Depuis des années, l’Etat et les gouvernements successifs n’ont eu de cesse d’accélérer la privatisation rampante de la Poste. La recherche de la rentabilité à tout prix s’est traduite par la fermeture de milliers de bureaux de poste, la réduction des effectifs et l’allongement des queues devant les guichets, la précarisation croissante des personnels. Près de la moitié des salariés de la Poste n’a déjà plus le statut de fonctionnaire. Le gouvernement veut maintenant frapper un grand coup : après l’ouverture à la concurrence, la Poste devrait désormais changer de statut. C’est le préalable à l’ouverture du capital et à une privatisation pure et simple.

La logique du privé est incompatible avec l’intérêt du plus grand nombre

La Poste qui cherche à dégager de profits pour être mieux privatisable a hélas déjà oublié les contraintes du service public. Mais, après l’ouverture du capital, ce sera bien pire. Quel investisseur privé acceptera de participer financièrement au maintien de bureaux de poste dans les zones rurales ou dans les quartiers populaires ? La Poste devra en priorité répondre à un objectif : donner des dividendes aux actionnaires.
Pour cela, les recettes sont connues : annoncer des bénéfices toujours plus importants, annoncer des suppressions d’emplois toujours plus massives, filialiser, sous-traiter, employer du personnel toujours plus précaire, toujours plus flexible, fermer plus de bureaux, ceux jugés non rentables, avoir une démarche encore plus commerciale au mépris des besoins des usagers, privilégier encore plus les grandes entreprises au détriment des particuliers pour qui les tarifs vont monter au nom du coût réel

La logique du profit est incompatible avec une mission de service public, qui consiste à rendre le même service quel que soit l’endroit où l’on habite ; et le faire quelque soient les revenus des habitants, en permettant à tout à chacun non seulement de recevoir du courrier mais également les minima sociaux, d’ouvrir un compte bancaire ou un compte d’épargne, ce que les banques refusent généralement de faire lorsque les revenus sont trop bas.
Ce sont ces missions, utiles à la population, qui seront sacrifiées au profit de contrats plus juteux avec les entreprises, en pressurant un peu plus au passage les salariés de la Poste.

A l’échelle européenne, les Postes qui ont ouvert leur capital ont supprimé plus de 200 000 emplois. Les pertes de statut, de droit à la retraite, ont accompagné la « libéralisation ».
Au Danemark et en Suède, les postes ont prévu de fusionner. Ce sont deux sociétés dont la danoise est détenue par un fond anglais. Post Danmark avait déjà fusionné il y a 2 ans avec la poste belge avec comme conséquences la suppression de 477 bureaux, la suppression de 20% des emplois. en Suède, le courrier est déposé dans des relais, la distribution au domicile est devenue un service payant.

Faisons converger les luttes des salariés

Une première journée de grève aura lieu le mardi 23 septembre.
Toutes les organisations syndicales doivent y appeler dans l’unité, tous les partis de gauche devraient la soutenir et aider à sa réussite, pour donner sans attendre un avertissement au gouvernement.
La réussite du 23 doit être avant tout un encouragement pour aller vers une action prolongée.
Dans l’éducation, la santé, les transports, l’énergie, de nombreux salariés ressentent aujourd’hui le besoin de faire converger leurs luttes. On trouve partout les mêmes problèmes : dégradation du service rendu au public faute de moyens, sélection des activités les plus rentables, privatisation partielle ou totale…
Une grève reconductible, voire explosive, imprévisible, c’est cela qui pourrait faire trembler le gouvernement !

Elargissons la mobilisation à l’ensemble de la population

Plusieurs organisations syndicales et politiques proposent aujourd’hui de - faire campagne pour un référendum sur la privatisation. Cette exigence est légitime : ce n’est pas au gouvernement de décider mais à la population de le faire. C’est elle qui est directement concernée. L’exigence d’un référendum doit être l’occasion de nous mobiliser dans l’unité, salariés et usagers, pour mettre un coup d’arrêt à la privatisation, exiger des services publics de qualité, avec un personnel suffisant, correctement payé.

Dépèche AFP
PARIS, 12 sept 2008 (AFP) -
Les représentants de syndicats, associations et partis politiques de gauche réunis vendredi soir ont réaffirmé dans une déclaration commune leur opposition à une "privatisation" de la Poste, réclamant "un vrai débat public" sur le sujet. Ces organisations "réunies le (vendredi) 12 septembre affirment leur opposition totale à une privatisation de La Poste et soutiennent la grève unitaire des postiers du 23 septembre" à l’appel de la CGT, la CFDT, la CFTC, FO et Sud, selon une déclaration lue à l’issue de la réunion par Régis Blanchot (Sud-PTT).
Cette déclaration a été signée par des syndicats (FSU, CGT, FO, CFTC et Sud-PTT), des partis politiques (PS, PCF, LCR, Verts, etc.) et diverses associations (Attac, Dal, Copernic, Convergence des collectifs de défense des services publics). "Le service postal appartient à tous les citoyens, c’est pourquoi (ces organisations) demandent que soit organisé un vrai débat public permettant l’implication des citoyens qui doivent pouvoir décider de l’avenir de La poste par un référendum", poursuit le texte. Une nouvelle réunion visant à décider un appel commun et à lancer un comité national pour un référendum doit se tenir mercredi prochain, a précisé M. Blanchot.
"Nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faut garder la main et aller vite avant qu’un projet de loi ne soit déposé", a souligné M. Blanchot. Pour le PS, l’idée d’organiser un referendum "est une bonne idée mais on n’en est pas là" : "Aujourd’hui, la priorité, ce n’est pas de demander au gouvernement l’organisation d’un référendum. Il y a une mobilisation syndicale (journée du 23 septembre), il faut commencer par l’appuyer", a dit à l’AFP Christian Martin, secrétaire national du PS en charge des services publics. "Le gouvernement n’a encore rien décidé sur le statut de La Poste, si l’on s’en tient aux déclarations de Mme (Christine) Lagarde (ministre de l’Economie). La priorité, c’est de décourager le gouvernement de déposer un projet de loi modifiant le statut de La Poste", a-t-il ajouté. L’article 11 de la Constitution permet au président de la République, sur proposition du gouvernement ou du Parlement, de soumettre à référendum un projet de loi portant "sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent". L’idée, soutenue par le quotidien Libération, a été lancée par plusieurs syndicats (FO, CFTC et Sud) de La Poste.