En soutien à Saïd Bouamama

5 jours 4 heures ago

Le colloque de deux jours, organisé à Bobigny sur le thème « Mécaniques de l'extrémisme violent », a été troublé par l'absence d'un de ses organisateurs, le sociologue Saïd Bouamama, conséquence d’un veto émanant du ministère de l'intérieur. Cette intervention relaie une campagne expresse initiée par le Rassemblement national, aussitôt suivi par le FigaroVox et Valeurs Actuelles.

Les officiels qui devaient introduire le colloque, le président du conseil départemental, la préfète déléguée à l'égalité des chances du 93, la procureure de la République du 93 ainsi que la secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), ont « boycotté » ce colloque, pour reprendre la formulation du Parisien. 

L'oukase contre Saïd Bouamama est d'autant plus étonnant qu'il est co-animateur depuis quatre ans du projet dont ce colloque est l’aboutissement, et qu’il s’agit d’un projet soutenu par l'État et en particulier la préfecture de Seine-Saint-Denis. L'intervention qu'il devait faire a été lue et chaudement applaudie ; quand elle sera publiée, chacun·e pourra constater, outre sa qualité, qu'elle est à mille lieues de constituer une «complaisance envers le djihadisme» comme l’en ont accusé ses détracteurs sans s’être donné la peine de l’entendre.

La question du djihadisme est donc instrumentalisée pour tenter de discréditer un sociologue dont les opinions politiques de gauche sont publiques, ses références intellectuelles se situant du côté du marxisme, à l'opposé de l'islam politique. Cette campagne de diffamation contre Saïd Bouamama émane de milieux islamophobes et d’extrême droite devant lesquels le pouvoir a cédé. 

La volonté destructrice de ces lobbys va donc jusqu'à tenter d’anéantir des structures et projets visant à réinsérer des personnes dites "radicalisées" dans une vie sociale partagée plutôt que de poursuivre une trajectoire dangereuse pour les autres comme pour elles-mêmes.

Nous, signataires, sommes solidaires de Saïd Bouamama et dénonçons l'attitude de ce pouvoir qui obtempère aux injonctions de l'extrême-droite, preuve éclatante de son double discours qui prétend la combattre en la renforçant quotidiennement.

Signataires: 

Viviane Albenga, sociologue, université de Bordeaux

Armelle Andro, sociologue, institut de démographie de l'université Paris-1

Marie Hélène Bacqué, sociologue, professeure, université Paris-Nanterre

Marion Carrel, maîtresse de conférences HDR en sociologie, université de Lille-CeRIES

Françoise Clément, sociologue, économiste, altermondialiste

Marguerite Cognet, sociologue, maîtresse de conférences, université Paris-Diderot

Jessy Cormont, sociologue, P.H.A.R.E. pour l’Égalité et université de Lille

Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite, université Paris-Diderot

Pauline Delage, sociologue, CNRS, rattachée au Crespa-CSU.

Christine Delphy, sociologue, chercheuse associée au laboratoire Triangle

Fabrice Dhume, sociologue

Jules Falquet, sociologue, université de Paris-Diderot

Eric Fassin, sociologue, Paris 8

Sonia Fayman, sociologue

Nacira Guénif, sociologue, professeure des universités, Paris 8

Malika Hamidi, sociologue et auteure, CADIS, Paris et Université Gaston

Berger, Sénégal

David Jamar, sociologue, université de Mons, Belgique

Pierre-André Juven, sociologue, CNRS

Maryam Kolly, sociologue, Université Saint-Louis - Bruxelles, Centre d’études Sociologiques

Fabienne Messica, sociologue

Marwan Mohammed, sociologue, CNRS, laboratoire CMH

Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches CNRS (Lames)

Ugo Palheta, sociologue, université de Lille

Roland Pfefferkorn, sociologue, professeur émérite, université de Strasbourg

Aude Rabaud, maîtresse de conférences, université Paris-Diderot

Olivier Roueff, sociologue, CNRS

Patrick Simon, socio-démographe, Ined, membre du comité de rédaction de la revue Mouvements

Maryse Tripier, sociologue des migrations, professeur émérite, université Paris Diderot

Eleni Varikas, chercheuse études de genre, professeure émerite, université Paris-8

 

Autres signataires:

Ahmed Abbes, mathématicien, directeur de recherches à Paris

Elisa Aigner, assistante sociale, Seine-Saint-Denis

Salika Amara, professeure de lettres, retraitée

Verveine Angeli, syndicaliste, Union syndicale Solidaires

Etienne Balibar, professeur Kingston University London, professeur émérite Université de Paris-Nanterre

Ludivine Bantigny, historienne, université de Rouen

Adda Bekkouche, enseignant, université Paris-1, Panthéon Sorbonne

Louiza Belhamici, professeure, vice-présidente commission Islam&Laïcité

Sarah Benichou, enseignante, militante féministe

Farid Bennaï, FUIQP Paris

Mohammed Ben Yakhlef, élu municipal Villeneuve-Saint-Georges

Antoine Boulangé, enseignant, Espé Paris, Sorbonne université

Alima Boumedienne Thierry, avocate

Youcef Boussaa,psychiatre des hôpitaux retraité

Martine Boudet, conseil scientifique Attac France

Houria Bouteldja, PIR

Rony Brauman, professeur, université de Manchester

Fabienne Brion, faculté de droit et de criminologie, Louvain-la-Neuve

Alex Callinicos, Professor of European Studies, King's College (Londres)

Abdelaziz Chaambi, Coordination contre le racisme et l’islamophobie,

Ismahane Chouder, enseignante et formatrice, Commission Islam&Laïcité

Agnès Cluzel, infirmière, gilet jaune Auxerre

Jim Cohen, professeur, université Paris 3-Sorbonne Nouvelle,

Annick Coupé, syndicaliste, altermondialiste

Thomas Coutrot, économiste

Monique Crinon, sociologue, consultante, féministe antiraciste

Alexis Cukier, maître de conférences philosophie, université de Poitiers

Marina Da Silva, journaliste, Commission Islam&Laïcité

Laurence De Cock, historienne

Robin Delobel, journaliste, CADTM

Ludo De Witte, auteur

Bernard Dréano, président du Cedetim

Françoise Duthu, retraitée de l'Université Paris Ouest-Nanterre.

Ivar Ekeland, mathématicien et économiste

Ismael El Hajari, FUIQP Paris

Renaud Epstein, maître de conférences, sciences po Saint-Germain-en-Laye

Didier Epsztajn, animateur du blog Entre les lignes entre les mots,

Mireille Fanon Mendes-France, ex-UN experte, Fondation Frantz Fanon

Nadia Fartaoui, médecin, FUIQP Paris

Cécile Fontaine, FUIQP59-62

Pascal Franchet, président du CADTM France

Georges Franco, artiste peintre.

Bernard Friot, professeur émérite à l’université Paris-Nanterre

Isabelle Garo, philosophe

Vincent Genestet, consultant à la retraite, LDH

François Gèze, éditeur

Ouissame Ghmimat, militant des droit humains AMDH

Alain Gresh, directeur d’Orient XXI

Michelle Guerci, journaliste

Majdelil Guerda, militante FUIQP

Georges Gumpel, UJFP

Faïza Hirach, militante IWW Belgium

Julie Jaroszewski, artiste, militante

Pierre Khalfa, économiste, militant altermondialiste

Guillermo Kozlowski, philosophe

Stathis Kouvelakis, professeur à King's College (Londres)

Roland Lafitte, commission Islam&Laïcité

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire

Monique Lellouche, militante antiraciste, UJFP

Nathalie Levallois, militante FI

Laurent Lévy, essayiste

Nadia Louachi, FUIQP Paris

Christian Mahieux, syndicaliste Union syndicale Solidaires

Gilles Manceron, historien, commission Islam&Laïcité

Malika Mansouri, maître de conférences, Paris

Michel Maric, maître de conférences en économie, université de Reims

Philippe Marlière, politiste

Fernanda Marrucchelli, Fasti

Gustave Massiah, économiste

Madjid Messaoudene, élu municipal Saint-Denis (93)

Ümit Metin, militant Acort

Regis Meyran, anthropologue

Zakia Meziani, militante associative et féministe, Tourcoing

Bénédicte Monville, conseillère régionale Ile-de-France

René Monzat, CI&L

John Mullen, professeur, université de Rouen

Sylvie Nony, historienne des sciences, CNRS

Sylvie Pinot, formatrice, FUIQP Nord

Christine Poupin, porte-parole du NPA

Ali Rahni, militant associatif Roubaix

Jocelyne Rajnchapel-Messai, UJFP

Laurent Ripart, historien, Chambéry

Joël Roman, philosophe

Code Rouge, artiste

Théo Roumier, syndicaliste SUD éducation

Alain Ruscio, historien

Catherine Samary, économiste altermondialiste

Maximilien Sanchez, conseiller municipal Gentilly

Manu Scordia, dessinateur

Djellali Seddaoui, FUIQP 59/62

Khadija Senhadji, socio-anthropologue et militante décoloniale

Michèle Sibony, UJFP

Patrick Silberstein, médecin, éditeur

Omar Slaouti, enseignant, militant antiraciste

Laurent Sorel, conseiller d'arrondissement Paris 20, France Insoumise

Catherine Stern, enseignante retraitée, RESF, Mrap, PCF

Julien Talpin, chargé de recherche en science politique, CNRS

Olivier Tonneau, enseignant-chercheur Université de Cambridge

Anne Tristan, enseignante

Marie-Christine Vergiat, ex-députée européenne

Christiane Vollaire, philosophe, chercheure associée au CNAM.

Stéphane Vonthron, France Insoumise, Lille

Louis Weber, éditeur

James Wolfreys, politiste, King's College Londres

Sophie Zafari, syndicaliste SNUIP P93

Associations et collectifs :

Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort),

Association marocaine des droits humains, (AMDH-Paris/IDF)

Association rencontre et dialogue Roubaix

Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)

Bruxelles Panthères

CGT de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration

Collectif de défense des jeunes du Mantois

Collectif féministe Kahina

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie

(CRLDHT)

Commission Islam&laïcité

Editions Syllepse

Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés (Fasti)

Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)

Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Identité Plurielle Tourcoing

Parti des indigènes de la République (PIR)

Union juive française pour la paix (UJFP)

Union des Tunisiens pour l’action citoyenne (Utac)

Type:  Article Mercredi, 17 Juillet, 2019 - 09:19 Anti-racisme
François Calaret

Région Occitanie: Parrainages républicains de lycéen-n-e-s réfugié-e-s

5 jours 4 heures ago

Il y a quelques semaines j’ai été contactée par RESF31 (Réseau Éducation Sans Frontières de la Haute Garonne) afin de solliciter la région et sa présidente pour organiser un parrainage républicain pour 10 lycéen-n-e-s de l’agglomération toulousaine.

La présidente de région a répondu de suite positivement et on s’est lancé dans l’organisation de l’initiative.

Mardi 9 juillet jour de la cérémonie, il y avait une centaine de personnes qui se pressait devant l’hôtel de région : bien sur les jeunes et leurs familles mais aussi leurs soutiens, nombreux, amis, élèves solidaires, membres du réseau et élu-e-s.

J’ai eu le privilège de présider et d’introduire ce moment particulier. J’en ai profité pour rappeler le droit à l’éducation et la nécessaire expression de la solidarité, même si celle ci peut amener à se retrouver en prison comme pour Carole Rakete et Pia Klemp, capitaines courageuses ayant secouru des migrant-e-s en Méditerranée. Et je suis également intervenue pour que tout le monde se souvienne de l’arrivée de 500 000 réfugié-e-s espagnols en 1939 lors de la retirada. L’exil est une souffrance pour ceux et celles qui le subissent et le devoir d’êtres humains c’est d’accueillir tous ceux et toutes celles qui n’ont pas eu d’autres choix que de partir.

Au fur et à mesure du déroulement du parrainage et de la présentation l’émotion est allée crescendo avec la prise de conscience d’un moment fort, partagé, dans un contexte où se joue le drame des réfugié-e-s tous les jours, et celle d’être aussi soi même, marraine et parrain, issu-e-s bien souvent de l’immigration. Les destins de ses jeunes et des leurs, même à peine évoqués, racontent des histoires terribles, des drames parfois inimaginables. Leur courage a forcé l’admiration de tous et toutes.

Dans ma conclusion j’ai exprimé notre engagement ferme à soutenir ces jeunes et leurs familles. Et à continuer à exprimer notre entière et pleine solidarité, à faire de la région une terre d’accueil et d’asile.

Myriam Martin

Type:  Article Mercredi, 17 Juillet, 2019 - 09:01 Anti-racisme
François Calaret

Montpellier : lancement d’un appel pour co-construire une liste de confluences

5 jours 4 heures ago

Ce vendredi 5 juillet était présenté à la presse un appel pour la co-construction d’une liste de confluences, pour une alternative sociale, écologique et démocratique.

Cet appel a été impulsé et soutenu par les insoumis.e.s de Montpellier. Muriel Ressiguier, député de Montpellier a d’ailleurs introduit la conférence de presse.

Il est soutenu par un grand nombre de militant-e-s, d’habitant-e-s de Montpellier venant de mouvements écologistes, sociaux, Gilets Jaunes, … des différents quartiers de Montpellier, d’origine sociale très diverse comme le montre la liste des 100 premiers signataires.

Point de hasard donc si c’est Hélène Raux, militante altermondialiste, qui a présenté cet appel aux journalistes présents.

Cet appel soutenu par une grande partie du monde militant de Montpellier dont l’une des principales forces politiques de Montpellier montre qu’il existe une volonté forte de lutter contre l’éparpillement des forces sociales, écologiques et citoyennes pour ces prochaines municipales.

C’est un appel pour ouvrir le dialogue entre ces différentes forces, un appel pour amorcer la co-construction d’une liste de confluences de ces forces en question, afin de gagner à Montpellier et co-construire une alternative sociale, écologique et démocratique pour répondre aux enjeux de l’heure.

Une précision importante, cet appel porte l’exigence d’une liste de confluences et propose une méthode mais ce n’est pas LE “texte fondateur” de la liste qui reste à co-construire. Ce texte reste à écrire avec toutes celles et tous ceux qui, partageant cette démarche, participeront à cette dynamique de confluences. Il en est de même pour le nom de la liste, bien-sûr.

Ensemble! Montpellier soutient bien évidemment cette démarche et mettra toutes ses forces à disposition pour qu’une telle liste existe.
Voici le texte de l’appel :

“Pour une liste de confluences à Montpellier”

Oui ! Un autre Montpellier est possible !
Même si tout ne peut pas être réglé à l’échelle de la ville, la mairie et la métropole disposent de leviers d’action. Ce sont des choix politiques.
Il y a urgence tant sur le plan social que climatique. Agissons ! Les marches pour le Climat, la mobilisation des Gilets Jaunes et toutes les mobilisations pour la justice sociale, la démocratie réelle, nous montrent le chemin.
L’équipe de Saurel privilégie les grands projets inutiles, gaspillant l’argent public comme le projet de Stade-Palais des sports ou la gare de la Mogère. Montpellier est gérée comme une marchandise, livrée aux spéculateurs de l’immobilier. Nos quartiers sont traités comme de la chair à béton. Lien social et préservation des espaces verts pèsent peu face aux bétonneuses, comme en témoignent la Friche à Mimi à Figuerolles ou le quartier Las Rébès.
Toutes ces dépenses se font au détriment de l’environnement, de la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités. Les choix utiles sont délaissés : la rénovation et la construction d’écoles, de crèches, de lieux de vie agréables et abordables pour nos anciens, du mieux vivre pour les personnes handicapées, de la sécurisation, de l’aménagement pour les piétons et les vélos, de la construction d’équipements sportifs de proximité, d’hébergements et de logements sociaux, d’un développement des transports publics tendant vers la gratuité.
Les dégâts écologiques et humains sont considérables. Disons stop à la marchandisation de la ville et oeuvrons collectivement et démocratiquement pour une VILLE EN COMMUN.

La ville que nous voulons

Nous voulons une ville où l’accueil et l’hospitalité sont la règle. Une ville sans discriminations, ni ségrégations urbaines. Une ville résolument engagée dans la transition écologique.
Nous voulons une ville où les droits fondamentaux sont respectés. Une ville où chacun bénéficie d’un logement décent, sans expulsion, une ville où la malnutrition n’a pas sa place, où la précarité énergétique n’existe pas, où l’accès à l’énergie est un droit, où chacun·e peut disposer gratuitement de la quantité d’eau nécessaire à sa santé, à son hygiène, où tous ont accès à la mobilité. Une ville où le droit à l’éducation et à la santé est respecté, garanti pour toutes et tous; où la culture est accessible à tous, comme un droit fondamental. Avec un taux de pauvreté de 28 %, la lutte pour l’emploi et contre la pauvreté sera notre priorité. Ainsi mettons en débat comme mesures immédiates : le développement d’un réseau de centres de santé municipaux gratuits, des repas 100 % produits locaux, gratuits, et, à terme, entièrement bio, pour tous les élèves dans les cantines scolaires, ainsi que les premiers m3 d’eau et les premiers kWh gratuits.
Nous voulons prendre le contrôle démocratique de nos biens communs : l’eau et son assainissement, la gestion des déchets, l’énergie, les transports publics, l’espace urbain. Nous voulons assurer la présence des services publics partout en particulier dans les quartiers populaires. Mettons-en place une nouvelle planification urbaine contre la spéculation immobilière, faisant de l’espace urbain et des terres agraires des Communs au service de l’intérêt général.
Nous voulons que Montpellier soit une ville qui prépare un avenir partagé. Nos institutions aideront à la création d’emplois durables. Les règles des marchés publics devront impérativement intégrer des critères de transparence, de justice sociale et environnementale. Notre ville peut et doit promouvoir un urbanisme ainsi que des politiques énergétiques et de mobilité répondant à la fois aux besoins sociaux et à l’urgence climatique.
Nous voulons des élu.e.s qui tiennent leurs engagements. Une municipalité qui ne cède pas face aux lobbys de l’argent, des multinationales, de l’immobilier. La transparence des institutions, le respect de la laïcité, le non cumul et la limitation du nombre de mandats dans le temps doivent être la règle. Les indemnités des élu.e.s seront plafonnées. Nous mettrons en place le référendum d’initiative citoyenne donnant aux habitant.e.s un véritable pouvoir de décision et de proposition.

Nous voulons instaurer à Montpellier et dans sa métropole une véritable démocratie où les représentant.e.s gouvernent avec les citoyen.ne.s, en lien étroit avec les associations. Une démocratie décentralisée dans les quartiers redéfinis et plus nombreux de Montpellier, ainsi que dans les villes et les villages de la métropole. Une démocratie avec des contrôles sociaux et écologiques sur les budgets. Une démocratie où à mi-mandat une votation stop ou encore permettra de faire un bilan d’étape des politiques menées et d’en tirer les conséquences.

Notre démarche
Pour construire la ville que nous voulons, nous ne pouvons nous résoudre à un éparpillement des forces sociales et écologiques à Montpellier. L’objectif est de permettre la confluence entre les militant.e.s associatif.ve.s, écologistes, syndicaux, politiques et tou.te.s celles et ceux qui aspirent à des mesures de justice sociale et de transition écologique.
Imaginons autre chose qu’une addition de sigles ou qu’une liste d’un parti qui se dirait ouverte aux mouvements citoyens. De trop nombreuses expériences montrent que ces démarches créent de la division au lieu de rassembler les forces disponibles pour porter une alternative.
Nous proposons une dynamique véritablement collective dans laquelle toutes les forces ont leur place. Il est crucial d’adopter un mode de fonctionnement qui rompe avec les tractations entre partis. Notre démarche sera construite lors d’une Assemblée réunissant toutes celles et de ceux qui se reconnaissent dans cet appel.
Au vu des dés à relever pour résoudre la crise sociale, démocratique, écologique que nous vivons, nous devons prendre des initiatives créatives qui rassemblent.
Si nous pouvons imaginer une autre ville alors nous aurons le pouvoir de la transformer. A nous toutes et tous de montrer qu’une autre ville, une autre métropole est possible

Construire vraiment une liste de confluence

Un outil : le scrutin à jugement majoritaire
Nous proposons une dynamique véritablement collective dans laquelle toutes les forces ont leur place. Il est crucial d’adopter un mode de fonctionnement qui rompe avec les tractations entre partis. Notre démarche sera construite lors d’une Assemblée réunissant toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cet appel. Sortons des vieilles pratiques. Pourquoi pas dans cette Assemblée prendre collectivement nos décisions en recourant au système du vote à jugement majoritaire, dans lequel chaque participant-e-s évalue l’ensemble des propositions ou des personnes candidates. Cela pourrait permettre d’obtenir des résultats plus consensuels car le scrutin pourrait mieux refléter les opinions du groupe. Ce mode de désignation pourrait être testé à l’occasion de la désignation des porte-paroles du collectif.

Type:  Article Mercredi, 17 Juillet, 2019 - 08:59 Elections
François Calaret

20 juillet : marche pour soutenir le « combat Adama » et « riposter à l’autoritarisme »

5 jours 4 heures ago

Le 20 juillet 2019 à Beaumont-sur-Oise, cela fera trois ans qu’Adama Traoré est mort assassiné par la police. Trois ans que sa famille et ses proches se soulèvent pour demander la justice et la dignité dans la rue, dans les tribunaux, dans les médias. Trois ans qu’un quartier entier est soumis au harcèlement judiciaire, policier, et aux patrouilles militaires.

Le 20 juillet 2019, nous, Gilets jaunes, habitants de quartiers populaires, collectif de soutien aux exilé-e-s, habitants de territoires en lutte, syndicalistes, collectifs écologistes, paysan-ne-s, anti-nucléaires, collectifs antifascistes, organisations nationales, appelons tout le monde à converger à Beaumont-sur-Oise pour un énorme acte national en soutien au « combat Adama ».

Ce combat, c’est aussi le combat pour Ali, Lamine, Wissam, Amine, Gaye, Angelo, Babacar, et des dizaines de personnes tuées par la police au cours des dernières décennies, dans le silence et le mépris. Cibles de la violence d’État parce qu’elles sont racisé-e-s, parce qu’elles sont banlieusardes. Et c’est aussi le combat pour Zineb, Rémi, Malik, Vital et toutes les personnes tuées, mutilées, blessées par la répression féroce des manifestations. Après sept mois de mobilisations gilets jaunes, nous comptons plus de 2.500 blessés, 24 personnes éborgnées, 5 mains arrachées, le meurtre de Zineb Redouane, plus de 10.000 gardes à vues, 2.000 condamnations, 390 incarcérations… Au cours des dernières décennies, seules les révoltes des banlieues en 2005 ont été plus réprimées.

Il n’y a plus lieu de parler de « bavures » ou de « dérive autoritaire ». Utilisons les bons mots : nous entrons dans un régime autoritaire. La violence d’État auparavant réservée aux quartiers populaires se généralise à toute la société. Beaumont-sur-Oise, Mantes-la-Jolie, Calais, Bure, Briançon, et jusqu’aux Champs-Élysées : aucun foyer de contestation, aucune aspiration à la transformation sociale n’est épargnée. Face à cette situation, nous ne devons pas céder mais renforcer nos solidarités et tisser des alliances durables pour riposter.

En décembre 2018, le comité Adama a été l’un des premiers à prendre la rue, appeler à mettre « les quartiers en Gilets jaunes », et tendre la main pour créer ces alliances entre divers secteurs de la société. En mai 2019, il a co-organisé les rencontres inter-collectifs « Ripostons à l’autoritarisme » au cœur de Paris. Le 20 juillet 2019, il est temps d’organiser le « match retour » ! Pour riposter contre l’autoritarisme, nous appelons à un acte national historique à l’occasion de cette troisième « Marche pour Adama ». Tous et toutes à Beaumont-sur-Oise !

Nous demandons :
• la vérité et la justice pour Adama Traoré et toutes les victimes de crimes policiers en France
• la fin du harcèlement judiciaire, policier et militaire dans les quartiers populaires
• l’interdiction du LBD-40, des grenades offensives et des techniques d’interpellation meurtrières
• l’amnistie pour les prisonniers et condamnés politiques qui luttent contre ce système injuste et/ou qui n’ont pas la bonne couleur de peau

Construisons partout une alliance de luttes, de collectifs et d’organisations pour résister et riposter à l’autoritarisme qui se généralise à toute la société !

Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à Beaumont-sur-Oise, nous appelons à des rassemblements et des manifestations partout en France devant les tribunaux et les commissariats, et tout autre geste qui paraîtra pertinent !

 

Contacts : laveritepouradama@gmail.com / retrouversouffle@riseup.net
Facebook : La Vérité pour Adama / Ripostons à l’autoritarisme

Premiers signataires :

    ANV COP-21
    Assemblées des blessé-e-s
    ATTAC France
    Beaumont en Commun
    CISPM (Coalition internationale des Sans-Papiers et Migrants)
    Comité Vérité et Justice pour Adama
    Comité Vérité et Justice pour Wissam
    Comité Vérité et Justice pour Jérôme Laronze
    Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri
    Comité Montreuil Palestine
    Comité de soutien contre la répression au collège République (Bobigny)
    Collectif Féministes Révolutionnaires
    Collectif des Mutilés pour l’exemple
    Collectif des citoyens souverains
    Collectif contre les abus policiers 33 (CLAP 33)
    Collectif Burn Out
    CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement
    Désarmons-Les
    Les Désobéissants
    Désobéissance Écolo Paris
    DIEL (Droits Ici et Là-Bas)
    Cerveaux non disponibles
    Gilets Jaunes de la Maison du Peuple de Saint-Nazaire
    Gilets jaunes de La Cabane de la Place des fêtes
    Gilets jaunes Paris 18
    Gilets Jaunes Intermittent.e.s Chômeur.e.s Précaires
    Gilets Jaunes Enseignement et Recherche
    Gilets Jaunes Agrégat Extra
    Gilets Jaunes de Belleville
    Groupe de travail GJ Banlieues 31 (AG GJ de Toulouse)
    FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s)
    Décoloniser les Arts
    Femmes Gilets Jaunes Île de France
    Libérons Les !
    NPA
    L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (OPA)
    Réseau RITIMO
    Réseau « Sortir du Nucléaire »
    Solidaires
    Union Communiste Libertaire
    Zone de solidarité populaire Paris 18e

Personnes publiques :

    Sylvie Blocher, artiste
    Robin Campillo, cinéaste
    Laurence de Cock, historienne
    Elsa Dorlin, philosophe
    Didier Eribon, philosophe
    Annie Ernaux, écrivain
    Bouchra Khalili, artiste
    Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue
    Mathilde Larrère, historienne
    Sandra Laugier, philosophe
    Édouard Louis, écrivain
    Chantal Mouffe, philosophe
    Dominic Thomas, professeur de littérature comparée
    Thomas Porcher, économiste

Ce texte est ouvert à la signature collectifs/orgas jusqu’au 20 juillet. envoyez votre signature à retrouversouffle@riseup.net.

Type:  Article Mercredi, 17 Juillet, 2019 - 08:56 Anti-racisme
François Calaret

6ème Université d'Ensemble! à Cap d'Agde, du 31 octobre au 3 novembre

1 semaine 1 jour ago

Automne...

Temps des semailles... Et moment pour prendre du champ !

Pour observer les horizons parfois obscurcis et lointains des enjeux géostratégiques, ou si proches lorsqu’il s’agit de l’Algérie, du Brésil, et d’autres pays d’Amérique latine, voire de l’Europe elle-même…

Pour interroger l’avenir de cette Terre, et de l’Humanité, lorsque pèsent sur lui tant de menaces écologiques : quelle est leur réelle gravité ? Quelles possibilités de conjurer les catastrophes annoncées ? Quelles transitions engager ?

Pour faire retour sur les mouvements profonds à l’oeuvre, du soulèvement des Gilets jaunes à la démocratie malmenée ou niée, et questionner l’action politique, la crise de la (des) gauche(s), l’Histoire telle qu’elle paraît parfois se ressembler, des années 30 aux nôtres…

Pour débattre de bien d’autres sujets. Par exemple celui de notre propre fragilité psychique, lorsqu’est malmenée la psychiatrie…

Un moment de réflexion et de convivialité, pour lequel nous vous attendons !
Inscrivez-vous vite !

Fichier attachéTaille Plaquettes et tarifs480.42 Ko Type:  Article Dimanche, 14 Juillet, 2019 - 10:23 Université d'Ensemble!
François Calaret

Des centaines de Juifs et d’Arabes ont participé à la deuxième Convention Nationale de Standing Together.

1 semaine 4 jours ago

L’organisation politique israélienne Standing Together, que nous avons déjà présentée sur ce site (https://www.ensemble-fdg.org/content/des-cerfs-volants-tel-aviv ) a tenu il y a quelques jours sa seconde convention nationale. Nous traduisons ici le communiqué publié à cette occasion.

La 2ème Convention Nationale de Standing Together, organisation militante qui regroupe des juifs et des arabes israéliens, sur des bases socialistes, s’est déroulée le 28 juin à Kfar Kassem, un village palestinien situé à l’intérieur des frontières israéliennes qui a une longue histoire de luttes.

Près de 500 personnes, Arabes et Juifs, y ont pris part, démontrant la force et la croissance de notre organisation depuis la précédente Convention, il y a un an et demi. Durant cette période nous sommes passés de 250 à 1500 adhérents et nous avons été impliqués dans toutes les mobilisations importantes de la gauche en Israél, et nous avons développé notre implantation dans les différentes communautés et renforcé nos cercles militants locaux.

La Convention Nationale a approuvé la « Théorie du Changement », un document élaboré après une discussion de cinq mois au sein de notre mouvement, tant au niveau de la direction nationale que dans les cercles locaux, recueillant des dizaines de contributions et d’amendements. Elle a approuvé les modifications des statuts de l’organisation. Une séance de travail a permis la réunion de 11 groupes de discussions portant sur l’intervention de Standing Together dans les domaines suivants : lutte contre l’Occupation, logement, santé, justice climatique, organisation locale, égalité Juifs-Arabes, etc…

Lors de la Convention, la coordination nationale de Standing Together a été élue (41 candidats pour 25 sièges). Les membres de la coordination comptent :12 femmes (50%), 10 Arabes Palestiniens (40%) et douze personnes de moins de 40 ans (50%).  Parmi les élus, deux anciens membres de la Knesset, le Docteur Dov Khenin (membre du parti Hadash) et Mossi Raz (du Meretz).

9 résolutions présentées par les militants ont été débattues et 6 d’entre elles adoptées. Elles concernaient par exemple des dispositions renforçant le contrôle des militants sur la direction du mouvement, la mise en place d’interventions dans les villages et les zones éloignées des grands centres urbains, un plus grand engagement dans le mouvement pour la justice climatique, basé sur une analyse de classe de l’urgence climatique et sur le lien entre transformation sociale et environnementale.

Des invités ont également participé à nos travaux : une délégation de l’OLP, quatre maires, dont le responsable du Comité National des maires Arabes d’Israél, trois membres de la Knesset et trois anciens membres de la Knesset, provenant de quatre partis politiques différents : Meretz, Hadash, Taal et Mada, ainsi que les deux Co-Secrétaires Généraux du mouvement syndical « Pouvoir aux travailleurs ».

A l’issue de sa seconde Convention Nationale, Standing Together apparaît comme un mouvement renforcé, uni et optimiste qui développera son engagement dans les luttes de base et les campagnes pour mobiliser les Juifs et les Arabes d’Israél sur les valeurs de paix, d’égalité et de justice sociale.

Note : Taal et Mada (parti démocratique arabe) sont des partis arabes israeliens qui ont participé aux coalitions de gauche « liste unie ».

Mathieu DARGEL

Type:  Article Jeudi, 11 Juillet, 2019 - 09:25 International Israël Palestine
François Calaret

« Blanquer démission ! »

1 semaine 6 jours ago

C’est le slogan qui a retenti haut et fort sous la verrière de la Bourse du Travail de Paris le 4 juillet, lors de l’Assemblée générale des correctrices et correcteurs du baccalauréat. Cette assemblée a réuni plus de 600 personnes et fut le point d’orgue d’une journée où des dizaines de jurys d’examen et de centres de correction du bac et du brevet ont été perturbés, et ce dans toute la France.

Avec le soutien des associations de parents d’élèves, des syndicats de personnels et de lycéen-nes ainsi que des collectifs comme les « Stylos rouges », la mobilisation a été très forte pour s’opposer à la mise en place d’une école encore plus néolibérale. Dans le viseur, les réformes du lycée, du baccalauréat, Parcoursup, l’école du tri social. Mais également l’attitude autoritaire d’un ministre et d’un gouvernement qui comptent écraser toute volonté d’opposition. La loi Fonction publique et la loi Blanquer visent à mettre au pas les personnels et à en finir avec les services publics, dont celui d’éducation.

Cette attitude droit dans ses bottes de Jean-Michel Blanquer a fini d’exaspérer un milieu dans lequel les conditions de travail et d’études se dégradent à vue d’œil du fait des restrictions de moyens. Faire toujours plus avec moins, voilà qui coince quand la coupe est pleine.

C’est le cas aujourd’hui avec cette mobilisation qui, avec le soutien des organisations syndicales, se construit à la base dans des Assemblées générales et développe des moyens d’action inédits. De nombreux enseignant-es qui ne faisaient plus grève ont rejoint le mouvement, montrant une détermination tenace, avec la volonté d’engager le bras de fer contre un ministre qui a la volonté affichée de les écraser. Personne n’aurait pensé à ce que les épreuves du Bac soient perturbées à ce point, la mobilisation franchissant à chaque fois un palier supérieur d’action pour répondre aux provocations et au mépris du ministre.

Jean-Michel Blanquer, obligé de recourir aux notes du contrôle continu dans les résultats du baccalauréat pour remplacer les notes des copies retenues par les grévistes, s’est complètement décrédibilisé en montrant qu’il était prêt à tricher sur les résultats plutôt que d’écouter le mouvement. Les personnels, les parents et les élèves mobilisé-es ne comptent pas s’arrêter là, les vrais résultats du bac seront reportés et la rentrée s’annonce déjà très chaude.

Marion Nentreg

Type:  Article Lundi, 8 Juillet, 2019 - 16:55 Education
François Calaret

Contre la privatisation d'Aéroports de Paris, gagnons le referendum !

2 semaines ago

 

La bataille contre la privatisation d’Aéroports de Paris est engagée et concerne la société toute entière. C’est une bataille pour la démocratie car il va revenir à toutes et tous de pouvoir décider si un référendum est organisé. Mais c’est aussi une bataille contre les privatisations et pour la préservation et le développement des biens communs et pour les services publics. C’est aussi un combat pour la sauvegarde de l’environnement et pour la transition écologique car rien ne serait pire que laisser les clefs du transport aérien aux intérêts privés.

Depuis des années la privatisation des biens publics se fait à marche forcée. Des entreprises assurant des services publics sont vendues à des intérêts privés. Ignorant des objectifs sociaux et environnementaux de long terme, elles en profitent pour augmenter leurs prix, au détriment des usagers. Elles les transforment en machines à produire des dividendes pour les actionnaires, privant les finances publiques, et donc les services publics, de sommes considérables. Le scandale de la privatisation des autoroutes, celle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, impulsée par l’actuel président de la République lorsqu’il était ministre, en sont de tristes exemples.

Mais cela ne leur suffit pas : outre les aéroports, la Française des Jeux, Engie, l'Office National de la Forêt, les barrages hydroélectriques, les ports, les routes nationales et d’autres sont les nouvelles cibles. Pendant ce temps, les hôpitaux publics sont au bord de l’explosion, des services hospitaliers, des lignes ferroviaires et des bureaux de postes ferment, les services publics s’éloignent des usagers, le statut de la Fonction publique est démantelé, les administrations et les entreprises publiques sont de plus en plus gérées comme des entreprises privées avec pour seul critère la rentabilité financière, au détriment de la satisfaction des besoins sociaux de toute la population.

La bataille contre la privatisation d'AdP est commencée : après des luttes syndicales importantes, plus de 200 parlementaires ont été à l’initiative du processus de référendum d’initiative partagée. Des appels à signature se multiplient.

Compte tenu de l’impératif de la procédure institutionnelle, qui exige qu’il y ait 4,7 millions de signatures de citoyen.nes, et qui exclut toutes celles et ceux qui vivent ici et n'ont pas le droit de vote, donnons  à cette campagne l’ampleur nécessaire et impulsons une dynamique de rassemblement. Il s’agit d’en faire l’affaire de la société et des citoyen.nes. C’est pourquoi nous lançons une coordination de mouvements et d’organisations syndicales, associatives et politiques contre la privatisation d’Aéroports de Paris et plus largement contre les privatisations, pour les services publics et les biens communs. Chaque membre de cette coordination conservera bien entendu la liberté de mener sa propre campagne.

Cette coordination nationale a l’ambition de réunir le plus largement possible, dans leur diversité, syndicats, associations et partis politiques, les élu.e.s, les mouvements sociaux, écologistes, féministes... Des initiatives unitaires seront prises localement, avec la constitution de « bureaux de vote de rue », des conférences-débats publiques, des affiches, tracts, argumentaires divers, que nous mutualiserons au niveau national. Nous voulons atteindre 4,7 millions de signatures, pour que puisse se tenir ensuite un référendum national. Si cet objectif est atteint, ce sera un grand coup d’arrêt au rouleau-compresseur d’Emmanuel Macron et de son gouvernement, qui projettent de privatiser un grand pan de l’économie et qui laminent ce qu’il reste de services publics.

Pour signer la demande de référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Premiers signataires :

Alternatiba
ANV-COP21
Association Nationale des Elu.e.s Communistes et Républicains (ANECR)
Attac
CGT
Convergences pour les services publics
Diem25
EELV
Ensemble!
Fakir
Femmes Egalité
Fête à Macron
Fondation Copernic
FSU
Gauche Démocratique et Sociale
Génération-s
LFI, groupe parlementaire
Le Mouvement
Les Amis de la Terre
Les objecteurs de croissance
MJCF
Nouveau Parti Anticapitaliste
Parti de Gauche
Parti ouvrier indépendant démocratique
PCF
PCOF
Pour une écologie populaire et Sociale
République & Socialisme
Réseau Foi et Justice Afrique Europe
UEC
UNEF
Union Syndicale Solidaires

Type:  Article Lundi, 8 Juillet, 2019 - 10:22 Biens publics & biens communs
François Calaret

Soutien aux exilé.e.s, à Carole Rackete et à tout son équipage

2 semaines 6 jours ago

Appel à rassemblement - Mercredi 3 juillet 18h – Place Stalingrad à Paris

Signer ici

Contre la criminalisation des exilé·e·s et de leurs soutiens, l’humanité et les droits fondamentaux avant tout.

Soutien aux exilé.e.s, à Carole Rackete Capitaine du Sea watch 3 et à tout son équipage.

La nuit du samedi 29 juin, Carola Rackete a été arrêtée par la police italienne après avoir accosté avec son navire dans le port de Lampedusa. A son bord, 42 personnes secourues dans les eaux internationales au large de la Libye. Après 17 jours d’errance en Méditerranée, la capitaine du Sea Watch 3 a pris la décision d'entrer sans autorisation dans le port, bravant ainsi les interdits du gouvernement italien et le silence de l’Union Européenne.

Elle l’a fait parce qu’il y a quelque chose au-dessus des lois immorales promulguées par le ministère de l’intérieur italien et de la lâcheté meurtrière de l’Union Européenne. Au-dessus, il y a l’humanité et le respect des droits fondamentaux. Carola Rackete a fait le choix de l’humanité. Elle et son équipage ont choisi de sauver 42 femmes et hommes exilé·e·s, condamné·e·s à se noyer au milieu de la méditerranée, ou à être torturé·e·s, violé·e·s, enfermé·e·s.

En niant le droit de ces personnes d’être secourues, l’Italie se rend complice de l’enfer qu’est devenue la Lybie aujourd’hui pour les personnes exilées. En fermant les yeux et en se déresponsabilisant, la France se rend tout autant complice. En militarisant ses frontières et en déléguant l’accueil des personnes à des pays tiers, l’Union Européenne est responsable du délitement de leurs droits. En refusant d’intervenir, la Cour Européenne des Droits de l’Homme devient complice de cette atteinte aux principes les plus fondamentaux de notre humanité.

Exigeons que les personnes sauvées et que tou·te·s les exilé·e·s soient protégé·e·s et que leurs droits soient respectés. Exigeons que tous bateaux avec à leur bord des enfants, des femmes et des hommes en danger soient accueillis dans tous les ports de l’Union Européenne.

Exigeons la libération immédiate et la levée des sanctions contre Carola Rackete, Pia Klemp et tout l’équipage du Sea Watch 3, symboles d’une humanité qui nous donne à toutes et tous, chaque jour, l’espoir et la détermination.

Nous appelons toutes les organisations, citoyen.ne.s, personnalités engagées, à se rassembler le mercredi 3 juillet à 18h, place de la bataille de Stalingrad à Paris, pour dénoncer une atteinte inqualifiable aux droits humains les plus fondamentaux et soutenir l’ensemble des personnes exilées et leurs soutiens.

Type:  Article Mardi, 2 Juillet, 2019 - 09:14 Migrant-e-s
François Calaret

Déclaration politique d’Ensemble

3 semaines 6 jours ago

Adoptée au Collectif nationale des 22 et 23 juin 2019

Les élections européennes du 26 mai 2019 ont marqué une nouvelle étape de la recomposition du paysage politique français amorcé en 2017.

Dans un contexte global marqué par les tensions entre grandes puissances américaines, chinoises, russes, la mise en œuvre difficile du Brexit, la montée des pouvoirs autoritaires et nationalistes, la participation électorale a été plus forte qu’en 2014, bénéficiant principalement d’une part aux partis centristes et écologistes et d’autre part aux forces d’extrême droite. Pour autant, le taux d'abstention reste particulièrement élevé (plus de 50% en ajoutant les abstentions et les bulletins blancs) et revêt une signification politique : il souligne la persistance d'une profonde crise de la représentation politique.    

En France, La République En Marche a réussi à éviter la sanction électorale malgré la mobilisation inédite des Gilets Jaunes et la profondeur du mécontentement social. Le découplage s'accroit entre les mouvements sociaux, aussi puissants soient-ils, et leur traduction électorale. Malgré un score à peine supérieur à 10% du corps électoral, le macronisme s'en trouve re-légitimé et peut poursuivre son offensive de casse sociale tous azimuts.  Même si la peur du RN a pu jouer en faveur du vote pour la liste LREM, le résultat de celle-ci traduit aussi que le macronisme s'est trouvé une base sociale.

Le Rassemblement National s’est imposé en tête du scrutin et poursuit son enracinement qui renforce sa capacité de peser et d’exercer le pouvoir notamment à l’échelle locale. Avec le regroupement de toute la droite extrême, qui un de ses buts, son renforcement va encourager une partie de ses adhérents et sympathisants à des comportements plus agressifs.

Ecrasé entre LREM et le RN la droite traditionnelle des Républicains est confrontée à une crise existentielle majeure probablement de longue durée.

Au terme de cette séquence, la politique économique et sociale du gouvernement reste plus que jamais la poursuite des « réformes » de structure néolibérales : sur l’assurance-chômage, les retraites ou les baisses d’impôt ou le service public. Avec une instrumentalisation des migrant-e-s pour  désigner un « bouc émissaire » inventé mais commode pour conforter son face à face avec le RN.

Le long chantier d’une gauche alternative et pluraliste

Les forces de gauche sortent très affaiblie et éparpillée de cette échéance, même si le total des voix de gauche constitue un potentiel non négligeable. Europe Ecologie, bénéficiant des mobilisations écologistes a su s’imposer sur une ligne très modérée en troisième position, en tête de la gauche il se trouve investi de responsabilités importantes qui n'iront pas sans contradictions.

La France Insoumise, malgré un profil de campagne qui s'est voulu plus ouvert, n’a pas réussi à rassembler l’ensemble des électeurs de Jean-Luc Mélenchon de 2017. Génération-s et le PCF sont confrontés à un profond affaiblissement.

Le Parti Socialiste confirme son affaiblissement. Il adopte un profil unitaire intégrant les nouveaux rapports de force à gauche mais reste marqué par la logique de sa conversion au libéralisme effectuée ces dernières années. La question du rassemblement des forces disponibles pour une gauche alternative, démocratique, sociale et écologique, faisant vivre le pluralisme en son sein est plus que jamais posé.

Mais les débats d’orientation entre logique d’adaptation et logique de rupture au libéralisme et au productivisme n’ont pas disparu au sein de la gauche. Même si aucune force aujourd’hui ne peut prétendre être en capacité de retrouver la confiance des classes populaires. Une phase longue de débats, de recomposition, d’expériences nouvelles, s’ouvre donc probablement devant nous.

Marcher sur ses deux jambes

Ensemble!, dans cette situation, se donne comme objectifs d'œuvrer  dans deux directions complémentaires :

1) Favoriser les initiatives de mobilisation et de recomposition

Ensemble ! participe aux initiatives  permettant de rassembler et d’impulser des batailles.

• Le combat contre la privatisation d’Aéroport de Paris est l’occasion d’une bataille unitaire rassemblant des associations, des syndicats et forces de gauche. Tout en faisant participer des millions de personnes à la mise en échec du projet gouvernemental pendant les huit mois qui viennent, il est   un point d’appui pour populariser la défense des services publics et des biens communs, avec la dimension écologiste. Mené avec le relai de cadres unitaires nationaux, il appelle à la constitution, dans les départements, les quartiers, les villes, de collectifs unitaires pour la défense de services publics. Sur un plan politique plus global il peut renforcer l’exigence d’un contrôle démocratique sur un outil de la transition, la politique des transports.

• Le soutien aux mouvements des gilets jaunes dont les forces vives vont sans doute évoluer, entrer dans une nouvelle phase et se fixer de nouveaux objectifs notamment dans le cadre de l’Assemblée des assemblées prévue du 28 au 30 juin, avec aussi la Marche vers Paris pour le 14 juillet. Les discussions de ce mouvement, pour aboutir à des exigences de type législatif, se traduiront par une présence dans nombre de batailles municipales.

• Le combat prioritaire contre la politique économique et sociale de Macron passe par la construction d’une mobilisation et d’une alternative sur le chômage, la précarité et la lutte contre la pauvreté. Nous ne pouvons laisser ce terrain aux seules associations caritatives ou d’action sociale si nous voulons retrouver le lien avec les catégories les plus exploitées et les quartiers populaires.

• Ensemble sera présent pour le soutien aux luttes et associations féministes et lgbti en faveur de la PMA, pour les droits des femmes et contre  l’homophobie.

• Travailler à l'unité des mouvements antiracistes et des mouvements de soutien aux migrants  sont des priorités dans la période à venir.

• Le thème de l’écologie et du réchauffement climatique est porté par des mouvements dynamiques, en particulier chez les jeunes. Ensemble ! doit y contribuer, en apportant nos propres analyses : la défense de la planète n’est pas compatible avec les politiques néolibérales ; changeons le système, pas le climat !

• Ensemble soutient également toutes les initiatives visant à faire converger et dialogues acteurs sociaux et politiques pour ouvrir de nouvelles pistes et de nouveaux outils dans la perspective d'un front social et politique associant sur un pied d’égalité syndicalistes, militants-e-s associatif-ve-s, citoyen-ne-s engagé-e-s et militant-e-s politiques. Ensemble soutient les différents appels parus au lendemain des européennes : appel « Sursaut », appel « Big bang », appel « Convergeons…               

L'appel « Big Bang » appelle à une réunion le 30 juin visant à rassembler les secteurs associatifs, syndicaux, intellectuels… et un arc de forces allant du NPA à la gauche d'EELV en passant par la France insoumise, ayant en commun la volonté de reconstruire un projet de transformation sociale, écologiste et démocratique

2) Réouvrir le chantier de l'élaboration stratégique

Parce qu’un projet éclaire et aide à construire les objectifs présents,  vouloir être utile au rassemblement des forces de transformation sociale et écologique, c'est savoir de quelle société on veut et quels moyens sont nécessaires pour y parvenir.

Ensemble décide de poursuivre le travail d’élaboration sur la stratégie et le projet qu’il porte, tel que cela a été engagé depuis le CN d’avril 2019 et amorcé avec la contribution « Ouvrons le débat stratégique ».

Ces enjeux seront débattus au cours d’une prochaine Assemblée Générale de notre mouvement qui pourrait avoir lieu début 2020 ; celle-ci est d’ores et déjà préparée par un texte diffusé à l’issue de ce CN, l’appel aux contributions, et l’organisation du calendrier et des débats lors du prochain CN de septembre.

Type:  Article Lundi, 24 Juin, 2019 - 13:59
François Calaret

Soutien à Brita Hagi Hassan

4 semaines ago

Soutien à Brita Hagi Hassan (1)

Envoi d’un convoi alimentaire et médical d’urgence à Idlib

Engagé dès sa fondation dans la solidarité avec la révolutions syrienne ENSEMBLE ! soutien pleinement l’appel de Brita Hagi Hassan qui depuis le 8 juin a entamé une grève de la faim pour attirer l’attention sur la situation dramatique qui se perpétue en Syrie dans le silence assourdissant de la communauté internationale.

Plus de huit ans se sont passés depuis le début de la tuerie organisée par le régime d’Assad en Syrie, en réponse à la révolution démocratique et populaire du peuple syrien pour la liberté, la dignité et les droits les plus élémentaires. Pourtant les exactions criminelles de plus en plus féroces du régime Assad, de ses alliés russes et iraniens et de leurs milices contre la population syrienne, ont été largement documentées dans de nombreux rapports d’organismes internationaux reposant sur des sources d'information particulièrement fiables.

Aujourd’hui les Syriens et les Syriennes sont les victimes d’innombrables crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Ces Syriens et Syriennes réfugiés dans leur propre pays subissent encore des bombardements barbares, des disparitions forcées dans les geôles du régime et la mort sous la torture dans leurs sous-sols.

Actuellement l’accent doit être mis particulièrement sur la situation des populations réfugiées dans la région d’Idlib où une intervention directe devrait être lancée pour sauver les Civils, conformément au principe de la responsabilité de protéger et pour empêcher le régime de continuer à bombarder et à détruire les habitations et les infrastructures, et à commettre des massacres, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre. Il faut que la communauté internationale et pour ce qui nous concerne le Gouvernement français mettent sur pied une vaste initiative humanitaire de parachutage de tentes, de couvertures, de denrées alimentaires et d’apport de toute l’aide essentielle à la survie dans les zones assiégées et sinistrées.

Il faut enfin une réactivation des efforts entrepris pour aboutir à une solution politique en Syrie qui doit obligatoirement mener à une transition mettant fin au régime d’Assad.

(1)  Ancien responsable des conseils populaires d’Alep est, « maire » d’Alep

Type:  Article Lundi, 24 Juin, 2019 - 09:38 International Syrie
François Calaret

Le peuple? La gauche? la planète? Stratégie, imaginaire et théorie

1 mois ago

Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie

Ce qui nous manque, ce n’est pas seulement une stratégie, mais aussi une « vision du monde », ou, plus proprement : une théorie qui puisse fonder une pratique. La théorie est en elle-même impuissante, et elle n’est jamais qu’une grande hypothèse, portée par un imaginaire ; mais, sans elle, on ne peut justifier aucun choix. Le marxisme a été la référence principale du mouvement ouvrier. Il permet d’entrer dans l’analyse des rapports entre les classes. Mais il ne suffit pas pour aborder les rapports entre les humains et la planète. Le rouge n’a plus de sens que s’il est croisé avec le vert, ainsi qu’avec quelques autres couleurs. Mais comment penser tout cela ensemble ?

J’argumenterai ici succinctement, dans la conjoncture issue des présidentielles, une orientation stratégique que je désigne comme celle d’une « Gauche populaire et planétaire », en la rapportant à l’approche théorique qui y conduit. Je m’appuie sur les analyses que j’avance dans « Eux et Nous ? », Une alternative au populisme de Gauche, paru l’an dernier.

Une « Gauche planétaire »

Le concept « planétaire » relie l’écologique et le social : l’avenir de la vie sur terre et l’horizon d’une communauté politique globale.

« Planétaire » renvoie, d’une part, à la « dérive écologique ».

« Dérive », parce qu’il ne s’agit pas d’une « crise », mais d’une pente fatale, qui nous invite à envisager la fin de l’espèce humaine et un désastre planétaire sans précédent. Or on ne discerne pas aujourd’hui les forces humaines capables de l’enrayer. Ce qui est clair, pourtant, c’est qu’il n’y suffira pas d’une « transition ». Il y faudra, si les mots ont un sens, une révolution.

Pour cette raison, la question écologique est désormais le centre de toute politique. La militance anticapitaliste est vaguement imbue de sa supériorité : elle tend à se représenter que les écologistes mettent certes le doigt sur l’essentiel, la lutte à mener contre la destruction de l’environnement, mais qu’ils sont incapables de s’en donner les moyens, parce qu’ils n’en mesurent pas les mécanismes. Ce n’est pas faux, sans doute ; et l’on peut penser  que « l’écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écologistes ». Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui les mouvements écologiques se montrent les plus capables de susciter l’imaginaire, de faire entrevoir et ressentir les périls à venir, et de mobiliser sur des « actions » significatives. S’ils s’avancent ainsi en tête, c’est parce qu’ils se concentrent sur les fins, qui sont aujourd’hui plus claires et plus faciles à imaginer que les moyens, les renversements socio-économiques requis. C’est là, tout à la fois, leur faiblesse sur le fond, mais aussi leur force immédiate. Ce n’est pas un hasard s’ils trouvent tant d’écho dans la jeune génération, non pas en raison des vertus supposées de la jeunesse, mais parce qu’elle est prédisposée à vivre imaginairement un avenir plus long.

Première conclusion. Considérer que les partis Verts, y compris les plus fades, portent un message « révolutionnaire » parce qu’ils sont là pour témoigner d’un horizon qui transcende toute révolution sociale : celui d’une révolution vitale. Concrètement : faire confiance aux fortes amours qui s’esquissent, dans l’utopie des ZAD et ailleurs, entre l’écologique et le « commun » (un autre nom pour l’avenir : un commun-isme délivré de son « -isme »). Ils font ensemble un bon concept : ils montrent la voie pour l’offensive générale.

« Planétaire » renvoie d’autre part à une « communauté humaine universelle »

On ne peut plus prendre les questions politiques à partir du plan national, comme c’est traditionnellement le cas, au motif que c’est à cette échelle que les citoyens peuvent intervenir. Dans le mouvement ouvrier, c’était bien la dimension universelle qui alimentait les engagements les plus radicaux en vue de la révolution sociale :  « Prolétaires de tous les pays, … ». Mais les leviers pour l’action étaient nationaux. Cela ne peut pas suffire pour la « révolution vitale ». On n’engagera pas la lutte écologique en regardant le monde par le petit bout, national, de la lorgnette, à la façon du populisme de gauche. Tout est à reprendre.

Le marxisme a fait la critique du capital, mais il n’a pas fait la critique de la nation. Je veux dire qu’il s’est intéressé à l’appropriation des moyens de production par une classe. Mais il a théoriquement ignoré son corollaire : l’appropriation d’un territoire par une communauté – question restée taboue. Le sentiment national, pourtant, se fonde en réalité sur le fait qu’une communauté s’approprie un territoire, dont elle entend bien qu’elle assure son existence matérielle et identitaire. « La France, elle est à nous », et c’est, bien sûr, pour cela qu’on l’aime tant... Ce sentiment national fonde la capacité de la population dans son ensemble à imposer aux dominants certaines contraintes en faveur de la vie commune. Mais cette « propriété éminente », partagée entre compatriotes, a sa contrepartie, qui se vérifie dans les 5 à 10 % du PIB que l’on garde pour exterminer les agresseurs possibles et les intrus de toute sorte. La fraternité nationale, c’est aussi le « meurtre primitif » du frère étranger.

L’engagement national n’est pas aujourd’hui dépassé. Mais, dans les conditions de la dérive écologique, il perd tout son sens s’il n’est pas soumis à un engagement planétaire, qui ne peut exister qu’à partir du sentiment d’appartenir à une communauté politique universelle, planétaire. C’est-à-dire de former ensemble une « nation globale », une nation paradoxale, sans frontières, notre ultime nation, inscrite dans un territoire global sur lequel tous les humains ont les mêmes droits.

Mais, ce que partagent entre eux tous les humains, ce n’est pas une propriété commune de la planète, c’est une responsabilité commune, parce que ce sont eux qui la détruisent – certains, du moins : certaines forces constitutives de la société humaine. Cela s’entend au plan local et national, sur lequel les citoyens ont effectivement le plus de prise. Cela concerne tout autant des communautés plus larges comme celle de l’Europe, où s’exercent des pouvoirs supranationaux, dont le commun du peuple doit s’emparer. Ce sont là, au sein de Système-monde », des « sous-systèmes » incontournables, flexibles mais durables. Cette responsabilité culmine à l’échelle globale : elle suppose que l’on y reconnaisse la « patrie commune », dont chacun attend légitimement qu’elle lui assure une existence digne et paisible. L’écologie conséquente suppose un humanisme radical, qui est celui de la « nation globale ».

Deuxième conclusion. Les migrants se trouvent en position symbolique éminente parce qu’ils attestent, par leur mouvement même, que la vie sur terre – la leur en premier lieu, la plus menacée – est notre responsabilité commune. Ils exigent une fraternité universelle.

Troisième conclusion. La lutte pour la paix est aussi importante que la lutte de classe et elle vise l’émergence d’une communauté politique globale : une nation globale.

Quatrième conclusion. Il doit s’exercer un pouvoir écologique démocratique global, sans lequel cette nation globale n’existe pas : un pouvoir planificateur. Mais c’est que dans la dialectique des luttes sociales et écologiques que l’État-monde-de-classe qui émerge aujourd’hui de toute part (croisé au Système-monde de la domination des Centres sur les Périphéries), avec ses Appareils d’État mondiale et sa classe dominante mondiale, s’inclinera devant la puissance de la nation globale.

Une « Gauche populaire »

J’entends par là qu’il faut défendre tout à la fois le concept de « Gauche » et celui de « Gauche Populaire ». Ce sont là des concepts du registre politique. Mais, si on ne les rapporte pas au registre des structures sociales, qui sont aussi économiques, on ne fera jamais que les brandir comme des hochets sur une scène électorale. La question est complexe. Elle est théorique. Ce qui veut dire qu’elle ne renvoie à rien d’immédiatement lisible. Je vais cependant m’efforcer d’en dégager des lignes essentielles. Et cela en me référant à ce vieux truisme malicieusement formulé par Marx : « si les choses étaient telles qu’elles apparaissent, la théorie serait inutile ».

Parlons d’abord de « la Gauche »

Le couple Gauche/Droite est constitutif des sociétés modernes. S’il renvoie à une dualité structurelle de forces sociales dominantes, c’est parce qu’il n’y a que deux formes rationnelles de coordination l’échelle sociale, le marché et l’organisation. On a donc, d’une part, ceux qui ont des privilèges de pouvoir propriétaire sur le marché – voir Marx. Et, d’autre part, ceux qui ont des privilèges d’autorité compétente, c’est-à-dire de direction ou d’expertise, dans l’organisation sociale (entreprise, administration, santé, culture…) – voir Bourdieu, Foucault et autres. Ces deux forces dominantes, qui se reproduisent différemment, se trouvent dans des rapports de force très variables d’une période et d’une société à l’autre, par exemple des USA, où prédomine la première, à la Chine, où prévaut la seconde. Elles se trouvent toujours plus ou moins mélangées l’une à l’autre, car elles ont besoin l’une de l’autre. Entre elles, pourtant, il y a non seulement connivence, mais aussi compétition pour le pouvoir. Et surtout différence de nature. Le pouvoir capital vise en dernier ressort une richesse purement abstraite, le profit. Le pouvoir compétence est attendu sur des objectifs concrets : il n’a donc pas le même rapport au (commun du) peuple, il n’en est pas aussi radicalement séparé.

Vaste problème. Le néolibéralisme, comme on le sait, tend à asservir le public au privé, le pouvoir compétent à la logique financière. Il ne peut cependant faire disparaître cet autre pouvoir, qui a, dans la modernité, une existence structurelle et donc une résilience indéfinie. Ce qui se manifeste, il est vrai, de façon paradoxale. Pour ce qui est du registre politique, qui nous occupe ici, l’autorité propriétaire tend à siéger à droite, l’autorité compétente, à gauche. La distinction entre la droite et la gauche ne signifie donc pas que les dominants auraient leur place à droite, et le peuple sa place à gauche. Elle correspond, en tout premier lieu, à un clivage au sein de la classe dominante. Quand aujourd’hui un parti de droite, visiblement dévoué au pouvoir capital, réussit à se faire passer pour un parti « ni droite ni gauche » ou « droite plus gauche », c’est que la force capitaliste est parvenue à absorber une bonne part de la force « compétente ». Elle y a toujours puisé ses états-majors, mais elle dispose maintenant d’une troupe nombreuse et plus arrogante que jamais. Cela ne fait pas que droite et gauche aient disparu : ce sont là des données structurelles, et ce serait une illusion de penser qu’il n’y ait plus aucun avenir pour des partis « sociaux-démocrates ». Seulement, leur destin n’est pas fixé d’avance.

Il reste que ce clivage droite-gauche, s’il couvre tout le champ, ne rend pas compte de toute l’épaisseur du terrain politique. Mais restons-en ici à l’analyse de classe. Laissons donc de côté l’autre dimension, corrélative : celle du territoire, chargée d’affects et de mémoires –  traductibles en tendances nationalistes, populistes, régionales, religieuses, ethniques etc. – qui vient complexifier le tableau. Et laissons aussi du côté l’autre volet primordial, celui des rapports de genre, on y fera seulement allusion. Restons-en à l’idée, partielle et sommaire, que « le peuple » représente l’ensemble des gens dépourvus de ces privilèges de propriété capitaliste et d’autorité compétente. Et arrêtons-nous à ce fait, dès lors troublant, que, dans la balance du pouvoir politique moderne autour d’une majorité légitimée à gouverner, il n’y a que deux plateaux, que l’on peut désigner par les sigles Droite et Gauche, même si les noms diffèrent d’un pays à l’autre, et le plus souvent cachent la nature des enjeux. Le supplément de paradoxe en tout cela est que, si la structure sociale met en place un duel perpétuel entre les deux classes, celle d’en haut et celle d’en bas, la lutte politique est cependant triangulaire, parce que la classe dominante comporte structurellement deux « pôles », deux fractions, dont le pouvoir n’est pas de même nature. Dans ces conditions, le destin des forces populaires est de trouver une forme d’entente à gauche avec les détenteurs de « compétence » contre le pouvoir du capital : une dynamique d’alliance qui conduise à l’émancipation de cette double domination de classe. Il y a donc, structurellement, au sens où la structure politique renvoie à une structure sociale, deux gauches : une « gauche populaire » et une « gauche élitaire ». Mais ce n’est qu’ensemble qu’elles forment « la Gauche ».

Cinquième conclusion. Une « union de la gauche » n’est pas toujours immédiatement réalisable, et, comme la politique ne se réduit pas aux partis, elle est irréductible à une simple réunion ou fédération, des partis de gauche. Mais elle est, en toute situation, un objectif à poursuivre, essentiel et incontournable. On en n’a donc pas fini avec « la gauche ». Elle est essentielle à une politique du peuple, laquelle, cependant, a sa propre identité.

Comment, donc, définir l’orientation politique d’une « Gauche populaire » ?

« Populaire » renvoie ici, en termes de classe, au peuple « social », au « commun du peuple », au « peuple commun », au peuple des « sans privilège », qui affronte les dominants sur le double terrain du marché et de l’organisation. Vaste problème. En bonne logique du moins, ce « peuple » aura en vue une politique « de gauche », une politique d’union à gauche, mais selon les conditions qui lui ouvrent un chemin vers  l’hégémonie. Comment définir la stratégie qui vise à cette hégémonie ?

La stratégie populaire comporte deux volets indissociables. Elle consiste, d’une part, à s’appuyer, dans toute la mesure du possible, sur les « forces de l’organisation » – celles de la « compétence » reconnue à ceux qui occupent, aux divers niveaux, des fonctions de direction ou d’expertise, qui sont plus dirigeants que dirigés, plus experts qu’expertisés, et qui s’avèrent, de ce fait, capables de s’arroger les avantages corrélatifs propres à assurer  leur reproduction culturelle et sociale – pour maîtriser les « forces du marché », celles de la propriété capitaliste. Et d’autre part, à maîtriser les forces de l’organisation en faisant monter en puissance une « démocratie radicale », une démocratie active de tout le peuple. L’alliance du peuple commun avec les « forces de l’organisation » peut être associée à la tradition marxiste. Elle s’exprime dans les combats contre la privatisation, pour des nationalisations, pour les garanties de salaires, congés, retraites, etc., pour les services publics d’éducation, de santé, de transports, de recherche, etc. Ce sont là les combats de la Gauche contre la Droite. Les « grandes transformations » du communisme à l’Est et du socialisme à l’Ouest se sont faites, pour le meilleur et pour le pire, sur cette base. Reste l’autre volet : celui de la recherche d’une emprise populaire sur les « forces de l’organisation ». Elle lui ajoute une autre dimension, que l’on retrouve  tant dans la tradition anarchiste-libertaire que dans la tradition marxiste. Elle se manifeste dans les luttes contre les inégalités de revenus (donc d’habitat, d’éducation, etc.) qui permettent la reproduction des privilèges sociaux de compétence, dans les luttes syndicales et autogestionnaires contre les prétentions du pouvoir (autodéclaré) compétent au sein des entreprises et administrations, contre la méritocratie, etc. Elle revient en force avec la passion du « commun », qui met, censément du moins, tous les participants sur le même pied.

Sixième conclusion. La lutte démocratique de la Gauche populaire à l’encontre de la Droite implique aussi de contrer les desseins hégémoniques, sans cesse résurgents, de la Gauche élitaire.

Quelle sera la pratique politique d’une « Gauche populaire » ?

Elle sera pluraliste. En dépit de leurs clivages structurels, la Droite est structurée par le réseau des intérêts capitalistes, aujourd’hui centré autour du capital financier, et la Gauche Élitaire articulée par l’épine dorsale de sa constitution hiérarchique. La Gauche Populaire ne dispose pas d’emblée d’un tel principe d’unité. Elle ne peut émerger que d’une multitude de combats divers, politiques, syndicaux, associatifs ou conjoncturels, des luttes féministes, écologiques, culturelles ou anticoloniales. Elle est immédiatement tournée vers des objectifs très variés, donnant lieu à des combats nationaux, mais aussi locaux, disparates dans l’espace et dans le temps, et à des regroupements et des traditions diverses, porteuses d’expériences et d’identités hétérogènes. Elle est cependant potentiellement rassemblée, parce qu’elle est face à une unique classe dominante, sur le double front du pouvoir-capital et de l’autorité-compétence. Et c’est pourquoi aussi elle est capable de luttes d’ensemble. C’est dans ce contexte qu’elle doit trouver les formes de son organisation politique, celles de la classe populaire.

La pratique politique de la gauche populaire ne peut s’affirmer qu’en faisant de cette diversité politique, sociale et culturelle, la base d’une puissante association, capable de désintégrer la classe dominante, de briser la complicité entre ses deux fractions. Elle ne détruira pas ce qui s’est construit dans le temps ; elle ne prétendra pas absorber ce qui s’invente dans l’instant. Elle suppose en effet, le rassemblement de tous les partis et groupes politiques qui ont émergé ou qui émergent dans l’espace populaire. Le principal danger qui pèse sur elle est de s’en remettre à son « organisation », c’est-à-dire aux maîtres en organisation, aux « compétences », bureaucratiques ou charismatiques, qui tendent tout naturellement à l’investir, et qui prévalent dans les pures unions au sommet. Sa force ne peut lui venir que par l’union, en bas, de tous les engagements militants. C’est-à-dire sur la base non pas d’un programme prédéfini, mais d’une orientation commune vers l’émancipation des rapports de classe et de genre et des domination nationales, vers une communauté des vivants. On peut penser qu’ici et maintenant un tel bloc politique existe potentiellement. Le collectif local, auto-gouverné, doit en être la base principale. C’est dans ce contexte que pourra s’opérer la convergence entre la culture associative et syndicale, entre les projets de long terme et les soulèvements conjoncturels. L’intercommunication dans l’espace national, sa traduction démocratique en un sommet dynamique, réactif et inventif, ne sont pas, à l’ère d’Internet, le plus difficile à concevoir. L’essentiel est dans cette capacité à s’unir en bas, qui seule peut donner sa solidité et sa durabilité à « l’association politique » qui doit être celle de la gauche populaire. C’est dans ce contexte, pluriel et flexible, que les partis et mouvements feront la preuve leur utilité et l’apport de leur identité, une richesse pour tous.

Septième conclusion. La structuration d’ensemble de l’organisation politique de la Gauche populaire ne peut être ni celle d’un parti, ni celle d’un mouvement : ce sera une forme-collectif, syncrétique à la base, génératrice d’un corps politique cohérent et divers, auto-discipliné, capable d’élaborer ses programmes, de produire et de contrôler ses dirigeants, et de prendre à chaque moment l’initiative.

Quel horizon révolutionnaire ?

« Gauche populaire » : une formule creuse si l’on en reste à ce que chacun de ces mots évoque séparément. Elle n’a de sens que comme convergence de toutes les causes d’émancipation de classe, de sexe et de nation (la « race » est le croisement des trois) dans le moment écologique.

Le capitalisme est l’adversaire commun, vu que sa logique, notamment dans sa forme néolibérale, la plus incontrôlable, est celle du pur profit. La logique marchande du capital n’a jamais rien produit qu’en relation avec une logique organisationnelle, qui ne lui appartient pas comme un attribut naturel. Et elle n’a jamais produit rien de socialement utile, si ce n’est sous l’influence de la puissance populaire, qui expriment ses besoins et ses désirs (et l’on n’oubliera pas que sont les vieux syndicats « marxistes » qui ont avancé les schémas anti-productivistes les plus efficients : travailler 35 heures et jusqu’à 60 ans, ça suffit).

Il nous faut sortir de ce doute refoulé qui pourtant nous revient en cauchemar subliminal : bien sûr, se dit-on dans le secret, le capitalisme est affreux, il exploite, il abrutit, il sème la guerre, mais c’est lui qui met les gens en mouvement, qui nous force à travailler, à coopérer à travers les continents, et qui finalement unit entre eux tous les humains à chaque moment, c’est lui qui produit le progrès et finalement notre joie de vivre, …l’histoire avance par le mauvais côté, mais c’est parce que l’homme (l’autre surtout) est mauvais, et c’est ainsi qu’elle avance. Eh bien non ! L’évidence écologique vient aujourd’hui dissiper cette fumée mensongère. Il commence à apparaître au grand jour que le capitalisme est foncièrement destructeur et non créateur : que sa logique de profit est celle du suicide collectif et de l’extinction de la vie qui nous entoure. Cessons de nous laisser impressionner par les prétentions du capitalisme.

La Gauche, comme grande alliance contre le capital, a donc d’emblée une pertinence mondiale puisque ce qui s’impose est une planification écologique à l’échelle globale. Les problèmes deviennent tellement urgents qu’ils vont s’avérer plus simples et que, comme c’est le cas en temps de guerre, la compétence essentielle, celle de la survie, va devenir commune à tous les humains. Car chacun en viendra à savoir ce qu’il faut faire, socialement et non simplement techniquement, pour enrayer le réchauffement climatique, l’extinction des espèces, la pollution de l’air, etc. Cela induit, potentiellement, un nouveau rapport de force et d’intelligence entre la gauche populaire et la gauche élitaire.

Á la domination impérialiste, qui culmine sous la forme d’un capitalisme mondialisé, répond la résistance des nations dominées, des territoires saccagés, des cultures qui veulent vivre. Elle aime le végétal, l’eau potable, la sobriété et la lenteur, les forêts à venir. C’est ainsi que le rouge en vient à rencontrer le vert. Ce n’est qu’ensemble qu’ils peuvent prendre la mesure du futur. L’imaginaire de la révolution sociale se rappelait dans le drapeau rouge. Dans L’Internationale. On la chantait encore sur la place Tiananmen. Ce n’est pas si loin. Et ce joli mot, « camarade », dont le charme est d’être aussi bien féminin que masculin, se dit aussi aujourd’hui « Sisters and Brothers ». Car c’est ainsi qu’on s’interpelle dans une langue commune à l’Inde féministe, à l’Afrique postapartheid, au mouvement noir américain et à au syndicalisme révolutionnaire qu’il inspire, comme aussi dans les langues de l’Islam libéré et dans celles des peuples de Sud-Amérique. Ces mots n’ont de sens et de souffle que dans l’écologie de la communauté humaine. Le Père, qui était aux cieux, s’est retiré. Reste la terre Mère, et rien ne prouve qu’elle vivra « dans les siècles des siècles ». La tâche, incertaine, du jour est la révolution sociale-écologique universelle, fondatrice de la nation globale.

Jacques Bidet

Publié sur Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/jacques-bidet/blog/120619/le-peuple-la-gauche...

 

Type:  Article Lundi, 17 Juin, 2019 - 11:47 En débat gauche radicale
François Calaret

ADP : « Une bataille est engagée, nous signons et nous ferons signer »

1 mois 1 semaine ago

C’est maintenant à portée de main : un référendum, enfin. Un référendum sur la vente de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Un référendum pour ne pas laisser ce trésor à Vinci, qui a déjà emporté nos autoroutes. Un référendum, surtout, sur l’avenir : l’avenir que nous refusons, l’avenir que nous désirons.

D’emblée, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est étranglé : « Cela pose un vrai et grave problème démocratique ! […] Cela créerait une situation dangereuse ! »Ils suffoquent, lui, les autres. Car ce n’est pas la question, seulement, des aéroports de Roissy, d’Orly, qui est soulevée. Cela va bien au-delà. C’est l’occasion d’un coup d’arrêt, d’un « non » franc et massif, d’un désaveu géant : nous ne voulons plus du monde qu’ils incarnent, qu’ils promeuvent.

Des mots cadavres

« Concurrence », « croissance », « compétition », « déficit », « mondialisation »… Ces mots nous sont répétés pour vendre les aéroports. Ces mots nous sont répétés depuis quarante ans pour vendre à la découpe le gaz, l’électricité, la santé et bientôt les retraites. Ces mots nous sont répétés comme des mantras, pour guider la société et nos existences. Ces mots sont désormais des mots cadavres. Nous n’y croyons plus. Nous n’en voulons plus : ils creusent notre tombe écologique. Nous aspirons au contraire à la coopération, à l’entraide, à placer les humains et la planète avant les chiffres, il en va de notre survie commune.

Car le Premier ministre a bien raison : c’est la « démocratie » qui est en jeu. Pour lui, pour eux, la démocratie, c’est quand ils s’arrangent en famille, quand ils confient les bijoux de l’Etat à leurs amis, et qu’ils en retirent des prébendes et des dividendes. La voilà, la démocratie qu’ils apprécient : la démocratie sans le peuple ! Ni dans la rue, ni sur les ronds-points, ni dans les urnes. Ou alors, une fois tous les cinq ans. Et entre-temps, circulez, braves gens ! Pour nous, au contraire, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun. Et il faut bien commencer par un bout, même petit : alors allons-y par le bitume des aéroports de Paris. Avant de passer à nos écoles, nos champs, nos hôpitaux, nos tribunaux, nos forêts…

Maintenant, une bataille est engagée. Nous, nous signons. Surtout, nous ferons signer, parmi nos collègues, dans les bureaux, dans les associations, dans les usines, dans les facultés, à la Fête de la musique et à la Fête des voisins, dans les vestiaires du club de foot et dans les colloques universitaires. Et cette belle bataille, populaire, démocratique, nous invitons à la mener ensemble, tous ensemble, par-delà les chapelles et les querelles, les « avec gilet » et les « sans gilet », les encartés et les non-encartés, les syndiqués et les non-syndiqués, unis dans une action. Unis pour produire une contagion de signatures, une épidémie de pétitions, et qu’on parvienne aux 4,7 millions. Aux stylos, citoyens ! Marchons ! Signons !

Tribune publiée dans Le Monde. www.nous-signons.org

Hakim Amokrane, musicien
Mouss Amokrane, musicien
Salah Amokrane, militant associatif (Takticollectif)
Philippe André, syndicaliste (SUD Energie)
Paul Ariès, politiste
Manon Aubry, députée européenne (LFI)
Clémentine Autain, députée (LFI)
Alain Badiou, philosophe
Guillaume Balas, coordinateur national de Génération.s
Gilles Balbastre, documentariste
Karim Baouz, réalisateur et journaliste
Grégori Baquet, acteur
Pierre-Emmanuel Barré, humoriste
Stéphane Barré, maire d’Oissel-sur-Seine (PCF)
Fouad Ben Ahmed, militant associatif
Esther Benbassa, sénatrice (EELV)
Chantal Benoit, maire du Caule-Sainte-Beuve (PCF)
Ugo Bernalicis, député (LFI)
Judith Bernard, metteure en scène
Patrick Bernard, syndicaliste (CGT Métallurgie)
Aurélien Bernier, militant associatif

Daniel Bertone, secrétaire général CGT ADP
Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste
Laurent Binet, écrivain
Fabienne Bock, historienne
Jacques Bonnaffé, metteur en scène
Séverine Botte, conseillère départementale du canton de Saint-Etienne-du-Rouvray (PCF)
François Boulo, avocat gilet jaune
Dominique Bourg, philosophe
Marie-Hélène Bourlard, syndicaliste (CGT retraités)
Pauline Boyer, Alternatiba
Youcef Brakni, collectif « Vérité pour Adama »
Moethai Brotherson, député (GDR)
Céline Brulin, sénatrice (PCF)
Marie-George Buffet, députée (PCF)
Boris Chenaud, militant associatif (La Carmagnole)
Tayeb Cherfi, militant associatif (Takticollectif)
Jean-Paul Civeyrac, cinéaste
Eric Coquerel, député (LFI)
Alexis Corbière, député (LFI)
David Cormand, secrétaire national de EELV
Laurence De Cock, historienne
Anne De Haro, syndicaliste (CGT)
Laurent Degousée , syndicaliste (SUD commerce)
Stéphane Delepeyrat, conseiller régional de Nouvelle Aquitaine (Génération.s)
Thomas Dietrich, militant associatif
Laetitia Dosch, comédienne, auteur, metteuse en scène
Jean-Paul Dufrègne, député (PCF)
Anny Duperey, comédienne
Cédric Durand, économiste
Annie Ernaux, écrivain
Txetx Etcheverry, Bizi
Jérôme Ferrari, écrivain
Gérard Filoche, militant
Bernard Friot, économiste
Jean Gadrey, économiste
Khaled Gaiji, Les Amis de la Terre
Pascal Greboval, rédacteur en chef de Kaizen
Alain Guiraudie, cinéaste
Myriam Illouz, psychanalyste
Laurent Jacques, maire du Tréport (PCF)
Régis Juanico, député (Génération.s)
Sébastien Jumel, député PCF
Razmig Keucheyan, sociologue
Pierre Khalfa, Copernic
Philippe Labarde, journaliste
Fabrice Lallement, syndicaliste (CGT Métallurgie)
Nicolas Lambert, comédien, metteur en scène
Aude Lancelin, journaliste
Nicolas Langlois, maire de Dieppe (PCF)
Mathilde Larrère, historienne
Yvan Le Bolloc’h, musicien
Patrick Le Hyaric, ex-député européen (PCF)
Olivier Leberquier, directeur général délégué de la coopérative Scop-Ti.
Patrick Lehingue, politiste
Noël Levillain, maire de Tourville-la-Rivière (PCF)
Pierre Lieutaghi, écrivain et ethnobotaniste
Frédéric Lordon, philosophe
Benjamin Lucas, secrétaire général de Génération.s
Roxane Lundy, membre du Collectif national de Génération.s
Corinne Masiero, comédienne
Caroline Mecary, avocate aux barreaux de Paris et du Québec
Jean-Luc Mélenchon, député (LFI)
Sébastien Menesplier, secrétaire général CGT Mines – Energies
Daniel Mermet, journaliste
Guillaume Meurice, humoriste
Jean-Claude Michéa, philosophe
Claire Monod, coordinatrice nationale de Génération.s
Marion Montaigne, autrice
Gérard Mordillat, cinéaste, auteur
Corinne Morel-Darleux, Conseillère régionale, écologiste
Chantal Mouffe, politiste
Philippe Mühlstein, syndicaliste (Solidaires)
Benoît Murraciole, militant associatif (ASER)
Hervé Naillon, militant écologiste
Marielle Nicolas, universitaire
Gérard Noiriel, historien
Claire Nouvian, co-fondatrice de Place publique
Agathe Novak-Lechevalier, maître de conférences en littérature française
Luc Offenstein, militant contre les nuisances du transport aérien
Michel Onfray, philosophe
Jean Ortiz, écrivain
Jon Palais, ANV-Cop21
Mathilde Panot, députée (LFI)
Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Pascal (Imhotep) Perez, musicien
Gilles Perret, cinéaste
Pierre Pica, linguiste
Michel Pinçon, sociologue
Monique Pinçon-Charlot, sociologue
Thomas Portes, syndicaliste (CGT Cheminots)
Christine Poupin, porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste
Philippe Poutou, porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste
Christophe Prudhomme, médecin hospitalier syndicaliste
Denis Robert, journaliste
Roberto Romero, conseiller régional d’Ile de France, adjoint au Maire de Bagneux (Génération.s)
Bertrand Rothé, auteur
François Ruffin, député France Insoumise
Germain Sarhy, Emmaus Lescar Pau
Pierre Schoeller, cinéaste
Guy Sénécal, maire d’Arques-la-Bataille (PCF)
Léonor Serraille, cinéaste
Pablo Servigne, auteur, collapsologue
Alexis Spire, sociologue
Eric Stemmelen, écrivain
Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Génération.s)
Baptiste Talbot, syndicaliste (CGT services publics)
Jacques Testart, biologiste
Annie Thebaud-Mony, sociologue
Marie Toussaint, eurodéputée EELV, initiatrice de l’Affaire du siècle
Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac
Emmanuel Vire, syndicaliste (SNJ CGT)
Florian Vivrel, médecin hospitalier syndicaliste
Eric Vuillard, écrivain
Hubert Wulfranc, député (PCF)

Type:  Article Mercredi, 12 Juin, 2019 - 09:16 Biens publics & biens communs
François Calaret

Questions sur la révolution citoyenne

1 mois 1 semaine ago

A l’initiative d’Ensemble Insoumis, avec de nombreux invité-es, une journée de réflexions le dimanche 16 juin, de 9h à 18h, à Paris à l’AGECA, 177 rue de Charonne, 75011.

De 9h à 12h, table ronde :  où s’enracine la Révolution citoyenne ? Humanité, peuple, nation, classes ; Unité et contradictions.
lntervenant-e-s : Eric Coquerel (député France lnsoumise, co-coordinateur du PG), Elsa Faucillon (députée PCF), lsabelle Garo (Revue Contretemps), Pierre Khalfa, Francis Vergne, et Myriam Martin (équipe d’animation d’Ensemble lnsoumis)

De 14h à 15h45, deux ateliers en parallèle :

    Le bilan des Révolutions Citoyennes en Amérique Latine
    lntervenant-e-s : Janette Habel (Co-Présidente Fondation Copernic), Christophe Aguiton (Conseil scientifique d’Attac), Sergio Coronado (Ancien Député, Coopérative Ecologie Sociale)
    Le mouvement des Gilets Jaunes et la Révolution Citoyenne. Nouveaux mouvements : du social et du politique
    lntervant-e-s : Stathis Kouvelakis (Militant de I’Unité Populaire en Grèce), Annick Coupé (Secrétaire générale Attac), Laurent Sorel et lngrid Hayes (Equipe d’animation Ensemble lnsoumis)

De 16h à 18h, table ronde : retour sur la conquête et l’exercice du pouvoir.
Intervenant-e-s : Manuel Bompard (Co-tête de liste de la France lnsoumise à l’élection européenne), Clémentine Autain (députée France lnsoumise), Sarah Legrain (Secrétaire Nationale du PG, Oratrice Nationale LFI), Olivier Besancenot (militant NPA), Samy Johsua (équipe d’animation d’Ensemble Insoumis), un-e intervenant-e de Podemos/Anticapitalistas (à confirmer).

Type:  Article Mardi, 11 Juin, 2019 - 09:33 En débat
François Calaret

« La gauche n’a pas disparu dans ce pays »

1 mois 2 semaines ago

Les partis socialistes qui s’en sortent le mieux aujourd’hui en Europe sont ceux qui ont « fait un tournant à gauche », explique le sociologue et militant Christophe Aguiton au lendemain des élections européennes.

Auteur de La gauche du XXIe siècle (La Découverte, 2017), Christophe Aguiton, l’un des fondateurs de l’organisation altermondialiste Attac, est enseignant en sciences sociales à l’université Paris-Est. Il livre son analyse sur l’état de la gauche en France et en Europe, au lendemain des élections européennes.

Un sentiment d’impasse semble toucher toute la gauche. Serait-elle morte ?

Elle doit faire face à la conjonction de deux difficultés. La première tient au fait que la gauche de gouvernement s’est alignée sur les thèses néolibérales depuis le milieu des années 1980 et le tournant de la rigueur. Les électeurs sont en droit de se demander pourquoi voter pour les sociaux-démocrates si c’est pour voir appliquer des politiques qui ne sont pas très différentes de celles du centre droit. Cette tendance lourde explique l’érosion électorale générale des socialistes et des sociaux-démocrates en Europe.

A cela s’ajoute le fait que le corps doctrinal qui avait uni les gauches de transformation sociale au XXe siècle est en voie d’épuisement. Cette vision traditionnelle qui allie l’importance de l’Etat, les nationalisations, la planification de l’économie, une approche hiérarchique de l’arrivée au pouvoir avec le primat à la classe ouvrière et un parti structuré hiérarchiquement … tout ça ne tient plus.

Il y a un besoin tangible de refondation d’une pensée doctrinale. Celle-ci est en train d’émerger sur les questions écologiques, les biens communs, et sur tout ce qui permet à la société de s’exprimer sans passer par des structures étatiques.

L’expression directe était une des bases du populisme de gauche. Comment expliquez-vous son déclin, perceptible avec Podemos et La France insoumise ?

La force des expériences populistes, comme Podemos en Espagne, a été de reprendre le type d’organisation mis en place par un mouvement social très important – les indignés – avec des modes de participation novateurs, basés sur le numérique, et une organisation tels les cercles ouverts sans carte, où l’on ne reçoit pas d’ordre du parti.

Mais Podemos et La France insoumise (LFI) ont aussi fondé leur stratégie sur l’hypothèse que, pour arriver au pouvoir, tout passe par les élections. Il faut donc parvenir à une victoire rapide : c’est l’idée d’une « guerre éclair ». Cela explique l’importance de la communication dans ce mouvement, Podemos comme LFI ayant été infiniment plus efficaces dans l’utilisation des réseaux sociaux que tous leurs concurrents.

Ensuite, ils ont une certitude : puisqu’ils vont renverser la table, ils n’ont pas besoin d’alliances. En Espagne, cela s’est traduit par la dénonciation de la « caste », Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et Parti populaire (PP) mélangés ; en France, par le dégagisme cher à Jean-Luc Mélenchon. Les deux mouvements pensaient qu’ils allaient gagner tout seuls et qu’une fois la victoire acquise, viendrait le temps des alliances. Cela ne s’est pas passé ainsi. Enfin, quand on est dans une bataille électorale de type blitzkrieg, la démocratie n’apparaît pas essentielle.

Que voulez-vous dire ?

Dans ce schéma, ce qui est important, c’est l’efficacité. Les organisations doivent s’y adapter. Soit par le biais d’un mouvement gazeux comme LFI, ce qui permet à un tout petit noyau de dirigeants de prendre les décisions sans avoir de comptes à rendre.

Soit comme Podemos, avec un parti centralisé où tout se décide à Madrid alors que l’Espagne est un pays très régionaliste. Or la communication s’épuise à la longue – on l’a vu avec les « holovans » de la campagne européenne [des camions où l’on peut voir les hologrammes des candidats] – et quand on ne gagne pas tout seul, la question des alliances finit par s’imposer. Et il faut d’abord en discuter avec les militants, ce qui nécessite des structures démocratiques.

Ces discussions n’ont jamais eu lieu dans les deux formations. Quand les résultats sont faibles, la question des alliances revient comme un boomerang. C’est ce qui explique les crises dans Podemos et les départs à LFI.

Comment jugez-vous la stratégie de rupture des écologistes, qui révoquent le terme « gauche » ?

Il faut dire que se réclamer de gauche après le quinquennat Hollande est compliqué. S’en démarquer est donc un positionnement tactique, qui permet de rompre avec l’épuisement du PS. Mais ce n’est pas le plus important. Ce qui explique vraiment la montée des écologistes, c’est la rupture, avec les pratiques des gouvernements actuels, sur les questions écologiques, avec une ligne assez radicale.

Derrière ce succès, il y a surtout la poussée d’une mobilisation sociale européenne avec les différentes marches et les grèves scolaires pour le climat. Cela rappelle un peu le mouvement altermondialiste. On assiste à une prise de conscience globale, notamment dans la jeunesse, du caractère dramatique des questions climatiques et de l’effondrement de la biodiversité.

C’est déterminant parce que ces mobilisations se déroulent dans le monde entier. Cela chamboule complètement l’échiquier politique mais surtout la perception de nos sociétés vis-à-vis de ces sujets-là.

La division des gauches peut-elle se résoudre ?

La gauche n’a pas disparu dans ce pays. Si on additionne les voix obtenues par les partis de gauche aux européennes, cela fait autour de 30 %, sans oublier le vote en faveur d’Emmanuel Macron qui a capté une partie de la gauche sociale-libérale.

Les divisions de la gauche préexistaient bien avant les élections européennes. Depuis la fin des années 1980, il y a un fossé très profond entre une gauche sociale-libérale et une gauche plus radicale qui peut s’exprimer parfois à travers le vote écolo.

Sont-elles irréconciliables ?

Les choses peuvent changer. Les partis socialistes qui s’en sortent le mieux aujourd’hui en Europe sont ceux qui ont fait un tournant à gauche, comme en Espagne ou au Portugal. C’est ce tournant qui fait gagner le PSOE et le PS portugais.

Est-ce suffisant pour réconcilier toutes les gauches ? Probablement pas car on est encore loin du compte, notamment sur les questions écologiques ou la critique de la mondialisation. Les socialistes et sociaux-démocrates ont encore du chemin à faire. Il y a également besoin d’une refondation doctrinale pour toute la gauche. Ce qui implique de retravailler ensemble. Si on repart dans cet état d’émiettement, le désastre est garanti.

Tout le monde propose des solutions allant vers une confédération des gauches. Est-ce possible ?

Le fait que toutes les forces le prônent montre qu’il y a à la fois un problème et une nécessité ! La question clé sera l’orientation de ce rassemblement, notamment autour de l’écologie qui ne peut être que radicale. C’est ce qui évitera d’avoir une nouvelle alliance de circonstance.

Propos recueillis par Abel Mestre et  Sylvia Zappi pour Le Monde.

Type:  Article Mercredi, 5 Juin, 2019 - 11:07 Elections
François Calaret

Portugal : le Bloco confirmé comme troisième force

1 mois 2 semaines ago

Avec une participation similaire à celle des derniers scrutins européens – abstention de 65 % – le PS et la somme des deux partis de droite maintiennent quasiment inchangés leurs résultats obtenus en 2014, lorsque le PSD et DS gouvernaient et appliquaient alors le mémorandum de la troïka, allant ensemble dans les scrutins européens. Le Bloco avec 10% double sa représentation à Bruxelles.

Défaite de la droite à la veille des élections législatives

Avec 33,4 % des voix et neuf députés (un de plus qu’en 2014), le PS a pu chanter victoire le soir des élections. Du côté des vaincus se trouvaient les partis de droite – PSD avec 21,9 % et six élus (un de moins qu’en 2014) et le CDS qui a conservé son seul membre avec 6 %.

A gauche, c’est le Bloco qui a pu célébrer sa victoire en doublant ses voix (320 000), avec un pourcentage de 9,8 % et des députés, en réélisant Marisa Matias et en élisant José Gusmão. Le Bloco est également devenu la troisième force politique du pays aux élections européennes, à l’instar de ce qui se passe au Parlement national depuis 2015.

Le PCP n’obtient que 6,9 % des voix et suit la voie inverse : après un revers majeur lors des élections municipales de 2017, le PCP a perdu près de la moitié des voix aux élections européennes, passant de trois à deux députés. L’évolution électorale du PCP a une série d’explications : celle qui résulte directement d’une concentration de son électorat dans un électorat de personnes âgées ; la perte de votes « contre le PS » (due à la diminution de l’antagonisme historique avec les socialistes, conséquence des accords signés en 2015 et de l’approbation des quatre budgets de l’Etat) ; la perte de votes vers le Bloco (qui, dans ces quatre années, avait une conflictualité plus forte avec le PS).

Avec une campagne axée sur les questions environnementales, le Parti Humains-Animaux-Nature (PAN) a obtenu son premier député européen avec 5,1 % des voix, soit le triple du vote de 2014. Lié à la cause des droits des animaux, ce parti a déjà gagné un membre au Parlement national en 2015. Bien qu’il ait ensuite refusé de signer une entente avec le PS pour rendre le gouvernement possible, comme l’ont fait Bloco et le PCP, il finit toujours par voter à ses côtés sur les décisions les plus importantes. Cependant, une bonne partie du pouvoir d’attraction du PAN passe par l’effet novateur qui lui permet encore d’incarner un parti marginal au système politique. En 2014, cet effet donnait deux eurodéputés au MT, le parti qui a prêté son acronyme à la candidature populiste de l’ancien président de l’Ordre des avocats. Marinho e Pinto voit maintenant son plan de réélection s’effondrer de 7,1 % à 0,5 % des voix.

La crise qui a gâché les résultats

Quiconque lit les résultats de cette élection et de la précédente dira que tout était presque pareil. Mais ce n’était pas la réalité il y a quelques mois. Le candidat du PS, un ancien ministre des Travaux publics discret, inconnu de la population et manquant de compétence pour une campagne politique, est apparu plombé dans les sondages, alarmant tout le monde au siège du PS. La droite essayait de tirer parti de cette difficulté, le CDS oeuvrant pour renforcer sa présence au Parlement européen et dépasser le Bloco et le PCP, et le PDS donnant un carton jaune au gouvernement pour préparer l’assaut sur le pouvoir lors des prochaines élections législatives prévues début octobre.

Tout a changé d’un jour à l’autre avec un vote au Comité parlementaire de l’éducation. Tous les partis, à l’exception du PS, ont proposé au corps enseignant le recouvrement intégral des années de carrière gelées à partir de 2011. Il s’agit d’une revendication centrale de celui-ci que le gouvernement a toujours rejetée, même si elle a été appliquée dans les régions autonomes de Madère et des Açores, cette dernière avec un gouvernement à majorité absolue PS.

La proposition des députés a été utilisée par le Premier ministre Antonio Costa comme argument pour déclencher une crise politique, agitant la menace de la démission du gouvernement si elle était approuvée. Dans un communiqué publié début de mai, le dirigeant du PS s’est présenté comme responsable d’une politique de comptes adéquats. Et il rendait responsables les partis de droite, le PSD et le CDS, d’une « iresponsabilité » budgétaire, en voulant couler les comptes du pays. Il savait que l’opinion publique était du côté du gouvernement dans la guerre contre le corps enseignant et il a fallu quelques jours avant que la pression insupportable sur les deux partis de droite ne le fasse céder et reculer devant la proposition de récupérer les neuf années, quatre mois et deux jours de la carrière gelée des enseignants.

Le résultat de cette crise a été celui attendu par Costa : le corps enseignant a vu une fois de plus retardé son droit à ce que le temps qu’il avait réellement travaillé compte dans sa carrière ; le PS a de nouveau mobilisé son électorat et s’est distancé du PSD dans les sondages, pour finir par une campagne du parti qui, au début, semblait être un enterrement ; et le virage à droite était fatal aux aspirations du PSD et du CDS, ceux-ci radicalisant davantage leur campagne vers la droite et obligeant son candidat à tenir des propos similaires au VOX espagnol.

Et la gauche ?

Cette crise ouverte par le Premier ministre n’a pas eu une grande influence sur les résultats des partis de gauche. Le Bloco et le PCP ont maintenu leur cohérence avec la solution qu’ils avaient toujours défendue en ce qui concerne la carrière du personnel enseignant comme, d’autre part, Antonio Costa lui-même l’a assuré au moment où il a menacé de démissionner.

Comme il s’agissait des premières élections nationales après les accords qui ont permis le gouvernement minoritaire du PS, il est naturel que l’évaluation de cette option par les électeurs respectifs ait eu une certaine influence sur le résultat obtenu, sachant que le Bloco et le PCP présentaient les mêmes têtes de liste qu’en 2014. Si c’est ainsi, la démobilisation évidente de l’électorat communiste – toujours considérée comme plus fidèle en raison des bons résultats du parti aux élections avec une forte abstention – ouvrira un débat sur la manière dont le parti a agi ces dernières années.

Le résultat des élections européennes confirme le Bloco de Esquerda comme troisième force avec un vote de 10 %, identique à celui atteint lors des élections législatives de 2015 et des élections présidentielles de 2016 (également menées par Marisa Matias). Avec une campagne visant à mettre en avant la question de l’urgence climatique et la défense des droits sociaux menacés par Bruxelles, la seule femme parmi les 17 têtes de liste dans ces élections a mis de côté les rumeurs de la campagne, les attaques personnelles entre candidats, et a bénéficié de cette élection. Mais elle n’a pas hésité à confronter Antonio Costa avec son soutien à la droite libérale de Macron et aux négociations entre socialistes et libéraux pour la guerre de trônes de l’Union européenne ; une politique à l’inverse de celle suivie par le PS au Portugal dans la législature qui touche maintenant à sa fin.

Cette alliance avec la droite sur la scène européenne ne se répétera guère dans la politique portugaise, mais elle rendra également difficiles les futurs accords de gauche. A la lumière de l’échec de la stratégie de la droite – l’érosion de la solution politique résultant des accords entre le PS et les partis de gauche (le soi-disant gerigonça) – le PS a gagné en force pour tenter d’obtenir soit une majorité absolue dans le prochain parlement qui sera élu en octobre de cette année, soit de se rapprocher de cette zone dans laquelle il n’est pas nécessaire de négocier avec les partis de gauche et de trouver un partenaire plus petit et moins exigeant (comme pourrait l’être le PAN, qui élirait six députés avec son pourcentage aux européennes).

Mais le différend politique des prochains mois n’est toujours pas réglé. Dans les semaines à venir, le Parlement conclura deux des débats les plus importants de la législature : la Loi de Base pour la Santé, dans laquelle le PS refuse de mettre fin à la gestion privée des hôpitaux publics, et celle sur les modifications de la législation du travail, dans laquelle les socialistes et les employeurs cherchent à maintenir les droits volés sous la troïka.

Luis Branco. 28/05/2019. Publié sur le site de VientoSur.

Type:  Article Mercredi, 5 Juin, 2019 - 11:02 International Portugal
François Calaret

Réflexions sur les jours d’après

1 mois 2 semaines ago

L’après 26 mai 2019 pourrait être simple : les gauches qui ont postulé aux suffrages pour les élections européennes ont été tellement en concurrence (alors qu’une partie des listes disaient des choses semblables ou non contradictoires) qu’elles devraient raisonnablement en tirer la conclusion qu’il faut discuter. Notamment face au danger des droites extrêmes et des néolibéraux. Mais l’effort subjectif pour dépasser les postures qui durent depuis plus d’un an sera vraiment considérable et coûteux.  Selon toute vraisemblance, une médiation sera nécessaire pour parvenir à un débat constructif.

On peut aussi espérer que dans Ensemble, les clivages s’apaisent et qu’Ensemble ! dans son entier puisse jouer un rôle passerelle. Le pire serait qu’on pousse au rassemblement, et qu’on continue à s’entredéchirer dans Ensemble !

Aucune des forces et organisations qui étaient en compétition à gauche le 26 mai ne peut à elle seule prétendre incarner une solution d’avenir. Mais ces forces (je ne parle pas du PS ici, mais il faudra le faire aussi) ont dans leur sillage ou leurs propositions des richesses de propositions, d’innovations et de militantisme qui, mises en commun, pourraient devenir attractives pour faire du neuf. Encore faut-il le vouloir. Mais aussi définir une méthode.

Quelles pourraient être les pistes de méthode pour avancer ?

J’en voit quatre.

* La première serait donc d’accepter l’échange et le débat.

    a) Dans un premier temps, l’échange devra se faire d’abord entre des courants proches par leur histoire ou par affinités pour reconstruire une confiance commune.
    b) Pour un projet plus large, à la hauteur de la situation, on connait l’argument ressassé sur l’alignement des sigles qui ne produirait rien de bon. Après cette campagne européenne, cet argument devient presque évident : pourquoi un rabibochage par un cartel de sigles serait-il d’un seul coup crédible alors que tout a été fait pendant des mois pour discréditer au maximum toute pratique unitaire (et certains l’ont fait au nom de l’unité !). Il conviendrait donc dans un premier temps de dire modestement : parlons-nous et débattons. Sans forcément en faire une publicité tapageuse, pour ne pas créer de faux espoirs, voire des tromperies sur la marchandise. Et en distinguant le court terme et le long terme : que faire ici et maintenant, puis quelle stratégie pour les années à venir (il vaut mieux …ne pas commencer par 2022).

* La deuxième piste serait donc l’action commune doublée de propositions politiques communes. Certains répondent à cela : mais on le fait déjà ! Ou encore : ce n’est pas cela qui définit un projet politique. Il faut donc bien clarifier ce dont on parle. Les forces politiques de gauche et écologistes soutiennent en général des luttes, ou des exigences, chacune séparément. Il leur arrive de le faire ensemble : par exemple au printemps 2018 pour soutenir par des conférences de presse la lutte des cheminots. Ou encore bien plus difficilement pour soutenir en commun les manifestations de Gilets jaunes, agir contre la répression. Ou plus rarement pour s’afficher dans les manifestations climat. Mais ces cadres communs de solidarité ne font pas évènement, parce que rares sont les composantes qui veulent leur donner un sens politique réel. La question est : est-ce que cela suffit d’être solidaires ? Le vrai engagement politique commun serait de prolonger la solidarité élémentaire par des propositions politiques : sur les services publics européens, sur les priorités écologiques, sur la démocratie. Mais là, il n’y a plus personne ! Chacun reste dans son couloir : la place est jalousement gardée et protégée. Alors que bien souvent, les propositions des uns et des autres pourraient au minimum converger ou alors susciter publiquement des controverses utiles. Mais c’est précisément cela que certaines forces ne veulent pas partager. Car admettre un cadre pluraliste convergent avec des débats publics profitant à tout le monde, c’est admettre que l’on construit un espace socio-politique commun. C’est renoncer à son pré-carré. Voilà pourquoi l’action commune prolongée de propositions communes sont en réalité très engageantes pour faire voir au quotidien qu’un projet politique est possible. L’offre politique doit être enracinée dans l’action, sinon elle court le risque du projet en surplomb auquel il faut se rallier, sans être appelé à coconstruire. L’émancipation implique la participation à la fabrique du politique.

Exemples concrets :

– Cédric Durand et Razmig Keucheyan ont écrit une tribune (parue dans Le Monde) avec des propositions sur la place de l’intervention publique pour définir une transition écologique, avec des axes hiérarchisés. Voilà ce dont il faut discuter.

– Ou encore : quelle proposition alternative à la retraite par points dite « universelle » de Macron ?

– Ou sur l’assurance-chômage avec bonus-malus ?

Si les forces de gauche et écologistes n’ont rien de commun à construire sur ces sujets, en lien si possible avec les acteurs-trices directement engagés, alors quelle est leur crédibilité politique ? On peut répondre : mais cela se fait déjà souvent à l’Assemblée nationale, voire au Parlement européen. Cela se fait parce qu’il y a contrainte : empêcher des projets, rendre plus audibles des sujets. Pourquoi cette contrainte parlementaire (parfois purement formelle) ne pourrait-elle pas se déployer dans l’arène publique ? Il conviendrait donc de mettre en place des groupes de travail thématiques.

* La troisième piste nécessite justement de construire des espaces démocratiques citoyens ou populaires, impliquant non seulement les forces ou courants politiques organisés, mais d’emblée des animateurs-trices de luttes ou d’associations, et les personnes volontaires.  On rejoint par là la forte exigence démocratique que nous observons partout. Il s’agirait de mettre en place une sorte d’agora démocratique et ouverte, des assemblées citoyennes ou populaire. Certains parlent de « processus constituant ». Pourquoi pas ? C’est là la médiation à mettre tout de suite en chantier. Si on vise une alternative émancipatrice à vocation majoritaire, il faut chercher à faire en sorte que la politique implique le plus grand nombre. Les forces et courants politiques doivent être partie prenante du partage d’expérience sans en faire un enjeu de concurrence passant par-dessus l’intérêt collectif. Il faut en somme mobiliser les personnes de plus en plus nombreuses qui ont le désir de faire de la politique de manière directe, sans appartenance à priori, et qui tâtonnent dans cette direction depuis Nuit Debout, les groupes d’action FI (pour partie), les Collectifs Marée populaire, pour partie les Gilets jaunes, les citoyens des mobilisations climatiques, etc. Certes, cela ne règle pas par magie les problèmes d’incarnation, de représentation personnalisée (inévitables, car la société ne peut jamais être d’emblée transparente à elle-même). Mais cela les encadre de bonne manière. Et cela nécessite aussi de livrer bataille vers les médias pour imposer du pluralisme représentatif plutôt qu’une mise en scène des egos et des présidentiables. Certains médias marcheront si cela est porteur de vie.

* La quatrième piste, corollaire de la précédente, est la nécessité vitale pour les mouvements sociaux, les syndicats, les associations, d’assumer la portée politique pluraliste de leurs luttes.  Ce qui bien sûr ne va pas de soi, et implique de réviser des certitudes mal apprises, ou déformées (Charte d’Amiens entre-autre).

Des débats à poser

Une fois cette méthode de travail acquise (ce qui ne sera pas facile, au vu des habitudes prises), il ne fait aucun doute qu’il faudra aussi remettre sur le métier bien des notions dont le sens n’a plus rien d’évident, du moins à large échelle.

* Ainsi la notion de gauche. Alors que toutes les études de politologie montrent que les personnes continuent à se classer individuellement selon le clivage gauche/droite (y compris, j’en ai fait l’expérience, chez les Gilets jaunes), la force de propulsion politique de ce clivage s’est émoussée, à force d’être combattue de tous côtés, à gauche et à droite. Le résultat en est plutôt un déplacement de l’axe politique vers une droite culturellement hégémonique (on le voit dramatiquement sur les enjeux sociaux, avec par exemple la disqualification du salariat), doublée à l’opposé d’un radicalisme verbal souvent vain (dégagisme, colère, raccourcis, sectarisme prétendument « lutte de classe » …). C’est ce qui reste une fois que la gauche accepte de disparaitre comme enjeu ou intériorise sa ringardisation. On n’ose plus se dire de gauche : c’est une vraie victoire de la confusion dominante. Tout se vaut. Mais reconnaissons que pour réinsuffler du sens, il faudra faire de la pédagogie et savoir comment prendre en compte le besoin d’audace (Gilets jaunes, cortèges de tête…) dans l’action.

La société est clivée : le clivage social, bien connu, le clivage des valeurs et du sens, le clivage des stéréotypes de genres et des effets d’oppressions, le clivage du rapport à la nature et au vivant. Gauche et écologie sont intriqués dans le combat anticapitaliste, ou alors se dilueront l’un et l’autre. Mais l’intrication n’est pas spontanée, elle peut produire des conflits de priorités, difficiles à maitriser (exemple : emploi et industrie nucléaire, ou agro-alimentaire). Le clivage social ne produit plus, ou pas mécaniquement, un imaginaire progressiste. Le conflit sur le sens et les valeurs est orthogonal au clivage social, lequel peut suivre plus facilement une pente « nationale-sociale » de repli.

Nous avons donc tout un travail d’élaboration à faire.

* Il en va de même avec la lutte des classes et c’est lié. Mais il faut reconnaitre qu’un nouveau débat théorique est nécessaire sur ce qui structure les sociétés. Les rapports sociaux, de classe, de sexe, et de racisation, s’imbriquent. Mais ils ne s’imbriquent pas de la même façon sous le capitalisme qu’avant le capitalisme. La structure de classe introduite par le capitalisme mondialisé remodèle les sociétés, les oppressions millénaires, les conflits dits ethniques. C’est un processus. L’imbrication n’est pas la même en Europe ou en Inde par exemple, ou dans des sociétés culturellement très différentes, même si la globalisation capitaliste tend à homogénéiser les modes de vie et le règne du tout marchand. Il nous faut donc tendre à universaliser (internationaliser) nos références et schémas de valeurs tout en étant attentifs au pluralisme des peuples et cultures (exemple type, le voile : l’acuité du problème, la manière de l’aborder, n’est pas la même selon que l’on vit en Iran, en Arabie Saoudite ou en France ; mais nous devons d’abord avoir un point de vue le plus universel possible, tout en admettant que l’universel n’est pas une entité figée).

* L’écologie est un défi anthropologique gigantesque, irréductible par bien des aspects aux conflits historiques connus. Les manifestations de jeunes sur le climat expriment cette radicalité nouvelle : « je veux pouvoir vivre comme être humain, en compagnie du vivant et de la biodiversité ». Cela semble transcender tout le reste. Et le temps presse !  Mais en même temps, sans renversement des puissances capitalistes, la bataille sera perdue.  Nous avons besoin de hiérarchiser des objectifs de lutte, et d’inventer une forme démocratique pour ce mouvement. C’est d’ailleurs étrange : le mouvement climat n’est pas démocratique dans ses modes de décision, mais cela semble peu inquiéter celles et ceux qui y participent, alors que la soif de démocratie est grande.

* Le défi démocratique :  Comment s’articule l’invention démocratique dans l’action, dans les luttes (qui produisent leurs institutions) avec une transformation radicale de la représentation citoyenne, qui reste incontournable ? Comment articuler démocratie (processus vivant) et république (chose commune) ?

Sur toutes ces questions comme sur celles énumérées par le texte collectif dit « stratégique » qui a circulé dans Ensemble !, nous avons besoin d’avancer dans le dialogue démocratique.

Jean-Claude Mamet (01-06-2019)

Type:  Article Mercredi, 5 Juin, 2019 - 10:59 En débat
François Calaret

Tribune : « Pour un big bang de la gauche »

1 mois 2 semaines ago

Où sont passés la colère sociale et l’esprit critique qui s’aiguisent depuis des mois dans notre pays ? Ils demeurent dans les têtes, dans les cœurs et dans la rue. Mais la situation politique est catastrophique. Au lendemain des élections européennes, le bon résultat de l’écologie politique ne peut masquer le fait que la gauche est en miettes, désertée par une très grande partie des classes populaires. La gauche et l’écologie politique sont loin de pouvoir constituer une alternative alors même que le pouvoir en place et la droite fascisante dominent la scène politique dans un face-à-face menaçant où chacun se nourrit du rejet de l’autre et le renforce. Le pire peut désormais arriver. Nous n’acceptons pas ce scénario. Nous devons, nous pouvons proposer un nouvel horizon.

La raison essentielle de ce désastre est l’absence d’une perspective émancipatrice qui puisse fédérer les colères et les aspirations autour d’un projet politique de profonde transformation de la société. Un big bang est nécessaire pour construire une espérance capable de rassembler et de mobiliser.

Réinventer nos modèles et nos imaginaires

Il y a du pain sur la planche : réinventer nos modèles et nos imaginaires, rompre avec le productivisme et le consumérisme qui nous mènent au chaos climatique, à la disparition des espèces et à une dramatique déshumanisation, substituer le partage des richesses, des pouvoirs et des savoirs aux lois de la finance et de la compétitivité.

L’enjeu, c’est aussi d’articuler les différents combats émancipateurs pour dégager une cohérence nouvelle qui s’attache aux exigences sociales comme écologiques, à la liberté des femmes comme à la fin de toutes les formes de racisme, aux conditions et au sens du travail comme au droit à la ville, à la maîtrise de la révolution numérique comme à l’égalité dans l’accès à l’éducation et à la culture, à la promotion des services publics comme au développement de la gratuité.

Nous n’y parviendrons qu’en assumant des ruptures franches avec les normes et les logiques capitalistes. Ce qui suppose de nous affranchir des logiques néolibérales et autoritaires qu’organisent les traités européens et de donner à nos combats une dimension internationaliste.

Et pour cela, ce big bang doit aussi toucher aux formes de l’engagement. La politique est en crise globale. La défiance est massive à l’égard des représentants et des partis politiques, et plus généralement à l’égard de toutes les formes délégataires de représentation. Il est impératif d’inventer la façon de permettre, à toutes celles et ceux qui désirent s’engager, de vivre ensemble et d’agir avec des courants politiques constitués qui doivent intégrer dans leurs orientations les expériences alternatives en cours. Et cela suppose de repenser les lieux et les modalités du militantisme autant que les rouages de la délibération collective.

L’exigence démocratique se trouve dans toutes les luttes de notre époque, sociales, écologistes, féministes, antiracistes…, de Nuit debout aux « gilets jaunes ». Elle implique de penser les médiations, de favoriser des liens respectueux, loin de toute logique de mise au pas, avec les espaces politiques, sociaux, culturels qui visent l’émancipation humaine. Puisque nous prônons une nouvelle République, la façon dont nous allons nous fédérer dira notre crédibilité à porter cette exigence pour la société tout entière.

Il est temps de se parler et de s’écouter, de se respecter pour pouvoir avancer en combinant le combat pour les exigences sociales et écologiques

Le pire serait de continuer comme avant, de croire que quelques micro-accords de sommet et de circonstances pourraient suffire à régénérer le camp de l’émancipation, que l’appel à une improbable « union de la gauche » à l’ancienne serait le sésame. Nous sommes animés par un sentiment d’urgence et par la nécessité de briser les murs qui se dressent au fur et à mesure que la situation produit des crispations et des raidissements. Il est temps de se parler et de s’écouter, de se respecter pour pouvoir avancer en combinant le combat pour les exigences sociales et écologiques.

Nous pensons bien sûr aux forces politiques – « insoumis », communistes, anticapitalistes, socialistes et écologistes décidés à rompre avec le néolibéralisme. Mais ce dialogue entre mouvements politiques constitués ne suffira pas à soulever les montagnes pour redonner confiance et espoir. C’est plus largement que les portes et les fenêtres doivent s’ouvrir aux citoyens, à la vitalité associative, au monde syndical, aux espaces culturels et intellectuels critiques, aux désobéissants du climat, à celles et ceux qui luttent au quotidien contre les oppressions et les violences policières.

Ces forces existent

Il y a urgence. Nous savons la disponibilité d’un grand nombre de citoyens et de militants à unir leurs énergies pour ouvrir une perspective de progrès. Ces forces existent dans la société mais elles n’arrivent pas à se traduire dans l’espace politique. C’est ce décalage qu’il faut affronter et combler. Sans raccourci. Un travail patient autant qu’urgent de dialogue, d’ouverture, d’expérimentations est devant nous si nous voulons rassembler pour émettre une proposition politique propulsive. Il faut de la visée, du sens, de l’enthousiasme pour qu’une dynamique s’enclenche, pour qu’elle se fixe l’objectif d’être majoritaire.

C’est d’une vision plus encore que d’une juxtaposition de colères et de propositions que notre pays a aujourd’hui besoin. Loin du ressentiment et de la haine pour moteur, nous devons faire vivre un horizon commun de progrès pour l’humanité. La réussite de cette entreprise tient en grande partie à la capacité à assumer un pluralisme authentique tout en dégageant de nouvelles cohérences partagées. Toute logique de ralliement, de mise au pas derrière un seul des courants d’idées qui composent ce large espace à fédérer se traduira par un échec à court ou moyen terme.

C’est pourquoi nous invitons au débat partout pour la construction d’un cadre de rassemblement politique et citoyen, avec l’objectif de participer activement à la réussite de cette invention à gauche que nous appelons de nos vœux. Nous savons la difficulté de l’entreprise. Mais elle est indispensable. Et beaucoup de voix s’élèvent pour en affirmer l’exigence. Faisons converger nos efforts. Engageons-la ensemble.

Tribune collective publiée dans Le Monde.

Une réunion publique à l’initiative des signataires est prévue le dimanche 30 juin à 15 heures au cirque Romanès, à Paris 16e.

Parmi les premiers signataires : Salah Amokrane, dirigeant associatif ; Ariane Ascaride, comédienne ; Clémentine Autain,députée (LFI) de Seine-Saint-Denis ; Etienne Balibar, philosophe ;François Bégaudeau, écrivain ; Patrick Chamoiseau, écrivain ; Rokhaya Diallo, journaliste et cinéaste ; Cédric Durand, économiste ; Elsa Faucillon, députée (PCF) des Hauts-de-Seine ; Karl Ghazi,syndicaliste ; Eva Husson, auteure et réalisatrice ; Razmig Keucheyan, sociologue ; Mathilde Larrère, historienne ; Christian Laval, sociologue ; Laurence Lyonnais, militante éco-socialiste ; Corinne Morel-Darleux, auteure et conseillère régionale ; Aurélie Trouvé, militante associative… et plus de 1 000 citoyens, élus, militants politiques, associatifs et syndicaux, artistes et intellectuels (l

Liste complète à retrouver sur https://www.pourunbigbang.fr/

Type:  Article Mercredi, 5 Juin, 2019 - 10:57 En débat
François Calaret

Algérie : pour le respect des libertés démocratiques

1 mois 3 semaines ago

Algérie : pour le respect des libertés démocratiques et la libération de Louisa Hanoune

Les partis politiques suivants : Parti des travailleurs (PT), Front des Forces Socialistes (FFS), JIL Jadid, Parti pour la liberté et la justice (PLJ), Union pour le changement et le progrès (UCP), Parti socialiste des travailleurs (PST), Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Parti national pour la solidarité et le développement (PNSD), Mouvement démocratique et social (MDS) et le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), réunis ce 29 mai 2019 au siège national du Parti des travailleurs à Alger, ont adopté la déclaration suivante :

Hier, mardi 28 mai 2019, le Dr Kamel Eddine Fekhar, militant des droits de l’homme mis en détention provisoire pour ses opinions le 31 mars 2019, est décédé après une grève de la faim de 50 jours. Malgré les alertes incessantes de ses avocats et sa famille sur la détérioration de son état de santé, les pouvoirs publics l’ont laissé mourir. Ils portent donc l’entière responsabilité de sa mort.

Les partis cités ci-dessus appuient la demande d’une enquête indépendante sur les circonstances de cette tragique disparition.

Depuis près d’un mois, sur décision du tribunal militaire de Blida, Louisa Hanoune est maintenue en détention provisoire. Rien ne peut justifier le maintien en détention de Louisa Hanoune, responsable d’un parti politique ; c’est la première fois depuis la fin de la tragédie nationale qu’un premier responsable national d’un parti politique est incarcéré. Le motif principal invoqué de son incarcération est celui de vouloir « changer le régime ». Changer le régime, c’est également notre position commune et c’est celle de l’écrasante majorité du peuple algérien.

L’incarcération de Louisa Hanoune est donc un avertissement et une menace pour tous ceux, responsables politiques ou citoyens, qui réclament le changement de régime.

Devant l’effondrement des institutions obsolètes et illégitimes, du fait de la mobilisation révolutionnaire du peuple algérien, des multiples tentatives du régime pour chercher à se préserver, celui-ci pratique une politique de fuite en avant et de répression comme constaté lors de la marche des étudiants, et le vendredi 24 mai avec l’empêchement d’accès à Alger pour manifester et l’arrestation de plusieurs centaines de manifestants. C’est la mise en application des déclarations/ menaces de Gaïd Salah à l’encontre des manifestations populaires.

Nous, responsables des partis politiques sus cités, nous adressons aux tenants du pouvoir pour exiger la libération immédiate et sans condition de Louisa Hanoune. Ne pas prendre une telle mesure augurerait mal des développements à venir en Algérie.

Nous rejetons toute solution de force. Nous exigeons le respect des libertés démocratiques et donc la libération de Louisa Hanoune.

Alger, le 29 mai 2019

Type:  Article Vendredi, 31 Mai, 2019 - 15:20 International Algérie
François Calaret