Communiqué de presse : referendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris. En piste pour le 1er million de signatures

2 heures 38 minutes ago

 

Malgré le silence des grands médias et du gouvernement, malgré l’absence de campagne officielle, la campagne pour obtenir un referendum concernant la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) bat son plein.

Lors des semaines passées, des dizaines de collectifs unitaires se sont créés dans toute la France, mobilisant des centaines de militant-e-s de terrain. Car ce referendum d’initiative partagée est un enjeu de société crucial : soit abandonner la gestion des richesses nationales et des biens communs aux entreprises privées pour le plus grand bonheur de leurs actionnaires; soit préserver ces biens, afin de réorienter leur usage, pour la justice sociale et la défense de l’environnement.

L’expérience récente des privatisations des autoroutes illustre bien le projet actuel du gouvernement : vendre des infrastructures publiques pour enrichir quelques-uns, tandis que la privatisation ne bénéficie pas à la majorité qui doit payer pour les profits des actionnaires.

La campagne pour le référendum sur la privatisation d’ADP doit prendre une nouvelle dimension en ce mois de novembre, pour atteindre le million de demandes du référendum et accélérer le rythme des signatures.
A ce titre, la coordination nationale contre la privatisation d’ADP et toutes les organisations qui soutiennent la campagne pour le référendum appellent :

-          A faire de la 2ème quinzaine de novembre une grande séquence de mobilisations pour le référendum ; à Paris cette mobilisation culminera par un rassemblement sur la place de la République le samedi 30 novembre à partir de 14H

-          Les maires de toutes les communes françaises à exercer leur droit à l’information auprès de leurs administrés, et à faire des mairies des lieux vivants de la démocratie ;

-          A être présents lors des manifestations qui vont se dérouler en novembre et décembre, notamment les mobilisations féministes du 23 novembre et pour la défense des retraites du 5 décembre.

-          Les personnes qui ont déjà signer à convaincre 4 personnes de leur entourage à faire de même ; tous ensemble, on peut y arriver.

 

32 organisations regroupées au sein de la coordination nationale contre la privatisation d’Aéroports de Paris ont lancé un outil commun afin de mobiliser pour exiger un référendum contre la privatisation d'ADP : le site commun privatisercestvoler.fr recense les différents documents et outils de mobilisations.

Une conférence de presse sera organisée le jeudi 28 novembre à 11 H au café Le Fluctuat Nec Mergitur sur la place de la République pour informer sur l’état des lieux de cette campagne et sur les actions à venir.

Coordination nationale contre la privatisation d’Aéroports de Paris

Contacts :

bonjour@privatisercestvoler.fr

Type:  Article Lundi, 18 Novembre, 2019 - 17:03 Nos campagnes Politique
TheStyx

ASSURANCE CHÔMAGE : LA SPIRALE DE LA PAUVRETE !

6 jours 3 heures ago

  

   Depuis 2 ans Ensemble ! dénonce la réforme de l’assurance chômage du gouvernement : les
unes après les autres les mesures prises changent complètement l’indemnisation du chômage
et détruisent un pas entier de notre système de protection sociale solidaire.
Le remplacement des cotisations chômage par l’impôt , la violence de la loi "Choisir son avenir
professionnel" , les décrets sur les sanctions et aujourd’hui sur la réduction des allocations
mettent en place un nouveau système où le droit est remplacé par une indemnisation soumise
aux choix budgétaires.

   Demain la mise en place du revenu universel d’activité proposera aux exclus de se partager la
misère et des formes de travail forcé.
Cette réforme punitive au prétexte de faire 3,4 milliards d'euros d'économie va étendre la
précarité et fabriquer de nouveaux pauvres .Une fois de plus elle nourrit une suspicion à l'égard
de 6 millions d'individus inscrits à Pole Emploi. Cette « réforme » va encore pénaliser les
femmes qui sont majoritaires parmi les demandeur-euse-s d'emplois en « activité réduite »
Pour faire passer ces mauvais coups le gouvernement utilise le mensonge et la division entre
les victimes de ce système.

   L’ensemble des forces sociales, syndicales et politiques qui combattent le capitalisme et visent
une société solidaire peuvent et doivent s’unir pour mettre en échec la réforme de l’assurance
chômage dans un combat quotidien et des mobilisations pour les droits . A partir des exigences
revendicatives portées par les associions et syndicats de chômeur-euse-s, mais aussi par le
mouvement syndical tout entier et des organisations politiques, nous pouvons construire
unitairement une alternative qui abolisse le chômage.

Pour Ensemble ! Il est urgent de construire cette solidarité active avec les précaires et les
chômeur-euse-s !

Type:  Article Mardi, 12 Novembre, 2019 - 16:40 Nos communiqués Droits - libertés
TheStyx

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis

1 semaine 5 jours ago

Grande-Bretagne : élections, espoir et défis

C'est l'absence de majorité au parlement pour résoudre le Brexit qui, après des mois d'impasse, a forcé
à l'organisation d'élections anticipées pour le 12 décembre. Mais si cette crise politique est d'une
ampleur historique, ce n'est pas la seule qui touche la Grande-Bretagne.

Il s'agit de la cinquième puissance économique mondiale, et pourtant les usager·e·s des « banques
alimentaires » (dons de nourriture) se comptent par millions. Après la Grèce, la Grande-Bretagne est le
pays développé où les salaires ont le plus baissé après la crise de 2008. Les services publics ont été
ravagés par des années d'austérité. Le système du « Crédit universel », regroupement de plusieurs
allocations (chômage, logement...) a permis une politique particulièrement cruelle de contrôle, de
sanction et de baisse des revenus des personnes les plus pauvres. Le montant des loyers a explosé,
ainsi que le nombre de personnes sans-abri ou sans logement digne. Cette crise sociale, absente des
grands médias, est un facteur essentiel. Elle nourrit une colère anti-système qui a contribué au vote de
2016 pour la sortie de l'Union européenne, mais en se tournant davantage contre l'immigration que pour
la justice sociale. Les élections seront-elles dominées par le Brexit, ou permettront-elles de mettre en
avant le partage des richesses ?

À l'heure actuelle, les pronostics sont très difficiles. Le Parti conservateur est en tête des sondages, le
débat médiatique tourne autour du Brexit, mais la campagne peut changer bien des choses.
Les conservateurs (droite), emmenés par Boris Johnson, promettent de « réaliser le Brexit ». L'accord de
sortie qu'ils proposent ouvre la voie à un rapprochement avec les États-Unis, à la réduction des normes
environnementales et du droit du travail, et au renforcement des politiques racistes déjà en place. Le
Parti du Brexit le concurrence sur sa droite en défendant une sortie brutale de l'Union européenne. Au
contraire, les démocrates-libéraux (Lib Dems, « centristes » mais qui ont gouverné avec les
conservateurs de 2010 à 2015) se veulent le parti du maintien dans l'Union européenne.

Le Parti travailliste (gauche) arrive aux élections avec une double orientation. D'une part, un programme
de progrès social qui rompt avec les politiques passées. En 2017, son programme radical (pour le
contexte britannique) et une campagne très dynamique lui avaient permis d'obtenir un résultat bien
meilleur qu'attendu. Pour 2019, le programme devrait être encore renforcé. Par exemple, la neutralité
carbone en 2030 et peut-être la réduction de la semaine de travail à 32h devraient rejoindre les
engagements de hausse des salaires, de renationalisation progressive du rail et de la poste, et de
gratuité de l'université. D'autre part, le Parti travailliste propose de négocier un accord de sortie de
l'Union européenne qui préserve le droit du travail et les normes environnementales, et de le soumettre à
un référendum en proposant également la possibilité de rester dans l'UE.

Cette orientation reflète des divergences au sein du parti : faut-il s'opposer au Brexit ou respecter le vote
de 2016 ? peut-on se concentrer sur les questions sociales et esquiver celle du Brexit ? Mais elle peut
aussi rassembler deux électorats partiellement distincts, les personnes qui font passer les revendications
sociales en priorité, et celles qui souhaitent un nouveau référendum pour rester dans l'UE.
Cinq semaines de campagne vont précéder l'élection. On peut s'attendre à un déferlement de
propagande et de calomnies de la part des grands médias, en particulier contre les travaillistes. En face,
des dizaines de milliers de militant·e·s de gauche se préparent au porte-à-porte, à mener campagne sur
les réseaux sociaux et à tirer partie de leur nombre, de leur motivation et de l'espoir porté par leur
programme.

Le résultat est très incertain. Une majorité pour les conservateurs serait désastreuse et démoralisante.
Une victoire travailliste est possible, mais pourrait ne pas donner de majorité absolue au parlement. Un
gouvernement travailliste risquerait d'être fragile, d'une part s'il dépendait du soutien des
indépendantistes écossais (centre-gauche) ou s'il faisait le choix de s'allier aux démocrates-libéraux, et
d'autre part du fait de ses divisions internes.

La gauche a beaucoup progressé dans le Parti travailliste depuis que Jeremy Corbyn en a été élu
président, mais la droite domine encore le groupe parlementaire. Le fonctionnement du parti a peu
changé et la culture dominante, même à gauche, est l'obéissance fidèle à la direction plutôt que la
réflexion critique. L'activité du parti tourne presque totalement autour des élections et des institutions. En
cas de victoire, de nouveaux défis se dresseront et l'application du programme nécessitera forcément

Une bataille politique à l'extérieur comme à l'intérieur du parti, ce qui pour l'heure n'a pas été préparé.
Les mobilisations sociales sont les grandes absentes de la situation britannique. Battu durant les
décennies néolibérales, le mouvement syndical est faible et mise majoritairement sur un changement
par les élections. Signe encourageant toutefois, plusieurs grèves victorieuses ont été menées à Londres
par des travailleurs·ses migrant·es et précaires, souvent organisé·es dans de petits syndicats combatifs.
Par ailleurs, une grève nationale pourrait également avoir lieu à la fin de l'année à la Royal Mail (poste)
et faire l'objet d'une campagne de soutien dans la population. Une victoire électorale pourrait aussi
encourager les luttes. En tout cas, une vraie rupture avec l'austérité ne semble possible qu'avec la
pression de mobilisations.

 

Nicolas V.

Type:  Article Mercredi, 6 Novembre, 2019 - 16:35 International Politique Analyses
TheStyx

UDA : grande soirée Catalogne

3 semaines ago

6ème Université D'ensemble

 

Pour conclure notre première journée de l'université d'Ensemble, nous aurons le plaisir de participer à une soirée spéciale Catalogne.

Se chargerons d'animer cette soirée pleine de promesses: 

 

Nicolas Garcia ( secrétaire du PCF 66)

Gildas Girodeau et Marie-Pierre Vieu ( co-auteur.e.s de "Les Catalans" Ed. Arcanes 17)

Maria Rovira (CUP)

Mariana Sanchez ( coordinatrice de "Catalogne, la République libre" Ed. Sylleps)

Francis Viguié (Esemble 34)

 

Nous vous accueillerons avec grand plaisir, donc si vous ne vous êtes pas encore inscrit.e.s, il n'est pas encore trop tard.

https://www.ensemble-fdg.org/content/inscription-luda

 

 

 

Type:  Article Lundi, 28 Octobre, 2019 - 16:17 Université d'Ensemble!
TheStyx

Ecologie : gestion et conséquences des menaces naturelles sur les arbres et les forêts.

4 semaines ago
Crédit photo:  Dépérissement Pinus par carence hydrique. Crédit photo ACER, arboristes conseils

Présentation :

Il est difficile d’appréhender les conséquences qu’aura le « changement climatique » sur notre environnement. Vous trouvez ici une contribution qui décrit les dégâts qui sont d’ores et déjà causés aux arbres et aux forêts. Ce texte a été publié dans le n° 78 de « l’Alternative Rouge & Verte » journal trimestriel publié par les collectifs d’Ensemble ! Bourgogne Franche Comté. Il établit un constat lucide de la situation et ébauche quelques pistes pour faire face à ces changements d’ampleur qui s’annoncent. Jean Marie, son auteur, est un professionnel de la nature, par ailleurs militant engagé sur le terrain social et environnemental.

Ecologie : gestion et conséquences des menaces naturelles sur les arbres et les forêts.

Les arbres meurent dans notre région, par dizaines, par centaines et par milliers...

Il faut avant tout garder à l'esprit que, quelles que soient les espèces, les dépérissements constatés aujourd'hui sont, en partie, la résultante des canicules et sécheresses qui ont sévi en 2015, 2017 et 2018... Le constat actuel n'a que peu de lien avec la canicule et la sécheresse de 2019. Il aurait très bien pu pleuvoir plus cette année que cela n'eût pas changé grand-chose ...

La canicule et la sécheresse de cette année se paieront cash en 2020 - 2021... voire 2022 ou 25 ou plus tard, selon les essences.

Ainsi, les cèdres expriment les stress subits parfois au-delà de 5 années après un événement climatique extrême, les séquoias de 8 à 10 ans...

Nous n'avons encore pas pris la mesure de la catastrophe climatique. Si certains pensent qu'il est encore possible de changer la donne, je pense personnellement qu'il est déjà fort tard... Nous ne pourrons que limiter à la marge, même en prenant des mesures drastiques, la catastrophe climatique qui s'annonce.

Les "petits "aléas climatiques successifs affaiblissent les arbres qui deviennent plus sensibles aux différentes maladies et parasites. Ces maladies affectent à leur tour la vigueur des arbres qui deviennent, en retour, plus sensibles aux aléas climatiques...

La boucle est bouclée. C’est la spirale du dépérissement, à laquelle les arbres, du fait d’un développement lent, ne savent pas répondre.

S’ensuit une courbe exponentielle de dépérissement dont aucun ordinateur, aucun algorithme ne peut mesurer l'ampleur tant on est devant l'inconnu et tant la multitude des facteurs est grande.

Petit tour d'horizon, Grand Frisson

- Dépérissement massif des sapins dans les Vosges,

- Dépérissement de l'épicéa partout. L'épicéa a été planté massivement dans le Doubs en dessous de 500 mètres, (alors que on biotope idéal- milieu naturel- se situe au-dessus de 800 m). Il n'est pas surprenant qu'il dépérisse aux premiers aléas climatiques ! S'ajoute à ce facteur, la présence de cette sale bestiole appelée scolyte qui se disperse et se multiplie. Lors des épisodes secs, chauds, en l’absence de pluie, le scolyte vole d'épicéa en épicéa, y dépose sa progéniture qui détruit les arbres.

A ces deux facteurs du dépérissement de l'épicéa, s'ajoute l'action des marchands de bois. Ces derniers profitent du prétexte de la maladie des bois pour fixer des prix bas, provoquant la peur du propriétaire.  Lorsqu'il constate une attaque dans ses bois, il se dépêche d'abattre les bois sains de peur que la totalité du peuplement soit atteint et que leur valorisation se fasse à la baisse !

Ce dernier facteur de la disparition des arbres vaut pour presque toutes les essences, même si les causes initiales en sont différentes.

- Les frênes dépérissent à cause d'un champignon appelé Chalara Fraxinéa. Là aussi les ravages sont massifs. Là aussi l'abattage représente la réponse irraisonnée : on abat massivement sans attendre de voir quels sujets sont résistants à cette maladie. On se prive ainsi de toute possibilité de sélectionner les sujets résistant puisqu'abattus prématurément. Il semblerait que la ville de Besançon mette en place un protocole de recherche en ce sens, (j'aime ma ville !).

- Les hêtres, très sensibles au manque d'eau, dépérissent massivement dans le Jura, et partout dans le nord de l’Europe.

- Les platanes: touchés par la maladie du chancre coloré. Cette dernière a été importée en 1945 par les Américains lors du débarquement à Marseille dans des caisses contaminées emballant l'armement et les munitions.

C'est un champignon de la même famille que celui qui a provoqué la quasi-disparition de l'orme en France et qui a entrainé l'abattage de centaines de milliers de platanes dans le sud. Les foyers d'infections ont atteint Bourg en Bresse, Genève et Paris ces dernières années.

Le platane se montre également sensible à un autre champignon: l'anthracnose. Lequel provoque le dépérissement des jeunes feuilles.

Si cette maladie est endémique et peu impactant en termes de santé, l'attaque d'anthracnose a été très sévère cette année. Fin juin on peut considérer que la densité du feuillage des platanes en port libre à Besançon était inférieure de 30% à la normale.

C'est autant de réserve que l'arbre ne fait pas et qui l’affaiblisse.

- Les buis, doublement agressés : ravagés dans toute la France par une chenille : la pyrale du buis. La Franche comté a été sévèrement touchée. Ils sont aussi détruits par un champignon : Cylindrocladium buxicola.

- Les châtaigniers : peu présents dans la région. On en trouve néanmoins en forêt de Chailluz. Ils sont dans toutes les régions atteints de la maladie de l'encre, provoquant leur dépérissement. (La région est actuellement épargnée).

- Les pins noirs...

Un champignon appelé Sphaerosis Sapinaé est présent sur tous les pins noirs de France. Il est endémique et vit sans provoquer de dégâts tant que l'arbre n'est pas stressé, (ce champignon provoque le dessèchement des aiguilles)

A compter du moment où l'arbre subit un stress, le champignon prend alors de l'ampleur et provoque la mort de l'arbre en quelques mois ou quelques semaines. Plusieurs centaines de pins noirs ont déjà été abattus ces dernières années à Besançon, pour cette raison.

On peut s'attendre très raisonnablement à un dépérissement massif des pins noirs avant la Noël.

En observant la couronne des arbres en fin de journée vous pourrez remarquer que la couleur du feuillage, naturellement vert sombre, présente pour beaucoup une couleur vert marron, c'est un très mauvais signe.

- Les pins sylvestres :

Je pensais qu'étant donné que l'on rencontre beaucoup cette essence dans le sud, ceux de nos régions étaient à même de bien résister aux fortes chaleurs et au manque d'eau...

Force est de constater que les pins sylvestres en Franche Comté meurent en nombre...

- Les oliviers : ravagés en Italie par une bactérie tueuse : XylellaFastidiosa. Cette maladie a provoqué la disparition de millions d’oliviers dans la région des Pouilles.

Elle s’est répandue en Espagne malgré une surveillance sanitaire très stricte.

Elle a fait son apparition en Corse l’année dernière et ces jours-ci sur le continen.

Les conséquences

Avec la disparition des arbres c'est tout le biotope qui se trouve alors modifié, à commencer par les sols forestiers.

Le dépérissement des arbres a pour première conséquence la baisse d'apport de matière organique par la dégradation des feuilles.

Cette matière organique est essentielle à la structuration du sol et à la rétention de l'eau. Sans matière organique, pas ou peu d'eau n’est retenue par le sol.

Ce phénomène alimente la spirale de dépérissement généralisé des arbres et provoque une érosion des sols et, à terme, la disparition des forêts sans possibilité de reconstitution des massifs forestiers.

Nous assistons, sans le savoir, à une accélération de la désertification.

Hélas le constat dressé ci-dessus n’est pas exhaustif et il est difficile de situer le point de non-retour. Je pense personnellement que nous y sommes.

(Au-delà d’une certaine dégradation d’un biotope il n’y a pas de retour en arrière et la « nature » ne peut plus compenser, réparer les dégâts subis ; le système est condamné définitivement).

Il est donc temps de prendre la mesure de la catastrophe qui s’annonce et d’exiger des mesures qui s’imposent :
- En zone urbaine chaque arbre doit être défendu. Il est nécessaire de refuser tout abattage d'arbres qui ne soit pas dépérissant ou qui ne présente pas de symptômes de défaut interne du bois.

L’argumentation de compenser l’abattage d’arbres par de nouvelles plantations étant, comme l’exprime si bien Francis Hallé *, une triple arnaque :

« (les arbres) ... sont essentiels. On ne pourrait pas vivre dans une ville entièrement minérale. Mais pour nos élus, les arbres sont du mobilier urbain, pas des êtres vivants. Dès qu’ils gênent un peu, on les coupe. Comme les citadins y sont attachés, quand on abat un vieil arbre, on le remplace par trois plus petits. C’est une triple arnaque. Patrimoniale, car rien ne remplace un vieil arbre sur le plan paysager. Financière, car ces jeunes arbres coûtent cher à l’achat, à la plantation et à l’entretien. Et écologique, car la captation des polluants n’est plus la même. C’est une question de surface. Un grand platane couvre 500 hectares si l’on additionne son écorce, ses feuilles et ses racines. Il faudra plusieurs dizaines d’années pour que la surface cumulée des petits arbres remplace celle de l’ancien. Or beaucoup n’atteindront jamais l’âge adulte, car ils n’ont pas la place de se développer. Les beaux arbres qu’on coupe aujourd’hui ont été plantés il y a un siècle dans de bonnes conditions. Cela n’est plus possible à cause de la densité des réseaux souterrains urbains. »

- En forêt. Ii est urgent de ne plus considérer les forêts comme un ressource et de continuer leur exploitation massive, comme à Chailluz ou en Forêt de Chaux.

Les coupes à blanc (c’est-à-dire les coupes rases où tous les arbres sont abattus sur une parcelle) ne sont plus admissibles du simple fait que nous ne savons pas :

-         quoi replanter

-         et surtout que, techniquement, nous ne pouvons plus replanter en forêt:

Les sujets plantés sont de très jeunes plants : un coup de pioche, mise en place du plant, un coup de pied pour tasser.

Cette technique est très (rustre » et ne permet pas aux jeunes plants de résister aux aléas climatiques les 2 années suivant la plantation. Au premier coup de chaud et au premier manque d’eau le plan meurt (il est très difficilement envisageable d’arroser en forêt).

Ainsi la quasi-totalité des plantations effectuées en forêt de Chailluz en 2017 et 2018 a avorté. Il est envisagé que les dernières coupes blanches de peuplement de frênes abattus dans les coteaux sous la Dame Blanche soient laissées en friches… non replantables !

Chaque Zone Humide doit être défendue pied à pied… comme aux Vaîtes, dans la commune de Besançon.

Mais il est aussi urgent de planter partout où il est possible de planter en tenant compte de la nouvelle donne climatique : c’est à dire avec de réelles fosses de plantation et des gaines d’arrosage ** :

-         en bord de route,

-         sur les délaissés routiers,

-         dans les squares…

A ce propos il est essentiel d’interpeller nos élus et plus particulièrement ceux du Département du Doubs dont la Politique de l'arbre est sidéralement inexistante.

Mais aussi planter dans nos jardins potagers avec des essences à faible ombrage si demain on veut encore des légumes…

Il faut mener le débat et la controverse partout,

Il est bien tard …

Jean Marie Vieille
Taille et soins des arbres.
Des arbres pour l’Homme. Des Hommes pour l’arbre.

Photo : Dépérissement Pinus par carence hydrique. Crédit photo ACER, arboristes conseils

* Francis Hallé : botaniste dendrologue, conférencier, auteur de nombreux ouvrages scientifiques et grand public, comme « Plaidoyer pour l’arbre » paru en 2005.

** A Besançon, les rues sont nettoyées et les arbres arrosés avec de l’eau potable. Une réflexion urgente doit être initiée pour que des stations de pompage de l’eau des réservoirs de ruissellement, du Doubs… soient étudiés afin que ce gaspillage cesse.

Type:  Article Lundi, 21 Octobre, 2019 - 18:34 Ecologie
TheStyx

Ensemble contre l'islamophobie

1 mois ago

Le 11 octobre, à Dijon, les élu.es du Rassemblement National au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ont provoqué un incident à caractère raciste en cherchant à humilier et à menacer, publiquement et devant son fils, une mère voilée venue participer à une sortie éducative.

ENSEMBLE ! Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologique et Solidaire, partage l’indignation d’un grand nombre de citoyen.nes face à cette basse manœuvre visant à stigmatiser encore plus les musulmanEs.

Nous dénonçons l’hypocrisie d’une partie de la droite gouvernementale (LREM) et des Républicains qui, tout en déplorant du bout des lèvres cette provocation fasciste, en a profité pour soulever de nouveau la question, pourtant tranchée par le Conseil d'Etat, de la participation des mères voilées aux sorties scolaires. Plus généralement, c’est la place des musulmanEs dans notre société qui est remise en question.

ENSEMBLE ! réaffirme son opposition à toute nouvelle mesure d’exclusion. C’est aux racistes de dégager, pas aux musulmanEs !

Venant après l’embauche par la chaîne CNews du délinquant raciste Zemmour, le tournant ‘identitaire’ de Macron et son invocation d’une ‘société de vigilance’, des déclarations du ministre de l’éducation nationale Blanquer en faveur de l’exclusion des mères voilées, et bien d’autres signes inquiétants, cette nouvelle offensive islamophobe peut avoir des conséquences politiques et sociales désastreuses. Déjà, le 14 octobre, une sortie scolaire à la caserne des pompiers de la ville de Creil (Oise) a dû être annulée, suite au refus d’un officier d’admettre la présence de deux mères voilées.

L'islamophobie, composante majeure de la droitisation du régime, relayée par une partie de l'establishment politico-médiatique, les violences policières et l'acharnement policier et judiciaire contre les mouvements sociaux sont le signe d'un capitalisme de plus en plus autoritaire que nous devons combattre sans relâche. A cette offensive islamophobe et néo-fasciste, l'ensemble des organisations pour la liberté et les droits peuvent opposer une unité qui rétablissent un rapport de forces clair pour l'égalité, l'émancipation et la liberté démocratique.

Ensemble ! appelle à la vigilance et la mobilisation contre toutes les dérives qui banalisent la haine de la démocratie et des libertés fondamentales.

Type:  Article Jeudi, 17 Octobre, 2019 - 15:33 Nos communiqués Anti-racisme
TheStyx

Voici le programme de L'université d'automne 2019, Inscrivez-vous !

1 mois ago

Le programme de notre université d'automne est prêt. Elle aura lieu du 31 octobre au 3 novmebre au Cap d'Agde.

Venez y découvrir ou redécouvrir toute la richesse du travail militant proposé sur l'actualité sociale et politique française et internationale. Ceci dans un cadre festif et convivial.

Voici un lien vers notre vidéo de présentation.

https://www.youtube.com/watch?v=JUgDzeVWMSk&feature=youtu.be

 

Profitez en pour vous inscrire avant que les places ne soient limitées.

A très bientôt dans l'hérault.

Fichier attachéTaille 19-10-31-4s_uda_programme.pdf579.67 Ko 19-07-04-v08_plaquette_uda.pdf480.42 Ko Type:  Article Lundi, 14 Octobre, 2019 - 16:15 Université d'Ensemble!
TheStyx

Portugal : Pas de miracles, des choix politiques !

1 mois 1 semaine ago

Une situation économique moins catastrophique,  une victoire électorale d'un Parti socialiste et de la gauche... Et la presse européenne se hâte d'évoquer des miracles !
Rien n'oblige à oublier une situation économique fragile, sur laquelle pèsent des années d'austérité et de régressions sociales imposées par la Troïka au nom de sa doxa ultralibérale. Si elle s'est partiellement améliorée c'est aussi parce que le gouvernement socialiste sortant, sous pression du Bloc de gauche et du PCP, a su faire des concessions sociales et répondre positivement à quelques unes des aspirations populaires.
Le Parti socialiste en recueille les fruits : malgré une forte abstention (45,5%), avec 36,5% des voix il remporte une victoire sans équivalent en Europe. Le Bloc de gauche avec 9,3% des voix conserve ses 19 députés, et malgré une légère érosion (il passe de 550 000 voix à 492 000) il confirme sa position de 3ème parti du pays. Le PCP avec 6,40% des voix subit un recul mais conserve 12 députés.
Les conditions semblent réunies pour que soit poursuivie une politique qui n'ignore pas les intérêts de la population.  Catarina Martins porte parole du Bloc de gauche a  indiqué que son parti  était prêt à négocier avec le PS pour assurer une majorité parlementaire stable en rappelant les conditions posées pour un tel soutien : « La défense de celles et ceux qui vivent de leur travail, contre les exigences de la Troïka, la défense du droit du travail, la lutte contre la précarité, la défense des retraites, le sauvetage du service national de santé, le renforcement de l’investissement public pour faire face à la crise du logement, l’amélioration des transports en commun et l’urgence climatique ».
En France et en Europe, à gauche,  on doit se féliciter des résultats électoraux des gauches portugaises. Et soutenir les exigences politiques portées par le Bloc de gauche.

Type:  Article Jeudi, 10 Octobre, 2019 - 16:16 Nos communiqués International Actualités
TheStyx

Manifestation d'Alliance devant le siège de la FI

1 mois 3 semaines ago

Alliance a appelé à manifester devant le siège de la France Insoumise, pour montrer son désaccord avec les positions du groupe parlementaire FI à propos des questions de sécurité et des violences policières. Il s’agit là d’une tentative d’intimidation et de pression contre un mouvement politique jamais vue ces dernières années. Le Ministre de l’Intérieur n’aurait pas dû le permettre.

ENSEMBLE, Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologiste et Solidaire, condamne cette manifestation, qui est une provocation de l’extrême droite policière. En s’attaquant à la France Insoumise, c’est à toute la gauche, à tous les démocrates qu’Alliance s’attaque. Ensemble appelle les organisations démocratiques à se mobiliser contre cette offensive dangereuse pour les libertés.

Type:  Article Jeudi, 26 Septembre, 2019 - 14:57 Nos communiqués
François Calaret

L’indépendance de l’Ecosse se rapproche

1 mois 3 semaines ago

L’une des premières actions de Boris Johnson lorsqu’il est devenu Premier ministre a été de s’attribuer le titre de titre de « Ministre de l’Union » et de se rendre en Ecosse pour essayer de contrecarrer l’effondrement du vote en faveur des Conservateurs et d’empêcher l’indépendance.

La crise constitutionnelle qui a explosé avec le coup que constitue la suspension du Parlement et le déni du vote empêchant un Brexit sans accord ne se réduit pas à un affrontement entre le Parlement et l’Exécutif : c’est aussi une crise globale de légitimité de l’État au Royaume -Uni.

Lors du référendum sur l’indépendance, en 2014, les Ecossais ont voté à 55% (contre 45%) pour rester au sein du Royaume-Uni. Mais ce vote a été acquis sur la base d’une double promesse solennelle des Conservateurs, des Travaillistes et des Libéraux Démocrates selon laquelle c’était le seul moyen garantissant le maintien dans l’Union Européenne et qu’à l’avenir de nouveaux droits seraient transférés au Parlement écossais. Au cours de la campagne référendaire de 2014, le soutien à l’indépendance est passé de 24 à 45% ; ce mouvement vers l’indépendance est irrésistible au sein de la classe ouvrière et des jeunes influencés par la Campagne Radicale pour l’Indépendance.

Lors du référendum sur l’Union européenne, l’Ecosse a voté massivement pour le maintien dans l’UE. Le gouvernement britannique n’a pas seulement ignoré cette volonté populaire, il a également refusé toute avancée dans la dévolution.

Un nouveau mouvement en faveur de l’indépendance s’est développé pour exiger un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, dont de récents sondages indiquent qu’elle sera mise en œuvre si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne et si le règne des Conservateurs perdure. De façon écrasante, à plus de 70%, les jeunes sont pour l’indépendance. Ceux qui sont âgés de 16 à 18 ans ont le droit de vote pour les scrutins écossais et il existe des propositions progressistes visant à étendre les droits civiques au-delà des citoyens de l’Union Européenne aux autres nationalités. Le Parlement écossais a adopté une résolution législative prévoyant l’organisation d’un nouveau référendum ; un mouvement de masse se construit à travers des manifestations imposantes qui vont culminer le 5 octobre prochain lors d’une marche sur Edinburgh. L’an dernier déjà, une marche similaire essentiellement composée de membres de la classe ouvrière avait rassemblé 100.000 écossais pour revendiquer l’indépendance.

L’augmentation du soutien à l’indépendance s’est reflétée par la croissance du vote en faveur du Parti national écossais (SNP), un parti social-démocrate modéré qui est devenu le parti dominant en Ecosse. En 2015, le SNP a remporté une victoire historique en gagnant 56 des 59 sièges au Parlement britannique. Il était inévitable qu’il connaisse un recul lors des élections générales anticipées de 2017 ; mais le SNP a néanmoins conservé 35 sièges et sa position hégémonique sur la scène politique écossaise, bien qu’il soit le parti au pouvoir depuis 10 ans, dans le cadre d’un Parlement doté de pouvoirs importants.

Les treize députés écossais du Parti conservateur ont joué un rôle bien plus important que le DUP dans le soutien à Theresa May ; mais il est probable qu’ils ne durent pas très longtemps.  Les sondages actuels indiquent que le SNP remporterait plus de 50 sièges – grâce, notamment, au scrutin uninominal à un tour – alors que les Conservateurs et les Travaillistes connaîtraient une quasi-disparition parlementaire. Aujourd’hui, il est très difficile de se souvenir qu’en 1955 les Conservateurs étaient majoritaires en Ecosse. La démission de Ruth Davidson de son poste de porte-parole des Conservateurs écossais en protestation contre la direction de Boris Johnson constitue un nouveau coup dur. Cela réduit d’autant le réservoir de talents des Conservateurs. Mais, plus important encore, en tant que lesbienne de la classe ouvrière, Davidson avait en quelque sorte franchi une première étape dans le processus de reconstitution du parti conservateur comme le second parti écossais, au-delà de sa base réactionnaire traditionnelle, dépassant ainsi le parti travailliste dans un pays qui, de manière écrasante, respecte des normes sociales progressistes et modernes. En dépit de ses prétentions à être le « Ministre de l’Union », Boris Johnson s’avère toxique pour les Conservateurs dans une Ecosse moderne.

Le Parti travailliste écossais n’est que l’ombre de ce qu’il est en Angleterre. Il regroupe six fois moins d’adhérents que le SNP et c’est le seul secteur du Parti travailliste dont les membres ont voté contre Jeremy Corbyn lors du scrutin pour désigner le leader. Le nombre d’adhésions n’a pas réussi à progresser et l’électorat est tombé en dessous de 20%, alors qu’il était le parti dominant depuis des décennies. Lors des dernières élections européennes, il est tombé au cinquième rang des parti écossais et au sixième dans la capitale de l’Ecosse. La raison de tout cela n’a rien de mystérieux : le parti travailliste écossais ne s’oppose pas seulement à l’indépendance de l’Ecosse mais aussi à la simple tenue d’un référendum. Depuis longtemps, la majorité des militant de gauche et des électeurs ont abandonné le Parti travailliste écossais pour soutenir l’indépendance de l’Ecosse et malgré l’élection très serrée comme leader du Parti travailliste écossais de Richard Leonard – un soutien de Jeremy Corbyn – dans un scrutin qui l’opposait à un milliardaire de l’aile droite, le Parti travailliste écossais continue d’apparaitre comme un perdant, inutile à la classe ouvrière écossaise.

Le SNP n’est pas un parti qui lutte pour le socialisme. Il a un passif en tant que parti de gouvernement et le rapport récent de la Commission sur la croissance conduirait l’Ecosse vers une nouvelle période d’austérité. Malgré son affichage de marqueurs écologistes, ce rapport soutient les industries du pétrol, des combustibles fossiles et de l’aéronautique, ce pour quoi il a été vertement critiqué par les animateurs des campagnes pour la sauvegarde de l’environnement. Le soutien du SNP à l’Union européenne et à ses politiques néolibérales est un soutien inconditionnel, uniquement pondéré par une critique quasi muette du comportement passé de l’Union européenne vis-à-vis de la Grèce et du soutien manifestement anti-démocratique de l’UE aux attaques contre le mouvement pour l’indépendance de la Catalogne. Mais, en dépit de cette approche prudente, le SNP s’est opposé depuis le début au Brexit, en symbiose avec l’opinion majoritaire en Ecosse. Il semble prêt à en récolter les fruits en termes de majorité électorale au sein de la classe ouvrière lors des prochaines élections générales.

John Mac Donnell, du Parti travailliste, a récemment affirmé – à juste titre – que c’était entièrement du ressort du Parlement écossais de décider s’il devait y avoir un nouveau référendum sur l’indépendance. La direction du Parti travailliste écossais a immédiatement protesté et tenté de noyer cette initiative de manière anti-démocratique. En fait, le parti travailliste écossais et le parti travailliste au niveau du Royaume-Uni continuent à se dresser contre l‘indépendance et ils vont en payer un prix élevé sur le plan électoral, lorsque leurs électeurs vont migrer vers le SNP.

La plupart des gens qui soutiennent l’indépendance de l’Ecosse ne le font pas au nom d’une vision étroitement nationaliste. Ils soutiennent des idées progressistes sur la liberté de circulation et l’ouverture des frontières. En Ecosse, les migrants sont les bienvenus ! Les grèves lycéennes contre le changement climatique bénéficient d’un soutien à travers tout le pays.

Pour la grande majorité de la gauche en Ecosse – y compris les partisans de Socialist Resistance – l’indépendance de l’Ecosse ouvre la possibilité de débarrasser le pays de la férule arriérée des Conservateurs de Londres et de construire une politique de luttes de classes, de solidarité, d’action en faveur de l’écologie et de soutien à la liberté de circulation. Même s’il n’est plus que l’ombre de ce qu’il était à ses débuts et s’il doit renouveler sa direction et sa tactique politique, le Parti socialiste écossais (SSP) continue néanmoins à construire ce combat. De nouvelles mobilisations et de nouveaux mouvements sociaux émergent, à propos du changement climatique et de la crise écologique, pour la solidarité internationale et contre la xénophobie. Une sensibilité écosocialiste a émergé au sein du Parti Vert écossais. Il y a des militants authentiquement de gauche au Parti national écossais et (quelques-uns) au sein du Parti travailliste. Une gauche radicale et unie n’est plus un rêve !

C’est une nouvelle étape de la lutte pour une Ecosse indépendante et socialiste qui s’ouvre.

Mike Piken. Traduction François Coustal. Article publié le 12/09/2019 sur le site de Socialist Resistance

http://socialistresistance.org/scottish-independence-grows-nearer/18013

Type:  Article Jeudi, 26 Septembre, 2019 - 11:52 International
François Calaret

Construire une Alliance contre Macron et son monde

1 mois 3 semaines ago

Résolution adoptée par le Collectif national  d'Ensemble le 22 septembre 2019

1- Le pouvoir Macron est conscient de sa fragilité
L’insistance de Macron sur un « acte 2 » du quinquennat révèle, au-delà de la communication, une certaine lucidité sur la fragilité du système de pouvoir. Celui-ci doit sa résilience à l’absence d’une alternative de gauche et écologiste. Et aussi dans les difficultés du mouvement syndical et social à s’unir nationalement et formuler des projets convergents.

Conscient des difficultés, Macron a décidé de bouleverser son calendrier en remettant au centre du débat public la question générale de « l’immigration », et d’installer un duel mortifère Macron-Le Pen en prévision de 2022, forçant cyniquement toutes les forces politiques, de gauche comme de droite, à se positionner. Ce choix qui veut faire à nouveau de la question de l’immigration et des migrants une question identitaire, peut avoir des effets délétères très graves si une riposte politique ne parvient pas à le combattre.

La situation appelle donc à un véritable « sursaut » pour riposter à cette stratégie globale, avec des cadres collectifs pour l’action, pour relever les défis à gauche et dans l’écologie politique, pour la formulation des projets, pour faire vivre l’aspiration démocratique très forte.

2- Construire une Alliance pour l’action

Depuis fin 2018, et au printemps 2019, les mobilisations des Gilets jaunes, doublées des mobilisations sur le climat, ont bouleversé la situation. S’y ajoute la portée universelle du mouvement féministe ravivé mondialement. Ces luttes bouleversent les méthodes du mouvement syndical ou des associations, les répertoires d’action jusqu’ici en vigueur.

a) Une perspective d’Alliance des forces de lutte est nécessaire, tout en respectant l’indépendance de chaque mouvement. Les Gilets jaunes, les syndicats, les collectifs écologistes, les mouvements féministes et antiracistes, peuvent se soutenir mutuellement, voire définir des moments communs avec des plates-formes discutées.  Une sorte de Forum des luttes pourrait être envisagé.

b) Les Gilets jaunes : le mouvement peut se pérenniser autour d’un approfondissement de son enracinement local, de son organisation démocratique, avec un processus confirmé d’assemblées locales et nationales, et l’adoption d’exigences précises et partagées.

c) Le mouvement écologiste peut progresser dans deux directions :

- La mise en place d’un cadre démocratique et transparent pour les décisions d’action ;
- L’élaboration de mesures d’urgences précises, dans une sorte de « plan » d’action articulant le social et l’écologique.

La situation nécessite aussi de prendre position sur la mise en place, suite au « grand débat »,  d’une Assemblée par tirage au sort. Cette expérience, malgré ses ambiguïtés, mérite un débat sérieux sur la question démocratique.

d)  Mouvement féministe :

- Dans la préparation des dates de lutte (l’échéance traditionnelle du 25 novembre aura lieu en France le samedi 23 novembre), notamment sur les violences et les féminicides, il convient de mettre en avant des exigences de services publics du logement et de centres d’hébergement de femmes en détresse et menacées ;

- Dès maintenant, la préparation du 8 mars 2020 a démarré (qui tombe un dimanche), regroupant toutes les associations et syndicats dans un cadre commun, et un appel à construire partout des collectifs locaux de préparation.

e) Le syndicalisme est à la croisée des chemins. Il y a une nécessité vitale de sortir des sentiers battus, de prendre des initiatives montrant une volonté d’unité, de lien avec tous les mouvements sociaux, et de rassemblement structurel permanent des syndicats défendant une approche convergente (CGT, Solidaires, FSU, FO…). Il en va de son avenir.

e) Mouvement pour l’accueil des migrants, mouvement antiraciste. La poursuite des mouvements de migrations (guerres, crises sociales) et la décision de Macron de faire de « l’immigration » une question centrale (avec des menaces immédiates sur l’AME) doit renforcer notre activité dans les collectifs de solidarité. D’autant plus qu’il existe dans la population une disponibilité confirmée à agir pour un accueil digne dans des cadres d’auto-organisation, alors que les exilés continuent à arriver. Deux procès des personnes solidaires sont en cours (2 et 24 octobre à Grenoble). A noter (et à commander) la brochure très complète sur les droits qui vient d’être éditée par Ensemble ! : « De l’air ! Ouvrez les frontières ! ».

Par ailleurs, un front commun des mouvements antiracistes est plus que jamais nécessaire (cf : le document d’orientation générale adopté par Ensemble !). L'amorce d'auto-organisation dans les quartiers populaires et les banlieues (cf : l'affirmation du comité Adama) sont également à prendre en compte et à soutenir.

f)  Les thèmes d’actions, les propositions :

* Imposer le référendum contre la privatisation d’ADP :  La campagne peut être victorieuse autour de l’idée : c’est à la population de décider souverainement.  Il convient de rendre le plus visible possible le collectif unitaire national, et de démultiplier les initiatives militantes pour aller chercher les signatures en accompagnant toutes les luttes sociales et toutes les occasions de rassemblement populaires. Et ainsi de combiner sans tension les initiatives parlementaires incluant des forces de droite et des initiatives indépendantes situées dans le camp de la gauche et du syndicalisme.

* Les retraites : un défi stratégique

L’extension du délai de « concertation », et une certaine hésitation dans le dispositif gouvernemental (âge pivot…) pourraient ouvrir des brèches pour agir.

Pour être victorieuse ou faire reculer le pouvoir la riposte nécessite :

- de faire de cette question un enjeu de société, politique au plein sens du terme, contre la retraite par points, contre l’allongement de durée de cotisation : réseaux sociaux, débats publics, appels, propositions communes de forces de gauche et écologistes. Dans cette optique, Ensemble adressera une lettre de propositions aux forces politiques.

- de rendre visible un contre-projet basé sur la socialisation du salaire, la garantie d’un taux de remplacement élevé (prestation définie), l’égalité professionnelle et salariale femmes/homme, et des pas en avant vers un régime général unifié vers le haut, alternative à l’universalisation libérale de Macron.

- de s’appuyer sur les mobilisations professionnelles déjà en cours (RATP…).

- d’être en capacité de cibler quelques mesures autour desquelles la lutte globale peut s’unifier : par exemple un taux de remplacement élevé et garanti, l’égalité salariale femmes/hommes, etc.

* Les droits des chômeurs : Pour empêcher leur isolement interprofessionnel, il faut faire en sorte que la question des droits des chômeurs et celle des retraites convergent. A certains égards, les problématiques sont les mêmes : une sécurité sociale universelle. Il convient donc de rester actif dans les Collectifs Unédic, nationalement et localement. Et là aussi de rendre visibles des mesures alternatives autour du droit à l’indemnisation par le salaire de toutes les formes de chômage.  

* Services publics : alors que des luttes se développent (urgences hospitalières et santé, ADP, EDF, finances publiques, trésoreries et zones rurales, poste), nous confirmons notre activité suivie au sein de la Convergence nationale de défense des services publics et de ses collectifs locaux, qui a lancé au printemps 2019 une campagne nationale prolongée.

* Répression, droits démocratiques : face à un Etat de plus en plus autoritaire, violent et répressif, ce qui est consubstantiel au néolibéralisme, il convient de favoriser la mise en place d’un cadre national social et politique pour le respect des libertés démocratiques et l’interdiction des armes létales de la police.

* Exigences démocratiques : élaborer une réponse à l’exigence démocratique puissante par un corps de propositions articulant la démocratie issue de l’auto-organisation sociale et la démocratie politique active.

3- Le rôle des forces politiques dans la construction d’une alternative :

La construction d’une alternative majoritaire pour l’émancipation devra combiner les propositions politiques venant des acteurs-trices sociaux et citoyens et celles venant des forces politiques organisées. La responsabilité propre des organisations politiques n'en est que plus grande.

Il est indispensable que les débats stratégiques nécessaires ne débouchent pas sur des concurrences exacerbées, des refus de fronts communs (y compris lors d’échéances électorales) dès lors que des convergences se constatent souvent dans les luttes.

La question-clef qui détermine les alliances durables entre organisations politiques demeure l’acceptation ou le refus actif des politiques libérales ou social-libérales, et leurs déclinaisons écologiques.

Il convient pour Ensemble ! d’œuvrer à la mise en place de cadres démocratiques communs d’élaboration et d’action, de propositions communes coconstruites entre les courants politiques et des forces sociales et citoyennes (et non pas des cartels), à la suite des « appels » divers (Big Bang, Convergeons, Sursaut, appels de syndicalistes…). Cette politique comporte une dimension nationale, mais se décline partout sur les territoires.

4-Initiatives propres d’Ensemble :

- Réussir l’Université d’automne 2019.

- Progresser dans l’élaboration des commissions thématiques, dans la mise à disposition de moyens de communication : tracts ou autocollants.

- Organisation d’une journée d’étude sur retraites et assurance-chômage : proposition le 12 octobre. L’objectif est d’éditer un bulletin.

- Préciser un plan national de priorités et de mesures sur le climat et la biodiversité (à discuter avec la commission écologiste). 

- Une journée d’étude sur la situation internationale (à discuter avec la commission internationale) et confirmation du voyage d’une délégation nationale d’Ensemble en Algérie dans les prochains jours.

- Suivi du travail européen de participation au PGE.

- Elaborer des propositions pour une rupture démocratique : renforcement de l’activité du groupe de travail, notamment en prévision de l’Assemblée générale d’Ensemble.

Type:  Article Jeudi, 26 Septembre, 2019 - 11:35 Politique
François Calaret

Municipales 2020 : orientation d'Ensemble

1 mois 3 semaines ago

Texte d'orientation d'Ensemble pour les élections municipales 2020

1- Une plate-forme pour les municipales doit être élaborée avec le souci de refléter les mobilisations locales et les axes des différentes forces avec lesquelles nous travaillons, associations et collectifs citoyens, syndicats, forces politiques. Les thématiques principales à défendre sont à relier aux mobilisations sociales et écologiques en cours : hôpitaux, déserts médicaux, santé, qualité de l'air, pollutions, éducation, luttes des femmes, poste, petites lignes et gares chemin de fer, solidarité avec les migrantes et les migrants... Contre l'étouffement de la démocratie communale, il s'agit d'opposer une logique municipaliste telle que l'expriment les "villes rebelles" de l'Etat espagnol.

Ces élections municipales vont poser à l’échelle nationale et dans chaque métropole, agglomération, communauté de communes et commune la question de la démocratie dans le fonctionnement des collectivités locales.

L'échelon communal est attaqué par la droite libérale et les sociaux-libéraux. La loi Notre, votée sous le gouvernement Hollande, dépossède les communes de leurs prérogatives et de leurs ressources. Elle éloigne des citoyens et citoyennes des centres de décision qui sont délégués à des institutions non élues et non démocratiques.

Pourtant la commune reste souvent par sa proximité avec les citoyens et les citoyennes un lieu de résistance aux politiques antisociales et autoritaires. Nous défendons une réelle démocratie locale et une politique de coopération et de solidarité face aux logiques de concurrences métropolitaines mises en oeuvre dans l'Union européenne.

Cette plate-forme doit également expliquer pour quelles raisons nous participons à ces élections et ce que doit être selon nous le rôle des élus et des élues.

2- Les axes politiques répondant aux enjeux de la situation.

Macron veut poursuivre la restructuration du champ politique par la conquête de positions municipales, en particulier dans les grandes métropoles, en perspective des autres élections à venir et avec en ligne de mire la présidentielle de 2022. Cela en divisant et affaiblissant la droite traditionnelle et le PS. Et en désignant l'extrême droite, elle même en progression, comme l'unique opposition existante.

Confrontée à cette offensive,  la gauche est très affaiblie et divisée.

Dans le même temps la mobilisation des Gilets jaunes  a modifié la donne sociale et politique, ainsi que la perception des problèmes nécessitant des réponses urgentes, ce qui peut donner lieu à des traductions inédites à l'occasion de ces élections. La rentrée  se voit également marquée par de fortes mobilisations sociales dans différents secteurs. Et existe la conscience de plus en plus aiguë du caractère décisif des questions écologiques, en particulier celle du climat, qui appelle à modifier l'ensemble des politiques publiques préconisées.

Lors de ces élections, les problèmes que connaissent les quartiers populaires doivent être posés avec force. La mobilisation de cet électorat populaire suppose une réelle prise en compte des discriminations et inégalités que celui-ci subit, ainsi que de ses aspirations.

Les élections municipales vont donc représenter un rendez-vous politique décisif, à la fois au regard des réponses apportées à cette occasion par les différentes forces politiques et en ce qui concerne la reconfiguration du champ politique en cours.

L'impératif est donc de préserver, voire si possible améliorer les positions de la gauche face à la droite macroniste, à la droite LR et au RN.

3- L'offensive macroniste à l'occasion des municipales se confronte à des obstacles majeurs.

° Elle se situe après des mobilisations sociales importantes. En particulier le soulèvement des Gilets jaunes, qui a conduit à la recherche d'une expression politique lui donnant une traduction au plan institutionnel, laquelle va peut être se confirmer à cette occasion.

° La complexité et la diversité des situations locales. Au prisme de la réalité communale, les citoyens et les citoyennes vivent de manière spécifique la politique : la prégnance des déterminants nationaux est moindre, à l'inverse les données locales sont décisives (le rôle des maires, des élus et des forces sociales et politiques agissant à cette échelle), les problèmes qui se posent au  quotidien, les réalisations qui impactent le vécu des populations...) D'où, à ce niveau, une potentielle capacité de résistance des forces politiques implantées localement.

Nous devons favoriser les constructions politiques nouvelles susceptibles de traduire politiquement ces évolutions.

4- Ensemble! défend une démarche de rassemblement citoyen.

Il convient dans le contexte actuel d'exploiter au mieux les possibilités locales permettant de rassembler en vue de constituer dans un maximum de communes des pôles de résistance au néolibéralisme,  à sa traduction politique d’aujourd’hui, le macronisme, et pour engager la construction d’embryons de contre-pouvoirs populaires.

La poursuite de tels objectifs suppose d’affirmer les principes qui devraient présider à la construction de listes de rassemblement large de la gauche et de l'écologie :

- La mise en œuvre, y compris dans les grandes villes et les métropoles, d’une véritable démocratie active, engageant un processus de co-décision entre citoyens et élus (assemblées citoyennes dotées de pouvoirs et de moyens, budget participatif, recours au référendum local sur les projets structurants…), loin des pseudo-concertations trop souvent à l’oeuvre. Pour les municipales la possibilité existe que s'organisent des collectifs citoyens aptes à discuter des programmes, des alliances, de la désignation des candidates et candidats... Ensemble ! milite pour que ce potentiel se concrétise dans le plus de lieux possibles et avec le maximum de force. Cela ne s'oppose pas au rôle indispensable des organisations politiques, lesquelles devraient épouser cette dynamique indispensable à la relégitimation de leurs propositions.

- L’engagement de politiques publiques en rupture  avec les logiques austéritaires malgré les cadres imposés  : développement des gratuités, le quotient familial permettant de tenir compte de la situation financière des familles, re-municipalisation des services publics locaux et des "communs" passés en délégation de service public, avec dans le même temps une affirmation de la nécessité de grands services publics nationaux, une action résolue pour contrer les effets du chômage et combattre la pauvreté, une transition écologique hardie, une politique d'accueil des migrantes et migrants...

Pour Ensemble! affronter cette situation implique de porter une orientation d'indépendance autour de principes démocratiques et d'exigences de ruptures avec les politiques dominantes.

5- Ensemble! défend une démarche de rassemblement large sur un programme de combat contre le néolibéralisme, donc d'opposition aux forces social-libérales, de droite et d'extrême droite qui en sont les vecteurs politiques.

Ce pourquoi nous nous adressons à toutes celles et tous ceux qui veulent s’opposer à l’offensive macroniste et aux forces défendant le néolibéralisme dans ses divers registres austéritaires, antiécologiques et autoritaires. Cela sans exclusives, avec le souci que personne ne soit en situation d’imposer son hégémonie, ni ne cherche à subordonner quelque partenaire que ce soit. Cette perspective de rassemblement large doit être distinguée des formules traditionnelles d'Union de la gauche, qui peuvent aujourd'hui réapparaître et que nous ne saurions soutenir.

Cette démarche s'adresse aux forces du mouvement social, ainsi qu'aux organisations politiques qui peuvent jouer un rôle particulier pour la réussite de celle-ci : La France insoumise, le Parti communiste... Ainsi qu'à toutes les organisations susceptibles de partager ces mêmes préoccupations : Diem25, Ecologie populaire, GDS, Génération.s, GRS, Libertaires, ND, NPA, PG, PCOF, Place publique, R&S...

Avec EELV, des accords sont possibles dans certaines villes, les valoriser peut aider à contrecarrer la tentation d'extériorisation par rapport à la gauche que portent certains de ses dirigeants.

Le PS aborde ces élections dans une situation inédite, il est aujourd'hui minoritaire au sein de la gauche au plan national et se présente localement dans des configurations diverses. Nous continuons à combattre ses positions social-libérales et sécuritaires, celles que portent nombre de maires sortants ou candidats à le devenir.

Cela ne saurait empêcher de prendre en compte les situations particulières dans lesquelles des secteurs du PS sont amenés à défendre des options politiques en rupture avec le social-libéralisme et peuvent s'inscrire dans des alliances correspondant à cette logique.

Pour les deuxièmes tours il faudra empêcher les forces de droite (dont LREM) et d'extrême-droite de renforcer leurs positions municipales voire de conquérir des villes. Nous soutiendrons des accords à gauche répondant à cet objectif.

Adopté par le Collectif national d'Ensemble le 22 septembre 2019

Type:  Article Jeudi, 26 Septembre, 2019 - 11:23 Elections
François Calaret

Mépris de Valérie Pécresse pour les banlieues

1 mois 4 semaines ago

« Dans les banlieues, nous ne devons plus avoir la main qui tremble » : le titre de la tribune de Valérie Pécresse, publiée dans Le Monde du 10 septembre, affiche un parti pris méprisant et menaçant à l’égard de territoires et de populations qu’elle a, en principe, la charge de défendre et de représenter. Assumant l’objectif de « détruire résolument nos grands ensembles », la présidente de la région Ile-de-France défend la priorité du rétablissement de l’autorité, la fin du bracelet électronique ou la création de nouvelles places de prison.

Après tant d’autres, elle propose un axe majeur pour répondre aux profondes difficultés rencontrées par les habitants de banlieues populaires : la répression. Maintenant qu’Emmanuel Macron s’est installé sur ses terres, la droite, même quand elle se veut plus sociale et plus moderne, semble courir après l’extrême droite qui lui tond la laine sur le dos. Dans cette course électoraliste, ce sont les termes du débat qui se trouvent dangereusement infléchis. Même les efforts conduits depuis vingt ans pour transformer les quartiers populaires sont rabaissés à du « ripolinage des murs et des façades ». Améliorer le bâti grâce à la rénovation urbaine ne change pas toute la vie, mais permet souvent de vivre dans un cadre plus agréable. Ce n’est pas rien. Et c’est précisément ce fil de progrès qu’il faut aujourd’hui tirer résolument.L’ignorance à l’égard des quartiers populaires est trop souvent portée en bandoulière par une droite sûre d’elle-même, guidée par le mépris de classe et le rejet de l’altérité. Ces banlieues ne seraient que désespoir, solitude, ghetto, trafic, violence et islamisme. Comme si les visites officielles ou le prisme des seules images vues à la télévision empêchaient de mesurer la richesse du tissu associatif, la créativité, l’énergie, la solidarité qui font aussi partie du quotidien de ces quartiers, cibles d’une stigmatisation aux effets désastreux. Il y a bien plus de finesse du regard dans le film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir qui triomphe sur nos écrans : La Vie scolaire nous immerge dans un collège de Saint-Denis où les élèves se débattent avec malice et ténacité, soutenus par l’humour, l’entraide et la compréhension.

L’inégalité au cœur des difficultés

Députée de Seine-Saint-Denis, je peux témoigner de l’engagement de ses habitants pour construire une vie digne dans un climat qui ne leur facilite vraiment pas la tâche. Le rapport des députés François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo remis l’an dernier sur ce département pointe le grave et constant défaut des moyens que l’Etat y consacre. Un exemple : « Le moins bien doté des établissements scolaires parisiens reste mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis », soulignait le sociologue Benjamin Moignard, interrogé pour ce rapport.

Le cœur des difficultés dans les quartiers populaires porte un nom : c’est l’inégalité. Moins de services publics, moins d’emplois disponibles, moins de lieux culturels, moins de ressources pour les collectivités qu’ailleurs. Plus de pauvreté, plus de précarité, plus de difficultés sociales, plus de défiance, sans compter les discriminations au faciès, au nom ou à l’adresse. En matière de justice ou de santé, de budgets des communes, ces banlieues sont maltraitées par la République. Des municipalités ont d’ailleurs porté plainte contre l’Etat pour rupture d’égalité. Nous en sommes là. Dans le ressentiment qui s’exprime parfois avec virulence vis-à-vis de la République, j’entends au fond une demande de plus de République. La devise « Liberté, égalité, fraternité » ne doit pas seulement être inscrite sur le fronton des écoles, elle doit se traduire dans l’action publique. Le sentiment d’abandon et la panne de la dynamique d’égalité doivent être pris au sérieux et endigués par un investissement inédit, une valorisation, un soutien.

Deux visions clairement opposées

Ces difficultés ont une histoire qu’il faut connaître et réparer : celle d’un Etat qui, dès l’origine, a sous-investi en considérant que seul le logement était une obligation pour héberger les ouvriers de nos usines et les maçons de nos villes. Mais cette histoire est aussi celle des luttes de ce qui n’était pas encore la banlieue pour conquérir l’eau, l’électricité, les pavés sur les routes. La construction, aujourd’hui en cours, du métro qui va enfin mieux desservir ces quartiers est aussi le résultat de la ténacité des élus pour que le Grand Paris appartienne, aussi, aux habitants des banlieues. Au moment où le prix moyen du mètre carré dépasse les 10 000 euros à Paris, la droite s’en prend au logement social des quartiers populaires, qu’elle entend « plafonner ». Veut-elle reléguer toujours plus loin leurs habitants, qui n’ont pas décidé de disparaître et qui continuent de se battre pour bien vivre dans la métropole ? Au moment où chacun chante sa conversion écologique, qui peut penser qu’on peut les obliger à d’insensés déplacements quotidiens ? Et qui peut croire qu’une hypothétique arrivée des classes moyennes viendra sauver ces quartiers ? En pointant leurs habitants du doigt, on ne fait qu’alimenter la ségrégation qui ruine notre société.

La peur et la résignation vont-elles cesser par la seule présence policière et l’inflation des sanctions ? Quel angélisme et quelle naïveté que de le croire ! Et pourtant, je me bats pour un commissariat de plein exercice à Sevran, parce que nous sommes tellement sous-dotés en présence policière dans notre ville qu’une femme qui voudrait, par exemple, porter plainte pour viol en pleine nuit doit aller à Aulnay-sous-Bois et attendre dans la rue qu’un fonctionnaire soit disponible. Mais le volet de la répression vient quand nous avons échoué sur tout le reste. Valérie Pécresse réactive une confrontation de fond, avec deux visions clairement opposées : la solution par l’égalité ou par la répression. A mon sens, « la main qui tremble », pour l’instant, c’est plutôt celle de l’Etat quand on lui demande de signer un vaste plan pour combattre, dans les banlieues, cette inégalité qui nous asphyxie. C’est là qu’il faut porter un haut niveau d’exigence.

Clémentine Autain (Députée (LFI) de Seine-Saint-Denis). Tribune publiée dans Le Monde.

Type:  Article Jeudi, 19 Septembre, 2019 - 14:28 Politique
François Calaret

Appel Uni-Terre: grève et marche mondiale pour le futur

1 mois 4 semaines ago

Des militants, élus, collectifs, gilets jaunes lancent un appel Uni-terre à la mobilisation générale et seront dans le rue le 20 et 21 septembre pour porter un nouveau projet de société contre « un ordre social productiviste capitaliste chaque jour plus écocidaire, inégalitaire et antidémocratique ».

Le réchauffement climatique est devenu une réalité. La biodiversité s’effondre. L’endettement et les inégalités de richesse explosent. Devant la gravité de la situation planétaire, nous, signataires, appelons à une mobilisation générale. Vendredi 20 et samedi 21 septembre, nous serons dans la rue pour exiger un changement du modèle économique et financier mondial, pour bâtir un autre futur pour l’humanité, dans l’équité, la démocratie et la paix.

Lors de cet été 2019, nous avons assisté à des incendies sans précédent affectant la forêt tropicale amazonienne, à des tempêtes tropicales dévastatrices, à la fonte du permafrost, au ralentissement du gulf stream. Même en France, à cause de la sécheresse, nos forêts de sapins ont commencé à mourir. Les nouvelles annoncées dans le dernier rapport spécial du GIEC, qui sera officiellement publié le 25 septembre prochain, font froid dans le dos : le permafrost et les glaciers fondent beaucoup plus vite que prévu libérant d'énormes quantités de méthane, gaz à effet de serre très puissant. Tous ces phénomènes risquent de provoquer des réactions en chaîne. Et pourtant les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter. Il nous faut agir et mettre en œuvre les politiques nécessaires pour réduire les pollutions, prédations et les inégalités ! Il n’y a qu’une planète !

En 2018, de fortes mobilisations pour le climat et la biodiversité (coquelicots), pour la justice sociale et la démocratie directe (gilets jaunes) ont émergé. En 2019 s’y ajoutent de nombreuses mobilisations sociales (hôpitaux, retraites...). Toutes ces mobilisations sont séparées et sans projet commun, alors mêmes qu’elles affrontent un même ordre social productiviste capitaliste chaque jour plus écocidaire, inégalitaire et antidémocratique.

Il est temps d’unir nos forces pour proposer un nouveau projet de société qui substitue la coopération à la concurrence et cherche à réduire les inégalités, qui partage les ressources de la planète de manière équitable, qui garantit un climat vivable à tous les peuples et les générations à venir, dans un cadre de paix et de démocratie.

Nos exigences :

Assurer la justice sociale, pour une transition écologique juste
Nous devons réduire les inégalités économiques, sociales, environnementales et territoriales et garantir l’accès aux services minimaux vitaux et aux services publics de qualité et de proximité. Un grand plan d’investissement vert devra rendre le logement, les déplacements et nos activités économiques écologiquement soutenables tout en créant des emplois stables.

Protéger les biens communs et défendre les populations les plus exposées
Il nous faut reconnaître juridiquement l’air, l’eau, le sol, la biodiversité comme ressources et biens communs de l’humanité et les protéger de la surexploitation et des pollutions en organisant démocratiquement leur gestion commune. Nous devons reconnaître le crime d'Écocide et le principe de pollueur payeur, en France et au niveau international, venir en aide aux pays du Sud, les premiers à souffrir du réchauffement.

Réduire les gaz à effets de serre pour limiter le réchauffement à +1,5 °C
Nous demandons que la France engage une véritable politique permettant de repasser sous les plafonds de la soutenabilité écologique. Cela passe notamment par la réduction de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables dans le cadre d’une stratégie zéro carbone pour 2040 incluant les importations. Nous exigeons que la prochaine Conférence climat engage des décisions contraignantes.

Approfondir la démocratie, pour relever les défis écologiques et sociaux
Cette transition écologique ne pourra pas se faire sans une mobilisation générale de la population pour refonder démocratiquement nos modes de vie. Il faut ouvrir, à tous les échelons territoriaux, des lieux d’échanges pour décider ensemble des politiques de la transition écologique et solidaire à mettre en œuvre en matière de fiscalité́ d’urbanisme, de transport, d’énergie et d’agriculture.

Engageons sans délai des luttes “Unies-Terre”

Face à une menace pour la survie de la civilisation, associations, syndicats, mouvements politiques, gilets jaunes et verts doivent s’unir pour changer le système ! Dès aujourd’hui construisons un front populaire écologique pour mener une transition juste qui garantisse la paix et élargisse la démocratie.

Sur ces bases, nous appelons à participer en France à la grève mondiale pour le Futur du vendredi 20 septembre, aux différentes mobilisations du samedi 21 septembre et aux différentes activités non violentes de la #WeekForFuture du 20 au 27 septembre.

Fin du monde, fin du mois, même combat !

Premiers signataires :
Karim Aou, Génération·s, membre du Collectif national ; Clémentine Autain, La France Insoumise, députée ; Guillaume Balas, Génération·s, coordinateur national ; Michel Bock, Génération·s, membre du collectif national ; Jean-Claude Branchereau, Gauche démocratique et sociale ; Alice Brauns, #Unis pour le climat, administratrice ; Esther Benbassa, Europe Écologie Les Verts, sénatrice ; Serge Burckel, Représentant du groupe S.I.G.L.E ;

Boudgema Chettouh, Gilet jaune 95 ; Yves Cochet, ancien ministre de l'environnement ; Etienne Cognet, Youth For Climate, référent communication national ; Yves Contassot, Génération·s, membre du CN ; Sergio Coronado, Pour une écologie sociale et solidaire ; Alain Coulombel, Europe Écologie Les Verts, secrétaire national adjoint ; Isabelle Couradin, Génération.s, membre du CN ; Stéphane Cuttaïa, cofondateur des Gilets Verts ;

Collectif Décla ta manif (gilets jaunes) ; Cyril Dion, réalisateur ; Damien Deville, Anthropologue, cofondateur d’AYYA ; François Dubreuil, #Unis pour le climat, administrateur ; Guillaume Duval, journaliste ;

Thibaud Eychenne, Jeunes Génération·s ; Txetx Etcheverry, Bizi !, membre de la coordination ; Patrick Farbiaz, Coopérative politique écologique et sociale ; Elsa Faucillon, Parti communiste français, députée ; Gérard Filoche, Gauche démocratique et sociale, porte-parole ;

Fred Gallier, Alteritees, militant écologiste ; Carol Galand, Boycott citoyen ; Denis Guenneau, Coopérative Europe écologie les verts ; Anne de Haro, Gauche démocratique et sociale ; Anne Joubert, Génération·s, Membre du Collectif national ; Benjamin Joyeux, coordinateur Jai Jagat ; Régis Juanico, Génération·s, député ; Hella Kribi-Romdhane, Génération.s, conseillère régionale d’Ile-de-France ; Marie Kuhlmann, #Unis pour le climat ;

Romain Ladent, militant politique et associatif ; Stéphane Lavignotte, pasteur et militant écologiste ; Alain Lipietz, Europe écologie les verts ; Elise Lowy, Mouvement Écolo ;

Jean-Claude Mamet, Ensemble ! ; Roland Mérieux, Ensemble ! ; Claire Monod, Génération·s, coordinatrice nationale ; Aline Mouquet, Nouvelle Donne, co-présidente ; Yoan Olivier, Ensemble pour le climat et le vivant ;

Jean-François Pellissier, Ensemble !, porte-parole ; Alain Pagano, Parti communiste français, responsable écologie ; Clément Pecqueux, Génération·s, membre du CN ; Alain Persat, Coopérateur Europe écologie les verts (blog Trazibule) ; Eric Piolle, Europe écologie les verts, maire de Grenoble ; Gilles Pontlevoy, Nouvelle Donne, co-président ; Michel Pouzol, Génération·s, membre du CN ; Claudio Pulgar-Pinaud, Décidons nous-mêmes ;

Fabien Roussel, Parti communiste français, secrétaire national, député ; François Ruffin, La France Insoumise, député ; Laurent Saint-André, Décidons nous-mêmes ; Patrick Salez, Coopérative Europe écologie les verts ; Claire Schmitt, Génération·s, membre du CN ; Pierre Serne, Génération·s, porte-parole, élu régional Île de France ; Danielle Simonnet, La France Insoumise  ; Thierry Simonnet, Gilets jaunes, Décla ta manif ; Stéphane Steunou, Gilet Jaune ;

Sophie Taillé-Polian, Génération.s, sénatrice ; David Teixera, # Unis pour le climat ; Sophie Tissier, Collectif Décla ta manif (gilets jaunes), coordinatrice ; Pablo Toledo, ExtinctionRebellion, organisateur de marches climat ; Thierry Paul Valette, Gilet Jaune ; François Verret, Décroissance Île-de-France ; Patrick Viveret, cofondateur dialogues en humanité ; Damien Zaversnik, militant associatif

Pour manifester votre soutien à cet appel :
https://www.facebook.com/groups/unispourleclimat/ 3

Fichier attachéTaille Document de travail revendications49.11 Ko Type:  Article Jeudi, 19 Septembre, 2019 - 14:25 Ecologie
François Calaret

Immanuel Wallerstein, une figure de l’altermondialisme

2 mois ago

Le sociologue américain Immanuel Wallerstein, considéré comme l’une des figures tutélaires de la gauche intellectuelle internationale, est décédé dimanche à l’âge de 88 ans. Francophone, il a commencé à travailler sur l’Afrique de l’Ouest post-coloniale et a inventé le concept de «système-monde» dans le prolongement des travaux de l’historien Fernand Braudel (1902-1985) et son concept d’«économie-monde». L’américaniste Romain Huret souligne sa fidélité au marxisme, même en pleine guerre froide, et l’aspect visionnaire de son travail, «au XXe siècle, ce système-monde entre progressivement en décomposition, selon lui, car il ne trouva plus les espaces nécessaires à son expansion et se heurta aux limites écologiques de la planète». Le sociologue et militant syndical Christophe Aguiton raconte comment Wallerstein a participé, dès ses débuts à Porto Alegre, au mouvement altermondialiste. Militant jusqu’à la fin, celui qui se déclarait «intellectuel public» a tenu un blog où il analysait l’actualité géopolitique jusqu’à cet été.

Tribune. Immanuel Wallerstein était une des personnalités les plus marquantes et les plus attachantes que l’on puisse rencontrer durant les Forums sociaux mondiaux et autres rencontres du mouvement altermondialiste. Il intervenait régulièrement sur les débats politiques du moment, mais il est surtout connu pour ses analyses des «systèmes-monde» et sa capacité à situer les événements récents dans une perspective historique beaucoup plus large. Immanuel Wallerstein a également publié plusieurs ouvrages d’épistémologie à partir d’une analyse critique de la séparation des «deux cultures», sciences et philosophie, et du découpage disciplinaire dans les universités.

Né à New York en 1930, Immanuel Wallerstein a fait ses études et enseigné en Amérique du Nord et a également été directeur d’étude associé à l’EHESS à Paris, sa deuxième ville de résidence. Il a présidé l’Association internationale de sociologie et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l’étude de l’économie, des systèmes historiques et des civilisations.

Immanuel Wallerstein a d’abord été un spécialiste des sociétés africaines après les indépendances. Au début des années 70, il fut l’un de ceux qui élabora une nouvelle façon d’appréhender les réalités sociales : l’analyse des «systèmes-monde» qui permet de mieux comprendre la mise en place de systèmes de qui ont vu les Pays-Bas au XVIIe siècle, puis la Grande-Bretagne au XIXe siècle et les Etats-Unis au XXe, être au centre de chaînes de domination globales. Une approche qui apparut à la confluence de plusieurs grandes ruptures datant des années 60.

C’est d’abord l’influence de Fernand Braudel, de l’école des Annales, avec qui il travailla sur l’émergence du capitalisme en combinant les apports historiques à ceux de l’économie et de la sociologie dans une vision globale. Ce fut aussi l’émergence, dès les années 60, des «théories de la dépendance», avec Andre Gunder Frank ou Giovanni Arrighi, qui critiquaient l’analyse du sous-développement comme étant lié à l’arriération d’un pays et y opposaient l’idée que la cause en était le développement même du système capitaliste auquel participaient ces pays dans le cadre d’un échange inégal. Une approche qui intégrait une critique philosophique et sociologique, avec le Péruvien Anibal Quijano, de la «colonialité» qui a été dès le XVIe siècle une dimension omniprésente de la modernité : l’émergence du commerce transatlantique triangulaire a constitué en même temps la modernité, le capitalisme et la colonialité basée sur une hiérarchie des races.

L’œuvre d’Immanuel Wallerstein porte sur une période très large et aborde de très nombreux problèmes. Il y a une autre question sur laquelle son œuvre a été particulièrement originale : l’analyse de la crise de l’idéologie libérale qui a dominé les XIXe et XXe siècles. Pour lui une idéologie est plus qu’une vision du monde ou un ensemble d’idées et de théories : c’est une «stratégie cohérente d’intervention dans le champ social permettant d’établir des orientations politiques assez claires». Le libéralisme qui est né avec la Révolution française et s’est imposé face à l’idéologique réactionnaire dans la deuxième moitié du XXe siècle en Europe se présentait comme le parti du mouvement entendant changer l’état des choses par des réformes institutionnelles permanentes. S’ils ne faisaient pas confiance aux structures traditionnelles, les libéraux se méfiaient également de la foule irrationnelle et non éduquée.

Pour Immanuel Wallerstein, le mouvement ouvrier, après avoir porté une critique radicale du système, s’est rapproché du libéralisme et a renforcé le système, conséquence de sa longue lutte pour la reconnaissance, et donc l’intégration, et la césure profonde entre ses organisations, dominées par les ouvriers qualifiés pour la plupart blancs et masculins, et les autres mouvements de critique radicale, féministes, mouvements d’émancipation anticoloniales, etc. Pour lui, la révolution mondiale de 1968 a marqué la fin de l’hégémonie libérale et a été un accélérateur de la déstabilisation du système-monde en intégrant des problématiques qui étaient dissociées dans la période précédente, questions sociales, environnementales, féministes, raciales…

Dans son dernier article, en juillet, Immanuel Wallerstein écrivait qu’il y avait 50 % de chances pour que les transformations de la période des années 1968 débouchent sur des transformations positives plus démocratiques et plus égalitaires.

Et il concluait : il n’y a que 50 % de chances, mais il y a quand même 50 % de chances !

Christophe Aguiton. Publié dans Libération.

Type:  Article Vendredi, 13 Septembre, 2019 - 09:25 International
François Calaret

Italie, derrière le théâtre de marionnettes…

2 mois ago

Après une crise de plus de cinq semaines, la classe politique italienne a réussi à se doter d’un « nouveau » gouvernement, ou plutôt du gouvernement « Conte bis ». Cinq semaines d’une crise provoquée par Matteo Salvini et la Lega, au cours desquelles chaque dirigeant a joué son rôle dans cette tragi-comédie bouffonne et sinistre qu’est la scène politique romaine. Reprenons rapidement : les élections législatives de mars 2018 n’avaient pas dégagé de majorité évidente entre les trois blocs, coalition de droite Lega/Forza Italia de Berlusconi, M5S, et coalition de « gauche » européiste, autour du Parti démocrate, qui représentaient chacun autour de 30% des élus. L’issue la plus conforme aux équilibres européens, un « renzisconisme », une alliance entre Matteo Renzi et Silvio Berlusconi s’étant révélée impossible, et, en tout état de cause, minoritaire, c’est l’alliance improbable de la Lega et du M5S qui avait formé le gouvernement. Notons qu’au cours de la campagne électorale, ni le renzisconime, ni l’attelage « populiste » n’avaient jamais été présentés aux électeurs comme des solutions envisagées par les partis en cause, occupés à se dénoncer mutuellement de toutes les manières possibles.

Le gouvernement issu des élections avait donc trois têtes et trois projets politiques contradictoires. D’une part, les rodomontades fascisantes de Salvini, vice premier ministre et ministre de l’Intérieur, sécuritaire, raciste, anti-migrants, favorable à une autonomie « différenciée » pour les régions du Nord de l’Italie et opposé à toutes mesures sociales. Les prétentions modernistes, écologistes et anti-corruptions du M5S de Di Maio, d’autre part, dont on a vite perçu les limites et les reculades sur tous les points : revenu citoyen et réformes des retraites édulcorées au point de ne rien coûter et de ne concerner qu’un nombre infime de travailleurs, ambigüité puis abandon du discours sur les grands travaux inutiles, recul sur les mesures anti-mafia, notamment sur les règles des marchés publics. Troisième tête et troisième projet, enfin, celui de Giuseppe Conte et de ce que l’on a appelé le « gouvernement des professeurs », faire en sorte que tout ce méli-mélo reste compatible, malgré les affrontements de façade, avec les réglementations budgétaires européennes.

Cela ne pouvait bien sûr pas durer. Les divergences croissantes entre les différentes composantes gouvernementales, la volonté hégémonique et les provocations incessantes de Salvini ne pouvaient que précipiter la crise, d’autant plus que le rapport de forces électoral, après les européennes lui semblait favorable.

Quelques points saillants émergent de ces quelques semaines :

    Une indécence à son comble. Même si l’histoire politique italienne depuis la Libération est riche de combinaisons diverses et de tractations de couloir, des sommets d’indécence ont cette fois été atteints. Une pièce dans laquelle les acteurs, Salvini, alias « Le Capitaine » tenant le rôle d’histrion, tonitruant et roulant des épaules sur les plages estivales jusqu’à en devenir ridicule, pour exiger des élections anticipées, perdant ainsi sa crédibilité politique et implorant ceux qu’il venait de trahir de reconstruire le gouvernement qu’il avait mis à bas. Di Maio, chef du M5S en bouffon agitant ses grelots pour séduire un jour l’un, un jour l’autre, quel qu’il soit, pourvu qu’un fauteuil lui soit garanti. Les frères ennemis du Parti Démocrate, Renzi à ma droite et Zingaretti à ma gauche, affirmant leurs exigences (un gouvernement de rupture, jamais avec le M5S…) un jour, et prêts à tous les compromis le lendemain, au nom de la politique du moindre mal (tout sauf Salvini) et pour éviter le risque des élections anticipées. Le tout sous l’œil de Giuseppe Conte, dans le rôle du Raminagrobis prêt à tirer les marrons du feu pour la Commission Européenne. On vous passera les petites mesquineries, les petites injures, les petits signes d’allégeance aux lobbys ou même aux mafias.

    Des partis politiques sans crédit. Les forces de droite traditionnelle sont atomisées. L’ultime tentative de Forza Italia et de Berlusconi de profiter de la crise pour revenir aux affaires avec la Lega est un échec qui s’ajoute à celui des européennes. La Lega, et son chef, sont en perte de vitesse dans les sondages tant électoraux que de cote de confiance. Le Parti Démocratique est profondément divisé entre une base, qui a élu Nicola Zingaretti, président de la région du Latium, comme secrétaire général sur une ligne « de gauche » proche de celle de Pedro Sanchez et un groupe parlementaire très influencé par Matteo Renzi. Et le Mouvement 5 Etoiles qui apparait pour ce qu’il est : sans principes, inféodé à son fondateur Beppe Grillo et à son groupe dirigeant, enclin à renier tout ce qui, à ses débuts, avait pu attirer des électeurs traditionnellement de gauche. Par charité, on ne s’appesantira pas sur le cas de Libres et Egaux (LeU), scission de gauche du Parti Démocrate, qui apporte ses indispensables votes au Sénat en échange du portefeuille de la Santé.

    Un gouvernement sans projet ni programme. Comme le montre le communiqué de Potere al Popolo que nous publions ci-dessous, ce gouvernement n’a pas d’autre objectif que celui de gouverner. Sous couvert de rupture avec l’équipe précédente et avec les excès de Salvini, c’est en réalité un gouvernement de continuité. Continuité dans la politique anti-migrants : les décrets ne seront pas abrogés, mais modifiés. D’ailleurs, la nouvelle ministre de l’intérieur, préfète, a été par le passé la cheffe de cabinet des ministres de l’Intérieur Alfano (Forza Italia) et Minitti (Parti Démocrate). Tout un symbole. Continuité dans la politique anti sociale : pas de remise en cause du Jobs Act de Renzi, à l’époque vivement combattu par le M5S. Continuité dans la mise en œuvre des grands travaux (TAV Lyon Turin ou gazoduc TAP) malgré les promesses passées.

    Des institutions démocratiques ébranlées. La tentative de Matteo Salvini reposait toute entière sur une tentative pour forcer le fonctionnement des institutions politiques italiennes. Faire voter une motion de défiance au gouvernement dont il était ministre de l’Intérieur, sans que ni lui ni les membres de la Lega n’en démissionnent auparavant, pour obtenir des élections anticipées dans un délai plus bref que celui autorisé par la Constitution, afin que celles-ci se déroulent avant le débat budgétaire. Garant des institutions, le Président de la République, Sergio Mattarella a empêché cette manœuvre, en poussant à la constitution du gouvernement « Conte Bis », qui ne repose que sur une combinaison nouvelle, sans aval populaire. Par ailleurs, le M5S a réussi à imposer que l’accord avec le Parti Démocrate ne soit mis en œuvre que s’il obtenait un vote favorable de ses adhérents sur la plate-forme de débat Rousseau, plus qu’opaque. Cet exemple, ainsi que toutes les manœuvres de Boris Johnson autour du Brexit et de la suspension du Parlement britannique, montrent que des forces politiques réactionnaires sont prêtes à passer outre aux obligations institutionnelles démocratiques de leurs pays. D’ailleurs, une des priorités sur laquelle le Parti démocrate et le M5S se sont accordés est celle, au nom d’une meilleure efficacité et d’une réduction des « coûts » de la politique, d’une réduction du nombre des parlementaires et de la rédaction d’une nouvelle loi électorale relevant les seuils d’accès aux élections et compliquant la représentation des partis politiques émergents, représentant des positions alternatives.

    Obéir aux traités. La première tâche du gouvernement Conte bis sera d’établir et de présenter un budget conforme aux traités européens. Bien loin des proclamations de Salvini et des velléités « souverainistes » du M5S. Le G7 ne s’y est pas trompé, qui a reçu Conte à Biarritz avec tous les honneurs. Macron s’est félicité de l’heureuse issue de la crise italienne et Moscovici a salué la nomination de Gentiloni en tant commissaire européen. Rome n’est pas Athènes, les moyens employés sont différents, mais tout rentre dans l’ordre. L’Italie n’est pas prête à rompre avec les traités européens, ni à prendre des mesures qui s’éloigneraient du néo-libéralisme.

Mathieu Dargel
Communiqué publié par Potere al Popolo

Nous n’avons pas d’amis au Gouvernement

Un commentaire à chaud sur le gouvernement Conte bis

Le gouvernement est constitué. 10 ministres du Mouvement 5 Etoiles (M5S) et 10 au Parti Démocrate (PD) élargi (Libres et Egaux, LEU, a finalement obtenu un poste). Un gouvernement paritaire, avec Conte, qui se redécouvre électeur de centre-gauche, en tant que garant. Ainsi se referme la crise ouverte par Salvini au mois d’août, avec un changement de majorité, entre deux forces politiques qui se considéraient jusqu’il y a peu, comme des ennemis jurés.

Nombreux sont ceux, à gauche, qui laissent s’échapper un soupir de soulagement, pendant que Salvini déclare la guerre, mais la crise de la classe dirigeante, toute entière, apparue depuis longtemps, est sous les yeux de tous. Cette crise est liée, non seulement aux tensions économiques, commerciales, financières et militaires qui traversent le monde dans cette période, mais aussi au malaise et à la pression qui s’exercent sur les classes populaires italiennes qui réclament depuis des années plus de justice sociale, de travail et de droits.

Pour l’instant, un sentiment d’attente, d’expectative, est perceptible chez de nombreuses personnes. C’est bien compréhensible : après les barbaries de Salvini, un minimum de civilité démocratique, même seulement apparent, semble une révolution. Mais le mot d’ordre « laissez les travailler » ne nous a jamais convenu pour la simple raison que si nous ne les défendons pas, nos intérêts, qui sont ceux des classes populaires, ne seront pas au centre des choix fondamentaux du pays.

C’est pourquoi nous avons déjà annoncé que nous ne laisserons pas l’opposition au nouveau gouvernement aux mains de la droite. Nous voulons la pratiquer sur la base des questions que nous jugeons décisives, si on souhaite un changement réel.

En réalité, si nous étudions le programme du gouvernement, les points positifs sont annoncés d’une manière très générale, tandis que les points négatifs sont les seuls à être précisément détaillés.

Pour nous, le défi porte sur les réductions des inégalités qui ne cessent de croître. Toutes les données confirment que la richesse privée (environ 10 000 milliards d’euros) est constituée à 95% de patrimoines immobiliers et financiers, alors que la plus grande part de l’impôt provient de l’impôt sur le revenu payé par les travailleurs et les retraités. Les baisses d’impôt dont nous entendons souvent parler se révèlent être pain béni pour les entreprises et miettes pour les travailleurs. Le boom des bas salaires, des travailleurs pauvres, de la pauvreté relative, est là pour le démontrer avec une douloureuse évidence. En somme, si l’on parle de redistribution des richesses existantes, il faut désormais faire les choix radicaux qui réduisent ces inégalités devenues inacceptables. Il faut avant tout créer des emplois, développer les services publics, un plan pour le logement, tout ce dont le projet du gouvernement ne comprend que les plus faibles traces.

Nous sommes convaincus que les dépenses sociales et de protection doivent revenir au centre du développement, et non une croissance abstraite, qui n’est que la croissance des profits privés. La compétition sociale sur ces dépenses est la cause principale de la guerre entre les pauvres et de la guerre contre les pauvres qui se déchaine dans le pays.

Dans ce domaine, il faut augmenter les ressources et non les réduire. Pourtant, nous constatons que dans le programme du gouvernement, on parle de se conformer aux règles budgétaires européennes, qu’il n’y aucune trace d’impôt sur la fortune ni d’une vraie politique de lutte contre l’évasion fiscale, ce qui rend impossible de mettre des orientations sociales.

En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et la garantie d’un meilleur accès aux services publics, nous sommes épouvantés par la promesse du PD et du M5S de réaliser la Régionalisation différenciée. C’est un projet qui ne ferait qu’augmenter les inégalités dans un pays déjà déchiré en deux et qui ne résoudrait aucune des questions pendantes au Sud, qu’il s’agisse de la dépopulation et de la désertification industrielle, de l’absence totale d’infrastructures et du rôle dominant des économies mafieuses.

En ce qui concerne les questions environnementales, le gouvernement énonce des objectifs de développement durable. Pourtant nous avons constaté que les intérêts privés continuent à prévaloir, comme c’est le cas pour les Grands Travaux, sur les solutions alternatives mises en avant par les mouvements sociaux et écologistes. Le TAV et le TAP en sont la démonstration. Nous voulons renverser ce paradigme qui ne voit dans l’environnement qu’une source de profits.

En ce qui concerne la politique internationale, dans ce monde traversé par des conflits croissants, par le réarmement nucléaire, par la militarisation de l’économie qui décide trop souvent des orientations de la recherche, des innovations technologiques et des niveaux des exportations « compétitives », nous soutenons depuis longtemps que la sortie des blocs et des pactes militaires, à commencer par l’Otan, le démantèlement des bases militaires et nucléaires étrangères, sont une condition décisive pour une politique de neutralité active, de promotion de la paix et du désarmement. Et pourtant, cette hypothèse n’est aucunement prise en considération par le nouveau gouvernement qui parle des dépenses militaires et des missions à l’extérieur come de dépenses « incompressibles ».

Enfin, mais ça n’est pas le moins important, la réduction du nombre des parlementaires, qui est une des mesures phares du gouvernement, est une idiotie. Pour diminuer les coûts de la politique, il serait suffisant de réduire les rétributions et les avantages à vie des parlementaires. Réduire la représentation, c’est, au contraire, la marque d’un grand recul sur le plan démocratique : c’est le choix de réduire les possibilités d’accès quantitatif aux instances institutionnelles, en préférant une nouvelle loi électorale qui élèvera encore les seuils de représentativité. Nous estimons depuis toujours que le seul système électoral en mesure de garantir la représentation démocratique est la proportionnelle, qui permet l’accès au Parlement de toutes les expressions politiques de la société. Il semble au contraire que le nouveau gouvernement s’engage dans la voie d’une loi électorale qui vise à exclure, par des seuils et des normes, les nouvelles formes d’expression, pour en revenir à un système de gouvernance blindé et hiérarchique.

Nous pourrions continuer en parlant du peu d’espace réservé aux questions de genre et à l’absence d’une réelle inversion d’orientation sur les politiques migratoires (pas d’abolition des Décrets Sécurité), de la Culture confiée à Franceschini, comme si ses mesures n’avaient pas déjà provoqué d’énormes dommages… Mais, pour l’instant, nous nous en tiendrons là, en invitant toutes et tous à être vigilants, à exercer le jugement critique et à ne pas être paralysés par la crainte de Salvini.

Désormais, le gouvernement s’est présenté, ses ministres ont été nommés. Il s’agit maintenant de faits concrets. Nous nous ferons entendre en portant les raisons de ceux qui attendent encore de voir leurs situations résolues, nous ferons entendre nos propositions pour un changement réel des priorités sociales et politiques du pays, qui ne coïncident pas avec celles qui nous ont été présentées, ni avec celles qui seront, probablement, mises en œuvre. Nos amis ne sont pas au Gouvernement, mais ils sont dans les écoles, les lieux de travail, les centres de recherche abandonnés, sur les routes de la logistique, dans les campagnes du Sud, dans les entreprises occupées, dans les centres de rétention, dans les territoires en lutte. Et c’est leurs voix que nous voulons faire retentir jusque dans les palais.

Communiqué de Potere al Popolo, 5 septembre 2019. Traduction M.D.

Type:  Article Vendredi, 13 Septembre, 2019 - 09:23 International Italie
François Calaret

Ensemble à la Fête de l'Huma

2 mois ago

programme !
du stand d’Ensemble!

VENDREDI 13

* 15h30-17h : ATELIER RADIO , animé par La Porte à Côté. Vous avez
entre treize et dix-huit ans ? Venez vous inscrire !

* 17h30-19h : TABLE RONDE « La jeunesse et le travail engagé
aujourd’hui » avec Voldoire pour Radio Parleur, Basile Lecourbe pour
Coopcycle, Goli Moussavi pour La Cloche, Franck Mithieux pour Attac

SOIREE CONCERTS avec Little animal, Get out to die, Roots Lnity

SAMEDI 14

* 10h30-12h : TABLE RONDE « Situation en Algérie » avec Sanhadja
Akrouf et Hamamouche Lemnouar

• 12h15 : INAUGURATION DU STAND ENSEMBLE !

• 13h–14h : CONCERT avec Moritz

* 14h-15h30 : TABLE RONDE « Les gauches, l’écologie, les appels et
leurs échos » avec Clémentine Autain (Big Bang, députée du 93), Karl
Ghazi (Secrétaire général CGT Commerce Paris), Jérôme Gleize
(Appel Convergence, conseiller de Paris), Patrick Viveret (philosophe,
Les jours heureux)

* 17h30-19h : TABLE RONDE « L’écologie, mais quel chantier ! »,
avec le film « La valeur de la terre », de Geoffrey Couanon, avec
Jacqueline Lorthiois (urbaniste et socio-économiste) pour Europacity,
Martine Billard, PG (sous réserve), Jacqueline Chemaly du Collectif 3R
d’Ivry-sur-Seine

SOIREE CONCERTS avec Oziris et Disconnected…

DIMANCHE 15

10h30 -12h :TABLE RONDE « Le médicament un bien commun »
organisé par le « Manifeste pour une appropriation sociale du
médicament » et la revue Contretemps avec Thierry Bodin (statisticien
et syndicaliste), Bernard Dubois (cadre assurance qualité et
syndicaliste), Annick Lacour (pharmacologue et syndicaliste), Eliane
Mandine (chargée de recherche, militante pour la reconnaissance du
médicament comme bien commun.

• 13h30-15 : ATELIER RADIO , animé
par La Porte à Côté

• 15h30-17h : CONCERT animé
par la Chorale de L’UT EN Choeur
 

Fichier attachéTaille 19-09-12-1_programme_fetedelhuma.pdf479.49 Ko Type:  Article Vendredi, 13 Septembre, 2019 - 09:19 Vie du mouvement
François Calaret

Face au G7, le G7EZ ! Hendaye-Irun du 19 au 26 août 2019

2 mois 2 semaines ago

L'idée s'était insinuée que ce G7 de Biarritz serait une réunion pour rien, plus un monticule qu'un "sommet" !
Cela non sans raisons. Quelles réponses attendre aux multiples crises qui ravagent le monde actuel en l'absence des premiers concernés ? Parler du Donbass et de la Crimée, sans la Russie ni l'Ukraine ? De la Syrie, sans la Russie ni l'Iran ? Du Yémen et plus généralement du Moyen-Orient, sans ceux-là, ni l'Arabie saoudite, la Turquie, Israël ? De la menace de guerre économique, sans la Chine ? De l'avenir de l'Amazonie, sans le Brésil ? Etc.

Et quelle portée de discussions avec des chefs de gouvernement en grandes difficultés, voire en fin de mandat, Merkel, Conte, et Johnson empêtré dans le Brexit ? Et sur le tout l'ombre envahissante d'un Trump aussi omniprésent qu'imprévisible...

De surcroît la mise en scène orchestrée par Macron avait quelque peu relativisé l'importance de la rencontre. Celle-ci étant en partie occultée par le rendez-vous de Brégançon avec un Poutine faux vrai absent du sommet. Et surtout par la dramatisation obsédante des violences à attendre des manifestants anti-sommet, dont la présence ne pouvait être que parasitée par les hordes black blocks. D'où l'obligation de transformer Biarritz en bunker et de déployer des milliers de policiers pour filtrer les accès à la région...

De quoi précisément en cette fin août dissuader celles et ceux qui étaient décidés à dénoncer la politique des puissants de ce monde !

Reste qu'il ne faut jamais oublier que si ces mêmes puissants ont besoin de se réunir ce n'est pas pour rien. Même  l'absence de résultats tangibles peut être significative et non dénuée de conséquences. Ainsi de la porte claquée par Trump lors du sommet de Québec.

On saluera donc l'habileté de Macron qui a su faire du sommet de Biarritz une réussite diplomatique largement saluée comme telle. Et le talent avec lequel il se présente comme son maître d'oeuvre, donc méritant d'en être le principal bénéficiaire.

Il est vrai que Trump a accepté quelques accommodements à propos des politiques commerciales qu'il développe, et même de sa volonté d'isoler l'Iran, en supportant la "visite surprise" du ministre iranien.
La brutale confrontation avec Bolsonaro à propos des incendies en Amazonie conforte l'ambition de Macron de se présenter en champion de la défense de la planète.

Quant à la dramatisation excessive des risques de violence elle a permis de justifier un déploiement policier sans mesure et de présenter comme normales les dispositions autoritaires et répressives du pouvoir.
On ne saurait nier que le "multilatérisme" en perte de vitesse se voit quelque peu revigoré par ce sommet, ce qui n'est pas dans les conditions actuelles une mauvaise chose. Et c'en est une bonne de ne pas avoir laissé la cage dorée de Biarritz sans opposition, sans que soit indiquée une perspective alternative. Peut-on laisser croire que les "7" et leurs amis vont sérieusement défendre le climat et la biodiversité ? Voire qu'ils sont soucieux de combattre "les inégalités", thème officiellement au coeur du sommet (on croit rêver !) ?
Les forces progressistes issues des mouvements sociaux du Pays Basque et Attac ont pris l'initiative de constituer deux plate forme appelant en commun à la mobilitsation pour un contre sommet du 19 au 26 août à Hendaye-Irun : le G7EZ. Une centaine d'organisations ont apporté leur soutien, dont Solidaires, la Confédération paysanne, le Collectif national pour les droits des femmes et la Marche mondiale des femmes, Oxfam... Philippe Martinez a fait le déplacement pour participer à un des débats centraux.
Un certain nombre de partis politiques étaient représentés, dont EELV, le PG et LFI, le NPA. Ensemble! a participé au G7EZ avec les collectifs du Pays Basque et du Béarn et en tant qu'organisation nationale.
De multiples débats se sont déroulés dans plusieurs espaces. Et, malgré les difficultés provoquées par le dispositif policier, diverses initiatives ont eu lieu, ainsi qu'une belle manifestation ensoleillée, de 15000 personnes, le 24 août, entre Hendaye et Irun. Ainsi s'est faite entendre une autre voix que celle des puissants de ce monde, laquelle a porté l'exigence et l'urgence de politiques opposées à celles qu'ils incarnent.

Francis Sitel

Type:  Article Jeudi, 29 Août, 2019 - 12:13 International
François Calaret

La révolution soudanaise entre dans une nouvelle phase

2 mois 3 semaines ago

La révolution soudanaise a remporté d’importantes victoires. Mais elle doit encore lutter pour passer du contrôle par les forces militaires au contrôle par les forces populaires.

L’accord constitutionnel entre le mouvement populaire soudanais et les forces armées du pays a été signé le samedi 17 août. L’article qui suit apporte un éclairage sur les circonstances de cet accord. Il a été publié pour la première fois dans le quotidien arabe Al-Qods al-Arabi le 30 juillet et reproduit sur le site web du Parti communiste soudanais.

Le 5 juillet, des masses soudanaises exubérantes ont célébré la victoire qu’elles avaient remportée sous la direction des Forces de la Déclaration pour la liberté et le changement (FDFC) lorsque le Conseil militaire de transition (CMD) a dû faire marche arrière à la suite des grandes manifestations organisées le 30 juin. Les militaires ont dû abandonner leur tentative de réprimer le mouvement de masse, concéder son libre développement, y compris la restauration de l’Internet, principal moyen de communication du mouvement, et revenir à la voie de la négociation et du compromis après avoir échoué à imposer leur volonté par la force des armes.

La Révolution soudanaise est alors entrée dans une troisième phase, après une première phase marquée par la chute d’Omar al-Bachir le 11 avril et une deuxième par la retraite du CMD le 5 juillet. Le FDFC, en particulier sa principale composante, l’Association des professionnels soudanais (Sudanese Professionals Association-SPA), a démontré sa pleine conscience que chaque phase est plus difficile et dangereuse que la précédente en maintenant la mobilisation massive et en la renforçant en vue des confrontations en cours et à venir.

Les victoires obtenues jusqu’à présent n’ont été que partielles : il s’agit essentiellement de compromis entre l’ancien régime représenté par le CMD et la révolution menée par le FDFC.

Le compromis inaugurant la troisième phase a été formulé dans l’accord politique entre les deux forces le 17 juillet. Il reflète la dualité du pouvoir sur le terrain dans cette phase transitoire, entre, d’une part, une direction militaire qui insiste pour garder sous son contrôle les ministères de la Défense et de l’Intérieur (c’est-à-dire toutes les forces militaires et de sécurité), comme l’avait fait le Conseil suprême des Forces armées en Egypte après s’être débarrassé de l’ancien président Hosni Moubarak le 11 février 2011 et, d’autre part, une direction révolutionnaire qui mobilise les masses pour affronter les militaires et chercher à diriger le mouvement de masse dans une guerre de positions qui lui permettrait de contrôler progressivement le pays.

L’objectif du FDFC est de rallier la majorité des forces armées en faveur des objectifs civils et pacifiques du mouvement, afin d’isoler leur aile la plus réactionnaire. La principale figure de proue de ce dernier est le commandant des Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), Muhammad Hamdan Dagalo (connu sous le nom de Hemedti), soutenu par l’axe réactionnaire régional constitué par le royaume saoudien, les Emirats arabes unis et le régime égyptien d’Abdel Fattah al-Sissi.

C’est dans ce contexte que le Parti communiste soudanais dirige les rangs des détracteurs de l’accord politique du 17 juillet et des concessions du FDFC qui en découlent, en s’engageant à poursuivre la lutte jusqu’à la réalisation complète des objectifs de la révolution tels que résumés dans la Déclaration pour la liberté et le changement adoptée le 1er janvier de cette année. Ceux qui considèrent cette position comme divisant le mouvement révolutionnaire et croient qu’elle l’affaiblit ont tort.

D’autres forces clés du mouvement, en particulier au sein du SPA, partagent le ressentiment des communistes face aux conditions que les militaires veulent imposer comme prix pour accepter de partager le pouvoir. Il est dans l’intérêt bien compris de la Révolution soudanaise qu’une partie du mouvement continue d’exercer des pressions révolutionnaires sans être liée par l’accord, cela afin d’alimenter la radicalisation du processus en cours et de contrebalancer la pression réactionnaire exercée par les forces intégristes islamiques, pression que le CMD invoque constamment pour consolider sa position.

La prochaine étape de la phase actuelle consiste à adopter le Document constitutionnel de transition [signé à Khartoum le 17 août], qui combine des principes très progressistes – plus avancés que ceux inscrits dans les constitutions de tous les Etats arabes, y compris dans la nouvelle Constitution tunisienne – avec la formalisation de l’équilibre actuel des forces et la dualité des pouvoirs en légalisant la participation du commandement militaire dans l’exercice du pouvoir politique, d’une manière qui est pire que dans la Constitution actuelle de l’Egypte.

Et pourtant, même ce compromis avec tous ses défauts est toujours menacé par un commandement militaire qui tente résolument de contourner les exigences du mouvement et de les pervertir dans la pratique, comme il l’a fait récemment avec la prétendue enquête dans le massacre perpétré par les FSR. L’aile la plus réactionnaire des forces armées continue d’ailleurs d’essayer de renverser le compromis et de pousser la situation vers un coup d’Etat militaire, comme l’illustre l’assassinat de manifestants à El-Obeid [ville au centre du Soudan, dans l’Etat du Nord-Kordofan] le 29 juillet.

« Le pouvoir politique est au bout du fusil », dit l’une des citations les plus connues du leader de la Révolution chinoise, Mao Zedong. Cette déclaration fait écho à une expérience révolutionnaire qui a été gagnée par la force des armes grâce à une guerre populaire prolongée. Elle véhicule néanmoins la vérité élémentaire que le pouvoir politique n’est jamais complet sans le contrôle de la force armée. Le défi majeur de la Révolution soudanaise consiste en effet à prendre le contrôle des forces armées en dirigeant à cette fin la force du mouvement populaire non armé.

Si la révolution parvient à entrer pacifiquement dans une quatrième phase avec une dualité du pouvoir politique incarnée dans les institutions gouvernementales où le mouvement populaire prédomine, la capacité de la direction révolutionnaire à satisfaire l’aspiration des masses à la paix et leurs revendications sociales et économiques deviendra cruciale pour lui permettre de prendre le contrôle des forces armées et de les démocratiser. Sans cela, la Révolution soudanaise sera embourbée à mi-chemin, et pourrait donc finir par creuser sa propre tombe comme ce fut le cas dans l’histoire du Soudan et dans l’histoire des mouvements populaires du monde entier.

Gilbert Achcar, professeur à SOAS, Université de Londres. Article publié sur le site Jacobin, en date du 18 août 2019. Traduction rédaction A l’Encontre.

Type:  Article Mercredi, 28 Août, 2019 - 12:22 International
François Calaret