Un 16 mars bouillonnant

3 jours 8 heures ago

 

Samedi 16 mars 2019 était le rendez-vous fixé dans toute la France pour, d'une part, la mobilisation internationale pour le climat, et, d'autre part, les Gilets Jaunes. A cela s'ajoutait, à Paris, la marche antiraciste pour les solidarités à Paris.

Le premier bilan est celui du succès numérique à commencer par la mobilisation pour le climat : entre 50.000 et 100.000 personnes à Paris (dans tous les cas la plus importante manifestation pour cette cause en France), près de 30.000 à Lyon, 5.000 à Marseille mais aussi dans de très nombreuses localités comme, par exemple, 1.000 à Quimper et Aubenas, 2.000 à Saint-Brieuc ou même 500 à Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne.... Cette journée a fait suite à la grève globale des classes par les lycéens et collégiens qui a été un premier succès en France la veille.

Par la présence de 3 mobilisations, Paris occupait une place particulière. La manifestation climat y a été massive avec une forte présence de la jeunesse (lycéen-ne-s et collégien-ne-s plutôt qu'étudiant-e-s) et dynamique. Le profil faisant le lien entre justice sociale et justice climatique était porté par plusieurs organisations militantes mais gagnerait à avoir plus de visibilité et d'impact dans le futur. Le public présent était essentiellement issu du salariat blanc de classe moyenne avec ce qui semble une grande variété politique de la gauche anti-austérité au social-libéralisme. Ainsi, on peut relever que les réactions à la distribution d'un autocollant "justice climatique, sociale, fiscale..." dans un gilet jaune stylisé était réactions positives mais aussi négatives dans une proportion non négligeable …

Cet ensemble assez indéfini politiquement mais actif et s'adressant à une crise internationale générée par le capitalisme et ouvrant ainsi des perspectives, en particulier dans la jeunesse, dans un sens prometteur... Cela a été illustré par le fait que de nombreuses interventions avant le grand concert à République concluant la Marche ont évoqué explicitement le capitalisme devant une place comble. En outre, le lien y a été fait en un sens unitaire entre les différentes mobilisations de la journée avec la parole tant à des militantes contre les violences policières qu'à des personnalités gilets jaunes. De même lors du passage de la manifestation antiraciste (qui a marché devant), le début de la manifestation climat la fit applaudir.

La manifestation antiraciste, en tant que rendez-vous annuel dans une période de crise/recomposition sur ce front, a rendu hommage aux victimes de l'attentat islamophobe de Christchurch et constitué un succès non négligeable dans un contexte difficile avec près de 5.000 personnes dont un fort contingent de sans-papiers confrontés à une politique de refus systématique de régularisation sous Macron. Elle s'est en grande partie mélangée à la manifestation climat. Un thème qui pourrait être développer dans le futur est le lien entre la crise climatique et migrations.

La manifestation des Gilets Jaunes a été plus importante que les précédentes. Les dernières manifestations sur les Champs-Élysées ont constitué une sorte de « retour » aux premières journées fin 2018. Le caractère émeutier a été à nouveau fortement présent avec une « casse » significative... et, indéniablement, si ils n'y participent pas forcément les Gilets Jaunes présents n'expriment pas de désapprobation lorsque cela a lieu. Que de grandes enseignes sur les Champs-Elysées aient été pillé ou qu'un établissement symbole du « bling-bling » des riches connaisse une incendie (dont les origines ne sont pas claires) et alors qu'il est vide ne semblent guère émouvoir les Gilets Jaunes mobilisés au regard de leurs mutilés, des conséquences mortifères des politiques d'austérité au profit des plus riches... On ne peut que partager cet ordre de priorité raisonnable quand à ce qu'il convient de déplorer au contraire des éditocrates du macronisme et des belles âmes du libéralisme plus prompts à s'émouvoir de brise de glace que, par exemple, de suicides du personnel hospitalier public.

Il a été d'ailleurs observable que les policiers ont laissé faire pendant plusieurs heures dans le cadre d'une tratégie médiatique du pouvoir après les rapports de l'ONU et de Toubon ("la violence c'est les GJ pas les forces de l'ordre"). D'ailleurs, quand les « forces de l'ordre » ont décidé d'évacuer les Champs-Elysées, cela a pris 20mn et l'émeute s'est déplacée vers les grands boulevards.

Le fait est que malgré la poursuite du retour aux sources des premières manifestations de fin 2018 et une participation accrue, cette forme de mobilisation des Gilets Jaunes, même émeutière, connaît une certaine ritualisation tout en maintenant une ambiance de conflictualité dans la société. Son devenir est toujours indéterminé.

Le discours gouvernemental, du social-libéralisme, des médias dominants est de la mise en concurrence entre la « bonne » mobilisation climat et le « mauvais » mouvement Gilets Jaunes.

Les enjeux et les tâches sont assez clairs, étendre le mot d'ordre juste « fin du monde, fin du mois, même coupables, même combat » tout en faisant le lien avec l'oppression raciste dont les violences policières constituent la dimension la plus immédiatement flagrante (et permettant de connecter avec ce qui est subi par les mouvements sur les questions sociales). Toutefois, cette intervention pour politiser doit se faire avec subtilité en laissant respirer chacun de ces mobilisations sans chercher à imposer au forceps une « convergence des luttes » qui, toute nécessaire qu'elle soit, ne pourra se faire qu'au terme de processus propres à chacun de ces mouvements.

Ümit Kalfa

Type:  Article Lundi, 18 Mars, 2019 - 09:40 Luttes sociales
François Calaret

Mars 2011 – Mars 2019 Solidarité avec le combat du peuple syrien

1 semaine ago

Dimanche 17 mars 2019, 15 heures à Paris,
marche de la place de la République à la place de l’Hôtel de ville

Mars 2011 – Mars 2019,
Solidarité avec le combat du peuple syrien
Pour la liberté, la démocratie et la justice

À la mi-mars 2011, après plus de 40 ans de dictature de la famille Assad, le peuple syrien est descendu en masse dans les rues, réclamant la dignité, la liberté et la transition vers un État de droit, de justice et d’égalité.
La vague révolutionnaire pacifique, s’étendant à tout le pays, a été noyée dans le sang par l’appareil
répressif de Bachar al-Assad poussant un nombre croissant de membres de l’armée régulière à
rejoindre les activistes créant l’armée syrienne libre (ASL). En même temps que le régime liquidait
les démocrates, il libérait les islamistes de ses prisons créant l’épouvantail islamiste.
Dans ce contexte, les pays du Golfe ont joué chacun sa propre partition, privilégiant les groupes
politiques et militaires islamistes.

Malgré l’appui de ses alliés, la Russie et l’Iran et ses milices, le régime de Bachar Al Assad se
trouvait en 2013 au bord de l’effondrement, commettant des crimes de guerre et crimes contre
l’Humanité.

Le refus des États-Unis et de l’Europe d’intervenir (à l’exception de la France qui y était favorable)
en août 2013, suite au gazage de la Ghouta à l’arme chimique par le régime, a permis au régime et
ses alliés d’amplifier leur crimes et a pavé la route à l’intervention militaire russe en septembre
2015 lorsque le régime se trouvait de nouveau en grande difficulté.

Depuis 2011, plus de 500 000 Syriens ont été tués. Plusieurs centaines de milliers ont été arrêtés et
torturés dans les geôles du régime. Des dizaines de milliers sont morts sous la torture ou portés
disparus. Un quart de la population de Syrie a dû se déplacer à l’intérieur du pays, un autre quart
s’est exilé.

La Syrie a été plongée dans un état de délabrement et de désolation sans précédent, avec la lâcheté
et la complicité des puissances occidentales.

Cependant, la flamme de la révolution démocratique reste vive dans une Syrie dont l’avenir proche
est hypothéqué par les interventions étrangères en cours, celles de la Russie de Poutine, de l’Iran de
Khamenei, de la Turquie d’Erdogan, d’Israël et des États Unis, qui instrumentalisent des factions
combattantes dont des groupes intégristes ou terroristes.

C’est au peuple syrien qu’il appartient de décider de l’avenir de la Syrie, indépendante etsouveraine.
Seule la mise en œuvre du droit international y afférent (déclaration Genève 1 et Résolutions 2118,
2209 et 2254 du Conseil de Sécurité) permettra la transition vers la paix et la démocratie.
Cela implique, préalablement à toute négociation, l’arrêt total des hostilités pour ouvrir la voie aux
urgences humanitaires (libre arrivée des secours, libération de tous les détenus politiques, …). Cela
implique également la formation d’une autorité transitoire pluraliste disposant des pleins pouvoirs
exécutifs et la préparation d’élections sous contrôle international, permettant aux Syriens de mettre
fin à un demi-siècle de règne sans partage de la famille Assad.

Au regard des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis en Syrie depuis 8 ans, nous
dénonçons toute collaboration, toute compromission avec la dictature qui depuis 1970 opprime et
massacre les Syriens.

Non au négationnisme, promu par les ennemis de la liberté et les tenants de la realpolitik, qui voudrait s’imposer et faire passer les sacrifices surhumains du peuple syrien par pertes et profits !

Non à l’impunité pour les responsables des crimes commis !

Le peuple syrien, martyrisé, a droit à la justice et à la vérité. Il arrachera sa liberté des griffes de ses oppresseurs.

Premiers signataires

- Alwane (secours aux enfants syriens)
- Collectif des Amis d’Alep (CAA)
- Coordination de la Révolution Syrienne à Paris
- DAMIR France
- Déclaration de Damas/Comité de France
- Forum Palestine Citoyenneté
- Ligue des droits de l’Homme (LDH)
- Najoon (Rescapés des geôles syriennes)
- Syrie Liberté (Souria Houria)
- Ensemble !
- Union Syndicale Solidaires

Type:  Article Jeudi, 14 Mars, 2019 - 12:27 International Syrie
François Calaret

L’Algérie est au bord de l’éclosion

1 semaine 1 jour ago

Le surgissement populaire du 22 février constitue une rupture majeure dans notre histoire comme dans celle du Maghreb. Il s’agit de la consolider et d’élargir le champ des possibles. Aujourd’hui, les Algériens ont remporté une première victoire.

Notre tâche prioritaire est de tirer la leçon du soulèvement d’octobre 1988 et d’éviter à nouveau le « détournement du fleuve », à savoir la confiscation de la souveraineté populaire qui est à l’origine de l’autoritarisme sous sa forme actuelle.

Nous sommes devant une nouvelle crise du régime mais le peuple algérien a déjà tranché. Le FLN a vécu, le cinquième mandant aussi. L’annonce du président, ce 11 mars 2019, ne fait qu’entériner cet état de fait.

Ici et là, des alternatives politiciennes sont proposées par les démocrates au nom du changement. Mais les intérêts des classes populaires sont rarement pris en considération. Or, ce sont elles qui vivent le plus intensément l’humiliation, les abus du pouvoir et la hogra.

Ces maux caractérisent tout le Maghreb. C’est pourquoi, après la révolution tunisienne et le mouvement du 20 février 2011 au Maroc, la situation algérienne résonne avec autant de force chez tous ceux qui aspirent à la dignité.

Sans céder à l’esprit de revanche, il nous faut prendre garde à ce que les anciens partisans du statu quo ne se rachètent pas une virginité au nom d’une transition qui renouerait insidieusement avec l’ancien régime et ses pratiques (corruption, clientélisme, prédation, etc.).

La démocratie, que chacun revendique désormais à voix haute, est tout le contraire du consensus dont nous subissons les conséquences. Souvenons-nous qu’il a toujours constitué le cri de ralliement pour les classes dirigeantes.

Le souci d’établir des rapports égalitaires est à la base de la fraternité dont rêve le peuple. Mais pour lui donner de la consistance, il faut sortir de l’unanimisme de façade qui constitue un frein à la décantation et au regroupement des forces populaires.

La république est à refonder, en rupture avec les tentations despotiques assimilées à la monarchie par les acteurs du surgissement populaire.

Les aspirations des classes laborieuses, dont les femmes et la jeunesse constituent les moteurs, doivent être affirmées dès à présent. Il faudra donc respecter leur autonomie d’organisation et d’action. Dans cette perspective, l’égalité des sexes est indiscutable.

Contrairement à l’idée selon laquelle les Algériennes et les Algériens se seraient réveillés le 22 février, les événements en cours sont en réalité le fruit d’un long processus nourri du combat des forces les plus déterminées et payé par elles au prix fort.

De nombreuses luttes sectorielles, qui ne se sont guère aventurées sur le terrain politique, ont été menées au cours de la dernière période, dans toutes les régions du pays.

Les concessions matérielles, faites par un gouvernement désireux d’acheter la paix sociale, ont été rattrapées par l’inflation et la cherté de la vie, ce qui souligne l’importance du mot d’ordre de grève générale pour dépasser la segmentation et se constituer en force indépendante.

La main tendue des oligarques aux travailleurs est un marché de dupes et ne fait que perpétuer leur subordination à l’agenda néolibéral. Car ce sont les hommes d’affaires qui ont besoin des masses populaires pour faire pression sur le pouvoir afin de défendre leurs privilèges. En revanche, les chômeurs, les pauvres et les salariés n’ont pas besoin de s’appuyer sur les milliardaires pour affirmer leurs propres objectifs.

Depuis 2012 au moins, s’est constituée dans l’ombre une clique comprenant les représentants de la politique en uniforme, le président et sa famille, ainsi que les affairistes. C’est ce groupe qui a soutenu l’appel à un quatrième mandat puis à un cinquième. Son arrogance est à l’origine du sursaut populaire.

Soyons vigilants : l’épouvantail d’une ingérence de forces extérieures n’est pas crédible. Arrêtons de chercher le diable en dehors de nous. La crise oppose des forces sociales et politiques internes à l’Algérie.

L’aspiration à un changement radical s’est exprimée massivement et avec force dans les rues, faisant vaciller les tenants du régime. Pour la grande majorité de notre peuple, la quête de la liberté n’est pas séparable de celle de l’égalité.

Nous sommes aux côtés des classes populaires dans leur volonté de gérer elles-mêmes leurs propres affaires. Car il ne peut y avoir de démocratie réelle sans prise en compte de leurs aspirations spécifiques.

Nous sommes partisans de l’auto-organisation des travailleurs, à travers la mise en place d’assemblées dans les quartiers, les villages et les villes, où les individus délibèreront de la prise en charge de tous les aspects de la vie quotidienne, sans la médiation de l’Etat ou des professionnels de la représentation.

Il s’agit d’aller le plus loin possible dans la remise en cause de l’ordre capitaliste, sécuritaire, patriarcal et religieux.

Notre pays a hérité de l’esprit de la hisba, la surveillance de tous par tous. Opposons-lui le respect de l’autonomie individuelle, la liberté de conscience, celle de disposer de son propre corps, de le mettre en mouvement et de se réapproprier tous ensemble l’espace public, comme l’ont fait, dans la joie, les Algériennes et les Algériens.

Le chemin qui mène à l’émancipation sociale est long mais il n’est pas d’autre voie pour réaliser l’épanouissement de chacun et de tous.

Mohammed Harbi et Nedjib Sidi Moussa, le 11 mars 2019.

Type:  Article Mercredi, 13 Mars, 2019 - 12:20 International Algérie
François Calaret

Réunion publique contre la répression au Nicaragua

1 semaine 2 jours ago

A l’heure où la situation semble évoluer rapidement au Nicaragua, avec des signauxcontradictoires (réouverture de « négociations » avec une partie de l’opposition, pressions
des USA, arrêt domiciliaire au lieu de la prison pour quelques prisonniers politiques, etc.), le
Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua vous convie à une RÉUNION PUBLIQUE en
présence de Mónica López Baltodano , Francisca Ramírez Torres et Maria Teresa Blandón
Gadea, 3 militantes nicaraguayennes membres de la plate-forme La Articulación de
movimientos sociales y de la sociedad civil, qui rassemble mouvements sociaux et
organisations de la société civile en lutte contre le régime au Nicaragua.

La réunion aura lieu le Lundi 18 mars, à 19h, à la Bourse du Travail, 29, Boulevard du
Temple, à Paris (11ème), Métro République ou Filles du Calvaire.

Mónica López Baltodano est née dans une famille de militants historiques de la révolution
de 1979. Elle est avocate, spécialisée en droit de l'environnement. Ces dernières années, elle
a exercé les fonctions de conseillère juridique auprès du mouvement Anticanal, constitué par
les agriculteurs qui s'opposent au projet de grand canal interocéanique. Elle est une des
responsables de la fondation de développement local Popolna, qui soutient depuis plus de
vingt-cinq ans les municipalités et qui a été mise hors la loi par le pouvoir en décembre 2018.
Francisca Ramírez Torres (Doña Francisca), est agricultrice et militante des droits des
paysan.ne.s nicaraguayen.ne.s. Elle s'est notamment investie dans la lutte contre le projet
de canal interocéanique et dans le Conseil national pour la défense de la terre, du lac et de
la souveraineté. Le gouvernement l'a qualifiée de « délinquante » et de « terroriste ». Elle a
reçu le prix des droits humains Homi Homini le 6 mars en République tchèque.

Maria Teresa Blandón Gadea a combattu dans les années 1970 la dictature de Somoza. Dans
les années 1980, elle a été cadre du FSLN en zone de guerre puis a animé le département
femmes du syndicat sandiniste des ouvriers agricoles ATC. Dès les années 1990, elle prend
ses distances avec le FSLN puis, dénonce notamment les atteintes aux droits des femmes.
Elle est sociologue féministe et fondatrice de l’ONG Programa feminista La Corriente. Elle
organise des actions pour promouvoir l’égalité et contre la discrimination, combinant
recherche, formation, campagnes de communication sociale et promotion des droits des
femmes au Nicaragua et en Amérique centrale.

Nous vous attendons nombreux·ses !

Fichier attachéTaille Tract313.15 Ko Type:  Article Mardi, 12 Mars, 2019 - 13:39 International Nicaragua
François Calaret

L'heure de la construction de l'Espoir a sonné ! (PST)

1 semaine 2 jours ago

 

Dans les quartiers et villages, dans les usines et les administrations, dans les universités et lycées, etc., organisons des Assemblées Générales, débattons sur les revendications démocratiques et sociales qu'on doit défendre, et surtout, élisons démocratiquement des comités réellement représentatifs de nos aspirations.

La majorité écrasante de notre peuple partage les mêmes aspirations de liberté, de dignité, d'égalité des droits entre les hommes et les femmes, de justice sociale et d'une plus juste répartition de nos richesses nationales.

Basta ! On ne veut plus de la dictature d'une toute petite minorité qui privatise notre Etat et impose à la majorité de notre peuple la loi du marché et de la corruption, la force de l'argent et de la soumission aux intérêts des puissances étrangères.

Organisons nous au plus vite et débattons !
Débattons des choix économiques et sociaux que nous voulons !
Débattons de la séparation des pouvoirs, de la réorganisation démocratique du pouvoir et des institutions!
Débattons de l'égalité des droits entre les hommes et les femmes !
Débattons de la place de nos langues, de notre identité et notre culture !
Débattons de l'Ecole et de l'éducation que nous voulons pour nos enfants !
Débattons du système de santé publique que nous voulons !
Débattons des principes d'une nouvelle constitution et du nouveau projet de société qu'on veut bâtir !

Nous sommes la majorité ! Nous sommes les détenteurs de la souveraineté et la source de toute légitimité !

Nous sommes les citoyens et les citoyennes de ce pays, notre pays !
Nous voulons décider par nous mêmes notre destin !
Nous ne voulons déléguer personne pour parler et décider à notre place sauf les personnes que nous élisons démocratiquement !

Débattons de tout et imposons par nos comités d'auto organisation l'ELECTION D'UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE SOUVERAINE ET REPRÉSENTATIVE DE TOUTES NOS ASPIRATIONS ET NOS ESPOIRS !
Nous sommes la majorité ! Nous sommes les détenteurs de la souveraineté et la source de toute légitimité !
Nous sommes le peuple !
Vive notre combat populaire !
Vive la lutte car seule la lutte paye !

Mahmoud Rechidi, SG du PST

Type:  Article Mardi, 12 Mars, 2019 - 13:32 International Algérie
François Calaret

Pour un plan d’urgence climatique et social !

1 semaine 2 jours ago

Nous, mouvements politiques signataires, appelons ensemble à participer à la MARCHE DU SIÈCLE qui aura lieu le 16 mars prochain, dans plus de 100 villes en France, pour demander que soit mis en œuvre un plan d’urgence climatique et social et une accélération de la transition écologique, pour tous et avec tous.

Les solutions pour enrayer le réchauffement climatique sont connues depuis longtemps. Se déplacer, se nourrir, se loger, se chauffer, produire, consommer autrement c’est possible. Il est temps de les mettre en œuvre, sans en reporter la responsabilité aux générations futures.

Les faits montrent que le gouvernement n’en prend pas la mesure. Il poursuit, au contraire, sa politique néo-libérale, climaticide et répressive.

Les revendications climat portées par les mouvements citoyens, associations, syndicats et partis politiques pour engager réellement la transition ont été collectées et synthétisées. Voici celles prioritaires à nos yeux :

    Vers le 100 % énergies décarbonées

Sortir rapidement des énergies fossiles : fin des soutiens publics et bancaires à ces énergies. Interdiction de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste et de houille.

Soutien fiscal et financier massif au développement des filières d’énergies renouvelables (développement d’un nouveau tissu industriel et de nouveaux emplois).

    Vers une alimentation plus saine

Stopper l’agriculture intensive : interdire définitivement dès 2020 les pesticides les plus dangereux pour la santé et la biodiversité. Réaffirmer l’interdiction stricte de la culture des OGM agricoles. Interdire les fermes usines et la maltraitance animale.

Réorienter les subventions de la PAC vers une agriculture paysanne, écologique et moins carnée, favorisant les circuits courts et qui produit des aliments sains.

    Vers une cohabitation entre l’homme et la nature

Mettre fin aux grands projets inutiles et climaticides contraires à l’intérêt général : Europacity, Montagne d’Or, grands projets autoroutiers et aéroportuaires, forages pétroliers…

Développer les transports en commun et peu polluants, le covoiturage, le vélo, le fret ferroviaire et fluvial, maintenir les petites lignes ferroviaires. Désimperméabiliser les villes, investir dans la préservation et la restauration des sols vivants et des réservoirs de biodiversité.

    Vers une justice climatique, sociale, fiscale et territoriale

Réduire les inégalités économiques et territoriales : Compenser la mobilité contrainte des plus pauvres, renforcer les chèques énergie, rétablir la progressivité de l’impôt. Mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales et des 1 % les plus fortunés. Une taxation carbone mieux ciblée et plus contraignante, appliquer le principe pollueurs-payeurs : basculer la fiscalité carbone sur les entreprises et les transports les plus polluants : avions (kérosène), camions, bateaux (fioul lourd). Interdire à terme la production et l’importation des véhicules essence et diesel.

Réinvestir les recettes dans la transition écologique des mobilités, réorienter l’épargne sur les livrets de développement durable vers des activités 100 % durables et solidaires. Instaurer une taxation sur les transactions financières, et redistribuer les richesses. Pour faciliter une transition écologique socialement juste, augmenter les salaires, les pensions, les retraites, les indemnités de chômage et les minimas sociaux, plafonner les revenus, rétablir l’ISF.

    Vers un engagement solidaire, mesurable et transparent

Exiger que la France tienne ses engagements pris lors de la COP 21, en matière de réduction des GES, c’est-à-dire une baisse mesurable dès 2019 dans le cadre d’une stratégie zéro carbone pour 2050. Fixer des objectifs de réduction d’émission de GES aux très grandes entreprises dont le siège social est en France, en ligne avec les engagements de la France.

Mesurer l’empreinte carbone de la France et par secteurs et la publier annuellement. Ne plus cacher les faits sur l’urgence climatique et l’impact sur l’ensemble des populations du monde.

Ce texte sera diffusé par la presse et les réseaux sociaux et envoyé au Président de la République.

Les mouvements politiques signataires :

    Coopérative Politique Écologique Sociale

    Diem 25

    Ensemble !

    Gauche Démocratique et Sociale

    Génération·s

    La France Insoumise

    Mouvement Écologiste Indépendant

    Nouvelle Donne

    Parti de Gauche

    Parti·e·s Pour La Décroissance

    Parti Communiste Français

Rédaction initiale : Alice Brauns, François Dubreuil, Jeremy Dumont, #unis pour le climat — coorganisateur de la marche du siècle

Type:  Article Mardi, 12 Mars, 2019 - 13:28 Ecologie
François Calaret

Algérie : espoir et vigilance

1 semaine 2 jours ago

 

La population algérienne a repris la rue, digne, calme, tranquille, pacifique (Silmiya). Pendant longtemps, l’image de la violence a collé à l’Algérie : violence de la colonisation, violence de la décolonisation, violence islamiste pendant la « décennie noire » et violence de la répression du pouvoir militaire… Peur du retour de cette violence jusqu’en 2018 qui fait que, malgré quelques velléités, les Algériens n’ont pas participé aux « printemps arabes » de 2011.

Et soudainement, en février 2019, la population algérienne redescend dans la rue pour protester contre le projet de candidature de la momie Bouteflika à un cinquième mandat. Le vendredi (jour férié) 22 février, c’est des dizaines de milliers de personnes qui se retrouvent dans les rues d’Alger (bravant l’interdiction de manifester dans la capitale qui date de 2001), ainsi que dans les principales villes algériennes. Le 1er mars, les manifestants sont des centaines de milliers dans toutes les grandes villes algériennes, le 8 mars, ils sont des millions (dont plus d’un million à Alger), dans les grandes villes, mais aussi les petites ; en semaine, différents groupes sociaux (avocats, journalistes, étudiants…) descendent à leur tour dans la rue. Ces manifestations du vendredi 8 mars -où les femmes étaient particulièrement nombreuses- sont les plus importantes de l’histoire de l’Algérie indépendante, c’est une lame de fond.

Comment expliquer ce phénomène qui semble surgir du néant, d’autant plus qu’en décembre dernier, alors que les premières rumeurs d’une nouvelle candidature de Boutef’ commençaient à circuler, des appels à manifester à Alger n’avaient eu aucun écho ? Il est bien évident que la théorie de la manipulation par l’un des clans au pouvoir (comme cela avait été le cas à l’automne 1988) ne tient pas. C’est la jeunesse -celle qui est née à la fin, ou après la « décennie noire », qui n’a pas connu d’autre président que Bouteflika- qui est la première à descendre dans la rue suite à des appels à manifester contre le cinquième mandat dans les réseaux sociaux.
Ce qui est remarquable, c’est la résilience de cette jeunesse qui est passée au-delà de la peur de la génération précédente, qui ne veut pas revivre la tragédie des années quatre-vingt-dix, qui n’en peut plus de la gérontocratie mafieuse qui s’accroche au pouvoir comme une sangsue, mais une jeunesse qui veut simplement vivre dans une Algérie libre et démocratique et qui invente des formes de dissidence alternative en rupture avec les schémas du passé (les syndicats et les partis politiques -à de rares exceptions près- sont absents des mobilisations). Mais cette jeunesse n’est pas seule, elle a été rejointe par la génération précédente, celle qui devrait aujourd’hui détenir le pouvoir économique et politique, et même par des anciens combattants de la guerre de libération (il faut noter en particulier la présence aux manifestations de Djamila Bouhired, 84 ans, icône de la Bataille d’Alger de 1957, torturée et condamnée à mort).

Ce qui est très nouveau aussi, ce sont les formes de ces manifestations. Elles sont joyeuses, respectueuses (par exemple quand un cortège passe devant un hôpital, il devient silencieux pour ne pas gêner les malades) ; des petits groupes plus organisés essaient d’éviter les frictions avec les forces de sécurité et parfois offrent des fleurs (de ce fait, les incidents sont rares ; il y en a cependant eu à Alger à la fin de la manifestation du 8 mars, mais ils sont restés circonscrits) ; d’autres -et parfois des habitants qui regardent passer les manifestants- offrent des bouteilles d’eau ; à la fin des manifestations, des groupes de jeunes nettoient les rues … Et toujours l’humour incisif qui brocarde les puissants et en particulier « le cadre », c’est-à-dire la photo de Bouteflika encadrée qui supplée l’absence systématique du président aux cérémonies officielles ; sur les pancartes, on peut voire des centaines d’annotations humoristiques, parfois « gentilles » telle « Tant qu’à être dirigés par un cadre, il vaut mieux que ce soit Mona Lisa », parfois provocatrices comme celle d’une étudiante « Le clan Boutef n’aura même pas notre soutien-gorge », mais aussi plus critiques « Tous les pays ont une mafia, mais la mafia a un pays : l’Algérie ».

Ce n’est pas seulement le cinquième mandat que le peuple algérien remet en cause aujourd’hui, c’est tout le système de prévarication, de corruption qui, certes, a commencé à se développer dès la présidence de Ben Bella (1962-1965), mais qui a atteint un degré inégalé depuis que Bouteflika est au pouvoir avec son clan qui monopolise une part importante de la rente des hydrocarbures. Beaucoup aujourd’hui demandent une seconde République basée sur l’élection d’une assemblée constituante et parlent d’une seconde libération. La lame de fond qui balaie l’Algérie emportera t-elle le  « système » ? En a t-elle les moyens ? L’importance des mobilisations en est une force, le pouvoir hésite, d’autant plus que la puissante ONM (Organisation nationale des Moudjahidine -anciens combattants de la guerre de libération) a retiré son soutien à Bouteflika et que, sans faire pour l’instant tache d’huile, les défections se développent parmi le patronat affairiste et certains parlementaires.

Le retour de Bouteflika à Alger dimanche soir 10 mars a rapidement eu une traduction politique : lundi soir, le projet de cinquième mandat est abandonné, la présidentielle du 18 avril est repoussée (illégalement ?), le premier ministre, l’impopulaire Ahmed Ouyahia, est limogé, une conférence nationale sera organisée et une nouvelle constitution sera soumise à référendum. Une première victoire pour les manifestants, c’est ce que pensent certains… mais la réalité ne me semble pas aussi positive : Bouteflika reste au pouvoir pour une durée indéterminée et le « système », en faisant sauter le fusible Bouteflika et en repoussant la présidentielle, se donne le temps de préparer sa succession, c’est-à-dire à tenter de garder le pouvoir et la rente. Comment réagira la population ? Déjà un quatrième vendredi de manifestations se prépare pour le 15 mars. Qu’en sortira t-il ? Il est bien évidemment trop tôt pour le dire, mais je ne pense pas que les annonces de ce soir soient satisfaisantes pour tous les Algériens : c’est le « système » que beaucoup veulent changer, pas seulement un homme.

Jacques Fontaine

NB : L’histoire étant en train de s’écrire, il n’est évidemment pas possible de tirer des conclusions actuellement.

Type:  Article Mardi, 12 Mars, 2019 - 13:25 International Algérie
François Calaret

"La Démocratie en Procès"

1 semaine 6 jours ago

A un mois de l' ouverture du procès contre les prisonniers politiques catalans (procès qui devrait se poursuivre jusqu' a la fin avril), il est temps, de faire un premier point, avec les avocats et militants qui ont participe aux premieres sessions du proces:

REUNION - DEBAT vendredi 15 mars 

a 19h Bourse du Travail 3 rue du Château d'eau Paris (métro République) Salle Eugène Varlin.

       - Maitre Claire Dujardin, du syndicat des Avocats de France (SAF). avocate a Toulouse

       - Eulalia Reguant ( ex députée au Parlement de Catalogne --Conseillère municipale de la ville de Barcelone pour la CUP) qui a temoigne au proces et contribue a un des premiers tournants du proces en refusant de repondre au representant de l' extreme droite Vox siegeant scandaleusement au banc de l' accusation,
informeront et apporteront  leurs appréciations sur  le déroulement du procès.

    - Un  court reportage du CDRParis sur les juges et les accusés de ce procès inique ouvrira la reunion.
Au cours du débat nous  examinerons les nouvelles initiatives que nous devons prendre en defense des prisonniers, menaces de lourdes peines de prison pour avoir voulu exercer leur droit a voter et a décider le 1er Octobre 2017.

Ce qui se joue a Madrid dans ce procès,  ce ne sont pas seulement la défense et l' extension  des droits et libertés démocratiques dans l' Etat espagnol, il s' agit d' un enjeu qui intéresse l' ensemble de l' Europe dont notre pays, face a des processus de régression et d' autoritarismes antidemocratiques extrêmement inquiétants.
Paris le 6 mars 2019

Collectif de signataires pour la libération des prisonniers politiques catalans

Premiers signataires :

Nicole Abravanel (Paris) Historienne, LDH/Ehess, Tariq Ali (Londres) Écrivain, Verveine Angeli (Paris) Secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires, Armand Ajzenberg (Férolles-Attilly) Editeur, Christine Arrighi Secrétaire régionale EELV MP Occitanie, Laura Azni (Paris) Universitaire, Ludivine Bantigny (Rouen) Historienne, Frank Barat (Belgique) Journaliste, Béatrice Barbey Cardoso (Genève) Syndicaliste enseignante, Francine Bavay (Paris) Conseillère municipale XIè arrondissement, Esther Benbassa (Paris) Sénatrice Europe Ecologie Les Verts, Jérémy Berthuin (Nîmes) Union départementale Solidaires Gard, Nicolas Berjoan Secrétaire départemental EELV Pays-Catalan, Porte-parole régionale EELV Languedoc-Roussillon, Olivier Besancenot (Paris) Ancien candidat à l’élection présidentielle, Alain Bihr (Strasbourg) Professeur émérite de sociologie, Daniel Boitier (Roanne) Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l'Homme, Olivier Bonfond (Belgique) Économiste, Frédéric Borras (Toulouse) Ensemble Insoumis, Benoît Borrits (Paris) Chercheur, Saïd Bouamama (Lille) Sociologue, Jean Boucher (Conflent) Secrétaire de l'Union locale CGT, José Bové (Larzac) Député européen, Gael Briand (Bretagne) Rédacteur en chef du magazine Le Peuple breton, Vincent Bruand (Paris), Houria Bouteldja (Paris) Parti des Indigènes de la République, Jordi Caballé (Paris) Enseignante retraité, syndicat CFDT, Marie Caballé-Wettler (Paris) Psychiatre et psychanalyste, Lluis Caballé (La Baume Cornillane) Psychanalyste, Judith Carmona Conseillère régionale Occitanie, Michel Cahen (Bordeaux) Directeur de recherche CNRS, HDR, Dominique Calmé (Paris) Retraité, Michel Chabasse (Pyrénées-Orientales) Secrétaire de l'USR CGT 66, Gérard Chaouat (Paris) Médecin, Chercheur, Martial Chappet (Paris) Union départementale Solidaires Paris, Nara Cladera (Aspet) Union syndicale Solidaires-Réseau syndical internationale de solidarité et de luttes, Raphaël Confiant (Martinique) Écrivain, Michèle Comps (Occitanie) Europe Ecologie Les Verts (Bureau Régional), Eric Coquerel (Seine Saint Denis) Député LFI de Seine Saint Denis, Philippe Corcuff (Lyon) Maître de conférences de science politique à l'IEP de Lyon, Sergio Coronado (Paris) Ex-député EELV, Annick Coupé (Paris) Secrétaire générale de ATTAC-France, Pierre Cours Salies (Montreuil) Professeur émérite Sociologue Paris 8, Guillaume Cros Vice-Président de la Région Occitanie, EELV, Juan Cuesta Barros (Belgique) Syndicaliste et Militant Anti-Capitaliste, Thierry Cusson (Paris) Cadre de banque, Christian Dandrès (Genève) Juriste, député canton de Genève, Pierre Dardot (Paris) Philosophe, Eric Decamps (Toulouse) Secrétaire Fédéral SUD-Rail, Bruno Della Sudda (Alpes-Maritimes) Enseignant, membre d'Ensemble! et du Collectif des Alpes-Maritimes de Solidarité avec le peuple catalan, Jacques Denis (Nancy) Union départementale Solidaires Meurthe-et-Moselle, Daniel Desmé (Meux) Ensemble!, Hélène Do Ich (Roanne) Psychologue, Laurent Doucet (Limoges) Poète, CoDirecteur revue A Litterature-Action, Claire Dujardin (Toulouse) Avocate, Robert Duguet  (Crosne) Professeur, militant politique, Alicia Dujovne Ortiz (Paris) Écrivaine, Thierry Dupassieux (Savoie) candidat EELV, Virginie Duval (Paris) Syndicat National ASSO-Solidaires, Stéphane Enjalran (Lille) Secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires, Didier Epsztajn (Paris) Animateur du Blog “entre les lignes entre les mots”, Annie Eskenazi (Paris) Enseignante, militante syndicaliste au Spep-Cfdt de Paris, Marie-Christine Etelin (Toulouse) avocate honoraire, Emile Fabrol (Bobigny) Informaticien, NPA, Patrick Farbiaz (Paris) Ecologie Sociale, Eric Fassin (Paris) Sociologue, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Gérard Filoche (Paris) Gauche démocratique et sociale, Sylviane Franzetti (Provence) Partit occitan, Bernard Fischer (Mitry Mory) Employé de la Sécurité Sociale, Jean-Jacques Gandini (Paris) Ex-président national du Syndicat des avocats de France, David Garcia (Lyon) Union départementale Solidaires Rhône, Isabelle Garo (Paris) Enseignante, Philosophe, Franck Gaudichaud (Grenoble) Enseignant-chercheur Université Grenoble-Alpes, Jean-Paul Gautier (Paris) Historien, Aurélie Genolher Conseillère Régionale EELV de la Région Occitanie, Valérie Ginet (Paris) secrétaire SPEP CFDT, Louis Gill (Montréal) Économiste, Gérard Gueniffey (Saint Nazaire) Syndicaliste, Michel Guerre (Paris) Syndicat Sud Ptt Postaux Paris, Guillaume de Gracia (Toulouse) Enseignant et anthropologue, Ines Hortensia (Perpignan) Union syndicale départementale Solidaires Pyrénées-Orientales, Léa Innocenzi Enseignante retraitée, Pierre Khalfa (Paris) Fondation Copernic, Stathis Kouvelakis (Londres) Enseignant-chercheur au King's Collège Londres, Alain Krivine (Paris) Ancien candidat à l’élection présidentielle, Jean-Yves Lalanne (Billère) Maire de Billère, VP de l'agglomération Pau Béarn Pyrénées, Agnès Langevine (Perpignan) Vice présidente de la Région Occitanie, Élue écologiste du Pays Catalan-Perpignan, Christian Laval (Paris-Nanterre) Sociologue, Henri Leclerc (Paris) Avocat des Droits de l'Homme, Christophe Lemasson (Bretagne) Enseignant, Madeleine Lenfant (Mouans-Sartoux) Enseignante à la retraite, Patrick Le Trehondal (Paris) Editions Syllepse, Lluís Llach (Catalogne) Chanteur, ex-député, Dario Lopreno (Genève) Syndicaliste SSP-VOPD, Michael Löwy (Paris) Sociologue, altermondialiste, Christian Mahieux (Villeneuve Saint Georges) Union syndicale Solidaires-Réseau syndical international de solidarité et de luttes, Pere Manzanares Responsable culturel et associatif en Catalogne Nord, EELV, Noël Mamère (Gironde) Ex député, Maire de Bègles, Jean-Claude Mamet (Ivry -sur -Seine) CGT, Robert March (Paris) Maître de conférence ENSA, Henri Mermé commission internationale Ensemble!, Myriam Martin (Occitanie) Ensemble, Conseillère régionale France Insoumise, Gus Massiah (Paris ) CEDETIM, Eugènia Mariné Barjoan (Alpes Maritimes) Médecin, Collectif de solidarité avec le peuple catalan, Roland Merieux (Paris) Ensemble!, Katia Mingo (Perpignan) EELV, Paul Molac (Morbihan) Député de la 4e circonscription du Morbihan en Bretagne, R. Molo (Genève) Juriste, Thierry Monier (Paris) Psychothérapeute, Bénédicte Monville-De Secco (IDF) Conseiller régional IDF, Écologiste, Véronique Nahoum-Grappe (Paris) Anthropologue, Jean-Luc Nancy (Strasbourg) professeur de philosophie, université de Strasbourg, Antonio Negri (Paris) Philosophe, Richard Neuville (Ardèche) Ensemble! «Commission Etat espagnol», Gérard Onesta (Occitanie) Membre de EELV, Président du Bureau de l’Assemblée du Conseil Régional d’Occitanie, Ancien Vice Président du Parlement Européen, Artee Parnray Membre du Conseil Fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts, Ugo Palheta (Lille) Sociologue-chercheur Université de Lille, Francisco Pallarés Aran (St Michel sur Orge) Enseignant, Jean-François Pellissier (Paris) Co-porte parole d'Ensemble, Dominique Petitdemange (Paris), Jaume Pigaillem (Paris) Alternative et Autogestion, Phryné Pigenet Chercheur en histoire de l'exil catalan, Sergi Pino (Bellinzona) Syndicaliste enseignant, Christophe Pistorizzi (Corse) Secrétaire aux relations internationales du Sindicati di i travagliadori corsi, Paola Polacco Sandersley (Alpes Maritimes ) Collectif de Solidarité avec le Peuple Catalan, Robert Pollard (Nice) Professeur, Robert Pot (Barneville-Carteret), Dolores Ponramon (Roanne) Militante de la Ligue des Droits de l’Homme, Richard Poulin (Montréal) Éditeur M Editeur, Christine Poupin (Rouen) Porte-parole NPA, Philippe Poutou (Bordeaux) ancien candidat à l’élection présidentielle, Vincent Presumey (Allier) Secrétaire départemental FSU Allier, Stefanie Presiozo (Lausanne) Historienne, Bernard Prieur (Ivry) Fonctionnaire, Matteo Pronzini (Bellinzona) Membre de la direction nationale du syndicat UNIA, Antoine Puig-Caixas (Haute-Loire) retraité, USR43 CGT, RESF43, Jean Puyade (Paris) Professeur, Antoine Rabadan (Montpellier) Enseignant, NPA, Jean Marc Rafenberg (Paris) SEPEF CFDT, Alain Remoiville CGT Chimie 33, Muriel Ressiguier (Hérault) député LFI 2ème circonscription de l'Hérault, René Revol (Grabels) Maire de Grabels, Geneviève de Rham (Lausanne) Animatrice nationale de la grève de femmes pour juin 2019, Bernard Richard (Paris) Cinéaste, Michèle Riot-Sarcey (Paris) Historienne, Jean Michel Rodrigo (Paris) Cinéaste Producteur Indépendant, André Rosevègue (Talence), Théo Roumier revue Les Utopiques, Union syndicale Solidaires, Patric Roux Conseiller Régional d'Occitanie, Hélène Rubinstein-Carrera (Paris) Avocat honoraire au barreau de Paris, Lluis Sala-Molins Professeur honoraire de Philosophie Politique, écrivain, Julien Salingue (Paris) Docteur en Sciences politiques, membre de la direction du NPA, Pierre Salvaing (Brive-la-Gaillarde ) Enseignant retraité, Catherine Samary Économiste, altermondialiste, Mariana Sanchez (Paris) Journaliste SNJ CGT, Martine Sanchez (Paris) SPEP CFDT, Georges Sarda (Paris) Enseignant, NPA, Philippe Schmidt (Zurich) Enseignant, responsable de L’Autre Davos, Pinar Seleck (Nice) Sociologue, Denis Sieffert (Paris) Directeur de "Politis", Patrick Silberstein (Paris) Editions Syllepse, Bruno Slama (Clermont Ferrand) Prof. retraité-Éditeur de Logiciels-PS (Conseil Fédéral) SNES, Francis Sitel (Paris) Ensemble!, Benjamin Stora (Paris) Historien, Marie Claude Tabar-Nouval (Paris), Patrice Tabar Nouval (Paris), Éric Toussaint (Belgique) porte-parole CADTM international (Comité pour l’Abolition des dettes illégitimes), Josette Trat (Paris) Sociologue, ancienne maîtresse de conférence à Paris 8, Bernard Trinquet retraité, syndicaliste, Jacqueline Trinquet enseignante retraitée, Charles-André Udry (Lausanne) Site A l’encontre, éditions page deux, Raymond Vacheron (Haute-Loire) Syndicaliste, Serge Vandepoorte (Corse) militant A Manca, Christian Varin (Paris) NPA, Marie-Christine Vergiat Euro-Député Gauche européenne, Elvira Vidal (Paris) Peintre, Georges Vidal (Villemomble), Marie-Pierre Vieu Euro députée PCF Gauche européenne, Emmanuel Vire (Paris) Journaliste, SNJ CGT, Guillermo Wolf (Angers) Union départementale Solidaires Maine-et Loire, Pierre Zarka (Saône et Loire ) Communiste unitaire, Michèle Zémor (Île de France) EELV, Ex-Conseillère région Île de France et Vice Présidente agglomération Plaine Commune

Type:  Article Vendredi, 8 Mars, 2019 - 11:20 International Catalogne
François Calaret

Communiqué du PST, organisation politique socialiste Algérienne, en solidarité avec la 4ème internationale.

2 semaines 1 jour ago
PST حــــــزب العمـــــــال الاشـــــــــتراكي موقع

Non à la présidentielle ! Non à la continuité du système !

Pour l’élection d’une assemblée constituante !

Les gigantesques mobilisations populaires de ces dix jours qui ont ébranlé le pouvoir autoritaire de Bouteflika, n’ont pas suffit à le faire renoncer à un 5éme mandat.

Sa réponse tant attendue ce dimanche 03 mars, s’est avérée être une farce de mauvais goût. Non seulement Bouteflika brigue un nouveau mandat, mais en plus il décide d’imposer une nouvelle constitution et des réformes économiques, forcément ultra libérales tel que réclamé par le FMI et la Banque Mondiale. A l’évidence, il s’agit de lifter une façade « démocratique » complètement lézardée et discréditée, de gagner du temps pour réorganiser le régime totalement décrié par la révolte en cours et assurer une sorte de « transition contrôlée ».

En réalité, à travers la pirouette de la conférence nationale, qui ne sera ni élue ni légitime, il propose un semblant de concession, non pas au peuple qui réclame la chute de ce système autoritaire et antisocial, mais à l’autre faction, oligarchique et libérale, qui n’a pas cessé de revendiquer le partage du pouvoir et qui semble parrainer l’ex général candidat à cette présidentielle, Ali Laghdiri.

Le PST appelle à rejeter catégoriquement cette élection présidentielle qui sert la continuité du système. Ce n’est ni à Bouteflika et sa faction, ni aux patrons oligarques multimilliardaires, qui ne réclament que leur réintégration au sein du pouvoir politique, ni aux puissances étrangères impérialistes et leurs multinationales, de décider de notre constitution, de nos libertés, de nos choix économiques et de notre projet de société ! C’est aux millions de travailleurs, de chômeurs, de femmes, de jeunes, d’étudiants, de paysans pauvres et de tous les démunis, qui viennent de donner une leçon de lutte et courage, de décider de leur avenir!. Oui, c’est au peuple de décider souverainement car il est la seule source de légitimité !

C’est pourquoi il est impératif de maintenir notre mobilisation, d’engager la mise en place de l’auto organisation démocratique des masses dans les quartiers populaires, les lieux de travail, les universités, et partout ou c’est possible, qui engageront le débat sur les modalités d’élection de l’assemblée constituante souveraine, représentative des aspirations de liberté et de justice sociale de la majorité de notre peuple. En parallèle, le recours à une grève générale pour imposer ces changements auxquels on aspire reste une option envisageable à ne pas exclure.

Notre pays est à un tournant historique. Le PST réitère son appel insistant à l’unité et à la convergence de toutes les forces et les énergies politiques et sociales pour élargir la brèche de cette possible ouverture démocratique, pour stopper les politiques libérales ainsi que le suicide économique et le désastre social qu’elles engendrent et, par ailleurs, pour faire face à toutes les menaces et les pressions des puissances impérialistes dans le but d’assurer la sauvegarde de notre souveraineté et de notre indépendance nationale.

    Non au 5 éme mandat, non à la continuité du système et ses institutions illégitimes !
    Non à l’élection présidentielle du 18 avril, pour l’élection d’une Assemblée Constituante Souveraine représentative de nos aspirations démocratiques et sociales !
    Pour le maintien de la mobilisation et des manifestations populaires !
    Pour la défense de notre souveraineté et notre indépendance nationale !

 

Secrétariat National du PST.

Alger, le 03 Mars 2019.

Type:  Article Mercredi, 6 Mars, 2019 - 17:42 International Actualités
TheStyx

16 mars, contre le racisme et les violences policières : Marche des solidarités !

2 semaines 1 jour ago

 

La Marche des Solidarités 2019 aura lieu le 16 mars (13h Place de la Madeleine à Paris) à l'appel des familles des victimes des violences policières, des collectifs de sans-papiers, des résident-es des foyers, des associations de l'immigration et des quartiers. Elle s’inscrit dans le cadre d’une Journée internationale contre le racisme.

Pour Ensemble, combattre le racisme n’est pas une simple option. « Un peuple divisé en lui-même ne peut pas être une force de transformation sociale » (Texte d’orientation antiraciste, 2017). Il s’agit d’une bataille que la gauche aujourd’hui doit prendre à bras le corps, sans la séparer de notre stratégie anticapitaliste.

La haine et le mépris des Juif-ves, des Musulman-es, des Arabes, des Noir-es, des Rroms, des Asiatiques, des immigré-es, des travailleur-ses détaché-es, des migrant-es gangrènent notre société. Ils visent de nouveaux et de nouvelles arrivant-es, mais aussi des populations installées de longue date pour lesquelles l’ « excuse » de l’ignorance ou de la peur de l’Autre n’existe pas.

Ces racismes ont des ressorts anciens, liés à notre histoire esclavagiste et coloniale, au renouvellement d’un antisémitisme séculaire. Ils trouvent une nouvelle énergie dans les crises économiques, sociales, démocratiques et écologiques et dans les guerres, comme au Moyen-Orient ou en Afrique. Ils sont constamment ravivés, parfois sous des formes nouvelles, pour servir d’arme des dominant-es dans le but de nous diviser.
Sur les lieux de travail, dans l’espace public, dans les médias, sur les réseaux sociaux qui deviennent un terrain de chasse de l’extrême-droite et des complotistes en tous genres, aucune manifestation du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie ne doit être tolérée.

Mais le racisme n’est pas un simple problème individuel ou du « vivre-ensemble ». Il est systématisé, ancré dans nos institutions, et il a de puissants relais dans les médias et dans le monde politique. De multiples discriminations existent, dans l’accès à l’emploi, à la formation, au logement et aux services publics, en matière d’orientation scolaire, dans l’image des populations discriminées renvoyée par les médias, voire, sous un faux prétexte de « défense de la laïcité », dans l’accès aux loisirs ou à la participation à la vie scolaire.

Le racisme parfois meurtrier des forces de l’Etat (contrôles aux faciès, interventions dans les quartiers populaires qui ont servi de précédent pour la répression des manifestants contre la Loi Travail, des Gilets jaunes …) n’est plus à démontrer.

Ensemble appelle à se joindre à la Marche, et appuie ses revendications et d’autres, comme :

- Vérité et justice pour les victimes des violences policières !
- Interdiction des LBD et d’autres armes de répression massive !
- Régularisation de tous les sans-papiers !
- Liberté de circulation et d’installation, abrogation de la Loi asile-immigration, pour un traitement digne des migrant-es !
- Non à la criminalisation de la solidarité !
- Droit de vote pour tou-tes les résident-es à tous les niveaux (local, national, européen) !

Mobilisons-nous contre le racisme et le fascisme, combattons l’extrême-droite et ses complices !

Colin Falconer

Type:  Article Mercredi, 6 Mars, 2019 - 11:36 Anti-racisme
François Calaret

La raison capitaliste et l’offre raisonnable

2 semaines 2 jours ago

Le décret du 28 décembre 2018  a fait parler de lui . Beaucoup ont « découvert » alors la logique de la loi Pénicaud : sous un discours social « choisir son avenir professionnel » elle renforce la contrainte sur les chômeur-euse-s  pour les obliger à accepter n’importe quel emploi selon les besoins d’un marché du travail reflet des exigences du capital : emplois précaires, salariés pauvres, dé-salarisation (Micro- entrepreneurs,  employés des plates formes et autres formes de travail  juridiquement indépendants).

A juste titre, l’accent a été mis sur la rationalisation des contrôles et sanctions pour les rendre plus faciles à mettre en œuvre donc plus efficaces du point de vue du Capital. Pour ce faire le respect des droits élémentaires -mais fondamentaux- est réduit au (strict) minimum :  ce qui signifie pour des chômeur-euse-s, broyé-e-s par la machine Pôle Emploi, l’impossibilité ou presque de se défendre . Le défenseur des droits a proposé des mesures pour que les droits des personnes ne soient pas niés au profit de la « lutte contre la fraude » comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui : aucune de ces propositions ne trouve de traduction dans cette loi. Nulle part dans les textes préparatoires à la loi – en particulier dans l’étude d’impact sur laquelle nous reviendrons-  on ne trouve d’analyse, ni à fortiori de réponses à ces questions. Les experts des ministères restent trop enfermés dans leur idéologie du chômeur fraudeur. Plus globalement les chômeur-euse-s pâtissent du recul des droits (du travail d’abord, mais aussi du recul des garanties juridiques, devant le souci « d’efficacité » économique).

Dans les nombreuses dénonciations du recul social, les uns et les autres ont porté trop peu d’attention à la nouvelle définition de l’offre raisonnable d’emploi (ORE). Il est vrai que ce moyen de radier  (le refus de l’ORE) n’est pas nouveau. Mais si le ministre a choisi de la modifier il faut y voir un choix stratégique qui ne se limite pas à « l’amélioration »  des sanctions.

Ministre sociale ou DRH de choc ?

Muriel Pénicaud, relayée par ses services, avec la complaisance de journalistes, cherche à présenter la réforme de l’ORE comme une avancée sociale en faveur des personnes les plus en difficultés. Dans ce discours, les garanties juridiques communes de l’ORE jusqu’alors en vigueur seraient  trop rigides pour celles et ceux qui rencontrent le plus de problèmes dans  leur retour à l’emploi : « doit on traiter de la même manière un ouvrier qualifié dont la qualification est demandée dans  et une femme mère célibataire qui n’a pas les moyens de se déplacer comme le premier ? » nous dit on comme si les règles applicables à toutes et tous étaient d’abord des contraintes qui s’imposent et non un filet de sécurité .

De plus, l’étude  d’impact évoquée plus haut montre clairement que cette offre raisonnable s’est précisée au cours des textes pour pouvoir prendre en compte la situation de chacun-e tout en construisant des critères précis qui permettent d’apprécier si  un refus  est légitime ou pas.

Pourtant , plus loin dans l’étude d’impact (dans la partie « obligation de légiférer »)c’est l’inverse qui est écrit : « sa définition obéit également, après trois mois, à des critères législatifs mécaniques (souligné par nous), qui ne sont pas personnalisés. » Comment expliquer cette contradiction ?

Parce que la rigueur de  l’encadrement juridique de l’art  L. 5411-6-1  donne trop de marge de discussion aux chômeur-euse-s et autoriserait les mises en échec volontaires du demandeur d’emploi dans son recrutement : une telle argumentation se fonde sur une conception du chômeur-euse-s comme un adversaire à combattre (d’abord un fraudeur potentiel qu’il s’agit de neutraliser préventivement). Dès lors l’obligation de changer l’ORE est définie plus précisément dans le paragraphe suivant : « De fait, le dispositif apparaît inopérant dans les faits avec des sanctions par Pôle emploi pour refus d’offre raisonnable d’emploi quasi inexistantes : 111 décisions de radiation sur les 626 237 radiations prononcées en 2016, soit 0,02 %. ». Dans le Calvados et la Manche seules 24 le sont pour refus d’emploi ( à comparer aux 5183 pour « non réponse aux convocations »).  La modification de l’ORE vise à accroître les radiations pour ce motif  : ce seront, une fois de plus, celles et ceux qui ne savent pas se débrouiller avec les règles de Pôle Emploi qui en seront les principales victimes. Et qui de ce fait seront les plus contraint-e-s. Une fois de plus le discours officiel nous dit l’inverse de ce qu’il met en œuvre. Loin d’être dans le social (même à la mode dame patronnesse qui sied à une DRH) Pénicaud a produit un dispositif particulièrement répressif de patron de choc.

Mais « en même temps » c’est une vision libérale qui se met en œuvre en termes de contrat individuel  à la place de la loi ( ou même d’un contrat collectif).

Les garanties juridiques remplacés par la négociation

Le gouvernement part d’un constat, mis en avant dans l’étude d’impact : « la réalité du marché du travail n’est pas la même sur l’ensemble du territoire, et appliquer des critères d’ORE uniformes apparaît inéquitable. De même, l’ensemble des demandeurs d’emploi ne sont pas dans la même situation personnelle (mobilité, enfants à charges..). L’uniformité des critères apparaît à cet égard également injuste. » Comme à chaque fois que l’on veut justifier un recul social, c’est la diversité des situations qui est mise en avant comme si dans les années précédentes les emplois étaient parfaitement homogènes, et comme si la segmentation du salariat était une évolution naturelle que la loi devrait obligatoirement  traduire. Les stratégies du Capital, sa reconstruction d’un marché du travail adapté sont complètement laissés de côté  dans un  constat qui incorpore la vision du monde capitaliste, celle là même  qu’il  faudrait remettre en cause pour abolir le chômage.  La seule réponse c’est moins de règles, plus de souplesse.

Du coup « l’ensemble des dispositions relatives aux délais et aux critères automatiques et généraux d’évolution de l’ORE sont supprimées car peu opérationnelles ». Ce qui encadrait par le droit les relations entre demandeur-euse-s d’emploi et Pôle Emploi et permettait le recours au juge est supprimé . L’ORE est désormais le résultat d’une discussion « en toute confiance » entre le chômeur-euse-s et son conseiller. Il s’agit maintenant d’une ORE personnalisée avec peu de critères généraux, elle peut être adaptée périodiquement : le but « intégrer l’ORE dans un système plus large de mobilisation, de suivi et de contrôle fondé sur les différents outils mis en place par la réforme (amélioration du suivi de la recherche d’emploi, remobilisation, contrôle de l’insuffisance de recherche d’emploi, meilleure efficacité de la sanction par le transfert de la compétence résiduelle de l’État à Pôle emploi) ». Contrôles et sanctions restent les seules dispositions collectives et ce n’est pas pour rien que les seules dispositions de la loi « Choisir son avenir professionnel » concernant les chômeur-euse-s soient dans ce domaine.

Bien sur, le discours gouvernemental peut claironner qu’en faisant évoluer l’ORE de façon personnalisée la loi veut  «  protéger les droits de la personne dans le cadre de la relation de confiance entre le demandeur d’emploi et le conseiller référent » les conséquences sont au contraire une atteinte à ces droits.
A l’égalité des toutes et tous devant la loi on substitue des traitements différents selon les « capacités à négocier » de chacun-e. Selon le bagage culturel, l’expérience sociale, la maîtrise des règles  les résultats seront différents. Cette rupture d’égalité est une rupture avec un principe essentiel du droit et une aspiration populaire dont on vérifie chaque jour la force, deux visions radicalement différentes de la devise Liberté Egalité, Fraternité. La fiction de la responsabilité personnelle qui doit primer sur les principes fondamentaux est à la base de la priorité donnée à la négociation. Il est d’ailleurs symptomatique que l’étude d’impact ne cite qu’un article du préambule de la Constitution (partie cadre constitutionnel ») « « chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances »(art 5) en oubliant un autre aussi important mais bien mal adapté à ce projet «Tout être humain qui, en raison...de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence ».(art 11).

Mais au delà de la production d’inégalités entre les chômeur-euse-s venant redoubler celles  du travail la contractualisation de l’avenir professionnel nous fait revenir aux temps d’avant les législations du travail, cette époque où le contrat de travail se négociait « librement » entre salarié et parton, égaux dans cette négociation. On pouvait penser qu’un siècle et demi de débats sur le code du travail  avait modifié définitivement une telle façon de voir : il semblait évident pour tout le monde que la relation était inégalitaire et que dans ce cadre il ne pouvait y avoir une vraie négociation l’un des contractant étant  sous la contrainte (obligation de vendre sa force de travail).

Comment penser que la négociation entre chômeur-euse et Pôle Emploi pouvait être différent ? L’empathie individuelle des conseillers ne peut être une réponse : les conditions et la charge de travail, la « culture d’entreprise de Pôle Emploi » avec sa vision suspicieuse du chômeur-euse, le recours à des contrôleurs et une supervision, l’automaticité des procédures laissant de moins en moins de place au savoir-faire professionnel  s’opposent à un exercice professionnel social prenant le temps d’une vraie discussion  avec les personnes. 
Mais au delà, il y a inégalité dans les savoirs entre Pôle Emploi et ses usagers : quel prise peut avoir le chômeur-euse sur des critère aussi flous que « les compétences acquises au cours de ses expériences professionnelles » (très différent de la qualification reconnue légalement) , ou sur « la situation du marché du travail local » ? Autant de limites qui réduisent beaucoup  son libre choix ce  d’autant plus que le marché du travail est défini par l’offre d’emploi des entreprises en fonction de leurs besoins immédiats et qu’il en est de même pour la formation que Macron et sa bande nous présentent comme la vraie contrepartie sociale.   En fait loin d’être un service public, outil pour les demandeurs d’emploi et pour une politique d’emploi de qualité, Pôle Emploi  est l’instrument du Capital dans sa gestion de la main- d’œuvre et fonctionne selon des principes libéraux les plus extrêmes : peu ou pas de droits pour les chômeur-euse-s permet une soumission accrue des salariés mais aussi des faux indépendants. Avec l’offre négociée dans ces conditions nous nous éloignons encore  de la déclaration de Philadelphie de l’OIT en 1944 qui demandait aux Etats de permettre  « l’emploi des travailleurs à des occupations où ils aient la satisfaction de donner toute la mesure de leur habileté et de leurs connaissances et de contribuer le mieux au bien-être commun ».

Ces principes oubliés par les libéraux doivent continuer à nous guider pour abolir le chômage en exigeant :

– la continuité du salaire nécessaire pour sortir du chômage sanction pour aller vers la reconnaissance du droit à l’emploi et au salaire comme le demandent les syndicats opposés au simple accompagnement du chômage et de la misère

– le droit de choisir son emploi et les formations que revendiquent depuis longtemps les associations et syndicats de chômeurs ce qui implique la démocratisation des choix de l’avenir professionnel par la définition démocratique des politiques d’emploi.

– la gestion démocratique de l’indemnisation chômage : un salaire socialisé ne peut être géré ni par le patronat, ni par l’État, mais  par les représentants des salarié-é-s et des chômeurs.

Si choisir son avenir professionnel ne peut être fait à la  place des interessé-e-s par des experts qui prétendent savoir ce qui est bon à la place des premiers, il ne peut être que la conséquence d’un fonctionnement démocratique de la société qui mette en cause le droit de propriété qui est d’user et d’abuser de la chose dont on est propriétaire au dépens des autres  et de la nature.

Etienne Adam

Type:  Article Mardi, 5 Mars, 2019 - 11:23 Travail
François Calaret

« Pour les migrants, contre les murs » à Paris le 30 mars

2 semaines 3 jours ago

Le 30 mars à Paris, à l’auditorium du musée de l’immigration, dans le palais de la Porte Dorée, est organisée une journée d’études sur le thème des migrations, intitulé « pour les migrants, contre les murs ».

A l’heure des grandes fermetures, des constructions de murs et de miradors dans un nombre grandissants de d’Etats, la société Daniel Bensaid, le Musée de l’immigration et la section EHESS de la Ligue des droits de l’homme manifestent leur solidarité en organisant une journée de réflexions et de débats contre la déraison xénophobe.

Soutenus en ce sens par les médias et revues signataires de l’appel du 104, comme Mediapart, Politis, Regards ou Contretemps, cette initiative se déroulera sous la forme de table-rondes, d’un film de Manthia Diawara, d’un retour sur l’oeuvre de Daniel Bensaid, ainsi que d’un débat final sur les réponses des gauches.

L’inscription est obligatoire à l’adresse mail suivante : societedanielbensaid@gmail.com

Type:  Article Lundi, 4 Mars, 2019 - 14:44 Anti-racisme Migrant-e-s
François Calaret

Faison du 8 mars une journée de lutte !

2 semaines 4 jours ago

A l'origine, en 1910, Clara Zetkin, propose au congrès socialiste une journée internationale consacrée aux femmes avec une dimension lutte de classes.

Depuis 1970, la reprise du 8 mars a varié : trop souvent – hélas ! - le 8 mars se résume à « la journée de la femme », assortie d'offres commerciales sexistes renvoyant les femmes à un objet sexué.

Mais pour les organisations féministes, syndicales, politiques, associatives, c'est l'occasion de  mettre en avant les revendications d'égalité, sous des formes variées.

Il y eut souvent « des grèves des femmes » avec des manifestations massives : le 8 mars 1917 initiant la révolution russe,  1970 aux États Unis pour l'égalité, 1975 en Islande… En 2018  un mouvement de grève de femmes sans précédent oblige le gouvernement espagnol à prendre en compte les revendications des droits et des salaires.....

Cette année, une grève internationale des femmes est lancée dans plus de 50 pays dont la France (voir l'Appel signé par Ensemble!)

Les inégalités entre les femmes et les hommes demeurent partout dans le monde.

Elles s'expriment dans tous les domaines, au travail, dans la vie publique, sociale, culturelle, mais aussi privée .  Résultat des oppressions patriarcales,  elles sont liées à un rapport de domination qui couvre toutes les situations de la vie  et entraînent  les violences sexistes et sexuelles.  Le 8 mars est chaque fois l'occasion de rappeler toutes ensemble certaines de nos revendications et  notamment l'égalité « économique ». Égalité salariale, mais aussi répartition égale du travail (entre temps complet /temps de travail partiel imposé, entre travail domestique/travail salarié). Cela passe nécessairement par une réduction importante du temps de travail pour toutes et tous et par le développement des services publics .   

Partout, Ensemble! invite à participer massivement à la grève et à toutes les actions locales : manifs,
rassemblements …...

Texte de l'appel unitaire

Les femmes valent mieux que ça

Nous représentons 52% de la population française

Nous sommes caissières, enseignantes, agentes d’entretien, secrétaires, infirmières, aides à domiciles, assistantes maternelles, travailleuses sociales, administratives, sage-femmes, hôtesses... Nos métiers sont indispensables à la société. Pourtant, ils sont mal rémunérés et leur pénibilité n’est pas reconnue.

Nous sommes ingénieures, techniciennes, ouvrières, employées ou cadres. Nous faisons le même travail que des hommes mais avec un salaire inférieur.

Nous sommes à temps partiel avec un salaire partiel souvent parce que nous n’avons pas d’autre choix
Entre les courses, le ménage et les enfants, nous réalisons en moyenne 20 h de tâches ménagères par semaine.

Notre travail est invisibilisé et dévalorisé. Notre salaire est inférieur de 26% à celui des hommes. De ce fait, à partir  de 15H40 nous travaillons gratuitement.    

Nous sommes retraitées et notre pension est de 40% inférieure à celle des hommes.

Nous combattons de longue date la précarité remise sur le devant de la scène avec force par les gilets jaunes.
Nous sommes étrangères, victimes de racisme, handicapées, lesbiennes, et nous cumulons les discriminations.
Nous sommes des femmes et au travail, dans la rue ou chez nous, nous sommes confrontées à des violences sexistes et sexuelles

Nous sommes des Brésiliennes, des Espagnoles, des Iraniennes, des Argentines, des Polonaises, des Indiennes, des Etats-Uniennes et nous sommes partout dans le monde solidaires de toutes les femmes qui luttent contre les  réactionnaires et conservateurs au pouvoir

Pour dire que nous exigeons nos droits. Pour exiger que notre travail soit reconnu et rémunéré. Pour imposer la fin des violences et garantir nos libertés de choix. Pour gagner l’égalité. Pour faire entendre nos revendications à nos employeurs et au gouvernement.
Nous appelons à une grève féministe le 8 mars, à des actions des rassemblements, des manifestations.

Débrayons à 15h40. Portons toutes et tous un foulard violet !

#8mars15h40 : grève féministe

Premières signataires

Action Aid Peuples Solidaires, ANEF, Attac, CGT, CADAC, Chiennes de Garde, Collectif Civg Tenon,  Collectif national pour les Droits des Femmes,  CQFD Lesbiennes féministes, En avant toute(s), Femmes Egalité, Femmes Libres Radio Libertaire, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Femmes migrantes debout, Fondation Copernic,FSU, Groupe F, Ligue des Femmes Iraniennes pour la démocratie, Marche Mondiale des Femmes Ile de France,Maison des Femmes de Paris, Maison des femmes Thérèse Clerc, Mouvement des Femmes Kurdes en France,  Planning Familial, Rajfire, Collectif féministe Ruptures, SKB, Solidaires, Tou.te.s contre les violences obstétricales et gynécologiques !

En soutien : Ensemble, FI, Insoumises féministes. Parti Communiste Français.

Type:  Article Dimanche, 3 Mars, 2019 - 07:30 Féminisme
François Calaret

La population algérienne dans la rue

3 semaines 1 jour ago

Communiqué d’Ensemble !

Mouvement pour une alternative de gauche

écologiste et solidaire

 

L’officialisation de la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel le 10 février dernier, si elle a été soutenu par les partis de la coalition gouvernementale (FLN, RND…) et largement approuvée par la galaxie opaque des « décideurs » (généraux et anciens généraux à la retraite reconvertis dans les affaires, import-export notamment) a été peu appréciée par la population algérienne qui le fait savoir clairement : ce sont des milliers de personnes qui ont manifesté pacifiquement dans les rues de dizaines de villes, d’Alger à Tamanrasset et d’Oran à Annaba le vendredi 22 février, et ceci malgré l’interdiction de manifester à Alger en vigueur depuis 2001. Appelées sur les réseaux sociaux en dehors des partis politiques largement décrédibilisés, les manifestations se sont déroulées dans le calme, malgré les forces de sécurités bien présentes qui ont parfois utilisé les gaz lacrymogènes et procédé à quelques arrestations.

Ces manifestations sont les plus importantes depuis la fin de la « décennie noire », véritable guerre civile ayant opposé le pouvoir aux groupes terroristes islamistes qui avait fait entre 150 000 et 200 000 morts. Pour la première fois depuis 20 ans, il semble que les manifestants et manifestantes,

jeunes principalement, n’aient plus peur, que la crainte d’un retour de la violence soit passée au second plan. Et ces manifestations continuent : dimanche, c’est le collectif « Mouwatana » (citoyenneté) qui prône le boycott de l’élection présidentielle qui a appelé à manifester, mardi le relais a été pris par les étudiants et pour vendredi (le jour férié), les appels à manifester se multiplient. Il semble bien qu’un mouvement citoyen commence à se mettre en place en Algérie et l’on ne peut que s’en féliciter.

 

Le 27 février 2019

Type:  Article Mercredi, 27 Février, 2019 - 15:23 International Textes communiqué d'ensemble
TheStyx

Loi de l’école dite « de la confiance » : autoritarisme et tri social

1 mois ago

Il ne devait pas y avoir de Loi Blanquer, puis quelques mesures sans importance. Finalement, les cavaliers législatifs s’enchaînent et donnent à la Loi de l’école de la confiance étudiée actuellement à l’Assemblée nationale une grande cohérence. Ses dispositions entraîneront de profondes transformations du système éducatif. Malgré le quasi-consensus qu’il suscite chez les organisations syndicales, lycéennes, étudiantes et de parents, Jean-Michel Blanquer avance à marche forcée.

Pourquoi une loi ?

Rappelons que Jean-Michel Blanquer a été deux fois recteur et numéro deux de la rue de Grenelle sous Nicolas Sarkozy. Ainsi, il veille à mettre en œuvre un projet auquel il travaille depuis des années :

    Attaque de la liberté d’expression

Pour mettre efficacement en œuvre des mesures largement contestées, le gouvernement choisit de bâillonner toute velléité de résistance. Les images des lycéen-nes de Mantes-la-Jolie maintenu-es agenouillé-es au sol par les policiers ont montré comment ce gouvernement prenait en compte les désaccords des jeunes. Comment un gouvernement qui tire à bout portant sur les manifestants traite-t-il ses fonctionnaires ? Il leur dit : « Sois fonctionnaire et tais-toi ! » C’est toute l’hypocrisie de cette loi de la « confiance » dont le premier article vise à imposer le devoir de réserve aux personnels, remettant en cause leur liberté d’expression. Museler toute possibilité de critiquer l’institution, c’est contraire à la conception du fonctionnaire citoyen qui prévalait jusqu’à présent. Ce tour de vis autoritaire se déroule dans un contexte de renforcement des pressions hiérarchiques, le néo-management public colportant toutes ses funestes méthodes de presse-citron.

    L’école de la Réaction…

La majorité a adopté l’amendement d’Eric Ciotti imposant d’accrocher un drapeau bleu-blanc-rouge, l’hymne national et une carte de France dans chaque salle de classe. De quoi chanter un peu plus le roman national. Par ailleurs, les nouveaux programmes scolaires de lycée ont eux aussi été ficelés à la va-vite et imposés malgré les critiques des associations de spécialistes qui étaient nombreuses à en dénoncer l’instrumentalisation.

    … qui favoriserait l’école privée ?

Cette loi entérine l’abaissement de l’âge de scolarisation obligatoire à 3 ans. Étant donné que 98,9% des enfants de 3 à 5 ans sont déjà scolarisés, cette mesure passe surtout pour un nouveau cadeau de financement aux écoles privées. En effet, leur financement par les communes devient obligatoire et elle doivent bénéficier des mêmes avantages que les maternelles du public. Par ailleurs, la loi n’impose pas aux maires la scolarisation des élèves étrangers et ne garantit donc pas la scolarité pour des enfants déjà exclus de l’école…

    Affaiblissement du service public…

La loi devrait permettre de procéder à la fusion des académies par ordonnance, afin de faire coïncider le nombre de rectorats au nombre des nouvelles régions administratives. Jean-Michel Blanquer a annoncé le 31 janvier qu’il renonçait à fusionner les académies, mais il donnera malgré tout davantage de pouvoirs aux recteurs académiques, eux qui chapeautent les différentes académies d’une région. Et la fusion sera effective pour les académies de Caen et de Rouen. Ces restructurations seront un moyen de remplir les objectifs du ministre de supprimer 400 postes administratifs l’an prochain.

    … en contournant le statut de fonctionnaire

Ce sont également 2 650 postes de professeur-es qui doivent être supprimés dans le 2nd degré l’an prochain. Pour cela, le ministre aura davantage recours au recrutement de contractuel-les et ouvrira la possibilité aux chefs d’établissements d’imposer jusqu’à deux heures supplémentaires aux enseignant-es. De plus, la loi Blanquer favorise les expérimentations servant à déréguler les conditions de travail des agents, notamment en annualisant leur temps de travail. Autre disposition de la loi, la création de pôles inclusifs d’accompagnement localisé qui seront un nouveau moyen de mutualisation des personnels AESH qui accompagnent les élèves en situation de handicap.

    L’école du tri social…

Sans aucune concertation, la loi crée les écoles du socle chères à Jean-Michel Blanquer : les « établissements publics des savoirs fondamentaux ». Ces établissements sont des regroupements administratifs d’écoles et de collèges, une aubaine pour mutualiser les services des enseignant-es du 1er et du 2nd degré. Et surtout pour mettre en place le projet d’école à deux vitesses : bac -3 et les fondamentaux pour les élèves des milieux sociaux défavorisés / bac +3 et poursuites d’études pour les plus chanceux-ses.

    … à l’image de la réforme du lycée

Les professeur-es de lycée sont mobilisé-es actuellement car la préparation de la prochaine rentrée dans le cadre de la réforme s’accompagne de nombreuses suppressions de postes. En effet, les dédoublements de certains cours ne sont plus prévus dans les nouvelles grilles horaires. Les lycées professionnels, déjà parents pauvres de l’éducation, payent le plus lourd tribut. Parcoursup a restreint l’accès des élèves aux filières universitaires en fonction de leur parcours scolaire. La réforme impose aux élèves de choisir des spécialités qui conditionneront leur orientation dans le supérieur sans en connaître ses critères de sélection. Il avantagera les familles qui connaissent les codes du système et savent se diriger dans le labyrinthe qui leur permettra de valider le bon CV ouvrant les portes des filières universitaires. Le nouveau diplôme du bac, qui multiplie les évaluations en cours d’année, n’aura plus de national que le nom. Chaque élève construira son CV sur la réputation de son lycée, de sa ville, de sa région.

    Revoir la formation des enseignant-es pour mieux les mettre au pas

Utiliser les étudiant-es comme main d’œuvre est un autre moyen de supprimer des postes. Ainsi, les Assistants d’éducation (les surveillants) pourront assurer des missions de remplacement d’enseignant à partir de leur première année de Master. Les nouveaux instituts de formation des professeur-es seront très orientés vers la transmission des pratiques professionnelles réputées efficaces, laissant peu de place à la réflexion théorique. Le néo-management vise à faire des personnels des exécutant-es ne remettant pas en cause les consignes. Dans ce cadre, plus besoin d’organes de représentation démocratique non plus : les directeurs des instituts seront nommés par une commission à la botte du recteur.

Toutes ces mesures préparent déjà le terrain à la réforme de la Fonction publique qui a été présentée par Olivier Dussopt le 13 février. Elle prévoit de nouvelles sanctions contre les fonctionnaires, la rémunération au mérite, le développement du recrutement par contrat, la fusion des CT et des CHSCT, l’affaiblissement des instances paritaires (CAP) qui ne serait plus que des instances d’appel pour les cas les plus litigieux. En bref, le règne de l’arbitraire dans la gestion des personnels et une épée de Damoclès au dessus de la Fonction publique.

Cette ambiance suffocante a fait réagir la communauté éducative. Les parents d’élèves, les lycéen-nes et les personnels se mobilisent dans de nombreux établissements. Les dernières journées nationales d’action n’ont pas entraîné de déferlement à même d’imposer ce débat médiatique. Mais les grèves, les occupations de lycées, les démissions collectives de missions comme celle de professeur principal, les pétitions, se répandent comme des traînées de poudre sur le territoire, construisant un mouvement en vue de faire échouer les sinistres projets du gouvernement.

Marion Nentreg

Type:  Article Mercredi, 20 Février, 2019 - 09:42 Education
François Calaret

Les gros salaires et les autres

1 mois ago

Les gros salaires et les autres …

Il faut remercier l’Observatoire des inégalités…      

https://www.inegalites.fr/L-Observatoire-des-inegalites-a-besoin-de-votr...

La moitié des salariés touchent moins de 1 800€ net par mois, 17 % touchent plus de 3 000€. Cet outil proposé par l’Observatoire des inégalités permet de vous situer sur l’échelle des salaires.
  
59 % des salariés touchent moins de 2 000 euros net par mois, la moitié moins de 1 800 euros, 30 % moins de 1 500 euros. Afin de mieux mesurer la hiérarchie des salaires, l’Observatoire des inégalités propose un outil qui vous permet de vous situer sur l’échelle des salaires, grâce aux données publiées par l’Insee pour l’année 2015.
En équivalent temps plein, l’échelle commence en théorie au Smic (1 135 euros nets mensuels en 2015) et peut atteindre des niveaux très élevés. Le seuil des 1 % des salariés les mieux payés se situe à 8 300 euros nets mensuels. Avec un salaire de 4 000 euros, vous faites partie des 8 % des Français les mieux payés. À 3 000 euros, seuls 17 % des salariés gagnent plus que vous.

Lire la suite dans le fichier joint...

PIerre Cours Salies

Fichier attachéTaille les_gros_salaires_et_les_autres_v2.pdf115.61 Ko Type:  Article Mardi, 19 Février, 2019 - 12:18 Luttes sociales
François Calaret

Pour une réappropriation démocratique des médias

1 mois ago

Nous lançons avec des associations, des organisations de journalistes, des médias, des syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias.

Depuis plusieurs semaines, le mouvement des gilets jaunes bouleverse l’agenda politique, et porte une remise en cause profonde des institutions. Les médias sont tout particulièrement visés. Les gilets jaunes dénoncent, à juste titre bien souvent, un traitement caricatural des mobilisations : surenchère sécuritaire sur les plateaux télévisés et dans certains quotidiens ; confiscation de la parole par les éditorialistes ; disqualification de certaines revendications jugées «irréalistes» et appels à «dialoguer» avec le gouvernement ; ou encore dénonciations des violences des manifestants – alors que les violences policières ont été pendant trop longtemps passées sous silence.

Une telle pédagogie de la résignation n’est certes pas nouvelle. Déjà lors des grèves de 1995, les tenanciers des grands médias martelaient leur sempiternel message : il n’y a pas d’alternative aux réformes libérales. En 2005, ils pointaient du doigt ceux qui mettaient en cause le bien-fondé des politiques européennes et déformaient la révolte des banlieues. Plus récemment, lors des mobilisations contre la loi El-Khomri et les ordonnances Macron, ils dénonçaient un code du travail soi-disant «trop épais et illisible». À l’occasion de chaque mobilisation sociale, ils se sont faits les gardiens de l’ordre économique et politique.
Ces partis pris ont contribué à disqualifier les grands médias. La défiance à leur égard est profonde et sans précédent. D’autres sources d’information sont plébiscitées, médias indépendants ou réseaux sociaux. Certaines des analyses portées depuis des décennies par la critique des médias sont réinvesties largement, au-delà du mouvement des gilets jaunes. L’emprise de quelques milliardaires sur la production de l’information est pointée du doigt. La question des médias s’impose désormais comme une question politique.
La plupart des éditorialistes et chefs de rédaction ne voient, dans cette défiance, qu’une «haine des médias» et de la démocratie. Ils éludent la responsabilité qu’ils portent, par leurs diatribes ou leurs choix éditoriaux, dans l’hostilité qui s’exprime contre l’ensemble des journalistes. Une hostilité dont les plus précaires (en termes de statut ou de conditions de travail) font parfois les frais, sur le terrain, en étant injustement pris à partie ou agressés.

Nous pensons que la défiance envers les grands médias doit être une opportunité. Opportunité, dans les rédactions, de remettre en cause les orientations délétères imposées par les directions éditoriales, et de replacer le reportage et l’enquête au cœur du travail journalistique. Opportunité, dans les médias indépendants, de faire la démonstration par l’exemple qu’un autre journalisme, plus exigeant et plus libre vis-à-vis des pouvoirs, est possible.

Que nous soyons gilets jaunes, militant·es, journalistes, usager·es des médias, nous avons toutes et tous des raisons légitimes de contester un ordre médiatique inique, qui maltraite le pluralisme. Et de nous inquiéter des menaces réelles qui pèsent sur le droit à l’information : la mainmise de quelques milliardaires sur la plupart des médias, les plans de suppressions d’emploi dans l’audiovisuel public comme dans les groupes privés, la précarisation des journalistes statutaires ou pigistes y compris dans certains médias indépendants, la répression policière et la criminalisation qui frappent de plein fouet certains reporters et leurs sources, ou encore les lois liberticides qui visent à contrôler l’information – loi sur le secret des affaires et sur les «fake news».

C’est pourquoi nous affirmons qu’il est temps de se mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias. Pour défendre le droit d’informer et le droit à être informé, tous deux gravement menacés. Et pour que l’information, trop longtemps confisquée par les pouvoirs, devienne enfin un bien commun et non une marchandise.

Cette déclaration est une initiative commune :

D'associations, d'organisations de journalistes et de syndicats : Acrimed, Attac, Fédération Nationale de l'Audiovisuel Participatif, La Quadrature du net, Les Amis du Monde diplomatique, Profession : Pigiste, Résistance à l’agression publicitaire, Ritimo, SNJ-CGT, Union syndicale Solidaires.
De médias : Contretemps-web, CQFD, Démosphère Ariège, Démosphère Toulouse, Hors-Série, Jef Klak, L’Alterpresse68, Là-bas si j’y suis, La Clé des ondes, La Gazette de Gouzy, Le journal minimal, L’Insatiable, Le Média, Le Ravi, MAP 36, MédiaCitoyens PACA et Rhône-Alpes, Mediacoop, Radio Parleur, revue Cause commune, Ricochets, Rosalux, Silence, Transrural initiatives, TV Bruits, Télé Mouche, TVnet Citoyenne.
D'organisations politiques : Alternative Libertaire, Ensemble, NPA, PCF, PG.
***
Premiers signataires : Alain Accardo, sociologue; Gilles Balbastre, réalisateur; Patrick Champagne, sociologue; Sophie Chapelle, journaliste; Colloghan, dessinateur; Benoît Collombat, journaliste; Jean-Baptiste Comby, sociologue; Annie Ernaux, écrivaine; Benjamin Ferron, sociologue; Anne-Sophie Jacques, journaliste; Yannick Kergoat, réalisateur; Henri Maler, universitaire; Philippe Merlant, journaliste et conférencier gesticulant; Pierre Morel, photojournaliste; Gérard Noiriel, historien; Michel Pinçon, sociologue; Monique Pinçon-Charlot, sociologue; Denis Robert, journaliste; Karim Souanef, sociologue; Usul, vidéaste.

Vous pouvez signer la déclaration sur le site d’Acrimed : https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias
 

Type:  Article Lundi, 18 Février, 2019 - 11:09 Culture et médias
François Calaret

Gagner plus au chômage qu’en travaillant ?

1 mois ago

Pourtant dans le magazine Challenges, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud,poursuivi la stigmatisation des chômeur-euse-s , en affirmant qu’on pouvait « gagner plus en étant au chômage » qu’en travaillant. Toute une campagne laisse entendre que les chômeur-euse-s bénéficieraient d’avantages par rapport aux slarié-e-s pauvres, ce qui vise à isoler les chômeurs dans une période de crise sociale.

1. On gagne plus au chômage qu’au travail ?

Suite aux déclarations dans Challenges, le ministère à fourni un calcul qui semble donner raison à la ministre : un CDI d’un an payé au SMIC génère une allocation de 480€. Le calcul des droits au chômage se fait sur une base journalière, ce qui favorise le fractionnement des contrats courts : un CDD qui alterne contrats courts de quinze jours et périodes de chômage de quinze jours, touchera une allocation deux fois plus élevée, à savoir 960 euros. « Il y a là un problème d’incitation et d’équité », clame le ministère. 

Mais il faut être un chômeurs fraudeur particulièrement informé  pour cumuler des CDD de quinze jours et cela au moins pendant huit mois, délai qui ouvre droit à des indemnités chômage, contre quatre mois quand on a travaillé à temps plein.

Le CDI touche  480 euros sur douze mois alors que l’autre,  960 euros sur six mois. Et pour ça devienne avantageux , il faudrait  enchaîner ces CDD courts régulièrement sur une longue période. Mais dans ce cas l’employeur se met dans l’illégalité avec le risque d’ être condamné à la requalification du contrat en CDI  ( rappelons que c’est l’employeur qui embauche et non le salarié qui choisi). Il est vrai que de tels abus existent c’est ce que le MEDEF défend en refusant le système de Bonus malus contre les contrats courts ( tout en reconnaissant que c’est un désavantage pour les salariés à qui le MEDF propose une prime de précarité pour compenser).

La situation citée par Pénicaud est exceptionnelle pour ne pas dire quelle est une  pure spéculation : il n’existe pas de donnée sur le nombre et le coût  financier de ce mode de calcul fondé sur le salaire journalier de référence qui rendrait possible de tels cas

Par contre sur 33 milliards de prestations versées, l’immense majorité des assurés perçoivent des allocations inférieures à leur ancien salaire. Allocation chômage représente  de 75 % pour un salarié payé au Smic, mais il descend jusqu’à 57 % pour celles et ceux qui gagnent plus de 2 000 euros. De plus , moins de la moitié des inscrits à Pôle emploi sont indemnisés, pour un montant moyen de 1 020 euros nets par mois.
Contrairement à ce que dit Muriel Pénicaud, le travail reste toujours plus payant  que le chômage.

2. « La règle du cumul emploi-chômage n’incite pas à la reprise d’un travail »

Ce cumul a été négocié par les partenaires sociaux pour inciter à la reprise d’emploi partielle et favoriser ainsi un retour à l’emploi durable. Il est jugé indispensable pour éviter que les demandeurs d’emploi ne s’installent durablement dans le chômage.Toutefois cette incitation est limitée puisque le cumul ne peut être supérieur au montant de l’ancien salaire :   un chômeur qui cumule salaire et allocation gagne en moyenne 10 % de plus que ses seules allocations. Selon l’Unédic, cela donne lieu en moyenne à une indemnité de 540 € et un faible salaire de €.

Mais ces dispositifs  ont aussi  favorise aussi, revers de la médaille, l’explosion des contrats courts. Non pas du fait d’un choix des chômeur-euse-s  la plupart aspirent à des CDI à temps plein - mais parce que les employeurs y trouvent un intérêt : l’essentiel des CDD courts  (contrats d’usage, d’intérim, intermittence…) sont concentrés sur des secteurs professionnels  -tourisme, hôtellerie-restauration, entreposage, médico-social, construction, audiovisuel- où ils deviennent un mode de gestion habituel : sur les 45 millions de contrats de travail sont créés par an, 40 sont des contrats courts. Devant le coût pour l’UNEDIC de ces contrats génèrent  8,7 milliards par an, soit le doubles des économies demandées par le gouvernement à l’UNEDIC alors que les CDI dégagent 10 milliards d’excédents, le gouvernement prévoit un système de bonus ( pourquoi un bonus?) malus pour les entreprises qui abusent de l’assurance. Le refus du MEDEF ( qui pourtant condamnait le régime des intermittents du spectacle) indique bien que l’usage des contrats courts  est bien  un élément central de la stratégie patronale : la précarisation de l’emploi n’est pas une fatalité , ni une bonne gestion parce qu’elle coûte cher, mais un choix d’organisation du marché du travail capitaliste.

3. Il vaut mieux rester au chômage parce que les aides sociales sont plus élevées que les petits salaires

Tous les politiques nous disent que l’indemnisation du chômage est particulièrement élevée en France comparée à nos voisins européens.

C’est vrai si l’on ne tient compte que des seules allocations UNEDIC  comparées aux seules allocations chômage des autres pays : avec ses 57 % la France est dans le peloton de tête devant l’Allemagne et la Belgique qui sont autour de 40 % et loin devant la Grande Bretagne autour de 15 %.

Mais nous dit une note du Trésor, le revenu de remplacement ne peut se comparer ainsi ! La France est un pays où le revenu de remplacement des chômeur-euse-s  vient principalement des allocations ; Au contraire en Allemagne, en Autriche, en Irlande et surtout au Royaume Uni ce revenu est principalement lié à d’autres transferts : en Allemagne se sont surtout les exonérations d’impôts et au Royaume Uni d’autres aides et en particulier la politique familiale .

SI l’on prend en compte cee taux de remplacement net global les privilèges des chômeur-euse-s francais-es disparaît.  Avec 67 % ( comme l’Allemagne et l’Irlande) il est en France légèrement inférieur à la moyenne (69%) mais inférieur au Luxembourg (87%), au Danemark (84%), en Suisse (77%), en Finlande (76%), au Portugal (74%) et supérieur à l'Autriche (64%), l'Espagne (61%), la Suède (56%) et le Royaume-Uni (54%).

Les aides sociales fonctionnent de la même manière suivant le niveau de ressources comme l’APL par exemple, certaines excluent même les précaires sont privés de la prime d’activité ( pour partie, ou complètement, s’il n’atteignent pas un certain niveau de salaire.

Etienne Adam

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/06acf002-014b-4dd5-bff5-bee...
Sandrine Foulon "peut on gagner plus au chômage qu'en travaillant?" Alteréco et sur France inter https://www.alternatives-economiques.fr/on-gagner-plus-chomage-quen-trav...

Type:  Article Lundi, 18 Février, 2019 - 11:03 Droit du travail
François Calaret

Déclaration d’Anticapitalistas

1 mois 1 semaine ago

Aujourd’hui, 12 février 2019, débute devant la Cour suprême le procès contre le référendum du 1er octobre 2017. Ce procès vise 12 personnes, membres de différents partis et organisations de la société civile catalane. Nous allons assister dans les prochaines semaines, quoi qu’il en soit, à une véritable affaire de portée générale visant l’indépendantisme dans un procès au caractère nettement politique.

• Au-delà du procès, nous ne pouvons pas oublier que la persécution judiciaire ciblant l’indépendantisme catalan touche déjà plusieurs milliers de personnes, soumises à enquête, parmi celles-ci plus de 700 maires, des personnes exilées, des activistes, etc. Il s’agit là d’une politique de micro et de macro répression que cherche à imposer par la force, sans dialogue ni projet démocratique, la «raison d’État»; une raison qui épouse le discours, les pratiques et les revendications de la «minorité dangereuse» qui s’est rassemblée ce dimanche 10 février sur la place Colomb à Madrid, sous la houlette de Casado [dirigeant du Parti populaire], Rivera [dirigeant de Ciudadanos] et d’Abascal [dirigeant de Vox] [1].

• Une minorité qui cherche à dissimuler, derrière sa catalanophobie et son discours de peur et de haine, les nouvelles affaires de corruption qui frappe le PP, les avantages fiscaux des riches, les nouveaux plans de licenciements collectifs d’un secteur bancaire sauvegardé par l’argent public, mais qui privatise des profits par millions, les nouvelles spéculations, la hausse du prix de l’électricité, la destruction de l’environnement et la guerre qu’elle mène contre les salarié·e·s. Au sein de cette Espagne de la haine, de la répression et de l’absence de libertés n’existe aucun projet. Et aucun projet de pays ne peut exister pour la majorité laborieuse qui soit fondé sur la contrainte, quelle qu’en soit la forme.

• La Cour suprême est appelée à juger des accusations portant sur de prétendus délits de rébellion, de malversation et de désobéissance grave. Il s’agit d’un procès politisé, par le truchement du système judiciaire de ce pays, un système qui exige une réforme démocratique depuis longtemps, qui est toujours lié à des intérêts obscurs et, si l’on écarte quelques exceptions brillantes et exemplaires, œuvre pour cette minorité qui s’appuie sur le machisme, le désastre environnemental, l’absence de libertés, la précarité du travail ou la maltraitance animale, entre autres. Nous nous souvenons encore du message WhatsApp [en novembre 2018] du porte-parole du PP, [Ignacio] Cosidó, justifiant l’accord avec le PSOE pour se répartir les postes des organes supérieurs du pouvoir judiciaire et de pouvoir le contrôler «par derrière».

• Des procès comme celui de la manada, d’Altsasu, sur les questions hypothécaires [en octobre 2018] dans cette même Cour suprême, contre des travailleurs et travailleuses en grève ainsi que dans d’autres jugements se traduisant par des restrictions des libertés et des droits démocratiques en témoignent [2]. Il ne fait aucun doute que ce procès résulte d’une connivence entre le système judiciaire et le pouvoir politique, prétendant couvrir du masque de l’impartialité une opération dont le but est de mettre un terme, de la pire des façons, à la question catalane. Les peines cumulées de prison envisagées atteignant 214 ans. En ce sens, nous voyons bien comme autant le ministère public que l’accusation particulière (provenant d’une force d’extrême droite comme VOX) partagent l’invention d’un prétendu délit de rébellion qui a déjà clairement été rejeté par la justice allemande [lorsqu’elle a examiné la demande d’extradition de Carles Puigdemont].

Les trois leaders des droites extrêmes et de l’extrême droite (Vox): Abascal, Casado et Rivera

• À cette fin, il est nécessaire de construire l’inverse même de ce qui va se produire dans la salle du tribunal. Nous ne sortirons pas de ce procès avec un pays plus libre, plus démocratique et où les droits auront été élargis sur la base de la haine et de la contrainte. Il s’agit d’un procès que le nationalisme espagnol le plus ultra – celui qui a défilé sur la place Colomb [Plaza Colón à Madrid, avec 45’000 présents selon le gouvernement, 200’000 selon le PP, Cuidadanos (C’s) et Vox], ce dimanche 10 février] – veut transformer en une vengeance contre le 1er octobre 2017 et contre les aspirations légitimes du peuple catalan à exercer le droit à décider.

Anticapitalistas lance un appel à toutes les organisations et mouvements qui misent sur une sortie démocratique de la question catalane à condamner activement et à se mobiliser contre un procès à caractère politique qui devrait servir, en dernière instance, à rendre évidentes les limites démocratiques de l’État espagnol ainsi qu’à chercher une voie de sortie par le dialogue, démocratique et solidaire. Une issue qui serve également au reste du pays pour mettre au premier plan la nécessité de décider sur les questions essentielles qui nous touchent et qui semblent être du ressort exclusif de politiciens et de grandes entreprises.

• Enfin, nous exigeons, demandons que les personnes poursuivies soient immédiatement libérées et qu’elles puissent retrouver leurs familles, chez elles, sans devoir se soumettre à des chantages ou aux menaces de l’offensive réactionnaire qui s’est réunie sur la place Colomb. (Déclaration faite le12 février 2019; traduction Réd. A L’Encontre)

___

[1] L’emploi du terme de «minorité dangereuse» doit ici se comprendre en lien avec la campagne menée par Anticapitalistas qui entend «retourner» le stigmate projeté sur les «minorités dangereuses» (étrangers, indépendantistes, etc.) propre au discours des droites. «Les minorités dangereuses, c’est eux!», par ce slogan Anticapitalistas cible donc les droites, les dominants, etc. (Réd. A L’Encontre)

[2] La manada, la «meute», autodénomination d’un groupe de cinq jeunes adultes qui, en juillet 2016, a violé une jeune femme; cet acte terrible et abject a été qualifié au plan juridique non de viol mais d’agression sexuelle. Ce jugement a été soumis à une remise en cause de la parole de la victime. Il a suscité d’importantes manifestations féministes. Autre exemple: une altercation dans un bar de cette petite ville de Navarre entre deux gardes civils, leurs compagnes et huit jeunes, en octobre 2016, a conduit à la condamnation de sept de ces derniers à des peines de prison entre 9 et 13 ans sous le chef d’accusation «d’attentat», celui de «terrorisme» ayant finalement été écarté. Il est à noter que la juge de ce procès, auprès de l’Audience nationale, Carmen Lamela, membre depuis 2018 à la Cour suprême, a joué un rôle central dans les poursuites lancées contre les indépendantistes catalans. (Réd. A L’Encontre)

Type:  Article Jeudi, 14 Février, 2019 - 09:22 Droits - libertés Catalogne
François Calaret

Liberté pour les prisonniers politiques catalans

1 mois 1 semaine ago

https://petitioncat.blogspot.com/

Nous voulons que ce blog soit un référent francophone pour la Presse, pour toutes celles et ceux qui veulent accompagner ce Procès unique où l' enjeu est certes celui de la liberté d'hommes politiques injustement accusés et emprisonnés, mais aussi celui de la démocratie, des droits démocratiques élémentaires. 
C'est une contribution que nous avons décidée en commun, nous les  signataires de la Pétition pour la Libération des prisonniers politiques catalans, chacune, chacun est appelé-e à y envoyer informations, contributions, témoignages... Nous vous appelons à faire connaître le plus largement le Blog.

Très prochainement nous convoquerons une rencontre avec les premiers témoins qui suivent à Madrid le déroulement du procès.

Nous vous communiquerons date et lieu de la rencontre.

Pendant tout le procès notre pétition qui a déjà plus de 10.000 signatures continue d'actualité. De nombreux catalans de Catalunya l'ont signée. Ils nous envoient par là le message qu'ils sentent combien ils ont besoin d'aide, qu'ils ont besoin que nous ici de l' autre côté des Pyrénées, nous répondions en la diffusant largement, en appelant et en la faisant signer autour de nous.
   
Personne ne peut rester silencieux ou passif avec ce qui se joue aujourd'hui à Madrid dans la petite salle du Tribunal suprême. Ce qui s'y joue la manifestation dimanche dernier 10 février Place Colon l'a montré: là se sont retrouvés unis contre le droit à décider, contre le droit à l' autodétermination, groupes franquistes, extrême droite, exigeant l'illégalisation des partis qui sont en faveur de l' indépendance, droite et centre droit... Manuel Valls s'y est retrouvé...Voilà à quelle dérive on est entraîné si on cède d'un millimètre sur les droits démocratiques lorsqu' ils sont en danger. La passivité et le silence doivent être rompus! En signant cette pétition, en la faisant signer c'est cela que nous avons entrepris.

L'autodétermination n'est pas un délit ! c'est un droit!  Libération des prisonniers politiques catalans!

Paris 13 février

Jean Puyade et Ivan Gordillo pour le collectif de signataires.

Type:  Article Jeudi, 14 Février, 2019 - 09:20 Droits - libertés Catalogne
François Calaret