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La question de l’impact sur la santé humaine des cocktails de molécules dangereuses est posée. Sans même parler des insectes pollinisateurs qui disparaissent à grande vitesse, tandis qu’on épand toujours plus d’insecticides. Est-il possible de restreindre la boulimie de substances chimiques dans un pays qui en est le plus gros consommateur de l’Union européenne ?

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Pesticides, insecticides, engrais, toujours plus de producteurs agricoles et de consommateurs s'élèvent contre les vieilles mauvaises habitudes, s'interrogent, constatent, s'alarment. Quelque chose ne va pas dans notre modèle agricole, il est grand temps d'en changer radicalement pour adopter une voie plus respectueuse de la nature et de notre
santé. Un sujet battu et rebattu? Impossible de le penser si l'on constate
que l'Etat lui-même pousse les préfectures à ordonner des traitements pesticides (à l'instar du traitement des vignes contre la cicadelle), comme le constate ici Guillaume Bodin réalisateur de ce film et
également ouvrier agricole. Guillaume a 26 ans. Il est ouvrier viticole en Saône-et-Loire lorsqu’il est victime des traitements obligatoires aux insecticides contre la cicadelle de la flavescence dorée. Comme il est impossible de se faire entendre, il décide de quitter son travail et d’enquêter sur la question.

 

Avec sa caméra, il retrace l'affaire du vignoble de Bourgogne, depuis l'apparition des premier premiers foyers de flavescence dorée.

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La force du film réside dans la pertinence des intervenants choisis, nombreux, pour évoquer ces questions de manière simple et posée. Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et lanceur d’alerte sur les effets catastrophiques de l’utilisation de ce type de pesticides sur l’environnement. Le couple Claude et Lydia Bourguignon lui apporte de nombreuses informations sur l’impact de ces produits chimiques sur la faune des sols. Ce documentaire raconte une belle histoire de résistance, constructive et positive, même si les dangers sanitaires et les absurdités administratives qu'il pointe sont loin d'être neutralisés.

 

Il part à la rencontre de nombreux acteurs du milieu viticole et scientifique comme Emmanuel Giboulot, ce vigneron ayant refusé de traiter aux insecticides. Ou

Tout n’est pas si sombre dans cette affaire, car un collectif de vignerons essaye de faire évoluer le dossier vers un plus grand respect de l’environnement.

C’est une enquête de plus de deux ans dans laquelle le jeune réalisateur de «La Clef des Terroirs» s’est engagé!

Présentation du film voir ici

http://www.laclefdesterroirs.com/films/insecticide-mon-amour/presentation

Une enquête de plus de 2 ans autour du problème des traitements obligatoires aux insecticides contre la flavescence dorée dans le vignoble.

 

 

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Malgré les alertes, le recours aux pesticides ne cesse d’augmenter

C’est officiel : il y a toujours plus d’herbicides, d’insecticides et de fongicides dans les campagnes françaises. En moyenne, sur la période 2011-2013, les cultures ont reçu 5 % de produits phytosanitaires en plus par rapport à 2009-2011. Météo pluvieuse aidant, en 2013, l’agriculture en a même utilisé 9 % de plus que l’année précédente.

Aujourd’hui les pesticides sont partout : dans les sols, l’air, l’eau – surtout dans les régions céréalières et viticoles. La question de l’impact sur la santé humaine des cocktails de molécules dangereuses est posée. Sans même parler des insectes pollinisateurs qui disparaissent à grande vitesse, tandis qu’on épand toujours plus d’insecticides. Est-il possible de restreindre la boulimie de substances chimiques dans un pays qui en est le plus gros consommateur de l’Union européenne ?

La conversion au bio-contrôle, à du matériel d’épandage plus performant, à plus de rotations à base de variétés résistantes, et globalement une conversion mettant fin à la prédominance des monocultures, voilà des mesures qui devraient permettre d’atteindre rapidement 25 % de pesticides en moins. Après, il faudrait des financements d’une tout autre ampleur comme levier.