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Ensemble a participé en observateur à la conférence « Pour un Plan B » convoquée à Madrid à l’initiative de Podemos, de la GUE ( Gauche unie européenne) et avec le soutien de la Mairie de Madrid du 19 au 21 février.

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Il s’agissait en fait de la troisième étape d’un mouvement initié en novembre dernier à Berlin par Yannis Varoufakis, ex ministre des finances du gouvernement grec d’A. Tsipras avec une dizaine de personnalités européennes avec comme objectif affiché de transformer l’Europe désignée, dans sa forme politique actuelle, comme « l’outil d’une coalition des classes dominantes contre les classes populaires » à cette échelle. Les initiateurs de ce projet analysent l’Europe actuelle comme « un champ de bataille », bataille dont l’expérience de la Grèce a constitué le premier affrontement majeur. Cet affrontement se déroulerait essentiellement sur le terrain institutionnel en utilisant la monnaie comme arme principale dans l’objectif de généraliser la politique d’austérité prônée par les instances dirigeantes afin de rivaliser avec les autres grandes entités politico-financières dans la bataille économique qui se joue aujourd’hui à l’échelle de la planète toute entière. Le but de cette bataille, vise donc, de fait, à remplacer cette réalité politique actuelle dite « Plan A », par une Europe démocratique au service des droits sociaux, économiques et politiques des peuples. D’où le label de « Plan B ». Ce plan B se décline ensuite en Plan B contre la dette, en Plan B féministe, en Plan pour les droits sociaux et les migrants, en Plan B écologiste….

Cette réunion faisait suite à celle qui s’est précédemment tenue à Paris à l’initiative du parti de Gauche début janvier de cette année, avec la participation active de J. L. Mélanchon, centrée essentiellement sur les questions économiques.

Quelques remarques sur la tonalité générale des débats et interventions des principaux participants à la conférence :

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1. Diversité intéressante parmi les participants : pour la France : le CADTM, Attac, et la Confédération Paysanne en ce qui concerne les associations ou syndicats ; le PG, le NPA, EE/LV et Ensemble ! en tant que partis politiques ). Pour la partie espagnole, outre Podemos, principal organisateur de cette initiative, on pouvait noter une présence significative d’Izquierda Unida en la personne de plusieurs de ses militants responsables nationaux ou partie prenantes de coalitions régionales, notamment le premier d’entre eux, Alberto Garzon. Mais tout aussi significative était l’absence totale du PCF et du PGE qui n’avaient même pas envoyé un observateur… Etait tout aussi notable, l’absence des dirigeants de Podemos comme Pablo Iglésias, Errejon ou T. Bescansas.

Sur le registre de la diversité, forte présence aussi de représentants d’associations et de mouvements sociaux de l’État espagnol. On notait également de nombreuses militantes féministes, tant parmi les organisateurs qu’au niveau des commissions, le slogan « L’Europe démocratique sera féministe ou ne sera pas » ayant fortement imprégné nombre de débats.

2. La proposition de sortie de l’Euro semble écartée comme moyen privilégié de mener la confrontation avec les institutions européennes en vue de la transformation démocratique de l’UE, objectif principal affiché par la totalité des participants. Malgré la présence de Cedric Durand, qui est intervenu en faveur de cette option dès la séance d’ouverture, ou de Costas Lapavitsas dans un atelier, cette perspective n’a, en effet, pratiquement jamais été reprise par les différents intervenants dans les débats, que ce soit en séances plénières ou en commissions.

En fait, c’est la proposition de Yannis Varoufakis, véritable vedette de rassemblement aux cotés de Podemos, consistant à privilégier une stratégie d’affrontement avec les institutions de l’U.E. sous la forme de « désobéissance face aux traités » qui semble faire consensus avec, en particulier, la volonté de ne pas payer la part « illégitime et indue » de la dette.

Des représentant-es de la Mairie de Madrid étaient présents dans tous les ateliers en s’inscrivant positivement dans la dynamique, faisant le lien entre leur travail municipal et la bataille pour sortir de l’austérité. Le soutien de la Mairie de Madrid se voyait aussi dans toute la logistique du lieu (Matadero), lieu agréable, confortable avec plusieurs grandes salles et un grand espace ouvert pour le meeting final.

3. De nombreux intervenants se sont prononcés en faveur de la proposition faite par Varoufakis de créer un mouvement européen comme principal outil de lutte pour la transformation démocratique de l’Europe : proposition assez floue au demeurant, puisque on ne

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sait pas très bien s’il s’agit d’une stratégie de rassemblement de forces nationales, du type de celles réunies durant ces deux jours à Madrid, ou de construire une forme d’organisation nouvelle à l’échelle européenne, qui serait animée notamment par les organisations participant à ces rassemblements destinés à se multiplier à travers les capitales européennes. Une nouvelle réunion générale est d’ores et déjà programmée à Rome en 2017, tandis que des réunions plus ciblées thématiquement sont prévues dans la période proche :

- proposition d’une journée d’étude sur la dette en octobre 2016, (le lieu reste à décider).

- réunion d’ores et déjà prévue d’une réflexion sur la question de la bataille pour l’environnement le 24/25 juin à Bilbao.

4. Parmi les nombreuses propositions d’actions retenues à différents niveaux (locales, nationales ou européen), un appel a été lancé pour l’organisation d’une journée européenne d’actions nationales contre les politiques d’austérité le 28 mai prochain, la date étant choisie en référence à la Commune de Paris.

 

José Tovar, Francis Viguie.

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