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Dans Libération du lundi 11 janvier, est parue une tribune pour « une primaire des gauches ».

 

Prenons acte que la situation que nous connaissons aujourd'hui ne peut perdurer avec ses injustices, ses inégalités, sa crise écologique et démocratique, avec la menace du Front National. Les initiateurs de cet appel font le même constat en proposant un débat « approfondi », des « échanges exigeants » dans le cadre de l'organisation d'une primaire des gauches et des écologistes pour 2017.

On ne peut que partager le constat : les politiques libérales menées par le PS au pouvoir nous conduisent droit à la catastrophe. Pire encore le projet de loi de modification de la constitution avec entre autres la déchéance de nationalité, témoigne de la dérive de l'exécutif dans une fuite en avant sécuritaire voire autoritaire. A tel point qu'une partie importante des élu-es de la majorité ont fait savoir qu'ils et elles ne voteront pas cette loi.

Alors oui les initiateurs ont raison d'expliquer qu'on ne peut pas continuer ainsi, il est d'ailleurs question de « l'impasse » dans laquelle se trouve notre pays. Mais allons au bout de la réflexion, qui nous a amenés dans cette impasse ? Qui en sont les responsables si ce n'est les socialistes au pouvoir ? La tribune telle quelle, implicitement délégitime la candidature de François Hollande, à juste titre. Comment alors proposer que toutes les gauches soient invitées à participer à des primaires communes ?

Au delà de la proposition elle même (les primaires) débattons tout d'abord. Commençons par exemple par le périmètre politique : quel est le cadre du débat ? Répondre avec justice aux enjeux sociaux, écologiques et démocratiques signifie rompre avec des politiques qui creusent les inégalités, agressent notre écosystème commun et éloignent de plus en plus nos concitoyens de la démocratie. Or ce n'est pas le projet du PS au pouvoir. Bien au contraire, sa mue libérale l'éloigne définitivement des principes et des valeurs émancipatrices portées traditionnellement par la gauche. On le voit quotidiennement les orientations de la gauche radicale, écologiste, de transformation sociale sont contradictoires, antagoniques avec celles imposées à l'heure actuelle par le PS au pouvoir. Ces deux orientations sont incompatibles et irréconciliables. La première combat l'austérité, la deuxième à la tête du pays, l'impose à travers des politiques de restrictions budgétaires, de casse du service public, s'alignant sur les positions de Bruxelles.

Alors oui à un débat démocratique de tous les courants de gauche qui veulent bâtir une vraie alternative à la politique de Hollande Valls.

Oui à un débat qui implique le plus de monde possible, et pas seulement les partis politiques, mais aussi les syndicalistes, les militant-es associatifs, les hommes et les femmes simples citoyens qui souhaitent une vraie politique de gauche et qui refusent celles qui sont menées.

Oui à une élaboration commune d'un projet pour non seulement rompre avec les politiques austéritaire mais surtout pour répondre aux urgences sociales, écologique et démocratique. Un projet construit et porté par des centaines de milliers de citoyen-ne-s, un projet politique que des candidatures communes aux élections de 2017 représenteront.

Donnons nous les moyens d'un cadre démocratique, populaire et citoyen d'un débat promouvant l'implication de tous et de toutes, permettant de redonner la parole à ceux et celles qui se battent pour un monde de justice et de solidarité, permettant enfin de redonner foi en la politique.

C'est dans ce cadre que le processus de désignation d'un ou d'une candidate doit s'inscrire. Donnons  nous les moyens de débattre démocratiquement avec tous ceux et toutes celles critiques vis à vis du gouvernement, afin de poser les jalons d'un projet émancipateur, porteur d'espoir à gauche.

Myriam Martin, conseillère régionale Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, porte parole nationale de Ensemble !

 

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