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Le mouvement indépendantiste voulait profiter de ces élections présidentielles pour remettre la question du statut de la Nouvelle Calédonie sur le devant de la scène. Un groupe indépendantiste avait pénétré dans la gendarmerie d'Ouvéa. Dans le mouvement de panique qui s'en suivit, 4 gendarmes furent tués et 27 gendarmes furent pris en otage. Un groupe d'otages fut déplacé dans le sud de l'île et très vite relâché par les militants kanaks suite à la demande des « Vieux » et des Coutumiers, un autre groupe dans le nord de l'île, dans la grotte désormais tristement célèbre de Gossanah.

Aucun soutien politique ne vint dans les premiers jours du FLNKS de la Grande Terre. Aucune véritable mobilisation du mouvement social ou politique en provenance de la Métropole. Aucune négociations ne fut ouverte par le gouvernement de Chirac et ce, malgré les demandes insistantes des Kanaks d'Ouvéa. Aucune solution ne fut trouvée pour éviter cet assaut et le massacre qui en suivit. Le groupe d'indépendantistes mené par Alphonse Dianou se retrouva isolé et acculé, les amenant à la fin tragique que l'on connaît.

Depuis 30 ans le souvenir de cette tragédie est entretenu par des habitants de la tribu de Gossanah. C'est ce triste anniversaire qui sera commémoré ce 5 mai 2018. Cette journée sera également l’occasion de diverses commémorations en France contre la colonisation.

Et c'est cette date qu'a choisi Macron pour faire une visite en Nouvelle Calédonie !

Provocateur jusqu'au bout, à quelques mois du référendum sur l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, Macron envisage de venir à Ouvéa, voire même de visiter la grotte qui fut le théâtre de ce massacre !

Au côté de la communauté Kanak nous pensons que cette visite est plus que déplacée, c'est une véritable provocation de ce président libéral et autoritaire. L’Élysée doit annuler sa visite !

30 ans après ce massacre, il est grand temps que l’État français reconnaisse les faits, que la lumière soit faite sur les violences d’État commises ce 5 mai 88 et qu'enfin justice soit rendue.

Solidaire de la communauté Kanak, Ensemble 34 ! demande :

- la reconnaissance par l’État français des exécutions commises par les militaires français, après l’assaut sur le site de la grotte puis, lors des transferts de prisonniers, blessés ou non ; ainsi que des exactions commises par les militaires contre les populations lors de la recherche des otages (actes de tortures sur les habitant-e-s de la tribu de Gossanah), puis lors du traitement des prisonniers.

- que l’État français s'engage à ouvrir les archives concernant cette période, permettant ainsi la possibilité d'une recherche de la vérité et d'une véritable justice.

 Ensemble! 34 soutient l'initiative de commémoration de ce triste 5 mai 1988, organisée par le Mouvement des Jeunes Kanaks de Montpellier.

Ensemble ! 34

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