Octobre 2021 : 7ème université d'Ensemble !

3 semaines 5 jours ago

L'interruption de l'été est en cours…

Pour autant on se prépare aux retrouvailles de la rentrée.

Nous avons tant de sujets à débattre !

Donc rendez-vous à la 7ème Université d'Ensemble !

C'est du 23 au 26 octobre 2021.

Au Village « Azureva », La Londe-les-Maures (Var)

On s'inscrit sans attendre !

Fichier attachéTaille Plaquette inscription489.06 Ko Programme453.61 Ko Type:  Article Mardi, 28 Septembre, 2021 - 08:52 Université d'Ensemble!
François Calaret

5 octobre 2021 : quels objectifs pour une lutte unitaire ?

3 semaines 5 jours ago

Les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL, MNL, appellent à une journée de « grève et de manifestations » le 5 octobre. Le communiqué appelle à agir pour « nos salaires, nos emplois et nos conditions de travail et d’études ». A la différence de la journée de lutte de février 2021, l’unité syndicale s’est élargie à Force ouvrière.
Que faut-il pour que la journée du 5 octobre soit une réussite ? Tous les syndicalistes et les salarié-es combatifs se posent la question. Une certaine amertume parcourt les discussions préparatoires ou les conversations autour du café. Le syndicalisme n’a pas été visible au moment où plus de 200 000 personnes ont plusieurs fois manifesté le samedi, en plein été : du jamais vu. Que s’est-il passé ? Etait-il possible de rejoindre ces actions, de leur donner une autre signification, ou de construire d’autres réponses ?
Un défi non relevé

Cela a été largement commenté à gauche et dans les organisations sociales : malgré des tentatives locales, il était impossible nationalement de donner aux manifestations apparemment dirigées contre le passe sanitaire un sens différent de ce qui dominait. Certes, une très grande diversité de motivations était présente. Mais la tonalité exprimait surtout une méfiance contre la vaccination, voire un refus, certes exprimé sous la forme compréhensive d’une critique de l’autoritarisme de Macron. Cette ambiguïté première a permis à l’extrême-droite de sauter sur l’occasion et de propager ouvertement les pulsions racistes et antisémites qui la caractérisent, sans que cela ne trouble beaucoup les manifestants, sauf exceptions locales courageuses. Ce torrent de ressentiment avec des objectifs hétéroclites ne pouvait pas être rectifié. Ce qui est très inquiétant sur ce qui se passe en profondeur dans la société.

Par contre, il était sans doute possible de faire autrement et ailleurs, ce qui d’ailleurs s’est parfois déroulé dans des mobilisations devant des hôpitaux, ou devant le siège des Agences régionales de santé (ARS), pour tenter d’empêcher les sanctions inadmissibles (inscrites dans la loi que la gauche a refusé de voter) contre les personnels soignants non vaccinés. Le syndicalisme, et les forces de gauche et écologistes, divisées sur les manières d’agir, ont loupé l’occasion d’une campagne pour la vaccination, comme position historique du mouvement ouvrier, par exemple avec des réunions publiques, aidées par des scientifiques, en assumant aussi la part incertaine de la situation. Il était possible de revendiquer le droit à des réunions d’informations dans tous les lieux de travail, redoublées dans les localités, pour que les arguments circulent et débouchent sur une conscience collective. Il était possible de manifester en même temps que les syndicats et agents hospitaliers (le 14 septembre), pour protester contre les fractures dans les équipes de travail. 

Le mouvement ouvrier, le syndicalisme, la gauche, l’écologie, ont laissé s’ouvrir une faille dans la capacité à construire une alternative à la gestion gouvernementale. Ce qui peut avoir des effets d’incertitude pour rebondir sur d’autres exigences non moins importantes de cet automne.

« Pouvoir d’achat » : le saupoudrage contre la dignité

Le pouvoir macronien est préoccupé par deux objectifs : sa réélection en 2022, et les effets mobilisateurs possibles de l’accumulation nouvelle de richesses dans certains secteurs de l’économie qui n’ont nullement connu la crise. Les entreprises du CAC 40 ont accumulé des profits gigantesques au premier semestre 2020 : 60 milliards soit 41% de plus qu’en 2019 (Le Monde 11 septembre 2021). Puisque les ministres chantent en chœur l’hymne de la reprise économique (plus 6% de PIB en 2021 claironne B. Lemaire), puisque le budget 2022 se prépare sur des prévisions dépensières, puisque les dogmes de l’austérité ont craqué dans toute l’Europe capitaliste, alors il n’est pas admissible que certains se gavent, alors que les véritables créateurs de richesse (les salarié-es) soient soupçonnés de relancer l’inflation en revendiquant des vraies augmentations de salaires.
Mais à cette crainte de luttes salariales, totalement légitimes pour la dignité retrouvée du monde du travail, le pouvoir Macron-Castex répond par la technique libérale-sociale de la « récompense » ultra ciblée. Jamais sans doute il n’y a eu autant de gadgets mis en scène pour répondre à ce qui est nommé la demande de « pouvoir d’achat », c’est-à-dire non pas le pouvoir des travailleurs sur la richesse produite, mais la capacité d’acheter sur le marché. 

Avec le quinquennat Macron, on a connu : la baisse ou la suppression des cotisations sociales (pour le pouvoir d’achat !), remplacées par la CSG, la prime d’activité augmentée pour les très bas salaires (un « 13ème mois » dit Gabriel Attal à la Fête de l’Humanité !), la baisse des impôts (50 milliards), avec notamment la suppression de la taxe d’habitation (+ 4650 euros en 5 ans pour un couple selon Bercy).  Cet automne, on ajoute un « chèque énergie » de 100 euros (contre la hausse du gaz), un « revenu d’engagement » pour les jeunes (mais surtout pas le RSA).  On ouvre des discussions avec les syndicats de fonctionnaires, mais sans vouloir augmenter le point d’indice gelé depuis 10 ans. Le SMIC augmente par obligation légale, mais surtout pas plus. Ces techniques distributives constituent un véritable mépris de classe, pour tenter d’attirer en 2022 un électorat populaire désemparé et d’éviter des luttes offensives. Comme le dit l’économiste Guillaume Duval : il y a une « volonté de ne pas réduire les inégalités » (l’Humanité 22 septembre). Il y a une volonté de fragmenter la question sociale en particularismes divers, en individualismes (en y ajoutant chez Macron un discours émancipateur !), pour tenter de bloquer toute expression collective.

Ainsi l’acharnement à s’attaquer structurellement aux droits des chômeurs, en remettant en circuit en octobre le quasi même décret (rejeté deux fois par le Conseil d’Etat) qui réduit les indemnités de plus d’un million d’allocataires (jusqu’à 20% en moins), se comprend comme un clin d’œil à l’électorat de droite : faire de la casse sociale. Mais aussi sur le fond comme la volonté d’étatiser la protection sociale dans le but de la dissocier totalement du syndicalisme. Tous les syndicats sont contre, y compris la CFDT, mais Macron n’en a cure. Et nous ne sommes nullement à l’abri d’une mauvaise surprise sur les retraites lors de l’examen du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFFS) cet automne.

L’unité ou l’enjeu interprofessionnel

Il y a des conflits. Par exemple les personnels du nettoyage à Jussieu remportent une victoire. Il y a une sorte de cycle de luttes fréquentes dans l’externalisation des services de propreté (hôtels, services publics…).  Les sage-femmes se sont aussi fait entendre pour la reconnaissance de leur profession, ainsi que les aides à domicile, invisibilisées mais tellement présentes ! Mais le syndicalisme peine à interprofessionnaliser sa voix pour la rendre audible à tout le salariat. Les Gilets jaunes avaient réussi à briser ce mur qui enferme la condition subalterne dans l’oubli, mais ils ne sont pas parvenus à créer un message collectif durable, ce qui le rend perméable à des régressions négatives de substitution, comme cet été.

Aucun syndicat, confédéré ou non, ne peut à lui seul espérer représenter le monde du travail dans sa diversité démultipliée depuis la mutation libérale du capitalisme. Il conviendrait de créer un dialogue intersyndical durable, si on veut attirer l’écoute, notamment de la jeunesse qui n’est pas réfractaire à s’organiser (comme le montrent les actions climat). Pour le 5 octobre, les organisations syndicales rassemblées ont mis leurs priorités en commun, comme une sorte d’addition. Certes la place des salaires y est centrale, et c’est heureux. De même que l’engagement à vouloir bloquer à nouveau la contre-réforme de l’assurance-chômage. Sur ce point, une assemblée des occupants des théâtres et lieux de culture, qui avaient fait l’actualité du printemps 2021, a encore réuni 130 personnes à Paris début septembre, avec la volonté d’agir autour du 5 octobre et après, toujours en ciblant les droits des chômeurs, enjeu politique depuis le printemps 2021.

Mais la plate-forme du 5 octobre peine à mettre clairement en avant un ou quelques objectifs qui accrochent l’attention, qui fassent « sens ». Cela ne serait possible que si un cadre unitaire permanent, une sorte de Convention pour un dialogue intersyndical sans exclusive, voyait le jour pour confronter les expériences, les projets, et déboucher sur du commun. C’est peut-être possible sur l’assurance-chômage.

Même le serpent de mer (depuis 2009 !) des « rapprochements » entre FSU et CGT, et parfois Solidaires, ne reste malheureusement qu’une intention velléitaire sans enjeu concret. Mais peut-être que l’expérience Plus jamais ça, qui structure durablement ces mêmes syndicats et des associations, pourra ouvrir une piste féconde.

Jean-Claude Mamet. 27-09-2021.

Type:  Article Lundi, 27 Septembre, 2021 - 17:08
TheStyx

Déclaration du Collectif National d'Ensemble

1 mois ago

Le contexte international

En cet automne 2021, la situation générale, est d'une gravité exceptionnelle, accentuée par les logiques capitalistes :
• Menace accélérée de destruction des conditions de la vie humaine sur la planète (rapport du GIEC), écroulement de la biodiversité. Dans dix ans, il sera trop tard pour limiter la catastrophe, ce qui nécessiterait une rupture sociale, politique, culturelle, démocratique d’une ampleur inégalée. L'urgence, c'est maintenant.
• Pandémie du COVID-19 qui paralyse les sociétés, montre les inégalités énormes d’accès aux biens de santé (vaccins), provoque une crise des liens sociaux, des représentations du monde, bouscule des lois économiques des lois économiques jusqu'ici présentées comme intangibles (politique de l'UE au début de la pandémie, dépenses publiques, politique de Biden ...), menace les acquis sociaux, renforce les multinationales.
• Tensions géopolitiques entre nouveaux blocs d’alliances d’Etats (USA-Chine-Russie), développement des armements, aggravation des crises ou des guerres : Moyen-Orient (Israël-Palestine, Syrie…), Afrique subsaharienne (Sahel), Asie (Afghanistan-Pakistan, Inde…), recul de la démocratie en Tunisie.  Résurgence des mouvements terroristes. La victoire des Talibans impose au peuple afghan un régime théocratique profondément réactionnaire.
• Menace de régimes politiques antidémocratiques (ou illibéraux) en Europe et dans certains Etats des USA attaquant les droits des femmes (avortement), les droits des migrants, ou de régimes fascisant (Brésil-Inde), en dépit de la salutaire défaite de Trump aux Etats-Unis. Victoire dramatique des talibans en Afghanistan.
Même si, face à cette situation, les peuples se mobilisent et innovent (exemple : l’assemblée constituante au Chili), le contexte mondial reste très préoccupant.

En France, la situation sanitaire et les réactions

La situation sanitaire liée au COVID 19 s’est dégradée rapidement cet été, les pouvoirs publics ayant poursuivi la casse des services publics de santé et n’ayant pas entendu les avertissements des scientifiques. La méthode utilisée par le gouvernement Macron pour y faire face reste identiquement scandaleuse : tournant brusque, décisions autoritaires, mise à l’écart de la démocratie. Les annonces du 12 juillet ayant provoqué une crise politique et sociale, des mobilisations populaires ont éclaté en dehors des cadres du mouvement ouvrier. Il s'y côtoie, selon des variations locales, des inquiétudes compréhensibles, la remise en cause de la parole politique, des éléments complotistes, un regain d’idéologie libérale (rejet de la vaccination) et des propos réactionnaires sous l’impulsion de l’extrême-droite. L’explication de la situation par l’antisémitisme y est présente et peu rejetée par les manifestant.es. Ces éléments ne permettaient pas la participation des forces progressistes. Une partie de la gauche et du mouvement syndical s’y est mêlée malgré tout, mais sans pouvoir peser.

ENSEMBLE ! propose de répondre à cette situation avec les propositions suivantes :

• La situation sanitaire est grave et nécessite des mesures fortes et discutées dans la société au lieu des décisions autoritaires des gouvernants.
• Le principe d’une vaccination généralisée est juste. Il doit résulter de la conviction que la vaccination est, à l’heure actuelle, le meilleur moyen de lutter contre la pandémie. Pour cela, il importe d’aller vers les populations et de faciliter au maximum l’accès aux vaccins. Ce qui nécessite de lutter contre les discriminations territoriales et sociales et d’encourager le débat dans la société. Les organisations syndicales doivent y prendre place en défendant une démocratie sanitaire.
• Si le contrôle de la vaccination est nécessaire, il convient d’agir contre les aspects dangereux pour les libertés de ce pass sanitaire (contre lequel nos députées ont voté) et de refuser qu’il serve à des mesures contre les droits des salarié.es (salaire-emploi) continuant à grignoter le Droit du travail.
• Le pass et les autres mesures restrictives des libertés doivent cesser avec la fin de l’état d’urgence sanitaire le 15 novembre. Nous exigeons un moratoire des suspensions de salarié.es ayant refusé la vaccination afin de prendre le temps de les convaincre.
• La pandémie étant mondiale, il importe d’exiger que les brevets soient levés pour que tous les pays, particulièrement les plus pauvres, puissent accéder à une vaccination de masse, avec les transferts de technologie nécessaires.
• La destruction de l’hôpital public doit être enrayée par des moyens bien supérieurs à ceux du Ségur de la santé : revendication de 100 000 embauches et arrêt des fermetures de lits

La situation sociale

• La durée de la crise sanitaire et la fin du « Quoi qu’il en coûte » social font courir le risque d’une accentuation de la crise sociale (suppressions d’emplois, aggravation du chômage et de la précarité généralisée). Le télétravail comporte la menace d’une destruction du collectif de travail et d’une généralisation de l’allégeance à des plates-formes (de type Uber) détruisant le Code du travail.
• Macron a plusieurs fois relancé l’idée de la réforme des retraites et précisé que celle de l’assurance chômage serait concrétisée à l’automne. Il est essentiel de préparer une mobilisation unitaire du mouvement social préparée par des assemblées sur les lieux de travail et les quartiers, associant organisations syndicales et partis de gauche contre ces mesures, notamment celle qui consiste à appauvrir la population en s’attaquant aux chômeurs/ses.
• En conséquence, ENSEMBLE ! appelle à la mobilisation unitaire :
- pour des réponses permettant d’agir contre le virus tout en préservant les libertés et en misant sur l’acceptation citoyenne éclairée ;
-  pour développer les résistances aux régressions sociales qui s’annoncent, notamment contre la réforme de l’assurance-chômage, il convient de créer les conditions d’un « front commun » associant les syndicats, associations et partis politiques. Pour sa part, ENSEMBLE ! développera une activité continue contre le chômage et la précarité, avec l’écriture d’une brochure, le suivi des initiatives, l’impulsion de cadres unitaires de soutien politique.
- pour une rentrée sanitaire et sociale contre les politiques régressives et autoritaires du macronisme.
• Les mobilisations prévues dans l’Education nationale le 23 septembre et surtout la journée interprofessionnelle du 5 octobre, axée notamment sur les salaires, peuvent permettre cette mobilisation à condition d’associer mesures progressistes contre le virus et revendications sociales, particulièrement contre la réforme de l’assurance chômage.
• Le Collectif national Plus jamais ça est un point d’appui important pour allier mobilisations, droits sociaux et transition écologique. Il est important de soutenir son action, et qu’elle s’ancre dans des mobilisations concrètes, dans des entreprises ou des alternatives économiques (SCOP). La présence des forces politiques est souhaitable, mais il faut veiller à ce que cela ne crée pas de divisions.
• Les mobilisations prévues pour la COP 26 doivent permettre d’exprimer l’urgence écologiste.
• Les Afghanes et Afghans qui le souhaitent doivent bénéficier du statut de réfugié-e sans exclusive. La France devrait avec d’autres pays exiger que la convention de Genève de 1951 (relative au statut de réfugié) ajoute le mot « sexe » aux causes de discrimination prévues.
• Ensemble participera à toutes les mobilisations pour les droits des migrant.es, pour la régularisation des sans-papiers.

Les perspectives politiques pour les mois à venir

• La crise sanitaire a accentué les situations de crise de la société. C’est dans ce contexte bouleversé que se préparent les échéances électorales de 2022. Cela ne peut qu'encourager l'abstention et la propagande d'extrême droite.
• Lors de l’élection présidentielle, le risque existe d’un second tour entre Macron et une Le Pen qui pourrait alors incarner la colère populaire. Malgré son recul lors des régionales, on ne peut exclure que l’extrême droite puisse alors l’emporter, avec les conséquences catastrophiques que cela représenterait. La probable candidature Zemmour constitue un signe grave des dérives présentes dans la société.
•   La possibilité d'un 2e mandat de Macron fait peser sur la société le risque de nouvelles et profondes régressions sociales. ENSEMBLE ! considère que, pour construire une alternative au macronisme, il faut rompre avec les logiques libérales qui ont dominé, notamment lors du quinquennat de Hollande. Pour ce faire, il faut construire un mouvement social et politique qui rassemble les forces syndicales, associatives, politiques sur un programme de rupture débattu dans les AG sur les lieux de travail et dans les quartiers. Ensemble ! s'engage dès maintenant nationalement et prendra localement les initiatives nécessaires pour construire ce rassemblement, dans les luttes et dans les urnes.
• Au - delà de ce profil général, il reste à déterminer quelle sera l'orientation concrète d'Ensemble dans les mois qui viennent, notamment pour la séquence électorale du printemps 2022. Une consultation de ses adhérent.es est organisée à ce propos entre le 6 octobre et le 8 novembre.

Adopté par le Collectif National le 19 septembre 2021

Type:  Article Lundi, 20 Septembre, 2021 - 11:23 Politique
François Calaret

Rassemblons nous le 19 septembre contre l’antisémitisme

1 mois 1 semaine ago

Rassemblement de protestation le dimanche 19 septembre
– 15 h 00 – Place de l’Hôtel de Ville – Paris

Appel du Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes (RAAR) soutenu par Memorial 98

Nous appelons à diffuser largement l’appel unitaire ci-dessous et à mobiliser pour l’échéance du 19 septembre.

« La pandémie du Covid a déjà donné lieu à une déferlante antisémite et complotiste. Dès avril 2020, Soral avait ainsi publié une liste de patronymes de médecins et responsables politiques à consonance juive, en la qualifiant de « liste de Schindler »

On assiste actuellement à une nouvelle vague de cette propagande. Elle prend la forme de l’assimilation de la vaccination et du pass sanitaire à la Shoah.

Des étoiles jaunes sont brandies par des opposants à la vaccination. On  condamne un « pass nazitaire » et on le compare à l’inscription sinistre du portail d’Auschwitz.

Les propos et actes  antisémites ont explosé dans et hors des manifestations récentes, notamment ceux désignant des personnalités juives comme responsables de la situation sanitaire, sous forme directe et explicite, ou par l’utilisation du terme antisémite codé « Qui ? », lequel cherche à stigmatiser les Juifs-ves qui seraient à la fois les responsables et les  bénéficiaires de la pandémie.

La stèle de Simone Veil à Perros-Guirec a été souillée et profanée à plusieurs reprises, ce contre quoi un rassemblement unitaire a protesté le 20 août; le local parisien de l’Union syndicale Solidaires a également été l’objet de tags racistes et fascistes.

Les partisans de l’extrême-droite sont au premier rang de cette campagne. Il s’agit notamment de Florian Philippot, ancien porte-parole de Marine Le Pen, chef auto-proclamé de l’opposition à toute précaution face au Covid. Mais les  propos et discours antisémites sont tolérés bien au-delà. Le débat légitime sur le contenu des mesures sanitaires et l’appréciation de la politique gouvernementale est détourné au profit de théories du complot totalement réactionnaires.

Face à cette situation, il est nécessaire et urgent que les antiracistes se manifestent et condamnent fermement et sans ambiguïté ces manifestations de haine et de complotisme, dont on connaît les liens profonds avec  l’antisémitisme. Non, les Juifs-ves n’empoisonnent pas les puits ni ne sont les grands bénéficiaires de l’épidémie en cours. L’accusation séculaire qui les cible continue à les stigmatiser comme porteurs d’un complot mondial visant à déposséder les peuples. Il est temps de condamner fermement cette idéologie meurtrière qui a déjà conduit à de nombreux massacres. Il en va d’une nécessaire clarté politique, car le complotisme antisémite constitue un véritable poison pour le mouvement social, la gauche, l’émancipation et toute analyse critique de la société. Consentir à cette confusion, c’est ouvrir la voie à l’extrême-droite, comme l’histoire en a témoigné à de nombreuses reprises.

Nous souhaitons ainsi alerter les organisations syndicales, associatives, politiques qui se réclament du progrès social sur le fait qu’il n’est pas possible de rester passifs face à des manifestations où l’antisémitisme s’exprime de manière récurrente. Nous devons faire front ensemble contre le danger antisémite et refuser de cautionner la confusion et le complotisme.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui rejettent l’antisémitisme et toutes les formes de racisme à se rassembler avec le RAAR et les autres organisations soutenant cette démarche sur la Place de l’Hôtel de Ville à  Paris le dimanche 19 septembre 2021 à 15h, dans le respect des règles sanitaires.

Le RAAR appelle toutes les associations et organisations antiracistes, les organisations syndicales et les partis démocratiques à se joindre dès maintenant à cet appel et à participer aux rassemblements organisés à Paris et dans différentes villes et localités. »

Premiers signataires : Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement du christianisme social, FSU, Mouvement national lycéen (MNL), Union syndicale Solidaires, Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa), Ensemble !, Fédération anarchiste, Pour une écologie populaire et sociale (PEPS), UCL, Juifves VNR, Mémorial 98, Mémorial des nomades et forains de France, Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE), Cedetim, Collectif collages judéités queer, Collectif agitations, Collectifs cases rebelles, Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Comité vérité pour Adama, Debunkers de hoax et rumeurs d’extrême droite, Dijon antifa, Fédération nationale des maisons des potes, Attac-France, Fondation copernic, IBUKA-France, La Horde, La Jeune garde

 

Type:  Article Lundi, 13 Septembre, 2021 - 16:00 Anti-racisme
François Calaret

Programme d'Ensemble à la Fête de l'humanité

1 mois 2 semaines ago

Programme des débats sur le stand d’Ensemble ! à la fête de l’humanité 2021

Vendredi 10

14H - 15H30 : Entre catastrophisme et mouvements écologiques : des responsables en marche arrière ?
En présence de :  Raphael Larrère co-auteur de le Pire n’est pas certain.

16H - 17H30 : Le beurre et l’argent d’UBER !
En présence de :  Leila Chaibi (Députée européenne LFI), Danielle Simonnet ( Conseillère de Paris LFI), et de CoopCycle

Samedi 11

10H30- 12H : la santé et la société dans la tourmente Covid !
En présence de : Caroline Fiat ( députée LFI et aide soigannte) ; Christophe Prudhomme ( urgentiste, syndicaliste CGT) ; Jean-Pierre Martin ( psychiatre) ; Et animé par par Bruno Percebois ( médecin)

14H - 15H30 : Est-il encore possible de déjouer le duo Macron-Le Pen ?
En présence de : Clémentine Autain (Ensemble, LFI) ; Elsa Faucillon (PCF) ; Sandrine Rousseau (EELV) Et animé par Jean-François Pelissier ( Ensemble).

16H - 17H30 : Lutter contre les grandes puissances gafam et patronat, comment fait-on grain de sable, quelle solutions politiques ?
En présence de : Manon Aubry (Députée européenne LFI et co-présidente du groupe de la gauche au parlement européen) ; Aurélie Trouvé ( porte-parole d’Attac et autrice du livre Le bloc arc-en-ciel, Pour une stratégie politique radicale et inclusive)

Dimanche 12

11H - 12H30 : Covid et coup d’Etat, la Tunisie prise dans un étau critique !
En présence de : Mohamed Bensaid ( militant de la FTCR: Fédération Tunisiens citoyens des 2 rives et médecin en santé publique), et Adel Thabet ( responsable du parti des travailleurs Tunisiens) et animé par Francis Sitel ( animateur de la revue Contretemps

13H- 14H30 : Résistances et articulations politiques dans les luttes antiracistes.
En présence de militantes et militants présent.es sur les luttes antiracistes.

Fichier attachéTaille 21-09-11-3_programme_stand_a4.pdf749.28 Ko Type:  Article Mardi, 7 Septembre, 2021 - 20:46 Agenda Matériel
TheStyx

La Diada 2021 à Paris

1 mois 2 semaines ago

Journée de célébration de la Fête nationale de la Catalogne

avec la collaboration du CDR Paris

11 septembre 2021 à 17 heures

Place de la République, Paris

Type:  Article Mardi, 7 Septembre, 2021 - 12:42 International
François Calaret

Le combat des femmes afghanes contre l'obscurantisme

1 mois 3 semaines ago

Si les femmes et les enfants sont toujours les premières victimes des conflits, les Afghanes  font partie des cibles prioritaires de la doctrine des Talibans.

Le langage « moderne » des fondamentalistes islamistes qui cherchent une légitimité internationale, ne trompe personne et surtout pas les Afghanes:elles craignent à juste titre de ne plus pouvoir travailler,faire des études et d’être forcées au mariage. Certaines risquent leur vie . « Toutes les femmes sont susceptibles de se faire assassiner,enlever ou violer » déclare Chékéba Hachemi,première afghane diplomate.

En dépit de leurs discours,quelques heures seulement après leur arrivée à Kaboul, les images  des femmes ont été effacées dans l’espace public . Il est clair que les femmes doivent redevenir invisibles. C’est un cauchemar pour toutes celles qui ont fait des études et qui envisageaient un avenir meilleur pour elles-mêmes et les générations futures.

Il ne faudrait pas croire que l’intervention américaine avait amélioré le sort de toutes les femmes. Certes elles étaient dégagées du joug de la charia mais cette intervention a essentiellement profité aux femmes qui vivent à Kaboul et dans les grandes villes. Elles sont journalistes,juges, médecins,artistes...Les femmes en territoire rural, près des zones de conflit sont restées soumises à un ordre traditionnel tribal et n’ont accès à rien. 70 % des femmes afghanes sont analphabètes.

Les organisations internationales devront être très vigilantes à cet égard. Déjà entre les promesses
du porte-parole des Talibans « un voile intégral ne sera pas obligatoire » et celle d’un mollah local « vous devez cacher vos visages,vos yeux...si l’on vous voit avec des ongles vernis alors on sera en colère,on va tout couper(!) » on comprend la complexité de la situation.

Mais pendant ces 20 ans la jeunesse afghane (dont beaucoup de femmes ) ont vécu autrement et maîtrise les nouveaux médias.

Aussi,elles sont de plus en plus nombreuses à refuser de se soumettre  et manifestent à visage découvert face à l’obscurantisme.

Nous devons participer à toutes les actions qui permettent de soutenir les femmes afghanes !
En ce qui concerne les réfugiées et réfugiés  https://www.gisti.org/spip.php?article6645.

Marie-Claude Herboux

Type:  Article Mardi, 31 Août, 2021 - 12:11 Féminisme International
François Calaret

Syndicats et vaccination : l’hésitation de l’obligation

2 mois ago

Tous les syndicats défendent très clairement la vaccination.  Mais ils sont réservés ou muets sur l’obligation. Ils sont également réservés ou opposés au « passe sanitaire » conditionnant l’accès aux lieux publics, et pour les personnels y travaillant chargés de la surveillance. Trois syndicats ont déposé un recours au Conseil constitutionnel pour qu’il déclare « l’inconstitutionnalité de la loi », notamment parce qu’elle aggrave les « discriminations » sur la mise en place du « passe sanitaire », au regard des « droits fondamentaux », et qu’il renforce la « subordination » à l’employeur.

Sans nous prononcer ici sur la constitutionnalité de la loi, il est nécessaire de ne pas esquiver la question de l’obligation vaccinale. On sait qu’elle existe depuis longtemps dans notre société, et qu’elle a fait ses preuves (voir argumentaire de la note ….). Il n’y a donc pas de raison valable de ne pas la préconiser pour se prémunir de la survenue du COVID 19, dès lors que les vaccins ont fait la preuve de leur efficacité, en dépit du fait que la procédure de leur mise à disposition a été nettement plus accélérée que dans les protocoles habituels. Soit les vaccins sont dangereux et alors il faut les interdire pour tout le monde, soit ils protègent dans un contexte où il n’y pas encore de traitement, et alors il n’y a aucune raison qu’ils soient soumis au seul « libre arbitre » de chacun, alors que l’extension de l’immunité collective n’est pas généralisée et mondiale.

Mais il n’y a pas d’argument non plus pour les pouvoirs publics de ne pas rendre la vaccination obligatoire pour toute la population potentiellement concernée au regard des avis médicaux (la question des enfants peut en effet se poser). En aucune manière il ne peut y avoir un traitement différentié selon des critères strictement professionnels. Même si les personnes continuellement au contact du public semblent davantage concernées, toute personne peut à divers moments se retrouver au contact du public (transports, magasins, lieux culturels, restaurants…).  Dans ce domaine, une application d’ampleur universelle des mesures protectrices vaccinales est absolument nécessaire, sinon il y a inégalité flagrante de traitement et un risque potentiellement généralisé- qui lui deviendrait universel comme on le voit avec les variants.
La loi doit donc à ce stade décider l’obligation vaccinale.

Doit-elle sanctionner en cas de refus ? Il convient sur ce point de prendre le maximum de précautions et de faire preuve de discernement. Dans les Etats de droit, une loi qui est délibérément violée implique des mesures de contrainte, voire de force, impliquant des sanctions matérielles, voire pénales. Néanmoins, il est parfaitement imaginable de proportionner l’obligation légale et le type de mesures et de « sanctions », par une médiation qui est la délibération démocratique et la construction d’un collectif civique et d’une responsabilité collective acceptée.

Dans les collectifs de travail et dans la société, l’obligation légale doit aussi :

- comporter l’obligation de participer au débat citoyen : réunions d’informations obligatoires sur le temps de travail (en plus de celles organisées par les syndicats qui doivent en avoir le droit)), animées par des personnes qui n’appartiennent pas au dispositif hiérarchique ;
- comporter l’organisation d’assemblée citoyennes dans les communes et les quartiers, afin de délibérer et convaincre ;
- comporter la possibilité en cas de refus d’être changé d’affectation (comme cela est prévu) ;
- comporter l’obligation de se soumettre à un contrôle (passe sanitaire).

Mais l’obligation légale de vaccination ne doit pas aboutir à une rupture du contrat de travail, la suspension du salaire, et pire encore le licenciement. Une personne refusant la vaccination, qui a participé aux réunions sur son lieu de travail, peut être mise en suspension d’obligation professionnelle provisoire, avec un délai. Il est assez peu probable que cette mise en extériorité du collectif de travail ne finisse pas par créer une prise de conscience. Il s’agit alors d’une sorte de « sanction morale ». Il faut miser sur la sociabilité démocratique et l’éthique du travail, pas sur la sanction atteignant les droits sociaux ou la liberté de conscience. 

Il sera rétorqué à ces propositions qu’une obligation légale non respectée et non sanctionnée ouvre la porte à toutes les dérives. Il faut répondre à cela que des situations de ce type se sont déjà produites récemment (par exemple la tolérance -certes rare !- de manifestations pourtant interdites). Mais surtout que la situation ouverte par la pandémie mondiale doit ouvrir des méthodes démocratiques et des procédures exceptionnelles dans le traitement des situations. Refuser de le faire ou de l’imaginer peut aboutir à une exacerbation régressive des crises de société.
Août 2021.

Jean Claude Mamet

Type:  Article Mardi, 17 Août, 2021 - 15:47 Santé
François Calaret

Réactions populaires : une situation politico-sociale alarmante

2 mois ago

 

Nous devons tenter de comprendre pour quelles raisons les décisions prises en France depuis le 12 juillet et aussi en Europe selon des variables similaires provoquent une réaction politico-sociale réelle (et peut-être durable) avec des aspects très inquiétants. Il y a probablement de multiples facteurs qui se coagulent dans un mélange déroutant, en dehors des canaux d’expression habituels du mouvement social, du syndicalisme (même si des syndicats appellent, ou des syndicalistes), des associations, ou de la gauche politique. Ce n’est pas la première fois que nous nous retrouvons dans un tel contexte, mais c’est une raison de plus pour en comprendre les ressorts :
- il y a bien sûr pour certains un refus ou une très grande méfiance des vaccins, sous-tendue par des arguments rétrogrades anciens et préexistants ;
- il y a une suspicion de manipulation des Etats par les multinationales pharmaceutiques assoiffées de profit (et qui ont font en ce moment) ;
- il y a une perception du passe sanitaire comme attentatoire aux libertés fondamentales (débat qui a déjà eu lieu sur l’application « anti-covid », et lancé au printemps 2020 par des associations telles que la Quadrature du  net ) ;
- il y a les menaces très graves de ruptures du contrat social, des pertes de salaires et des licenciements.
- il y a bien sûr la tentative opportuniste de l’extrême-droite de coiffer ce mécontentement populaire, encore limité, mais réel (des chiffres manifestants supérieurs aux appels intersyndicaux depuis mars 2020). Nous avions déjà connu cela au début du mouvement Gilets jaunes, mais cette fois l’emprise d’extrême droite est plus vaste et assumée.
Toute cela révèle la profondeur de la crise de la conscience politique « progressiste », et un désarroi terrible. Néanmoins, ce ne sont pas d’abord des manifestations d’extrême-droite, mais bien davantage « spontanées », ce qui est plus alarmant encore. Ces mobilisations semblent par ailleurs se propager en Europe : Allemagne, Italie…

Un traumatisme international

La raison principale de cette montée de la rue réside dans une attitude systématiquement non démocratique et autoritaire des pouvoirs en place, en conformité avec l’autoritarisme néolibéral dominant.
Celle-ci provoque une rupture de l’acceptabilité collective, après des mois de patience dans le confinement, et face à un danger totalement « autre » et inconnu. Nous sommes face à une fracture du lien civique qui fait qu’une société se solidarise et se renforce dans une épreuve, et ne se fragmente pas dans des tensions inter-collectives voire interpersonnelles, un ressentiment généralisé, et même tendanciellement des violences entre proches. Ces situations ont déjà été anticipées dans des fictions (films, romans) ou des essais de prévisions de réactions collectives non maitrisées lorsque plus aucun lien habituel ne calme l’angoisse et la peur.
Il convient bien sûr de raisonner d’abord sur un plan international. Le surgissement du COVID constitue un coup d’arrêt brutal à la marche du monde néolibérale, sûre d’elle et triomphaliste. La crise sanitaire n’est probablement pas passagère. Il y a une ouverture des vannes qui structuraient la mondialisation dans un ensemble contrôlable et sans fin : marchandisation à tout crin et sans limite, saccage de la nature, glorification irraisonnée dans la technique qui quel que soit le problème permettra de sauver le système et ses lois de fonctionnement (voir comment il y a une réorganisation en cours des choix d’investissement et de technologie en fonction de la crise climatique). Or le néolibéralisme dominant est structurellement incapable, dans ses modes de « gouvernance » incivique, de produire une appropriation collective des réponses nécessaires. Les réflexes solidaires sont menacés de ruine, face aux urgences de toute nature, s’ils ne sont pas soutenus fortement.  Le mouvement ouvrier international est trop affaibli pour produire un contre-discours et une action rapidement efficaces. D’autant que deux réponses encore pires que celles du « centre néolibéral » mondial (l’Europe, les USA Biden) sont mises sous les projecteurs des médias : celles des gouvernements irresponsables et criminels (type Bolsonaro, voire Modi), et celles (certes cette fois apparemment « efficaces ») d’une militarisation de la société (Chine). Nous vivons donc une expérience internationale inédite : comment faire face à un danger imprévu car ne pouvant pas et ne devant pas surgir dans le monde où c’est l’homo économicus hyper rationalisable qui régit tout (malgré quelques soubresauts tels que…les subprime).

Sentant que les pouvoirs en place sont en partie paniqués et sans solution rapide, il y a dans la population une réaction d’autodéfense devant des actes d’autorité redoublée, qui ne prouve pas son efficacité rapidement. Le résultat scientifique remarquable autour des vaccins surgit en même temps que la mesure moyen-âgeuse du confinement, pourtant seul moyen au départ de sauver la société de centaines de milliers de victimes. Mais ce tâtonnement normal entre la technologie médicale la plus innovante et la préservation provisoire de la santé par simple barrière physique, à l’heure des échanges sociaux circulant à la vitesse électronique, ne peut être admis massivement que s’il y a une véritable appropriation et éducation populaires de l’état de l’art en matière de santé et de soin. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit jusqu’ici. On a dit au peuple : croyez-nous, on maîtrise (à chaque tournant brusque, c’est ce que nous avons entendu). Mais le « peuple » ne veut pas croire sur parole, il a besoin de comprendre, de savoir, et même (certes insuffisamment jusqu’ici) de coparticiper. C’est ce qui est implicitement résumé dans le cri (certes ambigüe) : « Nous ne sommes pas des cobayes » (ou des moutons).
A l’échelle internationale, il y a donc besoin qu’une voix forte réaffirme un constat et une exigence :
* Il y a la nécessité d’une vaccination mondiale et (quasi) universelle si on ne veut pas que plusieurs variants de type « delta » ne finissent par anéantir en quelques semaines ou mois les avancées anti-covid enregistrées dans telle ou telle région du monde, ou continent (exigence 1). Or c’est bien ce qui menace si les inégalités d’accès aux vaccins restent aussi scandaleusement criantes.
* ce qui implique la levée des brevets sur les découvertes vaccinales, et donc l’implication des mobilisations (ONG, associations, syndicats, partis…) vers les autorités mondiales (quelles qu’elles soient : ONU, OMS, Europe…) pour porter ce combat (pétition mondiale) contre les firmes et les Etats (exigence 2).

Le mur antidémocratique

En France, le système de pouvoir « 5ème République » concentré autour d’un seul homme n’ayant de compte à rendre à personne (sauf pour sa réélection) finit par provoquer un blocage et un raidissement d’une partie de la société, lorsqu’il y a trop d’accumulation de décisions non délibérées. Il y une éthique de la santé personnelle et collective, jamais isolée, mais encastrée dans des contextes sociaux et culturels. On ne peut pas réduire les personnes à des intimités suspectées, menacées de sanctions s’il n’y a pas adhésion à la contrainte publique unilatérale.
Liberté et démocratie sont des exigences essentielles, mais imbriquées. La liberté est à la fois individuelle et collective, mais elle a besoin d’être définie dans un choix collectif, une « chose commune » qui rassemble. L’appropriation démocratique libère par des choix débattus, acceptés (incluant des limites) ou refusés, mais délibérés dans des procédures. La non démocratie ne libère que l’instinct, le ressentiment.
Il y avait donc d’autres méthodes possibles, que les premières réactions citoyennes et sociales laissaient entrevoir depuis mars 2020 :
- dans la première phase (printemps 202), on a pu observer une disponibilité d’une partie de la population à s’impliquer dans la solidarité, l’auto-organisation : évidemment l’engagement des soignants, mais aussi les initiatives de quartiers, la visite aux voisins, la relance de fabrication des masques (par couture ou usines), l’invention du monde enseignant et des élu-es locaux. Il aurait suffi de dire : on vous encourage en vous donnant des moyens. Mais non.
- dans les mois qui ont suivi, la société, tout en étant marginalisée dans ses réactions, a fait face dans une sorte d’entrée en léthargie face à la non reconnaissance de ses capacités (avec cependant des crises locales). Chacun observait en plus que le pouvoir alternait entre le discours merveilleux des « jours heureux » (fin du printemps 2020) sans prévision des suites, et le retour du bâton face aux « nouvelles vagues » (où Macron se faisait épidémiologiste en marginalisant son propre conseil scientifique qui lui avait pourtant conseillé d’en appeler à l’initiative citoyenne). Il ne faut pas s’étonner trop si la passivité encouragée par l’Etat surprotecteur s’est traduit par une passivité politique électorale.

- Fin du printemps 2021, on distille à nouveau en haut lieu l’encouragement aux vacances, à la liberté retrouvée et aux mœurs bien « françaises » (retour sur les terrasses), mais le variant delta est le plus fort. Nouveau virage à 180° (discours du 12 juillet). Alors c’en est trop ! Le seuil de tolérance face à l’arrogance est atteint. Quand on cultive l’irresponsabilité collective, on récolte l’irrationnalité collective. Avec un mélange social explosif, dont tout et n’importe quoi peut sortir : un vrai refus normal des atteintes au Code du travail, étayé par une ambiance idéologique libertarienne ou complotiste, ce qui est un comble. Bref la pire confusion.

Ce que peut l’Etat, ce que peut la société

Au-delà des spécificités du personnage Macron, et si on raisonne plus largement, il y a un vrai débat sur la tension ou la dialectique entre l’action des pouvoirs publics (Etat) et celle de la démocratie citoyenne, si celle-ci était encouragée.
L’Etat est bien sûr décisif, mais pour quoi exactement ?
L’Etat est décisif pour :
- alerter la société sur la situation mondiale (exigence 3), et singulièrement sur l’utilité nécessaire des institutions de type OMS en ne cachant pas leurs limites.
- financer la recherche (exigence 4) et au besoin prendre un contrôle collectif sur les entreprises pharmaceutiques et les laboratoires de recherches (exigence 5), afin de contraindre à des choix collectifs.
- soutenir le service public hospitalier (exigence 6) : embauches planifiées, salaires, soutien à l’auto-organisation des personnels. 
- dégager des moyens logistiques (masques, acheminement des vaccins, etc.) (exigence 6)
Mais l’Etat doit encourager et organiser la démocratie sanitaire et citoyenne (exigence 7), et ne pas prétendre tout savoir à la place des élu-es (députés, territoires), des chercheurs, des médecins et personnels médicaux, des syndicats, des associations.
Cela signifie que la population peut s’emparer du débat sanitaire, et être encouragée à l’être. Parce que la santé publique repose sur une implication individuelle et collective, une motivation psychologique, un désir d’agir (l’expérience du SIDA l’a montré).
Cela implique d’assumer le débat démocratique et contradictoire, certes facteur potentiel d’angoisse (voire aussi de confusion), mais à terme moins grave que la verticalité du pouvoir décisionnel dont les résultats sont discutables tous les trois mois. Plus on retarde le moment démocratique éclairé, plus on accélère le moment explosif sans rationalité.

Une autre politique possible

Une vaccination pour tous et toutes doit être légiférée, y compris contrôlée (passe), mais préparée (exigence 8). Elle ne doit pas remettre en cause les acquis sociaux (rupture du contrat de travail, licenciement) mais s’appuyer sur la persuasion par étapes. Bien sûr, cette préparation démocratique arrive toujours trop tard quand elle n’est pas anticipée. « En haut », on va nous dire : on n’a plus le temps, il faut faire vite, le variant arrive ! Oui, mais la perte de temps démocratique se verra compensée par le gain de santé sociale et psychologique. C’est une course de vitesse.
Il était et il reste possible de :
- faire confiance à la délibération collective, partout et sous toutes ses formes (voir exigence 7 ci-dessus).
- donner au Parlement les moyens de travailler (exigence 9) réellement, avec du temps et en retirant de l’ordre du jour tous les textes explosifs et toutes les mesures antisociales (assurance-chômage, retraites…) afin de sécuriser le travail des députés, mobiliser la société.
- Redonner la même confiance et latitude aux assemblées territoriales (exigence 10) : communes, départements, régions. Encourager la mise en place de conférences citoyennes délibératives.
- Organiser le débat public sur les questions scientifiques et sur la santé (histoire de la vaccination, ses succès) par les moyens audio-visuels nationaux (exigence 11), y compris en assumant le caractère évolutif (et parfois incertain) des avancées de la recherche.
- Redonner des droits et du pouvoir aux syndicats et aux associations (exigence 12), afin qu’elles/ils jouent un rôle dans la campagne de vaccination sur le lieu de travail. Permettre des assemblées du personnel pour délibérer dans les entreprises avec des chercheurs et médecins. Relancer totalement les Comité d’hygiène et sécurité-conditions de travail.
- Redonner à l’assurance-maladie (exigence 13) et la Sécurité sociale le moyen de suivre les étapes de vaccination des assurés (par un suivi informatique et personnalisé, y compris avec des brigades aux pieds des immeubles dans des quartiers), petits et grands, personnes âgées.
Août 2021.

Jean-Claude Mamet

Type:  Article Mardi, 17 Août, 2021 - 15:43 Santé
François Calaret

Catastrophe climatique – Au bord du gouffre, le scénario que le GIEC ne modélise pas

2 mois 1 semaine ago

Le Groupe de travail 1 du GIEC a présenté son rapport sur les bases physiques, contribution au sixième rapport d’évaluation sur l’évolution du climat, attendu au début de 2022. Le rapport et son résumé sont rédigés dans le style précis et avec le vocabulaire des publications scientifiques qui posent des constats « objectifs ». Pourtant, jamais un rapport des experts du réchauffement global n’a laissé sourdre à ce point l’angoisse suscitée par l’analyse des faits à la lumière des lois incontournables de la physique.

De terribles perspectives…
L’angoisse découle d’abord du contexte : les inondations et les incendies terribles qui sèment la désolation, la mort et l’effroi aux quatre coins de la planète concrétisent ce contre quoi le GIEC met en garde depuis plus de trente ans, et par rapport à quoi les gouvernements n’ont rien fait, ou presque rien fait. Elle découle aussi de l’énormité du constat : même si la COP26 (à Glasgow, en novembre), décidait d’appliquer le plus radical des scénarios de stabilisation étudiés par les climatologues, à savoir celui qui assure la réduction la plus rapide des émissions de CO2 et annule les émissions mondiales nettes en 2060 au plus tard (tout en réduisant aussi les émissions des autres gaz à effets de serre), l’humanité devrait affronter de terribles perspectives.

En résumé :
– Le plafond fixé à Paris serait dépassé. La température moyenne de surface du globe augmenterait probablement de 1,6°C (+/-0,4) entre 2041 et 2060 (par rapport à l’ère préindustrielle) pour redescendre entre 2081 et 2100 à 1,4°C (+/-0,4) ;
– attention, il ne s’agit que de moyennes : il est quasiment certain que la température sur les terres augmentera plus vite qu’à la surface des océans (probablement 1,4 à 1,7 fois plus vite). Il est quasiment certain également que l’Arctique continuera de se réchauffer plus vite que la moyenne globale (fort probablement plus de deux fois plus vite) ;
– certaines régions de latitude moyenne et semi-arides, et la région de mousson en Amérique du Sud, auront le record des hausses de température lors des journées les plus chaudes (1,5 à 2 fois plus que la moyenne globale), tandis que l’Arctique aura le record des hausses de température lors des journées les plus froides (3 fois la moyenne mondiale) ;
– sur terre, les vagues de chaleur qui se produisaient une fois tous les dix ans se produiront quatre fois tous les dix ans, et celles qui ne se produisaient qu’une fois tous les cinquante ans se produiront près de neuf fois sur la même période ;
– Il est très probable que le réchauffement additionnel (par rapport au 1,1°C actuel) intensifiera les précipitions extrêmes et en augmentera la fréquence (au niveau global, 7% de précipitations supplémentaires pour 1°C de réchauffement). Même tendance à la hausse pour la fréquence des cyclones tropicaux intenses (catégories 4-5) et leur force. Les précipitations intenses et les inondations associées devraient s’intensifier et devenir plus fréquentes dans la plupart des régions d’Afrique et d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe. Les sécheresses agricoles et écologiques seront de même plus sévères et fréquentes dans certaines régions, sur tous les continents sauf l’Asie, par rapport à 1850–1900 ;

– Il va de soi que ce réchauffement additionnel (de 0,5°C+/-0,4 par rapport à aujourd’hui) continuera à amplifier la fonte du permafrost, donc les dégagements de méthane. Cette rétroaction positive du réchauffement n’est pas complètement intégrée dans les modèles (qui, en dépit de leurs perfectionnements croissants, continuent donc à sous-estimer la réalité) ;

– Le réchauffement des océans pendant le reste du 21e siècle sera probablement 2 à 4 fois plus important qu’entre 1971 et 2018. La stratification, l’acidification et la désoxygénation des océans continuera d’augmenter. Ces trois phénomènes ont des conséquences négatives sur la vie marine. Il faudra des millénaires pour qu’ils s’inversent ;
– Il est quasiment certain que les glaciers de montages et du Groenland continueront de fondre pendant des décennies, et probable que la fonte continuera aussi dans l’Antarctique ;
– Il est quasiment certain également que le niveau des océans montera de 0,28 à 0,55m au 21e siècle, par rapport à 1995-2014. Sur les 2000 prochaines années, il continuera probablement de monter – de 2 à 3 mètres – et le mouvement se poursuivra ensuite. De ce fait, à la moitié des endroits munis de marégraphes, les évènements de marée exceptionnelle qu’on observait une fois par siècle dans un passé récent seront observés au moins une fois par an, augmentant la fréquence des inondations dans les régions de basses côtes ;
– Des évènements peu probables mais à très haut impact pourraient se produire au niveau global et au niveau local, même si le réchauffement restait dans la fourchette probable dans le cas du scénario radical (+1,6° +/-0,4°C). Même avec ce scénario à 1,5°C, des réponses abruptes et des points de bascule – tels qu’une fonte plus importante de l’Antarctique et la mort de forêts – ne peuvent être exclus ;
– Un de ces évènements peu probables mais possibles est l’effondrement du Courant océanique désigné comme AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation). Son affaiblissement est très probable au 21e siècle, mais l’ampleur du phénomène est un point d’interrogation. Un effondrement provoquerait très probablement des basculements abrupts dans les climats régionaux et le cycle de l’eau, tels qu’un déplacement vers le sud de la ceinture des pluies tropicales, un affaiblissement des moussons en Afrique et en Asie, un renforcement des moussons dans l’hémisphère sud et un assèchement de l’Europe.… dans le meilleur des cas ?

Ce rapport oblige à voir la réalité en face : nous sommes littéralement au bord du gouffre. D’autant plus que, répétons-le et insistons-y : 1°) les projections relatives à la hausse des océans n’intègrent pas les phénomènes de dislocation des calottes glaciaires, qui sont non-linéaires, donc non modélisables, et ont le potentiel de transformer très vite la catastrophe en cataclysme ; 2°) tout ce qui est énuméré ci-dessus est ce qui arrivera, selon le GIEC, au cas où les gouvernements de la planète décideraient de mettre en œuvre le plus radical des scénarios de réduction des émissions parmi ceux qui ont été étudiés par les scientifiques, le scénario visant à ne pas (trop) dépasser le 1,5°C.
Détailler les impacts des autres scénarios alourdirait inutilement ce texte. Contentons-nous d’une indication, concernant le niveau des mers : dans le scénario business as usual, une hausse de 2 mètres en 2100 et de 5 mètres en 2150 n’est « pas exclue ». Et à long terme, sur deux mille ans, pour un réchauffement de 5°C, les mers monteraient inévitablement et irréversiblement (à l’échelle humaine des temps) de… 19 à 22 mètres !).Reprenons. Mettre en œuvre le plus radical des scénarios qui leur sont proposés, ce n’est pas ce que les gouvernements sont en train de faire. Leurs plans climat (les « contributions nationalement déterminées ») nous mènent actuellement vers un réchauffement de 3,5°C. A cent jours de la COP26, seuls quelques partenaires ont « haussé leurs ambitions » … sans atteindre cependant, et de loin, les niveaux nécessaires de réductions des émissions. C’est ainsi que l’UE, « championne climatique », affiche un objectif de 55% de réduction en 2030 là où il en faudrait 65%.


Une simple question de maths, et sa conclusion politique
Greta Thunberg a dit un jour que « La crise climatique et écologique ne peut tout simplement plus être résolue dans le cadre des systèmes politiques et économiques actuels. Ce n’est pas une opinion, simplement une question de mathématiques ». Elle a entièrement raison. Il suffit d’aligner les chiffres pour le constater :
1°) le monde émet 40GT de CO2 par an environ ;
2°) le « budget carbone » (la quantité de CO2 qui peut encore être émise globalement pour ne pas dépasser 1,5°C) n’est plus que de 500Gt (pour une probabilité de succès de 50% – pour 83%, c’est 300Gt) ;
3°) selon le rapport spécial 1,5°C du GIEC, atteindre zéro émissions nettes de CO2 en 2050 nécessite de réduire les émissions mondiales de 59% avant 2030 (65% dans les pays capitalistes développés, vu leur responsabilité historique) ;
4°) 80% de ces émissions sont dues à la combustion des combustibles fossiles qui, en dépit du battage politico-médiatique sur la percée des renouvelables, couvraient toujours en 2019… 84% (!) des besoins énergétiques de l’humanité ;
5°) les infrastructures fossiles (mines, pipelines, raffineries, terminaux gaziers, centrales électriques, usines automobiles, etc) – dont la construction ne faiblit pas, ou à peine !- sont des équipements lourds, dans lesquels le capital s’investit pour une quarantaine d’années. Leur réseau ultra-centralisé ne peut pas être adapté aux renouvelables (elles requièrent un autre système énergétique, décentralisé) : il doit être détruit avant amortissement par les capitalistes, et les réserves de charbon, pétrole et gaz naturel doivent rester sous terre.
Dès lors, sachant que trois milliards d’êtres humains manquent de l’essentiel et que les 10% les plus riches de la population émettent plus de 50% du CO2 global, la conclusion est imparable : changer de système énergétique pour rester sous 1,5°C tout en consacrant plus d’énergie à satisfaire les droits légitimes des démuni.e.s est rigoureusement incompatible avec la poursuite de l’accumulation capitaliste génératrice de destructions écologiques et d’inégalités sociales croissantes.
La catastrophe ne peut être stoppée d’une façon digne de l’humanité que par un double mouvement consistant à réduire la production globale et à la réorienter radicalement au service des besoins humains réels, ceux de la majorité, démocratiquement déterminés. Ce double mouvement passe forcément par la suppression des productions inutiles ou nuisibles et l’expropriation des monopoles capitalistes – en premier lieu dans l’énergie, la finance et l’agrobusiness. Il passe aussi par une réduction draconienne des extravagances de consommation des riches. En d’autres termes, l’alternative est dramatiquement simple : soit l’humanité liquidera le capitalisme, soit le capitalisme liquidera des millions d’innocent.e.s pour continuer sa course barbare sur une planète mutilée, et peut-être invivable.

Les brigands unis pour les « technologies à émissions négatives »

Il va de soi que les maîtres du monde n’ont strictement aucune envie de liquider le capitalisme… Que vont-ils faire alors ? Laissons de côté les climato-négationnistes à la Trump, ces adeptes de Malthus quimisent sur un néofascisme fossile, une plongée dans la barbarie planétaire sur le dos des pauvres.
Laissons de côté aussi les Musk et les Bezos, ces milliardaires obscènes qui rêvent de quitter le navire Terre rendu invivable par leur avidité de rongeurs capitalistes. Concentrons-nous sur les autres, plus rusés, celles et ceux – les Macron, Biden, Von der Leyen, Johnson, Xi Jiping… qui se disputeront comme des brigands pour que l’accord de Glasgow les avantage face aux concurrents, mais se serreront les coudes devant les médias pour tenter de nous persuader que « tout est sous contrôle ».
Pour échapper à l’alternative ci-dessus, que proposent ces Messieurs-Dames ? D’abord, bien sûr, la culpabilisation des consommateurs, sommés de « changer leurs comportements »… sous peine de sanctions. Ensuite, un ensemble de trucs et astuces dont certaines sont franchement grossières (la non- prise en compte des émissions des transports aériens et maritimes internationaux, par exemple), et d’autres sont plus subtiles – mais pas plus efficaces (par exemple l’affirmation que planter des arbres – dans le Sud global – permettrait d’absorber suffisamment de carbone pour compenser durablement les
émissions de CO2 fossile des pays du Nord). Mais, au-delà de ces trucs et astuces, tous ces gestionnaires politiques du capital croient (ou feignent de croire) désormais dur comme fer en une solution miracle : l’augmentation de la part des « technologies bas carbone » (nom de code pour le nucléaire, notamment les « microcentrales) et, surtout, le déploiement des dites « technologies à émissions négatives » (TEN – ou CDR, pour Carbon Dioxyde Removal), censées refroidir le climat en retirant de l’atmosphère d’énormes quantités de CO2 à stocker sous terre. C’est l’hypothèse dite du « dépassement temporaire du seuil de dangerosité » de 1,5°C.
Sur le nucléaire, inutile de s’étendre après Fukushima. Quant aux « technologies à émissions négatives », elles n’existent pour la plupart qu’au stade du prototype ou de la démonstration, et leurs effets sociaux et écologiques promettent d’être redoutables (on y revient plus loin). Qu’à cela ne tienne : on veut nous faire croire qu’elles sauveront le système productiviste/consumériste et que le marché libre se chargera de les déployer. En vérité, ce scénario de science-fiction ne vise pas avant tout à sauver la planète : il vise avant tout à sauver la vache sacrée de la croissance capitaliste et à protéger les profits des plus grands responsables du gâchis : les multinationales du pétrole, du charbon, du gaz et de l’agrobusiness.

Le GIEC entre science et idéologie
Et que pense le GIEC de cette folie ? Les stratégies d’adaptation et de mitigation des émissions ne font pas partie des compétences du GT1. Cependant, celui-ci émet des considérations scientifiques à prendre en compte par les autres GT. S’agissant des TEN, il se garde bien de ruer dans les brancards. Le Résumé pour les décideurs dit ceci :
« Retirer de l’atmosphère du CO2 anthropique (Carbon dioxyde removal, CDR) a le potentiel d’éliminer du CO2 de l’atmosphère et de le stocker durablement (sic) dans des réservoirs (degré de confiance élevé). »
Le texte continue en disant que « le CDR vise à compenser les émissions résiduelles pour atteindre zéro émission nette de CO2 ou, s’il est mis en œuvre à une échelle où les absorptions anthropiques dépassent les émissions anthropiques, pour abaisser la température de surface. »
En clair, le résumé du GT1 cautionne l’idée que les technologies à émissions négatives pourraient ne pas être déployées uniquement pour capter les « émissions résiduelles » des secteurs où la décarbonisation est techniquement difficile (l’aviation par exemple) : elles pourraient aussi être mise en œuvre à une échelle massive, pour compenser le fait que le capitalisme mondial, pour des raisons qui ne sont pas « techniques » mais de profit, refuse de renoncer aux combustibles fossiles. Le texte continue d’ailleurs en vantant les avantages de ce déploiement massif comme moyen d’arriver à des émissions nettes négatives dans la seconde moitié du siècle :
« Le CDR conduisant à des émissions négatives nettes mondiales réduirait la concentration de CO2 atmosphérique et inverserait l’acidification de la surface des océans (degré de confiance élevé). »
Le résumé formule une réserve, mais elle est sibylline : « Les technologies CDR peuvent avoir des effets potentiellement étendus sur les cycles biogéochimiques et le climat, ce qui peut soit affaiblir soit renforcer le potentiel de ces méthodes pour éliminer le CO2 et réduire le réchauffement, et peut également influencer la disponibilité et la qualité de l’eau, la production alimentaire et la biodiversité (degré de confiance élevé). »
En clair, il n’est pas certain que les TEN soient si efficaces que cela, certains « effets » pourraient « affaiblir (leur) potentiel pour éliminer le CO2 ». La dernière partie de cette phrase fait allusion aux impactssociaux et écologiques : la bioénergie avec capture et séquestration du carbone (la plus mature des TEN à l’heure actuelle) ne pourrait réduire significativement la concentration atmosphérique en CO2 que si une superficie égale à plus d’un quart des terres en culture permanente aujourd’hui servait à produire de la biomasse énergétique – au détriment des réserves en eau, de la biodiversité, et/ou de l’alimentation de la population mondiale [1].
Ainsi, d’un côté le GT1 du GIEC se base sur les lois physiques du système climatique pour nous dire que nous sommes au bord du gouffre, sur le point de basculer irréversiblement dans un cataclysme inimaginable ; de l’autre, il objectivise et banalise la fuite en avant politico-technologique par laquelle le capitalisme tente, une fois de plus, de reporter devant lui l’antagonisme irréconciliable entre sa logique d’accumulation illimitée du profit et la finitude de la planète. « Jamais un rapport du GIEC n’aura laissé sourdre à ce point l’angoisse suscitée par l’analyse scientifique des faits à l’aune des lois incontournables de la physique », écrivions-nous au début de cet article. Jamais non plus un tel rapport n’aura illustré aussi clairement qu’une analyse scientifique qui considère la nature comme un mécanisme et les lois du profit comme des lois physiques n’est pas vraiment scientifique mais scientiste, c’est-à-dire, partiellement au moins, idéologique.
Il faut donc lire le rapport du GT1 du GIEC en ayant à l’esprit qu’il est à la fois la meilleure et la pire des choses. La meilleure, parce qu’il fournit un diagnostic rigoureux où puiser d’excellents arguments pour mettre en accusation les possédant.e.s et leurs représentant.e.s politiques. La pire, parce qu’il sème à la fois la peur et l’impuissance… dont les possédant.e.s profitent alors même que le diagnostic les met pourtant en accusation ! Son idéologie scientiste noie l’esprit critique dans le flot des « données ». Elle détourne ainsi le regard des causes systémiques, avec deux conséquences : 1°) l’attention se focalise sur
les « changement des comportements » et autres gestes individuels – pleins de bonne volonté mais pathétiquement insuffisants ; 2°) au lieu d’aider à combler le fossé entre conscience écologique et conscience sociale, le scientisme l’entretient.
Ecologiser le social et socialiser l’écologie est la seule stratégie qui peut arrêter la catastrophe et faire renaître l’espérance d’une meilleure vie. Une vie du prendre soin des personnes et des écosystèmes, maintenant et dans une vision de long terme. Une vie sobre, joyeuse et chargée de sens. Une vie que les scénarios du GIEC ne modélisent jamais, où la production de valeurs d’usage pour la satisfaction des besoins réels, démocratiquement déterminés dans le respect de la nature, remplace la production de marchandises pour le profit d’une minorité.

Daniel Tanuro, le 9 août 2021. Article écrit pour le site de la Gauche anticapitaliste (Belgique).

Notes
[1] Voir à ce sujet la discussion dans mon livre « Trop tard pour être pessimistes », Ed. textuel, 2020. Share on FacebookShare on Twitter

Type:  Article Lundi, 16 Août, 2021 - 09:45 Ecologie
François Calaret

Déclaration d'Ensemble sur la situation sanitaire et sociale

2 mois 1 semaine ago

La situation sanitaire liée au COVID 19 s’est dégradée rapidement cet été, les pouvoirs publics ayant été imprévoyants, malgré les avertissements des scientifiques. 

La méthode utilisée par le gouvernement Macron pour y faire face reste identique à celle mise en œuvre depuis des mois : un tournant brusque non préparé, des décisions autoritaires, une mise à l’écart de la démocratie (y compris les élu-es nationaux et locaux), une absence totale de confiance dans l’auto-organisation citoyenne pour délibérer et participer à des mesures nécessaires, ce qui nécessiterait un débat national décliné à toutes les échelles du pays. Les annonces du 12 juillet ayant provoqué une crise politique et sociale, des mobilisations populaires spontanées ont éclaté, avec une exaspération compréhensible, mais en dehors des cadres habituels du mouvement ouvrier (social et politique). Il s'y côtoie, selon des variations locales différentes, des aspirations et exigences justes et d’autres très inquiétantes, voire parfois réactionnaires avec des comparaisons inadmissibles sous l’impulsion offensive de l’extrême-droite.

Il convient de répondre à cette situation en partant de points de vue et propositions progressistes.

Pour cela, ENSEMBLE ! met en débat les propositions suivantes :

• La situation sanitaire est effectivement grave et nécessite des mesures fortes et discutées dans la société au lieu des décisions autoritaires des gouvernants.

• Le principe d’une vaccination généralisée et obligatoire est juste. Il doit résulter de la conviction que la vaccination est, à l’heure actuelle, le meilleur moyen de lutter contre la pandémie, en l’absence de traitement. Pour cela, il importe d’aller vers les populations, que ce soit sur les lieux de travail, d’habitat, ou, à l’heure actuelle, de vacances. Et de faciliter au maximum l’accès aux vaccins, notamment pour les plus en difficulté. Ce qui nécessite de lutter contre les discriminations territoriales et sociales. Tout en laissant des délais suffisants, ce qui n’est pas le cas dans les projets du Gouvernement.

• La pandémie étant mondiale, il importe d’exiger que les brevets soient levés pour que tous les pays, particulièrement les plus pauvres, puissent accéder à une vaccination de masse.

• Parallèlement, il faut rappeler que la destruction de l’hôpital public, réalisée ces dernières années, doit être enrayée par des moyens bien supérieurs à ceux du Ségur de la santé (cf : la revendication de 100 000 embauches).

• Si le contrôle de la vaccination est nécessaire, il convient d’agir contre les aspects dangereux pour les libertés du pass sanitaire et de refuser qu’il serve à des mesures répressives et antisociales contre des salarié.es : abandon de toute sanction sur le contrat de travail, les salaires, et sur la menace de licenciement.

• Il faut donner aux syndicats le droit d’organiser des réunions du personnel sur le temps de travail pour y défendre la vaccination. Toutes les entreprises publiques et privées doivent autoriser des réunions d’information des salarié-es, animées par des scientifiques. Des assemblées citoyennes de villes ou de quartiers devront être encouragées. De vrais débats doivent être organisés par les moyens audiovisuels.

• Pour que la population accepte des mesures sanitaires nationales, avec des contraintes inévitables, il est essentiel qu’aucune attaque nouvelle ne soit entreprise contre les droits sociaux, humains et démocratiques.  Macron a plusieurs fois relancé l’idée de la réforme des retraites et précisé que celle de l’assurance chômage serait concrétisée à l’automne. Pour le mouvement social, les gauches, les écologistes, il est essentiel de préparer une mobilisation unitaire contre ces mesures si elles se confirment, notamment celle qui consiste à appauvrir la population en s’attaquant aux chômeurs/ses.

• Les manifestations de ces dernières semaines contre le pass sanitaire, et parfois contre la vaccination, avec une présence, suivant les localités, assez forte de l'extrême droite et-ou de mouvances complotistes, ne constituent pas une réponse progressiste et de solidarité collective face à la maladie. Celle-ci reste à construire dans l'unité.

• En conséquence, ENSEMBLE ! appelle à la mobilisation unitaire :

   - pour des réponses permettant d’agir contre le virus tout en préservant les libertés et en misant sur l’acceptation citoyenne éclairée.

  - pour développer les résistances aux régressions sociales qui s’annoncent.

  - pour une rentrée sanitaire et sociale contre les politiques régressives et autoritaires du macronisme.

Type:  Article Lundi, 16 Août, 2021 - 09:26 Santé
François Calaret

Note N°7 du groupe de réflexion sur la crise sanitaire – Août 2021

2 mois 1 semaine ago
Crédit photo:  Frank Merino

Argumentaire pour une politique de vaccination anti-Covid de masse

 

Quelques principes sur la vaccination :

 

A l’occasion d’une maladie provoquée par la rencontre avec un virus ou une bactérie pathogène, différents systèmes biologiques aident l’organisme à se défendre.

Le système immunitaire y contribue d’une manière particulière : à partir de cellules spécialisées qui repèrent comme étranger au corps certains constituants de l’agresseur, il fabrique des anticorps (protéines appelées aussi immunoglobulines) qui les neutralisent et permettent d’éliminer l’agresseur. Ces constituants sont dits immunogènes. Enfin, et surtout, le système immunitaire a la propriété de garder en mémoire cette agression de manière à réagir beaucoup plus vite en cas de nouveau contact avec le virus ou la bactérie concernée.

Le principe de la vaccination est simple. Il s’agit d’alerter le système immunitaire en lui faisant croire que l’organisme est attaqué par un virus ou une bactérie, de le faire réagir et de mettre ainsi en mémoire la trace "virtuelle" de ce virus ou de cette bactérie pour être protégé en cas de rencontre ultérieure réelle.

Pour se faire on utilise en quelque sorte un leurre.

Ce peut être un virus ou une bactérie tué ou vivant mais atténué (de sorte à ne pas déclencher la maladie associée à sa présence), les deux méthodes classiques utilisées à l’origine de la vaccination depuis plus d’un siècle (BCG, polio, rougeole, oreillons, rubéole, etc.).

Ce peut être une petite partie seulement de l’agent pathogène que l’on sait désormais produire en laboratoire depuis une trentaine d’années (des protéines immunogènes comme pour la coqueluche ou la grippe, des polyosides (sucres qui recouvrent la bactérie) comme pour les pneumocoques).

Un cas particulier, le tetanos et la diphterie où l’on vaccine pour neutraliser non pas l’agent pathogène mais la toxine produite par ces agents en utilisant une toxine modifiée appelée anatoxine.

Précision importante : la protection obtenue doit durer suffisamment longtemps pour que l’on puisse réellement parler d’un vaccin.

 

Les dernières méthodes utilisées basées sur l’ARN messager s’appuient sur les dernières connaissances et techniques apparues ces 50 dernières années. L’ARN messager a été découvert en 1961. Il est un intermédiaire temporaire et instable entre l’ADN et les protéines. L’ADN agit comme un disque dur contenant l’ensemble des informations génétiques potentiellement nécessaires à un organisme mais tous les gènes ne sont pas produits en permanence par toutes les cellules. Les cellules "expriment" les gènes dont elles ont besoin à un moment t en produisant des ARN messagers qui vont ensuite être "traduits" en protéines.

Les vaccins à ARN messagers (comme ceux de Pfizer et Moderna) consistent à faire produire par la cellule elle-même la protéine immunogène d’un agent pathogène en utilisant la machinerie cellulaire et cela à partir d’un morceau d’ARN messager viral codant pour cette protéine immunogène. C’est le modèle de l’ARN messager codant pour la protéine Spike du coronavirus SARS-CoV-2. Une fois fabriquée, cette protéine sort de la cellule et se retrouve au contact du système immunitaire qui se met à fabriquer des anticorps et les garde en mémoire.

 

Quelle est l’efficacité de ces vaccins ?

 

Dans le cas du Covid-19, leur efficacité est excellente. Contre le variant "historique" du Covid-19 ou contre le variant anglais, différentes études dans différents pays[1] ont démontré pour deux doses de vaccin une efficacité de plus de 90% pour empêcher les formes graves. De plus, ces nombreuses études montrent clairement que les infections par le Covid-19 sont aussi réduites de plus de 90%, ce qui constitue une barrière pour la transmission du virus puisqu’évidement une personne non-infectées ne peut pas contaminer les autres. Nous entendons depuis plusieurs mois « qu’on ne sait pas si le vaccin protège contre l’infection » pourtant les données scientifiques sont sous nos yeux depuis près de 6 mois maintenant… Oui les vaccins anti-Covid permettent de réduire DRASTIQUEMENT les chances d’être infecté par le Covid, et donc de le transmettre à d’autres.

 

Ces taux sont un peu inférieurs pour le vaccin AstraZeneca (entre 60 et 70%) mais ce vaccin reste très efficace pour prévenir les formes graves[2]. A noter que le vaccin AstraZeneca n’utilise pas la technologie du vaccin à ARN messager mais utilise un autre virus (un adénovirus) comme vecteur pour rentrer dans les cellules et leur faire produire la protéine Spike (méthode également utilisée pour le vaccin Jansen et le vaccin russe Spoutnik).

 

Le variant delta, apparu en Inde au début de l’année 2021, vient potentiellement changer la donne car il apparait partiellement résistant aux vaccins. Néanmoins, il ne s’agit pas de tomber dans la panique, même si les vaccins sont moins efficaces, ils restent d’une efficacité très bonne contre ce variant. Les études sont encore en cours mais les premiers résultats indiquent que les vaccins restent efficaces même face au variant indien, malgré une baisse de 5 à 7% pour les formes symptomatiques comparé à leur efficacité contre le variant anglais, et une baisse de 13% de leur efficacité contre l’infection[3]. L’efficacité reste supérieure à 90% contre les hospitalisations[4]. De plus, même lorsqu’elles sont infectées par le variant delta, les personnes vaccinées auraient une charge virale qui diminue bien plus vite que les personnes non-vaccinées, et seraient donc contagieuses moins longtemps[5]. Un rapport du Centers for Disease Control and Prevention aux Etats-Unis a fait couler beaucoup d’encre dans les médias et a été présenté comme la preuve que les vaccins ne seraient plus efficaces contre le variant delta. Mais ce rapport est à prendre avec des pincettes : il s’agit d’un petit échantillon et ne peut pas être considéré en lui-même comme une preuve. Il ne s’agit pas d’un article scientifique répondant à un certain nombre de critères pour contrôler les effets observés mais simplement d’un rapport intermédiaire. D’autres études sont en cours pour déterminer précisément à quel point le variant delta réduit la protection offerte par les vaccins actuels mais il semble clair qu’une protection significative est maintenue, que ce soit concernant la probabilité d’être infecté ou de faire une forme symptomatique ou grave.

 

Est-ce que la vaccination c’est efficace pour éradiquer des maladies ? :

Il n’y a pas de débat scientifiques sur le sujet et l’expérience depuis la deuxième guerre mondiale en témoigne :

La vaccination a permis l’éradication de la variole dans le monde. La polio a disparu dans les pays occidentaux après de nombreuses campagnes de vaccination. En France, l’introduction dans les années 80 de la vaccination anti-HæmophilusB pour les nourrissons a fait disparaitre les 4 à 500 cas annuels de méningites aigues entrainant décès ou des dégâts cérébraux considérables. On n’en voit plus aujourd’hui sauf les rares cas ou des parents se sont "arrangés" pour y échapper. C’est la même chose pour la vaccination introduite il y a une vingtaine d’année contre les principaux pneumocoques responsables également de méningites du jeune enfant et qui sont en régression. On peut aussi citer la rubéole congénitale, une affection qui avec l’extension de la vaccination depuis une trentaine d’années a quasi disparu.

L’efficacité de la vaccination se mesure ainsi avec les résultats obtenus et les données de santé publique recueillies.

Le processus de mise au point, dans son principe, est construit en plusieurs phases : une phase 1 d’expérimentation en labo (éprouvette et animaux) ; une phase 2 sur quelques humains volontaires pour tester la tolérance et une éventuelle toxicité ; une phase 3 sur quelques dizaines de milliers de volontaires ; et enfin une phase 4, après mise en circulation dans la population générale, de surveillance, de pharmacovigilance, avec l’objectif de vérifier le nombre des effets indésirables et de mettre en évidence des effets indésirables apparaissant rarement afin d’apprécier la balance bénéfice-risque.

Enfin, il faut noter un point essentiel avec la vaccination. Il s’agit de protéger un individu d’une maladie ou au moins de ses formes mortelles ou graves par un acte préventif mais aussi de protéger indirectement d’autres individus quand on a affaire à une maladie infectieuse transmissible entre êtres humains par contagion.

On parle ainsi de vaccins altruistes qui protègent surtout l’entourage. Le modèle étant le vaccin contre la rubéole, maladie virale quasi inapparente pour celui ou celle qui la contracte mais qui protège surtout en cas de grossesse l’embryon ou le fœtus de la rubéole congénitale.

On parle aussi de vaccins ‘’égoïste’’ qui ne protègent que la personne vaccinée, par exemple le vaccin contre la rage qui ne protège pas l’entourage

On parle aussi de vaccins mixte : altruiste et aussi égoïste qui protège non seulement la personne vaccinée mais aussi l’entourage. C’est le cas du vaccin anti-Covid.

Cette notion est très importante car elle engage chaque individu comme partie prenante de la communauté humaine.

 

Pour lutter contre la pandémie du Covid 19 plusieurs pistes ont été explorées :

 

1)    Les mesures de distanciation, le port du masque, le couvre-feu voire le confinement.

Elles ont pu donner des résultats au prix d’une grande confusion vu la gestion gouvernementale, les mensonges sur les masques, les incohérences des mesures. Le confinement s’est payé avec une grande souffrance psychologique pour les étudiants, les enfants et les personnes isolées, on a aussi constaté l’augmentation des violences intra-familiales.

La stratégie dépister-tracer-isoler n’a pas fonctionné : manque de tests en 2020, équipes insuffisantes pour organiser le traçage, isolement impraticable, logements petits, contrôle irréalisable…

 

2)    Les différentes molécules qui ont été envisagées comme traitement n’ont pas donné de résultats concluants : que ce soit l’hydroxychloroquine, le remdesivir, l’ivermectine, pour ne citer que les plus débattues et les plus évaluées.

La plupart des études ont conclu à des effets inexistants ou tout à fait insuffisants et les autorités qui les avaient promus en sont revenues. Des études sont en cours pour d’autres molécules dans le cadre d’un repositionnement.

3)    La vaccination est à l’heure actuelle la seule manière efficace de lutte contre la pandémie.

Les vaccins mis au point par plusieurs laboratoires dans le milieu de l’année 2020 ont été testés, soumis à validation et mis en circulation après accord des autorités de référence, l’Agence européenne du Médicament en Europe la FDA aux Etats-Unis.

Avec ces procédures ne circulent donc que les vaccins qui ont demandé leur validation et présenté leurs études et travaux. C’est la raison pour laquelle le vaccin russe Spoutnik ou chinois Sinopharm ne sont pas utilisé en Europe car ils n’ont pas demandé d’autorisation de mise sur le marché aux agences compétentes.

 

La rapidité de la mise au point a pu faire naitre des doutes et des craintes.

Il faut à ce sujet savoir que des sommes publiques très importantes ont été mises en œuvre pour la recherche sur les vaccins à ARN messagers aux Etats-Unis et en Europe depuis les années 90, ce qui a favorisé l’émergence de connaissance et de techniques qui ont permis cette mise au point rapide[6].

L’existence de la pandémie en cours à permis de recruter très rapidement les cohortes de personnes pour les études (plus de 40 000 pour Pfizer par exemple).

A l’étape actuelle plusieurs dizaines de millions de personnes ont été vaccinées en Europe et pour l’instant les principaux effets indésirables rencontrés correspondent à ce qui était attendu avec les vaccin Pfizer ou Moderna (vaccins à ARN messager).

Récemment on a constaté un léger excès de myocardites chez des adolescents par rapport à ce qui est attendu habituellement. Le rôle du vaccin est discuté et fait l’objet d’un signal potentiel. En France, on avait recensé une trentaine de cas en juin 2021. Cette affection a un traitement qui est bien connu avec une évolution ‘’simple’’ avec guérison complète.

Une exception avec le vaccin d’AstraZeneca pour lequel des accidents thrombo-emboliques ont été constatés sur des sujets jeunes entrainant de fait en France une modification de son indication le réservant pour les plus de 55 ans (de même que le vaccin Jansen, développé sur le même modèle que le vaccin AstraZeneca).

Les arguments de manque de recul ne peuvent plus tenir vu le nombre de vaccinations réalisées. Et le thème de l’absence de recul à long terme signifierait concrètement d’attendre … 5 ans ? 10 ans ? Cette attitude en pleine pandémie mondiale est inacceptable et ne serait pas accepté. Elle masque sans doute pour ceux qui l’avance un moyen de refuser la vaccination. D’autant que dans l’histoire de la vaccination on n’a pas d’exemple d’effets dangereux à long terme au-delà de deux mois, qui sont largement passés pour les vaccins anti-Covid.

 

Réponses à quelques idées reçues :

 

Parmi les adversaires de la vaccination on entend parfois dire qu’il vaut mieux être immunisé en faisant une "bonne" maladie "naturellement". C’est le cas notamment d’une série de maladies infantiles le plus souvent "bénignes". C’est oublier un peu vite que ces maladies ont parfois des complications neurologiques, hématologiques, rénales, systémiques pouvant laisser des séquelles très invalidantes que permet d’éviter la vaccination. Dans le cas du Covid, le Covid long est un risque non négligeable lorsqu’on attrape la maladie, même lorsque l’on ne fait pas une forme grave.

 

On a aussi entendu dire à propos des vaccins à ARN messagers qu’il s’agissait d’un produit de thérapie génique voire d’un organisme génétiquement modifié. Il n’y a rien de plus faux. La thérapie génique consiste à soigner en introduisant dans une cellule un gène ‘’normal’’ pour pallier un gène déficient à l’origine d’une maladie incurable et sans traitement. L’objectif est donc de laisser le matériel génétique introduit dans les cellules pour "réparer" ce qu’il manquait. Dans la vaccination à ARN messager le matériel génétique introduit (le morceau d’ARN qui code pour la protéine Spike) ne reste pas. L’ARN messager est détruit et recyclé en quelques minutes à quelques heures, par des enzymes spécifiques.

Parler d’OGM a sans doute pour but de faire naitre de la défiance sauf que si les mots ont un sens le vaccin n’est pas un ‘’organisme’’. Le fait de contenir un brin de matériel génétique n’en fait pas un organisme. Contrairement à ce que font les organismes viraux il ne se reproduit pas et ne se réplique pas.

Un autre argument ayant été avancé et que les vaccins favoriseraient l’apparition de variants résistants. S’il n’est pas faux de dire qu’une pression de sélection liée à la vaccination pourrait pousser à l’apparition de variants (car le virus pourrait "s’adapter" pour échapper à l’immunité induite par la vaccination), elle est à mettre en balance avec le fait que plus un virus circule, plus il mute, plus des variants apparaissent. Etant donné que les vaccins permettent de réduire significativement l’infection par le Covid-19 et donc la circulation du virus (entre 60% et 90% comme vu plus haut), ils permettent donc de réduire le risque d’apparition de variants. De plus, empiriquement, les variants préoccupants sont pour l’instant apparus dans des pays avec des très forts taux de circulation viral et des faibles taux de vaccination (Brésil, Afrique du Sud, Angleterre avant la campagne de vaccination, Inde) et pas dans les pays fortement vaccinés. Il ne s’agit pas de dire que cela ne se produira pas dans le futur, mais il est clair qu’à l’heure actuelle, aucun argument ne permet de penser que pour éviter des variants résistants il faudrait mieux laisser circuler le virus plutôt que de mener des campagnes de vaccination de masse.

Des risques de recombinaisons de matériel génétique ont aussi été avancé sans aucunes études ni expériences. Il s’agit essentiellement d’hypothèses théoriques. Ce qui est sûr c’est que le brin d’ARN messager du vaccin reste dans le cytoplasme des cellules au mieux quelques heures, ne rentre pas dans le noyau et qu’il ne pourrait pas s’intégrer dans l’ADN de la cellule ou il a pénétré.

Nous n’aborderons évidemment pas là les délires expliquant que dans le vaccin il y a des microprocesseurs pour la 5G ou des cellules embryonnaires issues d’avortements humains.

Nous n’aborderons pas non plus les approches ‘’thérapeutiques’’ basées sur les croyances religieuses et les pouvoirs divins. On est là dans un autre registre que le registre de la controverse scientifique.

 

Il n’y a pas de doute sur le fait qu’une vaccination de masse rapide, ouverte à tous et toutes sur toute la planète permettrait de faire reculer voire d’éteindre la pandémie. Ce besoin qui relève des besoins de santé publique de la population mondiale rentre en contradiction avec la propriété privée des brevets sur les vaccins et le monopole de production et de commercialisation de quelques grands groupes pharmaceutiques qui exercent un chantage sur les Etats et les organismes internationaux. Chantage à l’emploi, chantage financier au moment de la fixation des prix, chantage au moment de la signature des contrats. Comme l’a déclaré dans une intervention au parlement européen Manon Aubry interpellant madame Van der Leyen la présidente de la commission européenne : « qui décide madame la présidente, vous ou l’industrie pharmaceutique ? » C’est effectivement une bonne question car elle met le doigt sur la duplicité des différents gouvernements européens dont celui d’Emmanuel Macron qui ici prétend vouloir protéger la population mais qui dans les réunions de l’OMC vote contre la levée des brevets ce qui signifie concrètement prolonger la pandémie, favoriser l’apparition de variants plus agressifs et surtout risquant d’échapper aux vaccins. C’est aussi faire le choix de toujours plus de morts tant il est vrai qu’aujourd’hui, plus personne ne parle du Covid comme d’une grippette (68 000 morts du Covid-19 en 2020 en France, d’après les données de Santé Publique France, soit plus de 10% des morts sur l’année).

Pour renforcer la prise de conscience de la gravité de cette pandémie, après avoir beaucoup parlé des formes aigues du Covid-19 entrainant décès, réanimation et soins intensifs, il faut maintenant commencer à regarder les formes chroniques avec des effets invalidants à long terme constituant ce que l’on appelle le Covid long et qui se manifeste chez environ 10% des personnes infectées par le Covid.

 

La vaccination de masse et la levée des brevets sont donc les revendications à avancer.

Si l’an dernier certains ont plaidé pour une stratégie vaccinale ciblée sur les personnes à risques, notamment les plus âgés, l’évolution actuelle de la pandémie, avec le rajeunissement des malades hospitalisés ou en réanimation semble indiquer que c’est bien vers une stratégie de vaccination pour tous et toutes qu’il faut aller afin d’atteindre notamment le fameux seuil d’immunité collective qui permettrait de freiner, voire de stopper la circulation virale.

Pour cet objectif de santé publique la politique suivie par le gouvernement français a fait un tort considérable, les errements et les mensonges de l’an dernier sur les masques, les incohérences des mesures prises permettant par exemple d’entasser dans les transports en commun des millions de gens mais imposant le couvre-feu, une gestion autoritaire d’en haut, etc… Tout cela a sapé la confiance nécessaire en matière de santé publique. Cette politique a fait le lit des courants complotistes anti-vax mais aussi fait monter le doute et les craintes.

 

La réponse actuelle avec la mise en place du Pass sanitaire, qui est en fait un Pass de contrôle sanitaire, apparait ainsi comme une mesure imposant sans le dire la vaccination obligatoire et est vécue comme une contrainte. L’objet de cette note, déjà trop longue, n’est pas de rentrer dans le détail des mesures prises par le gouvernement. Mais nous ne participerons pas à la tendance actuelle qui consiste à rejeter le principe de la vaccination obligatoire.

Dans de nombreuses situations une vaccination est obligatoire. Celle-ci est contrôlée, comprise et ne pose pas de problème majeur. On peut citer pour les enfants les obligations vaccinales pour fréquenter un établissement de la petite enfance, ou pour s’inscrire à l’école maternelle. On peut citer les obligations vaccinales qui sont autant de protection pour les salarié(e)s dans certaines professions (hépatite B pour les soignants depuis bientôt 30 ans, leptospirose pour les égoutiers de Paris), ou les vaccins comme la fièvre jaune obligatoires pour certaines destinations de voyage.

La liberté individuelle revendiquée doit prendre en compte l’intérêt collectif et elle ne peut pas prendre la forme paradoxale d’une liberté de contaminer en période de pandémie. Pour conclure, et sans aucunement soutenir la politique incohérente et autoritaire du gouvernement Macron, la vaccination ne peut être fondé sur un choix individuel. Elle repose sur un effort collectif de la société pour éradiquer une maladie.

Néanmoins, si le principe de devoir justifier de sa vaccination n'est pas en cause, l'extension sans débat ni préparation du Pass sanitaire à des lieux et activités qui ne le nécessitent pas nécessairement suscite des craintes légitimes. Des incohérences gouvernementales manifestes (nécessaire pour prendre le TGV mais pas pour prendre le TER ou le métro) viennent renforcer la méfiance d’une partie de la population. Ces craintes sont aggravées par la politique autoritaire et sécuritaire menée par le gouvernement, dont on peut difficilement attendre qu'il évite des dérives durablement liberticides. Le mécontentement s’appuie par ailleurs sur le terreau des précédentes mesures sanitaires, dont certaines, furent bien plus liberticides.

Pour conclure, tant que possible la conviction est toujours plus efficace que la répression, mais l’objectif doit être d’atteindre une couverture vaccinale généralisée en France et dans le monde, seul moyen de mettre fin à cette pandémie qui a déjà trop durée.

 

Le groupe de réflexion sur la crise sanitaire d’Ensemble et d’Ensemble Insoumis (chercheur.es, praticien.nes et militant.es)

[1] Voir par exemple (liste non-exhaustive) :

- Les articles originaux sur l'efficacité contre les formes graves :

Pfizer : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa2034577

Moderna : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa2035389

- Études en population générale en Israël montrant l'effet sur la transmission (Pfizer) :

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa2101765

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00947-8/fulltext

- Réduction de l’infection en condition réel pour des travailleurs de la santé (Etats-Unis) :

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2107058

[2] Voir par exemple :

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00432-3/fulltext

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00628-0/fulltext

[3] Voir :

- Cette analyse récente en Angleterre comparant l’efficacité des vaccins Pfizer et AstraZeneca sur le variant alpha (dit variant anglais) ou sur le variant delta pour les formes symptomatiques :

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2108891

- Cette analyse en Ecosse sur l’infection par le variant delta :

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01358-1/fulltext

- Voir aussi cette analyse en Angleterre sur l’infection par le variant delta :

https://spiral.imperial.ac.uk/handle/10044/1/90800

[4] Voir cette analyse préliminaire en Angleterre :

https://khub.net/web/phe-national/public-library/-/document_library/v2Ws...

[5] Voir cette étude menée à Singapour : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.07.28.21261295v1

[6] Voir cet excellent article de blog qui revient sur les découvertes fait depuis 30 ans :

https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/12/14/laventure-sc...

Type:  Article Samedi, 14 Août, 2021 - 19:25 Santé
TheStyx

Communiqué

2 mois 1 semaine ago

Avec l’Union syndicale Solidaires, contre l’extrême-droite raciste et fasciste

Dans la nuit du 12 au 13 août, les locaux nationaux de l’Union syndicale Solidaires ont été dégradés par des inscriptions haineuses, racistes, dont l’origine fasciste ne fait aucun doute.

Nous exprimons notre solidarité totale avec Solidaires. Cette attaque prouve une fois de plus que depuis quelques mois, l’extrême-droite se sent autorisée, dans le climat nauséabond qui domine le pays, à déployer ses propos les plus violents, et même à plusieurs reprises d’attaquer physiquement des organisations syndicales, des manifestations, des partis politiques, des associations ou groupes de personnes agissant pour la démocratie, la solidarité, l’égalité.

C’est à la société démocratique et au bien commun humain qu’ils s’attaquent.

Il faut faire front tous ensemble pour les empêcher de nuire.

Le 13 août 2021.

Type:  Article Samedi, 14 Août, 2021 - 19:14 Nos communiqués
TheStyx

Pour la liberté de la presse, soutien au quotidien algérien El Watan

2 mois 1 semaine ago

 

Issu du mouvement social de 1988 et de la réforme constitutionnelle de 1989 le
statut de la presse a permis la création de journaux indépendants, arabophones et
francophones, et de très bonne qualité. Et ce dans les limites imposées par un
régime qui contrôle la manne financière.

Aujourd’hui, l’un des fleurons de la presse algérienne, le quotidien El Watan
(100 000 exemplaires), aux prises avec des graves difficultés financières est de plus
menacé d’asphyxie par le pouvoir qui, en violant délibérément la loi, le prive de la
publicité étatique, condition sine qua non de la survie.
C’est que El Watan n’ayant jamais considéré l’armée et le pouvoir politique
comme étant en dehors de son champ d’investigation, le pouvoir entend le lui faire
payer.

Parce qu’une presse indépendante est indispensable au débat démocratique,
El Watan doit vivre. Le pouvoir algérien doit respecter sa constitution et ses lois et
donc faire bénéficier El Watan des recettes publicitaires publiques au même titre que
les autres titres.

Ensemble!, mouvement pour une alternative de gauche, écologique et
solidaire, apporte son soutien à la presse algérienne indépendante et en particulier
au quotidien El Watan, à sa rédaction et à ses journalistes pour qu’ils puissent
continuer d’enquêter librement et d’informer leurs lectrices et lecteurs en toute
indépendance.

Paris, le 11 août 2021

Type:  Article Samedi, 14 Août, 2021 - 19:09 Nos communiqués International
TheStyx

Cuba : salut au 26 juillet !

2 mois 2 semaines ago

Quinze jours après les manifestations du 11 juillet, Comunistas, petite groupe de la gauche critique cubaine, rend hommage aux martyrs du 26 juillet 1959 et analyse ces récentes manifestations controversées.

Le 11 juillet dernier, des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes de Cuba, pour la première fois depuis 30 ans.

Ni à la solde des impérialistes comme les a désignés le gouvernement cubain présidé par Miguel Diaz-Canel, ni héros de la démocratie comme le dit le gouvernement des Etats-Unis, c’est avant tout la crise économique, politique et sanitaire qui a mené ces manifestants à braver l’interdiction de manifester.

La petite organisation « Comunistas » -organisation non reconnue légalement-, regroupe des cubains pour qui il n’y a pas d’issue possible à la crise que vit Cuba dans le système capitaliste, de surcroît à 150 km de la Floride. Elle postule la nécessité de mener un débat démocratique pour la défense d’un système alternatif, le communisme, sans pour autant adhérer à la politique du Parti Communiste Cubain et toutes les politiques menées par l’État Cubain.

Comme toute dissidence de gauche, à Cuba, elle a le mérite de permettre un débat avec tout un secteur intellectuel, culturel et politique qui n’a pas renoncé à défendre une perspective non capitaliste pour Cuba.

www.comunistascuba.org

Sébastien Ville

 

“Aujourd’hui 26 juillet, 68 années se sont écoulées depuis l’attaque de la caserne de la Moncada et 15 jours depuis les protestations qui ont secoué Cuba le 11 juillet dernier.-

Ces deux événements sont loin de constituer des faits historiques comparables, ce qui n’empêche pas la contre-révolution d’essayer de les manipuler. À en croire la droite, la véritable date de la rébellion nationale serait celle des protestations du 11 juillet et non pas celle de l’attaque de la caserne de la Moncada.

Quoi qu’il en soit, au-delà des distorsions et des points de vue idéologiques, il est incontestable que ce 11 juillet restera une date historique. Il est préoccupant que le gouvernement cubain cherche à minimiser et à criminaliser les protestations qui ont marqué cette journée. Cela lui servira peut-être, de façon précaire, pour sa propagande politique, mais si nos dirigeants croient que les protestations ont été le fait exclusif de la contre-révolution, c’est qu’alors ils n’ont pas compris ce qui s’est passé ce 11 juillet. Si elle se confirmait, cette surdité mettrait en danger la société cubaine. Ne pas voir que ce 11 juillet les manifestants appartenaient aux couches les plus frappées par la crise économique, c’est se condamner à être confronté à des protestations similaires d’ici quelques mois.

C’est vrai que la contre-révolution a joué un rôle évident en matière de propagande ; c’est vrai que les États-Unis souhaitent la chute du Parti communiste à Cuba ; c’est vrai que le blocus a un impact néfaste ; mais la mobilisation spontanée de la masse des manifestants le 11 juillet a des causes beaucoup plus directement liées au quotidien des travailleurs, aux pénuries, à la mauvaise gestion et à l’abandon des quartiers socialement vulnérables. Le gouvernement aura beaucoup de mal à remédier aux terribles pénuries dont souffre Cuba. La crise, en outre, n’est pas seulement économique mais aussi politique et, lorsque la faim se fait sentir, cela rend la situation très dangereuse.

La crise de confiance est si grande entre le peuple et la direction du Parti que la majorité silencieuse ne lit pas la presse officielle, et que la presse officielle n’informe que sur ceux qui ont manifesté pour soutenir le gouvernement et ont été victimes de violences.

La presse officielle aussi bien que la presse privée ont manipulé et déformé les événements du 11 juillet au point qu’elles les ont rendus méconnaissables. Ainsi, pour les uns, il ne s’agissait que d’actes de vandalisme répréhensibles et, pour les autres, d’un soulèvement national contre la « dictature ». Ces deux visions simplistes passent à côté de la complexité d’un mouvement issu de la masse de ceux qui sont confrontés à la faim. Le 11 juillet a la légitimité politique d’une protestation sociale et il a également été marqué par des actes de vandalisme condamnables.

Cuba n’est pas une dictature mais les droits de nombreux citoyens qui ont manifesté ont bien été bafoués. C’est vrai qu’a été manipulé le mot terrible de « disparus », mais des centaines de détenus ont bien été dans l’impossibilité pendant des jours de communiquer avec leurs familles qui ne savaient pas où ils se trouvaient. C’est vrai que Cuba est un État socialiste de droit, mais dans de nombreux jugements sommaires les procédures définies par la loi ont été violées et des peines de presque un an ont été prononcées pour le seul fait d’avoir manifesté. Tout cela peut servir, c’est vrai à susciter la peur et à éviter de nouvelles protestations, mais si un nouveau 11 juillet se produit, les manifestants descendront dans la rue avec la rage qu’ont suscitée ces violations. La coercition permet de bloquer les protestations mais elle approfondit la coupure entre le gouvernement et le peuple cubain.

Répéter que les milliers de manifestants du 11 juillet étaient des contre-révolutionnaires, c’est offrir à la contre-révolution une victoire qu’elle n’a pas remportée. Réaffirmer que les manifestations du 11 juillet ont été préparées par la contre-révolution, c’est reconnaître à la droite une capacité d’organisation et de mobilisation qu’elle n’a pas. Une analyse marxiste, critique, permet seule de comprendre ce qui s’est passé le 11 juillet. Le discours a-critique ne conduit qu’à éloigner le gouvernement de la société et renforce la propagande politique contre-révolutionnaire.

Il est urgent que le gouvernement cubain analyse ses erreurs et s’en explique publiquement. Le peuple en a assez d’entendre que l’impérialisme américain est coupable de tout ce qui se passe. Il attend que le gouvernement fasse une profonde auto-critique et reconnaisse que les événements du 11 juillet sont pour une bonne part dus à ses erreurs – ce qui lui conférerait une forte légitimité politique – mais l’orgueil aveugle de la bureaucratie s’y oppose. Les majorités silencieuses font de plus en plus la différence entre Fidel Castro et le gouvernement actuel. Beaucoup considèrent que le Commandant en chef aurait résolu la crise économique avec le peuple, contrairement aux dirigeants actuels, qu’ils voient distants et ignorants de leur situation réelle. C’est une autre dimension préoccupante de la perte de légitimité politique du gouvernement.

Aux interpellations intervenues le 11 juillet et aux jugements sommaires qui ont suivi, commencent à s’ajouter d’autres mesures administratives de représailles, avec des licenciements et des sanctions politiques frappant des personnes qui n’ont fait que participer aux protestations, où même n’en sont que suspectés. Ces mesures ont permis de procéder à une purge parmi les intellectuels réticents au discours officiels, quand bien même ils seraient marxistes. Les critiques étaient admises dans le cadre du système établi, elle ne le sont plus que quand elles sont autorisées et sur les sujets autorisés. Pour conjurer le spectre du 11 juillet, les opportunistes laisseront libre cours aux purges et à l’anthropophagie politique. Si quelque chose doit en pâtir, c’est l’idéal socialiste qu’une partie des travailleurs identifiera davantage encore à la censure et à la répression. Nous devons toujours garder à l’esprit que le stalinisme et ses différentes versions ne sont que des déformations contre-révolutionnaires de l’idéal communiste.

Beaucoup des violences subies le 11 juillet auraient pu être évitées si le gouvernement cubain avait légalisé le droit de manifester pacifiquement. L’appel du président cubain Miguel Díaz Canel a permis de mobiliser des centaines de militants communistes, mais il a également été massivement rejeté. Il faut dire que beaucoup de ceux qui sont descendus dans la rue pour défendre le gouvernement ont compris cet appel comme, au sens propre, un « ordre de combat ».Des dizaines d’entre eux étaient équipés de matraques, préparées à l’évidence depuis quelque temps pour parer à des situations similaires. Elles étaient toutes de même couleur, de même taille et de même forme.

Pour réprimer les violences, il existe la police et d’autres organes habilités. Pour réprimer on ne fabrique pas des matraques dont on équipe des civils qui se savent protégés par la loi alors qu’ils se livrent à des violences hors de toute légalité. Tout le poids de la loi doit s’abattre sur ceux qui se livrent à des actes de vandalisme ou, pire encore, projettent des assassinats. Mais pas sur ceux qui exercent le droit de protester, un droit qui est légitime même s’il n’est pas codifié dans la loi cubaine.

À bas la contre-révolution !

Vive la classe ouvrière !

Vive la Liberté !

Vive le 26 juillet !

La patrie ou la mort !

Vers le communisme !”

La version française de ce texte est reprise du site fourth international

 

Type:  Article Dimanche, 8 Août, 2021 - 18:20 International
François Calaret

Il est urgent que les brevets sur les vaccins soient levés !

3 mois 1 semaine ago

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Il est urgent que les brevets sur les vaccins soient levés !

Il est impératif que la couverture vaccinale de la population, ici et dans le monde, se généralise !

Il est indispensable que les soignant.es soient vacciné.es contre le Covid !

Comme l’été dernier, nous sommes sorti.es du confinement et nous ne souhaitons pas y retourner. Nous voulons oublier le plus vite possible ces dix-huit mois qui ont été si difficiles pour la population – à l’exception des milliardaires du CAC 40 rappelons-le ! Néanmoins, le risque lié au variant Delta apparu en Inde, plus contagieux (R0 estimé à 4), s’installe progressivement au niveau mondial comme au niveau national. La progression du variant Delta, fait de l’élargissement de la couverture vaccinale une priorité. En effet, on sait avec certitude que l’aspect d’une 4e flambée épidémique et l’impact qu’elle aura dépendent en grande partie de son étendue. Or, dans le même temps, alors qu’elle représente au plan mondial un enjeu sanitaire majeur dans cette perspective, la levée des brevets sur les vaccins contre le SARS-Cov2 n’est toujours pas défendue par la Commission Européenne, pas plus que par le gouvernement français, qui laissent se creuser les inégalités entre les pays les plus riches et les pays pauvres à la merci de nouvelles vagues épidémiques et de nouvelles mutations du virus potentiellement plus contagieuses et/ou meurtrières. Actuellement, dans une Tunisie largement privée de vaccins, où moins de 2% de la population totale a eu accès à la vaccination, l’épidémie fait rage avec des conséquences absolument dramatiques. La bataille pour la levée des brevets doit s'intensifier à l'échelle internationale et européenne, pour ces raisons de fond à la fois de l’ordre de la solidarité internationale et de la sécurité sanitaire mondiale.

En France l’accès aux vaccins n’est plus ce qui freine la vaccination et par conséquent la lutte contre la pandémie. La défiance envers la vaccination n’y est pas nouvelle, mais elle prend parfois une coloration «antisystème» qui se développe via les réseaux sociaux de façon puissante et s’infiltre dans certains secteurs se réclamant de la transformation sociale et écologique. Ces théories « antivax » sont pourtant – et cela est encore plus évident avec la crise du COVID-19 compte tenu des urgences immédiates auxquelles elle nous expose – dénuées de tout fondement sérieux dans les connaissances scientifiques actuelles. Il faut souligner également dans ce contexte que les individus qui présentent des facteurs de risque face au virus (les patients très âgés ou les patients immunodéprimés par exemple, notamment les cancéreux du fait de leur traitement) répondent moins bien au vaccin. Pour ces patients ou personnes âgées fragiles, la vaccination de celles et ceux qui les entourent et qui les assistent – et donc des soignant.es en premier lieu, mais pas seulement - répond à une prophylaxie qui est indispensable pour éviter leur contamination avec ses conséquences tragiques.

La défiance à l’égard de la vaccination marque l’étendue de la défiance vis-à-vis des institutions de santé, publiques ou privées (les grands laboratoires du « Big Pharma »), et du gouvernement, et également en ce qui concerne les soignant.es la défiance vis-à-vis de tutelles et d’un management qui ont multiplié les injonctions contradictoires mais toujours autoritaires, et qui sont au quotidien les acteurs d’une maltraitance généralisée des personnels de santé. Mais, alors que la ressource vaccinale est aujourd’hui la clé de la lutte contre une pandémie mondiale dont les effets sont toujours dévastateurs, il serait absurde de considérer le consentement à la vaccination générale comme un référendum pour ou contre Macron. La pandémie qui depuis un an et demi a fait des millions de morts , en particulier dans les pays du sud où le taux de vaccination est dérisoirement faible - et pour lesquels nous réclamons la levée des brevets – devrait suffire nous à convaincre. Au Brésil, où en une seule année il y a eu 523 000 morts, le président d’extrême droite, Bolsonaro, mène une campagne acharnée contre la vaccination. Sans parler de la situation de l’Inde, de la Tunisie, de l’Afrique du sud. Situation à comparer avec les résultats obtenus là où la vaccination a été largement répandue.

Là où le débat devrait porter sur l'urgence d'aller vers les oublié.es de la vaccination - les plus pauvres, les plus éloigné.es des grands centres de vaccination, les plus éloigné.es d'internet, les précaires, les Sans Domicile, les plus fragiles face au Covid-19 et les moins vacciné.es - devrait porter sur l'urgence de bâtir les gestes barrières avec les populations, et bien sûr sur la levée des brevets, il porte encore une fois après les annonces de Macron lundi 13 juillet, dans un nouvel acte de « gouvernance » solitaire de la crise, sur les décisions imposées d’en haut par un gouvernement délégitimé par sa gestion inefficace de l’urgence sanitaire. En France, le gouvernement est très largement responsable du retard pris par la vaccination. Au plan international il s’oppose à la levée des brevets. On ne peut que souligner qu'il cherche actuellement à se donner les apparences de la rigueur et de l'efficacité et à s'exonérer de ses responsabilités.

Face à lui, en même temps que l’exigence de la levée des brevets pour favoriser l’accès à la vaccination des populations des pays dominés et pauvres, c'est une politique de santé publique démocratique et égalitaire, contrôlée par la population, que nous devons défendre ensemble (soignant.es, enseignant.es, aidant.es, etc.). Une telle politique s'adresserait à toute la société et pas seulement aux individus pris isolément, car c'est de la protection de la population dans sa totalité dont il doit être question. Elle inclut nécessairement aujourd’hui l’accès pour tou.tes à la protection sanitaire globale assurée avec le plus d’efficacité et le moins de risques par les vaccins.

Depuis plus d’un an les soignant.es ont fait face, avec énergie et dévouement, à une crise sanitaire d’une ampleur et d’une gravité sans précédent depuis très longtemps, sans matériel adapté parfois, souvent sans protection, ce qui a impliqué des malades et des décès en nombre important dans leurs rangs. Ils sont encore largement plongé.es dans cette crise et en subissent toujours les conséquences. La réponse du gouvernement à leurs revendications, notamment après le premier confinement au moment du «Ségur de la santé», a clairement été une trahison et un déni massif non seulement des sacrifices consentis, mais des besoins considérables que la crise a soulignés. Elle a même comporté une part d’humiliation quand un « effort » supplémentaire leur a été demandé par Macron entre la 2e et la 3e flambée de l’épidémie en France.

Or, selon la Fédération hospitalière de France, la vaccination des soignants plafonne à 64 % à l'hôpital et à 57 % dans les EHPAD. Selon Libération à l'AP-HP, 91% des médecins mais seulement 51% des infirmier.es et aides soignant.es sont vaccinés. Des chiffres sous-évalués, issus de la médecine du travail, qui ne comptabilisent pas les soignants vaccinés en ville ou en « vaccinodrome ». Mais des chiffres qui témoignent d’une résistance forte à la vaccination de la part des soignant.es, notamment parmi les catégories les plus exploitées et les plus mal rémunérées. Dans ces conditions la confiance dans les autorités de santé publique ne peut pas être restaurée sans une réforme radicale du système de santé impliquant en premier lieu une revalorisation salariale massive, l’amélioration immédiate des conditions de travail et l’arrêt des politiques de fermeture de lits et de services et de destruction de l’hôpital public. Mais l’élargissement de la couverture vaccinale, comme enjeu majeur de santé publique, si elle doit être articulée aux exigences liées à la défense du service public et des travailleuses et travailleurs de la Santé, ne peut pas leur être subordonnée. C’est non seulement  une mesure de protection immédiate pour les soignant.es, s’ils/elles ne présentent pas une immunité acquise encore suffisante, la meilleure depuis le début cette crise, mais elle est évidemment une mesure de protection absolument nécessaire pour leurs patient.es, et pour le système de santé en général.

Par conséquent, aucun argument ne permet de justifier le refus d’être vacciné.e parmi les personnels de santé et d’accompagnement, sauf bien entendu contre-indication médicale, alors qu’ils/elles sont au contact de patient.es vulnérables. Cela contredirait les impératifs de santé qui sont indissociables pour nous de l’existence et du fonctionnement du service public que nous défendons. C’est la responsabilité des forces progressistes et des organisations du mouvement social de le rappeler. Les seules raisons valables de ne pas se vacciner volontairement sont les contre-indications médicales et il est nécessaire que tou.tes les soignant.es pour qui elle n’est pas contre-indiquée soient vacciné.es dans les plus brefs délais. Il est juste que les usagers des hôpitaux et des EHPAD reçoivent cette garantie de la part du système de soin. Quoiqu’on pense des mesures autoritaires prises par le gouvernement, on ne voit pas bien sur quelle base rationnelle pourrait longtemps être défendu un « droit » individuel à ne pas être vacciné.e en tant que soignant.e alors que de tels enjeux de protection des patient.es sont en jeu.

Bien sûr, pour que l’impératif de la vaccination se concrétise, parmi les soignant.es comme parmi la population dans son ensemble, il faut de la pédagogie et une implication des travailleuses/travailleurs de la santé et des citoyen.nes elles/eux-mêmes. En ce qui concerne les soignant.es, il faut en premier lieu sortir de la stigmatisation - notamment par une vaccination générale élargie aux professions de service public en contact rapproché et prolongé avec les usager.es (les enseignant.es notamment) - et faciliter encore l’accès à la vaccination sur les lieux mêmes de l’activité en accordant également à chacun.e les 24 heures de congé nécessaires sans prélèvement du jour de carence. Les syndicats qui défendent le service public et l’intérêt des salarié.es et tou.tes celles et ceux qui ont dénoncé les scandales de santé publique - comme Irène Frachon qui joua un rôle décisif de lanceuse d’alerte dans l'affaire scandaleuse du Mediator et qui tout en comprenant « la confusion et la défiance (…) » déclare que « la rigueur, l'analyse démontrent de manière évidente les bénéfices massifs de cette vaccination » - doivent pouvoir prendre la parole et favoriser le débat dans le but de convaincre. Une telle démarche souligne par ailleurs à nouveau l’urgence de rompre avec le cadre antidémocratique, exclusif et opaque de gestion de la crise qui nous a été imposé par le gouvernement au travers d’un conseil de défense soumis à l’exécutif, sous le couvert d’une Loi Urgence qui désarme le parlement et les citoyen.nes. Cette démarche réclame aussi une campagne d’information populaire, sérieuse et large, impliquant les organisations de la société civile et le mouvement syndical, qui éclaire les enjeux de la vaccination de masse pour l’intérêt général et qui les rende accessibles à la population dans son ensemble.

Enfin, la vaccination générale des soignant.es ne doit pas être dissociée de la vaccination de la population dans son ensemble. Cela passe par un « aller vers » - les personnes âgées et/ou isolées, les précaires, les publics fragiles, etc. - en milieu rural comme en milieu urbain . Cela suppose une vaccination généralisée à toutes les classes d’âges susceptibles d’être vaccinées. Cela implique enfin le développement intense de la solidarité internationale face à la crise Covid et à l’urgence vaccinale, et des initiatives permettant de porter et d’imposer l’exigence minimale de la mise sous licence publique des différents vaccins disponibles.

 

Le groupe de réflexion sur la crise sanitaire d’Ensemble et d’Enseemble Insoumis (chercheur.es, praticien.nes et militant.es)

Type:  Article Mercredi, 14 Juillet, 2021 - 09:59 Santé
François Calaret

Déclaration du Collectif National d'Ensemble

3 mois 2 semaines ago

La première leçon du 1er et du 2ème tour des élections régionales est l’abstention massive : les deux tiers des électeurs-trices ne sont pas allés voter.  Notamment chez les jeunes, les ouvriers-ères, les couches populaires. Cela dénote une aggravation de la crise de la démocratie représentative. C’est le signe d’un désintérêt de l’offre politique et de mécanismes démocratiques qui s’affaiblissent jusqu’à perdre leur sens.

De multiples raisons peuvent expliquer cette abstention massive :

- certaines sont conjoncturelles : la crise sanitaire qui démobilise, la méconnaissance du rôle respectif des nouvelles régions et des départements, après les lois de 2015, qui éloignent ces institutions de la population ;

- d’autres sont plus anciennes et structurelles : la perte de sens des mécanismes démocratiques, avec le présidentialisme exacerbé, la perte de crédibilité des propositions politiques après les expériences des gouvernements précédents…

Nous avons l’obligation d’une réflexion nouvelle et plus approfondie sur cette situation. L'enjeu est de taille. Plus que jamais, c'est une nouvelle République sociale, écologique et démocratique qu'il faut promouvoir. Dans les derniers mois, les urgences sociales et écologiques appelaient des réponses en lien avec les luttes. Mais les mouvements sociaux ont rencontré des difficultés à marquer la scène politique. Cependant la lutte des artiste, intermittent-es et précaires du monde de la culture a permis d’aider à mettre la situation des chômeurs-euses et précaires en visibilité politique, avec le combat contre le décret inique du gouvernement (journée de lutte, notamment le 23 avril). La réforme du statut d’EDF (plan Hercule) a également fait l’objet de campagnes et mobilisations unitaires, syndicales, associatives et politiques. Pour des raisons comparables au taux d’abstention, il a été très difficile d’appuyer la bataille électorale des régionales et départementales sur des assemblées citoyennes locales ouvertes-comme ce qui a existé dans certains endroits aux municipales. En effet, les assemblées citoyennes ne se décrètent pas. Le gouvernement et la société cultivent le « chacun pour soi » et ne facilitent pas le collectif indispensable pour construire un autre avenir. Le fossé peut encore s’agrandir entre le « politique » et une majorité de la population qui ne se reconnaît pas dans ce qui lui est proposé et qui ne croit plus qu’« un autre monde soit possible », ou qu’il  passe par les voies politiques anciennes. Malgré les difficultés, il faut cependant continuer à tenter de renouveler les modes de mobilisation politiques.

Dans ce contexte de faible participation, il est difficile de tirer des conséquences précises quant aux rapports de force politiques. Le champ politique est très déstabilisé.  La bonne nouvelle (contredisant les sondages) est la défaite du RN qui n’a ravi aucune région et vu ses scores très affaiblis. Beaucoup d’électeurs du RN ne se sont pas déplacés.  Mais ce serait beaucoup trop hâtif d’en déduire que c’en est fini des dangers que l’extrême droite fait courir, y compris pour 2022.  D’autant plus que la domination idéologique des thèmes de l’extrême droite perdure dans le champ politique. La LRM a également subi une défaite importante, et « en même temps » les manœuvres politiciennes et cyniques de Macron (installation  du duo Macron Le Pen comme le seul crédible).  Les implantations locales du PS et des droites « classiques » (LR) ont maintenu leurs positions acquises en 2015. La LR parvient cependant la surmonter provisoirement sa crise en mettant sur orbite des « présidentiables » qu’il lui faudra (difficilement) départager. Les listes d’union de la gauche ou de la gauche radicale peinent à percer, même si les querelles de leadership rebondissent entre le PS et EELV. Ensemble ! se félicite de la dynamique de campagne en Ile-de-France autour de Clémentine Autain et du score obtenu (10,24%) en hausse par rapport au FDG de 2015 (6,6). L’annonce très tôt dans sa campagne de la nécessité de se rassembler pour battre Pécresse a joué un rôle pour la faciliter, et cumuler les résultats du premier tour, sans malheureusement créer une dynamique nouvelle à même de battre Pécresse, qui a mené une campagne haineuse et calomnieuse pour briser cette unité. Ensemble ! salue la campagne et le résultat de Myriam Martin, tête de liste LFI en Occitanie, et dénonce les menaces qu’elle a subies de la part de l'extrême droite durant la campagne. Il faut féliciter les électeurs-trices de l’Ile de la Réunion qui ont fait basculer l’Ile à gauche ! Au total, toutes les forces de gauche et de l’écologie politique demeurent très divisées. Mais le champ politique est loin d’être stabilisé. Tout n’est pas écrit d’avance. Les résultats indiquent qu’au-delà des pratiques des appareils il y a un désir de gauche et d’écologie dans la population plus important que ce qui était envisagé. 

Des mobilisations sociales nouvelles peuvent surgir (exemple : contre une réforme des retraites) et changer la donne. Il est urgent de créer des dynamiques locales et nationales avec toutes les forces, politiques, syndicales, associatives, citoyennes (par exemple dans le cadre des appels citoyens), pour imposer une démocratie active et définir un contrat de législature pour 2022. Il s’agit aussi d’agir contre toutes les discriminations, pour l'égalité femmes/hommes, la transition écologique, la régularisation des sans-papiers avec des exigences immédiates permettant de lutter contre le chômage, la pauvreté, la précarité, les inégalités, la chasse aux migrants, le racisme.

A quelques mois des présidentielles et législatives de 2022, le débat est lancé dans ENSEMBLE ! Le mouvement définira son orientation pour ces échéances dans le courant du mois d’octobre Le Collectif National des 3 et 4 juillet appelle les collectifs et adhérent.es à contribuer au débat tout au long de l’été. Le CN de début septembre aura un débat sur la base de ces textes. Sur la base d’une proposition de l’EAN, il décidera de la manière dont le mouvement déterminera son orientation (consultation des adhérent.es, consultation des collectifs, décision du CN…) pour la période marquée par les séquences électorales de 2022 et les autres éléments de la situation.

Déclaration adoptée le 4 juillet 2021.

Type:  Article Mardi, 6 Juillet, 2021 - 14:44 Nos communiqués
François Calaret