Il s'agit de lancer un processus d'environ une année avec : mise en place de collectifs d'initiatives, premières grandes réunions nationales en juin, poursuite du processus à l'automne et fondation du nouveau parti l'hivers prochain. Il s'agît non pas de transformer la LCR mais d'associer le maximum de monde à ce projet (individus ou courant organisés), en donnant à chacun les moyens d'en débattre et de s'en saisir. La LCR tiendra alors un dernier congrès à la fin de l'année pour analyser la situation et voter son auto-dissolution.

Vous trouverez plus d'infos et des vidéos en cliquant ici (site de la LCR)
Sur ce lien avec le site du monde, vous trouverez des interviews de militant-e-s de la LCR dont deux de la LCR héraultaise.
Ci-dessous l'édito à paraître dans notre mensuel Motivé-e-s. L'appel issu du congrès est plus bas.

IL EST TEMPS DE « PRENDRE PARTI ».
Du 24 au 27 janvier, s’est tenu le XVII congrès de la LCR, et qui est certainement l’avant-dernier congrès de notre organisation fondée en 1969. 40 après, la LCR devrait prononcer lors d’un dernier congrès (d’ici un an) sa propre dissolution avant que ses militant-e-s ne participent au congrès de fondation d’un nouveau parti. Ce choix a été très largement approuvé : 83 % des votes (79,5% dans l’Hérault).

Un projet nécessaire
La droite au pouvoir tape très dur, et au rythme actuel, il ne restera bientôt pas grand-chose des acquis sociaux gagnés par nos anciens. Pourtant son projet ultra-libéral n’a pas l’adhésion de la majorité de la population, il se met en œuvre parce qu’il y a un grand vide en face. La faillite du PS aussi bien lorsqu’il exerce le pouvoir que comme force d’opposition n’est plus à démontrer. Certaines directions syndicales choisissent d’accompagner les contre-réformes impulsées par le MEDEF au lieu de les combattre.
Pourtant dans cette situation difficile, il y a des signes positifs : des luttes combatives à la SNCF ou dans les lycées et universités à l’automne dernier, une popularité de Sarkozy qui s’effrite… Surtout, la victoire de la droite dure aux présidentielles ne doit pas faire oublier ce qui s’est passé avant : grèves de 2003, rejet du traité européen en 2005, révoltes dans les quartiers populaires, luttes contre le CPE en 2006. Tous ces éléments certes disparates montrent l’existence d’une radicalité sociale, un refus certes inachevé mais réel du capitalisme sauvage, des discriminations, des injustices…
Enfin, nous avons constaté aussi bien lors des présidentielles qu’ensuite, une popularité grandissante de notre porte-parole mais aussi de nos idées ou encore de notre manière de concevoir la politique.
Dans ce contexte, la LCR malgré tous ses mérites, n’est pas un cadre adéquat et suffisant Un parti plus large est à construire pour que se retrouvent toutes celles et ceux qui veulent changer de société et se battre contre le capitalisme

Un projet audacieux.
La LCR engage sa propre disparition, dans un processus où prendront part activement des individus ou aussi des courants organisés, apportant chacun des sensibilités, des préoccupations ou des traditions, différentes des notres. La LCR propose un projet certes, mais qui sera, nous l’espérons, débattu, enrichi, critiqué, dans le cadre des collectifs pour un nouveau parti anticapitaliste. C’est à travers une assemblée constituante puis un congrès de fondation que le programme, le nom, le fonctionnement de ce parti seront débattus et décidés, avec toutes celles et ceux qui veulent y participer.

Un projet réfléchi.
L’appel lancé par le congrès de la LCR donne un certain nombre de délimitations au parti que nous souhaitons construire. Nous souhaitons à la fois la diversité et la cla rté, faute de quoi, un tel parti ne pourrait voir le jour ou alors serait incapable de faire face aux premières échéances.
Un parti combatif et indépendant.
Pour contrer la politique du gouvernement, empêcher les contre-réformes libérales, ou pour gagner de nouveaux acquis sociaux et obtenir de vraies réformes sociales, il faut d’abord compter sur les luttes collectives. C’est pourquoi le parti que nous voulons construire devra avant tout être inséré, actif et utile dans ces luttes.
Il ne devra pas non plus déserter les autres terrains, institutionnels par exemple. La question de l’indépendance vis-à-vis du PS est alors une question clé, car trop de partis avec lesquels nous partageons pourtant certaines idées ont échoué faute d’oser couper le cordon avec le PS.
Un parti anticapitaliste.
Il s’agit de remettre en cause le cœur du capitalisme : la propriété privée des principaux moyens de production, le diktat d’une minorité de possédants contre la majorité de la population, le pillage de la planète et la destruction de la nature.
Un parti pour changer de société,
pour un socialisme du XXI siècle, démocratique et autogestionnaire. Une société capable de satisfaire les besoins sociaux, débarrassée de toutes les formes d’exploitation et d’oppressions de classe, de genre, d’âge, d’origine. Une société où la démocratie ne s’arrête pas au droit de vote et permette à toutes et tous de décider. Passer à une telle société implique une transformation révolutionnaire, bien que les formes que celle-ci pourrait prendre soient en grande partie débattues ou inconnues.


Nous invitons toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à débattre de ce projet et à participer à la mise en place de collectifs d’initiatives pour ce nouveau parti dont le congrès de fondation pourrait avoir lieu d’ici un an.

David Hermet

Adresse du congrès national de la LCR pour un nouveau parti anticapitaliste.

Voté par une très large majorité du congrès national, cet appel marque le début concret du processus constituant du nouveau parti anticapitaliste que la LCR appelle de ses voeux. Dans les jours qui viennent, partout sur le territoire, les sections de la LCR vont le mettre en oeuvre. Il est temps de "prendre parti"....

Le 6 mai 2007, l’échec de la gauche gouvernementale a laissé le champ libre à la droite la plus réactionnaire incarnée par Sarkozy, l’ami des patrons et des milliardaires. La guerre sociale qu’ils mènent, c’est la violence quotidienne et la répression. Elle s’inscrit dans la mondialisation capitaliste qui voudrait dresser les travailleuses et travailleurs du monde entier les uns contre les autres pour mieux les exploiter. La folle course au profit dans laquelle sont engagés les maîtres du monde menace notre survie même, en pillant et détruisant la planète. Ce système produit régulièrement des crises et ce sont toujours les peuples qui payent la facture. Aux guerres sociales et écologiques s’ajoutent les guerres impérialistes.

La politique de la gauche gouvernementale est impuissante parce qu’elle accepte la logique du profit, de la concurrence et la remise en cause des services publics. Pour mener son offensive en rafale contre la majorité de la population, Sarkozy a le pouvoir, les patrons ont le MEDEF. Et nous, qu’avons-nous d’efficace pour porter les aspirations populaires sur le terrain politique ? Qu’avons-nous pour construire les mobilisations capables d’imposer un autre partage des richesses ?

Il y a urgence à reprendre l’offensive. Ces dernières années s’expriment le mécontentement, la révolte, une nouvelle volonté de résister. L’espoir vient des grandes mobilisations, luttes des salarié-es, de la jeunesse scolarisée ou des quartiers populaires, luttes des “ sans ”… Mais elles restent trop souvent infructueuses, quand un syndicalisme d’accompagnement prend le pas sur un syndicalisme lutte de classe et de transformation sociale.

Il manque cruellement un outil qui aide à la convergence des luttes en un mouvement d’ensemble capable de faire reculer le pouvoir et de changer le rapport de force. L’espoir a aussi besoin d’imaginer qu’un autre monde est possible. Nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir cet outil : un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui. Un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire de la société c’est-à-dire la fin du capitalisme, de la propriété privée des principaux moyens de production, du pillage de la planète et de la destruction de la nature.

Nous voulons une société capable de satisfaire les besoins sociaux, débarrassée de toutes les formes d’exploitation et d’oppressions de classe, de genre, d’âge, d’origine. Une société où la démocratie ne s’arrête pas au droit de vote et permette à toutes et tous de décider.

Le congrès national de la LCR s’adresse à toutes celles et tous ceux, individus, équipes militantes, courants politiques, qui veulent se regrouper dans un cadre politique organisé, militant, national et démocratique, un parti tissant des liens internationaux avec les forces qui défendent une telle perspective.

Nous nous adressons
aux femmes et aux hommes de toutes origines, avec ou sans papiers qui pensent que leurs vies valent plus que les profits ;
à la jeunesse qui répond « résistance ! » quand on cherche à précariser son avenir ;
aux militant-es associatifs, syndicalistes, qui agissent au quotidien dans leurs quartiers ou entreprises ;
aux militantes et militants socialistes, antilibéraux, communistes, verts qui n’acceptent plus les recentrages, les reniements et les demi-mesures ;
aux militant-es anticapitalistes, révolutionnaires,
à toutes les organisations et courants politiques nationaux ou locaux, qui pensent qu’il est temps de se rassembler par delà les divisions anciennes ;
et surtout à celles et ceux qui jusque là n’ont pas trouvé de parti leur donnant suffisamment envie de s’engager…


Donnons-nous un parti qui s’approprie l’expérience des luttes d’hier et d’aujourd’hui, ouvrières, altermondialistes, internationalistes, écologistes, féministes, antiracistes. Un parti luttant contre l’exploitation, contre toutes les oppressions, les discriminations et pour l’émancipation humaine, individuelle et collective. Construisons un parti internationaliste qui refuse la politique de pillage des pays du Sud et la logique guerrière de la France, de l’Union Européenne et des Etats-Unis. Un parti indépendant, qui à l’inverse notamment du Parti Socialiste, refuse de cogérer ce système. Un parti en rupture avec le capitalisme et les institutions de la classe dominante. Un parti démocratique dont le projet permette à la population elle-même de diriger ses mobilisations pour demain être en mesure de diriger la marche de la société et de l’économie. Donnons-nous un parti pour inventer le socialisme du XXIe siècle.

Par cette adresse, nous voulons initier sans délai un processus constituant qui aboutisse à la fondation d’un nouveau parti anticapitaliste.

Dans les entreprises, sur les lieux de travail et d’étude, les quartiers, à tous les échelons, local, régional, national, l’heure est maintenant à nous organiser ensemble dans des comités d’initiative pour prendre en main la construction de cet outil collectif. Ces comités auront à se fédérer à tous les niveaux par ville, par département, par secteur, nationalement. Ils auront à prendre en charge tant leurs activités et interventions politiques que les discussions et initiatives visant à créer une réelle dynamique collective.

A partir des premiers bilans, forums locaux et rencontres nationales permettront d’élaborer un mode de fonctionnement démocratique, respectant la diversité des opinions et des parcours, d’ouvrir les travaux préparatoires au congrès de fondation du nouveau parti.

Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront. C’est maintenant à celles et ceux qui veulent « prendre parti » de décider ensemble, de construire ensemble !