Thématique

Communiqué de Ensemble! Grâce accordée à Jacqueline Sauvage. 

François Hollande a finalement décidé d’utiliser son droit de grâce pour accorder une remise gracieuse de peine à Jacqueline Sauvage. Il aura fallu la mobilisation de 450 000 personnes par pétition.

Évidemment, nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision qui libère une victime de la violence patriarcale mais le combat doit continuer,car la vie de Jacqueline Sauvage n'est malheureusement pas une « situation humaine exceptionnelle » comme l'a dit le chef de l'État mais le quotidien de trop de femmes.

Il n’est en effet pas normal qu’une femme ait dû subir pendant 47 ans des viols et des violences répétées sans que son auteur en soit inquiété.

Il n’est pas normal qu’une femme victime de violences soit condamnée comme une criminelle de sang froid alors qu’elle n’a fait que défendre sa vie et l’intégrité de ses enfants, son fils et ses filles ayant également subis les violences du père.

Il n’est pas normal que 118 femmes (chiffre 2014) meurent en un an sous les coups de leurs (ex-)conjoints.

Le gouvernement se doit de mener une réelle politique offensive contre les violences faites aux femmes. Malheureusement, la baisse des budgets publics, la disparition de l’éphémère Ministère des Droits des femmes, ne nous donnent pas les signaux qui nous permettraient d’espérer.

Néanmoins, nous espérons que la Justice ne reproduira pas une telle erreur de jugement et que le Droit évoluera pour prendre en compte la situation spécifique et dramatique des femmes victimes de violences.

Le 1er février 2016.

 

 

Tribune de Myriam Martin parue jeudi 28 janvier 

Jacqueline Sauvage femme a subi un véritable calvaire, calvaire que subissent encore trop de femmes dans notre pays, victimes de violences conjugales, dans, souvent, l'indifférence la plus totale. 

Les violences faites aux femmes sont un vrai problème de société qui montre que le combat pour l'égalité Femmes-Hommes est plus que jamais d'actualité.

Jacqueline doit être libérée parce qu'elle n'a pas besoin d'effectuer une peine de prison de 10 ans, elle a déjà purgé 47 années de prison en enfer avec son mari comme bourreau !

Ce qui est choquant dans cette affaire c'est non seulement la peine de prison attribuée à Jacqueline sauvage qui de victime est devenue criminelle, mais c'est aussi l'attitude du chef de l’État. Ce dernier s'est exprimé en défaveur de l'utilisation de la grâce présidentielle au nom de sa volonté de tenir ses promesses ! Celle de ne pas appliquer un droit qu'il est gêné d'utiliser, et qu'il considère comme un privilège « monarchique ». C'est tout à son honneur mais là deux objections s'imposent :

- Tout d'abord cette femme est une victime, il ne s'agit pas de laisser croire qu'il faut se faire justice soi-même. Mais bien de considérer qu'elle a agi dans un contexte très particulier avec 47 années de souffrances et de traumatismes accumulés.

- Ensuite comment un président qui s'est renié mois après mois à peu près sur tout, qui n'a tenu aucune de ses promesses quand elles avaient un caractère social et progressiste (s'attaquer à la finance, créer des postes de professeurs, renégocier le pacte de stabilité etc.), peut expliquer sans rire qu'il ne souhaite pas utiliser son droit de grâce au nom des promesses faites, alors qu'il s'agit de rendre justice à une femme victime de brutalités et de sévices innommables !

Pour nous assurément Jacqueline doit retrouver la liberté !

28 janvier 2016

Myriam Martin, Conseillère régionale Midi Pyrénées Languedoc Roussillon (Nouveau Monde En Commun)

Porte-parole de Ensemble! Front de Gauche

Myriam-Martin.jpg