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Une pétition s'opposant à cette DSP a réuni plus de 750 signatures en queslques jours. Voir ici

 

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Si la DSP de l'aquarium nous paraissait déjà très discutable, celle du planétarium Galilée est inacceptable, car avec le planétarium on touche à un outil d'éducation populaire, financé par les deniers publics, l'un des seuls établissements public du territoire héraultais en charge de la diffusion de la culture scientifique de 3 à 103 ans. Le ciel est en effet un espace d'émerveillement perpétuel et l'actualité de cette semaine, avec la détection des ondes gravitationnelles émises par un couple de trous noirs, ne fait que le confirmer.

Et pourtant il tourne !

Le Planétarium a accueilli en 2015 plus de 50 000 visiteurs, battant tous ses records précédents. Parmi ces visiteurs on compte près de 9000 scolaires. 20% des visiteurs sont des élèves du primaire, du collège, du lycée voire des étudiants de l'université Montpellier. A titre de comparaison l'aquarium, en DSP, n'accueille qu'environ 4500 visiteurs par an, alors que sa capacité est beaucoup plus importante que celle du planétarium. Il faut dire que le scolaire ça ne paye pas…

Parlons sous.

L'objet de cet article n'est pas de mettre en concurrence les différents établissements culturels publics de notre territoire, bien au contraire, ces établissements sont complémentaires, ils sont tous à garder dans le giron public et à développer pour accroître encore davantage l'éducation populaire.

Mais parlons sous. On compare souvent le nombre de visiteurs du planétarium à celui du musée Fabre. Il faut savoir que pour ce qui concerne les scolaires, contrairement au musée Fabre, au musée Lattara, à l'écolothèque, aux piscines mais aussi à la patinoire pourtant en gestion privée, les entrées au planétarium sont payantes pour les écoles : une classe peut aller gratuitement au musée Fabre mais pas au planétarium.

Le planétarium n'est donc pas à pied d'égalité avec les établissements cités ci-dessus, pas même avec la patinoire pourtant en DSP. Et c'est même pire que cela : non seulement l'entrée à la patinoire est gratuite, mais la métropole affrète également plusieurs bus qui chaque jour vont chercher gratuitement les scolaires directement dans les écoles.

C'est très bien que les scolaires de la métropole puissent s'initier au patinage à cette activité ludique mais si l’on trouve que le planétarium  (malgré son bon nombre d'entrées puisqu'il a accueilli plus de 100 000 scolaires sous son dôme depuis son ouverture en 2002) est trop peu fréquenté, facilitons donc son accès par la mise en place de bus et la gratuité pour les scolaires.

Un budget loin d'être astronomique.

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Il paraît que c'est pour faire des économies du fait que nos impôts n'ont pas augmenté, « engagement tenu » contrairement à d'autres villes. Peut-être, mais c'est très inquiétant de voir qu'une des premières économies que veut faire la métropole c'est sur l'éducation des enfants, sur la diffusion de la culture scientifique pour laquelle malheureusement l'offre n'est pas pléthorique (voir notre projet de Palais de la Découverte Languedocien, défendu lors des dernières municipales de 2014). Surtout que nous ne parlons pas dans ce cas de sommes astronomiques.

Le budget total annuel du planétarium est de l'ordre de 800 000€, ce qui représente environ 5 mois de gardiennage du musée Fabre. C'est grosso modo l'ordre de grandeur du budget qu'est capable de débloquer la ville de Montpellier pour renflouer un club de sport professionnel en fin d'exercice.

De plus, est compté dans cette somme le paiement des animateurs et des animatrices qui accompagnent systématiquement la visite des scolaires (contrairement à l'aquarium où de nombreuses visites des scolaires sont libres). Ces animateurs savent faire partager aux élèves leurs fines connaissances du ciel et leur passion des étoiles, en adaptant cette pédagogie à leur âge.

Parlons fond.

L'offre culturelle du planétarium est de très grande qualité : animations, conférences, cours du soir… si bien que l'un de ses partenaires privilégiés est l'université de Montpellier et en particulier la Faculté des Sciences. De nombreuses initiatives en co-organisation en découlent, par exemple l'observation de l'éclipse solaire du 20 mars dernier pour l'année de la lumière, ou des séances spécifiques pour les étudiants de licence de physique et masters MEEF (métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation)...

La diffusion de la culture, notamment la culture scientifique, est une mission essentielle des collectivités locales. Elle doit rester dans un service public, gérée par le public. Elle ne peut être confiée à des acteurs privés dont la principale préoccupation est la rentabilité économique.

La différence est clairement visible avec l'aquarium. L'Aquarium a accueilli en 2015, plus de 300 000 visiteurs dont seulement 4% de scolaires. Près de 13 000 scolaires ont visité l'aquarium mais seulement 4500 avec un animateur, les 8500 autres ont arpenté le site en visite libre. C'est deux fois moins que le Planétarium alors même que l'Aquarium a une capacité d'accueil de plusieurs milliers de visiteurs par jour… Mais il faut dire que les scolaires ne rapportent rien. Une fois en DSP, l'argent doit entrer, d'où la nécessité de favoriser les activités lucratives telles que la location de salle, la privatisation d'une partie de l'aquarium pour des entreprises, et des entrées publiques à des tarifs abyssaux : 15,50€…

En Délégation de Service Public, est-ce que les enseignants des centaines d'élèves de Montpellier qui ont pu observer en toute sécurité l'éclipse du 20 mars 2015 auraient pu, acheter des lunettes « spéciales éclipses » à prix coûtant grâce au planétarium ?

En Délégation de Service Public, le planétarium pourra-t-il accueillir autant de scolaires avec des animateurs formés?

En Délégation de Service Public, le Planétarium organisera-t-il des soirées d'observations gratuites du ciel dans les communes de la métropole comme ce fut le cas précédemment à Sussargues, Villeneuve les Maguelonne, Castries, Cournonsec, Fabrègues… ?

Le planétarium doit rester géré directement par la Métropole qui doit retirer son projet de DSP.

Nous sommes tous et toutes concerné-e-s, c'est pourquoi Ensemble soutient et appelle à signer et faire signer la pétition, mise en ligne récemment, contre cette mise en Délégation de Service Public du planétarium. Nous avons jusqu'à la fin février pour peser et montrer à la Métropole, aux élu-e-s, l'ineptie d'une telle mesure.

 

 

Ci-dessous, une conbtribution du Front de Gauche Montpellier pendant les municipales de 2014

Pour un Palais de la Découverte Languedocien

A la cité du corps humain Bling bling le Front de Gauche de Montpellier préfère un Palais de la Découverte Languedocien.

Le projet de création d’une Cité du Corps Humain à Montpellier fait débat. Il faut s’en réjouir. Pourquoi ?

Parce qu’il repose, dans notre ville, la question de la place faite à la science, aux savoirs scientifiques et très particulièrement de leur diffusion et appropriation par chacun.

Le problème n’est pas nouveau. C’est à juste raison qu’il y a quelques années, dans un ouvrage collectif (La France au-delà du siècle Ed L’aube.  1994), Jean-Marc Lévy-Blond, alors professeur à l’Université de Nice, déclarait : « Le maintien d’une activité scientifique féconde et de haut niveau exige d’abord un développement dynamique et sain du système universitaire. » (Ce n’est pas plus le cas aujourd’hui, qu’hier, quand on sait ,Le Monde du 28/01/2014, qu’en 2013 pour la 1ère fois depuis 2009, il y a eu plus d’emplois de chercheurs supprimés, que créés - 138). Il ajoutait : « On se doit aussi de garantir la compétence scientifique collective. » parlant des habitants de notre pays et de son niveau de connaissance, « le rôle des collectivités publiques - de l’Etat à la commune – est essentiel si l’on veut que les limitations de la culture scientifiques soient dépassées. »

 

A l'heure des mutations technologiques et de la nécessaire transition énergétiques, à l'heure de la montée de l’irrationnel il est bien évidemment fondamentale que la science, sa démarche et ses concepts soient diffuser le plus largement mais plus encore, compris et assimilés pour « éclairer » le citoyen.

 

Or que constate-t-on ? La science n’est pas au cœur de nos villes et si au cours des dernières décennies, les élus locaux ont intégré la dimension culturelle de leurs responsabilités, ils l’ont le plus souvent limitée à sa composante artistique (Centre Dramatique, Orchestre Symphonique de haut niveau, par exemple). Il s’en faut de beaucoup que les activités scientifiques de diffusion, dans leur composante publique, aient bénéficié de la même attention, comme le montre l'indifférence des pouvoirs publics face à la fermeture du musée d'agronomie en juillet 2010. Il y a des choses qui se font à Montpellier avec les cycles de conférence du mercredi de l'Agora des Savoirs, il y a également des établissements locaux de diffusion de la culture scientifique à l'échelle de l'agglo avec le Planétarium par exemple. Mais il n'y a pas de véritable politique de culture scientifique impliquant ces établissement, les universités, les scolaires utilisant les collections des universités, ouvrant sur la ville et l'agglo la Science ne train de se faire.

 

Dans le projet de cité du corps humain il est difficile de vous où se cache l'aspect éducation populaire, l'aspect popularisation scientifique. Salle de gala, absence de collection, absence d'exposition permanente, restaurant... voilà ce qui est proposé dans ce menu bling bling à près de 38 millions d'euros. Ce projet ne répond pas du tout aux enjeux de développement et de démocratisation de la science qui s’imposent.

Aujourd’hui, plus qu’hier, il nous faut pourtant faire sortir la science des laboratoires, faire participer le public à la naissance des découvertes, diffuser largement les concepts scientifiques, favoriser le dialogue chercheurs/citoyens, comme le suggèrent des chercheurs en Sciences Sociales qui, dans leur manifeste « La connaissance libère » souhaitent « une mobilisation nouvelle qui veut armer les citoyens ».

 

Cette nécessité d’investir pour redimensionner la diffusion scientifique, pour favoriser l’éducation populaire dans sa dimension scientifique, nous ne la retrouvons qu’à faible intensité dans le projet proposé. Il est bien difficile de voir où se cache l’aspect popularisation scientifique, l’aspect éducation populaire. Il serait nécessaire en plus des expositions et débats, d’organiser de nombreux ateliers scientifiques interactifs où les scolaires et tout un chacun, pourraient, en mettant la main à la pâte (Charpak) découvrir les sciences. 

Pour nous Front de Gauche, il apparaît urgent d’envisager : 

 - un travail de réflexion collective de sauvegarde, de mise en valeur, de promotion de notre patrimoine scientifique exceptionnel, engagé à l’initiative des élus locaux,

 - si l’on veut donner toute sa place à la culture scientifique dans notre ville riche d’une multitude de scientifiques de haut niveau en toutes disciplines, riche d’associations demandeuses, riche d’une jeunesse disponible et curieuse.

Pourrait en résulter, dans les pas de Jean Perrin, fondateur du Palais de la Découverte de Paris, lors du Front Populaire, un Palais de la Découverte Languedocien (belle entrée dans le XXIème siècle) où s’engagerait hardiment l’Etat pour son financement. 

Dans ce Palais de la Découverte Languedocien au milieu de ces expositions de nombreux ateliers scientifiques interactifs prendraient place permettant aux scolaires et à tout un chacun-e de mettre la main à la pâte, de découvrir concrètement les sciences.

 

L'Etat doit s'engager lui aussi dans cette direction. En effet si les responsables de terrain doivent s’engager financièrement, cela ne saurait exonérer l’Etat de ses devoirs. Tout désengagement du pouvoir central en direction des pouvoirs locaux, ou pire, privés, serait lourd de danger. En effet la qualité, la permanence et la mise en service d’un bien public sont contradictoires avec l'emploi du mécénat et autres partenariats avec le privé ceux ci étant guidés par d’autres intérêts que la diffusion de la culture scientifique pour tous.

 

La culture scientifique est centrale dans la ville de Montpellier depuis ses origines ; sa faculté de médecine est la plus vielle d'Europe encore en activité. La diffusion de la recherche scientifique et la mise en débat de ses enjeux doit devenir une priorité politique pour les pouvoirs publics. La protection et la mise en valeur de notre patrimoine scientifique est quasiment absente des politiques de la ville et de l'agglo. Pourtant un patrimoine scientifique exceptionnel existent à Montpellier. On peut citer le Jardin des Plantes, la remarquable collection d'anatomie de la Faculté de Médecine, mais aussi les collections du musée d'agronomie qui ne demandent qu'à être à nouveau présentées au public. Un patrimoine malheureusement très fragile car trop longtemps délaissé comme les collection de l'Université des Sciences et Techniques de Montpellier avec l’inestimable herbier de l'Institut Botanique actuellement en grand danger. Plutôt que de flonflon et de salle de gala, c'est un véritable plan de sauvetage et de mise en valeur de ce patrimoine dont nous avons besoin. Il faut agir, la ville et l'agglo de Montpellier doivent prendre l'initiative !

Nous proposons la mise en place d'un réseau des collections scientifiques montpelliéraines, centralisé autour d'un bâtiment qui contiendrait à la fois des expositions permanentes mettant en perspectives les grandes orientations de la recherche montpelliéraine de manière accessible et ludique et des expositions temporaires sur des sujets scientifiques et culturels d'actualité. 

Précisons que des locaux sont disponibles, ou pourraient le devenir comme l'Institut de Biologie place Albert 1er dont la position géographiquement jouxtant le Jardin des Plantes en plein centre ville n'est pas le moindre de ses atouts. 

Il faut mettre autour de la table les chercheurs des trois universités et des nombreux laboratoires présents dans la ville pour mettre en place un véritable pilotage scientifique et collectif du projet. Nous pourrions réaliser un projet scientifique d'ampleur sans avoir à débourser près de 38 millions prévus pour le projet de cité du corps humain.

A Montpellier comme ailleurs, la diffusion de la culture scientifique, les connaissances scientifiques la sensibilisation aux sciences et à sa démarche ne passe pas par des projets paillettes mais par un travail étroit entre les universités, entre les laboratoires, les établissements locaux de diffusion scientifique (Planétarium, Lattara, Mare Nostrum, Zoo du Lunaret, Ecolothèque...) en lien avec le rectorat pour la dimension scolaire.

Face à la marchandisation des savoirs et de la recherche dans laquelle le projet de Cité du Corps Humain s'inscrit malheureusement, nous appelons à la mise en place rapide d'un travail collectif interdisciplinaire visant à réaliser un véritable Palais de la Découverte Languedocien. Sa finalité serait d'opposer aux principes du marché et de la concurrence imposée, qui ruinent les objectifs démocratiques de la recherche publique, une forme alternative d'excellence scientifique, basée sur la diffusion d'une culture scientifique exigeante mais accueillante afin d'offrir à tous les citoyens les moyens de donner leur contribution à l'avancée de l'effort d'innovation.


Dans les pas de Jean Perrin, fondateur du Palais de la Découverte lors du Front Populaire, le Front de Gauche est bien évidemment pour faire sortir la science des laboratoires, faire participer le public à la naissance des découvertes des sciences. Nous somme pour diffuser largement ses connaissances. Les concepts scientifiques, les sciences doivent intégrer pleinement la culture des citoyens de notre siècle.

Les connaissances scientifiques, la cultures scientifiques doivent être diffusé le plus largement possible, c'est fondamentale. Mais pour nous cela ne passe pas par le bling bling, mais par une véritable éducation populaire tourné vers l'Humain d'abord!

Jean Déan

Bastien Marchina

Boris Chenaud