Hommage à Marcel Trillat

3 jours 19 heures ago
Crédit photo:  Lors d'une réunion à Radio Lorraine Cœur d’acier. Marcel Trillat est à gauche, au côté de son compère Jacques Dupont et d’Henri Krasucki.

Salut, camarade!

Marcel Trillat est décédé vendredi 18 septembre. Les moins jeunes se souviennent de son travail à l'ORTF dans le cadre de l'émission Cinq colonnes à la une jusqu'en 1968 ; journaliste pigiste, comme des dizaines d'autres salarié.es de l'ORTF il sera mis sur liste noire pour sa participation à mai 68. Il n'hésite pas à offrir ses compétences aux luttes sociales et à la CGT, notamment en coanimant la radio libre Lorraine Cœur d'Acier à la fin des années soixante-dix.

En 1981, il est réintégré dans l'audiovisuel public et rejoint Antenne 2 dont il deviendra directeur adjoint de l'information. Courageusement, il dénonce vigoureusement le traitement de l'information pendant la première guerre du Golfe. Il sera élu représentant du personnel du personnel CGT au conseil d'administration de France Télévisions de 2001 à 2006.

C'est toute une conception de l'information, du journalisme, éthique, humaniste, rigoureuse, mais aussi courageuse et engagée que Marcel a conduite ; beaucoup aujourd'hui plus prompts à faire le « buzz », du sensationnel, des coups médiatiques auraient beaucoup à apprendre de cette vie professionnelle et militante exemplaire. D'ailleurs, chez lui pas de plan de carrière : viré en 1968, puis mis au placard après l'arrivée de Chirac en 1986, puis pendant la guerre du Golfe, ce qui comptait c'était les actes !

Ce très grand professionnel laisse une œuvre considérable : entre autres, les documentaires Étranges étrangers, 300 jours de colère, Femmes précaires, les Prolos, l'Atlantide, Des étrangers dans la ville…

Marcel, c'est aussi toute une vie militante. Il adhère jeune au PCF à Grenoble, il le quitte au moment de l'intervention soviétique en Afghanistan. Jamais il ne reniera ses convictions – comme il le dit dans une interview donnée en 2018, « il faut être anticapitaliste, les inégalités et les dégâts produits par le capital sont considérables mais cela ne doit pas conduire à soutenir des régimes comme ceux de l'URSS ou de la Chine ». Anticapitaliste, communiste non stalinien, il parle avec une immense affection des militants et militantes communistes, du bouillonnement des idées , de l'élévation du niveau intellectuel et culturel de centaines de milliers de personnes passées par cette expérience dont il regrette avec amertume qu'elle soit ainsi terminée. D'ailleurs, il gardera toujours beaucoup de contacts, d'amis, au « Parti » et soutiendra la liste de Ian Brossat en 2019. Ceci ne l'empêchera pas d'offrir son savoir professionnel et une aide précieuse à la LCR et à Olivier Besancenot lors de la campagne électorale de 2002. Tout naturellement, il s'était engagé dans le Front de gauche.

C'est aussi quelqu'un de très chaleureux, très curieux, toujours prêt à discuter que nous perdons. A Vitry, où il a vécu plus de quinze ans, sa maison était ouverte : à l'occasion, on y refaisait le monde autour de bonnes bouteilles dans une ambiance joyeuse.

Salut, camarade ! (Il aimait beaucoup ce mot)
Jean Bigot, Bernard Galin, Sylviane Gauthier, Pablo Krasnopolsky (militant.es d'Ensemble!)

Type:  Article Mardi, 22 Septembre, 2020 - 15:59 Vie du mouvement
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RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE Catalogne, MERCREDI 23 Septembre

4 jours 14 heures ago

RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE MERCREDI 23 Septembre à 18h30 Place de la République à Paris.

Catalogne: Face à l' aggravation de la répression
Une REACTION plus que justifiée, NECESSAIRE !

            La pression répressive s'est aggravée considérablement cet été sur les prisonniers politiques catalans (1) qui voit des élus, et des responsables d'importantes associations culturelles, condamné-e-s et emprisonné-e-s (ou contraints à l' exil) pour avoir permis au peuple catalan d' exercer son droit à voter, son droit à décider de son sort, lors du référendum du 1er octobre 2017.
            Alors que l'organisme officiel de l' ONU, du Groupe de Travail des Arrestations arbitraires du Haut Commissariat pour les Droits de l' Homme vient dans son nouveau rapport d'exiger du gouvernement espagnol la libération des prisonniers politiques catalans, s' opposant ainsi à un emprisonnement  "arbitraire, vulnérant les droits à la liberté, les droits d'expression, de manifestation pacifique et d' association " (2),
           le Tribunal suprême espagnol cet été,  a fermé aux prisonniers catalans l' accès légal au statut du 3è degré qui accorde des permis de sortie de prison en semaine et en Week end. Le prétexte judiciaire qui a été donné dit tout de l'esprit qui a inspiré l' injuste procès de Madrid: Les prisonniers "n'avaient pas été soumis à un programme de traitement spécifique de la Sédition", c'est à dire qu'ils doivent au préalable être "rééduqués" et subir l' humiliation de l' enseignement du respect de la loi!
            Le parti d'extrême droite VOX, a osé proposer  au Parlement l'interdiction des "partis indépendantistes" dont tout particulièrement "ceux qui étaient engagés dans le processus de 2017 en Catalogne" . Même si cette grossière manoeuvre n' est pas passée, chacun comprend les pressions qui sont à l' oeuvre ouvertement dans le Royaume d'Espagne.
            Le Tribunal suprême continue à lancer un ordre "d'arrestation et d' extradition" contre certains des exilés en Belgique (Lluis Puig) alors que l'ex président Carles Puigdemont est toujours contraint à l' exil ainsi que Toni Comin.
         
           Une cascade de nouveaux procès:
           En Catalogne les poursuites contre les acteurs du référendum du 1er Octobre se  poursuivent.Une cascade de nouveaux procès contre eux et contre ceux qui les défendent sont en train de se préparer. Plus de 2.850 personnes sont mises en accusation.
          Une  très grave atteinte aux droits démocratiques contre le Président Quim Torra
Le Président élu de la Generalitat, Quim Torra, est sur le point d'être "Inhabilité" et destitué par la justice espagnole pour avoir fait mettre sur le balcon du Palais de la Generalitat une pancarte demandant la libération des prisonniers politiques catalans lors les dernières élections. Il s'agit d'une atteinte gravissime au droit d'expression! Une attaque antidémocratique de la plus grande importance. Elle doit recevoir dans toute la Catalogne, dans toute  la géographie du Royaume d'Espagne et dans toute l' Europe la réaction indignée qu'elle mérite!
         En effet cet acharnement répressif s'étend à tout le royaume contre ceux qui défendent les emprisonnées catalans comme Dani Gallardo qui croupit en prison à Madrid après son arrestation lors d'une manifestation contre la sentence du procès de Madrid. Et les dispositifs répressifs continuent en place sur tout le royaume. Certains dont l' artiste Valtonyc
sont contraints à l'exil pour éviter la prison "pour injures contre le roi". Enfin les lois menaçant la lutte pour les droits sociaux restent en place alors que apparaît une terrible crise sociale qui menace l' emploi, la santé et la vie de centaines de milliers.
         Pendant ce temps l' ex Roi d'Espagne Juan Carlos 1er, contre lequel sont accumulées de graves accusations de corruption, peut sous la protection publique quitter l' Espagne et se réfugier au Moyen Orient parmi ses amis les Princes, une majorité au Parlement refuse de mettre en place contre lui une commission d'enquête parlementaire au nom de son "inviolabilité" et le nom de certains des plus importants  dirigeants politiques qui signent une lettre le défendant, apparaissent comme responsables, dans des rapports sur les agissements des services secrets, sur les "affaires" et "cloacas" qui agitent l' appareil d'état de la Monarchie espagnole,

       Nous ne pouvons qu'être profondément blessés par de telles injustices qui affectent la démocratie, le peuple catalan, l' ensemble des peuples d'Espagne, et  tous ceux d' Europe! La banalisation et l' accoutumance à l' anormalité antidémocratique ne peuvent être tolérées.
       Que l'on soit ou non en faveur de l'indépendance, le peuple catalan doit pouvoir décider librement de son sort et exercer librement son  droit à l' autodétermination. Ses responsables emprisonnés et poursuivis doivent être libres
          Il nous faut informer, expliquer, organiser unitairement. Débattons pour trouver les formes qui permettront d'exprimer le mieux notre protestation, de la prolonger et de l' élargir.
      Pour la Libération des prisonniers politique catalans!
      Pour le retour des exilés! Pour  l' arrêt des poursuites!
      Pour le respect des Droits démocratiques! L' autodétermination n'est pas un délit, c'est un Droit!

         C'est pour cela que le Collectif pour la Libération des prisonniers politiques catalans  vous invite (dans le cadre du respect des consignes sanitaires) à un

Rassemblement Solidaire MERCREDI 23 SEPTEMBRE à 18H30
         Place de la République à Paris

Type:  Article Lundi, 21 Septembre, 2020 - 20:46 International Luttes sociales
TheStyx

Pour la solidarité avec le peuple algérien

1 semaine ago

APPEL UNITAIRE

Pour la solidarité avec le peuple algérien et la libération des détenus du Hirak
Le soulèvement pacifique du peuple algérien, en action depuis février 2019 pour la conquête de ses libertés démocratiques, a su faire preuve de sagesse et d’un sens élevé des responsabilités en recommandant aux manifestants de renoncer aux marches, jusque-là suivies massivement, pour éviter la propagation de l’épidémie du coronavirus. Né pour construire un meilleur avenir pour le pays, il a ainsi agi en cohérence avec ses objectifs de libertés et de droits humains, soucieux des intérêts supérieurs du pays.
Les acteurs et les actrices de ce soulèvement savent que,pour atteindre leurs objectifs, il faut continuer à se mobiliser pacifiquement pour écarter un système politique qui, derrière une façade civile et des élections manipulées, organise l’emprise du commandement militaire sur la vie politique, économique et sociale
Au lieu de suivre la voie de la sagesse et le sens élevé des responsabilités montrés par les acteurs du soulèvement et de répondre à leurs aspirations légitimes, les dirigeants algériens, toujours préoccupés par leurs luttes internes de pouvoir, échafaudent des feuilles de route remplies de promesses visant la sauvegarde de leurs propres intérêts.
Pour répondre aux aspirations populaires exprimées depuis février 2019, la voie est dans l’ouverture des scènes politiques et médiatiques, débarrassées de la surveillance des services de sécurité. Elle est dans l’engagement, par le dialogue et la négociation avec les acteurs du Hirak, d’une véritable transition démocratique, pouvant assurer un Etat de droit, garant des libertés individuelles et collectives.
Cette réorientation politique des dirigeants algériens doit passer par la libération immédiate de tous les détenus politiques ou d’opinion aujourd’hui incarcérés par des juges soumis, avec des incriminations qui n’ont rien à voir avec leur combat pour les droits humains et les libertés démocratiques.
La condamnation à deux ans de prison ferme de Khaled Drareni ce 15 septembre 2020, ainsi que celle d'Abdelkrim Zeghilèche à la même peine, sont l'ultime démonstration de cette justice aux ordres. Les peines écopées par ces deux journalistes, punis pour avoir exercé avec honnêteté, responsabilité et engagement leur travail d’information, sont les plus lourdes prononcées contre des journalistes depuis l'indépendance de l'Algérie.
Le combat du peuple algérien pour la conquête de ses droits légitimes mérite la solidarité agissante de toutes les femmes et de tous les hommes épris de justice et de liberté. Nous manifestons notre solidarité à ce combat et :
- dénonçons la politique répressive menée par le pouvoir algérien envers le Hirak pacifique et responsable, qui est un espoir de libération et d’émancipation citoyennes ;
- exigeons la libération immédiate et sans condition de tous les journalistes et de tous les détenus politiques et d’opinion ;
- alertons les différentes organisations internationales pour exiger de l’Etat algérien le respect de tous les traités et conventions de défense des droits humains ratifiés par l’Algérie ;
- appelons solennellement le chef de l’Etat algérien à faire respecter, effectivement, les droits et libertés des citoyennes et des citoyens établis par les conventions internationales et dûment ratifiées par l’Algérie.

Pour se joindre à cet appel : acda.dz@gmail.com

Liste des signataires de l’appel pour la solidarité
avec le peuple algérien et les détenus du Hirak
(par ordre alphabétique)

Houcine Abassi, ancien secrétaire général de l'UGTT, Prix Nobel de la Paix 2015 (Tunisie)
Aicha Abdelmoumen, retraitée (Algérie)
Fouad Abdelmoumni, secrétaire général de Transparency Maroc, économiste (Maroc)
Ramdane Achab, éditeur (Algérie)
Gilbert Achcar, professeur d'université, essayiste (Liban)
Lahouari Addi, sociologue, professeur d'université (Algérie)
Abderrahim Afarki, bibliothécaire, (France)
Manel Aisa, président de l'Ateneu Enciclopèdic Popular, Catalogne (Espagne)
Nadia Aïssaoui, sociologue (Algérie)
Massinissa Aït Ahmed, musicien, Catalogne (Espagne)
Ali Ait Djoudi, président de Riposte Internationale (France)
Sanhadja Akrouf, militante associative et féministe (Algérie)
Bartomeu Albertí, éditeur, Mallorca, Baléares
Hala Alabdala, cinéaste (Syrie)
Yassin Al-Hadj Saleh, écrivain (Syrie)
Tewfik Allal, coordinateur de ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie)
Paul Alliès, professeur émérite, Université de Montpellier (France)
Marc Almodóvar, journaliste, Catalogne (Espagne)
Ghanima Ammour, poétesse (France)
Oriol Andrés, journaliste, Catalogne (Espagne)
Aïcha Arnaout, artiste peintre, poétesse (Syrie)
Antoine Artous, responsable de la revue « Contre-Temps » (France)
Pierre Audin, Association Josette et Maurice Audin (Algérie, France)
Bertrand Badie, professeur émérite, Science-po Paris (France)
Pierre-Robert Baduel, Sociologue politique, directeur de recherche honoraire au CNRS, (France)
Malika Bakhti, ingénieur d’études (France)
Etienne Balibar, philosophe (France)
Yacine Belahcene, musicien, Catalogne (Espagne)
Akram Belkaïd, journaliste (Algérie)
Sana Ben Achour, juriste, fondatrice de la Maison des femmes Beyti (Tunisie)
Bachir Ben Barka, président de l'Institut Mehdi-Ben Barka (Maroc)
Madjid Benchikh, professeur émérite, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger (Algérie)
Raymond Benhaïm, membre du CEDETIM (Maroc)
Abdessatar Ben Moussa, ancien bâtonnier et président honoraire de la LTDH, Prix Nobel de la paix 2015 (Tunisie)
Sebastià Bennassar, écrivain, Mallorca, Baléares
Othmane Benzaghou, expert en risques financiers et coordinateur de Doustourouna, (Algérie)
Belkacem Benzenine, politologue, chercheur (Algérie)
Sophie Bessis, historienne (Tunisie)
Alima Boumediene-Thiery, avocate (France)
Mouloud Boumghar, professeur d'université (Algérie)
David Bondia, professeur de droit, président de IDHC, Catalogne (Espagne)
Omar Bouraba, militant politique (Algérie/France)
Txell Bragulat, directrice  de la Mostra Cinema Àrab i Mediterrani de Catalunya (Espagne)
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières (France)
Joan Buades, professeur, activiste écologiste, Mallorca, Baléares
Guillem Balboa Buika, député de MES pour le Conseil de Mallorca, Baléares
Bel Busquets, vice-prédidente du Conseil de Mallorca, Baléares
Nour Carmona, artiste (France)
Philippe Chamek, membre de Mémorial 98 (France)
Mouhieddine Cherbib, militant des droits humains, membre fondateur de la CRLDHT (Tunisie)
Alice Cherki, psychanalyste (France/Algérie)
Khadija Cherif, sociologue, militante féministe (Tunisie)
Noam Chomsky, écrivain, professeur émérite (Etats-Unis)
Ahmed Dahmani, économiste (Algérie)
Leyla Dakhli, historienne, CNRS (France)
Maria Dantas, députée au Congrès espagnol (GP Républicain), Catalogne (Espagne)
Pierre Dardot, philosophe (France)
Emmanuel Decaux, professeur émérite, ancien président du Comité des Nations unies contre les disparitions forcées (France)
Souleymane Bachir Diagne, philosophe, Columbia University, directeur de Institute of African Studies (Sénégal)
Nacera Dutour, porte-parole du Collectif des familles de disparus en Algérie (Algérie)
Olivier de Frouville, professeur de droit à l’Université Panthéon-Sorbonne-Paris, membre du Comité des Nations-Unies contre les disparitions forcées (France)
Nacer Djabi, sociologue, professeur émérite (Algérie)
Said Doumane, économiste (Algérie)
Bernard Dréano, président du CEDETIM (France)
Jean-Numa Ducange, historien (France)
Miguel Eek, cinéaste, Mallorca, Baléares
Stéphane Eljaran, Union syndicale Solidaires (France)
Jacques Fath, spécialiste des relations internationales (France)
Txell Feixas, journaliste, Catalogne (Espagne)
David Fernandez, journaliste, ancien député, Catalogne (Espagne)
Luigi Ferrajoli, professeur émérite de philosophie du droit, Université de Rome (Italie)
Clara Fontanet, documentaliste et galeriste, Mallorca, Baléares
Guillem Frontera, écrivain, Mallorca, Baléares
René Gallissot, historien, professeur émérite (France)
Domenico Gallo, magistrat, président de section à la Cour de cassation (Italie)
Aritz Garcia, président de SODEPAU, Catalogne (Espagne)
Isabelle Garo, philosophe (France)
Luca Gervasoni, président de Lafede (Organisation des ONG des droits de l’Homme), Catalogne (Espagne)
François Gèze, éditeur (France)
Nasser Eddine Ghozali, professeur d'université (Algérie)
William Goldberg, président de la fédération de Lyon de la LDH (France)
Ricard Gonzalez, journaliste, Catalogne (Espagne)
Ali Guenoun, historien (France)
Janette Habel, politologue (France)
Sadek Hadjeres, écrivain, ancien dirigeant du PAGS (Algérie)
Subhi Hadidi, critique littéraire, éditorialiste (Syrie)
Ghassan Hage, anthropologue, écrivain (Liban)
Mohammed Harbi, historien (Algérie)
Jean-Marie Harribey, économiste (France)
Bahey-Eddin Hassan, directeur du Cairo Institute for Human Right studies (Egypte)
Albert Herszkowicz, membre de l’association Mémorial 98 (France)
Hacène Hirèche, consultant (France)
Mahmoud Hussein, écrivains (Egypte)
Michel Husson, économiste (France)
Ahmet Insel, essayiste, politologue (Turquie)
Franco Ippolito, ancien magistrat à la Cour de cassation, président de la Fondation Lelio-Basso (Italie)
Ramin Jahanbegloo, philosophe, vice-directeur du Centre Mahatma-Gandhi pour la paix, Jindal Global University India (Iran)
Hana Jaber, chercheuse (Liban),
Kamel Jendoubi, militant des droits humains, expert auprès du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme pour le Yément (Tunisie)
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS (France)
Abdelkader Kacher, professeur d'université (Algérie)
Aïssa Kadri, sociologue, professeur d'université (Algérie)
Myriam Kendsi, artiste peintre (France/Algérie)
Pierre Khalfa, économiste (France)
Tahar Khalfoune, juriste (Algérie)
Habib Kheddache, avocat (Algérie)
Elias Khoury, romancier (Liban)
Bassma Kodmani, politologue (France/Syrie)
Aziz Krichen, écrivain (Tunisie)
Abdellatif Laabi, poète (Maroc)
Souad Labbize, écrivaine (Algérie)
Kamal Lahbib, défenseur des droits de l'homme (Maroc)
Mehdi Larbi, sociologue, professeur d’université (Algérie)
Miquel Àngel Llauger, poète et traducteur, Mallorca, Baléares
Michael Löwy, sociologue (France)
David Llistar, directeur de Justicia global i cooperacio international, Catalogne (Espagne)
Joan Llodrà, député de MES, Conseil de Mallorca, Baléares
Marta Ball Llosera, écologiste, Catalogne (Espagne)
Ahmed Mahiou, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger et ancien juge ad-hoc à la Cour internationale de justice (Algérie)
Ziad Majed, politiste, écrivain (Liban)
Gilles Manceron, historien (France)
Pierre Mansat, président de l’Association Josette et Maurice Audin (France)
Tomeu Martí, écrivain, journaliste, Mallorca, Baléares
Farouk Mardam Bey, historien, éditeur (Syrie)
Joan Josep Mas, député de MES, Mallorca, Baléares
Gustave Massiah, membre du conseil du Forum social mondial (France)
Achille Mbembe, professeur d’histoire et de sciences politiques à l'Université du Witwatersrand, Johannesburg, Afrique du Sud (Cameroun)
Rosa Moussaoui, journaliste (France)
Leila Nachawati Rego, écrivaine (Espagne)
Josep Maria Navarro, anthropologue, Catalogne (Espagne)
Pap Ndiaye, historien, professeur à Science-po Paris (France)
Antoni Noguera, coordinateur de MES pour Mallorca, Baléares
Salah Oudahar, Directeur du festival Strasbourg-Méditerranée (France)
Isidre Pallàs, conseiller, mairie de Garrigoles, Catalogne (Espagne)
Jaime Pastor, professeur de sciences politiques, éditeur, Madrid (Espagne)
Marcel Pich, musicien, Mallorca, Baléares
Baltasar Picornell, ancien président du Parlement des Iles Baléares
Antoni Pingrau Soli, professeur de droit, Université de Tarragone (Espagne)
Edwy Plenel, journaliste (France)
Damià Pons, Professeur de Littérature Catalane à l’Université de Mallorca, Baléares
Pere Antoni Pons, écrivain, Mallorca, Baléares
Margalida Ramis, porte-parole du GOB (Organisation unitaire de l'écologie), Baléares
Eulalia Reguant, ancien député, Catalogne (Espagne)
Santiago Alba Rico, philosophe (Espagne)
Michèle Riot-Sarcey, historienne (France)
Anabel Riveras, chef d’entreprise, Mallorca, Baléares
Massaoud Romdhani, militant des droits de l'Homme (Tunisie)
Natalia Roma, journaliste, Catalogne (Espagne)
Joan Roura, journaliste, Catalogne (Espagne)
Khadija Ryadi, coordinatrice de la Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH), lauréate du prix des Nations unies pour les droits de l’Homme (Maroc)
Lana Sadeq, présidente du Forum Palestine Citoyenneté (Palestine)
Nadji Safir, sociologue (France)
Pierre Salama, économiste, professeur émérite, Université Sorbonne-Paris-Nord (France)
Nour Salameh, chercheuse, traductrice, Catalogne (Espagne)
Malik Salemkour, président de la Ligue des Droits de l’Homme (France)
Benet Salellas, avocat, Catalogne (Espagne)
Mamadou Moctar Sarr, Secrétaire Exécutif FONADH (Mauritanie)
Gabriela Serra, enseignante, activiste et ancien député de la CUP (Espagne)
Jaume Serra, artiste plasticien, Mallorca, Baléares
Patrick Silberstein, éditeur (France)
Evelyne Sire-Marin, magistrate, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature (France)
Francis Sitel, membre de la rédaction de la revue « Contre-Temps » (France)
Nabila Smaïl, avocate (Algérie)
Jordi Solé, euro-parlementaire (Vert/ALE), Catalogne (Espagne)
Emmanuel Terray, anthropologue (France)
Philippe Texier, magistrat, président du Tribunal permanent des peuples (France)
Gianni Tognoni, secrétaire général du Tribunal permanent des peuples (Italie)
Enzo Traverso, historien, professeur d’université (Etats-Unis)
Antoni Trobat, journaliste, historien, Mallorca, Baléares
Neus Truyol, conseiller Mairie de Palma (Espagne)
Francesc Tubau, activiste social, Catalogne (Espagne)
Françoise Vergès, politologue (France)
Marie-Christine Vergiat, militante des droits de l’Homme, ancienne députée européenne (France)
Vicenç Vidal, sénateur pour les Iles Baléares (Espagne)
Ahmed Zefzafi, porte-parole de l’Association TAFRA de défense des prisonniers politiques du Hirak du Rif (Maroc)
Abdallah Zniber, militant associatif, ancien président de IDD (Maroc)
Rachid Zouaimia, juriste, professeur d'université (Algérie)

Type:  Article Vendredi, 18 Septembre, 2020 - 20:27 International
François Calaret

La lettre d'Ensemble 16 septembre 2020

1 semaine 2 jours ago

Voici en pièce jointe le numéro du 16 septembre de la Lettre d'Ensemble.

Sommaire :

  •     RASSEMBLER ET AGIR : la rentrée sociale et les mobilisations.
  •     ANTHONY SMITH.
  •     DANIELE OBONO.
  •     LA RENTREE SCOLAIRE.
  •     LICENCIEMENTS CHEZ AUCHAN.
Fichier attachéTaille la_lettre_16_septembre_.pdf691.02 Ko Type:  Article Mercredi, 16 Septembre, 2020 - 18:27 Le bulletin
TheStyx

Solidarité avec le peuple Colombien

1 semaine 3 jours ago

Témoignage de Gustavo, militant de la solidarité avec le Peuple Colombien, membre d'Ensemble!69
 

Colombie les massacres  et l’inégalité  accusent l'Etat .

La Colombie traverse une situation plus que dramatique : 43  massacres font 181 morts  en 2020 dénonce la mission humanitaire permanente de l’Onu. De plus la pandémie  frappe lourdement la population la plus fragile économiquement parlant,  victime d’un  modèle privé de la santé publique. La Colombie occupe la sixième place dans le monde avec plus de 630 mille personnes  infectées par le covid 19.
Les victimes sont les populations des territoires éloignés du centre du pouvoir :   principalement des jeunes  adolescents de quartiers pauvres ; des paysans demandeurs de restitution de terres, membres des communautés amérindiens et leaders sociaux  ainsi que des anciens combattants des Farc.

Comment comprendre ou comment expliquer une telle violence
depuis la signature de l’accord de paix en 2016 ?

Le gouvernement du président  Ivan DUQUE, qui appartient au parti d’extrême droite  « centro democràtico » , avait fait  sa campagne sous la consigne de détruire le processus de paix avec les Farc. Pour  pour eux, ces négociations laissent la Colombie dans le mains des  anciens guérilleros. Le  résultat 4 ans après, montre qu'à peine  15% du total des accords ont été appliqués , et  le plus grave : un total de 198 ex-combattant.es ont été  assassiné.es.

Le modèle  néolibéral s’accélère en temps de pandémie :

depuis la privatisation des plus importantes entreprises d’Etat en 20 ans, le gouvernement signe des contrats d’exploitation de mines d’or avec l’Arabie saoudite et le projet d’extraction du pétrole par fraking avance au parlement. D’un autre coté la construction d’un méga-port avec l’ingénierie française en Urabà, zone limite avec le Panama et région de tous les trafics, garantira à l'avenir  le principal objectif :l’exportation de cocaïne. Le parti du gouvernement est très impliqué dans le trafic de drogues, plusieurs de ses élus sont en prison pour trafic et  même le pentagone et la CIA le reconnait dans des  documents récemment  déclassifiés.
L’ancien président Alvaro Uribe Velez, vient d’être visé pour la justice :

ce  membre fondateur de la plus violente extrême droite est fortement contesté par  les organisations de  Droits de l’Homme, à cause de sa participation dans la création des groupes paramilitaires. Ceux-ci  ont exterminé des mouvements de gauche et des syndicalistes dans les 30 derniers années, avec  plus de 200 mille morts et 8 millions de déplacées forcés.Toute la droite colombienne fait pression sur les magistrats de la Haute Cour de Justice pour demander  qu'il  soit innocenté.

La mobilisation sociale essaie de s’organiser dans un contexte de confinement,
de menaces, de répression et de terreur.

Mardi 8/09 M Javier Ordonez accusé de non respect de distanciation sociale  a été violemment réprimé par la Police et il en est mort.Depuis de fortes manifestations de protestation ont éclaté à Bogota dans la nuit du 9 et 10 septembre et s'étendent en même temps que se déchaine la brutalité policière ( on parle d'au moins 13 morts, de centaones de blessé.e.s  et de centaines de détenu.e.s ). Une véritable guerre a été déclarée contre la jeunesse colombienne : des paramilitaires des « Escadrons de la Mort » entourés de la Police, exécutent des gens dans les rues de Bogota.

Urgence de la solidarité !

-Exigeons l'arrêt de ces tueries dans les rues de manifestant.e.s : envoyer des messages par mail au Président Ivan Duque : contacto@presidencia.gov.co

-Exigeons du  gouvernement français et de  l’union européenne  la suspension des  accords de libre échange qui existent avec la Colombie,

-exigeons du gouvernement français et de  l’union européenne qu'ils agissent pour que le Gouvernemenrt  colombien  stoppe les massacres et prenne des mesures de protections envers les  leaders sociaux et envers les personnes signataires de l’accord de paix .

Informons largement sur la situation réelle du Peuple Colombien !

Organisons une solidarité active !

Type:  Article Mardi, 15 Septembre, 2020 - 19:19 International
François Calaret

Oui à la souveraineté indépendante de la Kanaky-Nouvelle Calédonie

1 semaine 4 jours ago

Le deuxième référendum du 4 octobre, pour l’accession de la Kanaky-Nouvelle Calédonie à sa souveraineté indépendante, appelle à une majorité du oui après  le résultat prometteur de 43,3% obtenu par le mouvement indépendantiste au premier référendum de novembre 2018. La colonisation de peuplement de l’Etat français ayant réduit la population kanak à être minoritaire dans son propre pays, ce résultat indique que les immigrations de travail océaniennes et asiatiques et une minorité des européens font maintenant le choix de la souveraineté. La mobilisation dans le vote des jeunes kanak en est un des moteurs.

La reconnaissance de l’identité kanak par les accords Matignon de 1988 et de Nouméa de 1998, comme source de souveraineté ont déjà permis aux indépendantistes de gouverner deux des trois provinces de Nouvelle Calédonie et de favoriser la naissance d’un sénat coutumier, tant dans sa participation à des décisions de justice que dans sa reconnaissance culturelle.

La question sociale et d’appartenance au pays, appellent maintenant à la reconquête de la maîtrise des richesses minières, agricoles, maritimes et écologiques, aujourd’hui spoliées par une bourgeoisie coloniale caldoche qui a instauré un import-export dévastateur sur le coût de la vie et les productions locales. La mobilisation des loyalistes pour le maintien dans la France, Etat colonial, se déroule aujourd’hui dans le contexte de domination de l’économie néolibérale mondialisée. L’Etat français s’y implique, la mise en vente de Vale NC de l’usine sud de nickel comme opération boursière étant avalisé par lui,  alors que la décision appartient au congrès et à son gouvernement calédonien actuel. La promotion d’une « décolonisation douce » laisse donc apparaître le choix actuel de l’Etat français pour le non au référendum, afin de maitriser sa perspective de maintien et de développement de sa position de domination économique et stratégique dans la Pacifique Sud.

Une réelle souveraineté est de sortir de cette domination vers une autre société à construire  démocratiquement, comme réappropriation des richesses et des cultures de subsistance autonomes, qui soit émancipation sociale, des femmes, de la scolarisation et écologique.

Ensemble soutient en conséquence le mouvement indépendantiste et l’appel à voter oui le 4 octobre.

Type:  Article Lundi, 14 Septembre, 2020 - 19:07 International
François Calaret

Conseiller consulaire, conseiller des Français de l’étranger malgré tout…

3 semaines 1 jour ago
Conseiller consulaire, conseiller des Français de l’étranger malgré tout…

 

Les conseillers consulaires bientôt appelés conseillers des Français de l’étranger font partie du millefeuille de la représentation des Français de l’étranger. Les 2,5-3 millions de Français qui vivent à l’étranger disposent en effet de conseillers consulaires, de conseillers de l’assemblée des Français de l’étranger (élus par les précédents), de députés, de sénateurs (élus par tous ceux qui précèdent) et, parfois, de sous-ministres, pour faire entendre leurs problèmes. Gisement potentiel de voix et d’élus, même si l’abstention peut atteindre 90% lors des scrutins, il est préférable de ne pas les mécontenter. On ne sait jamais.

Les conseillers consulaires ont été institués sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. En théorie, leur rôle était de faire entendre la voix des communautés françaises dans leur diversité. Ils ont été comparés à des élus municipaux ou des conseillers régionaux lors des débats. En réalité, la réforme de 2014 remplissait une double fonction. D’une part, elle rejette sur des élus la responsabilité d’une pénurie sans cesse aggravée au Quai d’Orsay. Moins de crédits de budget sociaux et par conséquent une prise en charge moins efficace des Français dans les consulats. D’autre part, la multiplication des élus permettait d’élargir le corps des grands électeurs pour les sénateurs des Français de l’étranger dont la légitimité posait question. La réforme n’a donc pas soulevé l’enthousiasme des foules mais par contre elle eut immédiatement l’adhésion de Rastignac établis hors de France qui rêvaient de cocarde et de cartes de visite tricolores.

Six ans plus tard, à l’orée de nouvelles élections qui ont été reportées d’un an en mai 2021, un premier bilan est possible. Tout d’abord, comme il était prévisible, les conseillers consulaires sont saisis sur les questions sociales. Mais comme ils n’ont pas de budget, leur pouvoir se résume à leur capacité d’influence. Pour le dire en termes moins châtiés, les élus sont surtout sollicités quand leurs concitoyens sont en situation difficile et que le consulat s’avère incapable de trouver des solutions faute de moyens. Les élus sollicitent alors leurs réseaux associatifs (quand ils existent) ou institutionnels par le truchement de l’assemblée des Français de l’étranger ou des parlementaires du même nom. Ces pratiques existaient déjà, elles se sont renforcées. Inévitablement, on voit un décentrage des missions de services publiques sur des individus voire des entreprises. Entre réseaux de clientèles et charité, la panoplie est vaste. Une certaine idée de la république n’y a pas gagné, par contre certains élus qui se sont notabilisés certainement.

De droit, les conseillers consulaires siègent dans les commissions sociales et dans les commissions de sécurité des consulats. Dans un cas comme dans l’autre, leur pouvoir est symbolique. Les premières entérinent un état de fait et, le plus souvent, les fonctionnaires ont déjà fait ce qui était en leur pouvoir pour trouver une solution. Dans les secondes, les conseillers peuvent au mieux émettre des avis face aux représentants de la Défense et du Quai qui ont pour la plupart une expérience de la gestion de crise.

L’éducation est probablement le domaine dans lequel les conseillers peuvent avoir un mot à dire. Encore faut-il maîtriser les arcanes de l’Education Nationale en général et de l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger (AEFE), en particulier pour être en mesure d’apporter une contribution lors des commissions des bourses et des conseils d’établissement. Lors des commissions des bourses, les dossiers, quand ils sont bien préparés par les consulats – et ils le sont – butent rarement sur des questions de fond. Comme en France, les interminables conseils d’établissement ont raison de la vigilance des élus si ceux-ci n’ont pas une expérience préalable du syndicalisme enseignant…

Le bilan est bien maigre mais il n’est pas négatif. En six années de fonction, j’ai quand même pu me rendre utile. Si les attributions des conseillers sont presque nulles, il n’en reste pas moins que la fonction, par l’onction du suffrage universel, permet d’imposer un dialogue (certainement cette mascarade que l’on appelle dorénavant le « dialogue social ») quand les portes se ferment et que des demandes hors-normes se heurtent à une fin de non-recevoir. C’est en effet dans ce rôle de défense d’une certaine éthique – républicaine et, disons-le, de gauche – que mon action a pu parfois porter ses fruits. Il n’est certes pas nécessaire d’être élu pour clamer certaines vérités. Encore faut-il être entendu. Un exemple récent. Certains chefs d’établissement, homologués par l’AEFE ou la Mission Laïque, se sont comportés malproprement pendant la crise, par exemple en licenciant leurs personnels les plus fragiles. Si le droit local les y autorisent, il est quand même de bon ton de leur rappeler que ce comportement ne serait pas toléré en France. Le fait qu’un élu le dise, rapporte l’information à qui de droit (il est essentiel de bien connaître les structures hiérarchiques et les différents moyens de pression comme tous les bons syndicalistes le savent), donne une visibilité à des pratiques que l’on souhaiterait cacher, tout cela fait au bout du compte une (petite) différence. Vu sous cet angle, le pouvoir d’un conseiller consulaire pourrait être un rôle moral. Mais quand il s’agit de simples employés, de parents ne parlant bien le français, il n’y a donc aucun mal à ça. Bien au contraire.
C’est aussi pour lutter contre une certaine idéologie, sociale-nativiste dirait Thomas Picketty, et promouvoir l’union de la gauche d’EELV à FI, que nous avons créé avec Vincent Buard la Confédération Internationale Solidaire et Ecologiste (CISE). Les communautés françaises à l’étranger demandent à être pensées dans une perspective transnationale, en relation avec les pays d’accueil. On laisse le côté franchouillard à la droite…

William Guéraiche, conseiller consulaire Emirats Arabe Unis-Oman.

Type:  Article Jeudi, 3 Septembre, 2020 - 19:17 Nos élu-es International
TheStyx

La lettre d'Ensemble 3 septembre 2020

3 semaines 1 jour ago

Sommaire de la Lettre du 3 septembre:

    Rentrée politique
    Soutien à Danièle Obono
    Anthony Smith
    Biélorussie
    Sans-papiers
    Décès de Cathy et Michel: Renvoi aux articles du site

Type:  Article Jeudi, 3 Septembre, 2020 - 19:01 Le bulletin
TheStyx

Sortie prochaine du Manifeste du temps des communs

3 semaines 2 jours ago

Ce manifeste est né des suites de l’appel dit du « Big Bang », lancé au lendemain des élections européennes de 2019. Il est écrit par des personnalités issues de différentes cultures politiques, notamment écologistes, insoumises, communistes et socialistes, et/ou impliquées dans le mouvement social, la vie intellectuelle, le monde artistique.

La colère face à l’atomisation des forces sociales et écologistes, comme les difficultés structurelles auxquelles sont aujourd’hui confrontées les gauches, a nourri notre volonté de contribuer à l’émergence d’un projet et d’une stratégie pour gagner, et notamment à la présidentielle et aux législatives de 2022. Le désastre de l’ère Hollande, qui s’inscrit dans une longue dérive néolibérale de la social-démocratie partout en Europe, pèse sur la crédibilité à gauche pour porter une espérance de changement véritable et de progrès humains. Nous sommes convaincus qu’il est possible d’inverser la mauvaise donne politique actuelle et de déjouer le funeste duel Macron/Le Pen par le rassemblement sur un contenu de transformation en profondeur, social et écologiste. Dans cette perspective, nous pensons qu’il faut commencer par le « quoi » avant de trancher le « qui ».

Ce manifeste est une contribution qui a vocation à être débattue, amendée, ajustée. Nous y avons mis nos convictions et nos partis pris, en cherchant avant tout à dégager la cohérence d’une vision émancipatrice au XXIe siècle.

Christophe Aguiton, Clémentine Autain, Marie-Pierre Boursier, Patrice Cohen-Séat, Alain Coulombel, Elsa Faucillon, Frédérick Genevée, Jérôme Gleizes, Pierre-François Grond, Ingrid Hayes, Prune Helfter- Noah, Pierre Khalfa, Benjamin Lucas, Marie Luchi, Roland Merieux, Claire Monod, Frank Mouly, Willy Pelletier, Sophie de la Rochefoucauld, Sophie Taillé-Polian.

Type:  Article Mercredi, 2 Septembre, 2020 - 18:13 Politique
François Calaret

Nouveau numéro de Contretemps

3 semaines 2 jours ago

 

Jean-Pierre Dupuy, expert en catastrophe, considère que « le monde intellectuel français s'est montré inapte à se laisser bousculer par l'événement ». L'avertissement vaut sans doute au-delà dudit monde intellectuel, concernant au premier chef le « monde politique ».

Si on veut relever le défi, il semble indispensable de lire le numéro 46 de la revue ContreTemps, et son dossier « Le choc Covid. Alertes pour l'avenir... »

La santé d'abord ! Un entretien avec André Grimaldi, professeur en médecine, qui pose la question : quelle médecine veut-on ? Plusieurs articles touchant au problème de la santé au travail.. Et une réflexion sur la signification de l'irruption sur la scène politique et médiatique de Didier Raoult (« Celui par qui le scandale arrive »)…

Un article de Denis Sieffert, qui fait retour sur ses éditoriaux de Politis au long de cette période.

La crise sanitaire génère une crise économique géante, qui nécessite d'être analysée dans ses dimensions bouleversantes. Trois articles peuvent nous éclairer sur l'état du capitalisme (Michel Husson), la question de la dette (Jacques Rigaudiat), les enseignements de la situation de l'Amérique latine (Pierre Salama).

Et aussi dans ce numéro en entretien avec Gérard Pommier : « Entre crise sociale et crise sanitaire, réflexions d'un psychanalyste ».

Comme dans chaque numéro, une riche rubrique culture. Pierre-Louis Godeberge nous entretient de la musique « entre sujétion et liberté »… Côté peinture, connaissez-vous Victor Brauner, « l'auto-scaphandrier » ?

Des textes complémentaires du dossier sont disponibles sur le site www.lesdossiers-contretemps.org

Type:  Article Mercredi, 2 Septembre, 2020 - 18:02 Politique
François Calaret

Des masques gratuits pour tous les élèves !

1 mois ago

Le ministre de l’Education Nationale JM Blanquer a encore frappé.

A propos de la rentrée scolaire, il a déclaré que les masques seraient obligatoires dans les collèges et les lycées, mais qu’ils seraient à la charge des familles ! Sauf pour les familles en très grandes difficultés.

Quelle générosité M le Ministre !

Mais l’indécence de M. Blanquer ne s’arrête pas là puisqu’il explique sans rire que « les masques feraient partie des fournitures scolaires », rappelant sans honte, qu’après tout le gouvernement « avait majoré l’allocation de rentrée de 100 euros pour les plus modestes ».

Cette décision, de ne pas prendre en charge les masques pour les élèves, tout comme les commentaires qui l’accompagnent sont inadmissibles. On ne sait jamais chez M. Blanquer si c’est l’indécence qui l’emporte sur le cynisme ou sur la bêtise.

Non, le masque n’est pas une fourniture scolaire ! Il découle d’une décision du gouvernement de le rendre obligatoire et d’en faire porter la charge financière aux familles. Si c’est obligatoire, c’est à l’Etat de prendre en charge les masques pour tous les élèves.

Oui, M.Blanquer, ces masques ont un coût très important pour les familles. Et il ne s’agit pas de posséder deux masques en tissus lavables et l’affaire serait réglée. Un élève ( collèges et lycées confondus) a en moyenne 7h à 8h de cours par jour. Il ou elle doit porter son masque également dans les transports mais aussi de plus en plus quand il ou elle sort dans les grands centres urbains, et comme tout le monde, dans les lieux clos. Et ces masques ne peuvent être portés que 4 heures maximum. De plus le nombre d’enfants par foyer alourdit la dépense. M. Blanquer pourrait affirmer, une fois le bilan fait de l’utilisation du masque sur une journée, que ça ne coute pas grand chose pour les familles ?

Des masques gratuits pour les familles les plus démunies, cela ne suffit pas. Aucune d’entre elle n’a à subir la crise sanitaire que nous connaissons.

Des masques gratuits pour tous les élèves, c’est la seule bonne et juste décision à prendre. M. Blanquer doit, une fois encore, revoir sa copie.

Communiqué de Myriam Martin, conseillère régionale Occitanie, présidente de la commission éducation, jeunesse, Ensemble France Insoumise.

Type:  Article Dimanche, 23 Août, 2020 - 11:06 Santé
François Calaret

Il y a 80 ans, Trotski assassiné

1 mois 1 semaine ago

Le 20 août 1940, Léon Trotski était assassiné au Mexique par un agent de Staline. Il devait mourir le lendemain des suites du coup de piolet de l’assassin. Rappeler cet événement aujourd’hui permet de ne pas oublier ce que fut le stalinisme, gangrène du mouvement ouvrier. En effet, ce sont de nombreux militants que les staliniens assassinèrent parce qu’ils étaient en désaccord avec la ligne du maître du Kremlin. La Guerre d’Espagne fut à cet égard emblématique, avec les meurtres de militants trotskistes, oppositionnels communistes ou anarchistes par les hommes de main de Staline. Jusque pendant la Seconde Guerre mondiale, la haine stalinienne assassina des militants. La mémoire de l’assassinat de Trotski et de bien d’autres doit être rappelée sans cesse pour dire jusqu’où peut mener le sectarisme.
Mais, à l’occasion de cet anniversaire tragique du 20 août 1940, il convient de revenir sur ce que fut l’œuvre de Trotski. Sans hagiographie et en essayant de ne rien occulter.

La Révolution

Trotski, c’est d’abord la Révolution victorieuse, la première au nom du socialisme. Il fut de celle, vaincue, de 1905, avant d’être un des principaux orateurs et organisateurs de 1917. Lénine étant dans la clandestinité durant les derniers mois précédant octobre, c’est Trotski qui devient la figure de proue du mouvement, élu président du soviet de Petrograd au moment où la société russe se radicalise.
A cet égard, il convient de rappeler qu’il y eut un véritable processus révolutionnaire dans la Russie de 1917. Si les bolcheviks l’emportèrent, ce n’est pas grâce à leur technique de « coup d’Etat », mais parce que leurs mots d’ordre furent ceux qui convenaient à un moment donné, essentiellement celui de la paix. Ils étaient le seul parti à la proposer, alors que les autres courants demeuraient pris dans les filets des alliances de la Russie qui commandaient de poursuivre la boucherie de 14-18. Couplé à la revendication de la terre, le mot d’ordre de paix immédiate s’imposa.
Mais, si ce fut une véritable révolution, contrairement à ce qui se dit souvent aujourd’hui, ses lendemains furent vite une catastrophe démocratique. Et les espoirs suscités par l’Octobre russe, immenses à l’échelle de la planète, devaient sombrer en une désillusion qui pèse encore de nos jours sur les projets révolutionnaires.

Le pouvoir

Les problèmes commencent en effet dès la prise du pouvoir. Trotski devient une des personnalités dirigeantes de la nouvelle Union soviétique. A ce titre, il participe de la politique menée par le pouvoir bolchevique. Il en fait même beaucoup lors du débat sur la militarisation des syndicats, par exemple. Il est aussi un des artisans de la répression de la révolte de Kronstadt en 1921. De ce point de vue, la critique libertaire de cette politique est absolument justifiée : celles et ceux qui agissent aujourd’hui pour l’émancipation se doivent de la reprendre à leur compte.
En fait, c’est toute la politique du pouvoir bolchevik de ces années qui est à soumettre à notre critique si nous voulons continuer à défendre la transformation révolutionnaire de la société. Cette politique a consisté, dès le lendemain d’octobre 1917, à refuser de s’appuyer sur les soviets, qui avaient joué un rôle si important dans le mouvement révolutionnaire de l’année 1917. Très vite, les oppositions furent muselées, l’Assemblée constituante dissoute parce que le vote ne convenait pas. On peut considérer qu’il y eut ensuite une répression équivalente à ce que fut la Terreur pendant la Révolution française.

Pendant des années, nombre de militant.es défendaient cette politique (certain.es la défendent encore) au nom de la défense de la Révolution dans la Guerre civile entreprise par les puissances impérialistes. Même explication pour la Terreur de 1793-94. Cette argumentation n’est pas défendable. Rien ne peut excuser l’arbitraire et la négation de la démocratie. Celle-ci est centrale dans le projet émancipateur. Pour l’avoir oublié, les bolcheviks ont échoué, même si leur politique en 1917-23 n’est pas comparable à ce que fut, par la suite, le stalinisme, contre-révolution cynique et sanglante.

Trotski a eu tort d’être un des artisans de cette politique. Pourtant, il avait montré, avant la révolution, de fortes préoccupations anti - bureaucratiques et agira à partir de 1923 dans ce sens.

Les combats de Trotski

Revenons en arrière, avec le jeune Trotski qui, lors des débats du POSDR (parti ouvrier social-démocrate de Russie) qui amenèrent la scission entre bolcheviks et mencheviks, critique la problématique organisationnelle de Lénine, exposée dans Que Faire ? Il considérait alors, dans une vision prémonitoire, que le centralisme proposé par le bolchevisme allait amener la bureaucratisation (Nos tâches politiques, 1904).

Réconcilié avec Lénine et adhérent du Parti bolchevik en 1917, il est en accord avec eux sur les tâches de la révolution. Mais, à la veille de l’insurrection d’octobre, il émet une divergence : il souhaite que la prise du pouvoir se fasse sur la base de la décision du Congrès des soviets qui allait s’ouvrir. Lénine l’emporte dans ce débat, craignant que l’on perde du temps. C’était là une divergence non négligeable : prendre le pouvoir sur la base de la décision des soviets ou de celle du parti. On voit que Trotski saisissait la question démocratique, mais, une fois au pouvoir, il la relativise, au nom de la défense de la révolution. Ceci dit, même si le comportement au pouvoir ne peut être défendu aujourd’hui, il faut avoir en tête que les dirigeants bolcheviks avaient comme référence, outre 93, l’écrasement de la Commune. D’un autre côté, on peut penser aussi que le pouvoir fait oublier des références (Louise Michel disait que « le pouvoir est maudit »).

Au bout de quelques années, Lénine et Trotski constatent la bureaucratisation de la société et du parti dans la nouvelle URSS. Le premier tombe malade et meurt en 1924. A partir de 1923, Trotski anime une opposition de gauche qui combat la politique stalinienne. Ce qu’il continuera à faire sans relâche. D’autres s’opposeront à Staline, comme Boukharine par exemple. Mais Trotski sera le seul des dirigeants d’octobre 17 à rester de manière inflexible opposé à la dégénérescence de l’Union Soviétique.

Son dernier combat, celui des années trente, fut celui de l’unité ouvrière, en Allemagne d’abord, puis dans le reste de l’Europe. Face à la montée du nazisme, les deux grands partis de la gauche allemande se refusèrent à s’unir, alors qu’ils eussent été majoritaires en se rassemblant. Trotski, en exil depuis 1929, critiqua la politique du PC allemand, qui considérait la social-démocratie plus dangereuse qu’Hitler, le chef nazi étant, selon les staliniens allemands, « l’arbre qui cache la forêt social-démocrate » !!! Les textes de Trotski sur cette question gardent malheureusement une grande actualité. S’il accorda tant d’importance à la situation allemande, c’est qu’il perçut avant tout le monde l’ampleur du danger fasciste et que la guerre en résulterait. D’où sa volonté de mettre en place une Quatrième Internationale pour que les révolutionnaires ne soient pas dispersés au vent de l’histoire. Il pressent même le caractère de la guerre à venir : en décembre 1938, il exprime l’idée que le prochain conflit débouchera sur l’extermination (il emploie le terme) des Juifs. Personne alors ne posait cette question, tandis que les puissances du monde refusaient aux Juifs l’entrée sur leurs territoires.

Ce qu’il reste de ses apports

Pour conclure, regardons ce qu’il demeure des apports du révolutionnaire juif russe. Sa théorie de la révolution permanente, souvent caricaturée (la révolution partout en même temps), peut être discutée, notamment en ce qui concerne le saut par-dessus l’étape d’une révolution bourgeoise démocratique. Mais elle a montré sa validité dans des continents comme l’Amérique Latine, notamment au temps du Che, ou, plus récemment, lors des révolutions arabes. Il était alors vrai, comme le disait Trotski que la révolution passait rapidement du terrain national à un niveau international. Après, rien ne garantit le succès. Mais, la Révolution permanente, c’est avant tout la permanence de l’internationalisme. La Quatrième Internationale n’a pas triomphé comme l’espérait encore Trotski sur son lit de mort. Mais l’internationalisme demeure une exigence incontournable pour le mouvement ouvrier, l’altermondialisme des années 1990 - 2000 le comprit aisément.

Sur l’analyse de l’évolution de l’URSS, qu’il analysa comme une contre-révolution, il y aurait beaucoup à dire, notamment en ce qui concerne la notion d’Etats ouvriers. Concept sans doute de moins en moins opérant à mesure que le temps passait, notamment après 1945. Mais, il convient d’en retenir la rupture, profonde lorsqu’on lit La Révolution trahie (1936), avec le système stalinien. La conclusion tirée de l’analyse trotskiste aurait dû être une révolution politique conservant la propriété collective, mais renversant la bureaucratie pour bâtir un véritable socialisme. La Révolution hongroise de 1956, le Printemps de Prague en 68 et Solidarnosc en 1980 allaient dans ce sens. Mais, les échecs sonnèrent le glas de cette espérance. On sait ce qu’il advint après la chute du Mur…

Enfin, l’apport peut-être le plus solide de Trotski demeure sa compréhension du danger fasciste et de la nécessité de l’unité pour éviter la catastrophe. Les temps qui sont devant nous risquent de montrer l’actualité de ce message. Ceux qui l’oublient au nom d’intérêts de partis ou de personnalités nous préparent des lendemains difficiles. Là encore, la référence à Trotski n’est pas inutile.

La question n’est pas aujourd’hui de se dire « trotskiste », mais de reconnaître l’apport de Trotski. D’analyser ses erreurs et insuffisances. Pour reconstruire un projet émancipateur. Celui-ci, intégrant les nouvelles questions qui se posent à l’humanité, fera sa place à celles et ceux qui pensèrent un monde nouveau. Léon Trotski est de ceux-là. En ce sens, l’assassin du 20 août 1940 a échoué.

On peut lire sur les dernières années de Trotski le roman, très bien documenté, de l’écrivain cubain Léonardo Padura, L’homme qui aimait les chiens

Sur Trotski, la meilleure biographie est celle d’Isaac Deutscher, en trois tomes. Il y a aussi un Trotski de Pierre Broué.

De Trotski lui-même, Ma vie, une autobiographie écrite au début des années trente. Et bien d’autres ouvrages, dont son Histoire de la Révolution russe.

Robert HIRSCH (Ensemble 44)

Type:  Article Mardi, 18 Août, 2020 - 20:12 Politique
François Calaret

Décès de Michel Buisson

1 mois 1 semaine ago
Crédit photo:  Décès de Michel Buisson

C'est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Michel Buisson, notre camarade.
Militant de longue date de la gauche autogestionnaire, Michel savait mettre au service du combat pour l'émancipation ses grandes qualités et compétences dans ces domaines dont il était un spécialiste reconnu : l'agroéconomie, la souveraineté alimentaire, l'alternative à l'agriculture productiviste…
Par ses écrits et ses interventions il était toujours d'un apport précieux pour notre mouvement, en particuliculier lors des débats de nos universités, et dans nos publications, et aussi dans le cadre des mobilisations sociales, telle celle de Notre-Dame-des-Landes.
Sa rigueur intellectuelle, sa riche culture et sa chaleur humaine vont nous manquer grandement.
Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

L'Equipe d'Animation d'Ensemble

 

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Michel a été toute sa vie un formidable militant

Je parle ici pour une partie de ses camarades, ceux qui sont aujourd’hui dans le mouvement Ensemble !
Beaucoup d’entre nous l’ont connu lors de ces 10 dernières années, un certain nombre lors des 20, ou 30, ou 40 dernières années … mais même en 40 ans, nous n’avons pas le film entier de tout son parcours militant !! C’est vraiment une très longue et très riche histoire !

Dès la fin des années 60, il s’engage syndicalement dans la Fédération Générale de l’agriculture CFDT et politiquement au PSU. Ensuite, il participera à la création de l’Alternative Rouge et Verte en 1989, puis des Alternatifs en 98, et finalement d’Ensemble ! en 2014 …

Vrai intellectuel militant, éminemment compétent, il n’y avait pas pour Michel de petits ou de grands sujets, pas de frontière entre l’activité politique ou associative. Il recherchait toujours la cohérence d’ensemble. Pour lui, la question n’était pas tant de trouver « les bonnes mesures techniques » qui allaient changer les choses, mais bien de mobiliser des forces sociales et politiques qui pourraient permettre de changer la donne et d’avancer.

Altermondialiste convaincu, participant à plusieurs forums sociaux mondiaux, actif à ATTAC, profondément unitaire et jamais sectaire, Michel a aussi contribué aux commissions écologiques de nombreux partis de gauche et de tous les cadres unitaires. Ces dernières années, à la «Coalition Climat», menant actions et réflexions, il a porté la préparation d’un Forum Citoyen pour le Climat qui a réuni 130 personnes et a élaboré une plateforme indépendante pour le Plan Climat de la Métropole de Lyon. Tout autant, avec Filap Vaulx-en-Velin, projet de filière alimentaire, il voulait permettre une meilleure alimentation pour les habitants des banlieues.

Nous resterons tous marqué par son exigence, sa rigueur intellectuelle, il n’aimait ni les confusions ni les «à peu près».

Lorsqu’un texte était mis en discussion, il était bien souvent qualifié d’« extrêmement mauvais ». Ça, nous l’avons bien souvent entendu. Sa virulence dans ces occasions pouvait même dérouter et impressionner ceux qui n’avaient pas l’habitude de travailler avec lui. Mais alors se découvrait son appétit pour le « collectif » et sa confiance dans l’intelligence du groupe. Il se proposait toujours à retravailler ce texte dans un groupe de travail par ci, dans une commission par là. Bienveillant et constructif, il s’attachait alors, à ce que le travail collectif soit beaucoup plus facile que les prémisses ne l’avaient fait craindre ….

Pour beaucoup d’entre nous, il a été initiateur et formateur. Solide dans ses connaissances et dans ses convictions, capable d'intégrer de nouveaux concepts, il a largement participé au fil des décennies, à l’émergence de nouvelles générations militantes, jusqu’à celles, récentes qui ont fait le succès des marches pour le climat.

Parce qu’il était Infatigable. Il disait se sentir « comme un bœuf au labour, attaché au sillon ».

Sa ténacité nous sidérait.

Avec les années, on sentait parfois la fatigue s’installer. Tout le monde lui conseillait de « lâcher » un peu. Mais lorsqu’il lâchait effectivement certaines tâches, il se retrouvait bientôt un nouveau champ d’activité.

Toujours et partout, sa large vision du monde le faisait cohérent et entier. L’homme, le militant, le spécialiste des questions agricoles et écologiques … Il n’y avait pas plusieurs Michel. Sur son vélo, dans son jardin, devant un auditoire … c’était bien le même.

Bien sûr il va manquer, beaucoup.
Mais pendant longtemps son image va nous accompagner. D’abord sa formidable présence physique, crinière blanche et vrai sourire, casque de cycliste par-dessus la casquette et pince à vélo sur pantalon de velours.

Surtout, les êtres qui partent mais qui ont été marquants et bienfaisants demeurent longtemps vivants en nous. Puisse ton exemple nous inspirer, loin du carriérisme politique, pour changer le système sans perdre nos valeurs.

Michel, nos luttes à venir, nous les mènerons avec toi. C’est elles qui seront l’hommage militant pour tout ce que nous te devons.

Ses camarades d’Ensemble! 69

Type:  Article Dimanche, 16 Août, 2020 - 20:40
François Calaret

L'aéronatique à Toulouse

1 mois 1 semaine ago

L’AERONAUTIQUE A TOULOUSE APRES LA CRISE SANITAIRE :
PROTEGER LES EMPLOIS ET LES COMPETENCES D’AUJOURD’HUI, REPENSER CEUX DE DEMAIN

A Toulouse et en Occitanie, la rentrée économique et sociale sera tendue, comme dans la plupart des régions, au lendemain de la crise sanitaire et de ses effets induits sur l’activité. Mais, pour une fois, la région ne pourra pas compter sur son moteur de croissance habituel, la filière aéronautique, pour faire la différence.

L’aéronautique dans l’œil du cyclone

En effet, cette filière industrielle, qui emploie 110 000 personnes dans la région, dont 90 000 dédiées à l’aéronautique et au spatial, s’est trouvée, ce printemps, dans l’œil du cyclone. Pas tant du fait de l’arrêt de la production pour causes sanitaires (les usines, en particulier celles d’Airbus, ont vite réouvert et beaucoup de services ont fonctionné en télétravail), que du fait de l’arrêt quasi-total du trafic aérien commercial, qui a provoqué l’assèchement de la trésorerie des compagnies aériennes, et les a amenées à faire le dos rond et à repousser (ou quelque fois à annuler) les livraisons des avions qu’elles avaient commandés.

Ainsi, les livraisons d’Airbus au premier semestre 2020 ont été divisées par 2 au regard du même semestre en 2019. Au total, 145 avions n’ont pu être livrés. Ce qui, bien entendu s’est répercuté sur le chiffre d’affaires, qui a chuté de 48 % pour la division Avions commerciaux et sur le résultat, avec une perte nette de 1,9 milliards d’euros. Les prévisions de reprise du trafic mondial tablent, quant à elles, sur un retour à la situation ante-Covid pas avant 2023 voire 2025. Airbus a donc anticipé le ralentissement durable des livraisons et, a fortiori, des commandes en ajustant à la baisse ses cadences de production : d’abord de 30 %, puis, maintenant, de 40 %.
De telles décisions s’accompagnent de mesures d’économie, touchant les investissements, la R&D et le personnel : un plan de 15 000 suppressions d’emplois dans le monde, a été annoncé, dont 5000 en France et près de 3500 à Toulouse. Des négociations sont en cours avec les organisations syndicales pour définir les contours et les modalités de ce plan. Evidemment, cette tendance se retrouve aussi parmi les sous-traitants d’Airbus. Ainsi, Daher a-t-il annoncé un plan pouvant aller jusqu’à la suppression de 1300 postes, AAA la suppression de 700 postes en France, dont 300 à Toulouse, Derichebourg a évoqué 700 suppressions avant de se rabattre, pour l’instant, sur la négociation d’un Accord de Performance Collective (merci les ordonnances Macron), rabotant plusieurs modalités de rémunération de ses employés et s’imposant sous peine de licenciement individuel (plus de 160 à ce jour).
Face à la crise de ce secteur, et en sus des mesures d’activité partielle, l’Etat a annoncé en grande pompe un plan de relance : 7 milliards pour Air France, 8 milliards pour l’industrie aéronautique. En réalité, les sommes effectivement distribuées sont nettement moins élevées. La région a, de son côté, débloqué 90 millions. Ces plans seront-ils suffisants et pertinents ?

L’enjeu est de taille, car l’économie de l’ouest Occitanie est très dépendante de l’aéronautique. Certes, l’électronique embarquée, l’espace, l’informatique, l’intelligence artificielle, l’agro-alimentaire peuvent offrir des perspectives, mais d’autres industries, comme la chimie, l’industrie pharmaceutique ont connu des déboires et des décisions de repli qui ne les positionnent pas, à ce jour, comme des relais crédibles. L’avenir du trafic aérien et, donc, de la demande d’avions, est alors cruciale.

Faut-il s’attendre à un retour de la croissance du trafic aérien ?

L’éventuel rebond du trafic aérien est à considérer dans un contexte lourd à bien des égards, qui peut faire douter de sa probabilité et, donc, de l’avenir de cette filière.
Premier motif de doute : la reprise du trafic aérien n’est pas une évidence, surtout en ce qui concerne la clientèle européenne. La progression exponentielle qu’il connaissait avant le Covid 19 a peu de chances d’être retrouvée intacte.  D’une part, en raison des restrictions de circulation internationale, dont la sortie est incertaine et les retours en arrière toujours possibles, d’autre part, en raison d’une désaffection du public pour un mode de transport condamnant à la promiscuité et vecteur d’épidémies, d’autant que, à l’occasion de cette crise, certains ont découvert d’autres modes de communication qui permettent de se passer de l’avion.

Deuxième motif de doute : l’impact du transport aérien sur le dérèglement climatique est considérable et aujourd’hui largement documenté. On estime que le transport aérien compte pour 2 à 3% des émissions de dioxyde de carbone, mais pour 5 à 6% des causes du réchauffement climatique du fait de l’impact des gaz de combustion à haute altitude et des traînées de condensation. Si l’on considère les obligations qui incombent aux Etats pour respecter l’Accord de Paris sur la neutralité carbone en 2050 et limiter le réchauffement climatique à 2°, le trafic aérien doit diminuer, sans négliger pour autant les progrès technologiques et de sobriété d’usage souhaitables et tout à fait envisageables (tant pour les voyages d’affaires que de tourisme).
Troisième motif de doute : les tensions sur le marché du pétrole, qui pourrait avoir atteint son pic de production et l’évolution probable de la réglementation internationale, poussée par la conditionnalité des mesures de soutien au secteur (taxe sur le kérosène), sont des facteurs qui vont renchérir considérablement le prix des voyages aériens.

Autant d’éléments qui ne peuvent que crédibiliser les prévisions qui font état, pour les 5 années à venir, d’une baisse de l’ordre de 50% des avions à livrer.

Dans ce contexte, quelle a été la réaction des forces politiques et syndicales locales ?
Les spéculations et les annonces successives sont intervenues dans le contexte de la sortie du confinement, qui, à Toulouse, était aussi celui de la préparation du 2° tour des élections municipales. Rappelons qu’au terme du 1° tour, le maire de droite sortant était en tête, avec 36 % des voix, talonné par la liste citoyenne Archipel Citoyen (28 %), dirigée par un militant EELV, et comprenant aussi des militants politiques , dont 2 d’Ensemble, avec, derrière, en position de se maintenir, la liste PS, PC, MRG, dirigée par la vice-présidente PS de la Région, qui, finalement, tout en se retirant, permettait à certains de ses colistiers de fusionner avec la liste d’Archipel. Ce sujet a donc été au centre des débats entre listes, le maire sortant se faisant fort de soutenir Airbus et la filière, mais sans dire comment, accusant son challenger d’avoir « l’Airbus honteux », alors que ce dernier estimait que s’il fallait soutenir la filière et ses salariés, en particulier les emplois (« l’aéronautique est dans l’ADN de Toulouse » disait Antoine Maurice), il fallait aussi l’inciter à repenser son activité pour lutter contre le réchauffement climatique, tant du point de vue des techniques employées que des nécessaires diversifications  d’activités. Un débat public s’est alors développé autour de ces perspectives, avec des contributions écrites (via les médias) ou orales (via des débats numériques, organisés notamment par Archipel), émanant de l’Université populaire de Toulouse, d’Attac, de Copernic (« Toulouse, un nouveau Détroit ? » se demandaient ces associations), du Manifeste pour l’industrie, de la CGT Aéronautique, d’associations d’élèves ingénieurs, des scientifiques de l’Atelier d’écologie politique… Ces contacts pourraient déboucher, à l’automne, sur l’organisation d’Assises de l’Aéronautique, que l’Archipel citoyen avait inscrites à son programme, mais dont il ne pourra être maître d’œuvre, ayant perdu les élections municipales.

Les organisations syndicales ont réagi différemment : la coordination CGT de l’aéronautique a cherché à faire s’exprimer les salariés, par un questionnaire assez exhaustif, tant sur les mesures annoncées par la direction d’Airbus que sur les perspectives envisageables de diversification  d’activité, puis a appelé à une manifestation en défense de l’emploi; les syndicats traditionnellement partenaires de la direction appelant de leur côté à une manifestation en direction du siège d’Airbus avec une seule perspective : l’exclusion  du PSE de tout départ contraint.

Et maintenant ? Protéger les emplois et les compétences d’aujourd’hui, repenser ceux de demain

Il apparaît clairement, à mon sens, que l’exigence du mouvement social vis-à-vis des pouvoirs publics doit être triple :

- Ceux-ci doivent obtenir de la filière le maintien des emplois actuels, pour ne pas précipiter la région dans une crise économique insurmontable et pour conserver sur le territoire les compétences humaines et industrielles accumulées qui font de Toulouse la capitale européenne, si ce n’est mondiale, de l’aéronautique. C’est une condition sine qua non pour que les capacités productives d’Occitanie soient rapidement ré-activables lorsque le marché mondial sera à nouveau en demande (même si ce n’est que transitoire) et que la souveraineté industrielle de la France soit conservée, face aux concurrents américain et chinois. Pour ce faire, c’est une véritable conditionnalité sociale aux aides publiques qu’il faut activer. En ce sens, la mise en œuvre d’une réduction importante du temps de travail est d’une brûlante actualité.

- Les pouvoirs publics doivent lancer un plan d’investissement très ambitieux afin de mobiliser la filière dans un effort de R&D sans précédent visant, via des technologies de rupture (hydrogène ou autre), à imaginer, tester et construire l’avion du futur, prenant en compte les impératifs écologiques incontournables de notre époque. Là aussi, une véritable éco-conditionnalité des aides s’impose.

- Enfin, ils doivent initier une stratégie organisée de diversification des activités de la filière, indispensable pour prendre en compte la baisse tendancielle de la demande d’avions, et permettant d’imaginer, avec la participation active des ouvrier(e)s, technicien(ne)s, ingénieur(e)s, les secteurs dans lesquels les savoir-faire actuels sont susceptibles d’être transférés avec profit pour les salariés et la collectivité (transport ferroviaire, électronique embarquée, santé,  rénovation thermique, éco-industrie…).
De tels objectifs posent, évidemment, la question de la gouvernance d’une entreprise comme Airbus et du poids que peuvent y avoir les pouvoirs publics, les salariés et la population. En effet, on est aujourd’hui bien loin du projet d’entreprise initial, instrument de la volonté politique des gouvernements européens, et l’entreprise s’est largement financiarisée, avec un capital flottant majoritaire. Il conviendrait alors, pour garantir au mieux la prise en compte des impératifs énumérés ci-dessus, d’envisager des changements de mode de gouvernance, comme par exemple le statut d’entreprise à mission, ou celui de société coopérative ou bien encore celui d’EPIC, qui assurerait un contrôle de la puissance publique.

Dominique Maréchau

Militant Ensemble 31 et colistier d’Archipel Citoyen

Type:  Article Dimanche, 16 Août, 2020 - 20:37 Ecologie Economie
François Calaret

Europe : une centralisation politique plus poussée

1 mois 3 semaines ago

Le plus long Conseil de chefs d’Etats de l’histoire de l’Union européenne, du 17 au 21 juillet 2020, pourrait faire date comme celui où l’Europe a franchi un pas politique important vers une solidarité nouvelle entre les Etats membres. Ce qui ne signifie absolument pas qu’elle bénéficiera réellement aux populations, et notamment à celles qui ont fait face à l’épidémie de COVID-19 dans les hôpitaux, ou pour faire « tourner » l’économie.

L’acceptation à l’arraché et avec de très gros compromis, du plan de relance proposé par la Commission et s’appuyant sur l’accord Merckel-Macron, signifie un changement potentiellement décisif des modalités de décision de l’Union et un dépassement des limites jusqu’ici infranchissables de celle-ci. Il a en effet été accepté que les institutions (ici la commission) pouvaient s’endetter au nom des 27 pays (ce que les traités interdisent) et que des subventions directes pouvaient alimenter les Etats (390 milliards sur les 750 du plan, soit moins que les 500 initialement proposés, suite aux blocages des pays récalcitrants dits « frugaux » qui ont failli faire échouer le plan).

Ce faisant, l’Union européenne frappée par la crise du COVID et ses retombées économiques gigantesques (encore à venir) avance plus loin vers une sorte de « proto-Etat » dépassant la seule coordination. Ce changement reste fragile, chaotique, et il pourrait même ne pas se confirmer. Mais si ce pas n’avait pas été franchi, il y avait de grands risques que l’Union aggrave considérablement les brèches de désagrégation qu’elle manifestait à la fin de 2019 et au début de l’année 2020 par des désaccords du même type pour renforcer le budget européen déjà ridicule (1% à peine du PIB de l’UE). Tout le monde avait aussi noté le « chacun pour soi » des Etats (et pas qu’en Europe) face à l’épidémie. Un climat propice à de nouveaux Brexits était en route à grande vitesse. C’est ce que les Etats ont majoritairement voulu stopper avant qu’il ne soit trop tard.

Mais ce résultat s’accompagne de reculs sur une quantité d’autres plans : les prochains budgets européens seront encore rognés par les ristournes de contributions accordées aux « frugaux » ; les initiatives de soutien en cours concernant la santé, l’éducation, la transition écologique, la recherche, sont rognés.

Mais le plus décisif est sans doute un mépris total envers la seule institution élue de l’Union, non consultée, qui militait pour un budget de 1300 milliards pour les années 2021-27, alors que celui-ci va être raboté significativement. Toujours pour que les « chefs » d’Etat passent leur compromis.

Au total, l’Europe réussit à ne pas s’effondrer et fait donc pour cela un pas vers plus d’intégration politique en acceptant pour la crise du Civid-19 de mettre en place des mécanismes de solidarité. L’Allemagne en particulier a compris que les chaines de production industrielle étaient de plus en plus intégrées entre les pays, et qu’une crise à un endroit peut en déclencher d’autres ailleurs (exemple : dans l’automobile).  Mais ce pas en avant vers plus de fédéralisation des dépenses liées aux conséquences de la crise actuelle n’est nullement un tournant vers des politiques plus sociales, plus écologiques ou plus démocratiques, et encore moins pour réviser les préceptes néolibéraux qui les dominaient.

Les luttes sociales, syndicales, écologistes, et politiques, pour imposer d’autres traités, d’autres priorités et d’autres institutions démocratiques n’en sont que plus nécessaires.

Robert Hirsch, Jean-Claude Mamet, Roland Mérieux, Jean-François Pélissier, Francis Sitel.

Le 27 juillet 2020

Type:  Article Samedi, 1 Août, 2020 - 19:00 En débat Europe
François Calaret

Insoumission et audace, la voie que Gisèle Halimi nous enseigne

1 mois 3 semaines ago

Gisèle Halimi avait l’audace de l’insoumission. Elle avait chevillé au corps le refus d’un destin préétabli. La trajectoire des grandes personnalités féministes ne commence-t-elle pas toujours par là ? Très tôt, Gisèle Halimi avait dit non. Elle voulait continuer à jouer au foot quand sa mère lui intimait l’ordre de cesser ce jeu avec les garçons, puisqu’elle venait d’avoir ses règles. Elle n’acceptait pas de réaliser les tâches domestiques que ses frères n’étaient pas sommés de faire. Elle refusa catégoriquement ce mariage arrangé par ses parents, alors qu’elle avait 16 ans et des rêves de liberté plein la tête. La rébellion face à l’injustice, Gisèle Halimi la portait viscéralement en elle, comme quelque chose de sauvage disait-elle, la poussant à épouser des causes justes autant qu’à faire surgir d’elle une insolence remarquable. C’est à la croisée de l’intime et du politique que se noue l’individu féministe, nous dit Geneviève Fraisse. Nous y sommes. Gisèle Halimi incarne cette imbrication qui façonne les pionnières, dont elle était et à qui nous devons tant.

Gisèle Halimi a mis sa rage au service de combats pour l’égalité, contre la colonisation, pour les droits des femmes. En 1960, elle signe le manifeste pour le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. L’avocate prit la défense de Djamila Boupacha, militante du FLN torturée et violée par des militaires français. En 1973, Gisèle Halimi est aux côtés de Simone de Beauvoir et des 343 femmes qui déclarent avoir avorté, se mettant de fait dans l’illégalité. Elle a frappé les esprits dans plusieurs procès devenus historiques. A Bobigny en 1972 sur l’avortement comme à Aix en 1978 en défense de femmes violées, elle sut rendre spectaculaire l’injustice de la loi. J’entends sa voix et ses mots autant que les cris des manifestantes aux abords du tribunal. Gisèle Halimi n’avait pas peur du scandale, parce qu’elle avait compris que la conflictualité générée pouvait faire avancer les mentalités et la législation. Et elle engrangeait les injures sans donner l’impression de fléchir une seule seconde. Gisèle Halimi avait un aplomb impressionnant.

Figure majeure des années MLF, initiatrice de l’association Choisir, elle a contribué à ce que le mouvement féministe arrache la loi de 1975 sur la libéralisation de l’avortement et celle de 1980 permettant de donner une définition juridique au viol. Ces conquêtes légales, qui doivent encore se confirmer dans la réalité, sont absolument majeures. Les nouvelles générations mesurent-elles le chemin parcouru ? Le XXe siècle a bousculé en profondeur l’ordre des sexes et des sexualités. Gisèle Halimi fut une actrice de ce changement radical, une combattante, qui ne lâche pas, argumente, cherche à convaincre. Une femme qui agit sur le réel plus qu’elle ne le théorise. Ce qui m’a toujours frappée, c’est la simplicité de son langage, sa façon de rendre largement accessible le sens de la lutte et de ne pas s’attarder dans les querelles internes au féminisme. Gisèle Halimi allait droit au but. Elle incarnait un féminisme égalitariste pragmatique.

En écoutant l’unanimité des hommages qui lui sont aujourd’hui rendus, jusqu’au ministre Dupond-Moretti, dont tant de plaidoiries pétries de propos machistes ont sans doute fait bondir l’avocate Halimi, on en oublierait la subversion qui était la sienne, qui est la nôtre, celle des féministes. Ce qui faisait scandale hier est consensuel aujourd’hui ? C’est une victoire. Mais celle-ci ne doit pas masquer les conquêtes que nous avons encore à arracher. Et pour cela, l’insoumission et l’audace sont décisifs. S’il est une voie que Gisèle Halimi nous enseigne, c’est bien celle-là.

Clémentine Autain députée de Seine-Saint-Denis (Ensemble-insoumis)

Cette tribune est parue initialement dans Libération

Type:  Article Samedi, 1 Août, 2020 - 18:58 Féminisme
François Calaret

A jamais présente dans nos espoirs et nos combats. Cathy, notre camarade

1 mois 3 semaines ago

Le décès de Cathy Granier attriste profondément tou.tes celles et ceux, nombreux/ses, qui ont milité avec elle, mais aussi celles et ceux qui n’ont fait que la croiser, parce qu’elle marquait chacun.e par son attention aux autres. Elle militait depuis 1966. C’était le temps de la Jeunesse communiste révolutionnaire. Puis vint mai 68. Et ses lendemains pas toujours aussi rouges qu’elle l’aurait souhaité. Mais, elle ne fut pas de celles et ceux que les vents contraires découragèrent.

Elle fut une militante active de la Ligue communiste, puis de la LCR à Toulouse. Quand vint le temps du NPA, elle en fut. En désaccord, elle le quitta avec celles et ceux qui fondèrent la Gauche Anticapitaliste en 2012. Puis, en 2013, avec la GA, elle rejoignit Ensemble, qui se constituait. Comme toujours, elle y accomplit des tâches militantes, pas toujours valorisées, mais indispensables, à la trésorerie par exemple. Mais ce n’était qu’une partie de ses activités militantes, parce que Cathy était sur tous les fronts

Devenue enseignante, agrégée de mathématiques, elle milita bien sûr au Snes, et à l’Ecole émancipée. Très attachée à cette tendance syndicale, elle participait à la plupart de ses rencontres nationales et à ses « semaines » et représenta l’EE dans les instances du SNES. Elle militait aussi activement dans RESF, organisant par exemple un Noël pour les enfants de sans-papiers. C’était une militante au plein sens du terme.

Cathy déployait une activité inlassable et faisait preuve d’une disponibilité et d’une gentillesse jamais démenties. Toujours à l’écoute, jamais cassante. Modeste, mais toujours déterminée.

Il convient de souligner la rareté de ce militantisme sur la longue durée quand on sait les difficultés à mener une vie militante pour les femmes, qui plus est quand on est mère de 4 enfants ! Cathy a été une précurseuse et un exemple à cet égard.

Notre mouvement, ENSEMBLE, rend hommage à Cathy.  Il s’associera aux moments d’hommage qui seront organisés à sa mémoire.

Au nom des militantes et militants de notre mouvement, l’Equipe d’animation nationale adresse ses condoléances à ses proches et à ses camarades. Cathy continuera d’être présente dans nos espoirs et nos combats.

» Il y a ceux qui luttent pendant une journée et ils sont bons.
Il y a ceux qui luttent pendant une année, ils sont très bons.
Et il y a ceux qui luttent toute leur vie, et ceux-là ils sont indispensables
»

Bertold Brecht

Type:  Article Samedi, 1 Août, 2020 - 18:56
François Calaret

L’écologie doit devenir l'enjeu de luttes populaires

2 mois 2 semaines ago

Nous n’en finissons plus de battre des records : 60% d’abstention en moyenne pour l’une des dernières élections qui avait du sens aux yeux des Français ! Les regrets du pouvoir en place sur le très fort taux d’abstention lors des élections municipales sont bien convenus… Alors que le phénomène ne date pas d’hier et s’aggrave de façon aussi continue que vertigineuse, sa décision d’organiser un second tour dans des conditions totalement chaotiques n’a pas été infléchie. Mais ne nous cachons pas la réalité : si ces circonstances ont sûrement aggravé l’abstention, elles ne l’ont pas créée.

L’écologie est devenue pour beaucoup l’une des ultimes raisons qui motive cet acte citoyen. Le succès des listes s’en réclamant de façon prioritaire l’atteste. La conscience de l’urgence climatique a gagné la société, toutes tranches d’âges et toutes classes sociales confondues. Mais cette préoccupation n’a pas, pour chacun, la même incidence. Les jeunes, que l’on voit pourtant si actifs dans les mobilisations sur le climat, dans des mouvements de refus de surconsommer, de manger de la viande, de prendre l’avion, de s’inscrire dans des métiers inutiles… ont très peu pris part au vote. Seuls 28% des 18-34 ans se sont rendus aux urnes dimanche dernier. Les catégories populaires se sont également largement tenues en retrait de ce scrutin – jusqu’à 80% d’abstention dans les quartiers populaires –, alors même qu’elles sont les premières impactées par les conséquences d’un univers dégradé, fait de pollutions et de malbouffe. Et bien sûr qu’elles le savent, en souffrent pour elles-mêmes et pour leurs enfants et le vivent comme une incroyable injustice.
De l’adhésion des jeunes et des classes populaires

Il est devenu banal de dire qu’il ne faut pas opposer fin du monde et fin du mois. C’est une réelle avancée mais, pour que ces deux combats se rapprochent politiquement, il faut s’interroger sur la déconnexion entre montée en puissance de l’écologie et participation démocratique atone des jeunes et des classes populaires. Il n’y a aucune chance que nous parvenions à opérer les bouleversements sociaux et écologistes nécessaires dans notre organisation sociale sans leur adhésion, leur participation. Leur force et leur énergie en sont une condition sine qua non. L’accord social, et donc politique, pour mener cette révolution doit nous obséder. A défaut, en 2022, il se pourrait bien que Macron et Le Pen s’affrontent à nouveau dans un duel de plus en plus serré qui nous éloigne de ces objectifs vitaux pour nous plonger dans le chaos. Pour qu’il en soit autrement, l’écologie doit devenir un enjeu de luttes populaires et de conflictualité dans le débat public. S’il en est autrement, si l’écologie apparaît comme le combat des centres urbains et des plus privilégiés, soit le retrait des classes populaires et de la jeunesse s’aggravera, soit le projet politique écologique sera ramené à ce qu’il n’est pas, un sujet pour les citadins aisés, et nous perdrons le combat de notre temps… Or nous n’avons pas le droit de perdre.

Cette responsabilité incombe en premier lieu à ma famille politique, celle qui se réclame du combat pour l’égale dignité et l’émancipation humaine. Depuis deux siècles, elle a pris la forme de batailles intimement sociales et politiques, radicales et démocratiques. Le mouvement ouvrier, le syndicalisme, la gauche, le socialisme et le communisme l’ont incarné. Tous sont aujourd’hui en situation de grande fragilisation. Pas seulement en France mais dans toute l’Europe. Leur effacement n’arrêterait pas le combat séculaire pour l’égalité et la liberté mais nous y perdrions sans aucun doute en culture, en histoires vivantes, en force. La reformulation politique pour être en phase avec les défis de notre époque ne peut être que le fruit d’un sérieux travail qui associe toute notre famille d’idées, qui réunissent intellectuels et syndicalistes, activistes et artistes. Nous avons à dénouer des contradictions – décroissance de certains secteurs/emploi, taxes sur le diesel/réalité du développement territorial, lutte contre la malbouffe/prix du bio – qui ne sont pas indépassables mais nécessitent d’affûter nos réponses. Nous ne partons pas de rien mais nous avons encore bien du chemin à parcourir.

Initiative citoyenne et transformation sociale

Il y a un an, à l’issue des élections européennes, j’exprimais avec ma collègue Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine, mes inquiétudes sur l’atomisation au sein des gauches et des écologistes. Depuis, nous n’avons pas beaucoup avancé. Les divisions nous rongent et nous épuisent. Les belles victoires emportées à Marseille, à Corbeil-Essonnes ou à Trappes, les belles dynamiques retrouvées à Toulouse et dans tant de petites et moyennes villes partout en France… ont toutes pour base de l’initiative citoyenne conjuguée avec un rassemblement de formations politiques portant la transformation sociale. Si elles ne donnent pas toutes les clés pour la suite, ces réussites donnent de l’espoir. Il faut inventer à l’échelle nationale une façon d’ouvrir nos espaces politiques à l’élan citoyen et solidaire, que l’on a d’ailleurs vu se déployer de façon impressionnante face à la crise sanitaire, et de créer des alliances politiques dont le curseur permettra de mobiliser le monde populaire et la jeunesse.

Clémentine Autain députée de Seine-Saint-Denis (Ensemble-insoumis)

Type:  Article Mercredi, 8 Juillet, 2020 - 22:59
François Calaret

La révolution sociale et écologiste ne peut se passer du monde populaire et de la jeunesse

2 mois 3 semaines ago

Les résultats des élections municipales nous engagent un peu plus dans la descente aux enfers de participation. Cette chute libre vient de loin. Si la crise sanitaire et sa gestion par le pouvoir en place ont rendu plus difficile encore la mobilisation électorale, nous sommes face à une grève du vote désormais structurelle, même pour l’une des élections les plus prisées jusqu’ici par les Français. Dans les quartiers populaires, certains bureaux ont enregistré plus de 80% d’abstention. La tenue à l’écart de ce scrutin du monde populaire s’ajoute celle de la jeunesse. Seuls 28% des 18-34 ans se sont rendus aux urnes dimanche dernier. Et plus on est éloignés des grandes villes, moins on vote. Il faut prendre toute la mesure de ce constat qui est la première leçon de ce scrutin.

Le pouvoir en place a enregistré une raclée électorale. Il a par ailleurs montré son vrai visage à travers les alliances nouées dans tout le pays : et de droite, et de droite. La victoire personnelle d’Édouard Philippe fonctionne comme l’arbre qui cache la forêt. C’est aussi une indication possible sur l’appréciation des électeurs qui préfèrent finalement l’orignal à la copie.

La percée écologiste est une donnée importante de dimanche dernier. Elle vient confirmer le résultat du scrutin européen. C’est dans le cadre de larges alliances, citoyennes et politiques à gauche, que des têtes de liste EELV ont pu créer l’espoir à Tours, à Marseille, à Strasbourg… L’importance accordée à la crise climatique et aux enjeux écologistes – lutte contre les pollutions, développement des transports publics et du vélo, qualité de l’alimentation, sobriété énergétique, jardins partagés… – est une belle nouvelle. Mais nous aurions terriblement tort de ne pas regarder en face une réalité problématique pour mener à bien la transformation sociale et écologiste, à toutes les échelles. Car sans le monde populaire et la jeunesse, la révolution nécessaire restera introuvable. Si l’écologie apparaît comme le combat des habitants aisés de centre-urbains, nous irons droit dans le mur. C’est pourquoi l’articulation entre le social et l’écologie est d’une brûlante actualité. Pour ce faire, nous avons à dénouer des contradictions – décroissance de certains secteurs/emploi, taxes sur le diesel/réalité du développement territorial, lutte contre la malbouffe/prix du bio – qui ne sont pas indépassables mais nécessitent d’affuter nos réponses. Nous avons également à rassembler là où le paysage des gauches et des écologistes apparaît éclaté. Nous ne partons pas de rien mais nous avons encore bien du chemin à parcourir…

Clémentine Autain

Type:  Article Vendredi, 3 Juillet, 2020 - 07:18 Politique
François Calaret