Octobre 2021 : 7ème université d'Ensemble !

2 semaines 2 jours ago

L'interruption de l'été est en cours…

Pour autant on se prépare aux retrouvailles de la rentrée.

Nous avons tant de sujets à débattre !

Donc rendez-vous à la 7ème Université d'Ensemble !

C'est du 23 au 26 octobre 2021.

Au Village « Azureva », La Londe-les-Maures (Var)

On s'inscrit sans attendre !

Fichier attachéTaille Plaquette inscription489.06 Ko Type:  Article Vendredi, 16 Juillet, 2021 - 16:52 Université d'Ensemble!
François Calaret

Il est urgent que les brevets sur les vaccins soient levés !

2 semaines 4 jours ago

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Il est urgent que les brevets sur les vaccins soient levés !

Il est impératif que la couverture vaccinale de la population, ici et dans le monde, se généralise !

Il est indispensable que les soignant.es soient vacciné.es contre le Covid !

Comme l’été dernier, nous sommes sorti.es du confinement et nous ne souhaitons pas y retourner. Nous voulons oublier le plus vite possible ces dix-huit mois qui ont été si difficiles pour la population – à l’exception des milliardaires du CAC 40 rappelons-le ! Néanmoins, le risque lié au variant Delta apparu en Inde, plus contagieux (R0 estimé à 4), s’installe progressivement au niveau mondial comme au niveau national. La progression du variant Delta, fait de l’élargissement de la couverture vaccinale une priorité. En effet, on sait avec certitude que l’aspect d’une 4e flambée épidémique et l’impact qu’elle aura dépendent en grande partie de son étendue. Or, dans le même temps, alors qu’elle représente au plan mondial un enjeu sanitaire majeur dans cette perspective, la levée des brevets sur les vaccins contre le SARS-Cov2 n’est toujours pas défendue par la Commission Européenne, pas plus que par le gouvernement français, qui laissent se creuser les inégalités entre les pays les plus riches et les pays pauvres à la merci de nouvelles vagues épidémiques et de nouvelles mutations du virus potentiellement plus contagieuses et/ou meurtrières. Actuellement, dans une Tunisie largement privée de vaccins, où moins de 2% de la population totale a eu accès à la vaccination, l’épidémie fait rage avec des conséquences absolument dramatiques. La bataille pour la levée des brevets doit s'intensifier à l'échelle internationale et européenne, pour ces raisons de fond à la fois de l’ordre de la solidarité internationale et de la sécurité sanitaire mondiale.

En France l’accès aux vaccins n’est plus ce qui freine la vaccination et par conséquent la lutte contre la pandémie. La défiance envers la vaccination n’y est pas nouvelle, mais elle prend parfois une coloration «antisystème» qui se développe via les réseaux sociaux de façon puissante et s’infiltre dans certains secteurs se réclamant de la transformation sociale et écologique. Ces théories « antivax » sont pourtant – et cela est encore plus évident avec la crise du COVID-19 compte tenu des urgences immédiates auxquelles elle nous expose – dénuées de tout fondement sérieux dans les connaissances scientifiques actuelles. Il faut souligner également dans ce contexte que les individus qui présentent des facteurs de risque face au virus (les patients très âgés ou les patients immunodéprimés par exemple, notamment les cancéreux du fait de leur traitement) répondent moins bien au vaccin. Pour ces patients ou personnes âgées fragiles, la vaccination de celles et ceux qui les entourent et qui les assistent – et donc des soignant.es en premier lieu, mais pas seulement - répond à une prophylaxie qui est indispensable pour éviter leur contamination avec ses conséquences tragiques.

La défiance à l’égard de la vaccination marque l’étendue de la défiance vis-à-vis des institutions de santé, publiques ou privées (les grands laboratoires du « Big Pharma »), et du gouvernement, et également en ce qui concerne les soignant.es la défiance vis-à-vis de tutelles et d’un management qui ont multiplié les injonctions contradictoires mais toujours autoritaires, et qui sont au quotidien les acteurs d’une maltraitance généralisée des personnels de santé. Mais, alors que la ressource vaccinale est aujourd’hui la clé de la lutte contre une pandémie mondiale dont les effets sont toujours dévastateurs, il serait absurde de considérer le consentement à la vaccination générale comme un référendum pour ou contre Macron. La pandémie qui depuis un an et demi a fait des millions de morts , en particulier dans les pays du sud où le taux de vaccination est dérisoirement faible - et pour lesquels nous réclamons la levée des brevets – devrait suffire nous à convaincre. Au Brésil, où en une seule année il y a eu 523 000 morts, le président d’extrême droite, Bolsonaro, mène une campagne acharnée contre la vaccination. Sans parler de la situation de l’Inde, de la Tunisie, de l’Afrique du sud. Situation à comparer avec les résultats obtenus là où la vaccination a été largement répandue.

Là où le débat devrait porter sur l'urgence d'aller vers les oublié.es de la vaccination - les plus pauvres, les plus éloigné.es des grands centres de vaccination, les plus éloigné.es d'internet, les précaires, les Sans Domicile, les plus fragiles face au Covid-19 et les moins vacciné.es - devrait porter sur l'urgence de bâtir les gestes barrières avec les populations, et bien sûr sur la levée des brevets, il porte encore une fois après les annonces de Macron lundi 13 juillet, dans un nouvel acte de « gouvernance » solitaire de la crise, sur les décisions imposées d’en haut par un gouvernement délégitimé par sa gestion inefficace de l’urgence sanitaire. En France, le gouvernement est très largement responsable du retard pris par la vaccination. Au plan international il s’oppose à la levée des brevets. On ne peut que souligner qu'il cherche actuellement à se donner les apparences de la rigueur et de l'efficacité et à s'exonérer de ses responsabilités.

Face à lui, en même temps que l’exigence de la levée des brevets pour favoriser l’accès à la vaccination des populations des pays dominés et pauvres, c'est une politique de santé publique démocratique et égalitaire, contrôlée par la population, que nous devons défendre ensemble (soignant.es, enseignant.es, aidant.es, etc.). Une telle politique s'adresserait à toute la société et pas seulement aux individus pris isolément, car c'est de la protection de la population dans sa totalité dont il doit être question. Elle inclut nécessairement aujourd’hui l’accès pour tou.tes à la protection sanitaire globale assurée avec le plus d’efficacité et le moins de risques par les vaccins.

Depuis plus d’un an les soignant.es ont fait face, avec énergie et dévouement, à une crise sanitaire d’une ampleur et d’une gravité sans précédent depuis très longtemps, sans matériel adapté parfois, souvent sans protection, ce qui a impliqué des malades et des décès en nombre important dans leurs rangs. Ils sont encore largement plongé.es dans cette crise et en subissent toujours les conséquences. La réponse du gouvernement à leurs revendications, notamment après le premier confinement au moment du «Ségur de la santé», a clairement été une trahison et un déni massif non seulement des sacrifices consentis, mais des besoins considérables que la crise a soulignés. Elle a même comporté une part d’humiliation quand un « effort » supplémentaire leur a été demandé par Macron entre la 2e et la 3e flambée de l’épidémie en France.

Or, selon la Fédération hospitalière de France, la vaccination des soignants plafonne à 64 % à l'hôpital et à 57 % dans les EHPAD. Selon Libération à l'AP-HP, 91% des médecins mais seulement 51% des infirmier.es et aides soignant.es sont vaccinés. Des chiffres sous-évalués, issus de la médecine du travail, qui ne comptabilisent pas les soignants vaccinés en ville ou en « vaccinodrome ». Mais des chiffres qui témoignent d’une résistance forte à la vaccination de la part des soignant.es, notamment parmi les catégories les plus exploitées et les plus mal rémunérées. Dans ces conditions la confiance dans les autorités de santé publique ne peut pas être restaurée sans une réforme radicale du système de santé impliquant en premier lieu une revalorisation salariale massive, l’amélioration immédiate des conditions de travail et l’arrêt des politiques de fermeture de lits et de services et de destruction de l’hôpital public. Mais l’élargissement de la couverture vaccinale, comme enjeu majeur de santé publique, si elle doit être articulée aux exigences liées à la défense du service public et des travailleuses et travailleurs de la Santé, ne peut pas leur être subordonnée. C’est non seulement  une mesure de protection immédiate pour les soignant.es, s’ils/elles ne présentent pas une immunité acquise encore suffisante, la meilleure depuis le début cette crise, mais elle est évidemment une mesure de protection absolument nécessaire pour leurs patient.es, et pour le système de santé en général.

Par conséquent, aucun argument ne permet de justifier le refus d’être vacciné.e parmi les personnels de santé et d’accompagnement, sauf bien entendu contre-indication médicale, alors qu’ils/elles sont au contact de patient.es vulnérables. Cela contredirait les impératifs de santé qui sont indissociables pour nous de l’existence et du fonctionnement du service public que nous défendons. C’est la responsabilité des forces progressistes et des organisations du mouvement social de le rappeler. Les seules raisons valables de ne pas se vacciner volontairement sont les contre-indications médicales et il est nécessaire que tou.tes les soignant.es pour qui elle n’est pas contre-indiquée soient vacciné.es dans les plus brefs délais. Il est juste que les usagers des hôpitaux et des EHPAD reçoivent cette garantie de la part du système de soin. Quoiqu’on pense des mesures autoritaires prises par le gouvernement, on ne voit pas bien sur quelle base rationnelle pourrait longtemps être défendu un « droit » individuel à ne pas être vacciné.e en tant que soignant.e alors que de tels enjeux de protection des patient.es sont en jeu.

Bien sûr, pour que l’impératif de la vaccination se concrétise, parmi les soignant.es comme parmi la population dans son ensemble, il faut de la pédagogie et une implication des travailleuses/travailleurs de la santé et des citoyen.nes elles/eux-mêmes. En ce qui concerne les soignant.es, il faut en premier lieu sortir de la stigmatisation - notamment par une vaccination générale élargie aux professions de service public en contact rapproché et prolongé avec les usager.es (les enseignant.es notamment) - et faciliter encore l’accès à la vaccination sur les lieux mêmes de l’activité en accordant également à chacun.e les 24 heures de congé nécessaires sans prélèvement du jour de carence. Les syndicats qui défendent le service public et l’intérêt des salarié.es et tou.tes celles et ceux qui ont dénoncé les scandales de santé publique - comme Irène Frachon qui joua un rôle décisif de lanceuse d’alerte dans l'affaire scandaleuse du Mediator et qui tout en comprenant « la confusion et la défiance (…) » déclare que « la rigueur, l'analyse démontrent de manière évidente les bénéfices massifs de cette vaccination » - doivent pouvoir prendre la parole et favoriser le débat dans le but de convaincre. Une telle démarche souligne par ailleurs à nouveau l’urgence de rompre avec le cadre antidémocratique, exclusif et opaque de gestion de la crise qui nous a été imposé par le gouvernement au travers d’un conseil de défense soumis à l’exécutif, sous le couvert d’une Loi Urgence qui désarme le parlement et les citoyen.nes. Cette démarche réclame aussi une campagne d’information populaire, sérieuse et large, impliquant les organisations de la société civile et le mouvement syndical, qui éclaire les enjeux de la vaccination de masse pour l’intérêt général et qui les rende accessibles à la population dans son ensemble.

Enfin, la vaccination générale des soignant.es ne doit pas être dissociée de la vaccination de la population dans son ensemble. Cela passe par un « aller vers » - les personnes âgées et/ou isolées, les précaires, les publics fragiles, etc. - en milieu rural comme en milieu urbain . Cela suppose une vaccination généralisée à toutes les classes d’âges susceptibles d’être vaccinées. Cela implique enfin le développement intense de la solidarité internationale face à la crise Covid et à l’urgence vaccinale, et des initiatives permettant de porter et d’imposer l’exigence minimale de la mise sous licence publique des différents vaccins disponibles.

 

Le groupe de réflexion sur la crise sanitaire d’Ensemble et d’Enseemble Insoumis (chercheur.es, praticien.nes et militant.es)

Type:  Article Mercredi, 14 Juillet, 2021 - 09:59 Santé
François Calaret

Déclaration du Collectif National d'Ensemble

3 semaines 5 jours ago

La première leçon du 1er et du 2ème tour des élections régionales est l’abstention massive : les deux tiers des électeurs-trices ne sont pas allés voter.  Notamment chez les jeunes, les ouvriers-ères, les couches populaires. Cela dénote une aggravation de la crise de la démocratie représentative. C’est le signe d’un désintérêt de l’offre politique et de mécanismes démocratiques qui s’affaiblissent jusqu’à perdre leur sens.

De multiples raisons peuvent expliquer cette abstention massive :

- certaines sont conjoncturelles : la crise sanitaire qui démobilise, la méconnaissance du rôle respectif des nouvelles régions et des départements, après les lois de 2015, qui éloignent ces institutions de la population ;

- d’autres sont plus anciennes et structurelles : la perte de sens des mécanismes démocratiques, avec le présidentialisme exacerbé, la perte de crédibilité des propositions politiques après les expériences des gouvernements précédents…

Nous avons l’obligation d’une réflexion nouvelle et plus approfondie sur cette situation. L'enjeu est de taille. Plus que jamais, c'est une nouvelle République sociale, écologique et démocratique qu'il faut promouvoir. Dans les derniers mois, les urgences sociales et écologiques appelaient des réponses en lien avec les luttes. Mais les mouvements sociaux ont rencontré des difficultés à marquer la scène politique. Cependant la lutte des artiste, intermittent-es et précaires du monde de la culture a permis d’aider à mettre la situation des chômeurs-euses et précaires en visibilité politique, avec le combat contre le décret inique du gouvernement (journée de lutte, notamment le 23 avril). La réforme du statut d’EDF (plan Hercule) a également fait l’objet de campagnes et mobilisations unitaires, syndicales, associatives et politiques. Pour des raisons comparables au taux d’abstention, il a été très difficile d’appuyer la bataille électorale des régionales et départementales sur des assemblées citoyennes locales ouvertes-comme ce qui a existé dans certains endroits aux municipales. En effet, les assemblées citoyennes ne se décrètent pas. Le gouvernement et la société cultivent le « chacun pour soi » et ne facilitent pas le collectif indispensable pour construire un autre avenir. Le fossé peut encore s’agrandir entre le « politique » et une majorité de la population qui ne se reconnaît pas dans ce qui lui est proposé et qui ne croit plus qu’« un autre monde soit possible », ou qu’il  passe par les voies politiques anciennes. Malgré les difficultés, il faut cependant continuer à tenter de renouveler les modes de mobilisation politiques.

Dans ce contexte de faible participation, il est difficile de tirer des conséquences précises quant aux rapports de force politiques. Le champ politique est très déstabilisé.  La bonne nouvelle (contredisant les sondages) est la défaite du RN qui n’a ravi aucune région et vu ses scores très affaiblis. Beaucoup d’électeurs du RN ne se sont pas déplacés.  Mais ce serait beaucoup trop hâtif d’en déduire que c’en est fini des dangers que l’extrême droite fait courir, y compris pour 2022.  D’autant plus que la domination idéologique des thèmes de l’extrême droite perdure dans le champ politique. La LRM a également subi une défaite importante, et « en même temps » les manœuvres politiciennes et cyniques de Macron (installation  du duo Macron Le Pen comme le seul crédible).  Les implantations locales du PS et des droites « classiques » (LR) ont maintenu leurs positions acquises en 2015. La LR parvient cependant la surmonter provisoirement sa crise en mettant sur orbite des « présidentiables » qu’il lui faudra (difficilement) départager. Les listes d’union de la gauche ou de la gauche radicale peinent à percer, même si les querelles de leadership rebondissent entre le PS et EELV. Ensemble ! se félicite de la dynamique de campagne en Ile-de-France autour de Clémentine Autain et du score obtenu (10,24%) en hausse par rapport au FDG de 2015 (6,6). L’annonce très tôt dans sa campagne de la nécessité de se rassembler pour battre Pécresse a joué un rôle pour la faciliter, et cumuler les résultats du premier tour, sans malheureusement créer une dynamique nouvelle à même de battre Pécresse, qui a mené une campagne haineuse et calomnieuse pour briser cette unité. Ensemble ! salue la campagne et le résultat de Myriam Martin, tête de liste LFI en Occitanie, et dénonce les menaces qu’elle a subies de la part de l'extrême droite durant la campagne. Il faut féliciter les électeurs-trices de l’Ile de la Réunion qui ont fait basculer l’Ile à gauche ! Au total, toutes les forces de gauche et de l’écologie politique demeurent très divisées. Mais le champ politique est loin d’être stabilisé. Tout n’est pas écrit d’avance. Les résultats indiquent qu’au-delà des pratiques des appareils il y a un désir de gauche et d’écologie dans la population plus important que ce qui était envisagé. 

Des mobilisations sociales nouvelles peuvent surgir (exemple : contre une réforme des retraites) et changer la donne. Il est urgent de créer des dynamiques locales et nationales avec toutes les forces, politiques, syndicales, associatives, citoyennes (par exemple dans le cadre des appels citoyens), pour imposer une démocratie active et définir un contrat de législature pour 2022. Il s’agit aussi d’agir contre toutes les discriminations, pour l'égalité femmes/hommes, la transition écologique, la régularisation des sans-papiers avec des exigences immédiates permettant de lutter contre le chômage, la pauvreté, la précarité, les inégalités, la chasse aux migrants, le racisme.

A quelques mois des présidentielles et législatives de 2022, le débat est lancé dans ENSEMBLE ! Le mouvement définira son orientation pour ces échéances dans le courant du mois d’octobre Le Collectif National des 3 et 4 juillet appelle les collectifs et adhérent.es à contribuer au débat tout au long de l’été. Le CN de début septembre aura un débat sur la base de ces textes. Sur la base d’une proposition de l’EAN, il décidera de la manière dont le mouvement déterminera son orientation (consultation des adhérent.es, consultation des collectifs, décision du CN…) pour la période marquée par les séquences électorales de 2022 et les autres éléments de la situation.

Déclaration adoptée le 4 juillet 2021.

Type:  Article Mardi, 6 Juillet, 2021 - 14:44 Nos communiqués
François Calaret

CATALOGNE : LES 9 PRISONNIERS POLITIQUES INDÉPENDANTISTES SORTENT ENFIN DE PRISON !

1 mois ago

 

SOUTIEN AU PEUPLE CATALAN POUR SON DROIT A L’AUTODÉTERMINATION

Pedro Sanchez (président PSOE du gouvernement espagnol) dans un discours lundi 21 juin à Barcelone annonçait une mesure de grâce (indulto) pour les 9 prisonniers et prisonnières politiques catalan.e.s condamné.e.s à des peines allant de neuf ans à treize ans de prison et en ayant déjà accompli trois ans... de trop. Pour avoir organisé unilatéralement et pacifiquement le référendum d'autodétermination du 1er octobre 2017 , Ils et elles ont été arrêté.e.s sous le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, puis condamnés pour « sédition » avec la bénédiction de la droite, de l’extrême droite mais aussi du PSOE. Deux jours après ce discours de Sanchez, ils ont été libérés mercredi 23 juin après que le roi, qui joue un rôle institutionnel en Espagne, a signé cette mesure de grâce. Désormais, ils sont libres et c'est une grande joie et une première victoire que de retrouver libres les dirigeants de grandes associations culturelles (ANC, OMNIUM) et ces ancien.ne.s élu.e.s et ministres du gouvernement catalan .Cette première victoire est à mettre en parallèle avec la colère des partisans de la droite (PP) et de l’extrême droite  de Vox, qui avaient appelé à une manifestation nationale dimanche 20 juin, qui n' avait pas eu le succès attendu.

Cependant, cette mesure de grâce est conditionnelle : elle peut être retirée par les juges et ils et elles sont frappés « d'inhabilitaton » à certaines fonctions publiques et électives.Surtout cette mesure ne résout pas la question politique de fond posée par la crise catalane où une majorité (près de 52 % aux dernières élections de février) vient de reconduire un gouvernement indépendantiste à la tête du Parlement catalan après un accord conclu entre ERC et la CUP, suivi du vote de Junts x Cat. Le programme de gouvernement signé au départ par ERC et la CUP  prévoyait simultanément des mesures sociales urgentes (arrêt des expulsions locatives, test d’un revenu social de base, emplois dans la fonction publique, investissements sociaux, suspension de l’usage des Flashball, mesures d’égalité et de défense de l’environnement, etc.) ; l'arrêt de la répression judiciaire et le respect de droits politiques d'expression, de manifestation et d’autodétermination. Après des tensions, les libéraux de Junts ayant intégré le gouvernement à des postes régaliens, comme l’a réclamé la CUP, qui ne participe pas à l’exécutif, on attend la concrétisation de ces engagements.

Il y a toujours prés de 3 000 personnes inculpées pour participation au référendum et à d’autres manifestations, dont 700 maires.Cela éclaire  la nature très politique de la justice espagnole et de son Tribunal suprême toujours marqué du sceau du franquisme. Le Conseil de l'Europe lui-même s'en est ému et vient parallèlement à la mesure de grâce, de voter très majoritairement une résolution condamnant le caractère disproportionné de cette répression de l'Etat espagnol et le caractère erroné de certains de ses fondements dont la « sédition », tout en condamnant le référendum du 1er octobre.

C'est  une partie de billard à plusieurs bandes qui se joue sur le plan politique : Pedro Sanchez a besoin des voix des indépendantistes catalans et basques pour garder une majorité au Parlement national espagnol et s il peut, par la même occasion, tente de diviser le camp indépendantiste en Catalogne . Il sait bien aussi que tant les instances de l'Union européenne comme les milieux économiques en Catalogne et dans tout l'Etat espagnol, ont besoin d’un apaisement de la crise catalane qui ébranle la Constitution de 1978 et complique les affaires. Ainsi la crise post-Covid qui s'annonce avec ses plans sociaux massifs et l'augmentation des licenciements et de la précarité, notamment parmi la jeunesse, valent bien un « toilettage » des aspects les plus répulsifs de cette Constitution pour en garder l’essentiel. N'est-ce pas ce qui est aussi à l’œuvre avec cette mesure d' « indultos » ?

Pour que la crise catalane se résolve sur le terrain politique, en quittant le terrain judiciaire, il s'agit d'obtenir la mise en œuvre de mesures de justice sociale et bien sûr aussi de justice tout court, mais d'une tout autre ampleur. Elles passent par le retour des exilé.e.s ; l'arrêt des poursuites contre les inculpé.e.s, par une amnistie générale. Il faut aussi une réponse politique à l'aspiration démocratique du peuple catalan qu'exprime la revendication d'indépendance qui se heurte frontalement à la Constitution à démocratie limitée de 1978. L'organisation d'un référendum légal, comme cela se pratique pour l’Écosse et que certain·es prônent en Catalogne, qui permette au peuple catalan d'exprimer sa souveraineté et de discuter du cadre dans lequel l'exercer avec les autres peuples de l'Etat espagnol (fédéralisme, confédéralisme ou autre solution) serait-elle  un chemin à explorer ? En tout cas, c'est au peuple catalan d'en décider.

Le peuple catalan peut compter sur la poursuite et le renforcement de notre solidarité active.

Commission Etat espagnol d'ENSEMBLE !

Type:  Article Vendredi, 25 Juin, 2021 - 09:40 Nos communiqués International
François Calaret

Macron en échec, une alternative s’impose !

1 mois 1 semaine ago

La juge des référés du Conseil d’Etat suspend le décret sur le recalcul à la baisse des allocations des précaires au 1er juillet. Le Conseil d’Etat se prononcera sur le fond dans quelques mois : la réforme de Macron et Borne ne peut s’appliquer. C’est le cœur de la politique par la contrainte vis à vis des chômeurs qui ne pourra pas être mis en œuvre.

C’est une victoire pour celles et ceux qui se sont battus contre ce décret scélérat.

Mais le jugement va plus loin : il met en cause explicitement le discours sur la reprise de l‘emploi, son choix en faveur du patronat d’un déséquilibre entre le report des mesures de sur-cotisations des employeurs (bonus-malus) et l’application immédiate des  nouvelles règles de calcul , ces dernières sont qualifiés ainsi par le conseil d’Etat elles «  pénaliseront de manière significative les salariés de ces secteurs, qui subissent plus qu’ils ne choisissent l’alternance entre périodes de travail et périodes d’inactivité ».

Fort de ce succès, la lutte doit continuer pour l’abrogation complète de la réforme Pénicaud, et en particulier toutes les limitations des droits et le contrôle arbitraire des chômeur.euses.

Ensemble sera dans ce luttes pour des mesures d’urgences qui permettent de répondre à la situation dramatique des chômeur.euses, précaires et pauvres et aller vers la généralisation d’une sécurité sociale contre le chômage

Type:  Article Jeudi, 24 Juin, 2021 - 09:01 Nos communiqués Luttes sociales
François Calaret

Premier tour des élections régionales et départementales

1 mois 1 semaine ago

La première leçon du 1er tour des élections régionales est l'aggravation de  la crise de la démocratie représentative. 33 millions d'électrices et d'électeurs, dont 80% des jeunes de moins de 25 ans, qui ne se sont pas déplacés, c’est le signe d’un blocage de l’offre politique et de mécanismes démocratiques qui s’affaiblissent jusqu’à perdre leur sens. Les urgences sociales et écologiques appelaient des réponses en lien avec les luttes et appuyées sur des assemblées citoyennes locales ouvertes.

L'enjeu est de taille. Plus que jamais, c'est vers une nouvelle république qu'il faut aller.

La défaite cuisante de toutes les candidatures présentées par le gouvernement, y compris les ministres envoyés au front pour limiter la casse, confirme le rejet du pouvoir macroniste et un échec de sa stratégie.

Le RN ne réalise pas la percée annoncée et enregistre des scores plus faibles qu’en 2015, c'est une bonne nouvelle. Reste qu'en PACA le candidat du RN, Thierry Mariani est en position de pouvoir gagner. Il faut tout faire pour lui barrer la route !

Dans ce contexte de faible participation populaire les sortants sont favorisés, ce qui devrait permettre au PS de conserver ses régions. Le phénomène va au-delà de la prime aux sortants pour la droite LR, qui sort nettement renforcée.  Si elle parvient à s'unir autour d'une candidature commune, elle peut envisager 2022 en meilleure position.

Le PS sort renforcé à gauche, mais les listes d'union de la gauche ou de gauche radicale peinent à percer.
Même si le niveau de l'abstention rend difficile de tirer des conclusions définitives en termes de rapport de force,  les résultats montrent que le champ politique n’est pas stabilisé et que la configuration de l’élection présidentielle s'avère incertaine.

Ensemble ! se félicite de la dynamique de campagne en Ile-de-France autour de Clémentine Autain, et du score obtenu (10,24%) en hausse par rapport à 2015. C'est un point d’appui pour la suite. Au  2e tour, la fusion des 3 listes rend possible une victoire face à Valérie Pécresse. Ensemble ! salue  la campagne et le résultat de Myriam Martin, tête de liste en Occitanie., et dénonce les menaces qu’elle a subies de la part de l'extrême droite durant la campagne.

Au deuxième tour, Ensemble ! appelle à voter pour les listes de gauche et de la gauche écologiste partout où c'est possible.

Alors que la crise sociale et écologique s’approfondit de jour en jour, il est plus que jamais nécessaire d'imposer une dynamique où toutes les forces politiques,sociales, citoyennes s'allient pour  conjurer les crises et imposer la rupture démocratique que les circonstances exigent.

Type:  Article Mardi, 22 Juin, 2021 - 15:10 Nos communiqués Elections
François Calaret

Nicaragua : bas les masques !

1 mois 1 semaine ago

Depuis 15 jours, les arrestations des militant.e.s et responsables politiques se multiplient au Nicaragua. Après la féroce répression du soulèvement populaire de l’été 2018 (plusieurs centaines de morts, plusieurs dizaines de milliers d’exilé.e.s), le gouvernement de Daniel Ortega et Rosario Murillo avait entretenu la légende d’un retour à la normale, tout en renforçant son contrôle des opposants, des médias libres et des mouvements sociaux et en poursuivant une répression à bas bruit. Surveillance, arrestations, disparitions, assassinats, perquisitions, mises en résidence surveillée, fermeture de médias et d’organisations étaient le lot quotidien de toutes les oppositions. Après avoir atteint un pic de 700 prisonnières et prisonniers politiques, plus de 120 croupissent toujours dans les geôles de la dictature.
En même temps, le régime prépare les élections générales de novembre prochain en faisant voter, dès fin 2020, par un parlement aux ordres une série de lois liberticides, afin de museler toute opposition susceptible de menacer la réélection du candidat-dictateur : loi sur la cybersécurité, loi sur les « agents étrangers », et loi dite de « défense des droits du peuple ». 
C’est en application de ces lois scélérates qu’ont été arrêtées depuis deux semaines des figures marquantes de l’opposition à la dictature.

4 candidat.e.s potentiel.le.s et les principaux responsables de l’opposition emprisonnés

Le week-end des 5 et 6 juin étaient emprisonnés pas moins de quatre candidat.e.s potentiel.le.s à la présidentielle et plusieurs personnalités, ainsi que les principaux responsables de l’opposition. Cette première vague a été suivie d’une seconde le week-end des 12 et 13 juin, qui a visé cette fois d’anciens militant.e.s et responsables de la lutte contre la dictature somoziste et de la révolution sandiniste. A ainsi été arrêtée Dora Maria Téllez, qui fut l’une des responsables de l’assaut du parlement somoziste en 1978, à la tête de l’un des fronts de l’insurrection, puis ministre de la Santé pendant la révolution sandiniste.
Hugo Torres, autre figure historique de la guérilla et général à la retraite de l’armée sandiniste, était arrêté le même jour. Puis, Victor Hugo Tinoco, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, a été arrêté dimanche matin.

Nous dénonçons la fuite en avant de la dictature Ortega-Murillo.

Nous exigeons la libération immédiate de toutes les prisonnières et prisonniers politiques, l’abandon des poursuites, le rétablissement des libertés civiques et d’expression, la vérité et la justice pour les crimes commis par la dictature Ortega-Murillo. Sans ces mesures, la tenue d’élections libres sera tout simplement impossible.
Face à cette répression redoublée, nous réaffirmons tout notre soutien au peuple et aux mouvements sociaux du Nicaragua.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la liberté et à la démocratie à apporter leur soutien aux Nicaraguayennes et aux Nicaraguayens.

Rassemblement à Paris le 19 juin 2021
à 16h - Place de la République

Type:  Article Vendredi, 18 Juin, 2021 - 13:56 International
François Calaret

Que signifie l’élection de Pedro Castillo au Pérou ?

1 mois 3 semaines ago

Pedro Castillo est, au moment d’écrire cet article, en tête de 70 000 voix sur son adversaire Keiko Fujimori (sur 17 500 000 de votes exprimées, soit un score de 50,19 %). Sauf coup de force institutionnel, il devrait être investi Président du Pérou. Que représente sa victoire électorale? Quel programme incarne-t-il ? Quelles sont ses marges de manœuvre ? Voici quelques éléments pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis au moment d’analyser la situation dans ce grand pays andin.

Pedro Castillo a viré en tête du premier tour avec moins de 20 % des suffrages au premier tour, suivi de sa rivale, « Keiko », candidate pour la troisième fois, et qui a rassemblé 15 % des suffrages.

Le fujimorisme

Keiko Fujimori a été désigné par son père Alberto comme sa successeure pour incarner le populisme néolibéral que les péruviens connaissent comme le fujimorismo.

Président de 1990 à 2000, Fujimori père fut un Président autoritaire, s’appuyant sur des escadrons de la mort pour, au prétexte de lutte militaire contre la guérilla du Sentier Lumineux, s’en prendre à toutes les oppositions sociales et politiques, aux populations indigènes, aux droits de la presse... Il purge actuellement une peine de prison pour corruption et meurtres au Pérou.

Il reste un personnage d’influence politique majeure au Pérou en raison de sa défense intransigeante du marché et des acteurs du capitalisme dépendant péruvien, mais aussi de sa politique ayant installé la corruption comme une donnée presque normale de la politique péruvienne.

Keiko Fujimori incarne la continuité de cette politique. Celle d’une corruption sans vergogne qui a mené la justice péruvienne à demander son incarcération,ce jeudi 10 juin, suite à la violaton des mesures d’interdiction de rencontrer des témoins dans l’affaire de corruption et blanchiment dans l’affaire Oderbrecht, du nom d’une grande entreprise brésilienne du bâtiment qui aurait versé pas loin d’un milliard de dollars pour financer plusieurs campagnes électorales en Amérique Latine.

Celle aussi de la défense constante du capitalisme péruvien et d’une alliance économique avec le capitalisme chinois et étasunien. Celle enfin, d’incarner une digue face à la supposée menace du « castro-chavisme », du « communisme » qu’incarnent tous ceux qui propose une once de redistribution des richesses et un retour de politiques publiques tournées vers les masses exclues des politiques néolibérales.

Qui est Pedro Castillo ?

Pedro Castillo est de ceux là. Issu d’une famille pauvre, il est instituteur et syndicaliste. En 2017, il mène une grève de l’enseignement qui pousse le gouvernement de l’époque à accorder des hausses de salaire et, de fait, remet la question des politiques sociales sur le devant de la scène.

Proposé candidat par ses pairs, il doit s’affilier à un parti politique et choisit Peru Libre, une formation marxisante dont les dirigeants ne peuvent se présenter. Menant une campagne médiatiquement discrète mais très ancrée dans les territoires périphériques, il se hisse à la première place du premier tour, à la surprise générale. Les commentateurs péruviens accordent à son image d’homme du peuple, non issu du monde politique, une raison majeure de son ascension électorale.

Loin d’être un candidat révolutionnaire ou issu de la poussée des gouvernements de gauche au début du XXI° siècle dans la région, il met en avant la nécessité de politiques sociales pour diminuer l’extrême pauvreté. Son emblème électoral, un crayon, signifie l’importance qu’il accorde à un service public d’enseignement qui permettent à tous d’accéder au savoir.

Le plan de gouvernement qu’il a annoncé au mois de mai comprend, outre un plan de lutte contre la pandémie COVID, le subventionnement des PME et la lutte contre les importations qui font de la concurrence déloyale, un nouveau mouvement de relance agraire et un mécanisme préférentiel pour les productions nationales et andines, l’augmentation des impôts des entreprises qui font des super-profits. Enfin, la mesure la plus emblématique d’un point de vue démocratique est la convocation d’un référendum afin d’entamer une réforme de la constitution issue de la période Fujimori.

La gauche radicale péruvienne s’était plutôt organisée derrière Veronika Mendoza. Plus classe moyenne, « Veronika » avait déjà été élue députée en 2016 et avait réuni 19 % des suffrages en 2016 lors de sa première candidature présidentielle. Féministe, défenseure des populations indigènes, elle affichait plus volontiers une orientation de rupture jusqu’à cette campagne présidentielle ou elle recentra son discours pour gagner la classe moyenne. Pari perdu, avec 8 % des suffrages, elle a finalement appelé du bout des lèvres à voter Castillo contre Fujimori.

Du bout des lèvres, car si la campagne de Castillo a soulevé l’enthousiasme des populations les plus pauvres, qu’elle a réussi à unir tout ce que le pays compte de forces hostiles à la droite et au fujimorisme, il n’en demeure pas moins des prises de position qui inquiètent légitimement nos alliés péruviens : hostilité à l’IVG, au mariage homo, ouvertement proche de courants religieux conservateurs, il n’a cessé par ailleurs de donner des gages de respect de la propriété privée et des équilibres politiques du pays.

Que peut-on attendre de cette élection ?

Comme souvent en Amérique latine, ce ne sont pas les processus institutionnels qui déterminent les agendas politiques. Très mal élu à la présidentielle, avec une force parlementaire qui représente un quart du Parlement, dans un pays très bien tenu par la droite et les forces armées, il y a peu à attendre de ce côté là. Même s’il en avait la volonté, les marges de manœuvre sont minimes pour qui voudrait transformer le pays par la voie électorale. Au premier pas de travers, il risque le renversement.

Ce qui est remarquable dans sa victoire, c’est qu’en plus de regrouper le pays contre le fujimorisme, il le fait en incarnant une sorte de vote de classe, ce qui est une nouveauté dans l’histoire récente du pays. Le dernier candidat « alternatif » au système qui gagna la présidentielle, Ollanta Humala, ne bénéficiait pas de cette base de classe. Militaire de carrière, il se fit rapidement retourner comme une crêpe en acceptant de rentrer dans un pacte de corruption et de poursuivre les politiques d’inspiration néolibérale.

Si Lima vote aux deux tiers pour Fujimori, certaines régions excentrées, aux populations paysannes , indigènes, ou citadines paupérisées, ont voté jusqu’à 80 % pour Castillo. Le vote Castillo, en plus d’être anti-Fujimori, est une forme de soulèvement électoral de tous les exclus du néolibéralisme.

C’est dans cette dynamique là qu’on peut espérer que des luttes sociales,qu’elles soient ouvrières, indigènes ou paysannes, puissent contribuer à améliorer le rapport de forces en faveur des politiques anti-impérialistes et d’émancipation. Mais il faudra qu’elle soient particulièrement unifiées et puissantes pour faire céder le pouvoir et permettre au nouveau Président de se départir de sa posture de respect des institutions. Et pour pouvoir s’unifier, il sera nécessaire que Castillo ouvre les portes de son alliance à la jeune génération militante féministe, indigéniste qui fait un travail remarquable depuis une dizaine d’années dans les grandes villes du pays. Sans cette unité et cette alliance, nul doute que le pouvoir de la droite sera déterminant pour faire échouer les tentatives de réforme qu’il pourrait mettre en œuvre.

Sebastien Ville

Type:  Article Jeudi, 10 Juin, 2021 - 11:07 International
François Calaret

Le 12 juin : Pour nos libertés et contre les idées d’extrême-droite

1 mois 4 semaines ago

Pour nos libertés et contre les idées d’extrême-droite

Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant.

S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale.

Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante.

Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite (www.marchedeslibertes.com), nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestation et de mobilisations qui se déclinera localement.

Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.

Les premiers signataires :

Syndicats : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats De France, Syndicat de la Magistrature, UNEF (Union nationale des Étudiants de France), UNL (Union nationale des Lycéens), Fidl, MNL (Mouvement national Lycéen), FSE (Fédération Syndicale Etudiante, l’Alternative, Confédération Paysanne, USP (Union Syndicale de la Psychiatrie), CNT-SO, CGT-Police, Résilience France, SNMPMI (Syndicat National des Médecins
de Protection Maternelle et Infantile)

Associations et collectifs : Attac, LDH, FCPE, Fondation Copernic, Oxfam, Alternatiba, Amis de la terre, Résilience commune, DAL, CNL (Confédération nationale du Logement), Comité justice pour ibo, Emancipation collective, Rencontre des justices, Coexister, CRAN, SOS Racisme, QNQF (Quartiers nord, Quartiers forts Marseille) , Observatoire National contre l’extrême droite, MRAP, association ViSA, Femmes égalité, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif féministe Les Rosies, Les effronté.e.s, JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) , AFPS, Conseil démocratique Kurde France, FTCR, CRLDHT, UTAC, France Amérique Latine, La Jeune Garde (Lyon, Strasbourg et Paris), Université Ouverte, Unis pour le climat et la biodiversité, collectif Police Contre la Prohibition, Youth For Climate, Changer de Cap, Compagnie Jolie Môme, Mémoire Traumatique et Victimologie, Héro.ïnes95, Union des Femmes Socialistes de Turquie, La Maison des Femmes de Montreuil, CNAJEP, Les États généraux des migrations, la Libre Pensée, Les Francas

Médias : Regards, L’Humanité, Politis, Contretemps, Le Media, Blast

Organisations politiques : ENSEMBLE !, Génération.s, La France Insoumise, EELV, GDS, Nouveaux Démocrates, NPA, Place Publique, le Parti de Gauche, Nouvelle Donne, les jeunes écologistes, MJCF (Mouvement des Jeunes Communistes), UEC, PEPS, Jeunes Génération.s, Rassemblement Communiste, UCL (Union Communiste Libertaire), PCOF, MdP (Mouvement des progressistes)

Informations et contact : appelpourleslibertes@gmail.com

Type:  Article Jeudi, 3 Juin, 2021 - 16:09 Politique
TheStyx

«On ne négocie pas avec l’extrême droite»

2 mois ago

 

L’air du temps fait frémir.

La planète étouffe, les pays pauvres n’arrivent pas à contenir la pandémie, un grand carnage social est en cours dans notre pays où l’on nous promet encore une nouvelle baisse des droits au chômage et à la retraite…

Et pourtant, tout fonctionne comme si l’insécurité et le terrorisme étaient nos seuls problèmes.

Bien sûr, celui ou celle qui affirmerait que les préoccupations autour de ces questions sont infondées ferait preuve d’une terrible irresponsabilité.

Ce n’est pas la députée de Seine-Saint-Denis que je suis qui dira le contraire, qui niera les dangers.

Mais la survalorisation de ces thèmes dans le traitement de l’actualité, dans le débat politique, et surtout la façon dont ils sont abordés, suggérant l’immigration comme origine de tous ces maux et toujours plus de répression, de contrôle et de fermeture au monde comme solutions, fait le lit de l’extrême droite.

Ce climat préfasciste appelle une réplique ferme et cohérente.

En France comme ailleurs, la violence répressive publique a-t-elle permis de faire reculer la violence privée ? Non.

La surveillance généralisée a-t-elle effacé la délinquance, éradiqué à leur source les trafics à grande échelle, rendu la vie plus douce dans nos sociétés meurtries par les difficultés sociales, déchirées par la concurrence, empoisonnées par la religion de la possession ? Non.

C’est d’abord le recul de l’Etat protecteur et la somme incommensurable des promesses non tenues qui a stimulé la défiance à l’égard de l’Etat et des autorités.

C’est le reflux général du bien commun qui a généré, partout, le repli sur soi et la peur de l’autre.

A gauche, nous aurions tort de ne pas l’affirmer, de baisser la garde et de valider les présupposés des droites dures qui se sentent pousser des ailes.

Sortir de la sidération

Il faut sortir de la sidération devant l’incroyable main basse de l’extrême droite sur toutes les angoisses que l’univers de l’argent et la technocratie ont engendrées.

C’est le FN, puis le RN, qui depuis des décennies nous explique que tous nos malheurs viennent de l’ouverture sur le monde, que nous devons nous protéger du déferlement des pauvres, que la «priorité nationale» est le remède premier.

Ce sont eux qui nient la dégradation de l’environnement comme urgence absolue.

Ce sont eux qui installent la conviction que l’égalité n’est plus la question centrale, l’identité ayant pris sa place.

Ce sont eux qui ont imposé le postulat que l’ordre et l’autorité sont l’alpha et l’oméga de toute vie sociale, et non la mise en commun et la révolution de la citoyenneté.

Les trois droites sont désormais alignées

Les trois droites sont désormais alignées sur l’agenda de leur partie extrême.

Sans surprise, LR court derrière le RN.

Sans fard, LREM emboîte le pas.

Aux avant-postes d’une stratégie dangereuse visant cyniquement à siphonner les voix de la droite traditionnelle, le ministre de l’Intérieur n’y va pas avec le dos de la cuillère :

Marine Le Pen jugée trop molle sur la sécurité,

confiance première dans les propos du boucher-charcutier de Tourcoing plutôt que dans les données de l’Insee,

participation à une manifestation de policiers aux revendications anticonstitutionnelles, comme les peines planchers, devant l’Assemblée nationale contre toute logique de séparation des pouvoirs…

Et à un mois du scrutin régional, plainte contre une opposante pour de simples propos politiques.

On savait qu’il y avait du Daladier chez Macron.

On voit maintenant qu’il y a du Trump chez Darmanin.

Sur une ligne à droite toute, le ministre de l’Intérieur accumule démagogie, vulgarité, faits alternatifs.

Ce pouvoir qui devait faire barrage à l’extrême droite se mue chaque jour un peu plus en passerelle.

Il faut tenir bon sur le fond

S’il y a de la stupéfaction devant la tournure de notre paysage politique, elle ne doit surtout pas prendre le dessus.

Il est de notre responsabilité de ne pas avoir peur devant les tentatives d’intimidation.

Il faut tenir bon sur le fond.

Pour résister, pour sortir de cette ambiance qui nous conduit tout droit à la guerre civile, pour gagner la bataille des idées, de la rue et des urnes, ne nous trompons de méthode.

Il n’y a pas si longtemps, le socialisme européen a pensé que, pour faire face à la vague ultralibérale mondiale, il fallait assumer le parti pris de la concurrence et de la compétitivité.

Le socialisme s’y est abîmé et la gauche tout entière en a payé le prix.

On voudrait nous faire croire aujourd’hui qu’il faut faire de même face à la poussée de l’extrême droite.

Il faudrait accepter tel quel le fantasme selon lequel nous ne sommes plus chez nous.

Il faudrait admettre sans discuter que la réduction drastique de l’immigration est nécessaire pour protéger nos emplois et nos valeurs.

Il faudrait s’habituer à la conviction que la sécurité vaut bien une réduction de nos libertés.

C’est un piège grossier.

C’est un piège grossier.

La société est un tout, l’économique n’a pas de sens si l’écologique et le social sont tenus pour des parents pauvres, si la citoyenneté est bridée.

L’égalité n’est rien sans l’essor de la démocratie et le souci du bien commun.

Si nous capitulons sur un point, si, sur quelque point que ce soit, nous légitimons la pression de l’extrême droite, c’est toute la chaîne qui nous relie et nous permet de vivre ensemble qui risque de se rompre.

On ne négocie pas avec l’extrême droite

On ne négocie pas avec l’extrême droite : on combat ses idées et ses valeurs, sans faiblesse.

On ne ruse pas avec elle.

Tout glissement vers l’obsession sécuritaire et identitaire pervertit le droit à la libre identification de toutes et de tous, étouffe la protection et la solidarité collectives, attise le rejet des autres et rend impossible la sécurité véritable.

Qui perd le fil de sa pensée, sa raison d’être, court vers la défaite.

Ne l’oublions jamais.

Clémentine Autain

Publié sur Libération.fr

Type:  Article Vendredi, 28 Mai, 2021 - 18:15 Nos porte-paroles
François Calaret

Communiqué sur la Loi Molac

2 mois ago

LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL DECLARE DE NOUVEAU LA GUERRE AUX LANGUES REGIONALES, A CELLES ET CEUX QUI LES PARLENT OU VEULENT LES PARLER !
 

Le Conseil Constitutionnel vient de censurer partiellement la loi Molac en interdisant l’enseignement immersif dans l’Ecole publique, en interdisant les signes diacritiques dans les actes d’Etat Civil. Il montre ainsi son mépris pour celles et ceux qui dans de nombreuses régions parlent ou veulent parler les langues de ces territoires, comme pour celles et ceux qui voudraient donner à leurs enfants des prénoms non conformes l’interprétation que fait le Conseil constitutionnel de la constitution.

 

Le Conseil constitutionnel commet une double faute : d’abord, la pédagogie par immersion est une réussite partout où elle est appliquée. Et sa décision est un très mauvais coup porté aux expériences existantes de classes en immersion en Alsace, Pays basque nord, Corse, Bretagne, Catalogne, Pays occitans, que ces expériences aient lieu dans le cadre associatif ou de l'Education nationale comme au Pays Basque. Ensuite,

la constitution elle-même reconnaît les langues régionales comme langues de France et à ce titre peut donc tout à fait autoriser les mêmes dispositifs pour celles-ci que pour le français.

Les Langues, avec leurs implications complexes en termes d’identité, de communication, d’intégration sociale, d’éducation et de développement, revêtent une importance stratégique pour les peuples et pour la planète. Or, du fait du processus de mondialisation et de la montée des Etats autoritaires, elles peuvent être en danger ou sous la menace. Lorsque les langues s’éteignent (50% des 7000 langues utilisées dans le monde), la diversité culturelle, qui fait la richesse de l’humanité, s’amenuise. Car, avec elles, ce sont aussi des perspectives, une mémoire collective, des modes uniques de pensée et d’expression – autant de ressources précieuses pour garantir un avenir meilleur – qui se perdent.
Partout autour de nous en Europe, en Irlande, au Pays de Galles, au Tyrol du Sud et au Val d'Aoste en Italie, en Ecosse, au Pays Basque Sud, en Catalogne la co officialité de 2 langues, la langue officielle de l'Etat et la langue régionale, accompagnant en général des statuts d'autonomie, est la règle. Partout cette co-officialité a été obtenue par la lutte.

Pour ENSEMBLE ! chaque langue doit pouvoir vivre et être utilisée tous les jours, donc des politiques linguistiques volontaristes avec des moyens financiers ambitieux sont nécessaires (signalétique, enseignement, médias...)

ENSEMBLE ! appelle à participer aux initiatives organisées dans toutes les régions le samedi 29 mai par le collectif "pour que vivent nos langues"

Type:  Article Vendredi, 28 Mai, 2021 - 10:12 Nos communiqués
TheStyx

Appel pour les libertés et contre les idées d’extrême droite, le 12 juin !

2 mois 1 semaine ago

Depuis maintenant plusieurs mois, nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale.

Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante.

Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite, nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestations et de mobilisations qui se déclinera localement.

Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.

Les premiers signataires :Syndicats : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats De France, Syndicat de la Magistrature, Unef (Union nationale des Étudiants de France), UNL (Union nationale des Lycéens), Fidl, MNL (Mouvement national Lycéen), FSE (Fédération Syndicale Etudiante, l’Alternative, Confédération Paysanne, USP (Union Syndicale de la Psychiatrie).

Associations et collectifs : Attac, LDH, FCPE, Fondation Copernic, Oxfam, Alternatiba, Amis de la terre, Résilience commune, DAL, CNL (Confédération nationale du Logement), Emancipation collective, Rencontre des justices, Coexister, MRAP, CRAN, SOS Racisme, Comité Justice pour Ibo, QNQF (Quartiers nord, Quartiers forts Marseille), Observatoire contre l’extrême droite, Association ViSA, Femmes égalité, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif féministe Les Rosies, Les effronté.e.s, JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), AFPS, Conseil démocratique Kurde France, FTCR, CRLDHT, UTAC, France Amérique Latine

Médias : Regards, L’humanité, Politis, Contretemps

Organisations politiques : Ensemble !, Génération.s, La France Insoumise, GDS, Nouveaux Démocrates, NPA, Place Publique, les jeunes écologistes, MJCF (Mouvement des Jeunes Communistes), UEC, PEPS, Jeunes Génération.s, Rassemblement Communiste, UCL (Union Communiste Libertaire)

Type:  Article Mardi, 25 Mai, 2021 - 18:14 Anti-racisme Droits - libertés
François Calaret

Solidarité avec le Hirak et le peuple algérien !

2 mois 1 semaine ago

Le pouvoir algérien réprime ses opposant.es. Des centaines de manifestant.es sont arrêté.es et détenu.es.

Le Parti socialiste des travailleurs (PST) vient d'être suspendu, ses locaux fermés.

Halte à la répression en Algérie !

En vue des élections législatives que le Président Tebboune mal élu et illégitime veut imposer le 12 juin prochain la répression s’amplifie à l’encontre du Hirak qui ne faiblit pas en Algérie. Le pouvoir intensifie ses attaques contre le peuple algérien, les militant.es et manifestant.es du Hirak et ses organisations.

Le 17 mai, Ouahid Benhalla, membre du bureau national du Mouvement démocratique et social (MDS) était condamné à un an de prison ferme. Ce vendredi 21 mai, plus de 800 manifestant.es étaient interpellé.es, une cinquantaine gardé.es à vue, dans Alger bloquée par des milliers de policiers.

Et ce 23 mai, l’interdiction du Parti Socialiste des Travailleurs est tombée, après des menaces équivalentes à l’encontre de l’Union pour le Changement et le Progrès.

Ensemble ! continue d’exprimer son soutien au peuple algérien dans le combat démocratique qu’il mène.

Nous dénonçons la politique répressive de ce gouvernement, sommet d'un système qui a confisqué l'indépendance, et assurons de notre solidarité les prisonnier.es politiques, les manifestant.es arrêté.es et emprison.é.es – les unes et les autres de plus en plus nombreuses/eux -, et la répression subie par les organisations politiques.

Libération de tous les prisonniers politiques !

Arrêt immédiat des mesures visant à empêcher la vie politique et à étouffer les forces opposées au régime.

Solidarité avec le Hirak !

Le mouvement Ensemble !

Type:  Article Mardi, 25 Mai, 2021 - 18:11 Nos communiqués International
François Calaret

Triomphe inquiétant de la droite extrême à Madrid !

2 mois 3 semaines ago

Nous avons plusieurs raisons d'être inquiets et inquiètes de la victoire du Parti Populaire à Madrid.
La participation est en hausse à 76%, la réalité du résultat est sans appel. Cette campagne a connu une forte polarisation en raison de la personnalité « Trumpiste franquiste » de la candidate du PP, de la pandémie, de la présence d'Iglesias.... Le vote se déroulant un mardi, jour ouvrable comme à chaque élection dans l'état espagnol, où les employeurs doivent permettre à leurs salarié-es d'aller voter, facilite une forte participation.

Les résultats sont les suivants :

PP 44,7%, Mas Madrid 17 %, PSOE 16,8%, Vox 9,1%, UP 7,2%, Ciudadanos 3,5%

Le PP double son nombre de voix et réalise un score à 44,7%, soit plus 22% . A lui seul, il a plus d'élu-es que toute la gauche réunie, 65 pour 58. Mais le PP n'aura pas de majorité absolue, il est prêt à s'allier avec Vox pour gouverner. Ce type d'alliance s'est déjà produite en Andalousie et un certain nombre de villes. Le mettre en oeuvre à Madrid donne un signe politique clair à toute la société, le PP est prêt à gouverner l'état espagnol avec Vox ! A l'évidence, il y a là le prix à payer du «  pacte de l'oubli » de la Transition de 78, transition qui a permis à toutes et tous les franquistes de continuer comme avant la mort de Franco.

Vox gagne un élu et continue à s'affirmer comme une force incontournable. Ce parti, franquiste- fasciste, est une menace pour les droits des femmes, les personnes LGBT, les travailleurs. Sa défense intransigeante de l'unité de l'Espagne le conduit à condamner les droits des peuples basques, catalans ou galiciens. Il reprend aujourd'hui les thèmes malheureusement classiques de l'extrême droite européenne sur l'immigration et l'islam.
L'effondrement de Ciudadanos se confirme, il n' a plus aucun élu-e alors qu'il en avait 26 en 2019.

Le PSOE réalise son pire résultat. Alors qu'en 2019, il faisait 27,3% il est aujourd'hui à 16,8%. Il perd 270 000 voix et se retrouve avec un écart de 1M de voix avec le PP !

Mas Madrid est le parti de Errejon et de Carmena, l'ex maire de Madrid. Ce parti, avec une bonne candidate, une urgentiste qui a continué à travailler pendant la pandémie, est en pointe sur les questions sociétales, écologistes sans être trop radical. Et surtout, nous y reviendrons, ce parti de gauche n'a pas de ministres au gouvernement espagnol. Il réussit à passer devant le PSOE, gagne 220 000 voix, et est le vainqueur à gauche. Sans nul doute, Errejon va tenter de relancer son parti dans l'ensemble de l'état suite  à son échec aux législatives de 2019 ( 2,4%).

Le bilan de cette élection est mauvais pour la gauche.

Nous pouvons parler de deux tremblements de terre : la claque pour le PSOE et l'échec d'Iglesias.
La décision d'Iglesias, alors n° 2 du gouvernement PSOE – UP, avait fait l'effet d'une bombe. Après avoir fait de la présence au gouvernement une condition absolue, Iglesias décide seul de se présenter à l'élection de la communauté de Madrid. L'incompréhension et la recherche d'explication

étaient totales. Et ceci d'autant plus qu'immédiatement le PSOE et Mas Madrid annonçaient qu'ils ne feraient pas d'alliances avec Iglesias. Ce choix avait déjà toutes les allures d'un suicide politique. Les dernières élections dans le pays n'avaient pas été bonnes pour Unidas Podemos avec leur disparition en Galice, une baisse et une perte de 3 élu-es au pays Basque ( 8%), une relative stabilité en Catalogne mais à 6,8% . Le résultat de Madrid est mauvais et il est un échec absolu pour Iglesias.

Il affaiblit Unidas Podemos qui perd sa place de force déterminante contestant la place du PSOE. La décision inattendue de l'arrêt politique d'Iglesias achève de déstabiliser Podemos, ce départ n'étant en rien préparé, ni discuté collectivement. Vu le fonctionnement de Podemos et la place occupée par Iglesias, son « suicide » politique a toutes les chances d'avoir des effets en chaîne.

Comment ne pas voir que l'échec du PSOE et de UP, les deux partis présents au gouvernement espagnol, est en lien avec la politique suivie par le gouvernement espagnol ?. La déception, les attentes frustrées en ce qui concerne les sujets sociaux, démocratiques, l'état plurinational... se traduit dans les urnes. Mas Madrid progresse aussi en raison de sa non présence au gouvernement .

Pour la gauche, cette élection doit être prise pour une alerte des plus sérieuses. Sans changement d'orientation de la part du gouvernement central, la victoire du PP et de Vox devient possible. Nous sommes à mi mandat, le temps presse.

La polarisation dans l'état espagnol est sous nos yeux. La différence entre la Catalogne et Madrid est éclatante : progression de la gauche en Catalogne, un PP à 3,8% alors qu'il est à 44,7% à Madrid.
Toute crise doit trouver des solutions politiques, elles ne peuvent plus attendre, sinon l'inquiétude risque de se transformer en cauchemar.

Francis Viguié

Type:  Article Lundi, 10 Mai, 2021 - 11:15 Europe
François Calaret

Rassemblement à gauche : pour une dynamique citoyenne sur des bases claires

2 mois 3 semaines ago

Mercredi 5 mai, un appel pour une « primaire populaire » a été rendu public pour travailler au rassemblement des forces de gauche dans la perspective des échéances électorales de 2022 (sur le site : https://primairepopulaire.fr/).

Cet appel, initié par des réseaux citoyens et associatifs s’appuie sur un travail réalisé pour la constitution d’un socle commun autours d’une dizaine de grandes exigences (https://primairepopulaire.fr/le-socle-commun/). Il fait suite à l’Appel 2022 (vraiment) en commun rendu public le 1er octobre 2020, signé par 25000 personnes, et se prononçant pour une candidature des gauches et des écologistes en 2022, autour d’un contrat de législature. Ce premier socle commun a été construit à partir d’échanges entre représentants des forces de gauche et écologistes, du Parti Socialiste à la France Insoumise, en passant par Europe Ecologie, Générations, Place Publique… Ensemble ! a participé à ces échanges qui ont constitué un cadre fructueux de confrontation des convergences et divergences.

Cette initiative pour une primaire populaire cherche à répondre à la catastrophe de moins en moins improbable d’une répétition du duo Macron-Le Pen pour 2022, voire de la possible victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle et à la disparition totale des forces de gauche et écologistes aujourd’hui profondément divisées. D’autres initiatives existent comme l’appel « 2022, parlons de nos désaccords » (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050521/2022-par... ) qui vient à contribuer au rassemblement actuellement en débat.

Le travail sur le « socle commun » réalisé dans le cadre de la préparation de la primaire populaire a fait apparaitre des premiers éléments de convergences, mais il ne faut pas sous-estimer l’ampleur du travail à mener pour concrétiser un rassemblement sur des bases solides qui soit capable de répondre aux défis politiques actuels.

Ensemble ! tient à souligner la nécessité de développer deux dimensions du travail de rassemblement en cours :

- Le socle commun, s’il ne prétend pas être un programme de gouvernement achevé, fait aujourd’hui l’impasse sur trop de questions essentielles pour être suffisant (sur la lutte nécessaire contre la finance, sur quelle proposition sur les retraites, sur le nucléaire, sur l’Europe, sur la politique internationale… pour n’en citer que quelques-unes). Il doit clairement apparaitre en rupture avec le quinquennat Hollande et représenter une alternative susceptible de redonner confiance aux millions de personnes qui s’abstiennent de participer à la vie politique depuis des années.  Il est nécessaire de poursuivre le travail d’élaboration engagé. Il est possible dans la continuité des réflexions faites ces dernières semaines d’arriver d’ici début juillet à une « version approfondie » du socle commun.

- Pour que le débat se développe et s’enracine dans le pays, il doit se mener publiquement à une échelle large. Et les citoyens·nes qui souhaitent y participer doivent avoir toute leur place, sous la forme d’assemblées citoyennes ou populaires à tous les échelons du pays. Celles-ci et ceux-ci doivent pouvoir contribuer aux propositions et faire émerger des priorités, des questions nouvelles. Une première étape pourrait prendre la forme d’une série de réunions publiques impulsées par toutes les composantes des initiatives et coalitions de rassemblements unitaires pour 2022, associant tous les soutiens qui se sont manifestés, qui pourraient également être organisées avant l’été et à la rentrée.

Type:  Article Dimanche, 9 Mai, 2021 - 21:01 Nos communiqués Politique
François Calaret

Appel pour les libertés, contre les idées d’extrême droite

2 mois 3 semaines ago

Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons toutes et tous que le climat politique et social en France, comme partout en Europe et dans le monde est de plus en plus imprégné́ par l’extrême droite et ses idées.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous appelons à une réaction forte, unitaire et rassembleuse, pour réaffirmer notre combat commun contre l’extrême droite, ses idées, et toutes celles et ceux qui participent à sa propagation.

De Bolsonaro à Trump en passant par Orban et Salvini, nous assistons à une offensive raciste et réactionnaire particulièrement inquiétante pour l’avenir de la planète. En France, cette offensive raciste a pour corollaire la multiplication des politiques sécuritaires, liberticides et anti-sociales.

Braises incandescentes

Ce climat ne doit rien au hasard. Le gouvernement, et ses quatre vigies Darmanin, Vidal, Blanquer et Schiappa, se chargent de l’alimenter depuis des mois. De la loi sécurité́ globaleà la loi sur le séparatisme en passant par la chasse à l’islamo-gauchisme et la suppression de l’Observatoire de la laïcité, ce quinquennat accumule les gages à destination de l’extrême droite, en reprenant ses éléments de langage mais aussi certaines de ses propositions.

Quand on souffle sur des braises incandescentes et qu’on passe son temps à attiser les haines, cela a des conséquences concrètes. Cela peut même conduire au pire comme nous l’avons vu récemment avec l’attentat contre la mosquée de Bayonne.

Après l’envahissement du Conseil régional d’Occitanie par l’Action Française, le saccage d’une librairie et l’attaque de la marche lesbienne à Lyon par des identitaires, les polémiques sur le prétendu islamo-gauchisme et le prétexte de groupes de parole entre personnes discriminées pour attaquer l’UNEF ou s’en prendre à Audrey Pulvar, un cap supplémentaire vient d’être franchi.

En moins de 72 heures, un néo-nazi voulant mener un attentat contre la mosquée du Mans a été arrêté, la mosquée de Nantes a été, elle, incendiée, et le centre culturel islamique de Rennes a été recouvert de tags islamophobes.

Un appel de militaires factieux, s’appuyant sur la chasse aux sorcières lancée par des membres du gouvernement, est diffusé par l’hebdo d’extrême droite Valeurs Actuelles et est soutenu par Marine Le Pen sans réaction d’Emmanuel Macron ni que gouvernement ne porte plainte devant la justice.

Amalgames honteux

Nous ne pouvons accepter que celles et ceux qui subissent haine, discrimination, et injustice soient aujourd’hui accusés de racisme et jetés en pâture par l’extrême droite.

Nous n’acceptons plus que la lutte contre les actes terroristes, que nous condamnons fermement, s’accompagne d’amalgames honteux

Nous ne pouvons accepter que nous militantes et militants politiques, syndicaux, associatifs soyons montrés du doigt alors que chaque jour ce gouvernement déroule un tapis rouge à l’extrême droite avec ses Lois réactionnaires et liberticides.

Nous ne pouvons plus accepter les menaces directes qui nous sont maintenant faites.

Nous, militant·e·s politiques, associatifs, syndicalistes et personnalités de la société civile appelons à une grande manifestation au printemps 2021 pour dire non à l’extrême droite, à ses idées qui se propagent jusqu’au gouvernement et défendre nos libertés individuelles et collectives.

Nous nous adressons aux associations, syndicats, collectifs, partis qui partagent le fond de cet appel pour qu’ils se réunissent afin d’en construire les conditions.

Premiers signataires : Arié Alimi, avocat – Ariane Ascaride, actrice – Manon Aubry, députée européenne (co-présidente du groupe GUE/NGL) – Clémentine Autain, députée (LFI) – Esther Benbassa, sénatrice (EELV) – Manu Bompard, député européen (groupe GUE/NGL) – Taha Bouhafs, journaliste (Le Média) – Julia Cagé, economiste – Anthony Caillé, syndicaliste CGT-Police – Emilie Cariou, députée (Nouveaux Démocrates) – Majdi Chaarana, trésorier de l’UNEF – Eric Coquerel, député (LFI) – Esther Cyna, enseignante à l’université Sorbonne-Nouvelle – Françoise Davisse, réalisatrice – Pascal Debay, responsable confédéral du collectif contre l’extrême droite pour la CGT – Laurence De Cock, historienne – Joséphine Delpeyrat, porte-parole de Génération·s – Jean-Marc Devauchelle, secrétaire général fédération SUD Santé Sociaux – Alma Dufour, chargée de campagne aux amis de la terre – Mathieu Delvaminck, président de l’UNL – Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice – David Dufresne, cinéaste et écrivain – Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL – Eric Fassin, sociologue et anthropologue – Elsa Faucillon, députée (PCF) – Caroline Fiat, députée (LFI) – Aurélie Filippetti, autrice et ancienne Ministre de la Culture – Gérard Filoche, porte-parole de GDS – Léa Filoche, conseillère de Paris (Génération·s) – Bruno Gaccio, journaliste – Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France – Denis Gravouil, secrétaire Général CGT spectacle – Benoit Hamon, fondateur de Génération·s et ancien ministre – Cédric Herrou, militant pour l’aide aux migrants – Julien Hezard, secrétaire général de l’UD CGT Meurthe et Moselle – Pierre Jacquemain, journaliste (Regards) – Eddie Jacquemart, président national de la CNL – Aurore Lalucq, députée européenne (Place Publique) – Mathilde Larrère, historienne des Révolutions – Yvan Le Bolloc’h, acteur – Benjamin Lucas, coordinateur national de Génération·s – Mélanie Luce, présidente de l’UNEF – Corinne Masiero, comédienne – Caroline Mécary, avocate – Jean Luc Mélenchon, député, Président du groupe LFI – Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME CGT – Danièle Obono, députée (LFI) – Younous Omarjee, député européen (LFI) – Mathilde Panot, députée, co-présidente du groupe LFI – Gilles Péret, réalisateur – Eric Piolle, maire de Grenoble (EE-LV) – Ugo Palheta, sociologue (Université de Lille) – Stéphane Peu, député (PCF) – Jean Louis Peyren, syndicaliste CGT Sanofi – Jean-François Pellissier, porte-parole d’Ensemble – Thomas Piketty, économiste – Pablo Pillaud-Vivien, journaliste (Regards) – Natacha Pommet, secrétaire générale de la Fédération Cgt des Services publics – Thomas Portes, porte-parole de Génération·s – Paul Poulain, membre fondateur d’Emancipation Collective – Philippe Poutou, porte-Parole du NPA – Gaël Quirante, secrétaire départemental Sud PTT 92 – Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris (EE-LV) – Ali Rabeh, maire de Trappes (78) – Muriel Ressiguier, députée (LFI) – Sandrine Rousseau, économiste (EE-LV) – Danielle Simonnet, conseillère de Paris (LFI) – François Ruffin, député (LFI) – Anthony Smith, syndicaliste CGT Inspection du travail – Mireille Stivala, secrétaire générale de la Fédération Cgt de la Santé et de l’Action sociale – Aurélien Taché, députée (Nouveaux Démocrates) – Azzedine Taibi, maire de Stains (PCF) – Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Génération.s) – Baptiste Talbot, coordinateur de la CGT Fonction publique – Fabien Villedieu, syndicaliste SUD Rail – Emmanuel Vire, secrétaire général du syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT)

Type:  Article Samedi, 8 Mai, 2021 - 10:00 Anti-racisme Droits - libertés
François Calaret

Mouvement de Grève Générale en Colombie depuis le 28 avril : solidarité !

2 mois 4 semaines ago

Mouvement de Grève Générale en  Colombie  depuis le 28 avril.
Solidarité !

La Colombie est gouvernée par une coalition d'extrême droite, soutenue par  les partis traditionnels et très liée aux narcotrafiquants de drogue. Le gouvernement met en œuvre  un modèle économique ultra néolibéral. D'un autre côté, les bandes paramilitaires (milices d'extrême-droite) assassinent militants.es de l’opposition, militants associatifs, écologistes  et défenseurs de droits de l’homme ;  déjà plus  de mille assassinats commis depuis que les Farc ont rendu les armes.

La période de pandémie a permis au gouvernement de faire passer des lois liberticides, dans un  pays où la démocratie est presque  une façade. La Colombie reste aujourd’hui un pays  englouti par la corruption à tous les niveaux de l’état.

En rapport à la crise du covid,  la Colombie est classée comme le 4ème pays en résultats négatifs de gestion,  derrière les Etats Unis, le Brésil et l’Inde. Le niveau de pauvreté a explosé, le chômage de masse augmente et la famine avance dans un pays si riche en ressources naturelles. Dans ce contexte la Colombie toujours « cour arrière » des gouvernements  étatsuniens,  achète 14 avions de combat pour menacer et déstabiliser  le  Venezuela,  coûte que coûte et sans attendre   le président colombien Ivan Duque prend un crédit au FMI; ainsi  les conditions économiques du pays sont catastrophiques.  Pour arriver à gérer les finances  une réforme fiscale est proposée par le parlement, avec l’augmentation de la TVA des produits de base, et la réponse populaire est  immédiate : syndicats et associations ont convoqué une grève générale pour le 28 avril ; situation inédite pour la Colombie toujours soumise à une extrême violence contre les syndicats et mouvements de gauche.

Depuis le 28 avril, une mobilisation sociale géante  et une dure répression

Depuis le mercredi 28 avril dernier la mobilisation sociale est géante, on compte plus de deux millions personnes dans toutes les régions et villes les plus importantes. La   mobilisation sociale est accompagnée par une répression  sans limites de la part de l’état et ses groupes paramilitaires ; depuis trois jours on compte plus de 30 morts de la part  de la police colombienne, qui tire à balles réelles; il y a des centaines de blessé.e.s, des milliers de citoyen.n.es emprisonné.e.s ainsi que  des manifestants  portés disparus.
La Ville la plus touchée par la mobilisation sociale et aussi par la répression  est la Ville de Cali au sud-est de la Colombie. Les défenseurs  des Droits  et les associations déplorent cette violence contre des manifestations pacifiques. Particulièrement,  l’association «Mouvement social de femmes de Cali »  en appelle  au gouvernement pour  retirer la réforme fiscale ; elle demande aussi que la police antiémeutes se voit retirer le droit d'utiliser des armes à feu et elle demande qu'un dialogue s'établisse avec  l’ensemble du mouvement social.

Urgent : des messages et des actions de solidarité en France, en Europe , dans le monde
Les informations indiquent que pour la commémoration du  1er mai, les mobilisations continuent . Vu la grave situation de répression contre le peuple colombien des appels à la solidarité internationale sont lançés  qui  demandent d’adresser des messages au président Ivan Duque @IvanDuque, au ministre de la défense  @Diego_Molano , au gouverneur du département @ClaraLuzRoldan ainsi qu'au  maire  de Cali  @JorgeIvanOspina.
Toutes les actions d’information et de soutien pour le peuple colombien sont nécessaires et bienvenues.

Le 01 mai 2021
Gustavo
membre d'Ensemble !

Type:  Article Lundi, 3 Mai, 2021 - 20:27 International
François Calaret

L’« intelligence » artificielle sauvera-t-elle le vivant ?

3 mois ago

 

L’idée de commencer un dossier sur l’intelligence artificielle (IA), qui pourra éventuellement aboutir à un débat de la Commission Écologie, est partie du témoignage fort intéressant de Romain Boucher, un ingénieur data scientist, qui a démissionné lorsque ses yeux se sont dessillés sur la finalité de son travail : sa carrière prometteuse, socialement valorisée, contredisait ses principes. À cela, s’est ajouté un article sur l’agriculture high-tech utilisant des drones.

Les quelques remarques qui suivent tentent de dégager des lignes de réflexion sur l’IA dont on parle de plus en plus et que ses promoteurs présentent comme La solution pour régler les problèmes dont souffre la France (et d’autre pays), plongée dans une multitude de crises – écologique, sanitaire, économique, démocratique, sociale…

Quelle intelligence ?

Le titre de cette introduction souligne le paradoxe qui consiste à vouloir réparer le vivant, grâce à toujours plus d’engins puissants et perfectionnés, alors que la Terre a été abîmée par le système technique du capitalocène, que la nature a été exploitée sans scrupule pour le profit d’industriels et de financiers. Depuis quelques décennies, arrivent des machines dites « intelligentes ». Au fait, qu’est-ce que l’intelligence humaine ? Vaste question pour philosophes, psychologues et spécialistes de sciences cognitives. Quant à l’« intelligence » artificielle d’une machine, elle est très problématique,  si l’on veut bien y réfléchir. Elle trouve sans doute son origine anthropomorphique dans les « cerveaux artificiels » que furent les premiers ordinateurs. Cette « intelligence » est-elle dotée d’une conscience capable de prendre des décisions morales et d’éprouver de la compassion pour les plus faibles ? A-t-elle une sensibilité esthétique ? Nenni, c’est simplement un instrument « animé » par une super capacité de calcul. En fait, c’est un ersatz d’intelligence humaine, dirigé par des algorithmes, c’est-à-dire des instructions formelles données par les informaticiens qui les ont conçus. Cette « intelligence » est censée gérer du big data et résoudre les diverses questions qui lui sont posées, principalement par des institutions et de grandes entreprises. Dans un monde néolibéral individualiste, elle n’a pas vocation à favoriser l’intelligence collective.

Quel projet de société ?

Cette puissance surhumaine de calcul, au nom séduisant, peut faire rêver certains à une « intelligence augmentée », à condition d’accepter le projet de société qui va avec : celui d’une société numérique, « sans contact », bourrée de gadgets connectés plus ou moins futiles et de machines aptes à surveiller la population, à la contrôler, voire à la réprimer impitoyablement. L’« intelligence » artificielle s’accorde avec le néolibéralisme qui l’a produite, un système politico-économique susceptible de devenir bien peu démocratique, autoritaire, voire illibéral, lorsqu’il se sent aux abois. Sa rationalité gestionnaire utilise le pouvoir de la propagande publicitaire pour faire croire au mythe salvateur de l’IA : il a pris la suite du « progrès » technique, mot que l’on n’ose plus employer et que l’on a remplacé par « l’innovation » qui, elle, n’est pas émancipatrice – elle introduit du nouveau, mais pourquoi faire ?  Le projet de l’IA est officiellement conçu pour que le calcul rationnel résolve des difficultés et améliore la situation. Romain Boucher montre qu’en fait, le but ultime de sa mission aboutissait à réduire le nombre d’emplois, non pas à renforcer les services publics, ni à œuvrer dans l’intérêt général. Il n’y avait pas d’interrogation sur l’utilité sociale, pas de débat démocratique, mais la poursuite de la compétitivité. Bien sûr, on peut donner à l’IA d’autres objectifs, la mettre au service du bien commun, de la médecine, par exemple, avec l’imagerie médicale et l’aide au diagnostic.

La recherche du profit

Derrière la promotion active de l’IA, se cachent des intérêts financiers : maintenir le statu quo d’une économie productiviste et extractiviste, et derrière la façade de la préservation des emplois, protéger les dividendes des actionnaires aussi longtemps que possible. On fait comme si la Terre pouvait encore le supporter, alors que le Jour du Dépassement en France a eu lieu dès le 17 mars 2021. Il faut améliorer coûte que coûte le rendement de terres épuisées, avec d’énormes machines agricoles, des tonnes d’intrants chimiques, et s’efforcer tardivement d’être économe avec l’aide de drones « intelligents » qui survoleront d’immenses champs de blé, sans arbres, sans haies, sans oiseaux. C’est bon pour l’industrie, le commerce et les banques.

Le dos tourné à une société écologique

Oui, sans doute, si l’on ne veut pas réfléchir ; si l’on souffre du syndrome de l’autruche, ou pire encore, si l’on est ouvertement cynique ; si l’on vit dans le déni de la crise écologique multiforme qui est déjà bien là, alors, on ne prête pas attention aux communiqués de diverses instances scientifiques qui alertent depuis des décennies (GIEC, IPBES…).

Les machines dites « intelligentes » gaspillent des terres rares pour leur fabrication ; elles sont énergivores et polluantes. En dépit de l’urgence du dérèglement climatique, elles ne font pas baisser les GES et ne contribuent nullement à ralentir la surchauffe de la Terre ; elles  sont bien incapables de réparer les ravages écologiques, de stopper les événements climatiques violents qui se multiplient. Cette « intelligence » n’a pas été prévue pour instaurer une société écologique, respectueuse du vivant : son logiciel appartient à la modernité technique qui valorise l’artificialité fabriquée par les humains. Elle n’est pas à l’écoute de la Terre, de ses rythmes naturels ; elle « pense » pouvoir continuer à la forcer, à l’exploiter malgré les signes d’épuisement ou de violence climatique.

Adaptation vs résistance

« Elle pense… », en fait non, elle ne pense rien : elle est soumise comme une marionnette aux politiques qui obéissent aux lobbies des grandes entreprises, agissant pour le compte des actionnaires : ceux, par exemple, qui réduisent à pas grand chose la loi « Climat et résilience ». Significativement, cette loi invite à être « résilient », à s’adapter  pour vivre sur une Terre de plus en plus invivable, puisqu’il n’y a, paraît-il, pas d’alternative économique à la recherche infinie de la croissance et du profit pour quelques-uns.
L’IA n’a pas été programmée pour intégrer le vivant : l’interdépendance entre les êtres vivants, la dépendance de l’humanité à une Terre vivable – de l’air respirable, à température modérée, de l’eau buvable, des domaines maraîchers bios à proximité de villes moyennes, des paysages préservés, des forêts accueillantes à toute une vie animale, des océans non pollués, un monde sans Tchernobyl, ni Fukushima… Rêvons, résistons humainement !

Michel Granger

Type:  Article Vendredi, 30 Avril, 2021 - 18:18 Biens publics & biens communs
François Calaret

Non à l’extradition des exilé.es Italie.ne.s arrêté.e.s en France!

3 mois ago

 

Le 28 avril, en exécution d’un mandat d’arrêt international datant de plusieurs dizaines d’années, la police a arrêté au petit matin 7 réfugiés italiens résidants en France depuis le début des années 1980. Ces militants étaient recherchés pour des faits commis pendant les « années de plomb », jugés par contumace en Italie, sur la base, notamment d’aveux et de déclarations extorqués aux « repentis ». Ils vivaient sans se cacher en France, en situation régulière, bénéficiant d’accords passés entre la France et l’Italie sous la présidence de François Mitterrand, qui s’était engagé à ne pas extrader de militants qui n’auraient pas commis de « crimes de sang ».

Ce que l’on a appelé « la doctrine Mitterrrand », et qui avait pour but de contribuer à l’amnistie et à la réinsertion de ces militants, dans un esprit de réconciliation politique, est aujourd’hui foulée aux pieds par le gouvernement Macron qui obtempère aux demandes qui lui avaient été présentées par le gouvernement du néo-fasciste  Matteo Salvini il y a près de deux ans et renouvelées ces dernières semaines par le gouvernement de Mario Draghi.  Sans qu’aucun fait nouveau ne vienne justifier une telle précipitation, la décision française de réétudier ces demandes d’extradition et d’arrêter ces exilés répond en fait un besoin cynique d’affichage politique. Affichage de l’unité franco-italienne dans la construction d’une Europe sécuritaire, affichage d’une soi-disant détermination « anti-terroriste » qui entretient une savante confusion entre les actes militants (quel que soit l’opinion que l’on en aie aujourd’hui) d’une période révolue de l’histoire politique et sociale italienne et les actions terroristes récentes qui ont récemment touché notre pays. Dans la logique sécuritaire qui est la sienne, le gouvernement tente de donner des gages à la droite et à l’extrême-droite et d’allumer un contre-feu face à l’indignation soulevée par la tribune récente des militaires factieux.

Nous partageons ci-après le communiqué de l’organisation politique  italienne Rete dei Comunisti, partie prenante de Potere al Popolo, publié ce vendredi 29 avril.

L’Union Européenne est le tombeau du droit.

L’étroite collaboration italo-française qui a conduit à l’arrestation de 7 camarades résidants depuis longtemps en France, est un énième saut dans le gouffre de la civilisation juridique européenne. C’est l’affirmation de l’annulation des garanties résiduelles du droit des États membres de l’EU. Un saut qualitatif qu’on avait déjà vu avec le vote à Bruxelles pour lever l’immunité parlementaire aux eurodéputés catalans exilés dans différents pays européens, impliqués dans la lutte indépendantiste; avec le silence complice des institutions européennes pendant la grève de la faim et de la soif du prisonnier politique Dimitris Koufodinas en Grèce, privé de ses droits élémentaires de détenu; avec la volonté obstinée de la France de ne pas accorder la liberté, bien qu’il y en existe depuis longtemps toutes les conditions préalables, à George Ibrahim Abdallah, communiste libanais prisonnier de la cause palestinienne, l’un des plus anciens prisonniers politiques détenus dans l’Hexagone et dans le monde entier. Enfin, l’attitude essentiellement lâche de l’UE, malgré l’indignation de façade, à l’égard du régime turc qui, entre autres, veut rendre illégal le plus grand parti politique d’opposition, le HDP.
L’Union européenne est prête à soulever la question des droits de l’Homme pour ses propres fins en politique étrangère, mais elle est incapable de les respecter à l’intérieur de ses propres frontières. Même pour les plus sceptiques, il est clair que le processus d’intégration européenne fait assumer de plus en plus au continent un double profil : un Léviathan, du point de vue juridique, et un technocrate, du point de vue politique. Un Janus à deux visages, qui a la sensibilité du Bourreau pour la justice humaine et le cynisme de ces “coupeurs de têtes” qui mettent le profit avant la vie des personnes. La preuve en est la gestion criminelle de l’épidémie de Covid-19 et la genuflexion face aux intérêts de l’industrie pharmaceutique en ce qui concerne les vaccins.
Dans ce contexte, la volonté de vengeance de l’État italien a été satisfaite avec les 10 mandats d’arrêt de l’Opération “Ombres Rouges”, pour des faits qui sont, de plus, proches de la prescription. Macron veut supprimer l’engagement pris par l’ancien président français Mitterrand en 1985 et jusqu’ici garanti par les gouvernements successifs : ne pas extrader les militants italiens condamnés en Italie, dans des procès qui ne respectaient pas les exigences minimales de la civilisation juridique. Des procès qui étaient le résultat d’une “guerre de basse intensité” que l’État italien a mené contre le mouvement de classe et révolutionnaire dans notre pays. Une véritable guerre “de basse intensité” qui a fait appel à la “stratégie de la tension”, la violence policière contre les manifestants, l’usage systématique de la torture, la détention dans des prisons spéciales et des procès construits sur des hypothèses judiciaires basées sur les déclarations des “pentiti” [les repentis du mouvement révolutionnaire] avec des condamnations par contumace. Ceux qui,  aujourd’hui invoquent la potence, utilisant les victimes de la violence politique mûrie dans ce contexte, doivent se rappeler la longue traînée de sang qui, depuis l’après-guerre, a caractérisé l’action des différents appareils d’Etat, dans un pays où les plus élémentaires conquêtes politiques, sociales et civiles ont été obtenues au prix d’une hécatombe. L’arsenal législatif volumineux et le gigantesque appareil répressif hérité du fascisme par notre République, mis en œuvre grâce aux différentes législations d’urgence durant les années ‘70, n’a jamais été abandonné. Et aujourd’hui encore, ceux qui s’opposent sous différentes formes à la situation actuelle en font l’expérience, dans un contexte où le conflit social est devenu un crime tout court.

Nous estimons qu’une large amnistie pour les crimes politiques et sociaux est la seule voie possible pour briser cette cage du «droit de l’ennemi» dans laquelle les années 70 ont été emprisonnées et dans laquelle notre pays veut emprisonner la lutte des classes.

Dans les 48 heures qui suivent l’arrestation, la Cour d’Appel de Paris devra statuer sur le placement en détention ou sur la remise en liberté sous contrôle judiciaire des camarades. Ensuite, la justice française analysera les demandes d’extradition italienne. L’avocate Irène Terrel, qui suit la situation depuis longtemps, parle explicitement de “trahison” de la France qui leur a accordé l’asile.

NON À L’EXTRADITION DES CAMARADES ARRÊTÉS !
AMNISTIE POUR LES CRIMES POLITIQUES ET SOCIAUX
LUTTER ENSEMBLE

Type:  Article Vendredi, 30 Avril, 2021 - 18:10 Europe
François Calaret