Après les élections au Parlement de la Generalitat de la Catalogne, solidarité avec le peuple catalan !

15 heures 55 minutes ago

Communiqué  du 23/02/2021
Après les élections au Parlement de la Generalitat de la Catalogne,
solidarité avec le peuple catalan !

Les indépendantistes (ERC / Junts & Cat / CUP) renforcent leur majorité
Comme attendu du fait  de la crise sanitaire mais aussi de la démobilisation d’une partie de l’électorat, lassée par les divisions du camp indépendantiste et qui subit de plein fouet la crise économique, ces élections ont été marquées par un taux important d'abstention : seuls 53,5 % (– 25,6% par rapport à 2017) des électeur.trice.s se sont exprimé.e.s.
Le premier enseignement : malgré la forte et scandaleuse répression maintenue contre le camp indépendantiste et la désinformation sur  ses aspirations à une « République catalane », ce sont les forces indépendantistes qui sortent vainqueurs de ces élections du 14 février. Celles précisément qui avaient organisé le référendum « pour le droit de décider » de leur souveraineté le 1er octobre 2017.
Pour la première fois, si on ajoute les voix de PDeCat, qui n'a pas obtenu d'élu.e.s, elles atteignent un score qui dépasse les 50 % (contre 47,5 % en 2017) et renforcent leur majorité au Parlement avec 74 sièges. Si l’on ajoute les voix des formations favorables à l'organisation d'un référendum, on atteint 57,6%.
L'ERC (Gauche républicaine de Catalogne)d'Oriol Junqueras (toujours prisonnier politique et député européen) obtient 33 sièges  et  21,3 % des voix, dépassant pour la première fois de peu le centre-droit  indépendantiste Junts & Cat de Carles Puigdemont (toujours réfugié politique en Belgique et député européen) : 32 sièges et 20,06 % des voix. La gauche indépendantiste anticapitaliste de la Candidatura d'unitat popular (CUP) dispose de 9 député.e.s et avec un score de 6,68 % progresse de 50 % par rapport au scrutin de 2017.

Les Comuns (Unidas Podemos), partisans du « droit de décider » se maintiennent. Le PSC se renforce mais perd son pari de gouverner
Catalunya en Comú, qui se déclare favorable à un référendum, perd des voix (6,86 %) mais conserve ses 8 député.e.s. Le PSC (Parti socialiste de Catalunya) progresse fortement, notamment en récupérant une partie de l'électorat populaire de Barcelone qui avait pu voter Ciudadanos, et obtient 23,02 % des voix et 33 députés. Le PSOE, qui dirige le gouvernement national avec le soutien de Unidas Podemos, avait parachuté son ex-ministre de la Santé, Salvador Illa, pour provoquer une recomposition visant à affaiblir le camp indépendantiste et à refaire voire à élargir avec ERC, partisan du dialogue, la coalition qui gouverne à Madrid, mais il a échoué dans le pari de diriger le futur gouvernement catalan.
L'ensemble des gauches, (PSC / ERC / ECP /CUP) si l’on accepte d’y inclure les voix recueillies par le PSC,(vu par beaucoup comme le parti unioniste du « 155 » qui pactise avec la droite) , représentent 57,9% des suffrages et obtiennent 83 sièges. Ces   forces n'avaient jamais obtenu une représentation aussi importante au Parlement catalan.

La droite s'effondre au profit de l'extrême droite fasciste
Le parti prétendument « centriste » Ciudadanos, cher à Manuel Valls, s'effondre avec 5,57% (– 20%) et 6 députés (– 30), conséquence de sa trajectoire de plus en plus droitière. Il rejoint la voie de la marginalisation du Parti populaire (PP), qui poursuit sa chute avec 3,85 % de voix et 3 députés. Ce fort recul de la droite décomplexée profite cependant au parti d'extrême droite profranquiste, raciste et xénophobe, Vox, qui fait son entrée au Parlement catalan pour la première fois avec 7,69 % des voix et constitue un vrai danger. Cette formation a capté une partie de l'électorat très à droite qui avait voté pour Ciudadanos précédemment mais mord aussi sur l’électorat de certains quartiers populaires.
La droite n’a jamais été aussi minoritaire au Parlement catalan, même si le glissement d‘une partie de son électorat traditionnel vers Vox est inquiétante.

Le contexte de crises et de répression exige des changements politiques et une solidarité concrète

Ces élections interviennent  dans un contexte de fortes crises entremêlées en Catalogne et dans l’État espagnol : pandémie du Covid-19, chômage, précarité et crise du régime monarchique hérité de la « transition » de 1978. Elles sont le fruit des politiques d'austérité néolibérales qui ont frappé - et sévissent encore dans le contexte de la pandémie - tous les peuples de l’Etat espagnol et d'Europe.
Sans oublier la monarchie corrompueet aux pratiques mafieuses qui trône à Madrid : des militant.e.s catalan.e.s sont en prison alors que Juan Carlos ,lui, vit bon train, protégé par les partis du système ( PSOE,PP, Ciudadanos et Vox).

Un futur gouvernement des forces se reconnaissant dans le projet d'une République catalane devrait  être clair quant aux réponses à apporter à la crise économique et sociale (ce que la majorité ERC/Junts n’a pas fait lors de la précédente mandature), à travers un plan d'urgence en direction des classes populaires. En effet, le taux de chômage de la Catalogne a augmenté de 29,1 %, touchant 13,9 % de la population active. C'est  la plus forte hausse de l’Etat Espagnol, le chômage des jeunes frôle les 28 %. Ce futur gouvernement doit poursuivre son combat pour le « droit de décider » (autodétermination) et  contre la répression de l’État espagnol.

L'arrestation violente, dès le lendemain du scrutin, du rappeur Pablo Hasèl est le dernier exemple de la répression politique. C’est toujours le Tribunal suprême qui est à la manœuvre, remettant aussi en cause la liberté conditionnelle dont disposaient les prisonniers politiques pour ces élections. Ce « gouvernement caché » des juges de Madrid entend ainsi faire pression et peser sur le futur politique de la Catalogne.

Le  silence des autorités françaises et de l'Union européenne est assourdissant .Cela au moment où se  discute la demande de levée d’immunité parlementaire des eurodéputés catalans persécutés, et bien  que la Cour de justice européenne ait commencé à reconnaître que les droits humains et politiques des protagonistes du référendum du 1er octobre 2017 auraient été bafoués. L'émotion qu'a suscité l’emprisonnement du jeune artiste dans tout l’État espagnol (manifestations de masse et violents affrontements avec la police, pétition pour sa libération de 200 artistes, dont Javier Bardem et Pedro Almodovar), apelle  notre solidarité.
Ensemble ! s'inscrit dans le mouvement de solidarité avec le peuple catalan qui exige :
⁃     - la libération du rappeur Pablo Hasèl et des 11 autres artistes emprisonnés ou exilés (dont le jeune Valtonyc) muselés dans leur liberté d'expression ;
⁃    - l’arrêt des persécutions judiciaires contre toutes celles et tous ceux qui avaient participé au référendum du 1er octobre 2017 et à toutes les manifestations qui se sont succédé depuis trois ans ;
⁃ la libération et leur amnistie totale  pour les  9 prisonniers et prisonnières politiques catalan.e.s embastillé.e.s à la suite d’un jugement inique les condamnant à des peines de 9 à 13 ans de prison pour délit d'opinion
  - le respect du droit du peuple catalan à décider de son avenir, c'est-à-dire l'autodétermination.
Ensemble ! participe à la Coordination des collectifs de solidarité avec la Catalogne et s’associe à toutes ses initiatives au niveau local, national et européen.

Ensemble !

Type:  Article Jeudi, 25 Février, 2021 - 18:31 Nos communiqués International
François Calaret

Le 8 mars on fait la grêve féministe

18 heures 45 minutes ago

Le 8 mars approche...

Et c'est pas parce que c'est la crise sanitaire et sociale qu'on ne va pas se manifester et.... manifester.

Alors à Paris le 7, on organise un rassemblement de 13 heures à 17 heures. A République. Ce rassemblement est soutenu par une trentaine d'associations féministes

Et puis le 8 on manifeste et on grève. On se retrouve à Midi à Port Royal.

Il est possible de partager

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Type:  Article Jeudi, 25 Février, 2021 - 15:41 Féminisme Luttes sociales
TheStyx

Daniel Bensaïd : sous les évènements, la question stratégique

1 semaine 6 jours ago

 

Quels évènements historiques ont marqué le XX° siècle, notamment pour celles et ceux qui se situent dans l’histoire des combats pour l’émancipation ? Tel est le propos de « Fragments radiophoniques, 12 entretiens pour interroger le vingtième siècle » (1). L’ouvrage reprend sous forme écrite une douzaine d’entretiens radiophoniques donnés en 2007-2008 par Daniel Bensaïd à l’une des dernières radios libres, Fréquence Paris Plurielle (FPP), plus précisément pour l’émission « Les oreilles loin du front ».

C’est un véritable exercice de style au format très contraint : au cours de ces entretiens, Daniel Bensaïd revient (en vingt minutes à chaque fois) sur une date emblématique. Ces douze dates ont été choisies par l’équipe de la radio FPP en charge de l’émission pour illustrer les principaux problèmes politiques et les questions stratégiques soulevées lors du « court vingtième siècle », celui qui commence vraiment avec la révolution d’Octobre - c’est la première date retenue - et s’achève prématurément avec la chute du Mur de Berlin, date qui clôt la séquence des entretiens. Avant même de s’attacher au contenu des entretiens, cette démarche appelle deux remarques.

Les marqueurs d’une culture politique

La première remarque tient aux dates retenues. Le choix effectué par les animateurs de l’émission renvoie (à mon sens) à une culture politique bien particulière : celle du courant marxiste révolutionnaire. En France, ce courant s’est incarné pendant une quarantaine d’années à travers la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), dont Daniel fut précisément un des principaux dirigeants et porte-parole. Du coup, étant quelque peu concerné par cette histoire, avant de lire Fragments radiophoniques, j’ai fait moi-même le « test à l’aveugle », sans regarder le sommaire : amené à citer douze dates clés pour le XX° siècle, lesquelles aurais-je choisi ? Et le résultat est assez étonnant pour être rapporté.

Sur les douze dates retenues, deux sont différentes : j’avais noté les grandes mobilisations populaires de Juin 1936 et de l’hiver 1995 qui ne figurent pas dans les Fragments radiophoniques choisis par l’équipe de FPP qui, a contrario, a interrogé Daniel sur Mai 1945 (la fin de la Seconde guerre mondiale) et janvier 1961 (assassinat de Patrice Lumumba). Quatre dates sont « semblables » au sens où si la date précise est différente, elle fait référence à la même séquence historique. A savoir la révolution espagnole : Mai 1936 (le début de la révolution espagnole) pour l’équipe de FPP ; Mai 1937 (les « journées de Mai » à Barcelone et l’écrasement du POUM et de la CNT) en ce qui me concerne. La lutte de libération du peuple algérien :  Novembre 1954 (Toussaint rouge, début de l’insurrection algérienne) pour FPP ; Octobre 1961 (massacre de centaines de manifestants algériens à Paris), pour moi. La révolution cubaine : Janvier 1959 (entrée des Insurgés à la Havane) pour FPP ; Octobre 1967 (assassinat d’Ernesto Che Guevara en Bolivie) pour moi. Et Août 1970 (dépôt de gerbe à la Femme du Soldat inconnu, naissance du MLF) pour FPP ; Avril 1971 (publication dans le Nouvel Observateur du Manifeste des 343) pour moi.

Six dates sont strictement identiques : Octobre 1917 (révolution russe), Janvier 1919 (assassinat de Rosa Luxembourg), Mai 1968 (fermeture de la Sorbonne, soulèvement étudiant et grève générale), Septembre 1973 (coup d’État de Pinochet contre l’Unité populaire chilienne), Mai 1981 (élection de François Mitterrand), Novembre 1989 (chute du Mur de Berlin).

Naturellement, ce qui précède est un peu personnel et donc, sans doute, anecdotique. A ceci près que je suis assez persuadé que si d’autres camarades (ayant partagé la même aventure militante et humaine) faisaient le même exercice, ils aboutiraient à des résultats assez semblables. C’est d’ailleurs un peu ce qui justifie cette parenthèse : lorsqu’une organisation politique est dotée d’une certaine densité politique et d’un peu de durabilité, elle ne produit pas seulement une orientation politique, mais aussi une véritable culture politique : « ce qui a fait la Ligue, au-delà de son histoire, de ses débats, de son orientation politique et de ses multiples activités : une ‘culture politique’ forte faite de lectures partagées, de références communes et de signes de connivence qui font que, presque à coup sûr, militants ou anciens militants même s’ils ne se connaissent pas, se reconnaissent aisément, sinon au premier coup d’œil, du moins aux premiers propos échangés... » (2). A l’évidence, on pourrait rajouter à ces éléments la liste de dates emblématiques aux références communes dont il est ici question !

Quand l’histoire n’est pas encore écrite

C’est la seconde remarque que m’inspire l’exercice auquel D. Bensaïd a accepté de se livrer : cette manière de faire revivre les combats émancipateurs du XX° siècle à travers des dates emblématiques est assez particulière au courant marxiste révolutionnaire. Sur le plan intellectuel, elle se différencie des chercheurs qui se focalisent sur les tendances lourdes de l’histoire longue. Sur le plan politique, elle se différencie tout autant des courants qui mettent en avant soit les évolutions (plutôt que les révolutions), soit la révolution longue et les « processus » plutôt que les « évènements ».

Commençons par devancer une critique prévisible : non, cette approche n’a rien à voir avec la nostalgie du Grand Soir !  Mais elle n’est pas neutre parce qu’elle concrétise une conviction : naturellement, l’Histoire est le produit de phénomènes sociaux de longue durée et, en conséquence, n’importe quelle Histoire n’était pas possible. Mais, en même temps, il convient de refuser tout pensée mécaniste ou fataliste : l’Histoire qui s’est effectivement produite était, naturellement, une histoire possible. Mais cette histoire n’était pas la seule possible. Il y a eu, à un moment donné, un évènement, au cours duquel les hommes et les femmes ont, par leurs actions, décidé du cours des choses. Dans cet ouvrage, Daniel Bensaïd le signale à propos de la Révolution russe, mais le propos est beaucoup plus général : « comment se définit un évènement, une révolution, a fortiori une révolution comme celle que symbolise Octobre ? C’est ce qui arrive et qui aurait pu ne pas arriver, sinon il n’y a pas d’évènement, si c’était inscrit dans la logique antérieure. Cela aurait pu ne pas arriver, c’est arrivé (…) c’est une possibilité qui se réalise mais qui n’était pas fatale ». Dans l’une des contributions (3)  qui figurent dans la seconde partie de l’ouvrage et complètent les réflexions de D. Bensaïd, Ugo Palheta systématise cette approche : « c’est dans ces moments où se craquèle un ordre des choses, qui est aussi un ordre des corps et des cerveaux, où des aspirations populaires longtemps tues peuvent enfin s’exprimer librement (que l’on pense à mai-juin 68 !) où la lutte économique se déplace sur le terrain politique que s’affirment pour des millions de personnes des possibles inaperçus auparavant, souvent jusqu’à la veille ». Dans le même ordre d’idées, D. Bensaïd lui-même avait évoqué « l’éclat solaire de l’évènement » dans un autre ouvrage (4) nettement plus ancien.

L’exigence stratégique

A travers l’évocation de ces évènements, D. Bensaïd nous fournit finalement quelques indications stratégiques. Il le fait avec une certaine humilité : en effet, ces entretiens comprennent quelques retours critiques, aussi bien vis-à-vis de Trotski lui-même (notamment son sectarisme vis-à-vis du POUM) que par rapport à des affirmations un peu rapides dont notre génération ne fut pas avare (notamment vis-à-vis de Salvador Allende). Il le fait aussi, naturellement, avec des convictions fortes. Dire le XX° siècle, c’est dire ce que furent les soulèvements émancipateurs et leurs fulgurances.  Mais aussi leurs dévoiements. Leurs trahisons, parfois.  Et leurs échecs, souvent. Plusieurs des dates choisies mettent en lumière le caractère décisif de l’option révolutionnaire. Aux origines, forcément, il y a la Révolution russe. Elle triomphe malgré la coalition contre-révolutionnaire des principales puissances impérialistes. Mais elle débouche sur la dégénérescence stalinienne…

Traiter de la révolution allemande (et de son échec) ainsi que de la révolution espagnole (et de son échec) permet précisément de repérer ces moments bien particuliers où l’histoire bascule car, pour partie, ils déterminent la suite de ce qui va advenir ; en l’occurrence, l’effet cumulatif des défaites révolutionnaires des années 20 et 30 a conduit à la Seconde Guerre mondiale et au déferlement de la barbarie. Cela permet aussi de préciser la nécessaire critique des réformistes. Les sociaux-démocrates allemands ont contribué à l’assassinat de Rosa Luxembourg ; les staliniens espagnols ont écrasé dans le sang le prolétariat révolutionnaire de Barcelone. Ces épisodes montrent en effet que si, en temps « normal », on peut juger les « réformistes » inconséquents et « mous », en période d’effervescence révolutionnaire ils se transforment parfois en force contre-révolutionnaire active. D. Bensaïd l’écrit ainsi, à propos de la Révolution allemande et de l’assassinat de Rosa Luxembourg : « Chez les réformistes, il y a des gens sincères, y compris honnêtes, pourquoi pas, mais il y a aussi des assassins en puissance »… Ou encore, à propos de la révolution espagnole : « le sort de la Révolution espagnole s’est joué en partie dans les journées de Mai à Barcelone en 1937. C’est-à-dire dans la répression, à l’intérieur du camp révolutionnaire, de la composante libertaire et poumiste par la restauration d’un ordre militaire et étatique sous la direction des staliniens ».

Le Chili soulève une tout autre question, celle du « réformisme » - mais, oh combien différent ! – de Salvator Allende : « comparé à nos réformistes, c’était quand même un géant de la lutte des classes (…) Cela ne change rien au problème politique. Mais cela implique du respect pour la personne ». Le problème politique reste, en effet, entier : « jusqu’en Août 1973, il y a eu des manifestations de 700.000 manifestants à Santiago, appuyant Allende et répliquant au coup d’État. C’est le moment effectivement où une contre-offensive du mouvement populaire était possible et où, au contraire, la réponse a été un élargissement à la droite des alliances gouvernementales et des gages supplémentaires, qui signifient en réalité finalement un encouragement au coup d’État ».  Une autre orientation, plus radicale, aurait-elle permis la défaite des putschistes ? La question reste d’autant plus brûlante que, comme l’indique D. Bensaïd, notre génération révolutionnaire s’est identifiée à la mobilisation populaire qui a accompagné l’Unité populaire…

Au cours de cette pérégrination historique, Fragments radiophoniques évoque d’autres évènements et d’autres questions stratégiques, notamment celles liées aux processus de décolonisation et aux luttes de libération nationale et sociale des « pays du Sud » (Cuba, Algérie, Afrique). Sans oublier, naturellement, Mai 68. Moins par goût commémoratif qu’à cause de la nécessité de « combattre ces récits dominants, aujourd’hui devenus dominants en fait de 68 et de ses enjeux en France et internationalement ». On peut s’attarder aussi un peu sur l’évènement qui clôt l’ouvrage, la chute du Mur de Berlin.

L’élément le plus frappant de ce chapitre est que Daniel Bensaïd insiste sur le fait que la disparition du système stalinien en URSS et en Europe de l’Est est d’abord une « défaite sociale » avant d’être une défaite « idéologique » ou même « morale ». Car après « la désintégration de l’Union soviétique, la conversion de l’appareil bureaucratique chinois à l’économie libérale, les évènements en Europe de l’Est, l’évolution en Inde » l’on a assisté « au doublement de la main d’œuvre disponible sur le marché du travail », autrement dit « l’irruption par centaines de millions de travailleurs pratiquement sans droit ni protection sociale » (5). Surtout, D. Bensaïd pose la bonne question – « Maintenant, quelque chose s’est terminé, mais quoi ? » - à laquelle il ne répond pas vraiment, sinon pour réaffirmer de façon assez traditionnelle que la victoire du stalinisme fut bien une contre-révolution et non la suite logique de la Révolution de 1917 : « Mais il n’y a pas une continuité ». Pour autant, D. Bensaïd n’esquive pas le côté plus sombre de la Révolution, y compris au cours de ses premières années : « les bagnes politiques ont commencé avec l’ouverture du bagne des îles Solovski en 1923, non seulement avant la mort de Lénine, mais à une époque où la guerre civile était gagnée. Ce ne sont pas des bagnes qui répondent à la situation de guerre civile, mais c’est une répression politique après la guerre civile ».
Revenir sur la chute du Mur de Berlin et la suite est aussi l’occasion de souligner que l’Histoire est parfois… injuste : « C’est une défaite sociale et une défaite morale aussi. Je crois que, ça aussi, ça fait partie du bilan du siècle et qu’on va encore le payer pendant des années et une défaite. Même ceux qui s’y sont opposés, qui ont dénoncé (…) Il fallait que la page soit finalement tournée pour mieux recommencer, pour pouvoir reprendre autre chose ».

Fragments radiophoniques comprend, en plus des entretiens donnés par D. Bensaïd à FPP, quelques contributions de personnalités du monde universitaire et/ou militant (dont Michaël Lowy et Olivier Besancenot) qui remettent en perspective les analyses de Daniel ou encore offrent de nouveaux développements lorsque, à l’évidence, certains thèmes – comme le féminisme ou l’écologie – méritent d’être enrichis.

Ainsi, le féminisme n’était pas étranger à la réflexion et à l’activité du courant marxiste révolutionnaire, ni même aux références théoriques qu’il puisait dans l’histoire du mouvement ouvrier. Pour autant, il est honnête de reconnaître que, l’irruption de la seconde vague féministe, au tournant des années 1960 et 1970 fut parfois conflictuelle vis-à-vis des organisations de la gauche révolutionnaire (y compris la Ligue), pour ne rien dire de la gauche réformiste… Dans cet ouvrage, cette irruption est traitée à l’occasion du 26 août 1970 : le jour où, sous l’impulsion du tout nouveau Mouvement de Libération des Femmes (MLF),  une gerbe fut déposée sous l’Arc de Triomphe à la mémoire de la femme du soldat inconnu. Dans leur contribution, Hegoa Garay et Aria Meroni soulignent que D. Bensaïd fait surtout référence au féminisme des années 70 pour mieux souligner les reculs actuels (6), avec « la disparition des publications féministes et le recul des collectifs combattifs ». Elles lui reprochent, en quelque sorte, de « rester, dans l’interview, dans une certaine ‘zone de confort’ », avant de donner leur éclairage de « la nouvelle vague féministe » et de l’émergence d’une pensée et d’une action nourrie par un « féminisme pour les 99% ».

Aucune des dates retenues par l’équipe de FPP ne permettait de traiter l’émergence de la question écologiste. On peut s’interroger pour savoir si c’est là une difficulté intrinsèque au sujet : quelles dates en effet permettraient de l’illustrer… sinon celles de grandes catastrophes ? Ou bien cet « oubli » est-il révélateur d’une intégration de l’écologie à la « culture Ligue » qui serait récente et resterait finalement superficielle. Il revenait donc à Christine Poupin - dans sa contribution : « L’écocommunisme ou l’écologie contre le capital » - de traiter ce thème. Après avoir signalé le problème : « Tout au long de ses Fragments radiophoniques, le mot écologie n’est pas prononcé une seule fois, ni dans les réponses de Daniel Bensaïd ni dans les questions qui lui sont posées », elle rappelle en citant quelques-uns de ses écrits, que cette question n’était pas étrangère aux préoccupations de D. Bensaïd, en particulier sous l’angle de la critique « des forces productives du point de vue du capitalisme qui peuvent parfaitement se révéler destructrices pour l’avenir de l’humanité ». Mais c’est pour mieux souligner combien cette réflexion critique est datée (7) et « révèle en creux combien la réalité, mais aussi la perception de cette réalité, ont profondément changé : les différentes crises écologiques se sont approfondies et accélérées, elles s’aggravent mutuellement ».  

Passer de l’oral à l’écrit est toujours un exercice périlleux. Mais, au-delà des nombreuses questions brassées au cours des entretiens et des contributions, Fragments radiophoniques a aussi l’avantage de restituer fidèlement ce qui faisait le sel des récits de Daniel, y compris certaines expressions. Au point que, à la lecture, l’on a parfois l’illusion d’entendre son accent chantant…

François Coustal

Notes

(1) Daniel Bensaïd, « Fragments radiophoniques, 12 entretiens pour interroger le vingtième siècle ». Editions du Croquant, janvier 2020.
(2) Hélène Adam, François Coustal, « C’était la Ligue », Editions Arcane 17 et Syllepse. Janvier 2019
(3) Ugo Palheta,  « Prendre les sauts au sérieux ».
(4) Daniel Bensaïd, « Résistances, essai de taupologie ». Editions Fayard, avril 2001.
(5) Bien sûr, l’on pourrait discuter la « qualité » des droits et de la protection sociale dont disposaient réellement les centaines de millions de travailleurs soumis à la dictature bureaucratique…
(6) Les séances de D. Bensaïd à Fréquence Paris Plurielle datent, on l’a dit, des années 2007 et 2008. Les phénomènes qui, comme #MeToo, vont renouveler l’expression du combat féministe n’ont réellement explosé qu’au cours de la dernière décennie. C’est-à-dire après le décès de Daniel.
(7) Le principal texte de D. Bensaïd cité par C. Poupin remonte à l’année 2002.

Type:  Article Vendredi, 12 Février, 2021 - 19:14 Politique
François Calaret

Commémoration pour Ilan Halimi : 15 ans déjà

2 semaines 2 jours ago

Commémoration pour Ilan Halimi : 15 ans déjà
Rassemblement contre les crimes antisémites et tous les actes racistes.
 
Dimanche 14 Février - 14h à Paris devant le jardin Ilan Halimi, 54 Rue de Fécamp dans le 12e arrondissement (Métro Michel Bizot)

Il y a 15 ans, Ilan Halimi était kidnappé, séquestré, torturé et assassiné parce que Juif.
Il était retrouvé le 13 février agonisant sur les rails du RER C. Ilan manque à sa famille et à ses proches. Et nous ne l'oublierons jamais.
Ce sont les stéréotypes antisémites les plus anciens qui ont mené à son assassinat : les Juifs seraient riches et maniganceraient dans l'ombre.
Depuis 2006, de l'école Ozar Hatorah à Toulouse jusqu'à l'Hypercacher de la Porte de Vincennes et à Mireille Knoll, onze hommes, femmes, enfants ou personnes âgées ont été tuées en France parce que Juives.
 Les actes antisémites et les violences racistes sont en augmentation, ici et ailleurs dans le monde.
Les vingt-quatre jours qui ont amené à la mort tragique d'Ilan Halimi nous obligent à une détermination sans faille contre l'antisémitisme et contre toute forme de racisme.
C'est pourquoi le dimanche 14 février à 15h nous appelons, en sa mémoire, ainsi qu'à celle de toutes les victimes de crimes antisémites et racistes, à un rassemblement devant le jardin Ilan Halimi, 54 Rue de Fécamp, Paris 12e.
Nous demandons explicitement qu'aucun drapeau national ne soit brandi, afin de ne pas détourner le sens de cette commémoration.
 
A l'appel de :
Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes
Juives et Juifs révolutionnaires
Mémorial 98                                                                                                                                   Juifves VNR

   
Avec le soutien de : 
Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), SOS Racisme

CGT, FSU, Union syndicale solidaires, Solidaires Étudiant-e-s, Vigilance Informations Syndicales Antifascistes(VISA)

Action révolutionnaire LGBQTI, Ayeka, Collectif Ecolo-Libertaire Action révolutionnaire LGBQTI, Anti-fasciste & Féministe (ELAfF), Collectif Golema,  Collectif Irrécupérables, Collectif Nta Rajel, Comité pour Adama, Editions syndicalistes, IPAM/CEDETIM Jeune Garde, La Horde, Les Amis de La Révolution Prolétarienne (Revue), QTPOC autonomes, SIAMO, Séminaire ETAPE, Transgrrrls, Une autre voix juive (UAVJ), Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE)

 

Ensemble, Fédération Anarchiste (FA), Gauche Démocratique et Sociale (GDS), Génération.S, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste français (PCF), Parti de Gauche, Union Communiste Libertaire (UCL)

Type:  Article Mardi, 9 Février, 2021 - 19:38 Anti-racisme
François Calaret

Ile de France, avec Clémentine Autain !

3 semaines 2 jours ago

Les collectifs d’Ensemble!, mouvement pour une alternative de gauche écologique et solidaire, de la région parisienne se sont réunis en vue de la prochaine échéance électorale régionale.

Ils considèrent que la liste initiée par la France Insoumise menée par Clémentine Autain, constituée sur un programme social, écologique et féministe de rupture avec le libéralisme peut rassembler largement les forces politiques et sociales de gauche et écologistes. Par son appel à une fusion au 2ème tour des différentes listes de gauche et écologistes, elle peut permettre de tourner la page de la gestion de la droite régionale menée par Valérie Pécresse tout en contrant la politique nationale macroniste.

Le monde de Macron devient chaque jour plus insupportable, imposant une politique qui ajoute à la gestion catastrophique et incohérente de la crise sanitaire, des attaques contre les libertés publiques, des atteintes grave à l’état de droit, des choix économiques et politiques qui accroissent les inégalités, généralisent la précarité. Il faut lui donner, tous ensemble, un coup d’arrêt.

Il y a donc urgence à co-construire un programme de justice écologique et sociale. Ce programme doit être radicalement écologiste et radicalement anticapitaliste afin que les combats contre la fin du monde et pour la fin du mois convergent.

Il sera mis en œuvre par des politiques publiques que la nouvelle majorité exercera dans la région Ile de France pour répondre, dans le cadre de ses compétences, aux besoins de ses habitant.es et à la gravité de la situation.
Nous proposons que ce programme régional soit mis en chantier dans des assemblées citoyennes et populaires locales à l'initiative de collectifs militants, d'associations, de syndicats, de forces de l'écologie politique et de la gauche de transformation et dans lesquelles les citoyen·nes « non encarté·es » ont toute leur place.  Il s'agit de poursuivre, et de renforcer le travail commun, et de faire rencontrer et dialoguer des militant·es venu·es de cultures et d’expériences différentes.

Les collectifs d’Ensemble en Ile de France décident de soutenir et de s’impliquer dans cette campagne :

- en envisageant avec l’équipe de campagne autour de Clémentine Autain les modalités de leur insertion dans sa campagne, ainsi qu'avec les forces politiques actuellement partie prenante.

- en  proposant de prendre les contacts nécessaires à tous les niveaux pour contribuer à élargir le rassemblement unitaire, sur le plan des organisations politiques, ou des collectifs de mobilisation sur des enjeux régionaux (Triangle de Gonesse, transports publics, déchets, etc).

Ils entendent œuvrer localement en fonction de l’activité de leurs militant.es pour l’implication des collectifs citoyens dans la campagne.

Ensemble, nous pouvons changer la politique, transformer le rapport des élu.es et des citoyen.nes, pour une alternative démocratique écologique et sociale en Ile-de-France.

Adoptés par la réunion des collectifs d’Ile de France d’Ensemble ! le 2 février 2021

Type:  Article Mardi, 2 Février, 2021 - 20:02 Elections
François Calaret

PACA : le temps de l’alternative est venu, construisons-la ensemble !

3 semaines 3 jours ago

Appel aux citoyen.ne.s, aux partis et aux organisations pour le rassemblement des écologistes, des forces sociales et de la gauche aux élections régionales de 2021.

Nous, habitant·es de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, membres de collectifs citoyen·nes, élu·es, militant·es politiques, syndicaux ou associatifs, affirmons par cet appel notre volonté de construire un rassemblement inédit, dès le premier tour.

Nous voulons une région qui s’engage résolument vers une transition écologique pour lutter contre le réchauffement climatique, pour un développement économique vertueux, et la réduction des inégalités. Nous voulons une région qui refonde l’exercice démocratique, en co-construisant l’avenir avec ses habitant·es.

La pandémie de la COVID 19 a aggravé les inégalités et la pauvreté déjà fortes sur notre territoire, et révélé la fragilité de notre tissu économique et social. Cette crise touche toutes les générations, et la jeunesse particulièrement. Le changement climatique est déjà bien visible avec des conséquences désastreuses pour notre région, comme la tempête Alex qui a dévasté des vallées des Alpes Maritimes, ou les épisodes de sécheresse de plus en plus nombreux qui menacent nos équilibres (biodiversité, sécurité alimentaire et sanitaire,…).

La gestion chaotique de la crise sanitaire et les prises de décisions autoritaires du gouvernement accroissent la défiance des citoyen.ne.s et nourrissent l’abstentionnisme. Dans notre région et les départements gérés par Les Républicains et leurs alliés, et face au danger de l’extrême droite, nous payons cher, au quotidien, cinq années d’affaiblissement des services publics, de contraction des budgets sociaux, de réduction des aides au secteur associatif, cinq années de clientélisme, de stigmatisation des plus fragiles, de politiques environnementales et culturelles largement insuffisantes.

En cette période de crises sociale, écologique, sanitaire, culturelle et démocratique sans précédent, en ces temps de régressions, il est urgent d’écrire une autre histoire.

Il est temps d’agir !

Il est temps de construire des politiques publiques tournées vers l’intérêt général, le développement d’emplois durables et de services publics de qualité, la préservation des espaces agricoles, littoraux et naturels rongés par l’artificialisation.

Il est temps de construire des politiques publiques ambitieuses en faveur des habitant·es pour que notre région cesse d’être l’une des plus inégalitaires de France, en s’engageant pour une meilleure répartition des richesses, et pour les solidarités et le bien vivre en région Provence Alpes-Côte d’Azur.

Il est temps :

    De réhabiliter et développer les services publics de la région (construction et entretien des lycées, formation professionnelle et formation des infirmier.es, transports ferroviaires et maritimes, politique culturelle et patrimoniale,…)
    De s’opposer aux privatisations initiées par la majorité actuelle
    De renforcer d’autres services publics de proximité indispensables comme la santé, y compris dans les territoires ruraux,
    De relocaliser et transformer l’économie vers un non-productivisme (recherche, industrie, tourisme, services, agriculture) et promouvoir les emplois locaux à forte utilité sociale et environnementale, en soutenant artisans, TPE et PME, en accélérant le développement de l’économie sociale et solidaire et en conditionnant les aides au respect des normes sociales et écologiques,
    De changer notre regard sur la nature et le vivant pour construire chaque politique en fonction de ses impacts sur l’environnement
    De lutter contre les grands projets inutiles à la population et dévastateurs pour la biodiversité, et veiller à la sécurité alimentaire de nos concitoyens en encourageant une agriculture de proximité, paysanne et bio
    D’associer pleinement, et tout au long du mandat, les citoyen.ne.s à l’élaboration de la prise de décision dans notre région, avec notamment la participation citoyenne en amont des politiques publiques, les référendums d’initiative citoyenne et les budgets participatifs.

Notre région est attractive et dispose de tous les atouts pour devenir un territoire à l’avant-garde du “monde d’après” que l’ensemble des citoyen.ne.s engagé.e.s veulent construire.

En effet, déjà, nous nous organisons : des marches pour le climat, en passant par le mouvement des gilets jaunes, les mobilisations étudiantes, ou celles pour l’emploi, les retraites et la défense des services publics de santé et d’éducation, la mobilité pour toutes et tous. De l’entraide alimentaire, aux luttes pour l’égalité femme / homme, contre le racisme et les discriminations, ou encore l’aide aux réfugiés, nous sommes nombreu.ses à être mobilisé.e.s et disponibles pour prendre notre part à l’indispensable transformation de notre région.

Pour porter cette alternative, et face au gouvernement qui aggrave la situation, nous estimons qu’il est de notre responsabilité d’être rassemblé.e.s autour d’un mouvement large, inclusif et porteur d’espoir.

Nous appelons tou.te.s les citoyen.ne.s et les organisations écologistes, sociales, régionalistes et de gauche à faire vivre cet appel et prendre part au mouvement.

Bâtissons ensemble un nouveau projet afin de dynamiser notre région et nos départements !

Premiers signataires :

Christophe ALBERTINI – Place publique – 13 Marie-José ALLEMAND – Première secrétaire fédérale du PS des Hautes-Alpes – 05 Patrick AMICO – Adjoint au maire au logement – Marseille – 13 Hervé ANDRES – Militant pour les droits humains et pour les mobilités non polluantes – 06 Ariane ASCARIDE – Actrice – 13 Joël AUBERT – Retraité de l’aéronautique – 04 Jérémy BACCHI – Sénateur – Secrétaire PCF13 Mounia BANDERIER-ZAHIR – Place publique – 13 Sébastien BARLES – Adjoint au maire à la transition écologique – Marseille – 13 Benoit BAUDRY – Membre de la convention citoyenne pour le climat – 13 Leila BECARD – Adjointe Mairie 1/7ème – Marseille – 13 Delphine BELHOMME – Syndicaliste – 13 Lobna BEN HASSINE – Professeur – 13 Samy BENFERS – Conseiller municipal Marseille – 13Lamine BENMAA – Syndicaliste étudiant – 13 Nacera BENMARNIA – Adjoint au maire de Marseille – 13 Jean Luc BENNAHMIAS – Député européen 2009/2014 – 13 Christian BERNEZET – Génération.S – 83 Jimmy BESSAIH – Enseignant en gestion et protection de la nature – 13 Aldo BIANCHI – Marseille et moi – 13 Jean-Marc BLUY – Adjoint à la maire d’Avignon – 84 Daniel BŒUF – Président d’une maison d’enfants à caractère social – GRS 13 Loïc BONNIER – Membre du Parti Pirate, Conseiller d’arrondissement premier secteur de Marseille – 13 Isabelle BORDET – Adjointe au maire du premier secteur de Marseille – 13 Bernard BORGIALLI – Cheminot, syndicaliste – 13 Camille BORIES – Génération.S – 06 Christian BOSQ – Conseiller municipal Marseille – 13 Paul BOUFFARTIGUE – Chercheur en sociologie – 13 Jacques BOULEISTEX – Astrophysicien – 13 Sylvaine BOURQUIN – Militante altermondialiste – 06 Géraldine BOYER – Membre du Bureau exécutif national EELV Véronique BRAMBILLA – Conseillère municipale de Marseille – Nouvelle Donne – 13 Zohra BRIAND – Gilet Jaune – 06 Barbara BROUCHOS – Ensemble ! – 13 Magali BRUNEL – Universitaire, élue à Toulon – 83 Marilyne BRUNET – Enseignante, gilet jaune – 83 Christian BRUSCHI – Réinventer la Gauche – 13 Christophe BUGNANI – Marin de commerce – 13 Catherine BUSSAT – Place publique – 13 Noam CABES – Metteur en scène, Président de l’Aprova 84 – 84 Philippe CAHN – Adjoint au maire du premier secteur de Marseille – 13 Dominique CALMET – Association de protection de l’environnement – 83 Sophie CAMARD – Maire du premier secteur de Marseille – 13 Yves-Marie CARDINE – Lutte pour la fermeture de l’aéroport d’Avignon – 84 Margaux CARENZO – Militante associative de l’éducation populaire – 06 Odette CASANOVA – Ancienne députée du Var – Ancienne Vice-Présidente du Conseil Régional – Féministe – 83 Elvira CEREZO – Graphiste – 84 Samia CHABANI – Sociologue, Militante associative – 13 Chantal CHASSERIAUD – Conseillère municipale du Cannet – 06 Nora CHOUBANE – Génération.S – 06 Edith CHOURAQU – Militante pour l’accès à la culture – 04 Florence CIARAVOLA – Ensemble ! – 06 Dominique CLARAZ – Nouvelle Donne – 13 Daniel CLERC – Agriculteur Bio – 84 Jean-Pierre COCHET – Conseiller municipal Marseille – 13 Stéphane COPPEY – FNE 13 – 13 Jean-Marc COPPOLA – Adjoint au maire à la culture – Marseille – 13 Elie CORDIER – Porte parole mouvement Gap Autrement – 05 Jimmy COSTE – GRS – 83 Francine DAERDEN – EELV – 05 Mireille DAMIANO – Tête de liste de Viva à Nice – Avocate – Syndicaliste – Militante des droits de l’homme – 06 Marc DAUNIS – Ancien Sénateur-Maire de Valbonne – 06 Agnès DAURES – Contrôleur fiscal – 13 Anne-Lise DEL MALANDRINO – Infirmière – Gilet jaune – GdS – 04 Marianne DE POURQUERY – Retraitée – Responsable du collectif de solidarité avec les réfugiés de Sisteron – 04 André DE UBEDA – Co-secrétaire PCF 83 Pauline DELAGE – Ensemble ! – 13 Arnaud DELCLASSE – Responsable de coopérative – GRS – 06 Nicole DELFINO – Co-secrétaire PCF 05 Annick DELHAYE – Ancienne vice présidente du Conseil Régional PACA – 13 Ninuwé DESCAMPS – Conseillère municipale de Pourrières – 83 Éric DESHAYES – Adjoint à la maire d’Avignon – Génération.S – 84 Pierre DHARREVILLE – Député BDR – 13 Marane DOMEIZEL – Adjointe au maire de la Tour d’Aigues – Génération.S – 84 Claude DOMEIZEL – Sénateur honoraire – 04 Jérôme DUBOIS – Maire de Volx – 04 Olivier DUBUQUOY – Chef de file EELV aux élections régionales – 83 Jacqueline DURANDO – Défense des services publics – GRS – 13 Rémy DUTHERAGE – Co-Référent Nouvelle Donne Bouches du Rhône – 13 Agnès DUVERNEY – Génération.S – 84 Capucine EDOU – Génération.S – 13 Jean-Claude EYRAUD – Responsable économie solidaire et sociale – 05 Christine FALLER – Professeure – 83 Clémentine FARDOUX – Ensemble ! – 13 Farid FARYSSY – Avocat – 84 Hervé FECCHINO – Militant syndical cheminot (ER) – 83 Barbara FIORINI-BEKALI – EELV – 13 Charlène FLEURY – Militante climat – 13 Loïc FORTUIT – Enseignant, Syndicaliste – 06 Esther FOUCHIER – Militante féministe – 13 Philippe FOULQUIE – Militant culturel – 13 Loïc GACHON – Maire de Vitrolles – 13 Xavier GARCIA – 1er Secrétaire fédéral du PS – 06 Audrey GARINO – Adjointe au maire à la solidarité – Marseille – 13 Patrick GARNON – Conseiller municipal de Manosque – 04 Jean GATEL – Ancien secrétaire d’état – 84 Pierre-Fabrice GIOVANAZZI – Enseignant – 06 Mathilde GIRAUD – Restauratrice – 05 Hélène GOLDET – Militante associative – Groupe réinventer la gauche (RLG) – 13 Anthony GONCALVÈS – Cancérologue, Professeur des universités – 13 Josette GONZALES – Avocate, Responsable association contre les violences conjugales – 13 Denis GRANDJEAN – Conseiller municipal d’Aubagne – EELV – 13 Elyane GRANGIER – Foll’avoine, collectif anti OGM et anti pesticides – 84 Patrick GRIMALDI – Conseiller municipal Istres, Conseiller métropolitain – GRS – 13 Robert GUEDIGUIAN – Réalisateur – 13 Aïcha GUEDJALI – Conseillère municipale déléguée Marseille PM – GRS – 13Eliane GUIGO – Co-secrétaire du PCF 06 Julien GUIMARD – Vallée du Gapeau en transition – 83 Haouaria HADJ CHIKH – Conseillère départementale 5éme canton Marseille – GRS – 13 Fabienne HALOUI – Conseillère municipale d’Orange – 84 Houria HANNACHI – Militante quartiers populaires Aix – 13 Cécile HELLE – Maire d’Avignon – 84 Nancie HERBIN – Génération.S Var – 83 Anne-Sophie HERREWYN – Infirmière, gilet jaune – 13 Jean HERTSCH – Maire de Fos sur Mer – 13 Christophe HUGON – Parti pirate – 13 Pierre HUGUET – Adjoint au maire à l’éducation de Marseille – 13 Michel INGRAND – Agriculteur-forestier – 05 Robert INJEY – Directeur “Patriote Côte Azur” – 06 Rémy JEAN – Ensemble ! – 13 Samy JOHSUA – Ensemble ! – 13 Catherine JOUANNEAU – Enseignante, Syndicaliste – 83 Chadly KARAMANE – Responsable associatif Marseille Nord, créateur de Label Vie – 13 Annick KARSENTY – Militante féministe – 13 Marwan KHEBICHAT – Allons enfants – 84 Karim KHELFAOU – Médecin – 13 Sabrina LACHAL – Citoyenne en reconversion dans l’agriculture – 84 Martine LAFLUTTE – Place publique – 13 Alexandra LAMROUSSIA – Militante associative dans les quartiers populaires – 05 Fabienne LANGOUREAU – Enseignante – 06 Alexandre LATZ – Référent Place Publique – 13 Luc LEANDRI – Co-chef de file LFI aux élections régionales – 83 Pierre LECOMTE – Auto-entrepreneur, militant citoyen – 05 Pascaline LECORCHE – Référent Place Publique 13 Geneviève LEGAY – Militante altermondialiste – 06 Alain LEMOINE – Conseiller municipal du Beausset – Nouvelle Donne – 83 Gaëlle LENFANT – Conseillère municipale d’opposition – Aix en Pce – GRS – 13 Jean-Ronan LE PEN – Journaliste – Militant écologiste – Jacques LERICHOMME – Ancien Conseiller régional – 83 Jean Paul LEROUX – Ensemble ! – 05 Philippe LEROY – Conseiller municipal de Toulon – Toulon en commun – 83 Bernard LETERRIER – Ancien maire de Guillestre – 2008-2020 – 05 Odile LHERITIER – Enseignante – 13 Sylvain LIAUTARD – Président Forum Citoyen – 04 Arnaud LINARD – Co référent Génération.S des Alpes Maritimes – 06 Raymond LLORET – Fondateur du mouvement citoyen pour l’avenir d’Aubagne – 13 Nicole LORANT – Magistrate honoraire – 13 Marie-Line LYBRECHT – Adjointe au maire du premier secteur de Marseille – 13 René-Paul MAGES – Militant Nouvelle Donne – 83 Natacha MALET – Cheminote, syndicaliste – 13 Giampiero MANCINELLI – Adjoint au maire du premier secteur de Marseille – 13 Dominique MANIGAND-GORZALA – Militante Nouvelle Donne – 06 Elsa MARGUERITE – Etudiante en master santé, environnement et politique – 05 Nathalie MARIN – Cheminote – 83 Eugénia MARINE BARJOAN – Médecin de santé publique – 06 Jean-Alain MAZAS – 1er Adjoint au maire de Suzette – GdS – 84 Nora MEBAREK – Députée européenne – 1ère Secrétaire fédérale du PS des Bouches-du-Rhône – 13 Christophe MERLINO – Responsable association de parents d’élèves – 13 Marina MESURE – Co-cheffe de file LFI aux élections régionales – 13 Florence MILLER – Militante écologique (contre la bétonisation des rives du Rhône) – 84 Natacha MONDONGOU – Infirmière – 13 Karim MOUACI – Fiscaliste, chef d’entreprise – 13 Valérie MOUETTE – Citoyenne – 05 Chantal MOUTET – Ancienne Conseillère municipale du Pradet – 83 Laurent MUCCHIELLI – Sociologue, directeur de recherche au CNRS – 13 Ibrahim MZE – Militant éducation populaire – 13 Jean-Pierre NADDEO – Place publique – 05 David NAKACHE – Militant des droits de l’homme – 06 Marie-Luz NICAISE – Ancienne Conseillère municipale de Nice – 06 Jean-Jacques NOIZAT – Place publique – 13 Alice ODIOT – Réalisatrice – 13 Alexia OHANNESSIAN – Place publique – 13 Djelloul OUARET – Conseiller municipal de Septèmes – Responsable d’association éducation populaire quartiers prioritaires – 13 Franck PARA – Conseiller municipal de Manosque – GRS – 04 Jean-Marc PARODI – Retraité – Ancien syndicaliste – 04 Christian PELLICANI – Président national MNLE – 13 Marc PENA – Président du groupe “Aix en Partage” au Conseil municipal d’Aix en Pce – 13 Emmanuel PERREAU – Urbaniste – 13 Michel PHILIPPO – Militant pour la décarbonation du BTP – 05 Vanessa PICARD – Militante – 05 Hervé PIGHIERA – Une marche pour l’environnement – 04 Hélène POTHEAU – EELV – 84 Joël PRUVOT – Refuges solidaires – 05 Aurore RAOUX – Conseillère départementale 13 Olivier REPELLIN – Place publique – 13 Laurent RICHARD – Enseignant – 83 Younès RIFAD – Conseiller d’arrondissement du premier secteur de Marseille – 13 Virginie ROCHE – Adjointe au maire du premier secteur de Marseille – 13 Thomas ROLLER – 1er Secrétaire fédéral du PS – 83 Valérie ROMBONI – Conseillère Municipale de Six fours – GRS, agent immobilier – 83 Roger ROUX – Syndicaliste paysan – 06 Michèle RUBIROLA – Première adjointe au maire de Marseille – 13 Nicole RULLAN – Maire de Correns – 83 Nicolas RUTILY – Citoyen engagé pour Marseille – 13 Gil SAUSE – Militant Nouvelle Donne – 04 Lara SCHAFER – Militante syndicale, lutte des femmes de chambre – 13 Irène SCHAUB – Co-Référente Nouvelle Donne Bouches du Rhône – 13 Philippe SENEGAS – Ancien Directeur régional de l’environnement et militant des droits de l’homme – 13 Julien SORET – Co référent Génération.S – Marseille – 13 Lucien STANZIONE – Sénateur du Vaucluse – 84 Laure SURROCA – Co référente Génération.S – Aix en Pce – 13 Jeanne THIEMONGE – EELV – 06 Floriane TOUATI – Étudiante – 13 Laurent TRAMONI – Enseignant, syndicaliste – 13 Paola VALENTI – Administratrice Mobilités Alpines – 04 Christine VANDRAME – Ballon rouge – 13 Alain VIDEAU – Ingénieur retraité, Militant Nouvelle Donne – 83 Marie-Anne VOLLAND – Militante Nouvelle Donne – 84 Marc VUILLEMOT – Ancien Maire de La Seyne et ex-vice président de TPM – GRS – 83 Daniel VUILLON – Membre fondateur des AMAP en France – 83 Germaine WATINE – Co-fondatrice de SOS Femmes – 13 Katia YAKOUBI – Militante associative dans les quartiers populaires – 13 Joëlle ZASK – Philosophe – 13

Type:  Article Lundi, 1 Février, 2021 - 11:51 Elections
François Calaret

Vaccins Covid : biens communs ou source de profits infinis ?

3 semaines 3 jours ago

Vaccins Covid : biens communs et issue possible à la crise

ou source de profits infinis pour Big Pharma ?

La pandémie du Sars-Cov2 et les enjeux autour de la vaccination illustrent l’incapacité du système capitaliste néolibéral à répondre aux besoins de santé des populations. Sa faillite est éclatante dans la crise majeure que nous affrontons.

Les entreprises du Big Pharma ne sont pas des entreprises philanthropiques. Leur objectif prioritaire est de faire un maximum de bénéfices afin de maintenir les dividendes de leurs actionnaires. Cela va de l’organisation de la production jusqu’à la négociation des meilleurs prix avec les pouvoirs publics sur un marché du médicament rendu solvable par les systèmes de protection sociale quand ils existent.

C’est au nom de ces objectifs que ces entreprises développent leur stratégie de recherche de la rentabilité à court terme :

-Développement de la sous-traitance et production à flux tendu entrainant régulièrement des ruptures d’approvisionnement des pharmacies.

-Délocalisations, à la recherche d’une baisse des couts de production

- Recherche sacrifiée avec la fermeture par exemple de nombreux centres de recherche chez Sanofi ces dernières années, et jusque tout récemment, tout en empochant les fameux crédits d’impôts recherche et développement.

C’est la même logique que les gouvernements néolibéraux appliquent à la recherche publique, finançant s’il y a un espoir de profit à court terme, mais coupant les vivres si celui-ci s’éloigne. A l’exemple de la recherche de l’équipe du professeur Canard sur… les coronavirus dans les années 2010.

Pour assurer leurs profits les entreprises du médicament disposent de nombreux leviers. Elles agissent sur les autorités sanitaires auprès desquelles - quand ce n’est pas directement en leur sein ! - elles exercent un lobbying intense en s’appuyant sur des professionnels ayant travaillé pour elles et se trouvant en position caractérisée de conflit d’intérêt. On le voit dans les pressions exercées pour ralentir les enquêtes de pharmacovigilance, étouffer les alertes comme l’a montré l’affaire du Médiator ou échapper à leur responsabilité avec plus récemment l’affaire de la Dépakine chez les femmes enceintes. Elles entretiennent aussi tout un réseau de relations avec les cabinets ministériels, des hommes et des femmes politiques, et des professionnels faisant parfois des allers et retours entre le privé et le public.

Le cœur de ce système c’est le régime de la propriété intellectuelle qui garantit pour au moins 20 ans, au travers des brevets, l’exclusivité de production et de commercialisation et offre ainsi une arme décisive au moment de la négociation des prix notamment pour les traitements constituant une réelle avancée thérapeutique. Ce fut le cas par exemple pour le traitement du portage chronique de l’ hépatite C en 2014 qui fut mis sur le marché en France pour la somme de 42 000 euros après négociation. Et pour couronner le tout c’est maintenant le secret des affaires que les labos ont obtenu en imposant la confidentialité sur les contrats négociés pour les vaccins alors qu’il s’agit d’argent public qui échappe ainsi à tout contrôle parlementaire.
Face à ce dispositif, les gouvernements et les Etats sont impuissants s’ils respectent ces règles et le plus souvent complices quand ils organisent la défense des intérêts économiques et financiers des laboratoires pharmaceutiques. Le gouvernement Macron en donne une illustration éclatante.

Ainsi en juillet 2018, les entreprises françaises du médicament ne pouvaient cacher leur joie exprimée dans un communiqué pour « saluer l’esprit de réforme qui anime le gouvernement » dans les mesures annoncées par Edouard Philippe et présentées au conseil stratégique des industries de santé…

Il n’est plus possible de laisser à des intérêts privés le soin de répondre à des besoins collectifs universels. Les produits de santé, les médicaments, les vaccins doivent être reconnus comme des biens communs de l’humanité, comme un bien public partagé, de la recherche à la production et la distribution. Les récents développements sur les vaccins Covid de Pfizer-Biontech l’indiquent clairement : protégée derrière un brevet cette entreprise s’avère incapable d’honorer les commandes passées et tandis que des chaînes de production susceptibles d’être mobilisées restent à l’arrêt. Pendant ce temps le virus continue de circuler et les variants risquent de se multiplier.

Là où il faudrait développer la coopération et l’entraide, entre les pays et les peuples, c’est la concurrence mortifère qui règne et les inégalités qui se creusent entre pays riches et pays pauvres ou émergents (Inde, Brésil…). Comme si le virus respectait les frontières. Que ce soit du point de vue éthique ou du point de vue de l’efficacité dans la lutte contre le virus, le quasi-monopole sur les commandes des pays les plus riches est inacceptable et désastreux. L’effort au niveau international doit porter sur la création sans délais des conditions à même d’assurer une vaccination de masse à l'échelle mondiale avec les vaccins disponibles, et à même également de favoriser le développement de solutions vaccinales qui soient les plus adaptées aux conditions sanitaires des pays sous-développés, en Afrique et en Asie du Sud notamment.

Quant au gouvernement Castex, après le scandale des masques et des tests l’an dernier, il se retrouve prisonnier de sa doxa néolibérale. Il a pris du retard dans l’organisation d’une campagne de vaccination et a envisagé de bricoler à la hâte une augmentation des délais entre les deux injections. Alors qu’il y a urgence à vacciner les populations, notamment les plus fragiles et les soignant.es, les vaccins arrivent au compte-goutte dans les centres, ce qui conduit à annuler des rendez-vous.

A partir d’une critique radicale des conditions marchandes de la mise en œuvre de la vaccination, il faut donc favoriser la construction d’un large front citoyen, politique et social, autour des exigences propres à assurer son succès dans la lutte contre la pandémie : réquisitionner les brevets, faire produire les formulations qui marchent dans toutes les usines disponibles, générer des nouveaux vaccins résistants aux nouveaux variants (seul le brésilien pose problème pour l'instant, pas l'anglais), lancer des essais dès maintenant pour être prêts si un des variants résistants devient majoritaire…

Face aux gouvernements qui se soumettent au pouvoir exorbitant des grands groupes pharmaceutiques c’est une tout autre voie qu’il faut tracer à l’échelle internationale, en commençant par l’UE, comme au plan national. Il faut en finir avec l’appropriation privée des vaccins, défendre leur mise à disposition comme biens communs sous licence publique. Il faut utiliser les procédures d’ailleurs prévues à L’OMS sur la licence d’office en cas d’urgence sanitaire. L’Inde et l’ Afrique du Sud l’ont demandé à l’OMC en novembre dernier. L’Union Européenne, les USA, la Grande Bretagne s’y sont opposés… Il faut réquisitionner les usines capables de mettre en place rapidement des chaines de production pour produire des vaccins pour tous et toutes. En France il faut engager un processus de construction d’un véritable service public du médicament constitué en pôle public et jeter les bases de la restauration et du développement d’un véritable réseau de santé publique de proximité.

Il faut poser dans les mêmes termes la question du développement d'un traitement. La différence étant quand même qu'à ce stade il n'existe pas encore de traitement ayant fait ses preuves, alors qu'il existe des solutions vaccinales efficaces. Pour autant la recherche dans ce domaine est essentielle et devrait mobiliser bien plus d'efforts, notamment sur le terrain de la recherche fondamentale et pas seulement du côté du recyclage de molécules existantes. 

En réalité, il n'y  pas lieu de renoncer à l'objectif de parvenir à circonscrire efficacement la pandémie par la vaccination. En tout cas il n'y a pas de motif scientifique décisif à ce renoncement. Mais il n'y a pas lieu non plus de découpler l'organisation de la société en temps de pandémie des conditions propres à assurer le succès de la vaccination. La question est celle des conditions politiques, économiques et techniques capables de concourir à un succès décisif de la vaccination face à la pandémie et des conditions démocratiques d’une gestion plus efficace de la crise. Gestion centrée sur l’objectif de défendre la société plutôt que de défendre les grands groupes capitalistes.

En premier lieu, cet objectif exige l’augmentation du nombre de lits à l’hôpital public avec les embauches correspondantes pour permettre les soins nécessaires aux malades, l’augmentation des salaires des soignant.es, la gratuité de l’accès aux masques. Face à un gouvernement qui n'est toujours pas capable d'assurer la réalisation effective d'une stratégie de dépistage couplée à une stratégie efficace de recherche des cas contacts pour circonscrire les chaînes de contamination, et qui n'est pas capable d'assurer la mise en œuvre d'un séquençage plus systématique des virus en circulation pour repérer la présence des nouveaux variants et en mesurer l'incidence géographique, il faut défendre la mobilisation des ressources humaines, techniques et logistiques à même d’assurer la réalisation de tels objectifs.

En partant du fait qu'en définitive le gouvernement ne se sert que d'un seul outil - le confinement - dans une logique binaire de "stop and go", du fait qu’il n'accompagne pas comme il le faudrait le choix de faire fonctionner les établissements scolaires, notamment en termes de moyens humains, ne serait-ce que pour assurer les remplacements, qu’il a fermé totalement les facultés avec les conséquences catastrophiques que l'on sait, qu’il laisse crever des secteurs entiers - les cinémas et le spectacle vivant, les librairies, la petite hôtellerie-restauration, le monde des saisonniers du tourisme, etc.-  il faut avancer des propositions alternatives qui mettent la démocratie et la défense de la société dans son ensemble au cœur de leurs objectifs. Il faut inventer et promouvoir d’autres solutions reposant sur l’alternance (au travail, à l’école, à l’université, dans les transports…) et l’adaptation cohérente des usages aux contraintes imposées par la pandémie.

Le gouvernement Macron-Castex a laissé entendre pendant une semaine qu’un nouveau confinement était imminent, pour ensuite temporiser le vendredi 29 janvier. Emmanuel Macron hésite sur la marche à suivre mais il ne propose depuis mars 2020 aucun moyen pour que les enjeux sociaux et sanitaires  de la situation soient débattus et maîtrisés collectivement, avec les collectivités territoriales,  les syndicats, les associations, les citoyen-nes qui subissent la crise. La même semaine, il annonçait la dissolution de la mission d’information de l’Assemblée Nationale sur la gestion de la crise Covid…

Bref, face à un gouvernement qui conduit une politique cynique et incompétente, assise sur un seul dispositif mis en œuvre par intermittence quand la dynamique de l'épidémie lui échappe, qui dépense des milliards pour soutenir les grands groupes qui licencient (Carrefour par exemple) au lieu de soutenir la société, il faut imposer une gestion collective et démocratique de la crise sanitaire et défendre une autre politique de santé et notamment des vaccins considérés comme des biens communs ainsi que la solidarité et le salaire socialisé avec la  sécurité sociale... Dans ce cadre il faut nous opposer aux quatre milliards d’économie imposés au secteur de la santé.

Groupe de réflexion sur la crise sanitaire

(chercheuses.eurs, praticien.nes et militant.es d’Ensemble et d’Ensemble Insoumis)

Type:  Article Lundi, 1 Février, 2021 - 11:48 Santé
François Calaret

Message de solidarité au Bloc de gauche

4 semaines 1 jour ago

Nous publions ci dessou un message de solidarité adressé au camarades du Bloc de gauche au Portugal

"Chère Catarina Matins, chers camarades du Bloco,

C’est avec intérêt et attention que, depuis le 9 septembre et l’annonce de la candidature de Marisa, nous avons suivi votre campagne présidentielle.

Mener une campagne électorale sans réellement pouvoir aller au contact de la population du fait de la pandémie était un défi supplémentaire pour le parti révolutionnaire qu’est le Bloco. Sur tous les axes, qui nous sont communs, défense du système de santé, lutte contre le racisme et pour l’égalité, réponses éco-socialiste à la crise climatique, justice sociale et bataille pour l’emploi, solidarité internationale, Marisa Matias a cependant inlassablement porté les réponses et propositions du Bloco.

Le résultat de dimanche soir, loin des attentes et des espérances, est évidemment une déception que nous partageons.

La réélection, certes sans surprise, de Marcelo Rebelo de Sousa n’est pas une bonne nouvelle ni pour la gauche ni pour le pays ni pour l’Union européenne. Le résultat du démagogue leader de l’extrême-droite, qu’est venue soutenir Marine Le Pen, est autrement plus grave, il constitue un danger et sérieux avertissement.
Nous avons lu, avec là encore beaucoup d’attention, le discours de Marisa Matias dimanche soir puis celui de Catarina Martins au nom du Bloco. Ces deux interventions donnent beaucoup de clés pour comprendre et, surtout, pour armer les militantes et militants afin que le Bloco continue d’être une force utile pour la classe ouvrière et la jeunesse et pour le pays tout entier en continuant de proposer des réponses écologistes et anticapitalistes à la crise et d’aider à la mobilisation des salariés et de la population. Elles disent aussi l’importance du travail qui reste à faire pour s’opposer à la progression de l’extrême-droite.

Parce que le Bloc de gauche a montré, depuis plus de 20 ans maintenant, sa capacité à rassembler, proposer et mobiliser pour construire une société solidaire, nous savons que, collectivement et démocratiquement, vous saurez relever ces défis.

C’est avec cet espoir que nous vous assurons chère Catarina Matins, chers camarades du Bloc de gauche, de la solidarité et de l’amitié des militantes et militants d’Ensemble !, mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire.

Le mouvement Ensemble"

Type:  Article Mercredi, 27 Janvier, 2021 - 17:58 International
François Calaret

Après Trump... Rencontre - débat

1 mois 1 semaine ago

A l’invitation de la commission internationale d’Ensemble!

RENCONTRE DÉBAT

jeudi 21 janvier

à 18h30 heures par Zoom*

Invitation dans le fichier joint

avec John BARZMAN, Historien, professeur émérite, il a milité aux États-Unis et en France.

Fichier attachéTaille Invitation et lien zoom529.95 Ko Type:  Article Vendredi, 15 Janvier, 2021 - 18:46 International
François Calaret

COVID : face à la nouvelle flambée du virus, l’urgence d’une campagne vaccinale de masse

1 mois 1 semaine ago

 

Une reprise mondiale de la Pandémie

Les  Etats Unis  enregistrent le  chiffre  effrayant de 3998 morts par jour avec une  tendance nette à l’augmentation et une situation catastrophique à Los Angeles. On mesure là les conséquences du laissez-faire de Trump, mais il ne faut pas se bercer de mots : la situation n’est nulle part totalement maitrisée, même dans les pays ayant décrété (prématurément) une  victoire sur le virus. La  pandémie  continue à sévir au niveau mondial.

La Chine, bien qu’isolée du reste du monde, enregistre deux nouveaux clusters, notamment à Shijiazhuang, territoire qui  compte 11 millions d’habitants, capitale de la province du Hebei, qui entoure Pékin (51 contaminations auxquelles s’ajoutent 69 cas asymptomatiques). On est certes très loin des chiffres américains et européens, mais cela montre que la menace reste présente.

Une situation très inquiétante en Europe

En Europe, la situation se caractérise hors de France, et plus particulièrement  en Grande Bretagne, en Allemagne et en Suisse, par une  nouvelle flambée  épidémique très inquiétante. Le Royaume-Uni enregistrait 60 000 nouveaux cas et 1035 morts le 9 Janvier… En Allemagne la situation connaît une brusque détérioration qui témoigne du caractère assez imprévisible de la dynamique de l’épidémie. Le 28 Août le pays déclarait 114 décès pour 1 million d’habitant.es, le 28 octobre il déclarait 122 décès et le 10 janvier, après le second confinement et globalement avec une maîtrise de la situation jugée généralement meilleure qu’en France, l’Allemagne déclarait 500 décès pour un million d’habitant.es…

La  flambée au Royaume-Uni semble être due en  grande partie à l’apparition d’un mutant viral particulier qui présente non pas encore un taux de létalité modifié, mais  a priori une contagiosité nettement supérieure. Cette mutation  est différente d’une autre, dite Sud-Africaine, pour laquelle des inquiétudes existent concernant sa nocivité chez des sujets plus jeunes. Les  anticorps  produits  par  les  vaccins  sont  apparemment  (et pas  que  pour  Pfizer)  toujours effectivement neutralisants pour ces deux variants. Mais évidemment le risque existe d’une nouvelle mutation du virus qui contredirait leur efficacité. Or ces variants, sont  déjà présents  sur le  sol  français, en particulier le variant dit « anglais » pour lequel il existe d’ores et déjà plusieurs clusters identifiés et une enquête en cours de santé Publique France pour tenter d’en mesurer l’incidence sur le territoire français. La situation en France met d’ailleurs de ce point de vue en évidence un retard dans l’effort pour assurer un séquençage plus systématique des virus en circulation, permettant d’identifier les variants.

Dès lors, il faut prendre acte du fait que le développement de la pandémie comme l’évolution du virus restent largement imprévisibles et en tout cas très difficiles à modéliser. L’épidémie connait des flambées régulières, régionales le plus souvent, et a priori, rien ne permet de penser que cette dynamique va cesser. De même le risque d’une mutation du virus qui accentuerait sa viralité et sa létalité ne peut être négligé.

Et quoiqu’il en soit la menace d’une nouvelle flambée de l’épidémie aux conséquences extrêmement graves est à l’ordre du jour.

Pour une stratégie vaccinale offensive visant en priorité les sujets à risque et les soignant.es

Dans ce contexte, la mise en œuvre d’une stratégie vaccinale ciblant en priorité les populations les plus à risque et les soignant.es, avec les vaccins disponibles et offrant des garanties solides compte tenu des tests qui ont été réalisés et compte tenu également de données de l’observation pour les populations déjà vaccinées, est une réponse adaptée. Cela se justifie compte tenu du risque particulièrement grave que nous fait courir la pandémie. Les premiers résultats de phase 3 et « phase 3 intérim » justifient donc une stratégie  vaccinale offensive, stratégie que, pour le moment, le gouvernement ne s’est pas donné les moyens de mettre en œuvre. Pour autant, on ne doit pas se masquer que plusieurs paramètres, dont la durée de protection et la persistance des anticorps induits (et la  variation individuelle  de  ces données), nous échappent encore. Et bien sûr la survenue possible d’effets secondaires à long terme justifie la tenue d’un registre national des  vacciné.es et le suivi d’échantillons de population, dans le cadre d’une étude poussée et rigoureuse de pharmacovigilance, et non une  vaccination à l’aveugle. Ces mesures dont il n’est pas certain que le gouvernement ait prévu de les prendre doivent impérativement être mises en oeuvre.

On peut  discuter pour savoir si  les  vaccinés seront «  non contaminateurs » ou  simplement « protégés », ou encore protégés seulement contre les  formes  graves. A ce stade les résultats d’étude des vaccins Moderna et Pfizer  suggèrent  fortement une bonne immunisation des sujets vaccinés avec des réponses autour de 90% et un effet anti transmission. Mais évidemment, plus  vite  le nombre  de  vacciné.es augmentera pour atteindre des seuils significatifs, et plus tôt la diffusion du virus sera ralentie et limitée. Eviter autant que possible des décès est la priorité. D’autant plus que la situation est aggravée par l’épuisement des personnels. Le risque d’un effondrement du système hospitalier, phénomène déjà noté en Californie et qui menace dans certaines régions de Grande-Bretagne, ne peut toujours pas être écarté en France.

Les résidents des EHPAD constituent une cible prioritaire d’une campagne vaccinale de masse. Si la mortalité des moins de 65 ans est très proche en 2019 et 2020, « avec cependant des évolutions différenciées selon les tranches d'âge », note l'Insee (la mortalité des 50 à 64 ans a augmenté de 10%),  au-dessus la hausse du nombre de décès est forte. Et d'autant plus forte que l'âge augmente : elle est de 22 % entre 65 et 74 ans et de 30 % au-delà. Dans ce cadre, les décès survenus en établissement pour personnes âgées augmentent plus fortement entre 2019 et 2020 : + 50 % du 1er mars au 13 avril 2020 par rapport aux mêmes dates en 2019. Cette surmortalité est particulièrement nette en Ile-de-France où les décès ont été multipliés par trois, et dans le Grand Est, les deux régions les plus touchées par l'épidémie. Le Monde chiffre de son côté à 22 000 le nombre des décès survenus parmi les résident.es des EHPAD lors de la première vague, soit à peu près 2/3 des décès. Situation qui reflète aussi le caractère très dégradé des conditions de prise en charge et de suivi médical des personnes âgées hébergées en EHPAD. Il va  sans dire qu’une flambée non maîtrisée de l’épidémie, avec des risques éventuellement accrus par les nouveaux variants viraux, représente un danger considérable pour cette catégorie de la population.

Certes la réponse au niveau de la production des anticorps et la réponse cellulaire diminuent avec l’âge. Certes les phases 3 ont intégré peu de personnes ayant plus de 75 ans. Certes, les effets secondaires  existent aussi chez ces patients. Mais enfin, ils sont, hors le choc anaphylactique, relativement anodins et en l’état  transitoire (ce qui n’exclut pas des effets à long terme peu connus faute de recul). Avec un  choc anaphylactique pour 100 000 personnes immunisées  par le  Pfizer  et une réponse  sérologique positive, la balance  risque vaccinal/risque viral est favorable au vaccin. Donc, même si le blocage de  la transmission n’est pas  formellement établi, vacciner en masse les pensionnaires et vacciner aussi le personnel soignant et accompagnant  est évidemment la première  des priorités. 

Sortir de la faillite logistique et de la paralysie

La  vaccination doit  être  rapide et il est important que le plus grand nombre de sujets des groupes à risque soient  vaccinés avant que le petit rebond déjà constaté sur les  courbes ne donne éventuellement lieu à une nouvelle flambée épidémique. Or, même pour une cible limitée aux EHPAD, aux personnes âgées et au personnel soignant,  le démarrage de la  campagne est extrêmement lent.

Le gouvernement, sachant que les vaccins allaient être livrés au début du mois de janvier, avait tout le mois de décembre pour mettre en place les centres de stockage, la  distribution et  la vaccination.  Pourtant, le 8 janvier la presse montrait le palais du Festival à Cannes et le Palais des Congrès à Nice, réquisitionnés et prêts pour vacciner mais sans vaccins... Et surtout, la montée en puissance du nombre des vaccinations se fait trop lentement. Après les précédents échecs (dépistage, déconfinement) et les précédents manquements (approvisionnement en masques et en réactifs, armement des lits de réanimation… ), cela donne une image inquiétante de sa préparation et de sa mobilisation. Tout cela joint à la suppression de milliers de lits d’hospitalisation et plus largement à la destruction de notre système public de santé par les précédents comme par l’actuel gouvernement.

Face aux pénuries possibles  d’approvisionnement et aux difficultés logistiques le gouvernement envisage d’ailleurs l’allongement du délai entre deux injections. Il n’existe cependant aucune donnée validant une telle modification du protocole vaccinal qui a été testé et confirmé.  Il s’agit donc d’une décision politique dictée par les circonstances.

Quoiqu’il en soit le gouvernement témoigne à nouveau de son incapacité à mobiliser et coordonner les ressources matérielles existantes et l’ensemble des personnels susceptibles d’apporter leur compétence. 
En tenant compte des délais de fabrication et de livraison des vaccins, l’organisation de cette campagne vaccinale doit donc être repensée entièrement à partir de l’expertise des soignants et des structures publiques de santé habituées à vacciner en nombre, plutôt que d’être confiée à un cabinet conseil. Les moyens logistiques nécessaires, y compris ceux qui existent déjà, doivent être mis en œuvre, les personnels et les organisations capables de les mettre en œuvre doivent être mobilisés et coordonnés (on pense par exemple aux pompiers). Les particularités du vaccin Pfizer (conservation à -80)° et même du vaccin Moderna bientôt disponible également (conservation à -20°), comme le rythme rapide auquel cette campagne doit se développer, imposent le déploiement de centres de vaccination créés pour la circonstance, a minima pour compléter le réseau existant de structures capables de vacciner.

Conclusion : il faut changer de stratégie
Une stratégie visant à endiguer l’épidémie est urgente, que ce soit par des mesures de contrôle de l’épidémie rigoureuses ou par une vaccination massive qui est absolument nécessaire, et si les recherches aboutissent également par un traitement plus efficace. Elle doit reposer :
1- Sur des moyens matériels, logistiques et financiers efficaces. Moyens qui n’ont pas été suffisamment déployés jusqu’ici ou ont témoigné de déficiences graves. Déficiences dues pour l’essentiel à l’affaiblissement des institutions de soins, au manque de personnels, et à la perte de savoir-faire des institutions de santé publique alimentée par une dérive bureaucratique elle-même liée à l’introduction des méthodes de gestion du privé.
2- Mais aussi et indissociablement sur la reconnaissance de l’expertise de terrain des soignant.es et l’implication des populations qui doivent être informées et reconnues. Cela passe par une éducation populaire de masse, notamment contre les divagations complotistes, par le partage des connaissances et la mobilisation de l’intelligence collective.
3- Une organisation plus démocratique des mesures nationales impliquant aux échelons appropriés les mouvements associatifs, syndicaux, professionnels, pour inventer des procédures adaptées, s’approprier les résultats scientifiques en cours, donner de la souplesse (quitte à apprendre des échecs), mobiliser les personnes volontaires, articuler le soin, les droits sociaux et les besoins culturels.

Groupe de réflexion sur la crise sanitaire
(chercheuses.eurs, praticien.nes et militant.es d’Ensemble et d’Ensemble Insoumis)

Type:  Article Mercredi, 13 Janvier, 2021 - 17:31 Santé
François Calaret

Plus que jamais…Julian Assange

1 mois 1 semaine ago

Julian Assange est un homme dont la vie ne tient plus qu’à un fil. Il est de notre devoir de le sauver. Il n’a commis aucun crime. Il doit retrouver sa famille, sa compagne, ses enfants. Rien ne justifie le traitement qui lui est infligé.

Nous demandons la libération immédiate de Julian Assange. L’injustice n’a que trop duré.

La France, la France des Droits de l’Homme et du Citoyen, pour être reconnue encore comme telle, doit exprimer sa volonté d’offrir l’asile politique à Julian Assange, avec force et sans attendre.

Le 4 janvier 2021, le verdict du procès de Julian Assange, fondateur de Wikileaks, était rendu. La justice britannique s’opposait à la demande d’extradition formulée par les États-Unis. Une note d’espoir enfin pour celui qui depuis 2010 se trouve pris entre les griffes d’un autoritarisme mondial, d’une justice de classe, qui l’ont mené de la liberté surveillée, au confinement et à l’isolement total pour être incarcéré depuis 2019 à la prison de haute sécurité de Belmarsh. Julian Assange encourt toujours une peine de 175 années d’emprisonnement, les États-Unis ayant formulé leur volonté de faire appel. 

A l’espoir, a succédé l’attente d’une mise en liberté sous caution pour Julian. Pour tous c’était la décision du bon sens et de la justice.

Il n’en a pas été ainsi et Julian Assange est retourné injustement en prison… On le sait, sa santé est devenue plus que préoccupante. Comment peut-il en être autrement pour celui qui depuis des années subit une torture psychologique prolongée et inhumaine ?

De plus en plus de citoyen-ne-s connaissent le sort réservé à ce journaliste courageux qui a osé affronter le système mondial mis en place. Un système anti-démocratique et hégémonique qui broie les femmes et hommes et réduit au silence, par la force bien souvent, celles et ceux qui ne s’y soumettent pas.

Les mobilisations de par le monde s’organisent et s’étendent. Au-delà de la personne de Julian Assange, c’est ce pour quoi il s’engage qui anime également ses soutiens. La vérité, la liberté d’expression, le droit de savoir et la liberté de la presse sont au cœur de ces libertés et droits qu’il nous faut impérativement préserver et défendre. Des libertés essentielles, garantes de nos démocraties. Le monde d’aujourd’hui, tel qu’il est gouverné et manipulé, tente sans relâche de les contrôler, les restreindre, les confiner pour à terme, n’en doutons pas, les supprimer.

Alors OUI la mobilisation doit continuer, se renforcer, défier les coups bas qui se multiplient pour tenter de désinformer et de bâillonner la vérité. Les grands absents aujourd’hui sont ceux qui « crèvent » l’écran. Les médias dits de masse, ceux qui ânonnent à longueur de journée les discours étatiques. Des journalistes, dit-on, qui n’ont pas accordé leur soutien à Julian Assange, pire qu’ils ignorent. Des journalistes qui ont tourné le dos à leur métier, n’accordant à Julian Assange qu’une place de fait divers, et encore.

Á ceux-là, nous demandons aujourd’hui de réagir, de rejoindre leurs confrères, journalistes d’investigation et médias alternatifs, libres encore d’exprimer leurs opinions. Nous leur demandons de faire connaître la vérité à leurs auditeurs et lecteurs. Nous leur demandons de faire acte de résistance.

Il en va pareillement de notre pays, qui a été, à de nombreuses reprises, interpellé pour offrir un asile politique à Julian Assange. Le Président de la République, M. Emmanuel Macron, le garde des Sceaux[i], M. Éric Dupond-Moretti, ancien avocat de Julian Assange, ont reçu de nombreuses demandes en ce sens. 

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question portée par le député Jean Lassalle sur la situation de Julian Assange, à l’Assemblée nationale le 17 novembre 2020, confirmait, par le biais d’une superbe langue de bois, que les autorités françaises n’apporteraient pas, comme déjà en 2015, de réponse favorable à une demande d’asile politique et que ces mêmes autorités s’en remettaient à la « justice du Royaume Uni parce que c’est un pays d’État de droit ». 

M. Éric Dupond-Moretti, quand il faisait encore partie de l’équipe internationale chargée d’assurer la défense de Julian Assange, a évoqué, lors d’une conférence de presse, en début d’année 2020, la situation désespérante dans laquelle se trouvait ce dernier. Il a également évoqué les droits de l’homme et la peine indigne de 175 années d’emprisonnement encourue, la liberté de la presse, la liberté d’expression, les crimes de guerre, la violation des droits de l’homme, la torture psychologique et inhumaine, dénoncée par le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, infligée à Julian Assange. Il a enfin évoqué la saisie de la Cour Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme.

De M. Éric Dupond-Moretti qui a rencontré Julian Assange et qui a exprimé son inquiétude, en son temps, nous attendons une réaction.

De plus en plus nombreux sont ceux qui rejoignent les différents réseaux de soutien à Julian Assange, des personnalités (chefs d’État, anciens chefs d’État, premiers ministres et ministres), des médecins, des journalistes encore capables d’exercer un regard critique pour informer, dénoncer et rendre publique l’information réelle, des lanceurs d’alerte, des associations, des militants…

« Á chaque fois que nous sommes témoins d’une injustice et que nous n’agissons pas, nous formons notre caractère à être passifs…Nous finissons alors par perdre toute capacité à nous défendre, ainsi que ceux que nous aimons » Julian Assange.

LIBERTE POUR JULIAN ASSANGE !

Pascale Larenaudie

[i] Le 7 septembre 2020, devant la Préfecture de région à Ajaccio, l’association PER A PACE et le mouvement INSEME A MANCA/ENSEMBLE organisaient un rassemblement de soutien à Julian Assange. Une lettre ouverte était remise à l’attention du Président de la République et du garde des Sceaux.

Type:  Article Mardi, 12 Janvier, 2021 - 12:34 Droits - libertés
François Calaret

La lettre d'Ensemble ! 6 janvier 2021

1 mois 2 semaines ago

Sommaire de la lettre de 6 janvier 2021

- Edito : 2021, l'année d'après ?

- Santé : VACCINS COVID: UN GOUVERNEMENT
IRRESPONSABLE

- Avortement en Argentine: ES Ley !

- CHARLIE – HYPER CACHER : UN PROCES POUR AGIR

- Les principaux rendez-vous de mobilisation à venir.

Fichier attachéTaille la_lettre_6_janvier_2021_.pdf759.24 Ko Type:  Article Jeudi, 7 Janvier, 2021 - 16:06 Le bulletin
TheStyx

Avortement en Argentine : « Es ley ! » (« C’est la loi ! »)

1 mois 2 semaines ago

 

Après des décennies de mobilisation, l’Argentine rejoint le petit groupe de pays ou régions, qui, en Amérique latine, autorisent l’avortement : Cuba, l’Uruguay, Porto Rico, la Guyane française ainsi que le district fédéral et l’État de Oaxaca, au Mexique. Les féministes espèrent que cette victoire en entraînera d’autres ailleurs sur le continent.

La législation en vigueur en Argentine datait de 1921 et n’autorisait l’avortement que en cas de viol ou de danger pour la santé des femmes. C’est ainsi que ce pays comptait entre 350 000 et 500 000 avortements clandestins par an ; 35 femmes en étaient mortes en 2018.

Pourquoi la loi est-elle passée cette fois ?

D’abord à cause de la formidable mobilisation des « marées vertes » de femmes, la lutte a payé : entre 500 000 et un million de personnes s’étaient rassemblées devant le Parlement en juin dernier. Le mouvement féministe argentin est un des plus vieux du continent, le premier à avoir arraché le droit de vote pour les femmes, une loi sur l’égalité des droits ou la protection des enfants. Depuis 2015, le mouvement #Ni una menos contre les féminicides et les violences de genre a mobilisé des miliers de femmes, surtout des jeunes, débouchant sur des coordinations ou des assemblées féministes qui ont pris le relais sur l’avortement. Ce combat est devenu si important que le mouvement féministe a choisi la couleur des manifs IVG, le vert. Depuis deux ans, ses dirigeantes ont convaincu des parlementaires et des politiques qui cherchaient à toucher cette jeunesse féminine radicalisée. Á commencer par le mouvement du président actuel, le péroniste  Alberto Fernández, qui en avait fait une promesse de campagne. Son engagement dans cette bataille a réussi à imposer à des députés péronistes du Nord, traditionalistes, le vote de la loi.

Au Sénat, chambre plus conservatrice, des élus de régions traditionalistes surreprésentées ont également changé leur vote, à l’image de l’ex-présidente, Cristina Kirchner : en 2018, la loi est passée grâce à 6 voix au Parlement et perdu à cause de 7 voix au Sénat ; en 2019, elle a gagné 14 députés et 9 sénateurs.

Dans le pays, le soutien à l’IVG est passé de 64 % à 75 % des personnes interrogées entre 2014 et 2020, signe de l’évolution d’une société et des effets de la mobilisation sans précédent de la « révolution des filles ».

Mariana Sanchez

Type:  Article Mardi, 5 Janvier, 2021 - 14:27 Féminisme
François Calaret

Face à la pandémie : écosocialisme ou darwinisme social ?

1 mois 3 semaines ago

Les zoonoses ne sont pas une nouveauté. La peste qui a fait des ravages dans l’antiquité et au moyen-âge était une zoonose. Ce qui est nouveau, c’est qu’un nombre croissant de maladies infectieuses sont zoonotiques. En trente ans, leur part est passée de 50% environ à 70%. (1) Trois quarts des nouveaux agents pathogènes présents chez l’humain proviennent d’espèces animales. Le SIDA, le Zika, le Chikungunya, Ebola, le H1N1, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le H5N1, le SARS, la maladie de Creutzfeldt-Jakob et la COVID19 sont des zoonoses.

La croissance des zoonoses n’est pas une surprise pour les biologistes et les épidémiologistes. Depuis quelques années, l’OMS craint que la plus grande menace pour la santé humaine provienne d’une « maladie X », inconnue, probablement une zoonose. Ce pronostic ne tombe pas du ciel mais du constat que la destruction de la nature favorise la transmission à Homo sapiens de pathogènes présents chez d’autres animaux. 

Pandémie et crise écologique

Concrètement, cinq facteurs de destruction écologique entrent en ligne de compte.

Premier facteur : la disparition ou la fragmentation des habitats naturels. Les forêts sont rasées, les zones humides sont asséchées ; des infrastructures sont construites et des mines sont ouvertes en pleine nature : tout cela réduit la distance entre les humains et les autres animaux, ce qui augmente les risques de « sauts d’espèce ».

Deuxième facteur : l’effondrement de la biodiversité. Quand des espèces s’éteignent, celles qui survivent et prospèrent – les rats et les chauve-souris, notamment – sont plus susceptibles d’héberger des agents pathogènes transmissibles à l’humain.

Troisième facteur : « l’industrie de la viande ». Outre qu’elles sont éthiquement et écologiquement condamnables, les gigantesques concentrations industrielles d’animaux identiques, parqués et engraissés pour être tués au plus vite, constituent un milieu propice à la propagation d’infections et à la transmission à notre espèce.

Quatrième facteur : le changement climatique. Il n’y a pas de preuves directes qu’il favorise les zoonoses mais il pourrait le faire, car des animaux migrent vers les pôles et entrent en contact avec d’autres qu’ils ne rencontreraient normalement pas. Des agents pathogènes peuvent ainsi trouver des hôtes nouveaux.

Ces quatre facteurs de risque épidémique accru sont dus principalement à la soif de profit des multinationales – en particulier minières, énergétiques, de l’agrobusiness et du bois. Le cinquième facteur est un peu différent. Les activités qu’il regroupe – trafic des espèces, de la « viande de brousse », orpaillage – sont pilotées par le profit mais relèvent de l’économie informelle, voire du crime organisé. Leur impact sanitaire est important : le commerce des espèces (sur le marché de Wuhan) est probablement à la base de la pandémie actuelle.

Dans le cas du SARS-CoV2, un sixième facteur semble être la pollution atmosphérique aux particules fines. On sait qu’elle accroît le risque de maladies respiratoires et d’affections cardio-vasculaires causant des millions de décès chaque année. Il n’est donc pas surprenant qu’elle puisse accroître également les dangers de la COVID-19.(2)

Un avenir très sombre

Ces six facteurs éclairent une réalité qu’on évoque trop peu : la pandémie n’est pas un coup du sort mais une facette de la crise écologique. La Plateforme intergouvernementale pour la biodiversité (IPBES) est catégorique : d’autres pandémies viendront. Le risque épidémique s’ajoute donc aux quatre risques majeurs que sont le changement climatique, la chute de la biodiversité, l’eutrophisation des eaux et la perte des sols. 

Séparément, chacun de ces risques est redoutable. Ensemble, et combinés aux inégalités sociales, ils entraînent l’humanité vers un avenir très sombre, dont la pandémie donne l’avant-goût. Si rien ne change, les plus pauvres, les femmes, les enfants, les personnes âgées seront menacées en masse – surtout s’ils et elles sont migrant.e.s ou appartiennent à des communautés racisées. 

Comment en sommes-nous arrivé.e.s là ? Pour certain.e.s, la pandémie et la crise écologique en général montreraient que notre espèce a dépassé la « capacité de charge » de la Terre. Seul.e.s les plus fort.e.s pourraient survivre, les autres seraient condamné.e.s à disparaître, conformément à la loi de la sélection naturelle exposée par Darwin…

Il y a quelques mois, un politicien étasunien appelait les personnes âgées, plus sensibles à la COVID, à se sacrifier pour sauver « l’économie » et « la liberté ». En dénigrant les mesures de précaution, en plaidant pour qu’on laisse « la petite grippe » circuler, l’Américain Trump, le Brésilien Bolsonaro et d’autres vont dans le même sens : c’est ce qu’on appelle le « darwinisme social ». Il doit être combattu vigoureusement.

Que ce soit face à la COVID ou face à la menace climatique, les partisans du « darwinisme social » se présentent comme des défenseurs de la liberté de vivre, de jouir, de consommer et de faire des affaires sans limites ni entraves. Souvent, ils dénoncent les complots de certains capitalistes, mais ce n’est que de la démagogie : jamais ils ne dénoncent le capitalisme. 

Au contraire : ce que ces gens défendent en réalité, c’est la liberté d’être riches ou de le devenir aux dépens des autres et de la planète. Sous le masque de la « liberté » et des « lois de la nature », se cache ainsi le vieux projet fasciste : dominer, exploiter, éliminer. Il faut arracher le masque, sans quoi le monde risque de replonger dans la barbarie. 

Que dire, que faire ?

D’abord, il est complètement faux de prétendre que la théorie darwinienne justifierait l’élimination des humains les plus faibles ! C’est le contraire : Darwin écrit noir sur blanc que les lois de l’évolution ont sélectionné chez l’humain des comportements d’empathie qui vont à l’encontre de la lutte de tou.te.s contre tou.te.s. La sélection naturelle a favorisé son contraire : la solidarité. (3)

Ensuite, il faut souligner que nous ne sommes pas des animaux comme les autres. Nous produisons collectivement notre existence sociale par le truchement du travail, qui est une activité consciente. Du coup, la population humaine ne dépend pas seulement de la productivité naturelle mais aussi du mode social d’utilisation de celle-ci. Cela ne signifie évidemment pas qu’un développement illimité serait possible. Cela signifie que notre « capacité de charge » n’est pas fonction uniquement du nombre maximum de personnes qu’un mode de production peut nourrir ; elle est fonction aussi du nombre minimum de personnes nécessaires à un certain mode.

Lois du marché et prédation

Prenons un exemple concret. La pêche industrielle et la pêche artisanale prélèvent chaque année trente millions de tonnes de poissons pour l’alimentation humaine. La première reçoit pour cela 25 à 27 milliards de dollars de subsides, emploie 500.000 personnes, consomme 37 millions de tonnes de fuel, rejette à la mer 8 à 20 millions de tonnes d’animaux morts, et transforme 35 autres millions de tonnes en huile ou en aliment pour animaux. La seconde ne reçoit que 5 à 7 milliards de subsides, emploie douze millions de gens, consomme 5 millions de tonnes de fuel, rejette une quantité de prises négligeable, et ne produit quasiment ni huile ni aliment pour animaux. L’efficience des deux systèmes ? Une à deux tonnes de poisson par tonne de fuel pour la pêche industrielle, quatre à huit tonnes pour la petite pêche ! (4)

La comparaison est sans appel : la petite pêche est bonne à la fois pour l’emploi, pour la biodiversité, pour le climat, pour la santé et pour les finances publiques. Pourquoi alors la grande pêche écrase-t-elle la petite pêche ? Parce que les lois du marché avantagent les capitalistes qui investissent dans ce secteur.

On peut comparer semblablement l’agrobusiness à l’agroécologie, l’industrie de la viande à l’élevage en prairie, l’industrie du bois à l’écoforesterie, l’extractivisme minier à l’utilisation sobre et rationnelle des ressources minérales… La conclusion est chaque fois la même : chacune de ces activités pourrait avoir une autre forme. Une forme favorable à la biodiversité, au climat, à l’emploi, à la santé, aux finances publiques. Pourquoi ces formes ne s’imposent-elles pas ? Parce que les lois du marché privilégient les capitalistes qui investissent dans les formes nuisibles.

Le rapport de tout cela à la pandémie et à la crise écologique en général ? C’est très simple : la pêche, la sylviculture, l’agriculture, les mines et l’élevage sont des activités charnières, déployées sur la frontière entre humanité et nature. Les zoonoses émergent précisément sur cette frontière. 

Une utopie nécessaire, urgente et désirable

Au-delà d’une vaccination nécessaire, mais qui ne résout pas le problème de fond, profitons de la crise que nous traversons pour réfléchir aux solutions structurelles. Ce que la pandémie nous apprend, c’est que les lois du marché enfoncent l’humanité dans une relation de plus en plus prédatrice avec la nature, que cette relation nous revient dans la figure comme un boomerang et qu’elle doit être abolie au plus vite. Ce que la pandémie nous apprend encore, ce n’est pas que nous sommes trop nombreux dans l’absolu, mais que nous sommes trop nombreux relativement à la forme d’organisation sociale qui nous domine depuis deux siècles : le capitalisme.

Une autre forme est possible : un écosocialisme basé sur la satisfaction des besoins humains réels, démocratiquement déterminés dans le respect prudent des limites écosystémiques. Dans un tel système, le travail resterait la médiation incontournable entre Homo sapiens et le reste de la nature. Mais il en faudrait moins (car on supprimera les productions inutiles et nuisibles), il en aurait pour tou.te.s et il serait axé en priorité sur le soin (aux personnes et aux écosystèmes). En d’autres termes, le travail deviendrait une activité sociale, écologique et donc éthique. Une activité digne d’une humanité vraiment libre parce que consciente des limites, débarrassée de l’assuétude productiviste/consumériste. Utopique ? Oui, mais ce sont les utopies qui font bouger le monde ! Celle-ci n’est pas seulement urgente et nécessaire, elle est aussi désirable.

Daniel Tanuro

Type:  Article Lundi, 4 Janvier, 2021 - 10:50 Ecologie
François Calaret

CHARLIE - HYPERCACHER : UN PROCES POUR AGIR

2 mois ago

Au-delà des condamnations des accusé.es du procès de Charlie-Hebdo et de l’hypercacher, qui vient de se terminer, les débats de ces trois mois ont malheureusement rencontré une actualité dramatique. C’est bien pourquoi ils ne sont pas seulement un procès « pour l’histoire », mais ils doivent être aussi une arme pour agir contre le renouvellement de ces horreurs.

Le terrorisme islamiste frappe toujours

Les attentats récents, que ce soit celui contre les anciens locaux de Charlie ou, bien sûr, l’assassinat de Samuel Paty, portent la marque de la même intolérance, manifestée aussi dans la tuerie de l’église niçoise à l’encontre de chrétiens venus juste prier. Le meurtre d’un enseignant, tué sauvagement à cause de ce qu’il enseignait en classe, est d’une gravité exceptionnelle, s’attaquant au cœur de la laïcité, marqueur fondamental des progressistes depuis la Révolution française. 

En effet, c’est bien cela que les terroristes veulent assassiner : les Lumières et 1789, c’est-à-dire ce moment historique qui a permis la rupture avec la domination religieuse sur la société française. Un moment dont le retentissement international fut considérable et dont on retrouvait d’une certaine manière l’esprit dans les révolutions arabes, malheureusement souvent brisées par la réaction, dont celle des islamistes.

Nous sommes Charlie, nous sommes juifs

On le sait, les événements de janvier 2015 ont suscité des débats au sein de la gauche, qui ne sont pas clos. Charlie fut accusé par certains d’islamophobie. Que le vieux racisme anti-arabe, renforcé par l’hostilité à l’islam, soit très fort dans ce pays, nul ne peut le nier. On peut discuter longuement de l’opportunité d’un certain nombre de dessins de Charlie. Mais le journal brocarde encore plus souvent la religion catholique et combat les racismes, soutient les sans-papiers…Donc les accusations contre lui venues d’une partie de la gauche n’avaient aucun sens. De toute façon, le problème n’est pas là : il réside dans l’affirmation De la possibilité de critiquer les religions quelles qu’elles soient, voire à blasphémer. Il ne peut être question de revenir sur ces droits fondamentaux.

De plus, les terroristes ne se sont pas contentés d’assassiner des dessinateurs, ils s’en sont pris à des Juifs et en ont tué quatre de sang-froid à l'hypercacher, Coulibaly relayant dans l’horreur les frères Kouachi. Là on se trouve devant une autre caractéristique de l’islamisme radical, son antisémitisme. Depuis des années, des actes antisémites se déroulent en France dans une indifférence désastreuse. L’attentat de l’hypercacher a montré, une fois de plus, que certains sont capables d’assassiner des individus parce qu’ils sont nés juifs. Merah l’avait fait en 2012 à l’école juive de Toulouse. L’attentat de l’hypercacher est venu rappeler à la gauche que la lutte contre l’antisémitisme est une cause importante, à laquelle il faut se joindre.

Les attentats islamistes : contre la gauche et les musulman.es

De ces événements de 2015 et de ceux qui  ont suivi, il faut tirer des leçons, pour l’histoire, mais aussi et surtout pour l’action politique quotidienne. Ces actes sont des mauvais coups portés au camp du progrès, à la gauche. Mais ils nuisent également aux musulman.es, désigné.es par l’extrême droite et une partie de la droite comme de potentiels terroristes. Sans parler des migrant.es, sur qui les propagandistes fascisants font porter les soupçons d’être des assassins en puissance.

C’est bien pourquoi, si le terme islamo-gauchisme n’est pas acceptable, ne recouvrant aucune réalité tangible, il faut rompre avec les atermoiements d’une partie de la gauche radicale. Certain.es ont cru bon d’hésiter à dénoncer les courants islamistes, peut-être par peur de stigmatiser l’ensemble des musulman.es. C’est le contraire qui est vrai : ce qui peut aider les musulman.es, les migrant.es, c’est de dénoncer et de combattre l’islamisme sans hésitation.

C’est bien là le combat de la gauche, qui se revendique de la Révolution française et des Lumières, et donc de la laïcité. Tout en étant au premier rang dans la défense des musulman.es discriminé.es et menacé.es par les conséquences des attentats. Tout en agissant pour la mémoire de la colonisation et de l’esclavage. Ce sont aussi les leçons du procès qui vient de s’achever. Des leçons pour l’histoire et pour aujourd’hui.

Robert NOIREL

Type:  Article Lundi, 21 Décembre, 2020 - 18:15 Anti-racisme Droits - libertés
François Calaret

Covid-19 : l'enjeu des vaccins

2 mois ago

Note d’information sur les vaccins

La  vaccination de masse  démarre  en Europe  (Grande-Bretagne, Suisse, bientôt Allemagne et France) et aux Etats-Unis. D’autres pays  doivent  suivre  courant Janvier. Les premiers  vaccins en cause sont le  vaccin à ARN messager de  Pfizer/BioNtech,  celui  de Moderna (même procédé) et  celui d’Astra-Zeneca (vaccin à adénovirus). Dans le cadre de ce démarrage des campagnes de vaccination en population générale il convient également de signaler les vaccinations  de masse  en Russie  et en Chine, et le vaccin chinois Sinopharm  administré à  Dubaï et qui doit arriver ce mois-ci au Maroc.

Le cadre de « validation » scientifique de ces campagnes, notamment celles qui débutent en Europe et aux Etats-Unis est particulier. Il l’est en raison bien entendu de l’urgence liée à la pandémie elle-même, mais également en raison des enjeux de marché considérables qui sont liés à la mise en œuvre de ces vaccins.
Actuellement deux  études scientifiques sont accessibles qui rendent compte d’essais de phases  3 : pour le vaccin Pfizer et pour le vaccin Astra Zeneca. Mais il s’agit de phases 3 « intérim ». En phase 3 d’expérimentation d’un vaccin, des milliers de volontaires sont testés pour comparer les groupes vaccinés aux groupes non vaccinés. Ces tests finalisent la détermination de l’efficacité et la sûreté des vaccins, ainsi que les effets secondaires les plus communs. Les deux labos ont procédé à des essais sur des cohortes de plusieurs milliers de patient.es (50 000 environ), mais sur une période beaucoup plus courte (en gros 6 mois) que celle qui prévaut habituellement (au moins un an). Leurs résultats ont été publiés et contrôlés et ont donc passé de ce point de vue l’épreuve d’une révision scientifique sérieuse et indépendante. Il s’agit pour Pfizer d’une étude publiée par le New England Journal of Medicine et pour Astra  Zeneca d’une étude publiée par The Lancet. Pour Pfizer on dispose également du dossier complet deposé par le labo devant l’agence américaine du médicament (FDA) disponible en open source.

Par ailleurs le groupe américain Moderna qui utilise le même procédé que Pfizer (vaccin à ARN messager), vient d’obtenir de la FDA (agence américaine du médicament) un avis favorable en urgence après consultation d'un comité d’experts scientifiques.

Le dossier présenté par Pfizer, qui fournit le vaccin à ARN avec lequel la vaccination a débuté en Grande Bretagne, montre une efficacité en termes d’immunité des vacciné.es de l’ordre de 90 %. Sans indication très precise encore, et pour cause, sur la résistance dans le temps de cette immunité. Par ailleurs il semble confirmer également à ce stade une efficacité du même ordre dans la suppression de la contagiosité des vacciné.es. Autrement dit  ça marche en première analyse à la fois en prévention individuelle et apparemment en  prévention de  la transmission. Disons que c’est raisonnablement sûr dans l’immédiat, et le  pari  de  l’injecter aux  personnes âgées, hors allergies déclarées, est  un  pari raisonnable. Cependant, comme on va le voir, de nombreux problèmes et de nombreuses questions demeurent quant à la mise en œuvre à une échelle de masse dans des délais aussi courts de ce vaccin.

Concernant le vaccin proposé par Astra Zeneca l’étude évoque des “évènements contraires” présentés comme non reliés au vaccin. Par ailleurs, DEPUIS   cette  étude,  s’est produit  dans  la phase 3 l’incident  « effet dose »  signalant    une  meilleure  efficacité  à  demi  dose   qu’à  haute dose… Les 70 % d'efficacité du vaccin avancés par le labo seraient en effet la moyenne de deux données : le taux d'efficacité pour l'injection d'une demi-dose du vaccin et pour l'injection de la dose entière, conçue normalement pour  garantir une protection optimale. En effet, avec une demi-dose, l'efficacité constatée serait de 90 %, contre seulement 62 % de protection après l'injection de la seconde moitié, un mois après… Le  tout  ayant été découvert  par suite  d’une  erreur de dosage  à la  fabrication, ce qui  est pour  le  moins  inquiétant.

Cet évènement concernant le vaccin développé par Astra Zeneca montre à quel point la question de la durée de l’expérimentation de phase 3 et du recul sur les essais publiés est déterminante.

Le cadre institutionnel et légal dans lequel s’inscrit la mise en œuvre, commencée ou très prochaine, de ces vaccins pose également question. Il découle à la fois des conditions d’urgence liées au risque sanitaire et économique et social que représente la pandémie, mais il interroge aussi les stratégies financières et commerciales des labos et leur interaction avec les états concernés.

Pour Pfizer, aux Etats-Unis, il s’agit d’une  emergency use authorization accordée sur la base de “l’intérim phase 3”. L’autorisation plus définitive, avec phase 3 plus complète n’est pas prevue avant avril prochain…
Pour  l’Europe,  en ce qui concerne le vaccin Pfizer on se situe a priori actuellement dans le cadre d’une autorisation accordée par l’EAM par reconnaissance mutuelle pour laquelle le  Royaume-Uni  (Brexit en Janvier ou retardé ?) pourrait être l’état de référence. Mais ce sera plus probablement la Hollande car il existe un contrat entre Pfizer et l’Université d’Utrecht. On ne sait pas encore ce qu’il en sera pour le vaccin Moderna qui comme on l’a vu utilise le même procédé que Pfizer et qui vient d’obtenir une autorisation de la FDA aux Etats-Unis.

La  France pourrait éventuellement passer par une troisième procédure, dite décentralisée, où ce sont les autorités nationales compétentes (en France l’ANSM) qui délivrent les AMM. Ce choix interroge.
Quoiqu’il en soit, dans tous les cas de figure les autorisations accordées en urgence dérogent au cadre normal présidant à la délivrance d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Evidemment, comme pour les enjeux liés au contrôle des essais de phase 3, l’urgence de la situation liée à la pandémie explique ce cadre dérogatoire, mais on ne peut être aveugle dans ce contexte à la compétition que se livrent au plan mondial les industriels du médicament. Si l’urgence peut justifier un certain nombre de paris, elle ne justifie pas l’absence de transparence qui préside aux choix qui sont faits actuellement. Choix qui percutent la démocratie et l’expertise sanitaires. Cela s’illustre par exemple avec l’absence de transparence sur les conditions financières négociées en secret entre les laboratoires et la commission européenne, et qui restent inaccessibles aux députés européens.
L’absence de trans

arence en la matière représente en elle-même un risque dans un contexte où la défiance de la population est considérable à l’égard de la vaccination, notamment en France et y compris pour partie au moins pour des raisons qui tiennent à une défiance légitime vis-à-vis de l’état et des autorités sanitaires, et également tout aussi légitimement vis-à-vis des logiques marchandes et d’appropriation privée qui gouvernent à la fois les états et les grands groupes pharmaceutiques.

Ces questions sont d’autant plus importantes qu’il demeure des incertitudes sur l’efficacité à long terme des réponses vaccinales mises en œuvre dans ce contexte et encore trop peu de recul sur les risques qu’elles peuvent induire.

Comme on l’a vu, au  stade  actuel, on n’a  évidemment  aucune  certitude sur  la  durée de l’immunisation mesurée tant au niveau cellulaire que par les anticorps. De même pour la durée de l’effet suppresseur de la  contamination même s’il semble bien  présent  pour  Pfizer,  Moderna, et Astra  Zeneca, (quoique  le  président  de Moderna demeure lui-même prudent  à  ce sujet… ). Par ailleurs on ne  sait pas - ou pas encore - s’il n’y a aucun risque d’induction  d’anticorps  facilitants  chez les sujets  déjà  immunisés  (ayant fait un  Covid). Enfin, évidemment, pour les  effets  secondaires  éventuels, dont  l’auto-immunité à moyen ou long terme, c’est trop tôt pour avoir des réponses. Enfin, en ce qui concerne le vaccin Pfizer un nombre élevé de réactions désagréables sont signalés dans les premières 24 heures qui suivent la vaccination.

Tout cela rend absolument nécessaire l’accompagnement de la campagne de vaccination par un registre de suivi des vacciné.es.

Plus largement les conditions techniques et logistiques de mise en œuvre des vaccins utilisant l’ARN imposent des précautions plus lourdes et donc un accompagnement logistique très sérieux. Dans le cas du vaccin Pfizer les contraintes de conservation sont même exceptionnellement lourdes.

Les vaccins  classiques ne  nécessitent pas d’autre précaution de conservation que le respect d’une chaîne classique du froid par réfrigération simple.  Les vaccins ARN, eux, nécessitent au minimum une conservation à -20°. C’est le cas pour le vaccin de Moderna.  Le vaccin Pfizer nécessitant même  une  conservation /transport à -80°. Ce qui complique considérablement sa mise en œuvre dans des conditions respectueuses des contraintes spécifiques de conservation qu’il impose. Le savoir-faire et les équipements impliqués sont relativement routiniers pour les industriels et les hôpitaux et cliniques, mais  évidemment cela suppose des équipements plus coûteux et plus rares, souvent y compris l’équipement d’une pièce elle-même climatisée. Cela même si le  vaccin  résiste  quelques jours à -20° (avec un risque au-delà de 48 ou 72 heures). Bref, cela rend difficilement imaginable à ce stade la perspective, avec ce vaccin, d’une vaccination respectant ces critères en médecine de ville.

Le choix de débuter dans ce contexte par les patient.es des EHPAD et plus largement les patient.es à gros risques et les personnes âgées n’est pas aberrant. Mais les conditions de vérification du passé médical des sujets vaccinés par rapport aux risques d’allergie et le suivi médical après vaccination doivent être particulièrement rigoureux en lien avec la possibilité d’éviter un risque ou de répondre immédiatement à une réaction anormale.

On le voit tout cela soulève beaucoup de questions sanitaires sur la mise en œuvre de ces campagnes vaccinales contre le SARS-Cov2. En plus du cadre de décision démocratique et du contrôle expert liés à la décision de les mettre en œuvre, la mise en place des moyens logistiques et de suivi propre à garantir la sécurisation et l’efficacité du processus doivent être interrogées et vérifiées. L’échec de la stratégie « tester, tracer, isoler » en France, même après que les tests ont été enfin disponibles, illustre à quel point la disponibilité d’un produit (test ou vaccin) ne suffit pas à garantir à elle seule le succès d’une stratégie sanitaire. Tout cela doit nous conduire à formuler un certain nombre d’exigences immédiates. Non seulement, cela va de soi,  la gratuité, mais la fourniture de toutes  les données de phase 3 pour tous les vaccins utilisés, des sérotests de suivi sur une partie de la population vaccinée pour assurer le suivi du taux d’anticorps, et la validation  de  la  chaine du froid, depuis la production du vaccin jusqu’à la vaccination des sujets.

Plus largement d’ailleurs, compte tenu des enjeux logistiques et de suivi des sujets vaccinés qui ont été soulignés, la vaccination contre le SARS-Cov2 en l’état actuel des données et dans le contexte d’une pandémie mondiale, impose a priori pour la réaliser la mobilisation de moyens exceptionnels, par exemple sous la forme de centres de vaccination publics, éventuellement associés à d’autres circuit de vaccination.

Les membres du groupe de réflexion sur la crise sanitaire, regroupant chercheuses.eurs, praticien.nes et militant.es d’Ensemble et d’Ensemble Insoumis

Type:  Article Lundi, 21 Décembre, 2020 - 18:09 Santé
François Calaret

Si tu veux la Paix, prépare la Paix.

2 mois 1 semaine ago

Les questions de la Paix, de la défense nationale et donc de l’armement (on devrait dire du surarmement)  sont indissociables d’une vision du monde et de son devenir. Dans la gauche anti libérale et au sein de très nombreuses associations, ces questions sont présentes. Elles occupent cependant, aujourd’hui,  moins l’espace politique et médiatique que durant les années 90, où sous l’impulsion de Mickael Gorbatchev, alors président de l’URSS, la question du désarmement  planétaire se trouvait  au centre des débats, notamment entre les deux principales puissances,  les Etats Unis et la Russie.

La dissuasion nucléaire en question

Cette question du désarmement qui relève de la politique devrait être une valeur universelle, car il y va de l’avenir du monde.

D’un point de vue du risque écologique que représente l’arme nucléaire.
D’un point de vue du développement économique et social, avec le handicap que représente la course aux armements et les sommes colossales dépensées pour surarmer la planète, alors que les besoins humains sont immenses.

Il faut savoir, que 9 pays[i] au monde aujourd’hui, détiennent l’arme nucléaire, la France fait partie de ces pays. Les huit autres sont les Etats Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan,  Israël  et la Corée du Nord. Ces quatre derniers pays s’en sont dotés officieusement.

Alors, faut-il pour la France, maintenir la dissuasion nucléaire ? 

Sur cette question et dans une interview récente, consacrée aux questions militaires[ii],  le représentant de la France Insoumise, candidat à l’élection présidentielle en 2022, Jean Luc Mélenchon, annonce son attachement à la dissuasion nucléaire française. Cette phrase « la dissuasion reste pour la France un outil irremplaçable,  aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’alternatives militaires », est un triste aveu, qui place le monde associatif engagé dans cette bataille difficile du désarmement, mais aussi la gauche de transformation sociale et environnementale dans une impasse.

En fait, Jean Luc Mélenchon reprend à son compte l’esprit, pour ne pas dire la position défendue par François Mitterrand dans les années 90, consistant à dire qu’il faut que les grandes puissances baissent de beaucoup le niveau de leurs armements avant que la France ne s’engage. 

Cette position a aussi été celle de François Hollande, développée lors du discours prononcé sur la base militaire d’Istres en février 2015[iii].

Enfin, plus près de nous, Emmanuel Macron reste un fervent défenseur de la dissuasion nucléaire. C’est le Président de la République[iv]  qui depuis son élection et tous les ans, fait augmenter de manière faramineuse au parlement, les budgets alloués aux dépenses militaires et plus précisément à l’arme atomique. Un véritable gouffre financier pour la nation, alors que par ailleurs, on ne cesse de réduire la dépense publique.

A gauche, on s’interroge, y compris dans les rangs de la FI[v], mais sur le fond, on ne peut que regretter,  la pauvreté des débats citoyens sur une question pourtant aussi essentielle.
illustration années 60 manifestation contre les essais atomiques dans le massif de l’Argentella en Corse

Si la guerre a toujours été une calamité, un désastre pour l’humanité, la conflagration nucléaire touche tout simplement à la folie, à l’apocalypse.

Aujourd’hui, ceux qui soutiennent l’importance de la dissuasion militaire en France  argumentent entre autres :

    Sur la sécurité du pays en spéculant sur la non-utilisation de cette force de destruction massive. Malgré tout un accident nucléaire reste toujours possible. Et puis, laisser supposer, comme le fait justement remarquer « le réseau sortir du nucléaire[vi] » que la France a besoin d’armes nucléaires pour sa sécurité, c’est inciter d’autres pays à vouloir la posséder. Pourquoi nous et pas eux, au nom de quelle rationalité, de quelle justice ?
    Sur l’indépendance du pays.  De ce point de vue, l’évolution des rapports de force dans le monde, notamment capitaliste, démontre que l’indépendance est avant tout économique et non militaire. L’exemple de pays comme l’Allemagne et le Japon est suffisamment révélateur, deux nations qui ne possèdent pas la dissuasion nucléaire.

A la fin des années  90, et après une longue période de « guerre froide »,  le capitalisme a fini  par imposer sa logique à l’ensemble de l’économie mondiale. Mais ce n’est pas pour autant que nous avons assisté à la disparition de l’OTAN[vii]. Au contraire ce dispositif militaire intégré se verra assigner d’autres objectifs pour réguler le monde, au profit du système capitaliste, le grand vainqueur de cette fin du 20ème siècle.

En 2014, l’OTAN demandera à ses membres de porter leurs dépenses militaires à au moins 2,0 % du PIB, sans fixer un horizon précis pour atteindre cet objectif.

L’impérialisme demeure aujourd’hui plus que jamais le système dominant à l’échelle planétaire. Militairement organisé, il a aussi mis en place des formes de régulation capitalistes implacables (Fond Monétaire International, Banque Mondiale …)

En fait, la force nucléaire de dissuasion créée à la fin des années 50, n’a probablement  jamais permis à la France de sortir du dispositif militaire atlantique.

En vérité, il faut se demander si cette force de dissuasion française n’a pas constitué une force d’appoint au dispositif nucléaire américain, durant notamment la guerre froide contre  le bloc soviétique hier et avec l’OTAN aujourd’hui.

Enfin, lorsque l’on constate le cout faramineux que cela représente pour le budget de la nation[viii] et dans le monde, il y a quelque chose d’indécent à continuer dans la voie du surarmement, lorsque on connait les chiffres et les ravages de la mortalité que la faim et les maladies engendrent en Afrique et ailleurs.

Ce n’est pas seulement  juste de s’interroger et de se prononcer pour un désarmement nucléaire de la France c’est tout simplement humain. N’en déplaise à Jean Luc Mélenchon, C’est la voie dans laquelle le courant progressiste doit continuer à s’engager.

La France est aujourd’hui la 5ème puissance militaire mondiale, mais avec son complexe militaro-industriel, elle tient aussi le 3ème rang mondial comme exportateur d’armes derrière les États Unis et la Russie. Elle constitue donc une pièce essentielle du dispositif de guerre impérialiste contre de très nombreux pays dans le monde aujourd’hui.

On n’aime guère que la Paix[ix]

Si la France doit sortir de l’OTAN, elle doit aussi rompre avec sa politique militariste,  s’engager résolument dans la voie du désarmement nucléaire[x] et réorienter la production de son complexe militaro-industriel vers des finalités civiles.

Nous devons nous engager à faire pression[xi] sur  les puissances nucléaires, la France comprise, pour consacrer les budgets ainsi dégagés aux financements des grands enjeux de la planète : éducation, environnement, climat, agriculture, énergie, lutte contre la précarité…

Ces batailles doivent rester une exigence démocratique et fortes d’un monde associatif actif, mais aussi d’une gauche de transformation sociale et écologiste, pour œuvrer à des rapports de coopération entre les peuples et non de domination.

La « dissuasion » nucléaire ne contribue pas à la Paix, elle ne contribue pas non plus à la sécurité de la France, ni à celle de la Planète.

Jacques Casamarta

[i] https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/quels-sont-les-pays-qui-dis... Des capacités nucléaires différentes : tous les pays ne possèdent pas la même capacité nucléaire. Plus de 90% du stock mondial est entre les mains de la Russie et des États-Unis.

[ii] https://www.lopinion.fr/edition/international/jean-luc-melenchon-mon-pro...

[iii] https://www.vie-publique.fr/discours/193954-declaration-de-m-francois-ho... question du nucléaire.

[iv] https://www.huffingtonpost.fr/paul-quiles/la-dissuasion-nucleaire-un-gou...

[v] https://blogs.mediapart.fr/pommeframboise/blog/150417/pour-une-france-in...

[vi] https://francesansarmesnucleaires.fr/spip.php?article80

[vii] La France est un des pays fondateurs en 1949 de l’OTAN. C’est le Général De Gaulle en 1966 qui prendra la décision de quitter L’Alliance Atlantique, avant que Nicolas Sarkozy ne la réintègre en 2009.

[viii] En 2020, le budget des armées a été de 37,5 milliards € (en hausse de 1,7 milliards par rapport à 2019) : il représente 1,86 du PIB – l’objectif de 2 % a été fixé par la dernière loi de programmation militaire (2017). C’est donc un effort budgétaire considérable pour le pays. Par comparaison, le budget de l’Éducation Nationale se chiffre à 52,7 milliards €.  L’Allemagne, quant à elle, ne dépense que 1,3 % de son PIB pour sa défense.

[ix] Cette phrase  est le titre d’un très bel ouvrage pour enfants et adolescents, « On n’aime guère que la Paix » des éditions Rue du monde.

[x] https://www.mvtpaix.org/wordpress/pour-un-traite-dinterdiction-des-armes...

[xi] En Corse, en 1960, le gouvernement qui voulait effectuer des essais atomiques dans le massif de l’Argentella a vu une population entière avec le « Mouvement du 29 novembre », se soulever pour refuser une telle éventualité. Face à cette mobilisation le gouvernement de l’époque a dû reculer.

Type:  Article Vendredi, 18 Décembre, 2020 - 15:32 International
François Calaret

Pax Americana : Une tragi-comédie macabre !

2 mois 1 semaine ago

 

Ce jeudi 10 décembre 2020, le président de la première puissance mondiale, récemment battu à la présidentielle, continue à gouverner à coup de tweets ! Dans l’un d'eux, il annonce qu’il a décidé de reconnaître la marocanité du Sahara occidental, en échange de la reconnaissance de l’Etat d'Israël par le royaume du Maroc. Un communiqué du cabinet royal marocain confirme cette information en se félicitant de cette double reconnaissance.

Ce deal entre les Etats-Unis, Israël et le Maroc est proclamé au mépris de l’application de la légalité internationale dans les deux conflits : l’un, vieux de plus de quarante ans, celui du Sahara occidental, et l’autre, depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, qui refuse au peuple palestinien son droit à l’auto-détermination. Ce honteux deal s’inscrit dans un contexte régional et international où les forces réactionnaires tentent de reprendre l’initiative pour la mise en place d’une pax americana imposée aux peuples, avec le silence complice des puissances européennes, dont la France.

Face à cette mascarade porteuse de guerre et de tragédies, les peuples du Maghreb et du Machrek et tous les peuples du monde épris de justice continueront à se battre pour une paix juste et durable, et pour le respect du droit international.

Le conflit du Sahara occidental ne peut se régler qu’à travers l’arrêt de la guerre fratricide entre les belligérants et le retour à la table des négociations au sein des Nations unies pour une solution pacifique dans le cadre d’un Maghreb des peuples démocratique, de justice sociale et de développement solidaire.

Quant à la question palestinienne, elle ne peut se régler sans l’obtention des droits légitimes et historiques du peuple palestinien à un Etat libre, démocratique et indépendant avec Jérusalem pour capitale et le droit au retour des réfugiés.

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Premiers signataires :

 

-         Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)

-         Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)

-         Association N’Aoura – Belgique

-         Association des Arts et Cultures des deux Rives (ACDR)

-         Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)

-         Association CIBELE

-         Association des Citoyens Originaires de Turquie (ACORT)

-         Association France Palestine Solidarité 14 – 6

-         AFPS – Paris Sud

-         Association des Tunisiens en France (ATF)

-         Cédetim

-         Centre Euromed Migration et Développement – Pays Bas (EMCMO)

-         Comité pour le Développement et le Patrimoine (CDP) – Palestine

-         Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

-         Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique (CVDT)

-         Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives (FTCR)

-         Forum Palestine Citoyenneté (FPC) 

-         Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique (GRILA)

-         Union Tunisienne pour l’Action Citoyenne (UTAC)

 

Avec le soutien de :

Ensemble !

Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

Parti Communiste Français (PCF)

Pour une Ecologie Populaire et Sociale (PEPS)

Type:  Article Mardi, 15 Décembre, 2020 - 11:26 International
François Calaret