Orientation politique d'Ensemble

2 heures 15 minutes ago

L’orientation politique d’Ensemble !
Texte adopté à l’Assemblée Générale d’Ensemble le 21 novembre 2020

Sur  deux points où il subsistait des désaccords, les deux rédactions sont présentées en italique. Elles représentent l’état actuel de nos débats.

1.  Face à la crise, mobilisation
1.1 Nous avons affaire à une crise globale, sanitaire, économique, sociale, écologique, sécuritaire (avec une dimension géostratégique). Une crise durable. Une crise mondiale.

1.2. Des réponses diverses à l’échelle internationale. 
1.2.1.  Certains gouvernements (Trump, Bolsonaro) ont nié le problème.
1.2.2.  Au sein de l’Union européenne, face à la gravité de la crise et au risque d'un effondrement des sociétés, les gouvernements ont été amenés à engager des dépenses publiques et à assumer un endettement de grande ampleur, politique en rupture avec la doxa néolibérale et contraire aux traités. Ils ont dû mettre en place des dispositions d’intervention étatique (aides diverses).  Mais cela se fait avec une augmentation des inégalités, de la précarité, et de la pauvreté. Nous devons jouer sur cette contradiction : sans un changement des principes économiques et politiques, ségrégations et reculs démocratiques s'accroîtront, accompagnés de nationalismes. Des options politiques alternatives peuvent permettre un autre usage des richesses, tant dans les garanties des solidarités que de la maîtrise des rapports à la nature.
1.2.3.  Le gouvernement français a perpétué - avant et pendant la pandémie - la dégradation du système de santé consécutive aux réformes libérales successives, et mis en péril les missions de l'hôpital public. Il a appliqué cette même politique en l'accompagnant d’un positionnement autoritaire et verticaliste et de l’autoritarisme du pouvoir. Tout en prétendant mêler aux mesures d'urgence des transformations structurelles, il se montre toujours attaché aux mêmes logiques de défense des privilégiés au détriment des salariés et des catégories  sociales  les  plus  en difficulté,  d'attaques  contre  les  acquis  sociaux,  de  dégradation  des  services  publics  (cf. l'absence de réelle priorité à l'hôpital public, la loi sur Université et recherche...).
1.2.4.  La politique de dégradation de l’hôpital public menée depuis des années et les mensonges sur les masques et les tests ont aggravé la crise sanitaire. Impréparation, incurie, cacophonie et mensonges ont caractérisé la politique du gouvernement Macron. L'absence de masques, de tests, de respirateurs ont mis gravement en danger la population. La dégradation du système de santé consécutive aux réformes libérales successives, le refus d'E. Macron de répondre aux revendications des personnels de santé ont mis en péril les missions de l'hôpital public. L'extension rapide de l'épidémie a contraint le gouvernement à confiner la population pendant plusieurs semaines. Confinement qui n'a pas concerné les personnels de santé et les salarié.e.s en première ligne, qui ont payé le prix de leur exposition au risque sanitaire. Pour protéger l'appareil de production et son redémarrage ultérieur, pour éviter une catastrophe sociale, il a dû mettre en place le chômage partiel. Inégalités, précarité, pauvreté ont été mises en lumière durant cette période. Le confinement a renforcé le verticalisme et l’autoritarisme gouvernemental. Les forces de police ont vu leur pouvoir renforcé et ont accentué le contrôle social, dans les quartiers populaires notamment.

1.3. Une récession économique gravissime va entraîner des mutations du système capitaliste et une aggravation brutale du chômage. Le capital et ses représentants ont la tentation de recourir à la stratégie du choc, de profiter de l'effet de sidération provoqué et entretenu par la crise sanitaire pour amplifier les politiques de casse sociale et écologique sur fonds de dérive autoritaire et de violences policières.
1.3.1.  Contre les licenciements, nous soutenons le droit de veto des salarié-es et délégué-es des CSE et le droit à des solutions alternatives comme la réquisition ou la reprise par les salariés des entreprises liquidées par les actionnaires : l'Etat doit accompagner financièrement et juridiquement de telles initiatives. Nous exigeons le rétablissement des CHSCT. 
1.3.2.  Nous défendons le maintien intégral des salaires par une Sécurité sociale universelle, couvrant le risque de chômage, financée par les cotisations et gérée démocratiquement par les travailleurs et les travailleuses ainsi que par les usagers.
1.3.3.  Nous revendiquons la baisse massive du temps de travail et le droit à la formation tout au long de la vie par le contrôle démocratique des salarié-e-s et de leurs représentants syndicaux.
1.3.4.  La question  de  la  réorientation  des  productions  se  pose,  en  rapport avec les  urgences écologiques. Nous avançons la nécessité de la relocalisation des industries, la nationalisation des industries pharmaceutiques, et la nécessité de privilégier les circuits courts. 
1.3.5 Nous défendons le renforcement du secteur public par la création de postes massifs dans la santé, l’éducation, l’enfance la fiscalité, les transports, avec une gestion plus démocratique.
1.3.6 Nous avançons la revendication d'une socialisation d'une partie des fortunes amassées par les plus riches pendant les dizaines d'années de politiques néolibérales, ainsi que le contrôle des salarié-e-s sur les décisions des entreprises, premier pas vers une appropriation sociale autogestionnaire de l'économie.

1.4. Les nouvelles formes des mobilisations.
1.4.1.  Les luttes sociales. 
1.4.1.1.  Il est indispensable de  soutenir  une  alliance durable  entre  les mobilisations syndicales, les  associations  écologistes,  féministes,  antiracistes,  les  Gilets  jaunes.  Le groupement « Plus Jamais ça » en est un début. 
1.4.1.2.  Les questions de la précarité et du chômage doivent prendre une place de plus en plus centrale dans les luttes du mouvement ouvrier. Face à la précarité et à la pauvreté croissantes, personne ne doit avoir de revenu inférieur au seuil de pauvreté. Tout le monde doit avoir un minimum de 1250€ par mois ; le salaire doit être augmenté avec un SMIC à 1700€ net.
1.4.2.  Les mobilisations pour le climat, contre toutes les formes de racisme et pour les droits des femmes prennent de l’ampleur et doivent être au cœur de nos activités. La jeunesse est très présente dans ces mobilisations. La radicalité antilibérale et anticapitaliste s’y manifeste, mais la politisation reste encore embryonnaire quant à la nécessité de rompre avec le système capitaliste. Nous agissons pour l’unité de ces mobilisations. Dans les semaines à venir, nous participerons aux manifestations pour les droits des femmes (25 novembre), à celle pour les droits des chômeurs (5 décembre), contre la destruction des moyens de l’Université, pour la reprise en main démocratique de la Sécurité sociale et de son avenir, pour l’adhésion de la France à l’accord de désarmement nucléaire ….
1.4.3 L’impact de la crise du Covid et les inquiétudes climatiques font que les questions écologiques deviennent des préoccupations de masse, notamment dans la jeunesse. De nouvelles formes d’action s’y manifestent. Nous soutenons les revendications portées par le collectif « Changer le système pas le climat », qui regroupe l’ensemble des associations écologiques qui luttent au quotidien sur la préservation de la planète.
1.4.4 La déferlante Metoo et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ainsi que les combats pour le droit à l'IVG, donnent une dimension nouvelle au féminisme. Les mobilisations des 25 novembre (contre les violences) et 8 mars (grève féministe) ont été les plus importantes de ces dernières années. Les initiatives et les structures de mobilisations féministes se sont multipliées avec une participation importante des jeunes. Dans un cadre d’inégalités persistantes et accrues par les crises, les féministes participent activement aux mobilisations contre les attaques sur le plan social, en défense du climat, contre les racismes, contre les lois "sécuritaires"...
1.4.5 Les mobilisations antiracistes.
1.4.5.1 Les mobilisations antiracistes et contre les violences policières de juin ont été exceptionnelles, à l’exemple des USA. Les initiatives du comité Adama ont mobilisé des dizaines de milliers de jeunes. Les questions liées à la mémoire de la colonisation et de l’esclavage reviennent à juste titre au premier plan.
1.4.5.2 La manifestation du 10 novembre contre l’islamophobie, qui a provoqué des débats au sein de la gauche, a démontré l’importance de ce sujet pour une partie des milieux populaires. L’action contre la stigmatisation et les violences faites aux musulman.nes s’impose d'autant plus avec la loi sur le "séparatisme" préparée par Macron.
1.4.5.3 La question de la réalité et de l'ampleur d’un antisémitisme différent de celui de l’extrême droite continue de provoquer des divisions au sein de la gauche. Des débats existent également à propos des formes de la lutte contre l’antisémitisme. Nous réaffirmons la nécessité de ce combat.
1.4.6 Une mobilisation se développe depuis mai et juin derniers, avec des manifestations massives de sans-papiers. Cette remobilisation des sans-papiers est un élément important pour l’unité des exploités et de leurs luttes.
1.4.7 Nous participons à toutes les initiatives contre les lois sécuritaires et liberticides, comme les campagnes à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme.

1.5 Les commissions d’Ensemble devront organiser le soutien aux luttes et les interventions et dans les débats qui s’y mènent (rapports unitaires, publication de matériel ad hoc, …). Il s’agit de répondre dans l’actualité immédiate en lien au débat stratégique que nous initions.

2.  Construire une alternative à Macron, à la droite et à l’extrême droite
2.1. La crise du système politique.
2.1.1.  La crise du système représentatif et la progression de l’abstention posent la question de la légitimité des institutions élues.
2.1.2.  Il y a un rejet accru de l’idée que le Président pourrait faire sa politique pendant cinq ans sans que la population ait la possibilité de donner son avis.
2.1.3 Cette crise de légitimité touche également les partis de gauche, même radicale, même s’ils se réclament de la transformation sociale et soutiennent les nouveaux mouvements sociaux.
2.1.4 La question d’une VIème République sociale, écologique et démocratique est posée. Dans les campagnes politiques jusqu'à 2022, nous faisons apparaître la revendication d’un changement de Constitution : redéfinition des tâches du Président, droit au referendum d'initiative citoyenne, droits d’intervention citoyenne des commissions et des observatoires citoyens ....

2.2. La crise du macronisme. 
2.2.1.  Macron voit l'enlisement  de  son  projet  de  reformatage  du  champ politique et  des institutions. De plus en plus perçu comme le président des riches, méprisant les milieux populaires, il est rejeté par une partie croissante de la population.
2.2.2.  Son plan est de rejouer le duel Macron-Le Pen en vue de 2022. Cette perspective est permise par la crise de la représentation politique et par l'état des diverses gauches.

2.3. Battre Macron, combattre le danger de l’extrême droite.
2.3.1.  Deux propositions de formulations ont été débattues
Formulation 1 :
Le duel Macron-Le Pen en 2022 serait un affrontement entre le macronisme anti-populaire et l'extrême-droite et sa démagogie. Dans une telle configuration, un 2ème tour de la présidentielle présenterait donc le risque d’une victoire de l’extrême droite.

Formulation 2 :
Le virage à droite de Macron présente le risque majeur d'accentuer la domination idéologique des idées de droite et d'extrême droite avec un retour des débats sur l'immigration ou l'insécurité. Cela peut faciliter la présence de l'extrême droite encore une fois au second tour de l'élection présidentielle.

2.3.2.  Le danger d’extrême droite est renforcé  par  le  bilan  des  dérives sociales-libérales  du quinquennat Hollande et les divisions de la gauche.

3.  Rassembler pour agir - Rassembler pour faire gagner une alternative antilibérale
3.1. Marcher sur nos deux jambes : Ensemble ! se donne pour perspective à la fois de contribuer à l'émergence d'un bloc social et politique large pour changer les rapports de force dans le combat contre le capital et en même temps, par ses batailles d'idées et ses propositions, de construire sur la base de convergences stratégiques une force de gauche alternative portant la visée d'une révolution démocratique, d'une autogestion généralisée.

3.2. Rassembler pour proposer l'action et le front commun sur des réponses alternatives à la crise sociale, sanitaire, écologique et démocratique.
3.2.1.  Partir des propositions issues des luttes et des expériences alternatives nombreuses qui existent dans les territoires (circuits courts, réseaux de solidarité de voisinage, projets de reprise d'entreprises...). Ces expériences montrent une capacité d’auto-organisation et constituent un point d'appui dans une perspective de transformation radicale de la société.
3.2.2.  Favoriser la mise en place de forums sociaux et citoyens, d’assemblées populaires, avec la présence de forces politiques.
3.2.3 Pour l’action, un front politique des gauches et de l'écologie, face au gouvernement, au patronat, autour d'exigences précises, serait un point d'appui indispensable pour changer le rapport des forces.

 

3.3. Rassembler aussi pour affronter les échéances électorales.

Deux propositions de formulations ont été débattues :

Formulation 1 :
3.3.1.  Pour le rassemblement citoyen et populaire, soutenu par les forces porteuses d'une alternative de gauche et écologiste sur un programme de rupture avec les logiques capitalistes et productivistes lors des élections départementales et régionales de 2021.
3.3.2.  Pour la séquence électorale de 2022, nous proposons un accord de législature qui comporte les engagements politiques et sociaux de rupture avec les logiques capitalistes et productivistes, ainsi que des candidatures pour les législatives et la présidentielle. Ceci afin de rassembler les citoyens et citoyennes, soutenus par les forces porteuses d'une alternative de gauche et écologiste pour éviter le scénario Macron-Le Pen et proposer un projet politique qui permette de gouverner le pays.
3.3.3.  Œuvrer pour que son programme parte des exigences du mouvement social, du regroupement « Plus jamais ça », de celles de la Convention climat mais aussi du manifeste du temps des communs. Un programme qui porte les exigences antiracistes, féministes et démocratiques. Favoriser la mise en place de forums sociaux et citoyens, d’assemblées populaires, avec la présence de forces politiques, comme les collectifs « plus jamais ça / les jours d’après ».
3.3.4.  Tout faire pour qu’un pôle radical portant une réelle alternative au capitalisme soit présent fortement au centre de gravité du rassemblement.
3.3.5.  Combattre toute vision hégémoniste, agir pour le pluralisme, faire exister les débats démocratiques. 
3.3.6 Être partie prenante de la dynamique de rassemblement "2022 (vraiment) en commun", de « Big Bang », mais aussi des différents autres espaces de rassemblement et de débats : "se fédérer", "ensemble, tout est possible", "changer de cap", "pour un nouveau projet politique", "conseil national de la nouvelle résistance".

Formulation 2 :
Agir pour un rassemblement politique antilibéral et anti productiviste, sans attendre. Dans le contexte que nous traversons, face à l’urgence sanitaire, sociale et écologique, il est impératif que les forces de la gauche de transformation sociale et écologiste, de la gauche rouge et verte, se fédèrent, en relation avec le mouvement social, pour défendre un programme de rupture immédiate et de transition vers une alternative démocratique, à la fois écologiste, féministe et antiraciste, au capitalisme néo-libéral et à la crise de l’Etat et des institutions. L’émergence d’un tel rassemblement est nécessaire pour promouvoir une alternative majoritaire qui ne réédite pas l’échec des précédents gouvernements d’union de la gauche.

4.  Transformer ENSEMBLE ! pour le dépasser
4.1. Le dépassement est inscrit dans le projet originel d’Ensemble !, issu d’histoires diverses.  Il reste à l’ordre du jour et s'inscrit dans la perspective d'une nouvelle force de gauche alternative. 
4.1.1.  L’ampleur des tâches impose de ne pas rester ce que nous sommes.
4.1.2.  Nous avons, dans les organisations existantes et hors des organisations, en particulier dans les collectifs citoyens, des partenaires potentiels.
4.1.3.  Nous testons les rapprochements dans l’action commune et les débats de fond.
4.1.4. Nous faisons, dès que la possibilité apparaît, des propositions de regroupement.
4.1.5 De ce fait, nous affirmons notre disponibilité - comme réaffirmé dans notre initiative de débat stratégique - à la construction d’une nouvelle force politique, anticapitaliste et écologiste, qui résulterait des débats et actions communes.

4.2. Continuer ENSEMBLE !, le transformer.
4.2.1. Proposer de faire avec d’autres gagnera en crédibilité si nous nous nous affirmons unis.
4.2.2.  Nous visons à  faire  d’Ensemble  un  mouvement  à  la  problématique unitaire, mais aussi capable d’initiatives, d'élaboration et de propositions politiques alternatives.

Type:  Article Mardi, 24 Novembre, 2020 - 16:52 Vie du mouvement
François Calaret

Sur le fonctionnement d'Ensemble !

2 heures 17 minutes ago

Texte sur le fonctionnement d’Ensemble (adopté à l'Assemblée générale d'Ensemble le 21 novembre 2020)

Depuis sa création, Ensemble s’est défini comme un outil pour construire une « force politique   nouvelle pour l’émancipation », visant l’abolition du système capitaliste, patriarcal inégalitaire, aliénant et destructeur d’éco-systèmes. Ensemble ! est un mouvement pluraliste : il s’est construit en rassemblant des organisations d’origines et de cultures politiques différentes, ainsi que des personnes directement intéressées. Cette construction pluraliste, qui est une richesse, doit être défendue pour envisager une force politique nouvelle. Cette démarche nécessite la volonté de dépasser les différences politiques par une synthèse nouvelle. Ensemble veut être une organisation utile pour la lutte des classes en tant que moteur pour l'unité des mouvements issus des aspirations du prolétariat, l’abolition de toutes les oppressions et l’exploitation des êtres humains, pour le renversement du système capitaliste destructeur des conditions de vie et responsable d’inégalités partout dans le monde, pour l’émancipation collective. Dans cette lutte, l’auto-organisation collective, l’autogestion, sont des lignes de conduite essentielle

Le fonctionnement dont notre mouvement s’est doté doit permettre d’agir dans une situation politique en pleine évolution, de prendre des initiatives, tout en affirmant la disponibilité d’Ensemble à son propre dépassement dans un cadre plus large.

1) Renforcer les principes fondateurs de notre mouvement

Le texte sur le fonctionnement de notre mouvement (adopté aux Assises des 23 et 24 novembre 2013 disponible ici : https://www.ensemble-fdg.org/content/sur-lefonctionnement-de-notre-mouve...) affirmait notamment un certain nombre de règles de fonctionnement (en italique et gras)  dont certaines doivent être améliorées.

A - La centralité des collectifs locaux et des commissions thématiques dans la vie politique de     notre mouvement.
1 – Les commissions thématiques sont essentielles au fonctionnement et à la visibilité d’Ensemble. Elles ont une fonction d’élaboration politique, de confrontation des cultures politiques constitutives de notre mouvement, de formation, d’animation de l’activité sur les différents terrains. Il faut donc prendre la décision de les renforcer et de les développer.  Elles produisent collectivement des brochures qui doivent être diffusées. Elles peuvent élaborer des documents et des communiqués d’Ensemble en lien avec l’EAN. Leurs travaux doivent être pris en charge collectivement par l’ensemble du mouvement.

2 – Le rôle des collectifs locaux est prépondérant.
Les collectifs et les commissions désignent leurs représentant.es à l’AG et au Collectif National. Un recensement régulier des collectifs au moins chaque année, doit être fait, pour les identifier et recueillir le maximum d’informations les concernant.
Un recensement des adhérent.es qui ne sont pas rattaché.es à un collectif sera également effectué.
En cas de problème constaté, l’EAN aide les collectifs concernés à trouver des solutions. Il est essentiel de développer les relations entre les collectifs par région.
La représentation des collectifs et des commissions à l’AG et au Collectif National doit être facilitée (remboursement des transports, hébergement, des CN en région…). Ce sont eux qui désignent leurs délégué.es. Il faut favoriser l’auto-gestion des collectifs locaux

B - La recherche du consensus doit être systématique dans la prise de décision, sans évacuer les désaccords ni les procédures de votes éventuelles qui peuvent être nécessaires (avec une majorité qualifié des deux tiers).

C - Le respect du pluralisme et des différentes sensibilités et positions pouvant exister.

D - Favoriser la parité femmes - hommes à tous les niveaux, en la rendant notamment obligatoire à l’EAN. Veiller à équilibrer la répartition des temps de parole et des fonctions à assurer entre femmes et hommes, en toutes matières, en adoptant par exemple un fonctionnement par binômes paritaires tournants. Il faut favoriser également la représentation des commissions et le lien avec les régions, la participation des jeunes et de toute autre catégorie d’adhérent·e dont la participation à la vie du mouvement est insuffisante. Veiller à l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.

E - Composition  et rôle de l’EAN
1 - Composition
L’Équipe d'animation nationale est élue à chaque Assemblée générale.
L'EAN est constituée de membres cotisant.es avec l’accord de leur collectif.
L’EAN doit être évidemment paritaire, comme nous le défendons au sein des institutions, qu’elles soient locales ou nationales. Un souci de renouvellement de ses membres doit être organisé. L’EAN doit être principalement l’émanation des comités locaux et des commissions d’Ensemble.
2 - Rôle : le rôle de l’Équipe d’Animation est de permettre d’organiser les débats du mouvement, de préparer ceux du CN et de favoriser leur préparation et leur appropriation collective. Tout membre de l’EAN participe à son collectif local.
L’EAN diffuse une liste de ses membres qui sont disponibles pour se déplacer dans les collectifs afin d’animer des débats ou participer aux discussions. 
L’EAN peut parfois être amenée à prendre des décisions politiques conjoncturelles en s’appuyant sur les orientations adoptées en CN.
Tout membre de l’EAN assure le suivi des tâches dont il/elle a la charge.
La composition de l’EAN peut être modifiée à l’occasion d’un CN. Le renouvellement des élu.es à l’EAN doit être favorisé·e.
3 - Les tâches de l’EAN
- Il est nécessaire de composer l’équipe de façon à partager les responsabilités de façon collective. Chaque membre sera responsable pour une ou plusieurs responsabilités propres à l’organisation. L’équipe pourra aussi associer des membres des comités aptes à mettre en œuvre certaines tâches s’il est nécessaire.
- Les réunions quinzomadaires de l’EAN peuvent être complétées par les réunions du secrétariat et, par des réunions extraordinaires si besoin.
- Les réunions de l’EAN se tiennent à une heure décidée par tou·tes les participant·es, pour toutes les réunions de l’EAN, de façon à ce que les camarades des régions et notamment les femmes puissent y participer. La visio conférence permettra aux camarades des régions de participer lorsqu’ils ou elles ne peuvent pas se déplacer.

F - Le rôle du Collectif National comme cadre d’élaboration de l’orientation politique nationale de notre mouvement.
Participent aux réunions du CN :
- les délégué.es des collectifs (parité obligatoire) porteurs de mandats (si les collectifs locaux souhaitent que leurs délégués en portent). Les délégué·es émargent en début de CN.
- les membres de l’EAN et les représentants des commissions. Les membres de l’EAN participent au CN sans droit de vote.
Le déroulement des CN doit être facilité : des comptes rendus doivent être réalisés, le secrétariat de séances du CN dont la composition doit tourner doit associer les délégué.es des collectifs locaux.
- Il est possible d’expérimenter des choix politiques particuliers en adoptant de façon souple et concrète notre mode de fonctionnement, les rythmes de réunion.
- L’ordre du jour des CN doit être discuté au sein des collectifs locaux à partir d’une proposition de l’EAN. Les collectifs locaux peuvent faire des propositions sur l’ordre du jour.

2) Des objectifs à réaliser pour faire vivre Ensemble

A – Faire vivre la démocratie dans notre mouvement
Faire du commun avec la diversité que nous représentons
Dans un contexte de crise de la recomposition politique à gauche, le maintien d’Ensemble comme outil implique notamment :
- La confirmation de la décision de l’AG de décembre 2017 de reconnaître la possibilité que des courants d’opinion se constituent dans Ensemble!
- Le maintien d’Ensemble ! comme outil implique que des courants d’opinions continuent d’exister.
- Une meilleure préparation des réunions du Collectif National (envoi des textes en amont au moins 10 jours avant la réunion du CN, travail en commission, préparation des CN par les collectifs locaux…)
- Définir le contour de l’organisation par le versement d’une cotisation nationale obligatoire selon les moyens.
En ce qui concerne les sympathisant·es, soutiens ponctuels les structures militantes existantes peuvent envisager des réunions ouvertes avec leur participation, des initiatives militantes où elles et ils seront invité·es à participer activement.
- Chaque collectif peut décider de travailler avec des personnes n’étant pas forcément adhérentes à Ensemble.

B - Développer la communication et l’activité
- Dans la mesure de nos moyens financiers, créer un ou deux postes de semi permanent·es supplémentaires.
- Un bulletin mensuel élaboré en liaison avec les collectifs.
Il sera constitué d'informations sur leur travail : le résumé de leurs activités, leur agenda militant, les  informations importantes de leur localité
- L’EAN prend d’ores et déjà les dispositions nécessaires pour que l’encart Front de Gauche soit  supprimé sur tout notre matériel. Des badges, des pin’s, des drapeaux sont donc commandés avec notre « nouveau » logo.
- Un renforcement de la communication du mouvement (site internet, lettre d’information électronique    de type de newsletter quinzomadaire) éventuellement suivant les forces disponibles, une publication papier régulière à parution trimestrielle,
- Désignation d’un·e responsable salarié·e du site web du mouvement, après sa refonte par un professionnel (avec développement des vidéos, d’un agenda des activités…) dans la mesure de nos moyens financiers.
- Mise en place d’un groupe de travail de la gestion de notre présence nationale sur les réseaux sociaux (essentiellement Facebook et Twitter) et la liaison avec les nombreux collectifs qui ont leurs propres outils. Ensemble ! Décide de refondre son site et son apparition sur les réseaux sociaux et se donne les moyens pour le faire, tant sur le plan humain - en se dotant d’une équipe dédiée comprenant si nécessaire des demi-permanents, si les conditions budgétaires le permettent -  que sur le plan matériel (achat de matériel audio-vidéo, informatique, réseau…)
- Soutien à la réalisation et à la diffusion des brochures des commissions qui sont un outil pour faire connaître Ensemble !
- Pour chaque campagne décidée par le CN, un groupe de travail chargé de son animation doit être mis en place, en lien avec les commissions thématiques concernées.
- Renouveler le livret d’accueil

- Les listes
– La liste du CN dans sa version actuelle est conservée (en améliorant son fonctionnement). Elle sert aux échanges sur tous les thèmes qui intéressent ceux/celles qui y sont inscrits. Une liste dénommée "liste des collectifs" (avec un·e ou plusieurs correspondant·es par collectif, en veillant à la parité) est créée pour les envois de l’EAN aux collectifs locaux et pour permettre des échanges entre eux et avec l’EAN, permettant la diffusion d’infos locales, de bilan, de retour d’expériences, d’échanges horizontaux.
– Diffuser les principales informations (comptes rendus du CN, déclarations et communiqués nationaux) directement à l’ensemble des adhérent·es d’Ensemble.

C – L’activité dans la jeunesse
– Faciliter le nouveau développement d’une activité jeunes en permettant l’autonomie de l’intervention des camarades jeunes

D - Trésorerie
- Une réunion de la trésorerie nationale se tient chaque année avec les trésorier·es locaux.

E - CCVSS
- La Commission Contre les Violences Sexuelles et Sexistes (CCVSS) rend un rapport annuel au CN. Une nouvelle discussion sur la définition de la CCVSS et sur les taches de la CCVSS devra être organisée.

F - AG du mouvement, Université d’Automne, Colloques thématiques
- Ensemble! tient une Assemblée Générale au moins tous les deux ans, instance où sont fixées les grandes lignes de l'orientation du mouvement.
- Chaque année le mouvement organise une UDA dont le choix de date relève de la compétence du CN. Elle est préparée par une Commission dédiée composée en partie de membres de l’EAN.
- Un colloque thématique est organisé chaque année.
- Des partenariats en vue de campagnes communes seront recherchés à l’échelle internationale (en lien avec les activités de la commission internationale) Il faut envisager la possibilité de l’organisation de rencontres internationales

G - Rôle et place des élu.es dans Ensemble !
Alors qu’Ensemble! a des élu.es à divers niveaux institutionnels, de l’Assemblée nationale aux municipalités, le débat n’a pas suffisamment eu lieu sur leur rôle et leur place. Des orientations générales peuvent cependant être données
- Rapport avec les élu.es
Les élu.es dispose de l’autonomie dans l’exécution de leur mandat. Ils/elles agissent en cohérence avec les orientations d’Ensemble !, avec le soutien de leur collectif et rendent compte régulièrement de leur     activité à leur collectif local.
Les élu.e.s membres et cotisant.e.s d'Ensemble ! s’efforcent de porter dans leurs activités et interventions publiques une double investiture : celle d’Ensemble qui les a investi comme candidat.e et celle des collectifs militants (fronts larges, collectifs citoyens…) qui ont permis leur élections. Tout au long du mandat, leur action s'appuie donc autant que possible sur un travail commun et une co-élaboration avec les collectifs locaux d’Ensemble! et les collectifs militants.
-Finances
La règle est que l’exécution d’un mandat électif ne doit entraîner ni enrichissement ni appauvrissement  du/de la camarade. Les élu.es percevant une indemnité doivent participer au financement de l’organisation ou du cadre collectif qui les a fait élire et les soutient. À partir de là chaque cas étant particulier le montant et le mode de financement devra être discuté avec l’instance ad hoc, collectif local ou national. Il faut distinguer ce versement de la cotisation d’adhérent.e.
- Réseau des élu·es
Un réseau des élu·es permettant les échanges d’expériences est mis en place. Une liste des élu.es d’Ensemble est finalisée et sera mise à disposition des collectifs afin que chacun soit au courant. Des rencontres et formations seront mises en place.

H - Rôle du ou des permanent.es :
Le ou les permanent·es définissent leur travail en lien avec l’EAN et le secrétariat de l’EAN. Ils/elles participent à ces deux instances.

I – Rôle des portes paroles
La question des portes parole est centrale pour la communication et la lisibilité de notre mouvement. Les portes paroles d’Ensemble ! défendent les orientations politiques adoptées par Ensemble ! dans le cadre de ce mandat.
Nous devons soutenir leur intervention en lien avec l'EAN.
Les portes paroles sont élu·es par le CN.

Type:  Article Mardi, 24 Novembre, 2020 - 16:50 Vie du mouvement
François Calaret

Engager le débat stratégique

2 heures 19 minutes ago

Motion sur le débat stratégie

L’AG d’Ensemble ! des 7 et 21 novembre 2020 décide qu'une discussion est nécessaire pour revisiter les questions de stratégie.
Une commission d’Ensemble !, issue de l’AG et en lien avec le CN, est mise sur pied, ouverte aux camarades intéressé-es.
Les questions à examiner comprennent notamment : les rapports de force, le rapport entre mouvements de luttes et forces politiques, mais aussi comment le projet post-capitaliste rétroagit sur les luttes et échéances immédiates ; l’auto-organisation des luttes et la gestion des communs ; la révolution et les ruptures que cela suppose ; la place du "déjà-là" dans les voies d'action ; les questions du pouvoir politique, des institutions, des libertés publiques, des élections, de la démocratie et de l’actualité de l’autogestion ; la place de l’écologie, des dominations et discriminations, l’émancipation dans sa pluralité (féminisme, antiracisme…), et la question du type d'organisation politique que nous voulons construire...
Ce travail devra donner toute sa place à la dimension internationale, en Europe comme pour tout le champ de l’altermondialisme.
La commission définira sa méthode et un échéancier ayant pour but d’aboutir à l’automne 2021, avec des étapes possibles (CN, journées d’études, université d’Ensemble !...). Nous pourrons en fonction des textes et des échéances inviter des interlocuteurs et interlocutrices extérieur·es à Ensemble!, intéressé·es par notre réflexion (individus, courants, réseaux, appels, forces politiques et autres...) à y participer. 
A cette fin, l’AG prend en considération la contribution : « Pour un débat stratégique pour et par les luttes » (octobre 2019), ainsi que les autres contributions déjà parues pour ce débat.

 

Type:  Article Mardi, 24 Novembre, 2020 - 16:48 Vie du mouvement
François Calaret

Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

1 jour 3 heures ago

Appel à manifester le 18 décembre 2020

Suite à la Marche nationale des Sans-Papiers du 19 septembre au 17 octobre, Acte 3 du mouvement pour la régularisation de touTEs les Sans-Papiers, la fermeture de CRA et un logement pour touTEs, suite au mépris d’Emmanuel Macron et à l’urgence de la situation sanitaire, sociale et politique, 180 premières organisations signataires appellent à l’Acte 4 qui convergera en des manifestations sur tout le territoire le vendredi 18 décembre à l’occasion de la Journée Internationale des MigrantEs.
Ci-dessous l’appel et la liste des organisations signataires.
Acte 4 des Sans-Papiers : Egalité, Liberté, Papiers !
Malgré les centaines de kms parcourus par les Sans-Papiers lors de l’Acte 3, la Marche nationale des Sans-Papiers du 19 septembre au 17 octobre, les milliers de villes et villages traversés, les centaines de réseaux mobilisés, les multiples rencontres et les dizaines de milliers de participantEs à la manifestation du 17 octobre à Paris… rien. Emmanuel Macron n’a pas eu un mot pour les Sans-Papiers.
Macron et ce pouvoir méprisent les habitantEs de ce pays, avec ou sans papiers.
Ils parlent de liberté. Mais après avoir refusé la liberté de circuler aux migrantEs ils la limitent de plus en plus régulièrement pour toute la population. Le gouvernement prétend défendre la liberté d’expression mais a interdit à la Marche nationale des Sans-papiers de défiler vers l’Elysée le 17 octobre.  Par ailleurs, ils ne respectent pas le droit d’asile, alors même que l’État français est en partie responsable de guerres et de partenariats économiques honteux qui provoquent l’exil.
Ils parlent d’égalité mais la refusent aux Sans-Papiers et les inégalités explosent dans toute la société.
Ils disent agir pour la santé mais n’ont en tête que la défense des profits des plus riches. C’est ce qu’ils appellent l’économie mais ils refusent de donner les moyens nécessaires à l’hôpital ou à l’école, mettent des migrantEs à la rue, continuent d’expulser des pauvres de leur logement, font exploser le chômage, laissent des Sans-Papiers sans protection en première ligne et remplissent les centres de rétention.
Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité.
Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution. Le 17 octobre malgré le couvre-feu, malgré l’horreur de l’assassinat d’un professeur la veille, malgré le black-out médiatique sur notre mouvement et malgré l’interdiction de manifester dans tout l’Ouest parisien nous étions des dizaines de milliers, ensemble, avec et sans papiers, venuEs de tout le pays pour la liberté et l’égalité des droits, pour la régularisation de touTes les Sans-Papiers, uniEs contre le racisme, la xénophobie et l’islamophobie.
Alors nous appelons à renforcer encore ce mouvement avec l’Acte 4.
De nouveaux collectifs de Sans-Papiers se sont construits. Il faut les développer et en faire naître dans chaque ville, chaque quartier, chaque foyer et centre d’hébergement. Des collectifs de solidarité existent et se sont mobilisés sur tout le territoire. Sans eux la Marche aurait été impossible. Là où ils n’existent pas encore il faut les construire. Là où ils existent il faut les développer et multiplier les actions. Syndicalistes et syndicats se sont mobilisés auprès des Sans-Papiers. Nous appelons les Sans-Papiers qui travaillent à rejoindre un syndicat et les syndicats à porter haut la lutte pour la régularisation des Sans-Papiers. Ce n’est pas l’immigration qui crée un dumping social, ce sont les inégalités et la précarisation de toute la main d’œuvre.
Nous appelons à participer aux actions qui seront organisées par les sections syndicales et syndicats comme la Journée nationale de lutte contre la précarité et le chômage du samedi 5 décembre et pour lutter contre les attaques dans les entreprises et les différents secteurs, notamment la santé et l’enseignement. Nous appelons à préparer les conditions d’une journée de grève interprofessionnelle pour l’égalité et la régularisation des sans-papiers.
Nous appelons à participer aux luttes contre les centres de rétention, pour un logement décent pour tous et toutes et contre les expulsions.
Nous appelons à faire converger tous ces efforts par des manifestations dans toutes les villes et les villages, sur tout le territoire le vendredi 18 décembre, Journée internationale des migrantEs, pour la régularisation de touTEs les Sans-Papiers, la fermeture des Centres de rétention, le logement pour touTEs.
Nous appelons à faire triompher la liberté, l’égalité et la solidarité.

18 novembre 2020

Contact : Marche.des.solidarites@gmail.com

Liste des 180 premières organisations signataires :

CISPM, Collectif Amiénois des Sans-Papiers, Collectif des Immigrants en France, Collectif Les Chemins de la Victoire, Collectif Pour l’Avenir des Foyers, CSP13, CSP38, CSP59, CSP69, CSP75, CSP93, CSP95, CSP Kabyle, CSP Montpellier, CSP Montreuil, CSP Paris 20, CTSP Vitry, Droits devant !!, Ensemble Pour Notre Régularisation Sans Exception,

la Marche des Solidarités et les Etats Généraux des Migrations,
20ème Solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s, Acceptess-T., ADTF, Ah Bienvenue Clandestins !, AHSETI Le Havre, Alternatives et Autogestion, APICED, ASIAD, AsilAccueil88, Asile et Partage, ASMA Amiens, ASMIE - Solidarité mineurs isoles étrangers, Assemblée Locale Nancy Meurthe et Moselle Sud des EGM, Association soutien au 59 Saint Just Marseille, Asso Wise, ASTI Petit-Quevilly, ASTI Romans, ATMF, ATTAC France, ATTAC Rennes, Aude Réfugiés Solidarité, autremonde, Bagagérue, Bengladesh Community in France, BDS France-Marseille, CAAN, CADM 70, CAPJPO-EuroPalestine, CDDLE Besançon, CEDETIM, Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu, CGT AHS Franche-Comté, CGT Energie Paris, CGT Cité nationale de l’histoire de l’immigration, CGT section syndicale de la société de restauration du musée du Louvre, CIVCR, CNT-FTE, CNT-Solidarité ouvrière, Collectif antiraciste-ASTI d’Elbeuf, Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham, Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-es (LDH), Collectif de soutien aux réfugiés en Ariège, Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor, Collectif "Chabatz d’entrar" Haute-Vienne, Collectif Immigrés du Montargois, Collectif Justice & Libertés (Bas-Rhin), Collectif Migrants Bienvenue 34, Collectif Migrants Comminges (31), Collectif Ni Guerres Ni Etat de Guerre, Collectif pour une autre politique migratoire (EGM AL67), Collectif Sarthois pour une Terre Plus Humaine, Collectif solidarité Chalon migrants, Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse - Collège sans Frontières Maurice Scève, Collectif Urgence Welcome Mulhouse, Collectif Toulouse Anti CRA, Collectif Tournefeuille sans Papiers, Comité contre les OQTF (Ariège), Confluences, Coordination Iséroise de Solidarité avec les Étrangers Migrants, Coordination Nationale Pas sans Nous !, Coordination Urgence Migrants -CUM, CRLDHT, CSRA, D’ailleurs Nous Sommes d’Ici 67, D’ailleurs Nous Sommes d’Ici 86, DAL, DIEL, EELV Paris 18, Emancipation tendance intersyndicale, Ensemble !, FASTI, Femmes Egalité, Femmes Plurielles, FFR- Filles et Fils de la république, Fondation Frantz Fanon, FSU13, FSU35, FTCR, FUIQP, Gasprom-ASTI Nantes, GISTI, InFLEchir, La Cimade, La Cimade Figeac, La Cimade Yonne, La Mule du Pape, La Paille et le Mil, L’Auberge des Migrants, LDH70, LDH Mâcon, LDH Chalon, LDH Nancy, LDH Rennes, Le Cercle 49, Le Paria, Les Sorins Montreuil, LFI35, MAN fédéral, MAN71, MIDAF, Modus Operandi Grenoble, Montreuil Rebelle, Mouvement Utopia, MRAP Centre Ardèche, Nogozon, Nouvelle Jungle Lille, NPA, OCML-VP, Palestine 13, Paris d’Exil, Parti des Travailleurs (Tunisie) section France, PEPS, PIR, Pour Un Avenir Meilleur, RadiAction, Rash Tolosa / AIM Toulouse, REMCC, RESF31, RESF36, RESF61, RESF82, RESF89, RESF Tournon 07, RSM89, RSM Rouen, RUSF38, RUSF Paris 8, SNPES-PJJ/FSU, Solidarité et Langages (Valence), Solidarité Migrants Beauvais, Solidarité Migrants Graulhet, Solidarité Migrants Wilson, SUD Culture Solidaires, SUD Education 35, SUD Education 91, SUD Education 92, Syndicat de la Médecine Générale, TadamunExil 70, Terre d’Ancrages-Lyon, T’OP !-Théâtre de l’Opprimé de Lille, Tous Migrants, UCL, UJFP, UJFP Lyon, UD Solidaires 35, UD Solidaires 91, UD Solidaires Val de Marne, UL CGT Paris 18, Union Syndicale Solidaires, United Migrants, UTAC, VISA, Voies Libres Drôme, Wonder Sisters, ZSP18,

Type:  Article Lundi, 23 Novembre, 2020 - 15:59 Droits - libertés
François Calaret

Colloque sur le Congrès de Tours

1 jour 8 heures ago

DÉCEMBRE 1920
À Tours, le 18ème congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) est celui de la grande
scission du mouvement ouvrier, entre socialistes et communistes.

C’était il y a un siècle, la gauche française se séparait. Un schisme international. Impliquant nombre de familles
politiques, et deux branches principales.

Il fallait choisir : socialistes ou communistes.
Dès lors la gauche s’est conjuguée au pluriel.
Et l’histoire politique s’en est trouvée durablement changée.
DÉCEMBRE 2020
✓ Quels regards porter sur cet évènement inaugural et les conséquences qui en ont résulté ?
✓ Un siècle après, où en sont les gauches, les différents courants de gauche et de l'écologie qui combattent
pour une société libérée de l’exploitaion et de toutes les dominations ?
Réflexions et débats d’historiens, de militantes et militants politiques !
En 2020, il s’agit moins de « commémorer » que de s’interroger sur l’avenir :
La gauche, toujours ?
Un peu, beaucoup, passionnément ?

Allocution de Emmanuel Denis, maire de Tours.

DEUX TABLES RONDES :

La « vieille maison », disputée entre divers copropriétaires...
Avec leurs conflits, parfois leurs réconciliations.
Regards d’historiens : Gilles Candar, Jean-François Claudon, Eloïse Dreure,
Jean-Numa Ducange, Roger Martelli, Bernard Ravenel

Une « nouvelle maison » à construire ?
Sur quelles fondations ? Avec qui ? Pour quels combats ?
Débat avec des responsables politiques...

Débat pluraliste animé par Denis Sieffert, éditorialiste de Politis, avec
Clémentine Autain (Ensemble !), Alexis Corbiere (LFI), Alain Coulombel (EELV),
Gérard Filoche (GDS), Benjamin Lucas (Génération.s), Christine Poupin (NPA),
Guillaume Roubaud-Quashie (PCF), Boris Vallaud (PS).

Fichier attachéTaille PROGRAMME COMPLET5.75 Mo Type:  Article Lundi, 23 Novembre, 2020 - 11:08 Politique
François Calaret

Appel à la mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles

3 jours 10 heures ago

APPEL UNITAIRE

LE 25 NOVEMBRE, JOURNÉE INTERNATIONALE
DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES
Nous sommes toutes et tous mobilisé·es, nous ne céderons pas ! .
Femmes de tous les continents, nous subissons les violences sexistes et sexuelles. C’est notre lot
commun.
Les féminicides, les viols, les agressions sexuelles, le harcèlement sexuel, les violences
obstétricales, le contrôle de nos corps, sont des réalités tragiques pour des millions voire des
milliards de femmes de par le monde. Les mexicaines, les chiliennes, les argentines, les
espagnoles, les algériennes, les polonaises… et partout les femmes se soulèvent depuis plusieurs
années maintenant.
En France, il y a eu 142 310 plaintes pour violences conjugales en 2019, soit 16 % de plus qu’en
2018. Le confinement a encore accéléré les violences subies, avec 15 % d’appel en plus dans la
dernière période sur le 3919 plateforme d’aide aux victimes de violences sexistes et sexuelles.
Nous ne nous y résignons pas ! .
Nous, militant·es de toutes organisations, collectifs, syndicats, associations sommes féministes, et
appelons à participer activement encore ce 21 et 25 novembre partout en France, aux événements,
sur les réseaux sociaux, et nous rassembler partout où c’est possible, dans le respect des gestes
barrières, pour revendiquer notamment :
– Un milliard pour lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles en France : ce n’est
pas un simple Grenelle et quelques places d’hébergements en plus qui suffisent ! Un milliard
permettrait de mettre en place l’éducation non sexiste dès les petites classes, d’organiser de vraies
campagnes et politiques de lutte contre les féminicides, le harcèlement sexuel au travail, et
financer toutes les associations féministes qui oeuvrent depuis des années contre les violences
sexistes et sexuelles. Ce milliard est aussi crucial pour l'hébergement dans des centres non mixtes
dédiés, spécialisés et sécurisés.
– La mise à l'abri ou la protection des femmes victimes.
– La protection des mineures dans la loi (seuil d’âge) et matériellement, face aux violences
sexistes et sexuelles.
– La ratification par la France de la « Convention contre la violence et le harcèlement dans le
monde du travail » de l’Organisation internationale du Travail (de juin 2019 !) : celle-ci prévoit
notamment des mesures qui contraignent les employeurs à prévenir et sanctionner le harcèlement
sexuel, et à donner des droits aux femmes victimes de violences conjugales et intra-familiales. Les
violences sexistes et sexuelles, le sexisme ordinaire doivent cesser sur nos lieux de travail !
– Des moyens de financement ambitieux pour appliquer les accords égalité sur la lutte contre
les violences sexistes et sexuelles, dans la fonction publique ou dans le privé !
– L’arrêt de la mise en concurrence de la gestion de la ligne d’écoute du 3919. Ce
gouvernement prévoit ainsi la privatisation de ce service public, ce qui représente un risque majeur
de voir la qualité du service rendu aux femmes réduite.
– La régularisation de toutes les sans-papières et leur protection contre les violences
sexistes et sexuelles.
– La lutte contre le proxénétisme, le trafic d'êtres humains, et toutes les violences
prostitutionnelles et porno-criminelles.
Le 21 novembre et le 25 novembre, toutes et tous mobilisé-es
pour la fin des violences sexistes et sexuelles, et tant qu’il le faudra !

SIGNATAIRES DE L’APPEL UNITAIRE

Organisations et associations nationales :
CGT
FSU
Union syndicale Solidaires
Actionaid France
APEL-ÉGALITÉ
ATTAC
Chiennes de garde
Organisation de Femmes Egalité
Collectif National pour les Droits des Femmes
Les Effrontées
Osez le Féminisme !
Collectif Féministe contre le Viol
Maison des Femmes de Paris
Forum Femmes Méditerranée
Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie
Las rojas, feministes anticapitalistes
Mémoire traumatique et victimologie
Collectif Tenon
Fondation Copernic
Marche des solidarités
Collectif des immigrants en France
Collectif « Stop Aux Violences Obstétricales et Gynécologiques »
Les Attentives, compagnie théâtrale féministe et humaniste
L'association féministe "Un rêve de Farfadet",
Femmes solidaires
CLEF
Collectif Les Rosies d’A cause de macron
Cfqd Lesbiennes féministes
Marche Mondiale des Femmes
Cadac
Les Grenades
SKB
Et aussi :
Le snpes-pjj/fsu (syndicat national des personnel.le.s de l'éducation et du social à la Protection
Judiciaire de la Jeunesse)
Héro.ïnes 95
Africa 93
Planning Familial Val de Marne
CGT-HPE -Femmes en grève de l’Ibis Batignole
SOUTIEN DE L’APPEL (POUR LES PARTIS POLITIQUES)
ENSEMBLE!
Europe Écologie les verts (EELV)
Nouveau parti anticapitaliste (NPA)
Parti de Gauche (PG)
Génération.s
Parti communiste (PCF)
Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF)
La France Insoumise (LFI)

DECLARATION DES ORGANISATIONS POLITIQUES

Nous, organisations politiques, unissons nos forces pour un bouclier sanitaire et social destiné à soutenir les luttes sociales et environnementales dans cette période sombre qui favorise les régressions sociales et les violences, en particulier envers les plus vulnérables. Les luttes contres violences sexistes et sexuelles sont une priorité.
La lutte contre les violences physiques est l’urgence, en particulier pendant le confinement où les femmes et les enfants victimes sont enfermés avec leur agresseur. En 2019, 152 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, souvent alors qu’elles avaient déjà alerté la police de leur situation et avaient été laissées à la merci de leurs assassins. Nous exigeons, comme le font les associations féministes, que le gouvernement mette enfin tous les moyens nécessaires dans l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et la protection juridique et psychologique, la formation des agents des services publics concernés...
Protéger l’intégrité physique des femmes et des enfants est l’urgence. Mais les violences faites aux femmes sont aussi d’ordre psychologique, économique ou social : harcèlement sexuel, culture du viol, sexisme, inégalités de salaire, plafond de verre, inégale répartition des tâches domestiques et familiales, difficultés d’accès à la contraception et à l’IVG accentuées par le confinement … Les insultes que subissent actuellement les féministes dans les médias ou les colleuses dans la rue montrent un patriarcat qui sévit en toute impunité.
Nous sommes convaincus que l’émancipation de toute l’humanité passera par l’émancipation des femmes. Pour l’intérêt de tous, il est temps que les violences contre les femmes cessent, et que les femmes prennent toute leur place dans la société et au pouvoir, et qu’elles bénéficient des politiques les plus émancipatrices existantes dans les pays où elles sont les plus avancées.

C’est pourquoi nous appelons à participer aux différentes initiatives et mobilisations de rue ces samedi 21 et mercredi 25 novembre dans le cadre de la journée internationale contre les violences faites aux femmes,  pour :
Dire stop aux violences sexuelles et sexistes
Dénoncer l’impunité et l’absence de politique conséquente des pouvoirs publics et de ce gouvernement qui en aurait, parait-il, fait ça priorité.

Ensemble !

France Insoumise

Génération(s)

GDS

Nouvelle Donne

NPA

PEPS

Place Publique

 

Type:  Article Samedi, 21 Novembre, 2020 - 08:27 Féminisme
François Calaret

De la légitime contestation des mesures gouvernementale à la négation de la réalité de la pandémie : le pas à ne pas franchir.

1 semaine ago
Crédit photo:  cottonbro

De la légitime contestation des mesures gouvernementale à la négation de la réalité de la pandémie : le pas à ne pas franchir.

A propos d’une tribune parue sur le site de Regards…

« C’est un secret de polichinelle : le re-confinement était envisagé depuis l’été dernier. La stratégie de communication du ministère de la Santé s’est déployée autour de cette perspective depuis plus de deux mois, de façon à le faire accepter par la majorité de la population le jour J ». Ainsi commence une tribune dont les deux premiers signataires sont Laurent Muchielli et Laurent Toubiana.

Première constatation : il est faux de dire que les médias ont négligé d’inviter les contradicteurs des « indicateurs les plus alarmants » liés à la pandémie et à ses conséquences. Jean-François Toussaint, Laurent Toubiana, Alexandra Henrion Claude, etc. ; ont eu tribune ouverte quasi quotidiennement, notamment à la télévision. Et si le célèbre professeur Marseillais est devenu plus prudent sur le confinement, c’est après avoir affirmé de façon fracassante : « La deuxième vague c’est de la science-fiction ». Les scientifiques exprimant un point de vue opposé, qui représentent l'opinion majoritaire de la communauté, ont eu bien moins l'occasion de s'exprimer. En réalité, le gouvernement n'avait qu'une obsession : la reprise de l’activité économique dès la fin du premier confinement. Il affirmait d’ailleurs que les autorités étaient prêtes pour contrôler l'épidémie, ce qui s'avère évidemment faux aujourd’hui. Il a surtout retardé les mesures à prendre face à la remontée du nombre de cas de contamination, avec pour conséquence une dissémination de l'épidémie à bas bruit depuis l'été, sur l'ensemble du territoire, contrairement à ce qui s'était passé en mars-avril avec des régions très touchées et des régions épargnées.

Deuxième constatation : Non, il n’y a pas eu une «évolution en dents de scie, la communication se faisant uniquement les jours où les chiffres augmentent » comme l'affirment les signataires de ce texte. Depuis la mi-août, et en fait depuis le frémissement autour du 20 juillet, les 4 courbes - nombre de sujets positifs, puis nombre d’hospitalisations, puis nombre de sujets en réanimation et enfin de décès - ont suivi la même progression : des exponentielles décalées. Le résultat final, pour qui veut bien regarder la réalité en face, est très loin de l’aplatissement de la courbe épidémiologique. Les soignant.es, qui ont déjà vécu sur le terrain une première vague en mars-avril, sans aucune amélioration de leurs conditions de travail ni de leur rémunération depuis, sont en train de revivre exactement la même chose. Mais cette fois-ci sans applaudissements et avec beaucoup plus encore de lassitude et de découragement. Ainsi au 4 novembre d’après Santé Publique France nous avions 27 000 hospitalisations en cours et près de 4100 malades en réanimation.

La tribune affirme ensuite que « seuls l’Irlande et le Pays de Galles ont reconfiné la totalité de leur population ». Ceci est bien évidemment faux puisque plusieurs pays d'Europe ont depuis remis en place un confinement plus ou moins strict, mais nécessaire. C’est le cas du Royaume-Uni, de la Belgique, de la République Tchèque, de la Catalogne, de l’Autriche et récemment la Grèce… S’il est possible de discuter sur la nature des décisions prise dans d’autres pays, nous constatons à minima qu’il y a partout en Europe des mesures de confinement partiel. Nous nous opposons donc vigoureusement à cette assertion, qui est tout simplement fausse et qui démontre qu’il s'agit à tout prix pour les signataires de contester toute légitimité au confinement.

Continuons notre lecture : « (…) toute personne entrant à l’hôpital porteuse d’une trace du Covid est comptée comme un « hospitalisé Covid » même si elle vient en réalité pour son cancer ou son hypertension. Et c’est la même chose si elle entre en réanimation ou si elle décède ». Il est urgent de revenir à la raison ! Six mille cinq cent quatre-vingt-treize personnes ont été admises en réanimation (0,09%) avec un test positif au Covid pendant la première vague. Il est possible que pour une part infime de ces patients la COVID n’ait pas été le motif principal d'hospitalisation, et soit anecdotique. Néanmoins dans la grande majorité des cas, c'est bien la pneumopathie liée au SARS-COV2 qui s’est ajoutée à une maladie préexistante et a entraîné des complications qui ont pu mener au décès. Avec les spécificités des lésions constatées et les explorations réalisées, il y a peu de doutes.

En réalité, les auteurs «confondent» (restons polis…) mortalité et comorbidité. Comme si un patient infecté souffrant en outre d’une pathologie antérieure au Covid mais équilibré, avec cinq à dix ans d’espérance de vie, qui décède subitement, ne mourrait pas du COVID. Et se profile la conclusion néo-eugéniste et factuellement fausse, reprise sur les murs de certains signataires, que de toute façon ce sont des vieux qui allaient mourir qui décèdent…

Et quand on écrit que « (…) parmi les 7% restant de la population testée positive, plus de 85% ont moins de 60 ans ; il s’agit donc essentiellement de personnes qui ne risquent pas de faire une forme grave de la maladie (…) » c’est tout simplement faux. La mortalité chez les patients hospitalisés durant la première vague de l'épidémie est connue, elle augmente graduellement avec l'âge (1,1% chez les 20-29 ans, 1,9 % chez les 30-39 ans, 3,3% chez les 40-49 ans, 6,5% chez les 50-59 ans, 12,5% chez les 60-69 ans, 21% chez les 70-79 et 31,6% chez les plus de 80), et n'est donc pas nulle chez les moins de 60 ans. De plus, même si ces pourcentages paraissent faibles, cela se traduit par un nombre de morts d'autant plus important qu'il y a un plus grand nombre de malades dans la population globale.

Quant au fait que l'hôpital est sous tension à cause des politiques menées depuis longtemps, c’est une évidence. Sauf que la situation actuelle, qui s’est effectivement déjà produite lors de la canicule,  a ceci d’exceptionnel qu’elle ne cesse de se dégrader de façon extrêmement rapide. Et cela avant même la survenue prévisible de l’épidémie grippale et à un niveau sans précédent, contrairement à ce qui est prétendu dans la tribune,  tant  en intensité qu’en rapidité.  On en est à envisager des transferts en Allemagne. Pays qui est autrement mieux équipé en lits d’hospitalisation que le nôtre aujourd’hui, y compris en ce qui concerne le nombre des lits de réanimation. De plus, on voit bien avec la nécessité du confinement qui a été mis en place de la Chine à l'Europe, et également aux USA même si c’est de façon plus hétérogène, qu'il ne s'agit pas uniquement d'un problème de manque de moyens pour le système de soin. Face à une évolution exponentielle du nombre de cas, n'importe quel système de santé est mis en difficulté et a du mal à assumer le reste des soins nécessaires en dehors du COVID-19.

Cela ne dédouane en rien le gouvernement de ses responsabilités dans la crise actuelle et ses conséquences. Certes aucun pays n'a un système de santé capable d'absorber une telle épidémie sans difficulté. Mais si aucune mesure de contrôle n'est prise, cela sera d’autant plus difficile. Et même d’autant plus catastrophique en France que de nombreux lits y ont été fermés par les gouvernements successifs ,de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, jusqu’à très récemment encore, c’est-à-dire après la première vague.

Dans cette tribune il est dit enfin que les mesures de confinement débouchent sur un bilan mondial qui n’est associé à aucune réduction mesurable de la mortalité. Une autre contre-vérité ! Le graphique des courbes comparatives Israël/Europe vient d’être publié. On peut y constater l’effet du confinement sur une deuxième vague épidémique en Israël décalée par rapport à la nôtre, mais hors de contrôle avant confinement. La courbe est éloquente. Des articles scientifiques rigoureux le montrent. Notamment dans la revue Science. Mais on pourra également consulter avec profit le logiciel sur site du Financial times tout aussi éloquent.

Si la situation sanitaire d’aujourd’hui résulte bien de l’échec de la stratégie gouvernementale « dépister, tracer, isoler » - avec un dépistage mal organisé et des résultats tardifs,  un traçage des contacts inefficace (seulement 5.000 agents recrutés après la première vague sur les 30.000 nécessaires) et un isolement des porteurs du virus laissé au soin des familles… - des mesures strictes de contrôle de cette épidémie sont absolument nécessaires à l'heure actuelle ! Le nier est dangereux et irresponsable, car cela risque tout simplement d’entraîner plus de décès…

Il faut critiquer la manière dont le gouvernement instaure ce confinement avec une communication illisible, saturée d'injonctions contradictoires, notamment à destination des enseignant.es. Ceci entraîne une espèce de confinement allégé, « à la carte », dont l’efficacité est difficile à prédire, mais qui ne fait que renforcer la défiance de la population et la division en son sein. Avec le sentiment partagé que certains secteurs de l'économie, les grands groupes essentiellement, sont privilégiés au détriment des autres.

Mais résumer les termes du débat à une alternative simpliste et trompeuse, sous-estimer délibérément les enjeux sanitaires de la crise et flirter avec les thèses libertariennes en nourrissant la confusion entre les intérêts de la population dans son ensemble - qu’il nous faut défendre - et l’intérêt économique et social des élites, est catastrophique pour notre camp. Un confinement efficace est actuellement nécessaire et urgent. Un autre confinement est possible : démocratiquement organisé, appuyé sur l’expertise des acteurs/actrices de terrain (soignant.es, enseignant.es, travailleuses/travailleurs de première ligne, etc.) et sur l’expertise citoyenne qui doit être mobilisée et organisée. Il faut se battre pour lui donner corps. Il ne peut pas être mis en œuvre sans le peuple, sans une prise de conscience collective et solidaire de notre implication à toutes et tous dans la lutte contre cette épidémie et sans lutter pour la construction d’un authentique démocratie sanitaire, loin des instrumentalisations de toute sorte et du complotisme plus ou moins vulgaire.

La tribune de Laurent Mucchielli

http://www.regards.fr/idees-culture/article/tribune-le-confinement-const...

Les membres du groupe de réflexion sur la crise sanitaire,
regroupant chercheur.euse.s, praticien.ne.s et militant.e.s
d’Ensemble et d’Ensemble Insoumis.

Fichier attachéTaille contre-tribune_3.pdf206.43 Ko Type:  Article Mardi, 17 Novembre, 2020 - 15:23 En débat Santé
TheStyx

Contre les amalgames et les manipulations, nous défendons les libertés

3 semaines 1 jour ago

Nous condamnons les assassinats de Samuel Paty et de Nice qui viennent nous rappeler le danger représenté par le terrorisme islamiste que nous combattons. Toutes nos pensées vont aux familles et aux proches des victimes. Prendre le prétexte de convictions religieuses ou politiques pour attenter à la vie de celles et ceux qui ne partagent pas les mêmes idées met en danger toute la société, en premier lieu les femmes.

Nous défendons la liberté d’expression et d’association

Après ces assassinats, nous réaffirmons la nécessité de défendre partout et tout le temps la liberté d’expression, la liberté pédagogique, la liberté d’association, de conscience et de culte dans le cadre de l’État de droit. Nous sommes plus que jamais solidaires avec tou∙tes les enseignant∙es et les personnels de l’Éducation particulièrement affectés. Nous affirmons aussi notre soutien aux personnes, collectifs, associations, syndicats qui sont accusé∙es par leurs actions contre le racisme de collusion avec cet attentat, notamment à travers la qualification d’“islamo-gauchiste”, terme qui ne repose sur aucune réalité. Nous dénonçons la vague médiatique et sur les réseaux sociaux contre toutes celles et ceux qui luttent pour la liberté et l’égalité et assurons en particulier les personnes directement menacées par l’extrême droite de toute notre solidarité. Ces assassinats ne doivent pas faire le jeu des forces réactionnaires qui souhaitent les utiliser pour diviser la société.

Nous défendons la laïcité

Profondément attaché∙es à la laïcité qui écarte les religions des affaires publiques et garantit la liberté de conscience et de culte, nous en condamnons son instrumentalisation pour limiter les droits de quelque partie que ce soit de la population.

Nous agissons contre le racisme sous toutes ses formes

Ces assassinats ne doivent pas être instrumentalisés pour stigmatiser des personnes ou des groupes, en fonction de leur origine, de leur genre, de leur culture ou de leur religion. Nous refusons ces amalgames honteux et dangereux et nous continuerons à lutter contre toutes les formes de racismes, en particulier les attaques que subissent les personnes de culture ou de confession musulmane ou perçu∙es comme tel∙les.

Nous réitérons notre opposition au projet de loi « séparatisme » qui n'a rien à voir avec la laïcité et tout à voir avec une campagne raciste et liberticide visant à diviser la société française.

Il est plus que jamais nécessaire que fassent front commun toutes les organisations et la population se battant contre toutes les formes de racismes, de discriminations et de sexisme. Nous entendons prendre nos responsabilités en ce sens à travers des initiatives publiques pour défendre une société démocratique, laïque et solidaire.

Arts et Cultures Engagés du Monde (ACEM) ; Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF) ; ATTAC ; Avenir Jeunes Marseille ; Cap-Med-Marseille ; Centre d’Etudes et d’Initiatives de Solidarité Internationale (CEDETIM) ; CGT ; Collectif des Associations de Tunisiens du Sud de la France - ATSF ; Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie ; Collectif National pour les Droits des Femmes ; Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) ; Confédération Nationale du Travail (CNT) ; DAL (Droit Au Logement) ; Emancipation Collective ; Europe solidaire sans frontières (ESSF) ; FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) ; Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) ; FIDL ; Fondation Copernic ; Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) ; Immigration Développement Démocratie (IDD) ; Planning familial ; Syndicat des Avocats de France ; UNEF ; UNL ; Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC) ; Union syndicale Solidaires.

Ensemble! (Mouvement pour une Alternative de Gauche, Écologiste et Solidaire) ; Gauche démocratique et sociale (GDS) ; Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ; Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS) ; Union communiste libertaire (UCL) ; Parti des travailleurs (Tunisie) - section France ; Parti Aljoumhouri (Tunisie) Fédération France Nord.

Type:  Article Lundi, 2 Novembre, 2020 - 17:01 Anti-racisme
François Calaret

Sécurité sociale à défendre et à reconquérir

3 semaines 1 jour ago

A l’occasion du 75eme Anniversaire de la Sécurité sociale dont les fondations ont été posées suite au conseil national de la résistance, avec les ordonnances du 4 et 19 octobre 1945, et mises en musique par Ambroise Croizat, ministre communiste du travail, la Convergence des services publics a pris l’initiative d’organiser 2 journées début octobre 2020 à l’école nationale supérieure de la Sécurité sociale à Saint-Etienne.
De nombreuses organisations syndicales et politiques ont répondu à l’invitation : La CGT la FSU, Solidaires, la Confédération Nationale du Logement, la Confédération Paysanne, le PCF, EELV, LFI, Ensemble ! et des personnalités (Michel Etievent, Pierre Caillaud Croizat, nathalie Coutinet)
L’objectif était d’abord de commémorer, avec une démarche pour obtenir qu’une plaque en hommage à Ambroise Croizat soit posée et appuyer les démarches en cours dans ce sens. Symboliquement une place a été posée sur la place voisine de l’école.
Mais aussi et peut-être surtout
1) De faire le point sur l’état de la Sécurité sociale, les attaques qu’elle a pu subir depuis 50 ans
2)  D’engager le débat sur les revendications à partager pour la reconquérir, la relancer en ce début de 21eme siècle et organiser une campagne d’éducation populaire pour la défendre et en faire la promotion.
Il faut dire que notre Sécurité sociale a subi de très nombreuses attaques dans différents domaines (organisation, gestion, ressources, …) qu’il faut ici rappeler :
Le patronat français et les milieux financiers de l’assurance n’ont jamais admis les principes de la Sécu : unicité, universalité, solidarité, démocratie. Toutes ces sommes qui échappent aux marchés, et qui sont socialisées pour répondre aux aléas de la vie que sont la maladie la vieillesse les accidents du travail et les charges familiales sont insupportables pour les libéraux.
Déjà en 1963 un rapport du CNPF (MEDEF de l’époque) préconisait de réduire la place de la Sécu, d’encadrer les dépenses, de favoriser la ‘’prévoyance libre’’ au motif que la guerre était loin et la France reconstruite. Il proposait également l’autonomie des branches et de revoir la gouvernance syndicale. Objectif affiché : faire des économies, réduire les dépenses, un discours qui n’a pas varié depuis 60 ans !
En 1967 les ordonnances gaullistes de Jeanneney obéissent au patronat : elles créent les branches de la Sécu, et surtout mettent en place la gestion paritaire patronat syndicat.
Pour le financement c’est Michel Rocard qui invente la CSG en 1990. Elle a l’immense avantage d’être prélevée uniquement sur le salaire brut des salariés, pour le patronat le cout du travail reste préservé.
C’est à la même époque que commence la politique d’exonérations de cotisations sous prétexte d’aider l’emploi. En réalité c’est le processus de baisse du cout du travail que réclame le MEDEF qui s’enclenche.  Aujourd’hui avec la transformation du CICE de Hollande en exonérations de cotisations sociales pérennes ce sont plusieurs dizaines de milliards d’euros offertes en cadeau aux entreprises. Dizaines de milliards qui soit ne rentrent pas du tout dans les caisses de la Sécu soit sont prises en charge par l’Etat au détriment des services publics.

 

En 96 ce sont les ordonnances Juppé qui permettent à l’Etat de mettre la main sur la Sécu en mettant en place la loi sur le financement de la Sécu ( le fameux PLFSS qui se débat chaque année au parlement) et l’ONDAM, objectif national des dépenses d’assurance-maladie, qui organise l’étranglement financier des établissements hospitaliers publics.
Dans le même mouvement ce sont les ARH (agences régionales de l’hospitalisation) ancêtre des actuelles ARS qui sont créées mettant en place l’outil permettant les restructurations hospitalières, c’est-à-dire les fermetures de services, de lits et la pression gestionnaire sur les établissements.
Aujourd’hui les restrictions continuent malgré les leçons qui auraient dû être tirées après la première vague COVID de mars 2020 et le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 prévoit la mise en place d’un forfait de 18 euros pour toute personne consultant aux urgences sans être hospitalisée !
Toutes ces questions ont été rappelées à Saint-Etienne et débattues après une introduction de Michel Etievent auteur du film ‘’la sociale ‘’
Sur le deuxième point de la conférence de Saint-Etienne les débats ont porté sur l’appréciation de la politique de la mutualité, le 100% Sécu, la place centrale et la définition de la cotisation sociale, et les moyens permettant de défendre et régénérer la Sécu.
En effet la mutualité française qui longtemps et encore aujourd’hui cherche à se présenter comme différente des assurances, dans la réalité, soumise au code de l’assurance, elle se comporte de fait comme un système assurantiel, avec des contrats et des prestations variables selon les ressources de chacun, et une politique de type entreprenariale cherchant à gagner des parts de marché avec des rémunérations pour les dirigeants dignes du grand patronat si l’on en croit un récent article du Monde Diplomatique .
Dernier signe de ce rapprochement avec les assurances, à l’occasion de la création d’une ‘’cinquième branche’’ de la Sécu, c’est une démarche conjointe de la mutualité et de la fédération des assurances privées qui a fait une proposition de financement dans le cadre du projet dépendance autonomie du rapport Vachey de septembre 2020.
Dans le débat cela a amené à poser la question de leur devenir : l’intégration à la Sécu des mutuelles en garantissant l’emploi des personnels ? les réorienter vers d’autres actions comme la prévention ? Quand on sait que les frais de fonctionnement des mutuelles sont environ 3 fois plus important que ceux de la Sécu on voit d’emblée les gains possibles et la simplification pout les assurés que constituerait une seule institution.
Cela permettrait de mettre en place le 100% Sécu avancé par de nombreuses organisations et qui a été défendu dans la conférence.
Sur le financement, les débats sont nombreux dans les organisations et entre organisations ;
Les exonérations de cotisations pratiquées depuis 30 ans poussent à une fiscalisation de fait des recettes de la Sécu puisque normalement elles sont compensées par le budget de l’Etat même si il y a toujours un manque et si une récente décision de Macron a supprimé cette obligation.
A droite il a été question à une époque d’une TVA ‘’sociale’’, du coté socialiste il a été question de fusionner la CSG avec l’impôt sur le revenu. C’était d’ailleurs une promesse de campagne de Hollande. L’idée n’a pas été retenue à l’époque dans l’attente d’un prélèvement à la source de l’impot sur le revenu. Bref tout une série de propositions sont dans le débat public qui convergent sur le même objectif : faire baisser la part des cotisations, favoriser les  et faire baisser le cout du travail.
Le projet de loi de la Sécurité sociale 2018 l’a même écrit : «  Les exonérations de cotisations sociales sont les formes les plus récentes de réduction du coût du travail ».

La cotisation sociale basée sur le salaire mise en commun dans un cadre de répartition et constituant un salaire socialisé reste pour nous un principe à préserver. Cela correspond à ce qui a été dit en 1945 dans l’exposé des motifs « La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère.
Idée essentielle qui revient à reconnaitre que le salaire, contrepartie d’un travail salarié, doit permettre non seulement de vivre au quotidien (ou au mois),  mais aussi de faire face aux aléas de la vie (maladie, accidents du travail, famille, vieillesse) avec cette part socialisée dans la Sécurité sociale.

En 2020, dans une société ou la précarité, les petits boulots, le chômage se sont largement développé et avec les effets sociaux de la crise de la Covid qui viennent, cela reste d’une évidente actualité.

La conférence a également adopté le principe d’un appel en défense de la Sécurité sociale qui servira de base à une campagne de 6 mois, dans les villes et les régions, d’éducation populaire sur la sécu, de défense de ses valeurs fondatrice et de reconquête.

On s’est battu pour la gagner…on se battra pour la garder.

Bruno Percebois

Type:  Article Lundi, 2 Novembre, 2020 - 11:26 Biens publics & biens communs
François Calaret

Pour la laïcité, la liberté, la fraternité et l’égalité, une autre République en commun

3 semaines 1 jour ago

 

Alors que j’avais commencé à écrire ces lignes, un autre attentat islamiste a fait trois victimes de plus à Nice. Sidérée devant tant d’horreur et d’abomination. Faire front ensemble, contre le fanatisme, avec la solidarité et la fraternité.

Difficile de trouver les mots. Il m’a fallu du temps pour m’exprimer lors du premier attentat devant le collège de Conflant St Honorine, car après la sidération, il était essentiel de n’affirmer que le soutien, la compassion ainsi que l’hommage que nous devions à Samuel Paty.

Malheureusement et sans surprise par ailleurs, certains ont déversé leurs flots de haine et de fiel, tentant d’instrumentaliser ce drame atroce et jouant sur l’émotion bien légitime partagée par tous-tes nos concitoyen-n-e-s.

En tant qu’enseignante et élue de la France Insoumise, j’ai souhaité réagir et faire part à la fois de mon expérience et de mes réflexions et rendre hommage à mon collègue enseignant.

 

Pour Samuel Paty, au nom de la liberté d’expression

Quand j’ai appris la nouvelle terrible ce vendredi 16 octobre, je ne pouvais y croire! Un professeur d’histoire géographie et d’éducation morale et civique comme moi, venait d’être atrocement assassiné par un terroriste islamiste, à la sortie de son collège. L’horreur absolue! Le fanatisme religieux avait encore frappé, et cette fois-ci un collègue. Très vite sur les réseaux sociaux a circulé la photo de Samuel Paty. J’ai été submergée par une peine immense quand j’ai vu son visage, souriant. Et puis c’est la colère qui m’a envahi quand j’ai appris ce qu’il s’était passé : Samuel Paty avait été mis à mort, décapité tout simplement parce qu’il avait fait son travail d’enseignant. Dans le cadre d’un cours d’éducation morale et civique, cours souvent pris en charge par les professeur-e-s d’histoire et géographie, il avait présenté à ses élèves des caricatures de Mahomet pour travailler avec eux la question de la liberté d’expression. Ce cours, ce débat je le mène avec les élèves moi aussi, en particulier depuis les attentats de Charlie de 2015. Comme de très nombreux et nombreuses collègues par ailleurs.

Le fascisme religieux islamiste avait armé le bras du fanatique qui avait assassiné Samuel Paty.

Ce que Samuel symbolisait c’est ce que tous les fanatiques religieux, tous les obscurantistes, tous les fascismes détestent : l’appropriation des connaissances, des savoirs qui libèrent et émancipent. Être enseignant-e, et en particulier dans nos disciplines, l’histoire et la géographie, c’est participer à la construction des citoyen-n-e-s de demain, en aidant nos jeunes à se poser des questions, à se forger une conscience propre, à intéresser les élèves aux sujets qui s’imposent au monde et à essayer d’y répondre individuellement et collectivement. Au sein de notre école républicaine et laïque, on aiguise le sens critique de nos élèves y compris en abordant la question religieuse, en particulier dans ce qu’elle a de plus excessif, le fanatisme et/ou l’obscurantisme. Et on y explique pourquoi le droit au blasphème est partie intégrante de la liberté d’expression, n’en déplaise à toutes les religions, et à l’archevêque de Toulouse qui vendredi 30 octobre, a contesté le droit au blasphème, osant affirmer : « On ne se moque pas impunément des religions, vous voyez le résultat que ça donne" !

Entre irresponsabilité et ignominie, ces politiciens qui mettent de l’huile sur le feu

Mais alors que l’hommage à Samuel Paty n’était pas encore organisé, la droite, l’extrême droite et aussi des ministres comme Darmanin et Blanquer, se déchaînaient sur toutes les ondes, sans ou avec peu de contradicteurs, pour balancer les pires accusations à l’encontre de la France Insoumise notamment, et plus largement à l’encontre de toute la gauche sociale et écologique, coupables de « complicité » avec l’islam radical ! Même François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve y ont été des mêmes fielleuses accusations. Mais ces inepties et calomnies ne se sont pas arrêtées là, les politiques, comme certains et certaines personnalités médiatiques et/ou intellectuelles, ont bien souvent par leurs propos, permis tous les amalgames entre les terroristes et nos concitoyen-n-e-s de confession musulmane ou supposé-e-s l’être. Des pyromanes en action, soufflant sur les braises, clivant à outrance, désignant à la vindicte populaire une partie de la population.

La violence des propos ou accusations, nous ont laissés sans voix un temps. D’abord parce qu’il ne fallait pas répondre à la polémique alors qu’il s’agissait de garder une attitude digne en l’hommage de Samuel Paty. Aujourd’hui heureusement des voix s’élèvent pour caractériser ces attitudes qui peuvent être graves de conséquence. Attitudes irresponsables et politiciennes mais pas seulement. Malheureusement ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps la « lepenisation » des esprits, a fait son chemin, au sein de la droite mais aussi au sein d’une partie de la classe politique, intellectuelle et médiatique.

Tous ceux et toutes celles qui se sont livrés à une chasse aux sorcières contre « les islamo-gauchistes », au nom de la liberté d’expression, devraient avoir honte. D’abord parce que leur insincérité n’est plus à prouver. Quelles leçons ont ils sérieusement le droit de faire à ceux et celles-là même qui portent depuis toujours le combat antifasciste et antiraciste ? Qu’ont à dire Les Hollande et les Valls qui ont été tentés par la déchéance de nationalité ? Qui ont désigné les Roms comme des indésirables et des « sous-citoyens » de l’union européenne ?

Qu’a donc à dire l’extrême droite quand celle-ci a elle même des accointances avec des fascistes religieux ?

Comment peut on entendre Darmanin, Macron et Blanquer sur la Laïcité, quand le premier participait à la manif pour tous (constituée d’une frange conservatrice et réactionnaire soutenue par une part non négligeable des trois religions monothéistes ), quand le deuxième trouvait trop radicale la défense de la laïcité devant l’église catholique et quand le troisième favorise l’enseignement privé au détriment du service public d’éducation ?

Le ralliement de tous ces faux-cul soi-disant républicains, c’est le terme « d’islamophobie », terme qui jetterait l’opprobre sur la gauche sociale, politique, syndicale et associative et « prouverait le soutien » aux terroristes islamistes. Un comble ! Nous sommes les plus farouches combattant-e-s contre l’islam radical, contre l’obscurantisme religieux d’où qu’il vienne. L’islamophobie est un terme que je n’utilise pas. Non pas pour les raisons invoquées par ses détracteurs sur toutes les antennes mais parce qu’à mes yeux il ne permet pas de dénoncer ce dont sont victimes une partie de nos concitoyen-n-es, le racisme. Je préfère parler et donc dénoncer le racisme anti-musulman, une réalité palpable qui avait donné lieu à la manifestation contre l’islamophobie le 10 novembre 2019 à laquelle avait participé la France Insoumise, avec beaucoup d’autres. Voilà ce qui est reproché aujourd’hui au mouvement auquel j’appartiens. Dénoncer le racisme et le combattre est donc un crime ! Par contre vendre des rafales et entretenir des relations régulières avec certaines monarchies pétrolières elles mêmes soutiens directs à des groupes terroristes comme Daesh, ne posent visiblement pas de problème ! Ni au gouvernement, ni à certaines multinationales !

Notre république et la leur

Un des fondements de la République c’est l’école publique et laïque.

Tout d’un coup dans un concert hypocrite insoupçonné et insupportable, les mêmes dont j’ai parlé ci-dessus, se sont mis à louer tous les mérites des professeur-e-s de l’école publique et laïque. Oublié le dégraissage du mammouth, oubliées les suppressions de postes, oubliées les subventions publiques à l’enseignement privé, oublié le prof bashing encore récemment lors du confinement, oubliées les réformes Blanquer désastreuses pour l ‘éducation ! Les enseignant-e-s que nous sommes, sont désormais paré-e-s de toutes les vertus. Et leur travail est difficile ! Mais oui c’est JM Blanquer qui le dit ! Et nous avons également aujourd’hui tout le pays derrière nous ! C’est le président qui le dit !

Mais la réalité est bien différente. Oui, enseigner c’est parfois difficile. Oui, la remise en question de nos enseignements existe, surtout quand il s’agit de celui qui aborde des sujets comme la laïcité et la religion. Remise en question dont les parents sont souvent à l’origine derrière leurs enfants. Mais qui a laissé seul-e-s les enseignant-e-s face aux obstacles, aux difficultés du métier depuis fort longtemps ?

Cela fait belle lurette que les profs ne sont pas suffisamment accompagné-e-s, en particulier les plus jeunes, ou soutenu-e-s par leurs hiérarchies quelles qu’elles soient. Les moyens tout comme la formation ne sont ni suffisants ni à la hauteur. Ce n’est pas un scoop, ce n’est pas nouveau. Pour autant les politiques menées vont à l’encontre des exigences des profs, de la reconnaissance du métier par exemple, métier qui ne fait plus rêver aujourd’hui.

Cependant à mes yeux, il reste le plus beau métier du monde. Tous les jours nous sommes des centaines de milliers à accomplir notre tâche, malgré les difficultés, avec conviction. Comme le faisait Samuel Paty, pour permettre à nos jeunes de « s’élever » non pas au rang des « premiers de cordées » mais à celui de la connaissance qui mène, comme déjà dit, au chemin de l’émancipation.

Nous savons que notre école laïque et républicaine, c’est à dire l’école qui accueille tous les enfants, sans distinction, a un rôle primordial à jouer dans la République que nous voulons : une République laïque, de l’égalité et de la justice sociale, une République de la solidarité, de la sororité et de la fraternité.

Myriam Martin

Type:  Article Dimanche, 1 Novembre, 2020 - 21:11 Politique
François Calaret

Ne confiner ni nos réflexions ni nos exigences !

3 semaines 4 jours ago

DECLARATION D’ENSEMBLE !

L'ampleur de la deuxième vague de l'épidémie en France et en Europe oblige à des mesures drastiques, dont un nouveau confinement afin d’éviter l’effondrement de notre système hospitalier et une forte augmentation du nombre de morts. Contrairement à ce qu’affirment Emmanuel Macron et ses ministres, tout n’a pas été fait depuis la fin du confinement du printemps pour enrayer l’épidémie : obligation tardive du port du masque (et refus de la gratuité), politique de tests erratique, manque de préparation de l’hôpital à la deuxième vague, notamment par des recrutements massifs…

Les conséquences en sont dramatiques en termes de privations de libertés, de risques sanitaires accrus avec la surcharge des hôpitaux, d'effondrement de l'économie qui vont aggraver chômage, précarité et misère.

A une telle situation il faut répondre par la solidarité sociale. D'abord solidarité avec celles et ceux qui à nouveau se trouvent en première ligne : soignants, enseignants, travailleurs sans possibilité de télétravail. Des négociations doivent s’ouvrir sur les secteurs économiques prioritaires et ceux qui peuvent attendre, tels Amazon et autres hypers. Les jeunes sont mis en difficulté pour leurs études et dans leurs conditions de vie.

La santé publique ne se gère pas  par des décisions verticales, dont Macron refuse de sortir. Elle nécessite une confiance et l’implication des populations par la transparence des mesures prises, le débat, l’association des premiers intéressés, leur mobilisation et leur organisation... Il faut une véritable démocratie sanitaire.
La dégradation de l’hôpital public est le résultat d’années de destruction du fait de la politique libérale des divers gouvernements, pour lesquels l’austérité budgétaire passait avant la santé. En ce domaine la responsabilité des gouvernements et du président de la République sont entières : le macronisme est d’abord l’accentuation des politiques libérales.

Des mesures d’urgence sociale indispensables

La crise actuelle est mondiale et exige une rupture totale avec les règles économiques et sociales jusqu’ici dominantes. Oui, la santé, la vie humaine, les droits sociaux doivent prévaloir sur l’économie capitaliste et les profits privés.
Avec les syndicats et associations du collectif Plus jamais ça, avec les forces de gauche, écologistes et citoyennes, il convient de proposer la planification de mesures d’urgence :
* renforcement immédiat des services publics avec une aide immédiate aux hôpitaux en s’engageant à satisfaire les revendications posées depuis des années (100 000 embauches et une augmentation substantielle des rémunérations des infirmièr.es  et aides-soignant.es).
* Pour donner confiance à la population : abandon immédiat de toutes les mesures antisociales : annulation de la réforme de l’assurance-chômage, du projet de réforme des retraites.
* « Quoiqu’il en coûte » il faut immédiatement annoncer que personne ne doit vivre en dessous du seuil de pauvreté, à 75% du SMIC, et simultanément que tous les salaires doivent être garantis à 100% autour d’une sécurité sociale universelle.
* Alléger et/ou exonérer de leurs loyers tous ceux qui sont touchés par une suspension totale de leur activité et ceux qui sont touchés par une baisse de leurs revenus.
* De la même façon, envisager des annulations de cotisations et de dettes pour ceux qui sont obligés de cesser leur activité.
* Les travailleurs et travailleuses doivent pouvoir exercer un veto suspensif sur les plans de licenciements, avec un droit à des propositions alternatives, incluant une réduction massive du temps de travail (32 heures ou moins).
* Application sans délai des mesures de la conférence citoyenne pour le climat et des 34 mesures du collectif Plus jamais ça
* En direction de toute l’Europe, les pouvoirs publics doivent exiger une mutualisation des dettes, une monétisation des dépenses publiques sous la garantie de la Banque centrale européenne dont il faut reprendre le contrôle.

La société française est en état de choc avec l’aggravation de la crise épidémique et après le nouvel attentat de Nice. On entend encore une fois à l’extrême-droite des paroles de « guerre ».
Il faut réagir collectivement, mais avant tout en suscitant l’apaisement, la démocratie et le respect des droits humains :
* L’apaisement en arrêtant immédiatement les projets qui fracturent la société, en commençant par l’annulation de la loi « séparatisme ».
* Les droits humains en amplifiant la protection contre les effets de l’épidémie.

L'Equipe d'Animation Nationale d'Ensemble

 

Type:  Article Vendredi, 30 Octobre, 2020 - 17:03 Santé
François Calaret

« La France ne doit pas tomber dans le piège tendu par les terroristes »

3 semaines 4 jours ago

 

         Le moment est grave, il ne quittera pas nos mémoires. Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie, a été assassiné par un terroriste islamiste. A Nice, un autre crime ignoble a été commis. Ces actes monstrueux ont pour but de semer la haine et la terreur.

            Pourtant, cette fois, les appels à l’unité n’ont pas suffi à limiter les tensions au sein de la société française. En démocratie, le débat est souhaitable après de tels évènements. Mais depuis la tragédie du 16 octobre, certains, parfois même au sein du gouvernement, se sont engagés sur la voie des anathèmes et des accusations délirantes. Ils prennent la lourde responsabilité d’affaiblir le pays face aux terroristes en dressant les Français les uns contre les autres. Les assassins et ceux qui les ont encouragés auraient-ils déjà gagné ?

            Il est urgent de nous mobiliser ensemble autour des principes laïques et républicains. Si nous échouons, l’islamisme radical aura remporté, avec l’extrême droite, une victoire décisive en faisant de la question religieuse, et plus précisément de l’islam, le pivot de la politique française, au détriment des urgences sociales, écologiques et démocratiques. Pire, il aura installé des germes durables de guerre civile.

            Pour avancer, il importe d’abord de reconnaître les manquements du passé. Combien d’atteintes à la laïcité et à la liberté d’expression et d’enseignement restées sans réponse ? Combien d’appels au secours ignorés, qu’ils viennent d’enseignants et d’autres agents des services publics devant la dégradation de leurs conditions de travail, ou d’habitants des quartiers populaires devant l’absence de l’État, notamment sur le terrain de la sécurité ? Combien de discriminations à l’égard de musulmans ou de ceux qui sont supposés l’être, laissées impunies ?

Une insuffisance de moyens

         Manifestement, le gouvernement considère que l’on pourrait lutter efficacement contre l’islamisme radical sans combattre en même temps, à la racine, le racisme, les discriminations et les déchirures sociales et urbaines des territoires abandonnés. Il feint également d’ignorer qu’existent au sein de l’islam, en France et ailleurs, des forces prêtes à combattre les influences mortifères. Cette absence de vision globale donne toujours une victoire symbolique aux islamistes radicaux. Elle a depuis longtemps favorisé leur implantation.

            Oui, les manifestations agressives d’une idéologie totalitaire allant jusqu’au terrorisme doivent être combattues sans trêve ni repos dans le cadre de l’Etat de droit. Pour cela, de nombreux leviers juridiques existent déjà. Il faut résister à la tentation de réagir à chaque attentat par une loi supplémentaire ou des gesticulations spectaculaires. Les carences relèvent surtout d’une insuffisance de moyens de renseignement et de coordination, notamment dans le suivi des réseaux sociaux.

            Le combat contre l’islamisme radical, les pressions qu’il exerce à l’école et ailleurs pour restreindre les libertés, notamment celles des femmes ou des personnes LGBTI +, appelle des actions construites, déterminées et proportionnées. Ces politiques doivent être conduites dans la durée et mises en œuvre sans faiblir dans un cadre légal défini et protecteur des libertés. Pour être efficace, il nous faut combattre l’intégrisme islamiste en priorité sur le terrain éducatif, social et politique. Là où les fondamentalismes tentent de faire primer le dogme religieux sur les lois de la République, la fermeté de l’action publique est indispensable.

            L’école doit être aux avant-postes de ce combat. Mais elle ne peut pas être laissée seule. Celles et ceux qui y enseignent doivent être reconnus, soutenus et protégés au quotidien, et pas seulement passagèrement au lendemain des drames, particulièrement par un accompagnement humain en cas de difficultés, des outils et une formation pédagogiques renforcés pour permettre à tous les acteurs de l’école de savoir réagir.

Assauts répétés des obscurantismes

         La laïcité définie par la loi de 1905 n’est pas une option : elle est et doit rester la loi de la République. Elle a traversé le XXe siècle, faisons-la vivre en garantissant effectivement la liberté de croire, notamment pour les musulmans, ou de ne pas croire. Plus qu’à la multiplication de lois nouvelles, veillons à l’application effective de celles qui existent déjà.

            La République, promesse inachevée, doit repenser sa présence dans tous les territoires pour faire exister l’égalité réelle par des politiques publiques offensives, avec des moyens humains et financiers substantiels, notamment dans le cadre de la mise en œuvre d’une transition écologique juste. Elle doit, conformément à sa devise, garantir l’absence de toute discrimination et chercher à réduire toutes les inégalités dans un esprit de fraternité.

         Pour nous, il n’y a pas de fatalité à ce que la France tombe dans le piège tendu par les terroristes. Nous ne cesserons jamais de vouloir tisser des liens entre tous les humains, malgré les assauts répétés des obscurantismes. Nous continuerons de lutter partout et toujours contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et d’intolérance.

         Nous avons parfaitement conscience qu’il existe des désaccords entre nous sur ces sujets et que beaucoup reste à faire pour consolider ces réponses : ce texte se veut d’abord un appel à la gauche, aux écologistes et, au-delà, à tous les républicains, à engager ensemble ce travail à un moment où l’essentiel est en danger.

 

Parmi les premiers signataires : Arié Alimi, avocat ; Clémentine Autain, députée ; Manuel Bompard, député européen ; Laurence De Cock, historienne ; Cécile Duflot, ancienne ministre ; Guillaume Duval, ancien journaliste ; Aurore Lalucq, députée européenne ; Pierre Laurent, sénateur ; Philippe Martinez, syndicaliste ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Béligh Nabli, universitaire ; Matthieu Orphelin, député ; Christian Paul, ancien ministre ; Eric Piolle, maire ; Thomas Piketty, économiste ; Sandra Regol, militante écologiste ; Aïssata Seck, élue ; Sophie Taillé-Polian, sénatrice ; Benoit Teste, syndicaliste ; Aurélie Trouvé, responsable d’ONG.

 

Type:  Article Vendredi, 30 Octobre, 2020 - 10:45 Politique
François Calaret

« J’alerte : la France est en passe de perdre pied » Clémentine Autain

3 semaines 4 jours ago

La France a une nouvelle fois été touchée en son cœur. Devant l’horreur, l’abjection de l’assassinat d’un enseignant, l’hommage à Samuel Paty et la réaffirmation des principes fondateurs de notre République doivent nous rassembler. Malheureusement, ne respectant même pas ce temps de deuil, certains – Manuel Valls en tête – ont préféré les anathèmes et les insultes à la dignité et à la fraternité. C’est pourtant avec la raison et la réflexion que nous devons mener le débat sur la stratégie la mieux à même de combattre le terrorisme se revendiquant de l’islam, et l’offensive de courants obscurantistes.

La République n’est pas un concept ni une réalité figés. Elle est toujours inachevée. A chaque époque dans l’histoire, les confrontations ont fait rage entre républicains avant que ne soit dégagé un équilibre, toujours provisoire, garantissant la paix civile et un cadre pour la vie en commun. Refuser ce débat légitime, par malhonnêteté, paresse intellectuelle ou manipulation politique, c’est tourner le dos à l’esprit des Lumières que nous revendiquons haut et fort pour combattre les djihadistes et autres fondamentalistes. Nous avons besoin de confronter, honnêtement et sereinement, nos analyses et propositions. Face aux monstres, c’est dans la qualité et la rationalité de nos échanges que se situe notre force.

J’alerte : la France est en passe de perdre pied. Au nom de la défense de la liberté et de la démocratie, notre pays s’enfonce dans le piétinement des libertés et de la démocratie. Le débat public est devenu un concours Lépine des idées d’extrême droite. Un jour, on nous propose d’interdire le voile dans tout l’espace public, le lendemain de n’autoriser que les prénoms contenus dans le calendrier, le surlendemain d’en finir avec les rayons halal ou casher dans les supermarchés. La haine, la vindicte, l’empilement de lois liberticides ont pris le pas sur l’argumentation raisonnée et les mesures à même de toucher la cible. Un tel climat ne nous sortira pas de l’immense difficulté dans laquelle nous nous trouvons : il ne peut conduire qu’à la guerre civile.

D’éditos en chroniques humoristiques, de discours à l’Assemblée nationale en plateaux télévisés, j’entends qu’il faudrait que nous balayions devant notre porte. Par ce « nous » , je veux parler de cette gauche sociale, politique, intellectuelle qui se revendique Charlie, défend une laïcité d’apaisement et non d’exclusion, et combat ce racisme qui prend aujourd’hui la forme du rejet des musulmans. Comment est-il possible que cette gauche soit mise au banc des accusés qualifiés par certains comme en dehors du cadre républicain, pendant que l’extrême droite et tous ses porte-voix déroulent sans ambages leurs messages autoritaires et haineux ? Pire, c’est nous qui serions carrément « complices » voire « responsables » des meurtres commis au nom de l’islam. A nous de rendre des comptes, voire de « rendre gorge », pendant que Marine Le Pen bénéficie d’un tapis rouge et que ceux qui gouvernent ou ont gouverné se trouvent dédouanés de toute explication, de toute justification sur leurs manquements, leurs erreurs et leurs errements pourtant décisifs.
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Qui a démantelé les services de renseignements ? Qui n’a prévu que 25 personnes dans la cellule Pharos pour lutter concrètement contre la haine et le prosélytisme djihadiste sur les réseaux sociaux, quand nous n’avons cessé de dénoncer les plans d’austérité ? Qui a progressivement laminé la présence et la qualité des services publics dans les banlieues populaires, quand nous nous époumonions à dire que ce retrait de l’Etat comme du monde associatif était aussi injuste que dangereux ? Qui a fermé les yeux sur les pots-de-vin donnés par une entreprise française comme Lafarge à Daesh [l’Organisation Etat islamique], alors que nous lancions l’alerte sans que cela intéresse les grands médias ? Qui a laissé le Qatar posséder le PSG ou investir dans les quartiers populaires, quand nous l’avons dénoncé ? Ceux qui se sont affichés en photo avec les membres de le collectif Cheikh Yassine [dissous en conseil des ministres mercredi 21 octobre], ce n’est pas nous mais des figures de l’extrême droite.

Alignement sur l’agenda de l’extrême droite

Ceux qui assument de prendre gentiment le thé avec de hauts dignitaires saoudiens ou de lâcher les Kurdes pour ne pas déranger la Turquie d’Erdogan, ce n’est pas nous, ce sont des ministres sous Sarkozy, Hollande ou Macron. Et, aujourd’hui, c’est La France Insoumise ou EELV, Mediapart ou Regards, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) ou le syndicat étudiant UNEF, Benoît Hamon ou Nicolas Cadène [le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité], qui sont montrés du doigt, calomniés, exclus du concert des hommages à Samuel Paty ? Ce procès est absolument scandaleux et terriblement dangereux. C’est une insulte à l’intelligence et à l’honnêteté. Et c’est l’alignement sur l’agenda de l’extrême droite.

Notre pays ressemble chaque jour un peu plus à une société préfasciste. Le monstre grandit sans qu’aucune résistance collective ne parvienne, pour l’heure, à freiner cette ascension. La tonalité du débat politique est aussi électrique que délirante dans un moment qui devrait exiger du rassemblement et de l’intelligence collective.

La violence se déchaîne de façon exponentielle sur les réseaux sociaux. Les caps franchis dans la tolérance aux propos et propositions racistes sont inouïs. Vide de sens et outil de la diversion, l’expression « islamo-gauchistes », devenue courante, y compris dans la bouche d’un ministre d’Etat chargé de l’éducation, rappelle la chasse aux sorcières qui visait les « judéo-bolcheviques » ou les « hitléro-trotskystes ». C’est un désastre.

Chacune, chacun a-t-il bien conscience de ce qui se trame et de sa propre responsabilité dans ce sombre théâtre de la vie publique qui nous aspire dans une spirale de violences, d’amalgames, d’arbitraire, dans cette boue idéologique qui nous emmène tout droit vers le néant ? Je pense aux grandes voix qui se revendiquent de la gauche mais se taisent, voire attisent les confusions et excommunications. Je pense aux journalistes qui ne cessent de poser les questions venues de la droite dure, qui ne voient rien à dire ou redire quand Jean-Luc Mélenchon est qualifié de « collabo » dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, ou quand l’essayiste Pascal Bruckner accuse [la militante antiraciste et féministe] Rokhaya Diallo d’avoir « poussé à armer » les islamistes.

Le débat ne serait-il désormais qu’entre Éric Zemmour et Michel Onfray, comme le met en scène la chaîne CNews dans un duel qui n’est rien d’autre qu’un duo ? Un retour sain sur l’histoire du XXe siècle devrait inviter à sortir de la sidération et de la complicité ou notre pays basculera dans de tragiques récidives.

L’heure n’est pas à faire le dos rond en attendant que le tonnerre passe. Il existe une réponse émancipatrice et nous devons la porter avec fierté et convictions. Avec Jaurès, nous savons que la logique de guerre ne conduit pas à la paix. La fermeté n’est pas l’arbitraire. Dans l’idéal de notre République, laïque et sociale, il existe un fil protecteur contre l’obscurantisme et le fascisme. À nous de le faire vivre.

Clémentine Autain est députée La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis.

Tribune parue sur Le Monde.fr

Type:  Article Vendredi, 30 Octobre, 2020 - 10:42 Politique
François Calaret

Régionales en Auvergne - Rhône Alpes : déclaration des collectifs locaux

4 semaines 2 jours ago

ELECTIONS REGIONALES 2021

DÉCLARATION COMMUNE DE COLLECTIFS ENSEMBLE! DE LA REGION AuRA

Il y a urgence à reconquérir la Région AuRA avec une majorité écologiste et de gauche.

Nous partageons un constat avec l’ensemble des forces de gauche et écologistes : depuis 2015 sous la présidence de Laurent Wauquiez et de sa majorité très à droite, les inégalités territoriales et sociales se sont accentuées, les actions de la Région pour la transition énergétique et pour la préservation du climat et de la biodiversité ne sont pas à la hauteur des enjeux alors qu'elle possède de grandes compétences en la matière.

Pour y parvenir la seule voie gagnante est celle d'un rassemblement – sans volonté d'hégémonie - des forces de l'écologie politique et des gauches de la transformation sociale.

Les prochaines élections régionales de 2021 ne se feront pas comme un tranquille prolongement des aspirations écologistes et climatiques positives qui ont marqué les dernières élections municipales assurant des majorités écologistes et de gauches dans des grandes métropoles et villes de notre Région (Métropoles de Lyon et de Grenoble, Villes de Lyon, Grenoble, Villeurbanne...).

En tant que mouvement politique Ensemble!, nous sommes partie prenante de ces victoires et nous nous en réjouissons.

Pour autant nous n'oublions pas qu'elles ont été marquées par un très haut niveau d'abstention notamment dans les quartiers populaires et qu'elles ont eu lieu dans le contexte anxiogène de la crise sanitaire du COVID 19. Nous savons que le contexte des prochaine régionales sera marqué par le maintien de ces aspirations positives à un changement radical de politiques publiques pour l'écologie et le climat. Nous savons aussi qu'il sera marqué par des bouleversements profonds et inédits liés à la crise économique et sociale conséquence du maintien de la pandémie du Covid 19 qui vont s'ajouter à la crise sanitaire (fermetures d'entreprises et licenciements ; précarité aggravée, mise en tension de nos services publics et notamment de Santé …).

Il y a urgence à co-construire un programme de justice écologique et sociale. Ce programme doit être radicalement écologiste et radicalement anticapitaliste afin que les combats contre la fin du monde et pour la fin du mois convergent.
Il sera mis en œuvre par des politiques publiques que la nouvelle majorité exercera dans la région AURA pour répondre, dans le cadre de ses compétences, aux besoins de ses habitant.es et à la gravité de la situation.

Selon nous, ce programme ne doit pas être « asséné d'en haut » mais d'une part, se nourrir des mobilisations et luttes sociales et écologistes en cours dans la Région et d'autre part, se nourrir des déclinaisons locales de multiples « appels » nationaux à construire le « monde d'après ».

Nous ne partons pas de rien avec l’appel « plus jamais ça » lancé par des organisations syndicales de transformation sociale, des associations écologiques et démocratiques. Cet appel donne des réponses concrètes à la crise climatique à la crise économique et sociale et à la crise sanitaire que nous vivons.
C’est autour de ces revendications communes que peuvent se constituer des rassemblements alternatifs afin de « changer le système, pas le climat ».

La construction de la liste régionale AURA doit se faire selon un processus démocratique transparent de « bas en haut » et de « haut en bas »
Nous proposons que ce programme régional soit mis en chantier dans des assemblées citoyennes et populaires locales à l'initiative de collectifs militants, d'associations, syndicats et forces de l'écologie politique et des gauches de transformation et dans lesquelles les citoyen·nes « non encarté·es » ont toute leur place. Il s'agit de poursuivre, et de renforcer le travail commun, et de faire rencontrer et dialoguer des militant·es venu·es de cultures et d’expériences différentes et non de faire la course aux élections sous son propre drapeau pour imposer une hégémonie partidaire ou non et diviser l’électorat écologiste et de gauche qu'il s'agit au contraire de rassembler.

Sur les bases de cette déclaration publique, nos Collectifs d'Ensemble! en région AuRA engagent des rencontres bilatérales avec toutes les composantes de l'écologie politique et des gauches de transformation, les représentant·es locaux des différents appels dont l'appel « Plus jamais ça ». Si cette démarche est partagée, elle pourrait se concrétiser par la tenue d’Etats Généraux par département puis régionalement « pour une liste écologiste et de gauche en Région AuRA ».

Le 20/10/2020

Les collectifs Ensemble! de l’Ain, d’Ardèche, de Grenoble Métropole, du Rhône / Métropole de Lyon, de Savoie, les membres d’Ensemble! en Haute-Savoie

Type:  Article Dimanche, 25 Octobre, 2020 - 08:12 Elections
François Calaret

Alex et le "monde d'après"

1 mois 2 semaines ago

           La tempête Alex et ses conséquences dramatiques, particulièrement dans les Alpes-Maritimes et les territoires limitrophes, posent plusieurs problèmes et soulignent plus que jamais la nécessité du « monde d'après ».

               . l'accentuation des phénomènes de type ouragans et violentes tempêtes entrainant fortes crues et inondations,  n'est pas seulement une caractéristique du climat méditerranéen, c'est aussi l'un des effets des dérèglements climatiques, élément explicatif curieusement trop passé sous silence depuis la tempête Alex ;

            . le contournement des règles d'urbanisme imposées par la loi montagne et le choix d'habitat isolé, souvent implanté en zones identifiées à risque, a largement provoqué les dégâts dramatiques de ce week-end ;

               . les choix d'aménagements aberrants d'endiguements et de constructions dans la plaine du Var, de même que l'insuffisance ou l'absence d'entretien des fleuves et rivières, sont mis en lumière par les conséquences de la tempête Alex ;

            . les conséquences dramatiques concernent l'ensemble des populations des vallées, mais plus spécifiquement elles impactent les populations les plus fragiles des zones frontalières et notamment les migrant·es dont nous rappelons que les pouvoirs publics doivent assurer l'accueil digne, comme l'exigent les législations nationale et internationale, y compris et surtout dans la situation présente ;

               . la manière très discutable et inégalitaire avec laquelle a été exercée la solidarité pleine et entière avec les populations touchées par les conséquences de la tempête Alex s'est posée de manière concrète.

            Ce qui est trop souvent présenté comme une simple catastrophe naturelle appelle donc d'autres explications et d'autres réponses, ainsi que des choix alternatifs à ceux du « monde d'avant » :

               . un autre type de développement et d'autres choix économiques que ceux du capitalisme et du productivisme, de la course au profit, à l'urbanisation à outrance et au saccage de la planète, déjà responsables de la circulation rapide de la pandémie de la COVID ;

               . un autre type d'aménagement du territoire qui doit reposer sur la démocratie, l'écologie et les solidarités, y compris internationales ;

               . une solidarité sans failles dans l'usage et la distribution des moyens logistiques et techniques déployés pour tous les territoires touchés et pour toutes les vallées, y compris pour les populations sans logis, immigré·es ou autres qui y trouvaient refuge.

            Mais il convient aussi de rappeler que le risque ne sera jamais une dimension totalement maitrisable ; c'est au contraire une dimension constitutive de nos relations à la nature qui doit être intégrer dans toute démarche politique. Il faut que les citoyens intègrent la culture du risque pour pouvoir définir collectivement le niveau acceptable et les réponses souhaitables.

            À la mise en concurrence des territoires, aux logiques clientélistes et au chacun·e pour soi, il y a urgence à opposer la solidarité, le partage et la complémentarité à la fois pour répondre aux problèmes immédiats et pour construire pour de bon « le monde d'après ».

           Il y a urgence à constituer les structures adéquates pour pratiquer une autogestion du risque.        

L'équipe d'animation départementale d' ENSEMBLE! 06

Nice, le jeudi 8 octobre 2020

Type:  Article Jeudi, 8 Octobre, 2020 - 19:52 Ecologie
François Calaret

La lettre d'Ensemble 30 septembre 2020

1 mois 3 semaines ago

Voici en pièce jointe le numéro du 30 septembre de la Lettre d'Ensemble.

Sommaire :

  • COVID 19 : UNE GESTION GOUVERNEMENTALE TOUJOURS AUSSI CALAMITEUSE !
  • Attentat près des anciens locaux de CHARLIE
  • Une casse de plus du service public : l'université
  • Oui à la souveraineté indépendance de la Kanaky- Nouvelle Calédonie
Fichier attachéTaille la_lettre_30_septembre_2020_.pdf734.7 Ko Type:  Article Mercredi, 30 Septembre, 2020 - 18:11 Le bulletin
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Hommage à Marcel Trillat

2 mois ago
Crédit photo:  Lors d'une réunion à Radio Lorraine Cœur d’acier. Marcel Trillat est à gauche, au côté de son compère Jacques Dupont et d’Henri Krasucki.

Salut, camarade!

Marcel Trillat est décédé vendredi 18 septembre. Les moins jeunes se souviennent de son travail à l'ORTF dans le cadre de l'émission Cinq colonnes à la une jusqu'en 1968 ; journaliste pigiste, comme des dizaines d'autres salarié.es de l'ORTF il sera mis sur liste noire pour sa participation à mai 68. Il n'hésite pas à offrir ses compétences aux luttes sociales et à la CGT, notamment en coanimant la radio libre Lorraine Cœur d'Acier à la fin des années soixante-dix.

En 1981, il est réintégré dans l'audiovisuel public et rejoint Antenne 2 dont il deviendra directeur adjoint de l'information. Courageusement, il dénonce vigoureusement le traitement de l'information pendant la première guerre du Golfe. Il sera élu représentant du personnel du personnel CGT au conseil d'administration de France Télévisions de 2001 à 2006.

C'est toute une conception de l'information, du journalisme, éthique, humaniste, rigoureuse, mais aussi courageuse et engagée que Marcel a conduite ; beaucoup aujourd'hui plus prompts à faire le « buzz », du sensationnel, des coups médiatiques auraient beaucoup à apprendre de cette vie professionnelle et militante exemplaire. D'ailleurs, chez lui pas de plan de carrière : viré en 1968, puis mis au placard après l'arrivée de Chirac en 1986, puis pendant la guerre du Golfe, ce qui comptait c'était les actes !

Ce très grand professionnel laisse une œuvre considérable : entre autres, les documentaires Étranges étrangers, 300 jours de colère, Femmes précaires, les Prolos, l'Atlantide, Des étrangers dans la ville…

Marcel, c'est aussi toute une vie militante. Il adhère jeune au PCF à Grenoble, il le quitte au moment de l'intervention soviétique en Afghanistan. Jamais il ne reniera ses convictions – comme il le dit dans une interview donnée en 2018, « il faut être anticapitaliste, les inégalités et les dégâts produits par le capital sont considérables mais cela ne doit pas conduire à soutenir des régimes comme ceux de l'URSS ou de la Chine ». Anticapitaliste, communiste non stalinien, il parle avec une immense affection des militants et militantes communistes, du bouillonnement des idées , de l'élévation du niveau intellectuel et culturel de centaines de milliers de personnes passées par cette expérience dont il regrette avec amertume qu'elle soit ainsi terminée. D'ailleurs, il gardera toujours beaucoup de contacts, d'amis, au « Parti » et soutiendra la liste de Ian Brossat en 2019. Ceci ne l'empêchera pas d'offrir son savoir professionnel et une aide précieuse à la LCR et à Olivier Besancenot lors de la campagne électorale de 2002. Tout naturellement, il s'était engagé dans le Front de gauche.

C'est aussi quelqu'un de très chaleureux, très curieux, toujours prêt à discuter que nous perdons. A Vitry, où il a vécu plus de quinze ans, sa maison était ouverte : à l'occasion, on y refaisait le monde autour de bonnes bouteilles dans une ambiance joyeuse.

Salut, camarade ! (Il aimait beaucoup ce mot)
Jean Bigot, Bernard Galin, Sylviane Gauthier, Pablo Krasnopolsky (militant.es d'Ensemble!)

Type:  Article Mardi, 22 Septembre, 2020 - 15:59 Vie du mouvement
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