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Interview de Mehmet militant Kurd Montpellier ( par Francis Viguié)

 

Nous sommes passés d'une situation où Erdogan et l'AKP semblait vouloir faire une ouverture en direction du peuple kurde à une guerre totale où le gouvernement turc engage une guerre civile barbare contre les kurdes. Comment expliquez vous ce changement ?

 

Entre 2010 et 2013, le mouvement politique kurde armé a mis en difficulté Erdogan. Oçalan, dirigeant kurde emprisonné, a lancé un appel pour la paix afin de solutionner la question kurde. Depuis son arrestation, il y a toujours eu des contacts, des négociations, où Oçalan a proposé d'en finir avec la guerre à travers un dialogue.

En 2013, il y a eu un accord pour une solution politique mais l'AKP (parti au pouvoir) n'avait pas de projet pour le Kurdistan. Jamais, l'AKP n'a dit comment il comptait trouver une solution. En fait, il s'agissait uniquement pour eux de gagner des votes kurdes. A ce moment là, le PKK contrôlait la majorité du Kurdistan, territoire où l'armée ne pouvait pas entrer. Erdogan, voyant qu'il ne contrôlait pas ces territoires a dû accepter la paix, mais à la condition que la guérilla se retire de ces territoires. Le processus de paix à commencé le 21 Mars 2013. Oçalan et le PKK avaient déjà lancé 8 fois un appel pour la paix. Oçalan lance un nouveau message de paix et l'état turc s'engage. Alors le PKK retire ses guérillas du Kurdistan Nord.

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Dans le même temps, à Paris, l'état turc fait assassiner 3 militantes kurdes. Ces assassinats ont été reconnus par les services secrets turcs. Ils ont aussi continué à parler du PKK comme d'un parti terroriste et jamais ils n'ont présenté un projet de paix !

Le processus de paix finit avec les élections. Erdogan voit que le HDP (parti des kurdes et de la gauche radicale) atteint 13% et lui fait perdre sa majorité. Il se rend compte que le processus de paix ne lui a pas servi vu qu'il n'a pas gagné les voix des kurdes.

Il change alors de ligne politique et déclaré une guerre pour gagner les voix des ultra-nationalistes turcs. Il nie le processus de paix et nie même qu'il y ait une question kurde.

 

 

 

 

Comment analysez vous le régime d'Erdogan après le putsch ?

 

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La tentative de coup n'était n'était pas un acte pour la démocratie mais une lutte de pouvoir. Il n'y a pas beaucoup de différence entre Erdogan ou Gulen, les deux sont des putschistes. Gulen soutient le coup d'état du 12 septembre 1980. De son côté, Erdogan ne reconnaît pas le résultat des élections et engage une guerre contre les kurdes. La guerre pour le pouvoir vient d'une tradition de l'empire ottoman. Tous les sultanats de l'empire ottoman ont tué des membres de leur famille. Comme il s'inspire de l'empire ottoman, Erdogan se situe dans cette tradition.

 

 

 

 

 

Quelles sont vos craintes après le putsch et la guerre civile actuelle ?

 

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Le Kurdistan est en pleine guerre, en situation d'urgence. Depuis le 7 juin 2015, 8 villes ont été détruites, 21 districts (petites villes), 850 personnes ont perdu la vie, 150 personnes ont été brûlées vives dans la ville de Cizire, 1 M 500 000 personnes ont été déplacées.... Plus de 20 maires kurdes ont été destitués par le pouvoir et remplacés par des fonctionnaires de l'état turc. Il y a aussi la levée de l'immunité des députés du HDP en raison du danger pour l'intégrité du pays. Nous voyons clairement  qu'Erdogan  ne reconnaît pas les représentants élus du peuple kurde, il ne veut que la guerre.

 

 

 

 

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L'un des buts des putschistes était d'éliminer Oçalan. Le chef des gendarmes, responsable de prison d'Imrali (où est emprisonné Oçalan) a été arrêté. Nous n'avons aucune information concernant Oçalan, sa santé, sa vie.

Depuis avril 2015, le gouvernement turc ne permet plus à sa famille ni à ses avocats de  rencontrer Oçalan. C'est un élément d'inquiétude très fort pour nous. Nous lançons une campagne internationale de pétition (voir ci-dessous). Nous demandons aussi au comité Européen contre la Torture de prendre ses responsabilités et qu'il aille rencontrer Oçalan.

 

 

 

 

De quoi à peur Erdogan ?

 

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La Turquie est devenu le principal pilier de Daesh et pourtant l'Union européenne soutient Erdogan et son gouvernement. Erdogan organise un génocide au Kurdistan, il faut réagir maintenant et non dans 100 ans comme pour le génocide arménien.

L'Union européenne soutient les combattant-es kurdes en Syrie et en Irak mais, en Turquie, ne dit pas un mot sur les massacres. Et le PKK continue à être considéré comme un groupe terroriste.

 

 

 

 

Allez vous prendre des initiatives en Europe et en France ?

S'il n'y a pas une visite rapide à Imrali, île où est détenu Oçalan, les kurdes vont se mobiliser partout.

Montpellier le 9 août 2016

 

Lettre ouverte

Appel urgent à Amnesty International

 

Aux fonctionnaires d’Amnesty International,

 

Objet : demande d’une rencontre urgente avec Abdullah Ocalan.

 

 

 

Comme vous le savez bien, la tentative de coup d'État en Turquie le 15 juillet 2016 a été infructueuse. Cependant même à ce stade précoce il est clair que cette tentative de coup d’Etat aura d’importantes répercussions.

 

Quand le Président Tayyip Erdogan a pris la décision d’intensifier la guerre avec les Kurdes et détruire les villes et villages kurdes depuis un an, il souhaite également détruire la société civile Kurde. En effet, les immunités parlementaires des députés ont été retirées et les co-maires ont été destitués de leurs postes puis emprisonnés.

 

Ce sont ces atrocités et ces politiques anti-démocratiques imposées par l’AKP en Turquie et au Kurdistan qui ont préparé le terrain pour la tentative du coup d’Etat du 15 juillet 2016. Suite à cet échec Erdogan a étendu sa stratégie de destruction en masse dans toute la Turquie.

 

Nous pouvons affirmer avec certitude que si les résultats des élections du 7 Juin 2015 avaient été respectés une tentative de coup d’Etat n’aurait pas eu lieu. L’existence de la question kurde et l’absence de démocratisation en Turquie ont toujours servi de plateforme pour les coups d’Etat.

 

Dans ces circonstances, nous avons beaucoup d’inquiétudes concernant la santé de Mr. Abdullah Ocalan. Cette inquiétude est partagée par sa famille, ses avocats, le peuple kurde et le grand public. Malheureusement les actions et les déclarations du gouvernement allègent encore moins ces inquiétudes.

 

Durant les rencontres avec ses avocats, l’Etat, les délégations du HDP Mr. Abdullah Ocalan a toujours parlé de la possibilité d’un coup d’Etat il y a 15 mois. Dans cette situation de violence et contre violence sa sureté est en danger.

 

Durant cette période critique, nous faisons appel à Amnesty Internationale pour qu’elle assume ses responsabilités. Amnesty International doit éliminer toutes les inquiétudes concernant le bien-être et la sûreté de monsieur Abdullah Ocalan.

 

Pour des millions de personnes Mr. Abdullah Ocalan est le leader politique, son bien être est donc leur principale inquiétude. Une inaction ou quelconque hésitation de la part d’Amnesty International ne fera qu’augmenter ces inquiétudes humaines et légitimes. Pour soulager ces craintes, Amnesty International doit agir avec urgence et faciliter une rencontre avec Mr Abdullah Ocalan face à face sur l’Ile d’Imrali.

Nous sommes en attente d’une action urgente.

 

 

Lettre ouverte

Appel urgent au Comité Européen pour la Prévention de la Torture- (CPT)

 

Conseil de l’Europe 67075 Strasbourg Cedex  Tel +33(0)3 88 41 22 79  Fax +33(0)3 88 41 27 72

cptdoc@coe.int; corinne.qoberville@coe.int; jeroen.schokkenbroek@coe.int

 

Aux fonctionnaires du CPT,

Objet : Demande d’une rencontre urgente avec Abdullah Ocalan.

 

 

Comme vous le savez bien, la tentative de coup d'État en Turquie le 15 juillet 2016 a été infructueuse. Cependant même à ce stade précoce il est clair que cette tentative de coup d’Etat aura d’importantes répercussions.

 

Quand le Président turc Tayyip Erdogan a pris la décision d’intensifier la guerre contre les Kurdes et détruire les villes et villages kurdes depuis un an, il souhaite également détruire la société civile Kurde. En effet, les immunités parlementaires des députés ont été retirées et les co-maires ont été destitués de leurs postes puis emprisonnés.

 

Ce sont ces atrocités et ces politiques anti-démocratiques imposées par l’AKP en Turquie et au Kurdistan qui ont préparé le terrain pour la tentative du coup d’Etat du 15 juillet 2016. Suite à cet échec Erdogan a étendu sa stratégie de destruction en masse dans toute la Turquie.

 

Nous pouvons affirmer avec certitude que si les résultats des élections du 7 Juin 2015 avaient été respectés une tentative de coup d’Etat n’aurait pas eu lieu. L’existence de la question kurde et l’absence de démocratisation en Turquie ont toujours servi de plateforme pour les coups d’Etat.

 

Dans ces circonstances, nous avons beaucoup d’inquiétudes concernant la santé de Mr. Abdullah Ocalan. Cette inquiétude est partagée par sa famille, ses avocats, le peuple kurde et le grand public. Malheureusement les actions et les déclarations du gouvernement allègent encore moins ces inquiétudes.

 

Durant les rencontres avec ses avocats, l’Etat et les délégations du HDP Mr. Abdullah Ocalan a toujours parlé de la possibilité d’un coup d’Etat il y a 15 mois. Dans cette situation de violence et contre violence sa sûreté est en danger.

 

Durant cette période critique, nous faisons appel au Comité Européen pour la Prévention de la torture pour qu’elle assume ses responsabilités. Le Comité Européen pour la Prévention de la Torture doit éliminer toutes les inquiétudes concernant le bien-être et la sûreté de Mr Abdullah Ocalan. Le Comité Européen pour la Prévention de la Torture doit rencontrer Mr Ocalan mais aussi exiger que ses avocats et sa famille puissent le joindre aussi.

Pour des millions de personnes Mr. Abdullah Ocalan est le leader politique, son bien-être est donc leur principale inquiétude. Une inaction ou quelconque hésitation de la part du Comité européen pour la prévention de la torture ne fera qu’augmenter ces inquiétudes humaines et légitimes. Pour soulager ces craintes, le Comité Européen pour la Prévention de la Torture doit agir avec urgence et faciliter une rencontre avec Mr Abdullah Ocalan face à face sur l’Ile d’Imrali.

 

Avec tous mes sentiments respectueux.