue, ce dont Laurent Nicollin est le VRP, c’est l’exécution du schéma "aérotropolis", c’est une vision de la ville du XXIème siècle où l'aéroport jouerait le rôle qu’ont joué les ports aux XVIIème et XVIIIème siècle et les gares aux XIXème et XXème siècle. D'après ce schéma, une nouvelle ville doit être construite entre l’aéroport et l’ancienne ville. Cette nouvelle ville doit être desservie par une ligne de train à grande vitesse, et reliée à l’ancienne ville par une ligne de transport en commun moderne et efficace, métro ou tramway. Elle doit comporter des installations sportives, des cliniques, des parcs d’attractions et des musées, des hôtels et des restaurants, à destination de la clientèle aisée qui se déplace d'une métropole à l'autre en l’avion.
En France, c’est ce schéma qui était à la base de Notre Dame des Landes. Ici, à Montpellier, Monsieur Deljary, président de la chambre de commerce et d’industrie, l'a fidèlement traduit dans son « Livre Blanc » pour une « gouvernance partagée » entre monde économique et monde politique en 2014. On peut noter que Monsieur Delafosse, candidat du Parti Socialiste, s’inscrit également dans ce schéma mortifère à l’heure de l’urgence écologique, sa proposition pour le stade contribuant à la poursuite dévastatrice de la bétonisation du bassin du Nègue-Cat.
Et à l’étranger, cela existe aussi, comme le projet Tessera City, à Venise, avec des stades de football (pour que les équipes russes puissent venir quand leurs terrains sont gelés...) à proximité de l’aéroport et reliés par un métro sous la Lagune à la vieille ville. Vraiment, le projet de Monsieur Nicollin n’a rien d’inédit! Il n'est que le visage contemporain de la rente foncière, du mépris de l’environnement et des habitants de la ville. Il est temps de rendre la ville et la métropole à ceux qui l’habitent et qui y vivent.
Une autre ville est possible !
Aujourd’hui, chaque montpelliérain peut mesurer ce qui est en marche: la densification, la destruction de la voirie, une ville livrée aux banques via les promoteurs qui réalisent des logements sans autre but que la défiscalisation grâce aux dispositifs Pinel et autres qui se succèdent depuis 20 ans afin de stimuler artificiellement le BTP, jusqu'à l'absurde. En lisière de la nouvelle Gare -qui porte le nom d'une marque commerciale, c'est tout un symbole - les magiciens du béton avaient dessiné le quartier "Oz" qui devait «faire la part belle à la nature» et « franchir les limites». Or, il faut maintenant trouver autre chose que des logements car le «futur quartier co-construit avec ses habitants» ne peut pas en contenir, parce que les nuisances sonores provoquées par l’aéroport, précisément, l’interdisent !
Messieurs Saurel, Nicollin et Deljary ont tout de pieds nickelés de l'urbanisme, mais ils n'ont rien de drôle. Leurs projets accélèrent localement les crises écologique et sociale: comment ignorer que la construction d'un nouveau quartier-stade, en imperméabilisant de nouveau des dizaines d'hectares, aggraverait encore les conséquences des inondations auxquelles ce projet prétend ironiquement apporter une réponse ? Comment, dans une ville qui compte par milliers les mal-logés, par milliers des logements vides, laisser piloter la construction de logements par la spéculation immobilière ? Notre métropole n’est pas de la chair à béton. Préservons, développons la ceinture et la trame verte, les terres agraires pour une agriculture saine et de proximité.
Nous à la mairie ce sera ni nouveau stade, ni Ode à la mer ! Il est urgent d’affirmer qu’une autre vision de la ville est possible : ils veulent vendre la ville, nous voulons la vivre en Commun !


Samedi 7 décembre, de 10H à 20H, la Confluence organise une journée « Urbanisme » à la Carmagnole pour penser la ville que nous voulons.

Les porte-paroles de la démarche Confluence

Hélène Raux
Boris Chenaud
Nelly Lacince
Marc Le Tourneur